All posts tagged: littérature québécoise

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Nous sommes belles, avec ou sans cheveux : « D’où je me trouve » d’Alexandra Gendron-Deslandes

J’ai la même coupe de cheveux depuis des années. Ma tentative de les faire pousser est aboutie à un retour à la même tête, car pourquoi changer une formule gagnante? Pourtant, j’ai toujours trouvé ça plate, d’avoir la même coupe, et de ce fait, je me suis souvent entendu dire: « Ah, je me raserais tellement les cheveux, ce serait moins compliqué! » Mais après ma lecture du récit D’où je me trouve, ma réflexion a bien changé. Alexandra Gendron-Deslandes avait initialement l’intention de faire un documentaire sur les femmes ayant subi une perte de cheveux, ou celles qui ont pris la décision de se raser la chevelure. C’est après avoir elle-même traversé cette réflexion, puis avoir décidé de passer à l’action, que l’auteure a voulu rencontrer d’autres femmes afin de connaître leurs sentiments, leurs perceptions et leurs questionnements pour, écrit-elle, « sonder comment l’absence de cheveux avait fait événement dans [leur] vie ». Alexandra a ensuite reconstitué ces entretiens sous forme de fragments, par séquence, tel un montage documentaire. Or, ce montage est demeuré papier, est devenu un « documentaire …

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Oh, Billie

Je lis en marchant. Ça fait toujours réagir les gens. On m’arrête souvent pour me demander comment je me débrouille ou si je n’ai jamais eu d’accident en pratiquant cette activité controversée. Vous serez peut-être surpris de l’apprendre, mais j’arrive à lire tout en anticipant la présence des obstacles, les feux rouges ou les gens à ne pas bousculer. Lire en marchant, sans jamais faire d’accident, j’en étais plutôt fière. Jusqu’à Maxime. Par trois fois, lors de ma lecture, j’ai failli. Un poteau d’arrêt, un cycliste et un piéton qui marchait dans ma direction ont risqué un face à face malheureux avec ma personne, trop captivée par les mots que je dévorais. Parce que je n’arrivais pas à détacher mes yeux de ce roman aux couleurs vives et attrayantes — le troisième, et dernier, de la trilogie de Beauchesne, qui met de l’avant le personnage attachant de Billie Fay — mes superbes statistiques sont tombées à l’eau. Dans ce troisième tome, Billie déménage avec sa meilleure amie, poursuit le Cégep, vend des grilled-cheese dans un …

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Si j’avais un perroquet je l’appellerais Jean-Guy (parce que Coco c’est déjà pris)

Je n’ai pu utiliser un autre titre que celui du roman pour cet article : il est trop bon! C’est bien ce titre accrocheur qui m’a attirée vers ce roman. Je me suis dit que ça devait être le livre d’une auteure avec l’esprit un peu fou, et cette perspective m’a aussitôt séduite. À tous les chats qui s’appellent Luc Dès la première page, la dédicace donne le ton du roman. Résumé Catherine, enseignante de français et célibataire, nous fait part de son quotidien pour le moins rocambolesque. Jean-Philippe 514 555-2062 Appelle quand tu veux. Un jour, elle a l’audace de répondre à la proposition écrite sur un petit papier trouvé dans un roman de Françoise Sagan qu’elle a emprunté à la bibliothèque. Sans occuper toute la place dans son histoire, ce mystérieux Jean-Philippe contribuera à apporter un vent de changement dans sa vie. Quelqu’un l’a écrit, c’est à la deuxième personne du singulier de l’impératif présent, je tombe dessus : je me sens concernée. Un ton humoristique Le personnage de Catherine n’est pas caricatural; …

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Deux lignes, un coït et ainsi de suite

Écrit par Anne Archet, une anonyme anarchiste écrivant sous un pseudonyme, Amants se trouve à être un joli livre rose et grand comme ma main, de 202 pages, imagé par moment par la talentueuse Mathilde Corbeil (googlez-la!). Il est paru en avril 2017, sous les Éditions du remue-ménage. Sous la couverture se révèlent beaucoup de souvenirs coquins de coïts. Sept cent quarante et un ébats pour être exacte. Faites le calcul vite vite, pour que ce nombre de coïts puisse entrer dans 202 pages, on comprend que la quantité l’emporte sur les détails des expériences en soi. Sans toutefois que l’auteure ait lésiné sur la qualité d’écriture. En fait, c’est sérieusement tout un exercice de style que renferme ce livre. Amants nous propose une lecture simple et efficace : deux lignes : un coït. Répétez. Et c’est ainsi pour la quasi-totalité du livre. On passe de Uldéric à Amaury et par Télesmond (mention spéciale au choix des prénoms de ses amants!). On a droit à un défilé d’une ligne, un punch, carrément. Ce livre s’adresse vraiment aux …

La mémoire du temps, une enquête brillante et hors du commun

Virginie Constantineau, écrivaine à l’existence tranquille, voit sa vie chamboulée lorsque, au terme d’une rencontre avec un vieil ami bouquiniste, elle se retrouve en possession d’un très vieux texte dont l’aura de mystère semble attirer les indésirables… et semer la mort. Intriguée, la romancière s’extirpe de ses Cantons-de-l’Est chéris pour se lancer sur les traces de Nicolas Gustave, un ancien professeur d’histoire du christianisme qui semble lié au passé du fameux manuscrit. Au même moment, à Ottawa, le gouvernement ultra-conservateur qui est en place tente de faire adopter une loi visant à criminaliser l’avortement au Canada… En quoi ces trois trames bien distinctes sont-elles reliées? Voilà ce que Mylène Gilbert-Dumas nous propose de découvrir avec son roman La mémoire du temps, un ambitieux projet que j’ai pris plaisir à dévorer en quelques jours à peine. Ayant plus d’une quinzaine de romans de genres divers à son actif, l’auteure s’est attaquée cette fois-ci à l’écriture d’un thriller politico-religieux. Elle a, à mon sens, relevé le défi avec brio en produisant un suspense enlevant, différent et fort …

Faire fi de la couverture : Quelque part entre toi et moi, d’Annie Quintin

           Pour souligner les trois ans du Fil rouge, une partie des fileuses ont décidé de se rejoindre au Village au Pied-du-Courant pour célébrer les livres; pour s’aimer et aussi pour s’échanger des livres (obviously). Comme je suis arrivée la dernière, ben il n’y avait que les restants sur la table à pique-nique. Martine me tend les délaissés, et je tombe sur le roman d’Annie Quintin, Quelque part entre toi et moi. Pour vrai, la couverture m’inspirait zéro, bitch de même. J’ai presque envie de dire qu’on avait l’air d’une petite gang de witches à ricaner d’une couverture un peu lame (selon nos goûts de fancy, hein), mais ce serait (presque) une exagération, alors je ne le dirai pas. Bref, personne ne le voulait, ce livre. Je commence à lire la quatrième de couverture : Quotidien, relations amoureuses, trouble obsessionnel compulsif. Je trouvais que ça avait l’air bon, moi. J’étais super inspirée. J’ai décidé d’affronter leurs regards pleins de jugements (ben non, j’en mets un peu, mais quand même!) et je suis …

Club de lecture Le fil rouge : Phototaxie

Mardi soir, le 19 septembre. Pour notre première séance de l’automne, on se retrouve au café Saint-Henri, sur Émery, près de l’UQAM et, comme à chaque début de session, on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Est-ce que la discussion coulera facilement? Faudra-il guider les lectrices? Chaque groupe est différent. Par contre, une chose ne change pas : nous avons toujours bien hâte de faire la rencontre de nouveaux visages et de retrouver les participantes qui se sont réinscrites. Comme à l’habitude, on commence par un tour de table avant de plonger directement dans le roman choisi. Ce mois-ci, nous avons lu Phototaxie de Olivia Tapiero. À chaque fois, on débute la session avec une question générale, toujours la même : Comment avez-vous trouvé votre lecture? Déjà-là, on voit qu’il y a un flou, une incertitude. Tout le monde, Martine et moi comprises, se demande si nous avons assez compris pour apprécier… Personne ne semble trop savoir quoi en dire! Mais avec quoi allons-nous meubler l’heure et demie de rencontre sans avoir compris le …

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Je voudrais qu’on m’efface : on ne choisit pas sa famille

Le 12 août passé a eu lieu la journée « j’achète un livre québécois ». J’en ai donc profité après le travail pour me réfugier en librairie, histoire de participer à cet événement initié par Patrice Cazeault et Amélie Dubé, il y a quatre ans. Mon choix s’est arrêté sur deux œuvres québécoises, Filles de Marie Darsigny et Je voudrais qu’on m’efface d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Je voudrais qu’on m’efface est le premier roman de l’auteure de La femme qui fuit, que tout le monde a adoré (je n’ai pas encore rencontré à ce jour quelqu’un qui n’a pas aimé ce livre). Ayant moi-même été particulièrement touchée par la lecture de ce dernier, je me suis rapidement emparée de sa première œuvre littéraire et l’ai lue en quelques jours seulement. Une complicité non assumée De sa petite taille de 145 pages, le livre a la capacité de faire chavirer le lecteur dans diverses émotions fortes qui brûlent en dedans. L’auteure dresse le portrait triste mais juste de trois familles qui vivent dans la misère et la pauvreté d’un immeuble résidentiel, à …

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Gagner le gros lot ne change pas le monde…

Louis vit dans une maison beige meublée de divans beiges; il n’a personne, sa mère est morte et sa femme partie, il vit une vie bien beige et n’a aucun ami. Sauf Michel, le vendeur de voiture, et son garagiste Jack, qu’il ne connait pas personnellement, mais à qui il a inventé une vie palpitante avec sa femme fictive et leurs passe-temps imaginaires. Il y a aussi Josiane, une jeune entrepreneure qu’il a observée sur la couverture d’un magazine une fois et de qui il est tombé amoureux. Puis un jour, Louis gagne le gros lot à la loto. Cinquante-quatre millions de dollars. Louis n’est même pas certain de pouvoir compter jusque-là, il mourrait probablement d’ennui bien avant. Je m’entendis crier en direction du répondeur avant de remonter en courant pour m’asseoir, à bout de souffle, dans mon fauteuil inclinable et m’obstiner à attendre un appel d’outre-tombe, déchiré entre les restes de mon discernement et la perte de mes derniers repères. Je n’avais jamais rien su, sinon que ma mère serait toujours là et combien …

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Grand fauchage intérieur ; une technique de judo pour réapprendre à vivre

Tout juste arrivé en librairie – le 22 août- Grand fauchage intérieur est le premier roman – après deux recueils de poésie – de l’auteure Stéphanie Filion. Jeanne est photographe. Elle fait un bref séjour au Liban, une semaine seulement, pour terminer un travail sur les cimetières qu’elle mène depuis plusieurs années. À sa descente d’avion, il y a bien sûr l’éblouissement du soleil, la chaleur étouffante, les cicatrices de la guerre, en plus de ce drame qu’elle cache bien profondément à l’intérieur d’elle-même. Mais il y a aussi l’accueil enveloppant, insistant, des Levantins, leur goût pour les parfums et les mets raffinés, entêtants, et il y a Julien. Le grand fauchage intérieur c’est, d’abord et avant tout, une technique de  judo, aussi appelée O-Uchi-Gari qui elle consiste en un  » fauchage de la jambe du partenaire sur un déplacement arrière en passant par l’intérieur. » – Selon wikipedia. D’à peine 200 pages, ce roman porte pourtant tellement de grandes choses en ses mots. Jeanne traine sur son dos le drame d’une perte et essaie de continuer …