All posts tagged: Littérature québécoise

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Des oiseaux artistes et questionnements créatifs

Écrire ces lignes entourées de neuf femmes qui écrivent, qui créent, qui osent sortir de leur chez-soi un dimanche matin pour venir assister à nos clubs d’écriture, il n’y a pas de meilleur endroit, je le crois, pour écrire cette critique de La vie d’artiste de Catherine Ocelot. Cette bande dessinée publiée aux Éditions Mécanique Générale m’a tout de suite attirée, par son titre. Mais c’est surtout les couleurs qui recouvrent l’objet qui m’ont plu. Ensuite, c’est la thématique de la création, du rôle de l’artiste, des questionnements qui accompagnent toujours le fait de créer, ces questions que chaque artiste se pose à un moment ou à un autre. Animant des clubs d’écriture, je suis heurtée à ces doutes et ces questionnements qui viennent de pair avec le fait de s’engager dans une démarche créative, il s’agit donc d’un sujet qui m’interpelle fortement. Ce sont des questions fascinantes et quoique chaque artiste ait sa propre singularité qui fait de lui un être unique, j’ai le sentiment qu’universellement, les mêmes questions et les mêmes doutes reviennent …

Gourganes : d’la soupe du Québec jusqu’en Afghanistan

Gourganes est arrivé par hasard dans ma boîte aux lettres. Merci à la maison d’édition Stanké pour cette belle surprise et cette belle découverte. En novembre dernier, avant même d’avoir lu le roman, j’ai eu la chance de rencontrer l’autrice Alexandra Gilbert au Salon du livre de Montréal. Ce fut une belle rencontre, Alexandra était rayonnante. Il s’agit d’une grande passionnée de voyages, d’aventures, tout comme son roman semblait présager. Alexandra Gilbert m’a fait voyager du Québec jusqu’en Afghanistan pendant ma lecture. L’autrice a séjourné dans plus de 35 pays (dont Haïti, Afghanistan, etc.). Plutôt impressionnant ! Elle gagne à être connue en raison de son parcours de voyageuse humaniste et de féministe. Je vous invite à lire cet article datant de 2009 qui la présente bien. Et elle a su très bien mélanger le voyage et la littérature dans son tout premier roman. En fait, c’est à se demander où sont la vérité et la fiction dans son texte. Je me suis imaginé que c’était inspiré de sa vie. Dans ce roman, elle raconte l’histoire d’une …

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Darlène; une femme et une oeuvre multiples

C’est grâce à la musique d’Hubert Lenoir que je me suis intéressée à Darlène, le premier roman de Noémie D. Leclerc. Les paroles et l’air de la chanson Fille de personne II, souvent entendus à la radio, se sont déposés avec force dans mon esprit et comme un véritable ver d’oreille, je les fredonnais sans cesse : « Je suis venu te dire que tu peux changer. J’ai vu un avenir de femme libérée. Tu portais le cuir et la tête rasée. J’ai vu ton avenir. »  La mélodie pop accrocheuse, des notes assumées de saxophone et le message fort de ces paroles ont piqué ma curiosité et j’ai tout de suite été emballée à l’idée de découvrir dans le roman de Noémie D. Leclerc qui était cette femme à l’avenir libéré. À la rencontre de Darlène « […] par un beau dimanche après-midi au vingt et unième mois d’août de sa vie ordinaire, Darlène est une jeune femme sans projet, découragée par chacun des cinq cent douze programmes de l’Université Laval, assise sur la banquette d’un Normandin. » C’est une …

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Il était une fois… un atelier sur le conte

« Papa, raconte-moi une histoire » : souvenirs d’enfance Mon père était un conteur extraordinaire qui brisait l’ennui des longs voyages en voiture et des étés pluvieux au chalet. Mythologies grecques, contes populaires adaptés et revisités ou épopées merveilleuses de son cru faisaient partie de son répertoire. Ma sœur et moi étions bon public et en redemandions sans cesse. Nous voulions entendre et réentendre ces histoires merveilleuses. Cette littérature orale, qui m’a accompagnée tout au long de mon enfance, a en partie construit mon identité et m’a amenée à la littérature. J’ai d’ailleurs commencé à lire sur le tard. Ces histoires me suffisaient avant qu’arrive le moment fatidique où on doit s’émanciper de l’enfance pour traverser la période douloureuse de l’adolescence. Les histoires de mon père se sont perdues dans les reliques du passé. Et, après avoir résisté, j’ai dû réapprendre à lire pour retrouver ce sentiment d’évasion unique que procure la fiction. Quand je repense à cette époque, aux origines de mon intérêt pour la littérature, je me questionne sur la place de l’oralité dans les œuvres …

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L’hiver au quotidien chez Réjean Ducharme

Tout ce qui m’effraie me fait grandir On me répète souvent que je dois à tout prix lire les écrits de l’auteur québécois Réjean Ducharme, qui malgré l’absence physique dans les médias du temps de sa vie, n’a plus besoin de présentation. Alors je traîne avec moi mes exemplaires de L’hiver de force et de l’indomptable roman L’avalée des avalés. Ils me suivent de lieu en lieu, de ville en ville, dans tous mes déplacements nomades et dans toutes mes résidences temporaires. Il m’arrive d’ouvrir L’avalée des avalés et de lire les premières pages, puis de le refermer, prise d’un vertige aux horizons multiples. Je ne sais pas encore comment respirer les mots de Ducharme. Je plonge, mais je n’y trouve plus l’air que j’ai l’habitude de respirer. Je cherche à entendre sa voix et à l’unir à la mienne. Sa voix, ses émotions, sa respiration. Ce que je ne comprends pas m’attire et m’effraie, tout à la fois. Avec le temps, je comprends que tout ce qui m’effraie me fait grandir. Je sais d’instinct …

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Les écorchés de Montréal-Nord

J’explorais les dernières sorties littéraires sur le site des Libraires et j’ai été subjuguée par cette illustration de Stephen Mackey représentant une jeune fille sous un voile blanc. Tout était énigmatique. Et définitivement intéressant. Je n’ai pas pu résister à l’achat du recueil. Sixième recueil de nouvelles de Suzanne Myre, L’allumeuse livre les récits de la survivance d’enfances étranglées et vécues par des personnages écorchés mais bien vivants. Suzanne Myre m’était tout à fait inconnue. Très prolifique nouvelliste, elle a huit livres publiés en moins de quinze ans où elle explore l’homme sous toutes ses facettes. Elle a d’ailleurs remporté de nombreux prix et été finaliste au Prix des libraires du Québec. Dans ce dernier ouvrage, Suzanne Myre nous fait visiter Montréal-Nord, quartier où elle a grandi, quartier qui n’est pas suffisamment exploré dans notre littérature. L’allumeuse Parmi les douze nouvelles du recueil, la nouvelle éponyme est définitivement la mieux ficelée, la plus touchante et la plus satisfaisante. L’allumeuse donne le ton à l’œuvre entière : elle met en scène « Montréal-Mort » et elle dépeint l’enfance dysfonctionnelle de la petite …

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La deuxième personne heurte plus que la troisième

La femme qui fuit (un autre article à propos de ce roman ici), c’est un roman qui m’a tout de suite bousculée dans mes habitudes de lectrice, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, le format du roman n’est pas habituel. Les chapitres sont courts et les phrases sont succinctes. Pour moi qui venais tout juste de terminer Raison et sentiments de Jane Austen, disons simplement que le contraste était grand. Sinon, les premiers chapitres traitent d’une mère qui a abandonné ses enfants et qui, plusieurs dizaines d’années plus tard, ne souhaite toujours pas les revoir. Lire tout cela, sans connaître l’historique de la mère en question, m’a remuée et même un peu contrariée. Une dernière chose que je n’ai pas souvent eu l’occasion de croiser lors de mes lectures: une narration à la deuxième personne du singulier. L’histoire derrière cette histoire Il m’a fallu un certain temps pour m’habituer à cette narration particulière, et encore plus longtemps pour comprendre les raisons faisant en sorte que c’était en fait un très bon choix. Avant de commencer, il faut savoir …

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Re-découvrir Les Six Brumes

En 2016, Raphaëlle vous présentait Les Six Brumes, une maison d’édition spécialisée dans les littératures de l’imaginaire. De nature curieuse, je lis à peu près de tout. Mais je ne m’éloigne jamais vraiment des histoires qui ont une touche fantastique. À l’opposé de la littérature dite blanche, la littérature de genre est un univers plein de couleurs, de surprises et d’émotions. De l’horreur au policier, en passant par la fantasy et la science-fiction, ce type de livres me rejoint par sa capacité à éveiller mon esprit et à me faire rêver. Voilà pourquoi je suis tombée, moi aussi, sous le charme des Six Brumes. Dernièrement, la maison d’édition a annoncé son grand retour sur les tablettes des librairies grâce à une entente avec un nouveau diffuseur. Et pour célébrer ce retour, je vous partage trois coups de cœur qui m’ont conquise au fil des années. Jardin de chair de Frédéric Raymond Ce livre a été le premier que j’ai découvert chez Les Six Brumes. Frédéric Raymond nous raconte l’histoire d’une jeune femme cannibale qui arpente …

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Encabanée ou retrouver un sens à sa vie dans les bois

Parfois, juste avec le titre et un paragraphe de résumé, je me fais de grandes idées sur un roman. Il me le faut tout de suite. Je me dis qu’il a été écrit juste pour moi. Qu’il va me révolutionner ! En quelques secondes, j’ai construit dans ma tête toute l’histoire d’amour que je vivrai avec ce livre et il me le faut tout de suite. Quand les éditions XYZ ont annoncé la sortie du livre Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba sur leur page Facebook, j’ai tout de suite été interpellée. On aurait dit que j’attendais ce roman depuis des mois, alors que je n’avais pourtant aucune idée de qui était l’autrice (c’est sa première parution). Gabrielle Filteau-Chiba y raconte l’histoire d’Anouk, qui a décidé de quitter sa vie montréalaise et professionnelle pour s’installer, seule, dans une minuscule cabane au Kamouraska. Le récit est inspiré de son propre fait vécu et est présenté comme un petit journal de bord. Elle y relate précisément quelques jours en janvier ou le mercure a chuté drastiquement, qu’il n’y avait plus …

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Une chose très précieuse : voir et lire J’aime Hydro

Au tout début du mois de mars, j’ai pris la 40 déjà picotée de son trafic de milieu d’après-midi et je suis montée jusqu’à Trois-Rivières. J’avais manqué toutes les représentations montréalaises de l’intégrale de J’aime Hydro et il restait encore des places au balcon de la salle J. Antonio-Thompson, sous le doré et le faste d’un plafond Art Déco. J’ai coincé mes longues jambes dans l’espace qui m’était réservé (de biais, pour ne pas accrocher les épaules de la madame devant moi) et j’ai passé les quatre heures suivantes à regarder Christine Beaulieu parler d’enjeux énergétiques, de biens collectifs et d’amour. J’ai tout aimé de la pièce: la belle folie de s’engager dans une représentation de quatre heures, justement; l’idée d’une enquête citoyenne menée par une non-initiée; le procédé de mise en abîme, par lequel la construction de la pièce fait aussi partie de la pièce; les illustrations de Mathilde Corbeil projetées sur scène. Et j’ai aimé le texte, que j’ai eu envie de lire aussitôt ressortie sur la rue des Forges. Des réponses qui …