Year: 2017

Le livre du Hygge : entre détente, réconfort et bibliothérapie

Le mot hygge est un peu à la mode ces derniers temps. Il ne passe pas une journée sans que j’aperçoive ce mot soit dans un article, sur Instagram ou que je le vois sur un bouquin. J’ai eu envie d’en lire un, pour mieux comprendre toute la philosophie danoise qui y réside. Le livre du hygge, mieux vivre la méthode danoise, m’intéressait, non seulement car il a été écrit par Weik Wiking, président de l’institut de recherche sur le bonheur de Copenhague, mais parce que j’avais envie d’en apprendre plus sur le Danemark, ce pays qui gagne, année après année, le plus haut taux de bonheur chez ses habitants. Alors pour commencer, comment on prononce hygge? Bonne question. Le livre nous dit de prononcer HOU-GA (et j’ai trouvé ce petit vidéo qui aide un peu, mais ça reste mystérieux…) Et surtout, ce n’est pas très important. Comme l’introduction le cite, Winnie L’ourson a déjà dit « Ça ne s’épelle pas, ça se vit » et cela s’accorde aussi le hygge. Brièvement, le hygge est un …

Trois souris… dans la souricière

Agatha Christie, la reine du crime, a de nombreux classiques du roman policier à son actif : Le crime de l’Orient-Express, Les dix petits nègres, Le meurtre de Roger Ackroyd et Mort sur le Nil, pour n’en nommer que quelques-uns. Elle est la spécialiste du mystère et s’amuse à angoisser l’homme avec des énigmes qui sollicitent la logique. Agatha Christie écrit autant pour les enfants que pour les adultes : ses lecteurs se comptent par millions. Dans la nouvelle Les trois souris, parue en 1948, Agatha Christie réussit à intégrer cette morbidité enfantine à son mystère. Trois souris, une comptine anglaise du 17e siècle, donne son nom à la nouvelle. L’histoire est donc écrite dans le respect de cette petite comptine, où la mort de trois personnages est réalisée dans un huis clos pratiquement charmant, une pension familiale perdue en pleine tempête de neige. Un de ces personnages dit même lors du premier acte : J’adore les comptines, pas vous? Elles sont toujours tragiques et macabres. C’est pourquoi les petits enfants les aiment…  L’adaptation de cette nouvelle policière est la pièce phare du répertoire …

Un peu de plomberie, de salon du livre et beaucoup d’amour..

La tendresse attendra de Matthieu Simard, c’est le genre de roman qu’on oublie difficilement. Le genre de roman touchant, mais en même temps juste assez brutal, qui donne des frissons. C’est aussi le genre de roman qui nous garde un petit sourire au visage tout le long de notre lecture et qui nous surprend en nous faisant verser quelques larmes au passage. J’ai d’ailleurs écrit récemment sur celui-ci, au moment de ma lecture, que du Matthieu Simard c’était doux, triste mais  »mauditement » beau et c’est exactement ce que je pense de ce roman. J’ai toujours adoré ce livre qui, à la minute où je l’ai fini la première fois il y a près de 5 ans, a fait automatiquement partie de mon top 10 de livres à lire dans une vie. D’ailleurs, je l’avais même écrit au moment de poser ma candidature pour devenir une collaboratrice du Fil Rouge pour les convaincre de me choisir. La tendresse attendra fait définitivement partie des romans que j’ai le plus conseillés autour de moi dans les dernières années …

Autour des livres : rencontre avec Marie-Claire de chez Les libraires

Pour notre questionnaire Autour des livres, nous avons eu envie de jaser à quelqu’un qui travaille dans le milieu des livres et qui y fait bien sa place. C’est pourquoi nous avons décidé de nous entretenir avec Marie-Claire, coordonnatrice aux communications et au marketing chez Les libraires depuis un peu plus d’un an. Elle a d’ailleurs célébré son premier anniversaire au Salon du livre, là où nous avons eu la chance de lui parler, entre deux stands. Chez les libraires, Marie-Claire est responsable de « tout ce qui touche à la promotion de la coopérative Les libraires, qui regroupe plus de 100 librairies indépendantes au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Ça passe par la gestion des réseaux sociaux, les partenariats (notamment avec la Fabrique culturelle, l’émission Web Lire et le club de lecture de l’Émission Marina Orsini et des festivals, comme Métropolis Bleu et le FBDM), l’organisation de la Journée des librairies indépendantes. » En plus, elle tient aussi son propre blogue, Le guide pour la survie de la jeune adulte responsable  en plus de collaborer au …

Nos suggestions d’autofiction/biographie pour le mois de janvier du défi #jelisunlivrequébécoisparmois

Pourquoi ai-je choisi l’autofiction ou la biographie comme premier genre? Simplement parce que je crois c’est un des moyens de se rapprocher de l’auteur-e. C’est une lecture très personnelle qui nous permet de faire une introspection sur soi-même (bonjour bibliothérapie!). Souvent, les « histoires » racontées dans ces livres nous touchent encore plus, car nous les savons vraies, permettant alors de se reconnaître plus facilement. Les lectures ou suggestions des fileuses : Je compte lire Borderline de Marie-Sissi Labrèche. Laurence Lacroix : « J’avais bien aimé Le feu de mon père de Michael Delisle. » Marie-Lou Beaudin : « J’ai bien aimé Qui de nous deux de Gilles Archambault, un récit sur les mois entourant le décès de sa conjointe de longue date. Le avant et le après. Touchant et inspirant. » Amélie Panneton : « Ma suggestion, un livre que j’aime d’amour : Journal de Julie Delporte, qui est (comme son nom l’indique) un journal illustré, très doux-amer et très beau. Et j’aimerais beaucoup lire Prague de Maude Veilleux ce mois-ci (à peu près dix-huit mois après tout le …

Ce qui se passe dans la forêt : adolescence et petites violences

Ce qui se passe dans la forêt, en Suède, n’est pas bien différent de ce qui pourrait se passer en forêt ici au Québec. Dans ce roman graphique aux magnifiques images au plomb, on retrouve trois adolescentes suédoises qui explorent les relations avec les garçons, expérimentent avec l’alcool et doivent faire face aux changements qu’apporte l’adolescence. «Aida Karlsson, une jeune suédoise de quatorze ans, vit à proximité d’une petite ville dans la région du Småland. Elle et ses amies, Tess et Marlène, sont en classe de cinquième et se retrouvent confrontées à de nombreux changements dans leurs relations avec les garçons ; nouvelles règles du jeu, nouveaux comportements, attouchements qui dégénèrent en agressions, relations amour/haine et cette frontière parfois ténue entre les simples jeux d’enfants et la violence… Les trois amies réalisent qu’elles vont devoir s’endurcir pour ne pas perdre leur place dans la nouvelle hiérarchie qui s’instaure dans ce monde où les adultes sont presque perçus comme une menace, un monde où elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes.» Sous ces allures de récit …

Une curieuse histoire d’amitié : L’homme blanc de Perrine Leblanc

Kolia n’est pas un enfant de cœur. Il vole, se bat et boit. Mais il est très attachant. Ayant grandi dans les goulags de Staline, c’est par chance qu’il apprend à lire. Iossif, un prisonnier d’origine suisse, lui apprend à lire le russe et le français. Il lui apprend surtout le goût des mots. Un jour, Iossif disparaît. On ne lui dit pas pourquoi, ni où il est allé. Lorsqu’il est finalement relâché du goulag, Kolia est presque un adulte. Il se rend à Moscou où la soeur d’Iossif l’aide à s’établir. Il devient clown. Il devient l’homme blanc, le mime silencieux, le clown muet. « Dans la Zona il dirait aux autres prisonniers : J’ai volé pour la première fois à l’âge où les enfants apprennent à lire. C’était sa façon de résumer les premiers temps de son art. Il s’appelait Nicolas mais tout le monde le surnommait Kolia. En prison, après l’implosion de l’Union, il découvrirait la pérennité de certaines conditions d’existence dans les enclos, où les hommes devenaient des bêtes marquées. Il …

Passer par le cœur pour soigner l’âme

Je dois le dire d’entrée de jeu, ce livre est mon gros coup de cœur littéraire de l’année 2016. On y voit des termes avec lesquels je jongle à longueur de semaine : Seroquel, lorazepam, dopamine, rispéridone, psychose, délire et j’en passe. Ce sont des éléments qui viennent avec le fait d’évoluer en psychiatrie, la médecine de l’esprit. Cette spécialité qui porte ses stigmates comme l’abîmé et qui se penche sur les blessures invisibles à l’œil nu. Elles ravagent l’intérieur, mais avec la science et le cœur on arrive à bien panser les maux de l’âme. Ouanessa Younsi, poète et médecin psychiatre née en 1984, vient donc de publier, sous les éditions Mémoire d’encrier, son tout dernier livre Soigner, aimer que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt, jusqu’à la toute dernière page. Elle traite de cas vécus lors de sa pratique, principalement à Sept-Îles, mais aussi à Kuujjuak et au Guatemala. Elle s’interroge sur des questions éthiques, soigne avec empathie et toujours persiste en filigrane un bout d’elle en introspection. Dans ce domaine, on avance avec …

Liberté et poésie du présent, entretien avec Louise Warren finaliste au G.G. de l’essai

Louise Warren est poète et essayiste depuis plus de trente ans. Sa plus récente parution, La vie flottante. Une pensée de la création, a été publiée aux Éditions du Noroît. Finaliste au prix du Gouverneur Général dans la catégorie Essais, elle a reçu le prix Littérature et le prix Ambassadeur Télé-Québec des Grands Prix Desjardins de Lanaudière. Cet essai s’articule sous diverses formes d’écriture : récit, vers, prose, fragments. Une structure hybride qui constitue un tout cohérent où se dévoile une poésie à l’écoute du présent. C’est aussi une écriture intime imageant sensations, flottements, souvenirs lointains ou récents, le thème du voyage et le déploiement du temps. Louise, au début de votre essai, vous posez la question « comment un lieu de création agit-il comme matière d’écriture ? » Qu’est-ce que les lieux vous permettent d’explorer, de trouver? D’un festival de poésie à Grenade j’ai rapporté deux textes, le long poème « El Paseo de Los Tristes » et une réflexion sur le poème et sur le deuil de ma mère. Le lieu de cette rue étroite m’a donné la …