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31 jours de bibliothérapie, jour 30 : Pour faire preuve de résilience

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour faire preuve de résilience


Les échoués, Pascal Manoukian, Suggestion de Karine

Pas pleurer, Lydie Salvayre, Suggestion de Clara
« Deux voix s’entrelacent pour raconter la guerre d’Espagne dans le roman/récit Pas pleurer de Lydie Salvayre; celle de Montse, sa mère, qui dans sa vieillesse a tout oublié sauf les mois entourant l’insurrection et celle de George Bernanos, écrivain français qui a dénoncé les abus de l’Église catholique lors de la guerre à l’époque. En plus de nous enseigner sur la guerre d’Espagne, le livre de Salvayre nous donne un exemple de résilience avec Montse qui s’insurge contre l’injustice. C’est un récit brutal, mais aussi, par moments, tout à fait joyeux! »

Montréal sur papier: la ville expliquée par 24 créateurs

Les Carnets de Montréal ajoutent une autre dimension à la ville. Je comparerais cela à une expérience de réalité augmentée, mais à la place de chercher des Pokémon à travers les rues, les parcs et les bâtiments, la lecture du livre nous permet plutôt « d’attraper » les trésors culturels et historiques de la métropole. On marche même côte à côte avec des créateurs montréalais pour découvrir leurs repères, leurs sources d’inspiration et leur regard sur la ville. Pas besoin de téléphone intelligent pour vivre l’expérience: un esprit curieux suffit.

J’ai assisté au lancement du livre, le 20 octobre dernier, qui avait lieu dans la magnifique verrière du pavillon Jean-Noël Desmarais du Musée des Beaux-Arts de Montréal. J’ai eu la chance d’y rencontrer l’éditrice, Julia Duchastel, des éditions du Passage, et l’auteure  Catherine Pont-Humbert. Cette dernière, d’origine française, est tombée amoureuse de Montréal lorsqu’elle est venue y étudier la littérature, dans les années 1980. Cette journaliste a, depuis sa première visite, entretenu un rapport étroit avec la métropole et ses artistes. « Je la connais bien, comme on connait une personne que l’on fréquente depuis 30 ans », m’a-t-elle confié. Pour la préparation de l’ouvrage, elle a demandé à 24 grands créateurs de lui faire visiter un de leurs lieux de prédilection et de lui expliquer la relation qu’ils ont avec la ville.

Redécouvrir les lieux connus

On retrouve donc dans le livre des photos et des cartes géographiques, mais aussi 24 textes qui se veulent 24 portraits différents de la métropole. La ville est racontée par ses auteurs, ses musiciens, ses comédiens, ses chorégraphes, ses photographes et ses architectes. Mon texte préféré est le tout premier: le Montréal de Dany Laferrière. N’est-il pas fascinant de découvrir que l’avenir de ce romancier s’est dessiné dans le square St-Louis, ce parc situé à quelques pas de son premier appartement? Que c’est sur l’un de ses bancs, le même où il s’est assis près de 40 ans plus tard avec Catherine Pont-Humbert, qu’il a décidé de devenir auteur? Que c’est aussi dans le square St-Louis que Laferrière s’est initié à la culture québécoise, notamment grâce aux femmes qu’il y a rencontrées? Les Montréalaises semblent d’ailleurs avoir beaucoup influencé la vie de l’auteur :

« Ainsi, les Montréalaises lui ont enlevé le goût de faire l’amour avant de parler. […] Il ne serait peut-être jamais devenu écrivain si on ne lui avait pas enseigné à différer son plaisir, à gouter cette attente qui devient une sorte de joie. Montréal et les femmes lui ont appris la notion du temps et le luxe suprême : prendre son temps. »

Le square me semble beaucoup moins triste depuis que j’ai appris tout cela.

Grâce à Carnets de Montréal, on découvre aussi autrement la piscine du parc Jarry avec la dramaturge Évelyne de la Chenelière, le Bagel Fairmount avec l’auteure Kim Thuy ou encore l’avenue de Gaspé avec la musicienne et chanteuse Ariane Moffat. Les discussions sur les lieux glissent vers des réflexions à propos des liens qui se tissent entre la ville et la langue, la mode, la religion ou même le corps.

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Le parc Lafontaine (photo tirée des Carnets de Montréal). Crédit: Alex Tran

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Fruiterie du Mile-End (photo tirée des Carnets de Montréal) . Crédit: Alex Tran

Montréal-Paris: allers-retours 

Dans le livre, Montréal est presque un personnage. On y décrit son physique, son histoire, on trace les traits de sa personnalité. Elle est souvent comparée à Paris :

« À Montréal, on est seul, mais du coup, on peut aussi échapper aux regards, tandis qu’à Paris, il y a toujours des regards et des miroirs. On est en représentation. Il y a une mise en scène du quotidien. À Montréal, on peut disparaitre et être anonyme, on peut s’absenter de l’autre et de soi-même. On peut juste être là, c’est une sensation agréable. »

D’ailleurs, le livre semble être d’abord pensé pour des lecteurs qui connaissent peu la métropole ou même le Québec, car on y retrouve quelques notes explicatives, rappelant ce que sont « les carrés rouges» ou les Îles-de-la-Madeleine. La prochaine fois que j’aurai un cadeau à faire à un ami étranger, je crois bien que j’y glisserai les Carnets de Montréal.

Mais je crois que le livre peut tout autant plaire à un « Montréalais de longue date », avec ses anecdotes qui ajoutent une perspective culturelle à la ville. On y apprend pourquoi le Bixi a été conçu en forme de boomerang (ou en forme d’île de Montréal, c’est selon) ou pourquoi les chaises de la place Roy (coin Roy et St-André) ne sont pas conçues pour s’assoir. La lecture de Carnets de Montréal m’a surtout permis de me faire une liste assez longue d’endroits à découvrir ou à redécouvrir avec une perspective nouvelle, celle de ses créateurs…

Le fil rouge tient à remercier Les éditions du passage et Dyllan Labonté de Alain Labonté Communications  pour le service de presse.


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31 jours de bibliothérapie, jour 29 : Pour s’émoustiller un peu, beaucoup

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour s’émoustiller un peu, beaucoup :

Faire l’amour de Anne-Marie Olivier, Suggestion d’Alexandra G.
«
Faire l’amour est une pièce de théâtre documentaire qui rassemble les témoignages poignants, troublants et émoustillants de plusieurs Québécois.e.s. Les différents récits qui nous sont présentés sont éclectiques, montrent diverses facettes de la sexualité, mais portent, sans exception, sur cet incroyable moment lorsque des êtres se désirent ardemment. »

Travaux manuels de Stéphane Dompierre, Suggestion d’Alexandra G

Nu de Stéphane Dompierre, Suggestion de Caroline

Le potentiel érotique de ma femme de David Foenkinos,  Suggestion d’Anne-Marie:  «  tellement drôle!»

La série des Charmant de Christina Lauren, Suggestion de Vanessa

Les infortunes de la belle au bois dormant d’Anne Rice, Suggestion de Raph B.Adam
« Pour moi, cette trilogie est une bonne alternative à considérer pour ceux qui veulent lire de la littérature érotique, mais qui considèrent les romans à la mode en ce moment comme étant trop « softs » ou trop mal écrits (non, je ne nommerai ici aucune trilogie érotique en particulier… même si tout le monde sait de quoi je parle.) Dans cette série, la plume d’Anne Rice nous plonge dans un univers inspiré du conte de la Belle au bois dormant, univers dans lequel soumission, domination et luxure s’entremêlent dès les premières lignes. Bon, j’avoue que l’ensemble devient rapidement répétitif (il y a des limites aux « délices décadents » que peuvent vivre les personnages), mais j’ai tout de même beaucoup apprécié ma lecture ; certaines scènes me « hantent » encore (je ne vous dis pas lesquelles, petits coquins…!) Enfin, j’ai aimé l’écriture, Rice nous donnant véritablement l’impression de plonger dans un conte délicieusement perverti. »

La série des Claudine de Colette, Suggestion de Clara

Lire pour mieux vivre

Au début du mois de novembre, je me suis lancé comme défi de lire au moins une heure par jour. Avec l’université, j’avais totalement négligé mes lectures personnelles et j’ai décidé qu’il était temps que je m’y remette. Le mardi soir, je me suis installée dans mon lit et j’ai lu de 21h à 22h environ pour ensuite plonger dans un profond sommeil et me réveiller à 7h28, deux minutes avant que mon réveil-matin ne sonne, le lendemain matin. Je ne me souvenais pas de la dernière fois où j’avais si bien dormi. C’est pourquoi j’ai eu envie de vous parler des bienfaits de la lecture et de tout le positif que cette activité peut apporter dans votre vie.

1. La lecture diminue le stress
Étant une grande anxieuse, la lecture me permet de me calmer et de me changer les idées. Lire avant de se coucher est une bonne façon de mettre de côté nos préoccupations de la vie quotidienne afin de favoriser une bonne qualité de sommeil.

2. La lecture ne coûte rien
Oui, la majorité des grands lecteurs adore avoir leurs livres à eux et pouvoir les collectionner (j’en fais partie). Toutefois, pour ceux qui ne souhaitent pas dépenser une fortune, les bibliothèques sont une très bonne option. Comme quoi on n’a pas besoin de se ruiner pour apprécier un bon roman.

3. La lecture est un enrichissement
Certaines lectures ne sont là que pour nous détendre, mais il y en a qui nous font découvrir des choses sur l’histoire, sur les sciences, sur la vie en général. Après, on peut en discuter avec nos proches et on a plein de choses à partager. Un livre, c’est un peu un manuel de vie !

4. La lecture est une amitié
Dans les romans, vous trouverez des amis comme il n’en existe pas sur Terre. Certains personnages vous sembleront tellement réels que vous souhaiteriez pouvoir aller cogner à leur porte et discuter avec eux. Et inévitablement, vous tomberez amoureux de l’un d’eux…

5. La lecture appelle à l’empathie
Les livres sont constamment remplis de problèmes à résoudre et de personnages en détresse. À force de faire face à ce genre de situations, le lecteur en vient à développer et (surtout!) à aiguiser son empathie et ça peut très bien se refléter dans la vie de tous les jours avec nos proches.

Ce n’est que cinq raisons pour vous faire comprendre que la lecture est très souvent sous-estimée, alors qu’elle est remplie de bienfaits! N’hésitez pas à acheter ce livre qui vous fait de l’oeil depuis quelques temps déjà ou à vous rendre à la bibliothèque de votre quartier : vous ne le regretterez pas! Et pourquoi ne vous lanceriez-vous pas le défi de lire au moins une heure par jour, vous aussi ?
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Voyage sur le rythme des reels du rire

Mon copain en avait entendu parler à la première chaîne. Évidemment, tout commence souvent avec Plus on est de fous, plus on lit. La troupe du Théâtre du futur allait présenter au Théâtre d’Aujourd’hui le troisième volet de la Trilogie du Québec intitulé Épopée Nord. Olivier Morin, metteur en scène et comédien, ainsi que Guillaume Tremblay, auteur et comédien,  étaient invités à l’émission en janvier 2015 pour lire des extraits de la pièce. Vous pouvez d’ailleurs entendre le tout ici.

Dès la première seconde, il est tombé sous le charme et m’a transmis la bonne nouvelle. Le Québec de 2036, le clonage de Fred Pellerin, le soulèvement des Premières Nations, des chansons à répondre et de la satire à souhait, il n’en fallait pas plus pour nous emballer. Nous nous sommes donc acheté des billets pour assister à l’une des représentations. Et je vous jure que nous n’avons pas été déçus. Nous sommes sortis avec un mal de ventre d’avoir trop ri et un sourire placardé au visage. Tout y était. Les performances, le texte, l’ambiance et que dire du décor. Ceci étant dit, à ma dernière visite au Salon du Livre, je n’ai pas pu m’empêcher de repêcher le texte de la pièce, publié aux éditions de Ta mère. Cette lecture m’a permis de me replonger dans cette folie qui se lit dans le temps de dire Fred Pellerin à la vitesse à laquelle il raconte quand il s’y met.

Déjà, dès l’ouverture du livre, on nous présente le décor que nous avons eu sous les yeux il y a bientôt deux ans, avec une précision exquise :

Décor : Les spectateurs forment un arc de cercle de 270 degrés et la plupart d’entre eux sont assis sur des divans. Au centre, un grand tapis rond tressé et, au plafond, quelques structures de faux bois nous rappellent un chalet ou encore une maison longue amérindienne. Sur la partie du cercle où il n’y a pas de spectateurs, des percussions, un piano, des guitares, des violons, une mandoline. Sur le mur, derrière les instruments, quelques lattes de plancher de bois franc taillées à des hauteurs différentes représentent à la fois, de façon subtile et ouverte, une forêt, un centre-ville et, de façon encore plus subtile, la structure de l’ADN.  (Épopée Nord, p. 3)

Et cela se poursuit avec l’accueil le plus chaleureux que je n’ai jamais reçu en entrant dans une salle de spectacle :

Réjouissante entrée du public

(Les acteurs accueillent les spectateurs avec de chaleureuses poignées de main, du sucre à la crème et une paire de becs lorsque la décence le permet. Les plus gentils ont les meilleures places. En attendant que tout le monde soit entré, on pousse la chansonnette, on raconte quelques blagues salées, croustillantes comme les dernières chips du sac.) (Épopée Nord, p. 5)

Avec une entrée en scène aussi fracassante, tu peux me faire croire n’importe quoi par la suite et c’est exactement ce qui est arrivé. Parce que je vais vous l’avouer, Épopée Nord c’est une histoire de fous. L’action se déroule en 2036 dans la République du Québec. La disparition de Fred Pellerin avait laissé bien des âmes en pleurs, mais après une dizaine d’années, les citoyens avaient décidé de faire leur deuil puis d’enterrer le cercueil vide de l’un des artistes les plus respectés du Québec. Pourtant, un soir à l’émission de Denis Lévesque, le petit conteur préféré des Québecois fait une apparition. Il est complètement transformé. L’époque du frêle et mignon Fred qu’on connaissait est révolu. Ce dernier porte une longue tignasse noire, il a la peau basanée et le corps bien musclé. Devant la caméra, il adresse un message aux spectateurs à l’antenne « J’ai un message de la part des Premières Nations… Soyez prêts. » ( Épopée Nord, p. 14-15) Après avoir accompli sa mission, il se jette du pont Jacques-Cartier. Puis… un autre Fred Pellerin arrive. Il proclame le même message puis il se jette lui aussi en plein dans le fleuve St-Laurent. Le monde capote.

Je vous promets que c’est aussi rocambolesque tout au long de la pièce. J’ai lu le tout à voix haute à mon copain en deux petites heures et nous devions faire de longues pauses afin de reprendre notre souffle toutes les cinq minutes. C’est désopilant, intelligent et finement ficelé. Je me retiens pour ne pas utiliser tous les synonymes du mot drôle (farfelu, coquin, bidonnant, folichon, fripouille et polisson). Les nombreuses références à des personnages emblématiques du Québec tels que Manon Massé sous la forme d’un ours polaire et Jean Leloup sous la forme du chef de la tribu des Premières Nations, ne peuvent que nous faire sourire de plaisir de par la manière dont ils sont habilement mis en scène. La critique du traitement réservé aux Premières Nations n’est également pas à négliger. Malgré que le tout se fasse dans la rigolade et le ton léger, le propos y est. Ce dernier occupe d’ailleurs une place centrale dans l’intrigue qui se déploie autour du retour en force des autochtones. Rien ni personne n’est laissé pour compte. On rit de tous et chacun. Bref, on rit.

Il s’agit d’un livre parfait pour le mois de décembre. Pratiquer votre lecture à voix haute et votre jeu d’acteur en partageant cette histoire en vous réchauffant auprès d’un foyer avec un ami, un amour ou la famille. Offrez-le en cadeau pour Noël. Je vous promets que personne ne sera déçu et que vous aurez les conversations les plus drôles le soir du jour de l’an. Après tout, une nouvelle année pourrait offrir autant de possibilités que les présages d’Olivier Morin et Guillaume Tremblay.

Épopée Nord, Olivier Morin et Guillaume Tremblay, Les éditions de Ta Mère, 2016, 172 p.

Crédit photo: Michaël Corbeil
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31 jours de bibliothérapie, jour 28 : Pour s’évader

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour s’évader

Les amants du spoutnik d’Haruki Murakami, Suggestion de Martine

L’écume des jours de Boris Vian, Suggestion d’Alexandra G.
«
L’écume des jours est un roman qui marque par son univers éclaté, enchanteur et irréel. Dès les premières lignes, on part à la dérive, à la rencontre d’un tout autre monde, merveilleux et qui ne ressemble à rien. »

Miss Perigrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs, Suggestion de Camille

Chocolat de Joanne Harris, Suggestion de Marion

Amun, le rassemblement

J’aurais aimé avoir Amun avec moi pour mieux vous en parler, mais je l’ai prêté à mon père. Parce que c’est un peu grâce à lui et à sa sensibilité pour l’autre que j’ai voulu lire ce livre et que j’ai une ouverture envers les peuples autochtones. Une ouverture? Mais pourquoi n’en aurais-je pas?

Parce que j’ai été élevée près d’une réserve atikamekw où, dès mon arrivée, on m’a appris à appeler les habitants les Kawish, à les stigmatiser, à les stéréotyper sans prendre le temps d’y comprendre grand-chose. C’est drôle que le fait de vivre près d’une communauté puisse créer non pas un effet de rapprochement, mais plutôt l’effet contraire.

Si ce n’était pas de mon père, de son intérêt, de son emploi et du fait qu’il m’ait emmenée au Pow Wow de Wémontachi, l’année de notre déménagement, je n’aurais peut-être pas aujourd’hui cette approche, ce respect et cette certaine compréhension envers les communautés autochtones. Sans, bien sûr, prétendre comprendre leurs réalités, quotidiens ou histoires propres, je remercie mon père pour son ouverture, celle qui m’a portée vers ce grand rassemblement qu’est Amun.

Amun est donc un recueil de 10 nouvelles, dirigé par Michel Jean, Innu, écrivain et journaliste.

Ce collectif réunit pour la toute première fois des auteurs autochtones de divers horizons, de différentes nations et générations. Leurs textes de fiction reflètent tantôt l’histoire et les traditions, tantôt la réalité des Premières Nations au Québec et au Canada. Offrant à lire les points de vue d’artistes de renom, ce livre est le théâtre d’un rassemblement et d’une prise de parole qui ne se font que trop rarement.

Amun rassemble les voix de plusieurs auteurEs issus des premières nations, dont Natasha Kanapé Fontaine, Jean Sioui, Naomi Fontaine, parmi plusieurs autres. 10 textes qui offrent différents points de vue auxquels se rattache toujours la question d’identité. C’est là que se trouve, à mon avis, la pierre angulaire de tous ces récits. Il est non seulement question d’identité, mais de l’affirmation de celle-ci.

À travers les 10 textes, on voyage dans les époques, à travers différentes communautés, on découvre diverses réalités qui nous bousculent, émeuvent et captivent. J’ai embarqué dans chacun des textes, tous bien écrits, accessibles et relativement courts. De par ces textes, on s’immisce parfois dans le mal-être, parfois dans des légendes qui nous sont inconnues, parfois dans le sentiment de ne pas savoir qui l’on est… Bref, c’est un rassemblement de mots qui vaut la peine d’être lu.

La multiplicité des voix, des textes et des réalités représentés dans Amun en fait sa force, le titre n’aurait pas pu être mieux choisi.


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La répression politique au Québec : apprendre à y faire face

La Commission populaire sur la répression politique (CPRP) est un collectif militant autonome qui s’est donné comme mission de « documenter la répression politique exercée au Québec et de sensibiliser divers publics à la question ». Étouffer la dissidence : vingt-cinq ans de répression politique au Québec est un compte-rendu de leur projet. Le livre vient tout juste de paraître chez Lux.

L’ouvrage commence par expliquer la démarche populaire de la CPRP, puis fait un (très) bref survol de la répression politique au Québec depuis le début des années 1990. Ensuite suivent les chapitres sur les différentes formes de répression politique : la répression policière, la répression privée sur les campus, la répression judiciaire, la répression par les discours publics et le profilage politique.

Pourquoi parler d’un tel livre ici? C’est quand même pas mal loin de la littérature. Certes, mais est-ce loin des livres qui peuvent nous faire du bien? Pas pour moi. Laissez-moi vous raconter une tranche de vie pour mieux m’expliquer.

En 2012, j’étais étudiante en cinéma au Cégep de l’Outaouais. Les étudiantes et les étudiants du Cégep de l’Outaouais ont fait la grève presque quatre mois (voir les pages 58 et 70 du livre). Je me suis levée à 5 h 30 tous les jours (okay, moins un ou deux) pour aller à la ligne de piquetage et participer aux diverses activités et actions contestataires. Ce fut une incroyable période d’apprentissage dans ma vie. Mais surtout, c’est la grève qui m’a fait connaître la police et la répression. Je suis des privilégiées pour qui ma rencontre avec les forces de l’ordre n’a pas continué. Je suis aussi de celles dont l’ouvrage parle quand c’est écrit:
 « Pour plusieurs, la grève étudiante de 2012 a été l’occasion de prendre conscience de la répression politique et de son ampleur, en raison des milliers d’arrestations et de plusieurs blessures graves subies par les manifestantes et manifestants » (p. 8).

Ainsi, depuis ma participation à cette grève, je suis curieuse d’en apprendre davantage sur les mouvements sociaux au Québec et sur les mécanismes de répression de l’État. Comme les gens du CPRP, je crois que c’est important de comprendre un phénomène pour savoir comment le contrer, « pour mieux le dénoncer et y résister » (p. 11).

Que cela soit par la couverture médiatique qui reprend mot pour mot la version de la police, par la croissance de la militarisation du corps policier ou par la multiplication d’accusations criminelles faites aux manifestants et manifestantes, selon la CPRP, la répression politique provoque « un effet dissuasif (chilling effect) à participer à des manifestations » (p. 37). Ceci est très inquiétant. Mais, pour moi, le plus inquiétant est soulevé à la fin du livre, cette répression politique a aussi pour effet « la construction d’une opinion publique hostile à la contestation sociale » (p. 119); et ça, ça me semble difficile d’en sortir. Pourtant, ici au Fil rouge, nous savons qu’il reste des luttes féministes à mener et si l’opinion publique continue d’être hostile, n’est-ce pas un sérieux bâton dans les roues du changement social? Étouffer la dissidence soulève d’importantes questions sur notre futur collectif.

La CPRP a permis aux gens de raconter leurs propres expériences, de témoigner leur vécu. Étouffer la dissidence ne prétend pas pour autant représenter la totalité des situations existantes et peu paraître faire un état des lieux un peu trop simpliste pour plusieurs, moi incluse par moments. Reste que le livre fait un état de la question nécessaire : un très bon début de débroussaillage dans un format très facile d’accès.

Enfin, je tiens à noter que « par solidarité, la CPRP cède le revenu des ventes de cet ouvrage à des organisations militant contre la brutalité policière et pour la défense des droits ».


Le fil rouge tient à remercier Lux éditeur pour le service de presse.

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31 jours de bibliothérapie, jour 27 : Pour se déculpabiliser…tout simplement

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour se déculpabiliser…tout simplement

La remontée de Maude Nepveu-Villeneuve, Suggestion de Martine
« Dans ce roman on y découvre une femme bien loin d’être parfaite, confrontée à ses plus grandes zones noires, mais on apprend à l’aimer, à la comprendre, à l’admirer pour sa franchise vis-à-vis elle-même. Clarisse, c’est le genre de personnage féminin essentiel pour détruire les stéréotypes de la wonderwomen des temps modernes. »

Les maisons de Fanny Britt, Suggestion de Marjorie
« Dans ce roman, on se plonge dans le quotidien d’un couple sans histoires, dans la tête d’une femme qui, en couple depuis longtemps, anticipe une rencontre avec un ex. C’est un huis clos dans la tête de cette femme qui se questionne, remet sa vie et son couple en question. C’est beau, parce que c’est vrai et ça fait du bien parce que c’est dit. Par-dessus tout, ça déculpabilise parce que ça peut arriver à tout le monde, que c’est sain de se questionner et qu’il faut se laisser le droit de vivre toutes ces émotions contradictoires qui nous viennent parfois en tête. »

Chaque automne j’ai envie de mourir de Steve Gagnon et Véronique Côté, Suggestion de  Marjorie.
« Un amalgame de secrets, petits et grands, forme ce livre. Les secrets des uns et des autres, mis en mots, réinventés à partir d’une simple confession. Voilà ce que propose
Chaque automne j’ai envie de mourir. Pour moi, ce livre déculpabilise parce qu’il propose des facettes de l’être humain qu’on se limite à aborder, qu’il met à nu de petits secrets, des habitudes qui nous gênent ou bien même des secrets qui prennent du courage à avouer, à s’avouer à soi-même. C’est grand, c’est beau, c’est humain et c’est le mix de tout cela qui en fait un livre qui aide à se déculpabiliser… tout simplement. »

31 jours de bibliothérapie, jour 26 : Pour sourire et rire, dans les périodes plus difficiles

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour sourire et rire, dans les périodes plus difficiles

Des papillons pis de la gravité et Des papillons pis du grand cinéma d’Alexandra Larochelle. Suggestion de Marjorie
« Il y a de ces romans, si simples, qui nous font rire pour de vrai et nous font oublier les moments maussades.
Des papillons pis de la gravité de Alexandra Larochelle est l’un de ceux-là. Le récit, les péripéties et l’écriture de ce roman pour jeune adulte peut plaire à un large public et permet véritablement de décrocher et de rire. C’est à la fois léger, bien écrit et humoristique. »

Maudit Karma de David Safier, Suggestion de Geneviève G.L. et Camille

Laisse tomber il ne te mérite pas! De Greg Behrendt et Liz Tuccillo, Suggestion de Caroline

Soutien-gorge rose et veston noir, de Raphaële Germain, Suggestion de Caroline

Le vieil homme qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasso, Suggestion de Gabrielle