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La fuite qui mène à soi

 

Je ne peux faire autrement que de penser au personnage de Hanna dans Girls pour introduire Sara Lazzaroni, elle est vraiment une voix des plus puissantes de sa génération. J’ai rarement lu une auteure de mon âge, qui nommait avec autant de beauté, de talent et d’imaginaire ce que je ressentais, ce que je voyais et ce que je vivais. Les romans de Sara Lazzaroni, Patchouli, Veiller la braise, et maintenant Okanagan, viennent me toucher par leur façon de représenter l’entièreté d’une génération aux prises avec une recherche identitaire, un désir de vivre et paradoxalement, une mélancolie qui ne quitte pas.

Dans ce dernier roman, Lazzaroni y raconte l’histoire de Léa qui part avec ses amis dans l’Ouest canadien, à Okanagan plus précisément, cueillir des cerises. Cette Léa, habitée d’une profonde tristesse, mais d’un sentiment très puissant d’urgence de vivre, partira à l’aventure, dans une voiture fiable à moitié, le coeur persuadé d’aller chercher une liberté nécessaire à sa guérison.

C’est par la poésie, l’écriture, le voyage qu’elle se sent le plus vivre, qu’elle se libère de ses tourments et de ses souvenirs gris. En peine de sa relation avec Loïc et consciente de son besoin d’unicité qu’elle avait avec lui dans cette grande histoire d’amour, on sent dans le comportement de Léa un besoin de changer de vie, de décor, de voir autre chose. Complètement intègre avec ses émotions, elle prend conscience de l’échec de cet amour sauvetage qui, elle l’espérait, la guérirait de ses douleurs, de ses failles, de ses noirceurs. Un amour, comme souvent le sont les premiers, invasif, destructeur, entier et ainsi, dépendant, malsain et bien évidemment, passager.

Cette histoire d’amour déchu devient comme l’élément motivateur de ce changement nécessaire dans sa vie. Elle nous racontera tout au long de son voyage des moments de leur histoire et tranquillement, on y décèlera une libération. Léa n’est plus avec Loïc et, enfin, elle respire, elle s’élance dans la découverte, dans la création, dans la poésie. Ce voyage lui amène l’introspection nécessaire pour prendre conscience de l’importance de ses choix et ses décisions dans son propre bien-être intime.

Par son travail avec les personnes âgées, Léa est d’autant plus habitée de cette urgence de vivre, de sentir, de découvrir, mais elle est aussi menée par ce nuage gris qui ne la quitte pas. Une contradiction des plus modernes, emprise de cette génération insatisfaite, qui peut rêver à tout et qui rêve toujours d’un lendemain plus lumineux. Bien qu’une représentation sociale de cette jeunesse qui quitte tout pour se retrouver s’y prête bien, j’y voyais surtout un portrait clair et doux de ces jeunes Milléniaux comme on les appelle, qui veulent changer le monde, les façons de faire, qui ne se contentent pas de la norme et des conventions. On perçoit dans le roman aussi des critiques bien propres à cette génération : un retour aux sources, au minimalisme, à l’environnement, etc. Léa et ses amis ne veulent pas perdre la chance d’être vie en ne vivant pas le plus extraordinaire, le plus propre à leurs coeurs.

Ce que je retiens de ce roman, auquel je reviendrai souvent, c’est l’importance du voyage, de la découverte de soi, de l’introspection, de cette envie bien puissante et créatrice de vouloir être bien, d’être une meilleure version de soi. Il y a aussi un souffle de mélancolie et de tristesse qui parcourt les pages et qui vient d’autant plus donner du rythme et de la puissance à ce besoin de poésie, de livre, de musique, d’art, qu’ont Léa et ses amis. Se ressourcer dans des décors inconnus, dans des mélodies ensorcelantes et dans les mots des autres, c’est un peu cela parfois, le secret du bien-être.

L’écriture de Lazzaroni m’ensorcelle depuis les premiers mots de Patchouli. Elle est d’une justesse, d’une précision et d’une poésie imagée qui me bouleverse et me donne envie de tout souligner dans ses bouquins. Okanagan n’y fait pas exception!
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31 jours de bibliothérapie, jour 25 : Pour célébrer l’importance de la famille

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour célébrer l’importance de la famille 

Les sanguines d’Elsa Pépin, Suggestion de Marjorie
« Les sanguines, d’Elsa Pépin, est une bien curieuse histoire de sang ou s’entremêlent des histoires d’hématologie et celle de deux soeurs, l’une malade, l’autre non. C’est un récit qui met de l’avant les liens de la famille, pas toujours faciles, les décisions qui changeront des vies et les sacrifices qu’on est prêts à faire pour ceux qui partagent notre sang. C’est un magnifique roman qui célèbre l’importance de la famille de façon différente, vraie, touchante et symbolique. »

Les murailles d’Érika Soucy, Suggestion de Marjorie
« Les murailles, c’est le voyage d’Érika Soucy à la romaine, dans le nord, à la rencontre de son père: Cet homme qui était peu présent et qui travaillait loin. À travers son immersion dans ce milieu d’homme, dans une réalité différente qui frappe, l’auteure cherche à comprendre ce qui a poussé son père à y travailler toute sa vie, à sacrifier sa famille pour le bois et les caps d’acier. C’est un bel hommage à la famille, à l’importance de celle-ci et aux marques qu’elle laisse dans nos vies, de par sa présence ou son absence. »

Les filles de Lori Lansens, Suggestion de Karina

Le manga Fullmetal Alchemist, Hiromu Arakawa, Suggestion de Raph B.Adam
«Ce manga (dont on a tiré deux anime) raconte l’une de mes histoires préférées. Dans un univers aux accents steampunk, on y suit les frères Edward et Alphonse Elric, deux alchimistes qui tentent de récupérer ce qu’ils ont perdu en tentant de ramener leur mère à la vie. Une histoire enlevante qui nous fait rire, pleurer, et qui nous rappelle toute la beauté et l’importance des liens fraternels.»

The Outsiders de S.E. Hinton, Suggestion de Laurence L

Paul à la pêche de Michel Rabagliatti, Suggestion de Camille

Trouver l’âme sœur: Dany Laferrière

C’est en 2009 que j’ai, sur le tard, découvert Dany Laferrière. J’étais au Salon du livre et en cherchant quoi me procurer, je me suis dit «Bah! Pourquoi pas?» en tombant sur son tout dernier roman, L’énigme du retour, qui connaissait à cette époque un succès énorme. Depuis ce temps, je n’ai pas été déçue, véritable coup de foudre littéraire, j’ai su.

Je n’ai pas tout lu de Laferrière et je clame haut et fort qu’il est mon auteur préféré. Je prends simplement mon temps. Parce qu’il est comme le bon vin, avec les années, ses livres n’en sont que plus savoureux.

Bien qu’il ait reçu de nombreux prix et décorations, ce n’est pas tant ses exploits littéraires qui impressionnent, mais simplement ses écrits qui, pour moi, surpassent bien des classiques. Lire Laferrière, c’est l’odeur du café, le goût d’une mangue fraîche, les rayons du soleil sur la peau l’été, le droit à l’imaginaire, Montréal, Haïti, sous un tout autre angle. Laferrière c’est la permission d’être libre, d’être soi, sans compromis. C’est lire, puis avoir envie d’écrire, comme lui. C’est un vieux sage (mais pas vraiment) de qui on boirait toutes les paroles et écouterait tous les conseils.

En attrapant L’énigme du retour il y a un peu plus de 7 ans, je suis tombée pile. J’avais trouvé mon âme sœur littéraire. Pareil coup de foudre, ça vous est arrivé?

Comment tomber en amour avec Laferrière, en 5 livres:

L’énigme du retour

Chronique de la dérive douce

L’odeur du café

L’art presque perdu de ne rien faire

Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo

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31 jours de bibliothérapie, jour 24 : Pour lire confortablement au chaud le matin de Noël

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour lire confortablement au chaud le matin de Noël 

Le Noël de Marguerite d’India Desjardins et Pascal Blanchet, Suggestion de Martine
« Dans cette magnifique bande dessinée, on y suit la douce Marguerite à Noël et on a envie de serrer bien fort tous les gens qui nous entourent et prendre tout simplement le temps de profiter de cette période de retrouvailles pour de nombreuses familles. Cette lecture m’éblouit par la beauté de l’objet, mais aussi par la beauté des mots et du récit. »

Jeanne, fille du roy de par Suzanne Martel, Suggestion d’Anne-Marie

Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol, Suggestion de Camille

Des papillons pis de la gravité d’Alexandra Larochelle, Suggestion de Marion

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, Suggestion de Marion

Autour des livres : Rencontre avec Alexandra, collaboratrice chez Le fil rouge

Connaissez-vous le questionnaire de Proust? Il s’agit de questions posées par l’auteur Marcel Proust, principalement connu pour sa majestueuse oeuvre À la recherche du temps perdu. Celles-ci permettent de mieux comprendre ou connaitre quelqu’un. Dans ce questionnaire, on y trouve des questions telles que La fleur que j’aime ou Mes héroïnes préférées dans la fiction. L’animateur littéraire Bernard Pivot s’est inspiré de ce questionnaire pour créer le sien, qu’il faisait passer à ses invités à son émission Bouillons de culture. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer un questionnaire Le fil rouge où on pourrait en apprendre davantage sur une personne, et ce, au sujet de ses habitudes de lecture, de création, d’organisations et au niveau de ses préférences littéraires.

Pour cette édition, notre collaboratrice Alexandra s’est prêtée au jeu!

1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture?

Ma mère qui me lit les plus beaux récits, tout juste avant que je ferme les yeux, à l’heure du dodo, elle tourne les pages en changeant sa voix pour animer les personnages qui peuplent les histoires des livres qu’elle a minutieusement choisis pour moi. C’était un instant privilégié entre nous, un moment complice, où elle prenait plaisir tout autant que la petite fille devant elle, à vivre et à donner vie à ces fabulations merveilleuses. C’est elle qui m’a donné le goût de la lecture.

Elle m’a toujours dit que la première fois que j’ai tenu un livre dans mes mains, mon regard avait changé, comme si je tenais la plus belle chose au monde, comme « un cadeau dont je délectais chaque mot ».

2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture?

Je n’ai jamais vraiment eu de rituel de lecture. Je pourrais lire n’importe où, n’importe quand avec n’importe qui dans n’importe quelle circonstance. Je lis en marchant, dans le bain, à la toilette, au soleil, étendue sur la pelouse, effouarrée dans mon divan, dans le froid en attendant l’autobus, dans un café bruyant, avec la lueur du matin ou encore pendant la nuit pour fuir mon insomnie. Pour moi, l’essentiel, c’est d’avoir toujours un livre à ma portée, peu importe.

3. As-tu une routine d’écriture, des rituels? Dans quel état d’esprit dois-tu être pour écrire?

Quand j’écris, je dois oublier tout ce qu’il y a autour de moi. Je dois être dans un état second, comme s’il fallait que je perde contact avec le monde. Mon truc c’est de mettre une toune sur repeat, une toune qui me fait chavirer, qui me donne parfois envie de pleurer et qui éveille toute ma sensibilité. La chanson tourne en boucle dans mes oreilles, jusqu’à ce que je l’oublie, jusqu’à ce que je me sente dans un autre univers, coupée de tout. Et c’est, seulement à ce moment, que mes doigts tapent frénétiquement le clavier ou que le crayon glisse sur le papier.

4. Quels sont les livres qui t’ont donné envie d’écrire?

Ce qu’il en reste de Julie Hivon, un roman magnifique, troublant, mais tellement bien écrit. Écrire de Marguerite Duras, parce que c’est en lisant ce livre que j’ai compris à quel point j’avais besoin d’écrire. Un besoin réel qui m’aidait tout court, dans tout. Paroles de Jacques Prévert pour ses poèmes qui m’ont complètement transportée dans un ailleurs merveilleux. Et, plus récemment, Hiroshimoi de Véronique Grenier, dont j’ai eu un gros crush sur les phrases bien tournées empreintes d’une grande sensibilité.

5. Quel est le livre qui t’a le plus fait cheminer personnellement et pourquoi?

L’espèce fabulatrice de Nancy Huston. C’est comme ma bible. L’écriture de Huston est tout simplement parfaite, simple, directe, sans détour, comme j’aime, mais avec une portée infinie de sens. C’est un essai qui a changé ma vie, ma perception du monde et qui m’influence encore aujourd’hui.

6. Si tu pouvais vivre dans un monde littéraire, ce serait lequel?

Dans l’univers éclaté de L’écume des jours de Boris Vian sans hésitation. Ce roman m’a tellement marquée, comme c’est le cas pour plusieurs, avec ses nuages roses magnifiques, ses possibilités infinies, ses sentiments d’amour inconditionnel et ses images enchanteresses!

7. Quel livre relis-tu constamment sans même te tanner?

Je vais me permettre de nommer non pas un livre, mais bien un poème (j’suis wild de même, qu’est-ce que tu veux!) : Je t’écris pour te dire que je t’aime de Gaston Miron. Le tout premier poème que j’ai entendu dans un cours au Cégep, le tout premier poème qui m’a fait pleurer et le tout premier poème que je ne cesse de relire et relire pour sa beauté et tout ce qu’il représente.

« Qu’es-tu devenue toi comme hier
moi j’ai noir éclaté dans la tête
j’ai froid dans la main
j’ai l’ennui comme un disque rengaine
J’ai peur d’aller seul de disparaître demain
sans ta vague à mon corps
sans ta voix de mousse humide
c’est ma vie que j’ai mal et ton absence »

C’est fucking beau, on s’entend.

8. Quel est ton mot de la langue française préféré?

Ineptie. C’est joli à l’oreille, mais c’est aussi un beau mot pour dire que tu trouves que quelque chose est niaiseux. Esperluette c’est pas pire aussi, c’est funky en bouche.

9. Quel livre aurais-tu aimé avoir écrit?

Je crois que ce serait Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. J’ai lu ce roman maintes et maintes fois et au-delà de son univers très bien construit, il y a cette idée que la suppression de tous les livres mènerait l’humanité à sa perte, rien de moins. Comme si anéantir l’existence des livres était synonyme de rayer, en grande partie, notre mémoire collective. C’est une idée qui vient me toucher, beaucoup.

10. Si tu écrivais ta propre biographie, quel serait le titre?

Chroniques d’une anxieuse, bien entendu! Ma vie ne se résume pas qu’à l’anxiété, mais mettons que cette bébitte-là a joué un grand rôle dans le déroulement de ma vie, de mes pensées, de ce que j’ai été, de ce je suis maintenant et de ce que je serai plus tard.


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31 jours de bibliothérapie, jour 23 : Pour (re)tomber en amour

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour (re)tomber en amour

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie, Suggestion de Karine

Veiller la braise de Sara Lazzaroni, Suggestion de Marjorie
« Veiller la braise
, ce merveilleux roman de Sara Lazzaroni, met en scène l’histoire d’un couple à travers les années. C’est simple, c’est magnifique, c’est d’une douceur incroyable et vous ne pourrez faire autrement que de tomber en amour. C’est aussi une belle leçon sur l’amour lui-même, sur le temps qui passe et le feu ardent, qui devient braise, tout aussi beau, tendre et chaleureux. »

Soie d’Alessandro Barrico, Suggestion de Raph B.Adam
«
Ce magnifique petit roman qui se lit d’une traite raconte une merveilleuse histoire d’amour impossible entre un marchand de vers à soie et la jeune maîtresse d’un seigneur japonais, qu’il côtoie lors de ses voyages en terre nippone. C’est l’histoire de cette liaison, oui, mais aussi celle d’un homme et de sa femme, de leur relation malgré la distance, malgré la guerre, malgré les aléas de la vie. Je dois avouer que ce roman contient certaines des scènes d’amour les plus émouvantes qu’il m’ait été donné de lire, scènes subtiles et pleines de sous-entendus, dans un style épuré et d’une grande finesse. Un petit chef-d’œuvre, à savourer.»

L’écume des jours de Boris Vian, Suggeestion de Caroline

Les maisons de Fanny Britt, Suggestion de Laurence L

Les voies de la disparition de Mélissa Verreault, Suggestion de Gabrielle

Orgueil et préjugés de Jane Austen, Suggestion d’Anne-Marie et Clara

Deux jours de vertige d’Éveline Mailhot, Suggestion de Vanessa

Fanfan d’Alexandre Jardin, Suggestion de Camille

Le Vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda, Suggestion de Clara

Là où la mer commence de Dominique Demers, Suggestion de Marion

La délicatesse de David Foenkinos, Suggestion de Marion

31 jours de bibliothérapie, jour 22 : Pour comprendre un peu mieux la vie

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour comprendre un peu mieux la vie

Aussi longtemps que les rivières couleront, James Bartleman, Suggestion de Karine

Nirliit, Julianna Léveillé-Trudel, Suggestion de Clara
« Nirliit de Juliana Léveillé-Trudel fesse fort: « Beau et rude comme la toundra » dit la quatrième de couverture. En racontant le passage éphémère d’une blanche du Sud dans le Nord québécois et le périlleux équilibre amoureux de Elijah, jeune inuit de Salluit, Léveillé-Trudel n’offre pas un regard complaisant sur la réalité du Nord. Plutôt, dans ce roman impossible à laisser tomber, la voix de la narratrice permet de comprendre un peu mieux la vie parce qu’elle offre un regard incisif sur celle-ci, mais surtout, elle permet de comprendre un peu mieux certaines vies qu’on cherche trop peu souvent à connaître dans notre province. »

L’espèce Fabulatrice de Nancy Huston, Suggestion d’Alexandra G.
«
L’espèce fabulatrice est un essai évocateur sur ce besoin viscéral des êtres humains à fabuler notre vie pour mieux la supporter. C’est un texte juste et sensible qui pointe ce besoin essentiel, pour chacun d’entre nous, d’inventer des récits, mais aussi de s’inventer soi-même et d’inventer les autres. Parce que, dans le fond, notre réel est fait de fictions. »

Have a little faith et Tuesdays with Morrie de Mitch Albom, Suggestion de Geneviève G.L

La femme gelée d’Annie Ernaux, Suggestion d’Anne Marie

Nos suggestions de romans québécois publiés en 2016 #Jelisunlivrequébécoisparmois

Martine

Le livre que j’ai envie de vous proposer pour ce dernier mois de l’année est Okanagan de Sara Lazarroni. Publié cet automne, ce troisième roman de la jeune auteure a su me toucher et me faire voyager dans l’Ouest Canadien. Sara Lazarroni est une auteure que j’aime beaucoup, l’année dernière lors du défi, j’avais eu la chance de la découvrir par son deuxième roman Veiller la braise. D’emblée, sa plume tendre, poétique et incroyablement maitrisée m’avait touchée. Or, ce qui me fascine le plus chez Lazarroni est sa façon bien à elle de parler d’amour et de notre génération. J’ai souvent l’impression de me retrouver dans ses mots, dans ses pensées. Okanagan raconte l’histoire de Léa, une jeune fille perdue et à la recherche d’elle-même qui quitte son quotidien pour partir avec ses amis à Okanagan, cueillir des cerises. Le coeur brisé, mais habité d’un désir plus grand de vivre, ce roman a été notre choix du mois d’octobre pour nos coffrets littéraires et je dois dire que je le recommande vraiment à tout le monde. Un petit baume de beauté, autant au niveau de l’écriture dans la conception des personnages. Sara Lazarroni est véritablement une auteure que je prend plaisir à suivre et que je lirai è nouveau sans aucun doute.

J’ai aussi écrit sur ces nouveautés québécoises au cours de l’année :
Autour d’elle, Sophie Bienvenu
L’écho de leurs voix, Jan J. Dominique
L’impureté, Larry Tremblay
L’enfant mascara, Simon Boulerice

Les suggestions de Clara
J’ai vraiment le goût de lire le premier roman de Stéphane Larue qui vient tout juste de paraître chez Le Quartanier cet automne, Le plongeur. J’ai moi-même été plongeuse dans un restaurant plusieurs mois… d’où peut-être mon envie débordante de lire ce roman très bien reçu par la critique! Et je conseille vivement Les murailles d’Érika Soucy (VLB éditeur) pour son regard étonnant sur la vie ouvrière des chantiers du nord québécois.

Les suggestions de Marjorie

L’avantage de tenir un blogue littéraire, c’est d’avoir la chance de lire beaucoup de nouveautés. Mais ça fait que, à la fin de l’année, je ne sais plus trop quoi suggérer lorsque vient le temps de proposer une seule lecture. C’est pourquoi je vais en proposer au moins deux : Une fille louche de Sylvianne Blanchette et Des Femmes savantes de Chloé Bernard-Savoie. Ces deux parutions ont, à mon avis, la même nécessité et le même pouvoir, celui de s’y reconnaitre, de s’y retrouver et de s’y comprendre. Ce sont deux romans différents qui, de par leur ouverture, leur authenticité et leur choix des mots, permettent de se construire petit à petit en tant que femme, avec le lot de choses que ça peut comporter. À travers diverses situations, on déculpabilise, on se sent moins seule et on apprend à s’aimer un petit peu mieux.

J’ai aussi écrit sur ces nouveautés québécoises au cours de l’année :

Les sanguines, Elsa Pépin.

À l’abri des hommes et des choses, Stéphanie Boulay.

Charlotte ne sourit pas, Thomas O. St-Pierre.

 

Réflexions sur le café. Acheter, c’est voter de Laure Waridel

J’étais chez une merveilleuse amie. Depuis quelque temps, j’essayais de lire plus d’essais. Je voulais toucher à tout, développer ma pensée critique, m’informer davantage. Ce livre se trouvait entre deux autres, dans sa bibliothèque, et je lui ai demandé si je pouvais l’emprunter. Acheter, c’est voter. Le cas du café, de Laure Waridel, est un livre que je n’avais pas encore lu. Si j’étais déjà conscientisée au commerce équitable, je n’avais pas pris le temps de vraiment en comprendre les enjeux. J’avais cependant envie d’en savoir plus et ce livre me donnait l’occasion de le faire.

Le titre, tout d’abord, vaut la peine qu’on s’y arrête. À lui seul, il résume toute la pensée du livre de Waridel. « Acheter, c’est voter » signifie, tout simplement, que nous avons, en tant que consommateurs, un énorme pouvoir. Et même si nous avons souvent l’impression de ne pas avoir le choix et d’être pris dans un système trop grand et trop complexe, c’est nous qui faisons pencher la balance, c’est nous qui, par nos achats, contrôlons le marché. Si tous les consommateurs décidaient qu’ils changeaient leur façon de consommer, qu’ils optaient pour des voies alternatives ou qu’ils n’achetaient plus certains produits, non seulement le monde s’en porterait rapidement mieux, mais le système n’aurait pas le choix de changer. Nous avons, consommateurs, beaucoup plus de pouvoir que nous le pensons.

Ensuite, pourquoi avoir choisi le café? Parce que, dit-elle, il est presque exclusivement cultivé dans les pays du Sud et majoritairement consommé au Nord. Aussi, parce que presque tout le monde en boit et qu’il est, par cela, un produit de très grande valeur commerciale. La culture du café, lorsqu’elle est faite de manière conventionnelle, est aussi la source de beaucoup d’exploitation, puisqu’elle demande un grand potentiel humain.

Ainsi, sans que nous le réalisions, le café que nous buvons quotidiennement nous relie aux écosystèmes de même qu’à ces hommes, ces femmes, ces enfants qui cultivent, récoltent, dépulpent, font sécher, sélectionnent, emballent et transportent les grains au goût amer. Il nous relie aussi à ceux et celles qui en font le commerce, le torréfient, le moulent, l’emballent et le vendent. Le choix de notre café, tout comme celui des autres produits que nous consommons, a une incidence sur la planète et ses habitants. Nous, être humains, sommes liés d’un bout à l’autre de la planète. Notre survie dépend des écosystèmes, dont nous influençons l’état tous les jours. Voilà pourquoi nous pouvons utiliser le pouvoir de nos choix de consommation pour contribuer à un partage plus équitable des ressources et à un plus grand respect de l’environnement. Voilà pourquoi acheter, c’est aussi voter.

Le livre de Waridel est très complet et extrêmement bien documenté. L’auteure nous invite, à travers les chapitres, à parcourir le contexte mondial actuel et à nous informer sur ce qu’elle appelle la « route conventionnelle » du café, dans laquelle il y a beaucoup trop d’intermédiaires, et où les gens qui cultivent le café, au début de la chaîne, ne sont pas suffisamment payés. Elle explique aussi l’histoire du commerce équitable et nous présente l’exemple de la coopérative UCIRI (dans l’état d’Oaxaca au Mexique), qui a mis en place le développement d’un commerce comme celui-là.

J’ai énormément appris à travers la lecture de ce livre, qui n’est ni alourdi par les chiffres et les statistiques, ni trop complexe. La verbalisation de l’auteure est en effet efficace et nous permet de bien suivre l’argumentaire qui est développé. J’ai découvert notamment le processus complet de transformation du café depuis sa cueillette jusqu’à la vente (non, les grains de café ne sont pas bruns lorsqu’ils poussent, mais bien verts), l’importance du couvert forestier, et la lecture m’a aidée à démystifier les processus de certification équitable.

Mais ce qui donne peut-être la plus grande chaleur au livre, ou qui contrebalance la recherche scientifique menée par l’auteure, c’est l’importance qui est accordée au côté humain. La théorie et l’argumentation sont entrecoupées de témoignages personnels de Laure Waridel, qui a partagé le quotidien de familles paysannes au Mexique, et ainsi, nous nous retrouvons au coeur d’une journée typique d’un cueilleur de café mexicain ou dans une famille prenant part au commerce équitable.

Bref, de cette façon, dans son livre, Laure Waridel nous invite à voir ce qui se passe au-delà de notre tasse de café et, plutôt que d’encourager un système d’échange qui perpétue les inégalités entre consommateurs du Nord et producteurs du Sud, à nous initier au commerce équitable, dans le but de chercher à développer un système d’échange alternatif. Et au final, c’est l’importance des gens, tout autour de la planète, qui ressort.

Chacun de nos choix a un effet sur la vie d’autrui et sur l’environnement. […] Si les étiquettes apposées sur ces objets nous permettaient de voir ces gens, nous ferions sans doute nos achats bien autrement.

Tout comme la démocratie, qui ne se limite pas à aller voter de temps à autre, la mondialisation de la justice sociale et environnementale n’est pas qu’un discours. Elle exige de passer de la pensée à l’action quotidienne. […] À nous de prendre le pouvoir au quotidien afin de construire le monde dans lequel nous souhaitons vivre et que nous souhaitons offrir à nos enfants. Un geste à la fois!

Et vous, tentez-vous de déjouer le processus de consommation traditionnel en favorisant des voies alternatives? La lecture de ce livre peut certainement vous aider à comprendre les enjeux du commerce équitable, comme il l’a fait pour moi.

Bonne lecture!
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31 jours de bibliothérapie, jour 21 : Pour découvrir de nouvelles réalités et s’ouvrir au monde

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour découvrir de nouvelles réalités et s’ouvrir au monde

Lire Lolita à téhéran d’Araz Nafisi, Suggestion de Marjorie R
« Lire Lolita à Téhéran est une ode à la littérature, mais aussi un portrait de l’Iran durant la révolution, une critique de la société et une immersion dans une réalité toute autre que la nôtre. Une société où la liberté d’expression est passible d’emprisonnement, une société où les femmes sont réduites à un rien, sans droits, sans pouvoir. Il est intéressant de découvrir cette réalité, de s’ouvrir à de nouvelles problématiques et à y voir de l’espoir, une grande force et une incroyable résilience. »

Le meilleur reste à venir de Seffi Atta, Suggestion de Marjorie R
« Le meilleur reste à venir, de Seffi Atta, se déroule au Nigeria, dans un climat politique et social précaire. On y raconte la vie d’Enitan, jeune femme provenant d’un milieu relativement privilégié et la montée du militantisme de cette dernière. À travers son implication dans la cause des femmes, ses études en droit et sa vie personnelle, on découvre un personnage profondément attaché à son pays, mais en conflit avec les valeurs qu’il transmet. C’est un livre prenant, ancré dans le réel, dans le quotidien. »

Le monde, le lézard et moi de Gil Courtemanche, Suggestion de Laurence L

Si c’est un homme de Primo Levi, Suggestion de Gabrielle

Call the midwife de Jennifer Worth, Suggestion d’Anne-Marie

L’autre moitié du soleil, Chimamanda Ngozi Adichie, Suggestion de Marion
« L’autre moitié du soleil
est un livre renversant. Adichie y présente une période trouble de l’histoire de son pays : la guerre d’indépendance du Biafra, cette région qui était, et est toujours, au sein du Nigeria. Avec sa brochette de personnages profondément humains, Adichie rend compte de plusieurs aspects de la rébellion avec une plume touchante. Absolument à découvrir! (Titre original : Half A Yellow Sun). »

Ru de Kim Thuy, Suggestion de Marion