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Comment rire avec un enfant un peu trop curieux

Après Un ange cornu avec des ailes de tôle et Bonbons assortis, Michel Tremblay revient avec des moments tirés de son enfance grâce à son petit dernier, Conversations avec un enfant curieux. 

Déjà, en regardant la couverture, on retrouve l’époque des photos en noir et blanc, des uniformes d’écoliers et des bas blancs. Cette photo du petit Michel de 3 ans nous fait replonger aisément dans le passé de notre auteur prolifique et on sent que la lecture va être délectable… et elle l’est.

Conversations avec un enfant curieux est un petit bijou de souvenirs. Chacun des nombreux chapitres porte sur un instant dialogué entre Michel et des personnes qui ont animé son enfance: sa mère, sa tante, les petites voisines, son institutrice, etc.

Le petit Michel est décidément un enfant bien éveillé, posant ces millions de questions qui font le charme et la candeur des plus jeunes, cherchant à comprendre toutes les facettes de sa vie. Et ce, même si les adultes n’ont pas nécessairement la réponse qui va le satisfaire.

«Je voulais écrire sur l’irréductible pensée qui nous habite dès l’enfance, explique Michel Tremblay. Comme tous les garçons et filles de mon âge, je croyais à ce que l’on me disait, mais j’ajoutais toujours un pourquoi. Il y a des histoires que j’avais du mal à digérer comme certains récits religieux. Je posais des questions naïves, sans méchanceté, car je voulais surtout comprendre.

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Tous les dialogues nous donnent le sourire aux lèvres, nous font ricaner doucement ou rire franchement. Cela crée une atmosphère légère, de bonne humeur, rappelant à nous-mêmes notre propre enfance, très loin de tomber dans un récit nostalgique.

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 Michel Tremblay a encore une fois réussi son pari du souvenir en utilisant, cette fois-ci, la naïveté du raisonnement enfantin.

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Mon top 5 de romans policiers

Il y a quelques mois, ma collègue fileuse Marjorie écrivait un article sur la snoblitt, et nous demandait de lui faire une confession littéraire. Je me suis donc avouée fan de littérature policière, non sans gêne.

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J’ai toujours cette impression que ce type de littérature est boudé par les grands Littéraires de ce monde, par ses lois, qui, je l’avoue, me gossent pas mal. La honte, de lire de la littérature jeunesse, toi, étudiante en littérature! Quelle abomination de lire des romans fantastiques, ô toi, futur.e grand.e philosophe! *Soupir* On oublie souvent ce que signifie le plaisir de lire : tant mieux si certain.e.s sont heureux.euses de passer la nuit à lire Madame Bovary, mais personnellement, ce sont les romans policiers qui me tiennent éveillée. Non, pas seulement parce qu’ils sont apeurants, mais aussi parce que ces auteur.e.s maîtrisent à la perfection le jeu du cliffhanger, cet art qui nous force à tourner la page, même quand on se dit qu’on se lève à 6 h le lendemain matin.
Je me fais toujours un immense plaisir de dépenser de précieux dollars dans l’achat d’un roman policier, mais il me faut une raison valable : la fin de la session, la fin d’une section de mon mémoire, les vacances d’été, un voyage… Ou les vacances de Noël! Et c’est pour cette dernière raison que j’ai eu envie de vous présenter la liste de mes romans policiers préférés. Un bon chocolat chaud, ou un thé, ou un café, emballée dans un plaid, et vous lirez ces romans d’une traite, je vous le promets!
 
Les romans de Camilla Läckberg
 
Il s’agit des romans policiers que je préfère. Du plus loin que je me souvienne, les livres de Läckberg sont les premiers romans du genre à m’avoir autant marquée. On y suit les histoires de l’enquêteur Patrick Hedström et de toute son équipe, et de sa femme Erica Falck, romancière, mais aussi très curieuse, surtout quand il s’agit des enquêtes de son mari. Au fil des romans (neuf, jusqu’à maintenant), qui se déroulent à Fjällbacka, en Suède, nous suivons les mêmes personnages à travers de nouvelles enquêtes. Je me suis bien sûr attachée à eux, mais pas aux histoires de meurtres!
 

La fille du train de Paula Hawkins

 

Marie-Laurence nous en a parlé dans un article, et j’approuve complètement. Malgré la fin un peu décevante, on ne sait quand s’arrêter. Je l’ai lu très récemment – avec l’intention de regarder le film prochainement – et il ne s’est écoulé que deux jours. La psychologie des personnages est ce qui rend ce roman si captivant.

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Crédit : Marie-Laurence


Le chuchoteur
de Donato Carrisi

 

Alors celui-là, il m’a vraiment empêchée de dormir… Âmes sensibles, évitez-le! Et pourtant, le roman est extrêmement bien construit. Cinq filles sont disparues, et le criminologue Goran Gavila et la spécialiste des affaires d’enlèvement Mila Vasquez tentent de comprendre comment cela s’est produit. La seule chose retrouvée : le bras gauche de chacune des victimes…


Les romans d’Arnuldur Indridason

 

Je m’y suis plongée pour me mettre dans l’ambiance islandaise. Laissez-moi vous dire que je n’avais plus trop envie de faire du camping après ça! Mais bon, cela mis à part, n’importe qui peut se laisser emporter par l’ambiance insulaire des romans d’Indridason. (Psssst! Vous pouvez aussi lire les articles de Marie-Laurence et de Marjorie pour tomber en amour avec ce beau pays!)

 

Les rivières pourpres de Jean-Christophe Grangé

 
La plupart d’entre vous ont sans doute vu le célèbre film qui met en vedette Jean Reno et Vincent Cassel. Or, peut-être ignoriez-vous que le scénario est tiré d’un roman? Et qu’il est aussi bon que le film! Bien qu’il date de 1998, le roman n’a rien perdu de son suspense. Deux crimes sont mis en parallèle, et nous cherchons tout au long de la lecture quel est le lien entre les deux. Il faudra le lire jusqu’à la toute fin pour le découvrir. Mais vous ne serez pas déçu.e.s!
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 Et vous, quels sont vos romans policiers préférés?
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Une biblio dans le métro ou #Livresdanslemétro — Entretien avec Audrée Archambault

L’initiative Livres dans le métro se veut une expérience ludique permettant aux citoyen(ne)s de trouver des livres et de les passer au suivant une fois leur lecture terminée. D’ailleurs, peut-être avez-vous eu la chance de cueillir un des nombreux livres déposés dans les stations de métro de Montréal et arborant la fameuse étiquette ronde!

Bien que le mouvement ne date pas d’hier, il vient tout juste d’apparaître chez nous grâce à Audrée Archambault, blogueuse, rédactrice, youtubeuse et instigatrice du projet.

Je lui ai posé quelques questions afin d’en savoir davantage sur ce superbe mouvement littéraire qui prend maintenant place dans notre métropole.

Qu’est-ce qui t’a poussée à lancer l’initiative Livres dans le métro?

Je connaissais déjà le mouvement lancé à New York (Books on the subway) et Londres (Books on the underground), mais c’est lorsque j’ai vu leur campagne avec Emma Watson (qui a déposé des livres féministes dans le métro avec leur équipe) et les réactions des gens à ce sujet que j’ai eu l’idée de lancer le projet ici, par pur plaisir.

Ce qui est chouette, c’est que le projet est proposé dans plusieurs villes à travers le monde, mais ce n’est qu’un seul grand mouvement. Donc, même si je m’occupe des Livres dans le métro ici, je suis en contact avec les personnes dirigeant le même projet ailleurs. Comme une grande famille !

Qui est impliqué dans ce projet?
Pour l’instant, je m’occupe de la logistique seule puisque le projet vient tout juste d’être lancé. Toutefois, je vais bientôt créer un groupe de book fairies, ce qui me permettrait de déposer plus régulièrement des livres, à plusieurs endroits différents.

Sinon, l’agence de créateurs YouTube dont je fais partie m’aide énormément à passer le mot. Aussi, plusieurs maisons d’édition ont accepté de donner des livres pour le projet. Pour l’instant, il y a Québec Amérique, Édito, Groupe Librex, Alto, Fidès… C’est fou !

Comment ça fonctionne?
Régulièrement, des livres sont déposés dans les stations du métro de Montréal. La personne qui en trouve un est invitée à le prendre, à le lire chez elle et à le redéposer ensuite, dans le métro, afin que quelqu’un d’autre puisse en profiter.

Parfois, des thématiques seront proposées. Par exemple, en décembre j’ai déposé seulement des livres d’auteurs québécois. J’en suis maintenant à préparer le calendrier pour 2017. À suivre…

Qu’espères-tu que Livres dans le métro rapporte? Quel genre de retombées souhaites-tu?
Je souhaite tout simplement promouvoir la lecture, inspirer les gens à lire et à découvrir des auteurs d’ici et d’ailleurs. Je souhaite qu’on parle de la littérature, que les gens soient excités quand ils tombent sur un livre par hasard.

Le projet n’en est qu’à ses débuts ici, mais où le vois-tu dans quelques mois ?
J’aimerais pouvoir répondre à cette question, mais sincèrement je ne le sais pas encore, je me suis concentrée sur le présent, sur l’initiative à court terme. J’aimerais simplement déposer de plus en plus de livres, plus régulièrement.

Quels livres as-tu aimés en 2016, as-tu des suggestions à nous proposer?

Trois princesses, Guillaume Corbeil

La bête à sa mère / La bête et sa cage, David Goudreault

Les empocheurs, Yves Beauchemin

Retrouvez Livres dans le métro sur les médias sociaux avec le mot-clic #Livresdanslemétro, sur Facebook et sur Instagram!

Visitez la chaîne YouTube d’Audrée Archambault et courez vite lire ses articles sur son blogue!

Crédit Photo: Audrée Archambault

Littérature et métro : deux initiatives montréalaises

Ah, le métro de Montréal. Catalyseur de discussions, provoquant parfois la colère, mais facilitant le transport, lieu de coups de foudre Métro Flirt et, pour plusieurs, endroit de prédilection pour lire. À force d’y passer une demi-heure le matin et une demi-heure le soir, pourquoi ne pas rentabiliser ce temps pour prendre le temps de lire? C’est justement ce que plusieurs font.

Il n’est donc pas si étonnant de voir de plus en plus d’initiatives alliant métro et littérature. Que ce soit dans le métro de New York avec le compte Instagram Subway book review sur lequel Martine a d’ailleurs écrit un article, ou bien les initiatives Books on the subway, et Books on the underground, à laquelle a participé l’actrice Emma Watson, ce ne sont pas les initiatives qui manquent.

Et Montréal? Et bien justement. Depuis peu, deux projets font leur place dans les espaces sous-terrains montréalais.

La grande bibliothèque souterraine de Montréal

La grande bibliothèque souterraine de Montréal, c’est un site web, une page Facebook et un compte Instagram qui prend des clichés, sur le vif, de lecteurs dans le métro de Montréal. Bien que l’idée ne soit pas nouvelle, il est toujours plaisant de retrouver ce type de projet près de chez soi. Projet créé par deux jeunes passionnées de littérature, le style incognito apporte vraiment un petit je-ne-sais-quoi à leurs photos. On a l’impression de s’immiscer un peu dans les lectures des gens. En plus, c’est une manière bien originale d’ajouter de nouveaux livres à sa PAL. 

Site web

Facebook

Instagram

Livres dans le métro

Livres dans le métro, c’est la version montréalaise de Books on the subway et Books on the underground. Initiée par Audrée, la booktubeuse et blogueuse derrière Elle M bouquiner et Elle M. Le but est de créer une espèce de bibliothèque souterraine et communautaire où se promèneront des livres. Je sais que, pour ma part, je serais plus qu’heureuse de tomber sur un bon livre dans le métro. C’est une si belle façon de propager le goût de lire dans des espaces communs qui font partie de notre quotidien.

Pour en savoir plus sur le projet d’Audrée, je vous invite à regarder la vidéo suivante.

Page web 

Page Facebook

Instagram

Bonus : Titre de transport

Tant qu’à parler de littérature et de métro, je ne peux passer à côté du roman Titre de Transport d’Alice Michaud-Lapointe. Un roman par nouvelles dont chacune a comme point d’ancrage une station de métro. Je vous invite à lire l’article de Laurence : Soirée illimitée pour vingt et une nouvelles.

Titres de transport, c’est se promener à travers la ville, directement de chez soi, à travers les lignes de l’auteure. On va au cabaret Mado et on y découvre quelque chose qui changera notre perception à tout jamais; on se promène dans le chic quartier d’Outremont, mais on mange dans un resto cheap en first date; on manque le dernier bus, alors on prend le taxi; on aide des touristes, on écrit dans le métro flirt, etc. Tous les personnages du roman, ce sont nous. Il est facile de s’identifier à plusieurs personnages, car même si certaines histoires sont rares au sein du quotidien de Monsieur et Madame tout le monde, la plupart on les a vécues plus d’une fois, et on les revivra encore. Alice Michaud-Lapointe a su distinguer une vérité propre et la rendre moins banale.

En 2017, je lis un livre québécois par mois

Depuis 2015, Le fil rouge organise le défi Je lis un livre québécois par mois. Et nous continuons aussi cette année, voici la nouvelle édition 2017.

Explication du défi  :

Pourquoi renouveler encore une fois le défi littéraire « Je lis un livre québécois par mois »? Tout simplement, parce que Le fil rouge a pour mission d’inciter à la lecture, mais surtout d’encourager les gens à la lecture et les sensibiliser à la littérature québécoise. Je constate que malgré une grande variété de genres ou d’auteur-e-s, on retrouve encore certains préjugés face à cette littérature.

Le défi est simple  : lire au minimum un livre québécois par mois. Tout comme l’année dernière, nous proposons comme contrainte le genre. Cependant, on vous avoue que notre but est tout simplement que vous lisiez un livre québécois! L’idée du genre vient du fait que parfois nous choisissons souvent le même type de livres. Ainsi, en renouvelant ce thème on vous encourage à redécouvrir des livres que peut-être vous n’auriez jamais osé lire!

Une chose dont nous sommes certaines, c’est que vous serez encore plus conquis par la littérature québécoise.

De notre côté, on vous promet qu’à chaque début de mois, les collaboratrices du Fil rouge vous proposeront dont quelques titres en lien avec ces contraintes et à la fin du mois, un article commun regroupant les impressions des collaboratrices sera publié. On tentera aussi d’animer quelques discussions sur le groupe Facebook « Un livre québécois par mois ». Joignez-vous à nous, nous sommes déjà plus de 800 membres!

Nous en profitons pour vous souhaiter que 2017 soit une année forte en découvertes littéraires et surtout, une année inspirante!

Ce qu’on a lu comme essai cette année #Jelisunlivrequébécoisparmois

Louba
les-tranchc3a9esJe ne suis pas mère, je n’ai aucune certitude que je le deviendrai un jour, aucune. N’empêche que j’ai le droit de m’exprimer sur le sujet et que j’ai relu, pour une deuxième fois, avec grand plaisir, non sans être traversée par plusieurs émotions et quelques frissons, Les tranchées de Fanny Britt (et invitées Madeleine Allard, Isabelle Arsenault (illustrations), Marie-Claude Beaucage, Alexia Bürger, Annie Desrochers, Alexie Morin, Geneviève Pettersen et Catherine Voyer-Léger). Cet essai est nécessaire. Du moins, il te dit que tu as le droit d’être toi, d’être encore un peu plus toi.

<< […] ai-je besoin de savoir avec précision qui je suis et ce que je revendique, pour avoir le droit de le revendiquer ? >>

Je suis la fille d’une mère, la nièce de plusieurs mères, la tante d’une petite merveille, la belle-sœur d’une mère et je suis cette femme qui court plus souvent qu’autrement après l’amour, tsé le vrai, le grand, l’authentique, le fou, dans un espoir pas si sourd que ça de peut-être bien fonder une famille moi aussi, enfin, je pense.

Je le voyais arriver, le nombre 27 depuis longtemps. Quand j’ai eu 27 ans, pendant quelques temps tout s’est effondré dans ma tête ou alors tout s’est mis à aller très, très vite, à tourner et tourner, jusqu’à ce que je me calme, que je me rebelle ou que j’accepte. Le 27 m’a fait cet effet-là parce que dans l’histoire qui m’est raconté depuis ma naissance, c’est l’âge qu’avait maman lorsqu’elle est devenue ma maman. Et ça se continuait ainsi : « […] c’était déjà vieux pour l’époque avoir un enfant à 27 ans. C’était clair pour moi, pas après 30 ans … ». Veut, veut pas, quand on vit en entendant toujours la même chanson, ça met un peu de pression. Heureusement que les époques changent, ça me laisse encore un peu de jeu.

Les tranchées, c’est l’état d’alerte constant que vivent toutes les femmes par-rapport à cette foutue « société », à leur corps (UNIQUE), à l’amour-détresse qu’elles ressentent face à tellement de choses, c’est la culpabilité incessante de vouloir toujours être au top du top (au top de quoi au juste?), c’est de vouloir être mère sans que ce ne soit le paradis attendu. Les tranchées, ce sont les sillons entre deux terres définies, l’endroit où chaque femme est unique, où elle tente d’exister (juste ça c’est déjà beaucoup), en dealant avec toutes les images, les idées, les histoires, imposées. Puis les préjugés… ils rebondissent aussi vite que des balles de ping-pong. On est déjà assez méchantes avec nous-mêmes… Les tranchées, ce sont aussi les marques de guerre sur le ventre, sous les yeux ou dans la tête lorsque le château de cartes s’effondre pour un murmure de travers. Les tranchées, là où s’agite la vraie vie, la réalité quotidienne de chacune de ces femmes, mères, futures mères, peut-être bien mère un jour, peut-être ou pas mère du tout parce que, juste parce que, des fois ça marche, des fois ça ne marche pas, mais tsé ça ne fait pas de toi une femme moins femme, une humaine moins humaine, hein!

À lire, à lire, à lire, mais tu n’es pas obligé non plus😉

Bonne lecture !
À lire aussi, si tu aimes bien Fanny Britt : Les maisons, Jane, le renard et moi et Louis parmi les spectres 


Martine

15133707_10153884432047413_633342315_oCe mois-ci, j’ai lu deux essais féministes qui se prêtaient très bien à notre événement du 22 novembre dernier à l’Arsenal. Lors du deuxième panel, la discussion tournait autour de l’importance de la prise de parole féministe collective. Le collectif Sous la ceinture, sous la direction de Nancy B.Pilon, était pris en exemple et on avait la chance d’avoir Nancy et Simon Boulerice avec nous pour en discuter! Dans la même optique de prise de parole collectif, le blogue Je suis féministe a publié un livre du même titre et ce fût mes deux lectures du défi du mois!

J’ai vraiment adoré mes deux lectures, par leur engagement, oui, mais aussi par leur façon accessible de parler de sujets plus tabous tels que la culture du viol, la prostitution, etc. Ces essais ouvrent la porte à des réflexions et à des discussions plus que nécessaires et toute la force et l’importance des essais y résident. Il est important (et heureusement, nous sommes choyés ces dernières années) de laisser la parole aux femmes par l’écrit comme engagement sociale et collectif.

Le collectif Sous la ceinture aborde la culture du viol sous différents angles et selon différentes personnes : on y voit des poètes, des auteurs, des illustrateurs, etc. Chacun à leur façon, ils nous en apprennent plus sur ce sujet si controversé qu’est la culture du viol et démontent toute la nécessité d’ouvrir la discussion. Je dois avouer avoir versé des larmes au texte de Nancy B.Pilon qui est incroyablement touchant, vrai et merveilleusement bien écrit. Celui de Sophie Bienvenu est aussi venu me chercher intimement et m’a « brassée » de l’intérieur. À lire absolument.

Le collectif Je suis féministe aborde des questions et des points de vue multiples face au féminisme et il le fait de façon honnête et inclusive. J’ai beaucoup apprécié ma lecture, qui m’a fait réfléchir et me questionner, ce qui est à la base même de l’importance des essais québécois.

Une lecture nécessaire, d’un blogue d’une importance primordiale, dans cette prise de parole féministe québécoise, sur le web et ailleurs.

 

Marjorie

Comme Martine, j’ai aussi lu Sous la ceinture au début du mois. J’ai apprécié la multiplicité et la diversité des textes. C’est le type d’essai qui, de par ses voix qui se multiplient, permet une compréhension plus vaste d’un sujet tel que la culture du viol. C’est le type de lecture qui devrait être obligatoire, qui enseigne et touche, qui nous chamboule et nous instruit et qui, bien entendu, est nécessaire.

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Dans un tout autre ordre d’idée, j’ai aussi lu La vie secrète des Hassidim, un essai qui fait le portrait de la communauté Hassidim de Montréal; leurs valeurs, coutumes, enseignements, et qui aborde aussi l’important aspect des sorties de communautés. À l’aide de témoignages, de recherches et de discussions, l’auteure transporte son lecteur dans l’univers des juifs hassidiques en essayant de l’emmener le plus près possible des faits, des vérités qui se cachent derrières les portes closes de leurs appartements d’Outremont.

C’est surtout sous un angle sociologique que le tout est rapporté. On y parle de l’enseignement, des barrières invisibles entre eux et les autres, on y parle de modestie, de coutumes, de mariage, aucun sujet n’est laissé en suspend. C’est un portrait complet et intéressant qui ouvre la porte sur une communauté secrète et fermée, pour peu dire.

J’ai bien entendu fortement apprécié le quatrième chapitre, celui sur les sorties de communautés. C’est vraiment par cette porte de sortie que l’auteure a pu se rapprocher le plus intimement possible des Hassidim. Elle qui espérait entrer par la porte avant, c’est finalement par les témoignages d’hommes ayant quitté tout ce qu’ils ont connu qu’elle put en apprendre le plus.  Je trouve que le cheminement de l’auteure, les témoignages ainsi que l’aspect fortement sociologique font de La vie secrète des Hassimim un essai intéressant pour tous les curieux.

Pour un portrait plus littéraire, vous pouvez aussi lire Lekhaim!, un recueil de chroniques écrit par Malka Zipora, membre de la communauté Hassidique de Montréal.

Clara
Pas exactement un essai, mais définitivement de la non-fiction, Étouffer la dissidence : vingt-cinq ans de répression politique au Québec a été ma lecture pour le défi du mois. Les données recueillies par le groupe de recherche qui est à l’origine de la publication qui vient de paraître chez Lux éditeur fessent pas mal fort. Mais je ne vous en dit pas trop! Un article paraîtra bientôt à son sujet…

Les résolutions littéraires des fileuses pour 2017

Maintenant qu’on connaît les coups de coeur des fileuses, on trouvait aussi intéressant de s’attarder à leurs résolutions littéraires pour l’année à venir. Avec la nouvelle année, il est toujours intéressant de faire le point et de se fixer des objectifs de lecture, non ?

Les résolutions d’Ariane.

«Terminer mon recueil de nouvelles & lire plus d’essais, surtout environnementaux.»

La résolution de Stéphanie.

«Me laisser davantage aller à écrire de la poésie.»

La résolution de Fanie. 

#spoileralert ! «Terminer d’écrire mon prochain roman…»

Les résolutions d’Émilie.

«Lire plus de romans québécois. M’inscrire à un atelier de création littéraire.»

Les résolutions de Camille.

«Écrire chaque jour ! Et prendre plus de temps pour moi.»

La résolution de Karine.

«Apprivoiser les livres audio.»

Les résolutions de Martine :

« Garder le cap sur mes lectures sur Goodread.
Lire plus de livres sur l’entreprenariat. »

La résolution d’Anne-Marie: 

«Lire plus de femmes.»

La résolution de Caroline:

«Écrire plus pour mieux me comprendre dans mon cœur et dans ma tête! »

Les résolutions de Laurence:

«Lire plus d’essais et travailler sur un projet de b.d.»

Les résolutions de Louba: 

«Terminer mon roman & poursuivre dans l’univers merveilleux de la poésie (lire & écrire).»

Les résolutions de Raphaëlle:

«Continuer sur ma lancée de publications amorcée en 2016, compléter la rédaction du tome 1 de la trilogie que j’ai entamée, débuter ce projet de roman court qui me trotte dans la tête depuis un moment.»

La résolution de Clara: 

«Lire plus de magazines culturels/littéraires.»

La résolution d’Alexandra T : 

«Aller plus souvent à la bibliothèque.»

Les résolutions de Marjorie R :

«Lire plus d’essais, de livres qui parlent de créativité, d’entreprenariat, emprunter des livres à la bibliothèque au lieu de les acheter et sortir de ma zone de confort littéraire… Ah et écrire, pour moi-même, peut-être.»

Les résolutions d’Amélie :

Lire les livres qui traînent dans ma pile depuis trop longtemps et que j’avais très envie de lire quand je les ai achetés, et que j’ai encore très hâte de lire et que je prends jamais le temps de lire parce que je me laisse distraire par tout ce qui est publié tout le temps partout.

Lire Ulysses de Joyce (qui fait partie des livres mentionnés ci-dessus), même si c’est épeurant.

Les résolutions de Marie-Charlotte

Jeunesse : Mettre de l’avant mon envie de faire   »un album par jour » en photographie-critique sur mon compte instagram une.petite.sorciere. Et en faire le bilan chaque mois.

Adulte : Essayer de trouver du temps pour lire davantage de littérature dites  »adultes ».

Les résolutions d’Alexandra G

Être acceptée à la maîtrise en littérature, participer au club de lecture du Fil rouge (une première pour moi!) pour jaser de livres, autour d’un bon café, avec d’autres passionnées, et entamer – et peut-être mettre à terme – un projet de création qui me tient ben à coeur!

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31 jours de bibliothérapie, jour 31 : Pour faire de l’introspection sur la dernière année

31 jours de bibliothérapie c’est notre calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour faire de l’introspection sur la dernière année 

Ce livre qui vous a tant marqué durant la dernière année. Parfois, certains livres arrivent à un moment opportun de notre vie, il se pose et nous chamboule, nous fait chavirer ou bien nous donne espoir. Je crois que de relire CE livre qui vous a donné le plus de ressenti, qui vous a fait vivre le plus d’émotions, est une bonne manière de faire le point et de réfléchir à l’année qui vient de passer.

L’art de se réinventer de Nicole Bordeleau, Suggestion de Marjorie
« Oui,
L’art de se réinventer, de Nicole Bordeleau, est ce qu’on pourrait appeler un ouvrage de psychopop, mais n’empêche que c’est un livre parfait pour faire le point sur les 12 mois passés. Sous forme de courts chapitres, d’exercices et de citations, ce livre est propice à l’introspection, à aller chercher en soi des réponses ou, du moins, à se poser de bonnes questions en ce début d’année. C’est simple, sans prétention, axé sur la pleine conscience et sur le fait de prendre du temps, avec soi, pour apprendre à mieux se connaître et se comprendre. »

Les coups de coeurs littéraires 2016 des fileuses

Pour terminer l’année littéraire en beauté, nous avons demandé aux fileuses quels avaient été leurs coups de coeur en 2016. Tout genre confondu, peu importe l’année de publication, voici les livres qui ont fait du bien aux fileuses en 2016.

Les coups de coeur d’Ariane :
Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard.
Le Prix de la Chose de Joseph Elfassi.
Hare Krishna de François Gilbert.
Déjà la horde de chair se tait d’Ariane Audet.
Hiroshimoi de Véronique Grenier.

Les coups de coeur de Fanie :
Le bleu des rives de Marie-Claude Lapalme.
Je suis là de Christine Eddie.
Villégiature d’Alice Michaud-Lapointe.
Ronde de nuit de Laurie Bédard.
Vous n’êtes probablement personne de Marie-Jeanne Bérard.
Au péril de la mer de Dominique Fortier.
Folie passagère de Vanessa Beaulieu.
Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard.
Prague de Maude Veilleux.

Les coups de coeur d’Émilie:
Station Eleven d’Emily St. John Mandel.
Persepolis de Marjane Satrapi.
Milk and Honey de Rupi Kaur.

Le coup de coeur de Stéphanie:
Phobies des moments seuls de Samuel Cantin.
« Premièrement, je ne pensais jamais aimer le genre bande dessinée (j’ai trippé) et en plus, c’est si drôle. Ça fait vraiment rire. Les dialogues et les dessins sont hilarants. »

Le coup de coeur de Camille :
Les livres imagés de Jacques Goldstyn (L’Arbragan et Azadah )
« Même s’ils sont des livres pour enfants très courts, ça m’a tellement touchée et j’ai trouvé ça tellement beau !! Les dessins sont magnifiques et il y a une sensibilité qui plaira aussi aux adultes »

Les coups de coeur de Karine:
Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin
Homegoing de Yaa Gyasi;
Étre ici est une splendeur, vie de Paula M.
Becker de Marie Darrieussecq.

Les coups de coeur de Martine :
L’enfant mascara de Simon Boulerice
« Je n’ai pas pu faire autrement que de dévorer ce livre parce qu’il m’a habitée comme jamais. Je me suis liée d’une très forte sympathie pour le personnage principal Larry/Leticia. »
Okanagan de Sara Lazarroni :
« Les romans de Sara Lazzaroni, Patchouli, Veiller la braise, et maintenant Okanagan, viennent me toucher par leur façon de représenter l’entièreté d’une génération aux prises avec une recherche identitaire, un désir de vivre et paradoxalement, une mélancolie qui ne quitte pas.»
Chez soi de Mona Chollet
« Cet ouvrage deviendra un peu ma bible, j’en suis certaine. »
L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante
Americanah de Chimamanda Ngozie Adichie
Mémoire de fille d’Annie Ernaux

Le coup de coeur d’ Anne-Marie:
Pourquoi l’amour fait mal d’Éva Illouz.
«C’est devenu ma bible pour comprendre nos attentes en amour et l’amour à l’époque moderne.»

Les coups de coeur de Caroline:
L’orangeraie de Larry Tremblay.
Six degrés de liberté de Nicolas Dickner.

Le coup de coeur de Laurence:
La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette.

Les coups de coeur de Louba:
Déterrer les os de Fanie Demeule.
À l’abri des hommes et des choses de Stéphanie Boulay.

Le coup de coeur de Raphaëlle :
Dur à dire, je suis rendue très difficile et j’ai beaucoup plus écrit que lu cette année… mais si je devais en choisir un, je dirais « La Grande Mort de mononc’ Morbide », d’Éric Gauthier.

Les coups de coeur de Clara :
Frayer de Marie-Andrée Gill.
Le guide des pubs et bars du Saguenay de Mathieu Arsenault.
Tout peut changer de Naomi Klein.
La découverte (en retard, je sais) d’Annie Ernaux.

Le coup de coeur de Roxanne:
«Je dirais que mon coup de coeur de l’année a été Catherine Lepage. J’ai découvert « Fines tranches d’angoisse » grâce au vidéo où Alexandra en parlait et je le relis régulièrement parce que ses images et ses phrases réconfortent. J’ai bien sûr acheté zoothérapie, que j’ai trouvé magnifique et apaisant.»

Les coups de coeur d’Alexandra T:
La canicule des pauvres de Jean-Simon DesRochers.
La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette.
Nouvel Onglet de Guillaume Morrissette.

Les coups de coeur de Marjorie:
Lire Lolita à Téhéran d’Azar Nafisi.
La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette.
Milk and Honey de Rupi Kaur.
Une fille louche de Sylvianne Blanchette.
Your illustrated guide to becoming one with the universe de Yumi Sakugawa.

Les coups de coeur d’Amélie :
Corps conducteurs de Sean Micheals.
L’année la plus longue de Daniel Grenier.
Dear Life d’Alice Munro.
Voices from Chernobyl: The Oral History of a Nuclear Disaster de Svetlana Alexievich.
Housekeeping de Marilynne Robinson

En bonus, des relectures que j’ai encore plus aimées la deuxième fois que la première :
Kuessipan deNaomi Fontaine.
Wide Sargasso Sea de Jean Rhys.
Chien de fusil d’Alexie Morin.

En bonus du bonus, dans la catégorie c’est pas parfait mais ça m’a vraiment fait quelque chose :
King Kong Théorie de Virginie Despentes.

Les coups de coeur de Marie-Charlotte
Adulte :
Autour d’elle
The girls
Les petites choses

Jeunesse :
Si j’étais ministre de la culture
L’enfant mascara
Racines

Les coups de coeur d’Alexandra G
Fines tranches d’angoisse de Catherine Lepage
Hiroshimoi de Véronique Grenier
Les petites choses d’Ana Roy
Déterrer les os de Fanie Demeule
Bluetiful de Daphé B. 

Et vous, quels sont vos coups de coeur littéraire de 2016 ?

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Une chanson douce en cadeau

Quel plaisir de trouver un livre en cadeau dans sa boite aux lettres ! Il y a quelques semaines, je broyais du noir, en revenant chez moi par un temps froid et morose de fin novembre, épuisée par une journée de travail infructueuse. Le sourire m’est vite revenu lorsque j’ai découvert dans ma boite aux lettres un présent que mon père, qui habite en France, m’envoyait pour mon anniversaire, avec quelques jours de retard : Chanson douce de Leïla Slimani.

Je ne m’attendais pas à grand-chose de ce livre, tout simplement car je ne connaissais rien ni de lui ni de son auteure, mis à part le fait que c’était le dernier roman ayant remporté le prix Goncourt. J’ai été agréablement surprise et dévoré ce thriller en quelques jours. J’ai détesté arriver au mot FIN, j’en voulais plus de cet univers inédit et noir.

Pourtant, remporter le prix Goncourt n’est pas forcément gage de qualité. D’ailleurs, les résultats de ce prix ont souvent été teintés de controverse. On dit parfois qu’il est uniquement un gros combat entre les principales maisons d’édition qui n’ont pourtant pas autant besoin de publicité que les plus petites. Ces grosses maisons d’édition ont les moyens de faire des relations publiques élaborées pendant toute l’année afin de promouvoir leurs livres. Le prix profite avant tout aux éditeurs, car c’est un gros coup de publicité. Le Goncourt est celui qui a le plus d’impact au niveau des ventes. C’est un grand coup médiatique. Chaque année, il se fait annoncer au même restaurant, le Drouant, et des centaines de gens attendent devant la vitrine afin de connaître la nouvelle avant tout le monde.

L’auteur ne reçoit qu’une somme symbolique de 10 euros.  Évidemment, il se fait reconnaître et peut enfin vivre de sa plume à temps plein en étant certain d’avoir quelques années paisibles devant lui pour écrire.

Cette année, on peut se réjouir que ce soit une femme qui ait mérité le prix. Peu d’auteures figurent au palmarès du Goncourt. Au cours de ces vingt dernières années, le prix n’a récompensé que quatre lauréates. Or, il faut souligner qu’il n’y a que 3 femmes sur 10 jurés. De plus, la moyenne d’âge est très élevée. Donc les choix ne mettent pas forcément en valeur la jeune génération d’écrivains.

Et pourtant, cette fois-ci, c’est Leïla Slimani, née en 1981 au Maroc, qui l’a remporté et elle n’est qu’à son deuxième roman.

Chanson douce n’a rien de doux. C’est un livre qui fait frissonner d’horreur alors qu’on assiste, dès le début du roman, à l’assassinat de deux jeunes enfants par leur nourrice. Le reste de l’histoire fait un retour en arrière, afin de nous montrer comment cette dame, si parfaite et douce, a pu accomplir un acte aussi sordide.

Myriam et Paul ont décidé de faire appel à une nourrice car Myriam veut redémarrer sa carrière d’avocate qui avait été mise au point mort pour s’occuper de leurs deux enfants. Ils embauchent donc Louise qui a un CV irréprochable. Louise rentre peu à peu dans leur vie de famille jusqu’à occuper une place centrale. Tous deviennent complètement dépendants les uns des autres. La famille haït Louise et l’adore en même temps, puisqu’elle vient soulager leur vie trop chargée par leur carrière. Le contraste haine/amour s’accentue tout au long du livre jusqu’à ne faire place qu’à un sentiment profondément amer. Louise est trop parfaite et renvoie à Myriam sa position de mauvaise mère alors qu’elle abandonne ses enfants à longueur de journée pour travailler.  Le père est également inconfortable car il ne la comprend pas, la sent trop froide, trop détachée, trop lisse. Mais ils sont trop dépendants de ce qu’elle leur apporte et lâches, ils ne se résolvent jamais à s’en débarrasser.

L’écriture est souple et toute en finesse. On se laisse emporter par le récit de cette dame qui a beaucoup souffert dans son existence, au service constant des autres. L’auteure réussit à nous faire comprendre le pourquoi de l’horreur sans jamais tomber dans le pathos ; en ne la montrant pas seulement comme une victime de la société, mais comme un être également impitoyable et dur envers sa propre fille qui a fui loin du foyer et de cette mère qui semblait aimer plus les enfants qu’elle gardait, que le propre sien.

Le roman met en avant les rapports de domination ; la nourrice étant toujours sous les ordres de ses patrons alors qu’elle fait pourtant d’apparence, partie de la famille. On y dépeint aussi la misère sociale alors que Louise est obligée d’effectuer une heure de trajet chaque matin, puisqu’elle n’a pas les sous pour se payer un logement décent dans le même quartier que ses patrons. Louise se lie un peu avec des nourrices d’autres nationalités, elle est souvent la seule blanche dans les parcs d’enfant et se fait craindre et respecter pour ça. Elle a un statut à part ; elle a des papiers.

Le tableau que peint Leïla est noir, mais sa plume réussit à rajouter des touches de poésie par-ci, par-là qui donnent toute la profondeur au roman. Un livre original à offrir en cadeau sous le sapin à des proches qui ne sont pas trop sensibles.

Et vous, êtes-vous influencés par les résultats des différents prix littéraires lors de vos choix de lecture ?
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