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Productivité et créativité : Manage your day-to-day

Parfois, les livres qui font du bien sont des livres qui nous fournissent les outils nécessaires pour avancer à travers la vie, et ce, de manière plus « littérale » et un peu moins littéraire.

C’est dans cet état d’esprit que je me suis procuré quatre livres qui parlent d’entreprenariat, de créativité, de productivité et de tous ces termes qui sont assez à la mode quand on y ajoute un hashtag juste avant. Ce sont des thèmes que résonnent en moi, surtout lorsqu’il est question du processus créatif, de la routine créative des gens, etc. J’ai même déjà abordé un peu le sujet ici.

Avec le développement de l’entreprise, je me suis dit que le moment était plus qu’opportun pour ce type de lecture. C’est pourquoi j’ai décidé d’aborder mes quatre achats, sous forme de mini-série, question de faire le tour du sujet sous quatre angles différents.

Manage your day-to-day, build your routine, find your focus and sharpen your creative mind.

Ce livre, c’est vraiment une petite bible pleine de ressources, d’idées et d’inspirations. Il est écrit par plusieurs auteurs, sous la forme d’entrevues et de petits textes ressemblant fortement à ce qu’on pourrait trouver sur un blogue. C’est une mine d’informations sur comment gérer son temps, comment bien faire les choses, en plus d’aborder l’importance de la routine et de l’organisation dans la création.

C’est un ouvrage qui, comme ce qu’il propose, est structuré et concis. On peut le lire d’une traite, mais il est aussi facile de se retrouver dans les chapitres. J’ai particulièrement aimé qu’à la fin de chacun des chapitres, on retrouve un résumé, par points, de ce qui est à retenir. En plus, le fait que plusieurs professionnels, spécialistes et auteurs y ait mis du sien permet de voir  différentes perspectives, plusieurs manières de faire.

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Ce petit ouvrage fait le tour de cinq points précis (en anglais), soit

  • Building a rock-solid routine
  • Finding focus in a distracted world
  • Taming your tools
  • Sharpening your creative mind
  • A call to action

À travers ces cinq pierres angulaires, ce livre pose vraiment les bases nécessaires pour travailler efficacement dans un monde où les technologies sont souvent une distraction plus qu’un outil. C’est un ouvrage moderne et intéressant, parfait pour tous ceux qui sont entrepreneurs, qui veulent le devenir ou qui cherchent simplement à mieux structurer leur travail créatif .

 

Summerlove fraichement pressé

Le 22 avril dernier, j’assistais au lancement du tout premier numéro du magazine Les Pressés. Il s’agit d’un magazine créé par deux finissants du programme de Communication et médias, le petit nouveau du collège Rosemont. Nicolas Sarganis et Éloïse Krumke se sont donné l’imposant défi de créer un magazine et d’en organiser le lancement, tout ça le temps d’une seule session scolaire.

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Ma face awkward au lancement! (Qualité cellulaire, que voulez-vous)

On peut dire qu’ils ont réussi! Le magazine (papier!), sous le thème du Summerlove, est rafraichissant et divertissant. Ils ont eu la chance de se faire conseiller par les gens d’Urbania et d’avoir comme principale collaboratrice la charmante Sarah-Maude Beauchesne, qui s’y connait en summerlove, après Coeur de slush et Lèche-vitrines.

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Il y avait même des jus fraichement pressés pour tout le monde!

La soirée de lancement, qui se déroulait au bar M sur St-André, était aussi plutôt amusante. Comme c’était l’épreuve finale du projet scolaire, on sentait la fébrilité et, un peu tout de même, le soulagement d’y être arrivé. Les jeux de mots sur être pressé, être dans le jus, citron pressé fusaient de part et d’autre. Les invités sont d’ailleurs tous repartis avec un citron et une recette de limonade maison bien alcoolisée.

Et pour l’avenir?

On va se le dire, les projets scolaires se terminent souvent en même temps qu’on quitte les bancs d’école. Mais ce n’est pas le plan des Pressés. Ils ont déjà un blogue plutôt actif sur lequel ils partagent leurs anecdotes d’étudiants dans le jus et leurs rencontres avec d’autres gens pressés. Dans le meilleur des mondes, ils souhaiteraient publier un magazine chaque année, au printemps. Pour le moment, vous pouvez les encourager en achetant leur magazine en version papier ou PDF sur leur site internet.

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie

C’est le milieu de la nuit et j’ouvre J’t’aime encore écrit par Roxanne Bouchard (Nous étions le sel de la mer). Je commence à lire, je souris, je ris, je pleure même un peu et je referme le livre. C’est déjà terminé. Je suis passée plus vite à travers celui-ci que si j’avais vu la pièce de théâtre se dérouler devant mes yeux.

13289088_736494326493538_218842216_nJe parcourais les allées de la librairie Alpha située à Gaspé quand m’est tombé dans les mains ce coloré petit livre, que j’avais vu circuler à quelques reprises sur les réseaux sociaux. Comme j’avais bien apprécié ma lecture du précédent ouvrage de l’auteure, originaire de Saint-Jérôme, j’étais tentée de me perdre dans les pages de ce monologue amoureux. Après tout, l’amour n’est-il pas l’une, sinon la quête d’une vie humaine? À travers tout le reste et peu importe notre nationalité, nos valeurs, nos coutumes et notre manière de vivre, le grand thème de l’amour vient nous renverser le cœur à un moment ou à un autre et même parfois, souvent plus d’une fois au cours d’une vie.

Je n’ai pas l’habitude de lire des textes théâtraux, mais les sorties au théâtre me manquent énormément. Je repense souvent et avec beaucoup de plaisir aux pièces que j’ai eu la chance de découvrir, au Théâtre Périscope situé à Québec, et entre autres à la toute dernière pièce que j’y ai vue, Le NoShow (c’est à voir!)

J’t’aime encore, c’est un monologue et donc il n’est pas nécessaire de dire que je ne me suis pas trop éparpillée dans la tête de différents personnages (même si d’autres personnages traversent le récit). Nous sommes avec Marjolaine, une actrice. Celle-ci s’avance sur scène pour nous lire un texte qu’a composé spécialement pour elle une auteure, Roxanne Bouchard (dans les faits, c’est Marie-Joanne Boucher, l’interprète de Marjolaine, qui a commandé un texte théâtral à Roxanne Bouchard).

Marjolaine. – Bonsoir, bienvenue à la représentation de la pièce J’t’aime encore, écrite par Roxanne Bouchard et mise en scène par François Bernier.

Marjolaine. – Avant de commencer, on m’a dit qu’il fallait que je fasse une petite mise au point. Il paraît qu’il y a des gens – peut-être un peu confus ou mal informés – qui auraient acheté leur billet en pensant qu’ils venaient assister à une pièce de théâtre, qui s’attendaient à une grosse production avec un décor, plein d’acteurs, des costumes, des éclairages… Non.

w1008_h567Ce qui est assez amusant avec le monologue de l’actrice, c’est qu’elle semble dévier du texte original constamment pour mettre des propos au clair ou tout simplement pour exprimer quelques frustrations. Nous avons l’impression qu’elle nous raconte des anecdotes sur sa vie au lieu de partager le texte que l’auteure lui a écrit.

Nous entrons dans la vie quotidienne de la comédienne par des fragments de souvenirs qui auraient eu lieu dans les jours précédents la représentation théâtrale. Et c’est à l’intérieur de ces quelques jours qu’elle se pose des questions sur sa vie familiale et sur sa vie amoureuse.

Un deuxième personnage, un homme, est assis dans le public aux côtés de sa femme. Il a les mêmes questionnements que la plupart des gens sur l’amour, la vie à deux, la conquête et reconquête de sa femme, etc.

Je pense que toutes et tous peuvent se retrouver dans les pages de J’t’aime encore. Il nous est tous arrivé un jour de nous demander si on aimait encore quelqu’un. Comment alors on s’y est pris pour trouver la réponse? Qu’est-ce qui s’est passé dans notre vie, dans notre esprit, pour savoir avec conviction qu’on aimait encore?

Là, j’ai eu un élan d’amour. Ça vous arrive-tu, des fois? De vous apercevoir que vous vous en câlissez de votre gang, de votre rêve de jeunesse qui reviendra pus pis que la seule chose qui compte, c’est d’aller retrouver votre chum ou votre blonde pour lui dire que vous l’aimez? Que vous l’aimez encore.

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J’t’aime encore, monologue amoureux par Roxanne Bouchard publié chez VLB éditeur

roxannebouchard.com

Photo (et vidéo) (Roxanne Bouchard, Marie-Joanne Boucher et François Bernier) http://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/6988/j-t-aime-encore-monologue-amoureux-roxanne-bouchard

À lire aussi : https://chezlefilrouge.co/2015/08/06/nous-etions-le-sel-de-la-mer-de-roxanne-bouchard-critique-de-la-lecture-de-juillet-du-defi-litteraire/

5 raisons d’adopter Le Défi végane 21 jours d’Élise Desaulniers

Je n’ai pas choisi de lire le dernier livre (Essai? Manuel? Manifeste?) d’Élise Desaulniers dans le but d’entreprendre le défi du végétalisme pour trois semaines et ce, pour la simple raison que je suis déjà végétalienne depuis plus de quatre ans (voir mon histoire de fille végétale). Entreprendre ce mode de vie fut pour moi une épiphanie et probablement l’un de mes meilleurs choix à vie. Le moins que je puisse dire est que de manger 100% végétal me réussit glorieusement.

La raison pour laquelle j’ai voulu vous faire part de ma lecture du Défi végane, est qu’Élise Desaulniers est celle qui m’a incitée à faire le saut en 2012. Après avoir lu son ouvrage Je mange avec ma tête : les conséquences de nos choix alimentaires (Stanké), richement documenté et solidement argumenté, j’ai définitivement opté, de fait, pour le végétalisme. Je mange avec ma tête, que je conseille aussi chaleureusement, c’est comme la pierre angulaire dans mon cheminement vegan, même si je dois l’avouer, l’idée me trottait en tête depuis belle lurette.

C’est peut-être aussi ton cas et c’est pour ça que j’en parle. La lire pourrait, sans joke, possiblement changer ta vie. Voici les cinq arguments qui font du Défi végane 21 jours (Trécarré) le compagnon idéal des futur.es végétalien.nes:

  1. Accessible

Bien lucide et extrêmement accessible, il contient les arcanes, l’essentiel du savoir pour s’initier au végétalisme et (qui sait?) l’adopter. Souvent perçu à tort comme un effet de mode, Desaulniers fait d’abord ressortir de manière convaincante les enjeux majeurs (santé, environnement, éthique animale) et les avantages liés à ce changement alimentaire. Il s’agit ensuite d’éclaircir le « comment devenir vegan», c’est-à-dire comment s’aider à effectuer la transition, à laisser derrière nous certains aliments, pour éventuellement en découvrir et en apprécier de nouveaux.

       2. Structuré

Ce que suggère Desaulniers est une démarche pas à pas réaliste et propose des idées et moyens de substitutions accessibles. Le texte est structuré en chapitres eux-mêmes divisés en plusieurs points, ce qui permet de revenir aisément sur les éléments clés et fait ainsi du Défi végane un guide, un lieu à revisiter ponctuellement.

       3. Répond aux « questions qui tuent »

Aussi, point apprécié, l’auteure propose des réponses concrètes aux questions personnelles récurrentes (Qu’est-ce que ça mange, un végétalien? Les carences, mythe ou réalité? Quoi faire avec les enfants?), mais aussi aux réactions de l’entourage (Que répondre aux commentaires de la famille? Comment dealer avec les situations de groupe?). Tout ça et bien plus encore…

        4. Recettes et pratico-pratique

En prime, le livre se conclue sur un véritable grimoire en proposant 21 recettes simples et alléchantes concoctées par Marie-Noël Gingras du blog Vert et fruité, un menu type, et les temps de cuisson pour les légumineuses. Un tout-inclus pour partir sur de bonnes assises.

        5. Droit au but

La force majeure du Défi végane 21 jours? Sa clarté et sa transparence, car il répond aux principales questions ou inquiétudes avec honnêteté et sagesse. Il lève l’espèce de brume de préjugés planant autour du végétalisme et qui en bloque plusieurs à prime abord. C’est un kit stater viable et complet, une véritable référence en la matière. Parole de végétalienne.

Es-tu game?

Quelques liens veganspirations :

  1. Le Défi végane 21 jours, c’est un livre, mais aussi un mouvement et une communauté Facebook.
  2. Élise Desaulniers est une auteure, journaliste et conférencière féministe engagée sur la question de l’éthique animale et actuellement l’une des figures de proue du mouvement végane au Québec. Absolument passionnante à suivre.
  3. Vert et fruité est une page Facebook tenue par deux québécoises et un blog regorgeant de recettes végétales, d’astuces et de ressources qui te donneront subitement envie de te convertir.
  4. Audrey’s Antidote, la page Facebook et le blog, sont des mines d’or en termes de bouffe et de remèdes maisons vegans.

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Des kilomètres de souvenirs en bus voyageur

J’ai de la chance. Grâce à mon travail d’infirmière à domicile, je développe des liens avec une multitude de personnes au passé singulier. Je leur prête mon oreille attentive et elles me partagent généreusement des pans de leur existence. Ainsi, elles semblent se délester d’un peu de bagages lourds qu’elles traînent depuis longtemps. Probablement en prévision du dernier grand voyage. J’imagine qu’en vieillissant, on doit vouloir prévoir notre dernier grand droit avec un cœur plus léger. Et c’est alors que Vasyl est entré dans ma vie, cette fois en ouvrant le dernier roman de l’auteure québécoise Judy Quinn, Les mains noires.

Vasyl a commencé par me raconter sa vie à la gare d’autobus de Montréal, en attendant au quai numéro six en direction de Québec. Il doit faire le voyage pour voir son fils Tassik, avant qu’il ne parte pour l’Afghanistan ce même jour. Durant le trajet sur la 20, autoroute pour laquelle il ne porte plus son attention puisqu’il l’emprunte depuis 35 ans, il a pu me transporter encore plus loin, soit dans son passé sur un autre continent. Peu avare de détails alors que nous bouffions des kilomètres d’asphalte, nous sommes passés de son petit village d’enfance de Stara Bouda en Ukraine jusqu’à une Montréal multiculturelle, où alors ses deux mondes s’entremêlent.

« Le gars de La Quête a parlé de Saint-André, mais c’est peut-être sur Amherst.

Voilà un Bonisoir. L’hiver s’en vient, que je lance au caissier. Il porte un manteau en duvet et des gants. Visiblement, personne ne l’a jamais informé sur le fait qu’au Québec, on doit d’abord se couvrir la tête, que c’est par la tête qu’on perd de la chaleur. En Chine, ce devait être différent. En Ukraine, par exemple, on évacue la chaleur par la bouche. Je lui explique: Pour ça qu’on réchauffe la bouche avec la bouteille. Vieille blague ukrainienne. » p. 23

À travers les souvenirs ressassés de Vasyl, condensés dans les 222 pages du roman Les mains noires, on passe d’un Montréal contemporain à une Ukraine hostile d’ex-URSS, d’une scène banale à bord de l’autobus voyageur à une scène plus lourde avec le grand-père maternel, une figure importante pour Vasyl. Il en est ainsi du début à la fin du livre. Ne vous inquiétez pas, le changement de lieu et d’époque d’un moment à l’autre est fluide. Si, au départ de ma lecture, je peinais à m’y retrouver, on finit rapidement par suivre le rythme du narrateur, que ce soit Vasyl, ou à un certain moment sa grand-mère Leonilla, qui avait quelques horreurs de temps de guerre à nous partager.

« Il ne restait qu’un seul cadavre dans la rue. Une babouchka le tirait avec peine. Je me suis approchée d’elle. Tu as besoin d’aide? lui ai-je dis en la repoussant pour prendre un bras. Elle s’est fâchée: D’où sors-tu? Va-t-en! Va-t-en! Elle avait les mains bleuies et asséchées par le froid. Nous avons traîné le corps dans de sombres rues où soufflait un vent mordant. La ville semblait morte elle aussi.» p. 53

C’est ainsi que d’un chapitre à l’autre, on passe du présent au passé, de la 20 jusqu’au Vieux Continent. Oui, on se retrouve un peu courbaturé après tous ces kilomètres, mais heureusement que Vasyl nous ramène toujours à du plus léger, alors que l’autobus continue de rouler.

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Vi de Kim Thúy : Récits d’exils et recherche d’identité

Suite à la constatation que nous étions plusieurs collaboratrices admiratrices du travail de l’auteure Kim Thúy, nous nous retrouvons donc avec deux réflexions sur son dernier roman ! En espérant que vous l’aimerez tout comme nous!

Ce que Marion en a pensé:

Mon plaisir de lire la dernière oeuvre de Kim Thúy s’est combiné rapidement avec celui de retrouver son univers narratif, familier, composé de petits fragments d’histoires, d’exil, de rencontres, d’observations anecdotiques ou dramatiques, que nous avions déjà dans Ru et Mãn. Et malgré les petits bouts de récits qui composent le roman, c’est davantage un fil d’histoires, toutes reliées entre elles, que nous propose l’auteure, ce qu’elle affirme dans une rencontre à la librairie Paulines, à laquelle j’étais présente. Celle-ci avoue même écrire son roman tout d’un bout, et que c’est ensuite l’éditeur qui divise l’histoire en petits fragments, qui deviennent en quelque sorte porteurs de l’identité de l’oeuvre de Kim Thúy. À la lecture, on peut percevoir ce fil conducteur, qui se traduit autant par la filiation qui relie les personnages entre eux, que par la sensation de se faire raconter des souvenirs, épars mais fondamentalement tissés entre eux par la mémoire.

Si Vi raconte l’histoire d’une jeune fille quittant le Vietnam avec sa famille pour s’installer au Canada, il est surtout porteur de voix multiples, celle des grands-parents de Vi, de ses parents, de quelques amis, et finalement d’elle, qui tourbillonne à la recherche de son identité. La beauté du roman de Kim Thúy se trouve beaucoup dans la richesse de la langue pourtant simple, mais très évocatrice, et la précision de ses descriptions et des détails qui composent son observation du réel.

La lecture de Vi m’a permis de m’évader et de retrouver cet univers à la fois apaisant et troublé, de savourer encore et encore la culture vietnamienne, et de me confronter à nouveau aux tourments de l’exil que l’écriture permet de vivre de concert avec la narratrice et les personnages qui l’entourent. Sans toutefois renouveler son style, Kim Thúy continue avec finesse à nous toucher et nous emporte avec elle, sur son dos, au gré de ces petites histoires poétiques qu’elle nous raconte si doucement.

Ce que Karina en a pensé :

Je suis une fidèle lectrice de Kim Thúy depuis ses tout débuts. J’ai toujours été fascinée par les parcours migratoires, parce que pour moi, tout quitter me semble impossible. Alors que pour certain-e-s c’est un choix, pour d’autres c’est une nécessité. Ce fut malheureusement le cas pour la famille de Kim Thúy et c’est ce que nous découvrons dans ses romans. Dans ce nouveau récit, nous retrouvons une jeune femme, Vi, en plein cheminement pour sa propre identité. Parce que Vi sort des sentiers battus. Elle n’est pas seulement une femme vietnamienne qui fait honte à sa mère par ses choix de femme libre (autrement dit occidentale). Nous retrouvons une jeune femme qui doit se battre contre sa communauté tout en tentant d’être acceptée par celle-ci, malgré ses choix peu orthodoxes. Vi, malgré sa grande timidité, a su charmer son entourage occidental. Maintenant avocate, elle voyage dans son pays d’origine, où elle fait diverses découvertes sur ses grands-parents. Ce qui me marque dans les personnages de Kim Thúy, qui sont un peu une partie d’elle-même, c’est qu’elle semble toujours se décrire comme une jeune femme timide. Dans Ru elle se décrivait comme l’ombre de sa cousine. Alors lorsque j’ai eu la chance de la rencontrer en vrai lors d’une conférence, j’ai plutôt cru percevoir une femme avec beaucoup d’assurance. Ce qui me fait réfléchir à la perception que nous pouvons avoir de nous-même et de ce que les autres peuvent percevoir de nous. Kim Thúy a encore une fois réussi à nous charmer par son style que nous lui connaissons bien. Ses récits sont toujours remplis d’une douceur et de vérités. Je tiens à remercier la maison d’édition Libre Expression pour cette magnifique lecture.

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Hiroshima, une ville d’amour malgré tout

En 1945, Hiroshima était la cible d’une attaque atomique des États-Unis. En 1959, Resnais réalise un film anti-guerre, Hiroshima mon amour, dans le but de réconcilier les peuples, mais à la fois de créer un poème d’amour et de mort. C’est Marguerite Duras qui scénarise le film à la demande du populaire défunt réalisateur.

« Je me souviens de toi.

Cette ville était faite à la taille de l’amour.

Tu étais fait à la taille de mon corps même.

Qui es-tu?

Tu me tues.

J’avais faim. Faim d’infidélités, d’adultères, de mensonges et de mourir.

Depuis toujours.

Je me doutais bien qu’un jour tu me tomberais dessus.

Je t’attendais dans une impatience sans borne, calme.

Dévore-moi. Déforme-moi à ton image afin qu’aucun autre, après toi, ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir. »

En parcourant les allées de la librairie de mon quartier, j’ai décidé d’acheter le roman Hiroshima mon amour, pour finalement pouvoir goûter à l’écriture de la grande Marguerite Duras, dont j’avais longtemps entendu les mérites et les éloges. Quoi de mieux que de lire le scénario d’un film que j’avais bien aimé, unissant merveilleusement deux de mes passions, la littérature et le cinéma. De ce fait, Duras est une révélation pour moi, l’écriture de celle-ci est si belle et émouvante, elle donne l’impression non pas seulement de comprendre les personnages de ses histoires, mais d’être ceux-ci. L’habileté des descriptions des émotions les plus vives se font ressentir à travers les lignes, se gravant directement chez le lecteur. Resnais désirait que son film évoque le poème de l’amour et de la mort et c’est sans le moindre doute réussi et ressenti autant à la lecture, qu’au visionnement de l’œuvre.

Hiroshima est une ville marquée à tout jamais par les bombardements dont elle a été victime lors de la Deuxième Guerre mondiale, c’est donc un travail sur la mémoire que l’écrivaine et scénariste réalise, en rappelant l’impossibilité d’évoquer la ville japonaise sans l’associer directement à cette catastrophe d’une manière poétique. Elle et Lui, les deux personnages de l’œuvre, qui resteront anonyme tout au long de l’histoire, se découvrent le temps d’une brève aventure amoureuse, lorsque Elle, actrice, tourne un film de paix à Hiroshima, et y rencontre Lui, un japonais natif. Ensemble, ils se raconteront quelques moments importants de leur vie, notamment comment chacun a vécu la Seconde Guerre mondiale, et comment l’événement d’Hiroshima a été marquant pour les deux personnages, bien que si différents et éloignés; Elle étant française et Lui étant japonais.

Ce que j’ai particulièrement aimé de cette lecture, c’est de pouvoir observer ce qui a été gardé des idées originales de Duras, et ce qui a été retiré pour l’œuvre cinématographique. Resnais et Duras n’étant pas toujours d’accord, les deux versions de l’œuvre ont quelques différences, mais la majorité se retrouve autant dans la version écrite que filmique. D’ailleurs, le réalisateur et la scénariste n’étant pas d’accord sur la fin, ils ont choisi de créer une fin ouverte à l’œuvre, laissant place à l’interprétation personnelle de chacun au moment de la lecture ou du visionnement.

Ce livre est une belle introduction à l’œuvre de Marguerite Duras, il me donne envie de me plonger plus amplement dans les nombreux ouvrages de celle-ci. Il n’est pas étonnant que plus de vingt ans après sa mort, Duras est toujours autant lue et appréciée.

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Nos suggestions de lecture Poésie pour le mois de juin du défi littéraire

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En ce mois de juin, nous vous proposons de lire de la poésie! D’emblée, je l’avoue, c’est très rare que j’en lis et ce n’est pas parce que je n’aime pas, au contraire, je n’y pense que très rarement. Mais je suis vraiment heureuse que ce défi me pousse à en lire davantage. L’école nous a appris à penser la poésie, mais je pense qu’on doit laisser la poésie être sans chercher à la compter, la définir et voire la saisir entièrement.

Mon choix s’arrête donc sur Déjà la horde de chair se tait d’Ariane Audet publié chez Hexagone. Ce recueil de poésie traite des violences féminines et est écrit (pour l’avoir déjà feuilleté un peu) de façon remarquablement touchante et ancrée dans une génération que je reconnais très bien. Très hâte de la lire à nouveau.

La suggestion de Marjorie B
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J’ai choisi de lire le recueil de haïkus de Julie Tremblay «Le bruit du frigo». Je trouve intéressant de voir cette forme de poésie appliquée à notre culture et de lire des auteurs d’ici qui se l’approprient!

La suggestion de Karina

Unknown-2Pour la lecture du mois de juin, je vais lire «Femmes rapaillées» sous la direction d’Isabelle Duval et de Ouanessa Younsi. Même si je n’ai jamais pris le temps de lire «L’homme rapaillé» de Gaston Miron, et que je ne suis pas une grande lectrice de poésie, je me suis dis que ça allait être un bon début. Je souhaitais me le procurer depuis son lancement le 8 mars, grâce au défi je rattrape mon retard !

La suggestion de Marika G

UnknownLe recueil Fashionably Tales: Une épopée des plus grands exploits sort des sentiers battus. Avec sa poésie déjantée, son humour glauque et son exploitation des lieux communs, Marc-Antoine K. Phaneuf nous raconte les faits de la vie quotidienne avec la langue du peuple. Un excellent recueil à faire découvrir aux adolescents pour transmettre l’amour des mots.

La suggestion de Stéphanie

MUEC’est le cou cassé à regarder les titres de la section poésie à l’Écume des jours que Mue m’a attirée. Et voyant sa superbe couverture illustrée par Sophie Jodoin, l’artiste qui a aussi fait la belle et étrange couverture du dernier Estuaire (et qui fera le prochain!), je me suis aussitôt rendue à l’étape finale avant de passer à la caisse, soit de l’ouvrir au hasard et de lire:

«il achève le temps de toucher
le frisson de l’autre les heures
craquent dans les montres

nous souffrons»

Ça y est, c’est celui-là.

La suggestion de Marie-Hélène
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J’adore les mots poignants d’Anne Hébert et Poèmes pour la main gauche est un recueil merveilleux auquel je n’ai pas assez donné de temps jadis. Pour juin, je veux prendre le temps de savourer les vingt-cinq poèmes que ce recueil renferme afin de m’enivrer de chaleur crépusculaire et de mots-trésors.

Ce qu’on a pensé de nos lectures Bande dessinée/Roman graphique du défi Je lis un livre québécois par mois

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Comme je vous le disais dans l’article des suggestions de lecture du mois, j’aime beaucoup Zviane. Sa bande dessinée Les deuxièmes avait été un réel coup de coeur pour moi. J’avais aussi entendu beaucoup de bien (par Marie-Hélène!) de Ping Pong et je n’ai pas du tout été déçue, même si je trouve très difficile d’en parler par la suite. Comme le dit le quatrième de couverture, Ping pong, ça parle des arts. Bon, mais de beaucoup plus de choses, mais difficilement explicables. Ce sont des réflexions de Zviane, ensuite appuyées par le talent de nombreux bédéistes et ça forme un tout incroyablement unique, singulier et, par le fait même, difficile à définir. Je vous conseille fortement cette bd si vous vous intéressez à la démarche artistique et à tout ce que cela sous-entend. Cette édition complète de Ping pong est aussi vraiment géniale parce que Zviane commente ses propres dessins.

PS: Zviane a répondu à notre questionnaire Autour des livres juste ici!

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Ma deuxième lecture du mois a été Je vois des antennes partout de Julie Delporte, une oeuvre qui m’a fait versé quelques larmes tant l’histoire est touchante et est en connivence avec la douleur des couleurs et du trait de crayon. Je vois des antennes partout est l’histoire d’une fille qui est électrosensible. Écrit sous forme de journal intime, cette courte bande-dessinée met en scène une problématique très méconnue, celle d’être allergique aux technologies ambiantes et aux ondes qu’elles dégagent. J’ai trouvé ça fascinant et troublant à la fois. Je me suis empressée d’aller en lire davantage sur le sujet et cela a confiné ma perception que Je vois des antennes partout touche et traite une problématique encore très méconnue, mais pas pour autant moins douloureuse. Cette lecture ma simplement donné encore plus envie d’aller lire d’autres oeuvres de Julie Delporte, dont Journal.
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La lecture de Karina: Le facteur de l’espace

J’étais impatiente d’être au mois de mai pour avoir l’excuse de m’acheter une nouvelle BD québécoise ! Déjà en janvier, j’étais à la recherche de ce que j’allais lire. Ma priorité était de découvrir un-e nouvel-le auteur-e que je en connaissais pas. C’est alors que je suis tombée sur cette nouvelle BD de ma maison d’édition chouchou «La Pastèque». «Le facteur de l’espace» de Guillaume Perreault (que je connaissais seulement pour sa BD «Cumulus») est l’histoire d’un jeune facteur routinier. Il adorait son parcourt qu’il faisait à chaque jour. Jusqu’au jour où son patron lui annonça un changement, à chaque jour il aura un nouveau trajet. Le facteur fit donc la connaissance de nouveaux personnages tous plus loufoques les uns que les autres. On fait alors la rencontre d’une vieille dame pas très ordonnée, d’un géant, d’une planète remplie de chiens, ou encore d’un Petit Prince plus aussi petit qu’avant. Guillaume Perreault a su créer une petite histoire sympathique, et la petite surprise qu’il nous réserve rend sa BD encore plus excellente ! Ses dessins sont dignes d’un «cartoon», ce qui lui donne un esprit enfantin. C’est un livre que je conseillerais à tous les amoureux de la BD, autant les vieux que les jeunes !

13293299_10207867984631508_353041648_nLa lecture de Marjorie: Pyongyang de Guy Delisle.

Dans un premier temps, il faut savoir que je ne suis pas une grande amatrice de bd et de romans graphiques. Ce n’est pas par manque d’intérêt, mais plutôt par manque de connaissances sur le sujet, ce n’est pas un genre qui m’attirait à la base. Par contre, avec le blogue, les collabos m’ont fait découvrir le genre, petit à petit, à travers leurs critiques. Je commence donc à l’explorer, tranquillement. C’est pourquoi le défi de mai était parfait pour moi.

Pyongyang, publiée en 2003 (ou en l’an 104 du juche), raconte le séjour de Delisle dans la république populaire démocratique de Corée, soit l’un des pays les plus fermés au monde. Ce roman graphique autobiographique permet de poser un regard sur le quotidien d’un « expat’  » en Corée du Nord, sous l’oeil vigilant des guides et traducteurs qui ne le lâchent pas d’une semelle.

J’ai bien apprécié ma lecture de Pyongyang. Je trouve toujours fascinant de voir un regard extérieur posé sur ce pays où tout est apparence. L’étage de l’hôtel où il réside est le seul de l’immeuble qui est fourni en électricité, les badges à l’effigie du leader sont portés par tous les nord-coréens, la musique de propagande joue dans les rues, les guides forcent les visites des monuments pour donner une bonne image du pays, sans compter toutes les absurdités que constitue ce régime communiste.

Oui, il est facile de juger, de ne pas comprendre comment un pays peut-être aussi isolé, comment un peuple peut-être aussi inconscient… par contre, la Corée du Nord reste le pays qui reçoit à ce jour le plus d’aide humanitaire, où la famine est courante et où la liberté n’est qu’un concept flou, pour ne pas dire inexistant. À travers Pyongyang, Delisle appose un regard occidental sans pour autant porter de jugements, les images en disent déjà beaucoup.  Bien que je ne puisse pas dire grand chose sur le style de l’auteur, à défaut de comparaison, cet ouvrage m’a donné le goût d’aller lire les autres oeuvres de l’auteur, tout spécialement Chroniques Birmanes, de Jérusalem ainsi que Shenzhen.

Méchant far west; une première parution réussie

Méchant far west; le méchant qui voulait être pire, c’est le premier tome d’une trilogie en devenir ainsi que le tout premier titre paru aux éditions Monsieur Ed.

Grâce à ses coups pendables et à son haleine épouvantable, un méchant super-répugnant fait la loi dans une petite ville du far west. Ce bandit-là s’amuse sans bon sens jusqu’à la fin de cette histoire de bons et de méchants où, malheureusement pour lui, les bons sont toujours les gagnants. Mais voilà qu’un jour, par une chance incroyable et inespérée, l’une de ses vilaines idées lui donne enfin le pouvoir de changer sa destinée…

Méchant far west est un album jeunesse qui plaira aussi aux grands enfants. Comme le quatrième de couverture ainsi que le titre l’indiquent, le lecteur se retrouve plongé dans une petite ville du far-west où un méchant fait sa loi.

Fait pour les 8-12 ans (environ), cet album saura plaire à tous, les enfants y verront une histoire de cow-boy, de far west et bons vs méchants, alors que les plus grands noteront certaines subtilités, certains aspects qui surprennent.

Ce qui m’a plu de cet album, outre le merveilleux travail d’illustration et l’originalité de la mise en page, c’est l’idée que le méchant a, en quelque sorte, conscience d’être dans une histoire. Une histoire qui ne se finit jamais bien pour lui… Et il en a marre. J’ai trouvé que le jeu de « méta-récit » était vraiment intéressant et ajoutait une « twist » aux récits habituels pour jeunes, en plein dans la ligne éditoriale de Monsieur Ed.

Une première parution qui met la table pour le deuxième tome de cette série, à paraître en 2016.

Le fil rouge tient à remercier Mr. Ed pour ce service de presse.

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