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Destinations littéraires estivales

L’appel des vacances se fait sentir et certaines d’entre nous sont même soit déjà parties (allô Marjo, allô Alexandra!) ou sur le point de le faire (allô Martine!). Je vous ai concocté une petite liste de destinations littéraires: il y en a pour tous les goûts et tous les budgets!

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Crédit: Wikipédia

Une escapade à Mount Desert Island, Maine, États-Unis

Marguerite Yourcenar y a écrit une bonne partie de ses Mémoires d’Hadrien. La maison, qu’elle et sa compagne Grace Frick avaient achetée à l’époque, s’appelle « Petite Plaisance ». Et vous pouvez maintenant la visiter! En plus, le Maine est (paraît-il, je pourrai vous le confirmer au mois d’août!) une région très belle et super agréable pour prendre des vacances.

Un voyage entre amies à San Francisco, Californie, États-Unis

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Crédit: Moi 🙂

Partez sur les traces de Jack Kerouac et de ses acolytes de l’époque! Ville phare de la beat generation, San Francisco saura charmer la hippie en vous. Ses maisons pastel et sa culture culinaire gagneront votre cœur! Arrêt obligatoire à la librairie City Lights Bookstore, célèbre pour la controverse entourant la publication de Howl and other poems d’Allen Ginsberg.

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Crédit: Mon amie Laurence, la chanceuse!

Un trip au parc thématique Harry Potter, Floride, États-Unis

BEN LÀ! L’adolescente (ou pas) que vous avez été rêve d’y aller, j’en suis certaine! Situé à Orlando et affilié à Universal, ce parc propose de vivre dans le monde d’Harry Potter. Vous avez bien lu : vous pouvez aller choisir une baguette magique chez Ollivander, visiter Poudlard (!!!), assister à un match de Quidditch, mettre le choixpeau magique qui vous dira de quelle maison vous ferez partie et boire de la bièraubeurre. Le « Wizarding World of Harry Potter »© vous fera vivre des moments magiques (Ha, ha, ha.)!

Visitez la maison d’Anne la maison aux pignons verts, Île-du-Prince-Édouard, Canada

J’ai l’impression qu’il y a deux équipes : ceux des Quatre filles du Dr March et ceux d’Anne la maison aux pignons verts. En tout cas, moi je suis dans la team Anne! Et quand j’étais petite, mes parents m’ont même amenée visiter sa maison à l’Île-du-Prince-Édouard et assister à une comédie musicale qui la mettait en scène. Inutile de vous dire que j’étais ben ben excitée! Bon, on a toutes vieilli depuis, mais l’Île-du-Prince-Édouard demeure une destination vraiment magnifique avec plusieurs activités touristiques. Vous pouvez même vous y rendre en voiture, si vous êtes game de faire un petit road trip!

Découvrez le Paris des écrivain.e.s

J’avoue que cette destination s’adresse aux plus gros budgets, mais je suis convaincue qu’elle en vaut la peine. La ville de l’amour a été l’inspiration (et la maison) de nombres d’écrivain.e.s (inutiles de les nommer ici). Vous n’aurez aucune difficulté à découvrir les lieux qui les symbolisent : statues, places, cimetière du Montparnasse… Les choix ne manqueront pas pour suivre les traces des grand.e.s écrivain.e.s! Évidemment, vous trouverez bien d’autres choses à faire et à voir dans cette magnifique ville.

Pour les petits budgets : Le Plateau de Michel Tremblay

S’il y a un auteur québécois majeur, c’est bien Michel Tremblay. Vous n’avez pas économisé pour un voyage à Paris? Soyez sans craintes : la littéraire en vous n’a qu’à se tracer un itinéraire en fonction des lieux préférés de Tremblay : le Parc Lafontaine et le Plateau Mont-Royal. Enfilez vos chaussures de marche, préparez un pique-nique et partez à la rencontre des personnages qui peuplent l’univers de Tremblay. Profitez-en pour vous replonger dans ses œuvres! Il y a même une exposition en ce moment à l’Espace Lafontaine et à la BanQ.

Dites-nous dans les commentaires quel endroit littéraire vous aimeriez visiter!

Lire pour écrire : Top 12 des livres portant sur l’écriture

Il n’existe pas de recette pour écrire. Pas de remède miracle. Ni de liste d’étapes pré-construite. Les livres que je vous présente aujourd’hui ne sont donc pas du tout du type «mode d’emploi» et exploitent, chacun à leurs manières, une vision bien différente de l’écriture. Que ce soit pour suivre à la lettre ou juste pour vous inspirer sur le moment, je vous les conseille tous fortement.

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  • Still writing – Dani Shapiro (Grove Press, 2013) Dani Shapiro est l’auteure de quelques romans et de deux essais sur sa vie. Le livre Still writing porte sur son expérience personnelle avec l’écriture sous trois temps différents : au tout début, au milieu et à la fin. Elle aborde aussi le moment de l’écriture et de l’édition avec une certaine nonchalance qui fait beaucoup de bien à lire si écrire ressemble plutôt à une épreuve pour nous. C’est mon coup de coeur de la liste.
  • Bird by bird – Anne Lamott (Anchor Books, 1994) Probablement un des livres sur l’écriture les plus connus et les plus lus depuis sa publication, Bird by bird s’est trouvé des fans partout aux États-Unis. L’approche d’Anne Lamott, un peu plus spirituelle que celle de Shapiro, s’intéresse aux étapes de l’écriture sous différents thèmes: «Où commencer», «le point de vue», etc. C’est un livre qui gagne à être relu, et plusieurs l’ont compris, puisque le livre figure souvent dans les listes d’incontournables sur l’écriture.
  • A year of writing dangerously – Barbara Abercrombie (New World Library, 2012) Sous 365 textes courts (pas plus d’une page), Barbara Abercrombie fait un tour d’horizon de l’écriture, non pas en donnant des leçons, mais en tentant d’inspirer à l’écriture. J’aime particulièrement lorsqu’elle allie ses mots à une citation d’un écrivain connu. Que ce soit pour commencer la journée ou une session d’écriture, A year of writing dangerously est tout désigné pour ceux qui manquent parfois d’un peu de motivation.
  • Writing fiction – Gotham’s Writers’ Workshop (Bloomsbury, 2003) Son titre le dit : workshop. C’est ce qui se rapproche le plus d’un cours intensif sur l’écriture. Le livre est d’ailleurs écrit par divers professeurs qui enseignent à la New York Creative Writing School (ça se plug bien dans une conversation quand même). Pour ceux qui aimerait une approche plus académique, c’est le bouquin tout désigné. Il comporte une panoplie d’exercices de base sur tous les aspects techniques de l’écriture, donc il peut être un bon point de départ pour essayer de nouvelles approches.
  • The faith of a writer – Joyce Carol Oates ( HarperCollins, 2003)  (En français : La foi d’un écrivain. P. Rey, 2004) Qui de mieux placé pour parler écriture que la grande dame Joyce Carol Oates, celle qui publie un roman (toujours des briques!) presque chaque année depuis les années 1970. Dans ce court récit, Oates revient sur ses expériences d’écriture et de lecture, et tente d’expliquer comment elle aborde chaque projet. Pour les fans d’Oates, et les autres.

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  • Writing down the bones – Natalie Goldberg (Shambhala,2005) (En français : Les italiques jubilatoires, Le Souffle d’Or, 2000) Natalie Goldberg y va d’une approche plus zen dans Writing down the bones. Elle tente d’apporter des conseils pour libérer l’écrivain en nous… Peut-être que cette démarche ne plaira pas à tous, j’en conviens, mais elle apporte quand même plusieurs bons points et… un point de vue différent sur la chose, ça ne peut pas faire de mal.
  • The right to write – Julia Cameron (Penguin, 1998) Ma collègue Louba vous a parlé du principe des pages du matin en février dernier, un concept apprécié de plusieurs. Dans The right to write, Julia Cameron, l’instigatrice des pages, nous invite à embrasser la «Writing Life». Encore là, j’ai relevé de très bons points, mais si l’approche spirituelle n’est pas votre tasse de thé, vous pouvez passer à un autre appel.
  • Daily Rituals – Mason Currey (Knopf, 2013) Petit bouquin bizarre, Daily Rituals vient combler votre soif de voyeurisme et expose les rituels de création de plusieurs artistes, et pas seulement des écrivains. Peut-être inutile, je l’inclus quand même dans cette liste puisque le fait de lire sur les rituels des autres a quelque chose d’inspirant.

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  •  No plot ? No problem! – Chris Baty (Chronicle Books, 2004) Vous connaissez le Nanowrimo? Le National Novel Writing Month se tient tous les mois de novembre depuis 1999. Le but est d’écrire un roman en un mois (yeah, right!) à raison de 1500 mots (environ) par jour. La technique exposée dans le livre n’est vraiment pas un succès pour moi, mais bon, qui suis-je pour juger de son efficacité sur le reste du monde? En gros, t’écris et tu penses à rien. Ok, c’est moins simpliste que ça, et ça vaut peut-être la peine d’y jeter un coup d’oeil.
  • Modern Library Writer’s Workshop – Stephen Koch ( The Modern Library, 2oo3) Un autre workshop, celui-là écrit par Stephen Koch qui tente de rassembler dans un même livre les différentes approches de l’écriture des maîtres en la matière (Nabokov, Woolf, Márquez, etc). Contrairement à l’autre workshop cité plus haut, l’approche est beaucoup moins académique et laisse une belle liberté à l’exploration.
  • Écrire – Faly Stachak (Eyrolles, 2004) Une série de 350 exercices. Rien de moins. Si vous cherchez à explorer, c’est le livre pour vous. Les exercices sont courts et faciles à comprendre, et vont de la poésie à la science-fiction en passant par l’autobiographie. Un livre parfait pour débuter un projet, ou ouvrir nos horizons.
  • Will write for food – Dianne Jacob (Lifelong, 2005) Un petit clin d’oeil en terminant avec ce livre sur le manger. Avec l’engouement des blogues de bouffe et des livres de recettes, Dianne Jacob vise juste avec Will write for food en expliquant en long et en large comment écrire sur la nourriture, comment écrire une bonne critique de restaurant ou de produit, comment écrire un livre de recettes, name it! On ne se le cachera pas, des belles photos sur un blogue culinaire, c’est intéressant, mais un texte de recette avec un peu de style, c’est aussi nécessaire.

Le processus créatif et l’habitude

**Caroline à récemment fait une superbe critique du livre de David Usher, Laissez courir les éléphants.  Tout comme elle, j’ai vraiment apprécié ma lecture et j’ai donc aussi décidé d’aborder le sujet, sans pour autant faire la critique du livre. **

Lorsqu’on pense aux artistes et aux créateurs, c’est souvent l’image d’une personne consumée par son art, qui s’y met quand l’inspiration lui prend et qui projette cette image du bohème désordonné qu’on aspire toujours un peu à être. Par contre, si on s’arrête deux secondes à bien y penser, c’est une manière assez réductrice de décrire ce que font les artistes, les créateurs et même une large partie de la société qui s’attarde à construire, déconstruire, apprendre, inventer, créer.

On aime idéaliser l’artiste parce que c’est bien plus beau de se dire que l’inspiration est la clé de tout et que le talent est un état fixe, mais si on s’arrête à penser à un projet créatif ou à une discipline qui nous intéresse mais qu’on a jamais réussi à pousser plus loin, on voit que le mythe se déconstruit assez rapidement… Par exemple, j’ai toujours voulu écrire un roman et j’ai très longtemps eu l’impression qu’écrire était facile parce que je n’écrivais que quelques pages ici et là quand l’inspiration me prenait. Quand j’ai décidé de m’y mettre plus sérieusement, ce fut un désastre total. Pourquoi ? Parce que j’avais bien ancré en moi cette idée folle que j’allais écrire un roman d’une traite, qu’il serait bon dès le premier jet et qu’une nuit blanche et bien du café plus tard, j’aurais quelque chose de bien entre les mains (c’est presque honteux tout ça).

Tout ça pour dire que pour créer, ça prend beaucoup plus que de l’inspiration et du talent. Je sais bien que je n’apprend rien à personne ici, mais l’idéologie assez utopique de l’artiste est tout de même  bien ancré dans notre société, assez pour y croire, à un certain niveau, même si on a tous déjà entendu la citation « Le succès c’est 10 pourcent de talent et 90% de travail»

Ce qui est intéressant dans le livre de David Usher (Laissez courir les éléphants), c’est qu’il s’attarde vraiment à cette partie importante du travail de création. Il parle de discipline et de structure comme d’une partie primordiale du processus créateur. Trouver ses propres techniques, sa propre routine, ses habitudes pour mieux créer est un sujet qui est de plus en plus reconnu comme une partie réelle du processus créateur. Je me rappelle très bien un de mes cours universitaires où la majorité du corpus était axé sur les routines et rituels d’écriture d’auteurs. Je trouvais ça vraiment fascinant de comprendre comment certains auteurs avaient construit leurs oeuvres .

Je trouve tout aussi inspirant de voir le produit fini d’un artiste que de savoir par où il est passé et d’en connaître plus sur sa démarche créative et le travail qui se trouve derrière. Cette partie parfois délaissée est, à mon avis, la raison même du mérite de bien des artistes. Chacun a une structure et une routine, même si celle-ci peut paraître brouillon.

La routine et la structure, aussi éclatées peuvent-elles être, méritent d’être vues comme des parties importantes de la créativité et du processus créateur. C’est un sujet fascinant qui, en plus d’être abordé dans Laissez courir les éléphants, est de plus en plus présent dans la littérature et la culture.

Je n’ai pas lu beaucoup d’ouvrages papier à ce sujet, mais  en voici quelques-uns sur ma liste.

The Creative Habit: Learn It and Use It for Life

Daily Rituals: How Artists Work

Creative Confidence: Unleashing the Creative Potential Within Us

Manage Your Day-to-Day: Build Your Routine, Find Your Focus, and Sharpen Your Creative Mind

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Archie et sa bande ou comment j’ai commencé à aimer lire!

La fin de semaine dernière, je suis allée vider mon ancienne chambre d’adolescente chez ma mère. Il faut dire qu’elle était restée telle quelle depuis mon départ en 2008, alors disons simplement qu’il était plus que temps que je m’en occupe. Nostalgie était au rendez-vous, je vous le garantie. Je suis retombée sur de vrais petits trésors, des lettres d’amour d’anciens amoureux (on s’écrivait des lettres pas des textos dans ce temps-là, haha je me sens vieille!), des lettres avec de nombreux crayons gels écrites par mes « bests » et des techniques de pliages toutes plus inventives les unes que les autres (non mais comment on faisait ça?), un document sur ma vision de l’an 2000 (hahaha, beaucoup trop futuriste mon affaire!) et finalement ma grosse collection de BD d’Archie et sa bande.

Mon histoire d’amour avec la lecture remonte à très loin. D’ailleurs, du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les histoires qu’on me racontait au lit avant de sombrer au pays des rêves, ce qui explique pourquoi encore aujourd’hui je lis fréquemment avant de m’endormir. Dès que j’ai été apte à lire par moi-même, je me souviens bon nombre de fois avoir harcelé (oui oui harcelé!) ma mère pour avoir un nouveau Archie lors de nos visites au dépanneur du coin. Comme une BD d’Archie coûtait moins de 3$, c’était assez difficile de me le refuser surtout avec ce joli sourire-là, impossible de me résister, non ?

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Bref, toute mon enfance et une partie de mon adolescence, Archie et sa bande m’accompagnaient dans tous mes déplacements. Dans mon sac d’école, lors des récréations des journées pluvieuses, à nos balades en voiture ou lors de nos vacances d’été, Archie et ses amis m’accompagnaient toujours.

Comme toute bonne fan, j’avais bien entendu ma préférée pour être sa copine et c’était sans contredit la gentille et jolie Betty! Peut-être car j’étais une petite blondinette plus jeune, mais ça l’histoire ne le dit pas ;). Je trouvais dont que Véronica était belle mais tellement trop prétentieuse pour être avec le mignon rouquin qu’était Archie, et on s’entend elle allait tellement mieux avec Reggy.

Suite à ma visite chez ma mère, j’ai relu quelques Archie pour le bonheur de me rappeler quelques souvenirs et j’ai été étonnée comment l’histoire ne s’apprêtait pas vraiment à une petite fille de mon âge à l’époque! Non mais le gars sort avec deux filles et c’est totalement accepté par tous et ce, même par les deux filles concernées qui sont dans certaines histoires des meilleures amies en plus!

Vraiment? Jamais une histoire comme celle-ci ne pourrait être telle quelle dans la vraie vie! Imaginez la scène quelques instants… Ça vous paraîtra totalement loufoque et socialement vraiment  inacceptable.

N’empêche, je peux vous confirmer que mon amour pour la lecture n’existerait pas sans eux, alors je leur dois au moins ça malgré tout ! Et même plus de 10 ans plus tard, je confirme que je suis toujours fan d’Archie et sa bande et je suis toujours une fière membre de l’équipe de Betty!

Et vous, équipe Betty ou équipe Véronica ? Qu’est-ce qui a déclenché votre amour pour la lecture ?

Cultiver son monde

Je me souviens encore de ce moment, parce que je me le remémore de temps en temps depuis une dizaine d’années. J’étais à la fin de mon secondaire, dans un camp de vacances avec les autres finissants, et mon groupe était assis dans un grand chalet pour passer une soirée tranquille à faire le point sur les cinq années scolaires qui allaient bientôt se terminer. À un certain moment, les enseignants avaient décidé que nous allions tous, à tour de rôle, venir nous asseoir au centre du groupe pour que les autres puissent nous faire part de ce qu’ils avaient aimé de nous et des moments passés en notre compagnie.

Lorsque mon tour était arrivé, la plupart de ceux qui s’étaient exprimés avec une certaine profondeur étaient mes ami(e)s les plus proches, alors que les autres se contentaient de quelques mots gentils ; cependant, le témoignage m’ayant le plus marqué venait d’une fille qui ne faisait pas partie de mon cercle d’amis, mais que j’aimais bien malgré tout:

« Raph, tu vis dans ton monde, mais c’est un beau monde. »

C’est tout. Rien d’autre, juste cette petite phrase qui m’avait étrangement émue sur le coup, puis qui s’était mise à me trotter dans la tête par la suite. Qu’est-ce qu’elle avait voulu dire par là? Qu’elle me trouvait bizarre? Qu’elle admirait mon tempérament artistique? Qu’elle trouvait que je détonnais parmi les autres? Que j’étais un peu à part? Que j’étais une idéaliste, une utopiste? Est-ce qu’elle se moquait de moi, ou bien son commentaire avait été sincère?

Hé bien, je dois avouer que je n’en ai toujours aucune idée, que je ne le saurai sans doute jamais… et que ça n’a aucune espèce d’importance.

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Le fait est que, pour moi, ce témoignage signifie beaucoup, d’une manière que je n’aurais pas suspectée. Pour moi, il représente le fait que j’ai un univers intérieur riche, qui transparaît dans mes actions et dans mon quotidien que je cultive ce monde et en projette inconsciemment un reflet autour de moi, ce qui m’aide à être une meilleure personne et à agir en accord avec mes valeurs ; que je n’ai peut-être pas les deux pieds sur terre, mais que ça peut inspirer certaines personnes et aussi les rassurer s’ils ont, eux aussi, la tête dans les nuages ; que je deviens petit à petit ce que j’ai toujours voulu être et que ceux qui savent observer peuvent le voir.

Franchement, ça m’avait fait du bien.

Nous avons tous un monde intérieur, constitué de nos valeurs, nos sentiments, nos intérêts, nos relations, nos passions, nos zones d’ombre, nos faiblesses, nos déchirures, nos exaltations, nos douleurs, nos victoires. Certains d’entre nous portent cet amalgame comme on porte un drapeau, le remuant dans les airs pour que tous sachent ce qu’ils sont, qui ils sont. Certains (comme moi, je crois bien) laissent transparaître leur univers intérieur en filigrane, doucement, dans leurs mots, leurs gestes, leurs sourires, leurs silences. D’autres, enfin, ne veulent pas dévoiler ce qu’ils ont à l’intérieur. Pour une panoplie de raisons, bonnes ou mauvaises, ils préfèrent que personne ne puisse voir ce qu’ils sont vraiment, par désir de demeurer mystérieux…. ou par peur du rejet. Quoi qu’il en soit, chacun possède son propre monde intérieur, l’habite, l’apprivoise jour après jour, certains avec aisance, d’autres avec maladresse. L’important, je crois, c’est d’accepter cet univers qui nous est propre, de le cultiver, de lui permettre d’être, tout simplement.

« Raph, tu vis dans ton monde, mais c’est un beau monde. » Oui, je le pense aussi… et je ne l’échangerai contre aucun autre.

Et vous, quelle relation entretenez-vous avec votre monde intérieur?

« Walmart : Journal d’un associé » d’Hugo Meunier : Nouvelle lecture de juin du défi littéraire

Suite au vote survenu sur le groupe Facebook de l’événement En 2015, je lis un livre québécois par mois, nous allons lire « Walmart : Journal d’un associé » d’Hugo Meunier. C’est la première fois depuis le début de l’année que nous allons lire un essai québécois, plutôt qu’une oeuvre littéraire, vive la diversité! (J’espère vraiment que nous aurons la chance de lire une bande dessinée québécoise au cours de ce défi!)

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Alors voici la petite description de l’essai offert sur le site de Lux éditeur :

« Katia, ma boss de La Presse, trouve que je prends mon nouveau travail trop à coeur, que j’en oublie même un peu pourquoi je suis devenu associé. Je ne pense presque plus à mon reportage. Je pense à mes palettes, mes livraisons, mes rotations, mon over et mon facing. Je pense Walmart. »

Journaliste à La Presse, Hugo Meunier s’est infiltré pendant trois mois dans une succursale de Walmart, au nord de Montréal. Pendant sa vie d’« associé », il a tenu un journal dans lequel il a consigné avec humour les anecdotes de son quotidien. Les célèbres cris de ralliement, les clients déchaînés, les palettes qui s’écroulent, les absurdes séances de formation, il décrit avec un remarquable sens du détail tout ce qui ponctue les journées de travail des petits salariés de la plus grande entreprise de commerce de détail de la planète.

Après cette expérience, le reporter prend la route pour enquêter sur l’empire – du Mexique à Jonquière, en passant par l’Arkansas. S’ajoute alors à son récit de la vie « sur le plancher » un saisissant portrait d’ensemble de Walmart et du culte qu’on y voue au seul dieu que vénère vraiment l’Amérique : l’argent.

 

Pour en savoir un peu plus sur l’auteur (Source : site de Lux éditeur ) :

Diplômé en littérature, Hugo Meunier s’est tourné vers le journalisme pour payer son loyer. Après avoir couvert les conflits au Liban et en Afghanistan, il s’est découvert une passion pour le journalisme d’immersion. En 2008, il a publié, avec sa collègue Katia Gagnon, Au pays des rêves brisés.

 

Bonne lecture à tous! On se retrouve à la fin du mois pour en discuter ensemble!

 


WALMART : Journal d’un associé, Hugo Meunier, Lux éditeur, 2015
ISBN : 978-2-89596-198-7
184 pages

Chroniques d’une anxieuse : j’te jure, tu vas revenir!

12166079_10152974285766534_1127971439_nJe ne sais pas trop pourquoi, mais j’ai toujours aimé marcher sous la pluie. Souvent, ça a été un des meilleurs remèdes pour remonter mon p’tit moral tristounet. Moi, le sourire aux lèvres, sous une douche de petites gouttes tombant du ciel, j’oubliais mes soucis, mes tracas, le merdier dans ma tête qui m’empêchait d’avancer.

J’oubliais, les deux pieds trempés, que le matin un autobus avait passé un peu trop près du trottoir où je me trouvais faisant éclabousser une vague de bouette sur ma jolie robe. J’oubliais qu’en allant me chercher un café, la robe toute tâchée de gadoue bien brune, un homme m’avait dépassée et avait commandé pendant trois heures des breuvages pis des beignes pour tous ses p’tits amis. J’oubliais qu’en prenant ma douche la veille j’avais pleuré sans trop savoir pourquoi. Juste parce que mon corps avait besoin de faire sortir une peine incontrôlable, une peine qui n’avait pas de nom, mais qui était bien réelle.

Pis cette peine-là me hantait encore. C’était difficile à expliquer, à comprendre, à saisir. C’était comme un beau mélange de plein de regrets, de remords, d’obsessions inutiles, de questionnements excessifs et de pensées parasites qui font voir la vie en noir ben ben foncé.

J’étais trop dans ma tête, il fallait que je reprenne contact avec le sol, avec la vie, avec le présent. Câline. J’avais réellement d’besoin que quelqu’un me prenne par les épaules et me dise « Alex, arrête de t’en faire, j’te l’dis, ça va pas si mal que ça, j’te jure». Pis cette personne-là, pour moi, c’était la pluie.

Pourtant tout allait bien. Même très bien. Je partais dans une semaine à peine en voyage avec une de mes meilleures amies découvrir un endroit que j’avais toujours voulu voir. San Francisco here we come! La Californie, le soleil, les plages magnifiques, Alcatraz, les quartiers aux maisons pastel, la vie de hippie. Mais ça marchait pas d’même dans ma tête.

Plus la date de départ approchait, plus je capotais. Je ne pensais pas à toutes les merveilles que j’allais visiter, mais plutôt à tout ce qui pouvait m’arriver de pire. Et, quand je dis pire, c’est PIRE. J’avais appelé ma meilleure amie en lui disant : « et si mon avion explosait? » et elle s’était mise à rire à l’autre bout du fil.

Parce que, tsé, quand on est anxieux, on a comme le don de s’imaginer plein d’affaires vraiment l’fun. Genre moi dans un avion qui brûle. Cool.

Ça te fait passer une super belle nuit avec plein de beaux rêves pas traumatisants pantoute.

Faque je partais à San Francisco avec l’idée que j’allais peut-être jamais revenir. L’idée terrible que j’allais peut-être mourir. Qu’un terrible hippie aux lunettes rondes et aux cheveux longs, sifflotant du Bob Dylan, me kidnapperait durant mon sommeil à l’auberge où je passerais une semaine.

Ben oui, Alex, c’était vraiment TRÈS probable.

Avant de partir, j’ai appelé mes parents en pensant que c’était peut-être la dernière fois que j’allais leur parler. Et, la veille du départ, je m’imaginais que tout était un last time. La dernière fois que j’embrassais mon chum, que j’étais la petite cuiller et lui la grosse, qu’il me prenait dans ses bras, qu’il me disait qu’il m’aimait.

Les dernières fois. Ça faisait mal d’y penser.

C’est terrible d’en avoir conscience. Et, encore plus terrible, de vivre certains moments comme les derniers pour aucune raison valable. Parce que, tout ça, c’était dans ma tête, dans ma folie, dans ma peur de mourir. De perdre à jamais tout ce qui m’était cher.

J’ai pleuré une nuit complète (ou presque) en pensant que mon avion allait s’écraser. Et, pourtant, j’ai pris l’avion le lendemain, j’ai été à San Francisco, j’ai fait un voyage merveilleux, j’ai bu du vin californien et je suis revenue. Parce que, bien souvent, on revient.

Pis on a capoté pour rien, on a usé notre énergie pour des conneries pour, finalement, revenir avec le gros smile, comme on dit.

«Ce qu’il reste de moi» de Monique Proulx : critique de la lecture de mai du défi littéraire

Je n’ai lu qu’un seul Proulx avant «Ce qu’il reste de moi» et c’était «Le sexe des étoiles». Ce roman m’avait beaucoup marquée par son histoire. C’était l’histoire d’une transsexuelle. Suite à ma lecture de «Ce qu’il reste de moi» j’ai pu constater le même style d’écriture. Pour chacun de ses chapitres nous faisons la rencontre d’un de ses personnages. Au fil de notre lecture on constate les liens qui existent entre ceux-ci. Malgré qu’à certains moments, j’éprouvais quelques difficultés à me situer dans l’histoire. Nous faisons la rencontre de personnages intéressants, dont Gabrielle (Gaby) que j’ai beaucoup aimé.

Mais honnêtement, ça s’arrête là.

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai lu ce livre à un mauvais moment, mais l’histoire ne m’a pas plu. Malheureusement, à certains moments de la lecture, j’étais absente. Il y a aussi plusieurs passages que je ne comprends pas. En fait, je ne comprends pas l’histoire tout simplement. Que fait Jeanne Mance dans l’histoire, que font les autochtones?,  L’Église?, Les «esprits»? Le diable? Ça s’est trouvé à être plusieurs personnages qui semblent avoir des choses à me raconter, mais dont je ne comprenais pas un traître mot. J’éprouve même de la difficulté à vous expliquer quelle est l’histoire. J’ai tout de même aimé certains passages, dont la rencontre avec d’Autres cultures et tout ce qui nous semble inconnu. Le moment où Gabrielle fait un retour sur son expérience lors du verglas est intéressant et touchant. Lorsqu’elle fait la rencontre du père de son élève qui est à la recherche de son identité, de ce qui reste d’elle et de sa culture. J’apprécie aussi le fait que l’auteure nous sensibilise sur  l’histoire et les conditions de vie des autochtones, mais… ça s’arrête là.

Je suis déçue de ma lecture. Ce qui est surtout dommage est que ça fait longtemps que les gens attendaient le retour de Proulx et, malheureusement, le résultat est décevant. Je vous conseille tout de même «Le sexe des étoiles» que j’avais beaucoup apprécié et je crois que son roman «Les Aurores montréales » est très apprécié aussi.

Six romans pour (re)découvrir Montréal

Montréalaise depuis toujours, je me plais à retrouver ma ville en littérature. Parfois, elle ne sert que de décor dans une oeuvre littéraire, d’autres fois elle est un personnage, mais toujours elle rend compte de ses habitants. La diversité, l’histoire, la richesse, la lourdeur, les paradoxes, les beautés de notre métropole y passent. La littérature québécoise a cette qualité, elle ne fait aucune discrimination. Les régions comme la métropole y sont représentées et ce, dans leur plus grande beauté comme dans leur plus grande dureté.

Voici donc quelques titres où Montréal est représentée. JE SAIS qu’il en existe des centaines d’autres, mais ce sont pour moi, ceux qui représentent le mieux Montréal. Dites-moi dans les commentaires quel livre met le mieux en scène Montréal (ou votre propre ville) selon vous ?

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Côte-des-Neiges 
Côte-des-nègres, Mauricio Segura

Ce roman de Mauricio Segura fait partie de cette littérature migrante du Québec. Entouré de grands nom comme Kim Thuy, Dany Laferrière, Ying Chen et bien d’autres, Mauricio Segura nous offre une nouvelle version de son Montréal. Ce roman qui se passe à Côte-des-Neiges offre une vision multiculturelle d’un Montréal où cohabitent de nombreuses éthnies. Dans le roman, les haïtiens sont en guerre contre les latinos de l’école secondaire. Segura offre une vision réaliste, dure et sans merci, d’un quartier des plus diversifiés culturellement. Sous forme de cliques, les personnages apprennent à cohabiter, à se forger une identité et à vivre cette difficulté de la marginalité. Cette oeuvre, tout de même assez récente, est à mon sens nécessaire à la littérature québécoise. Les classiques tels Bonheur d’occasion et La grosse femme d’à côté est enceinte sont nécessaires, car ils racontent une part de notre histoire montréalaise (et québécoise), j’en parlerai plus tard. Toutefois, avec Côte-des-nègres, on nous ouvre les yeux sur un Montréal nouveau, multiculturel, riche de ses différences et de ses habitants.

Hochelaga-Maisonneuve

Je voudrais qu’on m’efface, Anaïs Barbeau-Lavalette

Ce roman d’Anaïs Barbeau-Lavalette est extrêmement touchant, sensible et sociologique. Il suit des jeunes d’une classe d’Hochelaga-Maissonneuve en trouble d’apprentissage. Ces enfants ont tous un point en commun: ils vivent dans des familles dysfonctionnelles où pauvreté cotôit addiction et abandon. Ces jeunes sont l’exemple même de la résilience, par cette volonté de vivre et de comprendre la dureté du quotidien. Les mères des jeunes sont mêlées à la prostitution, à la drogue, etc. et deviennent complètement absentes pour leurs enfants. Ce roman coup de poing est difficile, mais offre, à mon avis, un portrait jamais condescendant sur des problématiques sociales. Les trois enfants, Mélissa, Keven et Roxane, suivis dans le roman m’ont donné envie de les prendre dans mes bras longuement. La force de l’imagination et du rêve viendront donner un peu de lumière à ces familles montréalaises. Loin d’être un roman « embellissant » pour Montréal, il est néanmoins tout à fait représentatif des problématiques de la ville. Et la littérature elle sert à cela; nommer le réel, même quand il est douloureux à accepter.

 

Plateau Mont-Royal 

La grosse femme d’à côté est enceinte, Michel Tremblay

Probablement un des romans québécois les plus lus autant au secondaire qu’au cégep, La grosse femme d’à côté est enceinte est devenu un classique de notre littérature. Cette série de roman écrit par Michel Tremblay à été très avant-gardiste en traitant de thèmes tels que l’homosexualité, la dépression, la pauvreté, le féministe et j’en passe. Ces romans écrit en joual ont su amener la littérature québécoise ailleurs en offrant aux lecteurs des visions contemporaines, réelles et accessibles de la vraie vie montréalaise. Loin des romans du terroir auxquels la littérature a souvent été confinée, ces romans se déroulent dans le quartier du Plateau Mont-Royal, avant qu’il devienne celui des artistes et des français (C’est dit!). Ce quartier était plus populaire et permettait aux familles de cohabiter toutes ensemble. Il n’était pas rare de voir une dizaine de membres habiter un quatre et demi et c’est cette vraie réalité de la métropole que Tremblay a désiré montrer. Cette oeuvre restera toujours un grand classique et pour moi, un des romans le plus significatifs en littérature québécoise!

 

Saint-Henri

Bonheur d’occasion, Gabrielle Roy

Du côté de ma mère, toute ma famille vient du quartier Saint-Henri, c’est peut-être ce qui explique ma fascination pour Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy. J’ai réellement l’impression que ce roman m’en apprend sur l’histoire de ma famille. Ce quartier a longtemps été associé à un quartier pauvre et Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy a su avec brio et intelligence représenter cette période de notre histoire. En pleine deuxième guerre mondiale, le roman nous offre une fresque de la vie quotidienne des travailleurs des usines et des familles québécoises. Le personnage principal, Florentine Lacasse, est une jeune fille qui rêve d’amour et d’ailleurs. Elle tente d’échapper à son quotidien et de rêver d’une vie meilleure. Vivant dans une famille très nombreuse, Florentine tente de rencontrer l’amour et un homme qui l’amènera loin de son quartier et de sa pauvreté. Le roman nous emmène aussi dans le quotidien de ses parents qui combattent réellement jour après jour pour faire survivre leur famille. Il s’agit d’un roman exceptionnellement riche en histoire, car il représente et raconte, dans une écriture si nettement belle de Gabrielle Roy, l’histoire du quartier Saint-Henri suite à la deuxième guerre mondiale. C’est un incontournable qui peut être difficile à apprécier lors de premières pages (ce fut le cas de mon côté), mais qui gagne tellement à être lu et relu.

Chercher Sam, Sophie Bienvenu

J’en ai parlé ICI de ce roman qui a été un réel coup de coeur pour moi. J’aime énormément Sophie Bienvenu, je trouve qu’elle a une écriture qui ensorcèle, car elle arrive tellement à nous faire apprécier ses personnages, que ce soit dans Chercher Sam ou dans Et au pire on se mariera. 

Dans Chercher Sam, on suit un itinérant qui est à la recherche de sa chienne Sam, disparue. Ce roman offre une parcelle d’un Montréal souvent méconnu en littérature, celui de l’itinérance. Dans une langue parlée et extrêmement touchante, Sophie Bienvenu pose un regard franc, lucide sur le monde de l’itinérance et ce, sans jamais tomber dans le condescant ou le victimisant. Il est nécessaire à mon sens que la littérature montréalaise rende compte de toutes les facettes de sa diversité et ce, même si parfois elle montre les problèmes sociaux qui composent Montréal.

Paul en appartement, Paul Rabagliati

Ah, ce11100977_10152740682097413_454589951_n cher Paul, que je l’aime! Plusieurs des collaboratrices du Fil rouge vous le diront, nous sommes des fans du bédéiste québécois Paul Rabagliati! Or, son album Paul en appartement est un de mes préférés vis-à-vis Montréal. C’est dans cette bande dessinée que Paul quitte le nid familial pour aller vivre à Montréal avec son amoureuse Lucie. C’est ainsi qu’on le voit emménager dans son premier appartement. En plus d’être une oeuvre qui présente le passage vers la vie adulte, il offre une réelle vision de la ville de Montréal. Dans les dessins de Paul, toujours si ludiques et beaux, on reconnaît et découvre Montréal. Je pense d’ailleurs à la planche où on reconnaît le magasin Archambault situé sur la rue Berri. Paul en appartement est un de mes coups de coeur de la BD québécoise et je ne pouvais faire autrement que le présenter dans ce top!

Alors, selon vous quel livre représente le mieux Montréal ou votre propre ville ?

Sauver la planète une bouchée à la fois; un guide du quotidien

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Marjorie Rhéaume

Quand j’ai vu que le nutritionniste urbain publiait un livre sur l’alimentation, j’étais ravie. Je savais de mise que ça n’allait pas vraiment parler de recettes et de nutrition dans le sens commun du terme alors je n’ai pas été surprise par le contenu du livre, comme certains le furent (c’est ce que j’ai lu). J’avais vraiment hâte parce que je voulais  en connaître davantage sur l’industrie agro-alimentaire, sur les produits biologiques et sur le jardinage urbain, pour ne nommer que quelques uns des sujets abordés dans cet ouvrage.

Toute cette sphère de l’alimentation est un intérêt assez nouveau pour moi alors, n’en sachant pas beaucoup, j’ai énormément appris en lisant ce livre. Je me suis souvent dite que si j’avais à devenir végétarienne (ce que je ne ferai pas), ce ne serait pas tant pour les animaux que pour toute la pollution qu’entraîne l’industrie agro-alimentaire et cet ouvrage n’a fait que confirmer cette pensée. C’est fou de savoir comment certains types d’élevages sont à la fois mauvais pour l’animal, aucunement éthique mais aussi très polluant pour l’environnement.

Ce livre est vraiment un guide du quotidien qu’on peut lire d’une traite, mais aussi  sur lequel on peut revenir pour y trouver des conseils, des idées et des informations sur tout ce qui a trait à l’impact environnemental de notre alimentation. Je ne peux parler du point de vue d’un expert en la matière, mais  en tant que curieuse, j’ai trouvé le livre non seulement agréable à lire (avec un très beau visuel soit dit en passant) mais aussi très bien recherché et construit.

On  retrouve des informations pour tous et je crois que chacun peut y trouver son compte, que ce soit car vous voulez faire moins de gaspillage en faisant du composte et en utilisant au maximum vos fruits et légumes ou bien car vous vous intéressez à la pêche durable, il y a moyen d’apprendre quelque chose.

Étant un ouvrage québécois, il est très bien adapté au quotidien des gens d’ici, que ce soit pour les calendriers de produits de saison ou les chartes de poissons, en plus d’offrir une liste de ressources avec quelques livres et sites web d’ici.

Alors voilà, je le conseille à tous ceux et celles qui cherchent à en savoir un peu plus et qui veulent faire quelques changements vers une alimentation plus durable, mais qui ne savent pas trop par où commencer. Vous trouverez sans aucun doute au moins une idée qui vous conviendra dans ce livre.

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Marjorie Rhéaume