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So Blue– So Bluetiful Louise Lecavalier

Ouverture. Dans une atmosphère en suspens, une silhouette est tapie dans l’ombre, au fond, telle un félin guettant sa proie. Devant elle, des tapis sont disposés sous des raies de lumières bleutées. Une seconde bascule et, d’un seul élan, la silhouette se jette en avant, et l’espace d’une heure, emplira la scène de mouvements et d’arrêts, d’une flamme platine, d’un rituel secret qui s’élabore sous nos yeux au son d’une musique percutante. C’est la transe et Louise Lecavalier nous entraîne avec elle dans sa folie, dans un monde sans mots de l’autre côté de soi.

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Louise Lecavalier, tant sur la scène locale qu’internationale, n’est plus à présenter depuis un bon moment. Considérée comme l’une des plus grandes danseuses des temps modernes, elle a définitivement marqué le monde de la danse contemporaine, mais aussi les imaginaires de milliers de spectateurs. Depuis la production Human Sex de la compagnie montréalaise La La La Human Steps, qui l’a intronisée en 1985 au rang d’étoile, compagnie dans laquelle elle est la muse du chorégraphe Edouard Lock, Louise Lecavalier en a foulé, des planches. J’ai suivi son parcours de loin, jusqu’en 2010, où j’ai été chavirée par Children + Few minutes of Lock, auquel j’ai assisté au Théâtre de la Ville, où je travaillais. Lecavalier portait alors encore sa longue chevelure blonde qui la caractérisait, et qui fouettait librement l’air autour d’elle, amplifiant les échos de ses gestes. Le spectacle évoluait dans son monde à part et moi, oubliant ma fonction d’ouvreuse en plein quart de travail, j’étais complètement hypnotisée par la fureur de cette femme. Jamais auparavant (ni par la suite) je n’avais vu de corps féminin si actif, si imprévisible et si violent que celui de Lecavalier.

En 2006, Louise Lecavalier fonde sa propre compagnie, baptisée Fou glorieux, afin de bénéficier d’une liberté de création décloisonnée et de collaborer avec d’autres artistes sur une base plus autonome. Depuis, elle œuvre avec différents partenaires au fil des rencontres, dont Frédéric Tavernini, avec qui elle élabore et danse So Blue, sa première création chorégraphique à part entière, présentée depuis 2012. J’ai eu la chance d’assister à ce spectacle en mars, toujours au Théâtre de la Ville, où je ne travaille plus depuis un moment, mais qui m’a fait signe pour cette occasion. J’ai remercié mon ancienne gérante et la vie.

So Blue, c’est une émotion, ou plutôt toute une palette d’émotions, esquissée par Lecavalier. Une palette aux teintes introspectives, symboliques, surréalistes. So Blue, c’est un autoportrait dansé, articulé. Un autoportrait en mouvements, fait de respirations et de feu, de fureur et de sueur. Il n’y a plus qu’une Louise Lecavalier, mais des Louise Lecavalier; tout ce qu’elle peut être, tout ce que l’on peut être en tant qu’humain, se démultiplie sur scène. À l’image de l’écriture automatique, dont le moteur et le résultat est la projection de l’inconscient, So Blue, c’est la libre concrétisation des vies inconscientes, transcrites par le corps dansant de manière incohérente et fragmentées à l’image d’un flux de pensées. So Blue, c’est la couleur de l’onirisme, c’est très bleu. Versatile, Lecavalier est tantôt spirituelle, tantôt acrobatique, souvent yogique, comme perchée en équilibre à la croisée des mondes, pieds par-dessus tête. À la fin de la représentation, lors d’une discussion avec le public, Anne-Marie Provencher, directrice artistique et programmatrice du Théâtre de la Ville, a demandé au public de décrire leur réaction suite à ce qu’ils venaient de voir en un mot. Sont ressortis : «mythique», «rapide», «époustouflant», «puissance», «spectaculaire», «intense», et bien d’autres. J’ai retenu le mot «liberté», qui s’accorde avec l’ensemble des émotions que j’ai éprouvées lors de l’expérience So Blue. Liberté d’être et de faire ce que l’on est, ce que l’on veut. Lecavalier m’a montré un espace sans limite. Featured image
Ce j’admire par-dessus tout chez Lecavalier, c’est sa force, cette force physique pure et brute qu’elle dégage, cette endurance que son corps déploie, revendique. Son corps, et parallèlement son esprit, deviennent nettement plus grands que la scène, plus grands que nature. De par la puissance de sa danse, elle s’élève et devient mythique. Elle engage le corps féminin, si souvent fragile et aérien en danse, dans la dureté et ouvre l’espace de la femme. Lecavalier prend concrètement sa place, et nous apprend à  prendre la nôtre. Lorsqu’elle danse en duo avec Tavernini dans So Blue, il n’y a pas de rôles convenus, pas d’impression que la femme danse son rôle féminin et que l’homme danse un rôle masculin; les deux dégagent plutôt une même énergie, partageant une manière de danser similaire, sans positions préexistantes et effaçant les dichotomies. L’un portant ou pénétrant l’autre tour à tour. Ensembles, ils réinventent une manière de danser et d’être ensemble; d’interagir. Comment l’Autre pénètre-t-il dans notre intériorité? Qui est ce moi, à la fois si centralisé et si éclaté en mille possibilités? Quel est ce corps qui possède sa vie propre, et qui rejoint le tien?

So Blue, c’est un spectacle que l’on traverse et qui nous invite à percevoir l’infinité de la vie, qui nous réconcilie avec soi comme avec l’Autre. Je vis donc je suis. Et c’est très beau.

Par ici pour un extrait de So Blue.

Deux auteures, deux visages de la Gaspésie – Partie II

Entre réalité et rêve, la vie

À travers deux entrevues réalisées via la magie de l’Internet, je vous propose deux portraits d’écrivaines d’origine gaspésienne, Marie-Ève Trudel Vibert, auteure du roman La fille de Coin-du-banc et Joanie Lemieux, qui se cache derrière le recueil de nouvelles Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? (retrouvez la critique du livre dans un article paru précédemment). J’ai donc posé une série de dix questions aux deux jeunes femmes dans le but mieux les connaître, mais aussi d’en apprendre davantage sur le métier d’écrivain et sur leur vision du métier.

1-D’abord, qui êtes-vous ? Et quel est votre cheminement en quelques mots?

Je suis née et j’ai grandi à Gaspé, en Gaspésie. J’ai d’abord fait mon cégep en sciences de la nature, avant de bifurquer et de choisir les lettres à l’université. J’ai ensuite poursuivi à la maîtrise, orientant alors mon parcours vers la création littéraire.

Au cours de mes études universitaires, j’ai suivi plusieurs ateliers d’écriture avec des écrivains, et j’ai reçu pour la première fois des retours professionnels sur mon travail. J’ai écrit beaucoup. Peu à peu, avec certains textes, des thèmes ont émergé et un recueil a commencé à se dessiner. C’est de là qu’est né Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers?

2-Expliquez votre sentiment d’appartenance envers votre région en tant qu’auteure. Avez-vous un mandat ou un besoin de clamer cette appartenance?

Je ne sens pas un mandat ou une obligation sacrée de parler de ma région dans mes livres. J’en parle sans l’avoir calculé, parce que les caps et les marées gaspésiens me viennent naturellement, quand j’écris. Mais je n’aurais pas voulu nommer ma région dans le recueil.

Je ne ressens pas le besoin de me qualifier « d’écrivaine gaspésienne ». Cela dit, je tenais à faire mon lancement à Gaspé, dans mon bout du monde natal, plutôt qu’à Montréal.

Pour moi, il y a une distinction importante entre aimer ma région, en vanter les beautés et les forces, me laisser inspirer par elle et me définir par elle en tant qu’écrivaine. Je suis fière de venir de la Gaspésie et d’y vivre encore aujourd’hui. Mais mon écriture, elle, n’a pas besoin d’habiter un territoire précis.

3-Comment la Gaspésie inspire-t-elle votre écriture?

Il va de soi que ma région fait partie de qui je suis devenue et, par le fait même, qu’elle transparaît un peu partout dans mon écriture. La Gaspésie m’a vue grandir, plusieurs de mes expériences de vie y sont donc rattachées. Bien sûr, je n’écris pas à propos de moi-même et aucune nouvelle n’est directement liée à ma propre vie, mais il demeure toujours quelques traces de l’auteur dans un texte… inconsciemment, je puise dans mon vécu des sensations, des émotions et des atmosphères susceptibles de nourrir l’intrigue. Ma région natale a donc forcément fait naître certains éléments d’écriture, au même titre que mes relations amoureuses, mes expériences professionnelles, mes études universitaires et les livres que j’ai déjà lus.

4-Vos personnages principaux sont des femmes, est-ce que vous vous identifiez à elles d’une manière ou d’une autre?

Il y a dix nouvelles dans ce recueil, et dix personnages principaux féminins. Je ne suis heureusement pas toutes ces femmes à la fois !

Il va sans dire qu’il y a un peu de moi dans tous mes personnages, cependant. Un peu. Une émotion déjà vécue, une réaction, une question. Même si je ne cherche pas à reproduire des situations que j’ai vécues, il demeure une forme d’identification, oui.

Toutefois, je me demande si le fait qu’il s’agisse de femmes y change vraiment quelque chose. Je suis présentement à l’écriture d’un roman où il y a davantage de personnages masculins et je ressens le même lien d’identification avec eux : ni plus, ni moins.

5-Que vouliez-vous exprimer en donnant la parole à une majorité de personnages féminins ?

Ce n’était pas, pour moi, un objectif clair au départ que de parler autant de femmes. C’est ce qui s’est dessiné en cours de route et je suis montée dans le train de ce projet-là.

6-Votre travail amène-t-il un regard féministe sur le monde ?

Je ne sais pas. Mes lecteurs me le diront.

Mes personnages féminins, dans le recueil, sont souvent prisonniers de leur vie. Ils la subissent davantage qu’ils n’agissent sur elle. Je les montre dans leur isolement, sans autre issue immédiate que le rêve ou la fiction. Souvent, mes nouvelles se terminent avant que le personnage ait décidé de prendre le contrôle de sa vie.

Mais est-ce que cela rend mon livre plus, ou moins, féministe? Je l’ignore.

7-Que conseillez-vous aux jeunes écrivains en herbe qui aspirent à la carrière d’auteur?

De lire et d’écrire.

Personnellement, j’aime relire les ouvrages qui m’ont plu, je le fais avec une grande attention. J’essaie de repérer ce qui, précisément, y fonctionne si bien. Comment sont faites les phrases ? Pourquoi ai-je été si émue ? Qu’y a-t-il dans ce livre qu’on ne trouve pas ailleurs ? Quant aux livres qui ne m’ont pas plu, il m’arrive parfois, aussi, d’y jeter un nouvel œil ne serait-ce que pour l’exercice de nommer ce que je n’ai pas aimé. Il me semble que repérer les maladresses des autres peut m’aider à relire mes propres textes.

Après, il faut écrire beaucoup. Réécrire. Mettre de côté, attendre un mois, trois mois. Relire avec du recul. Ça prend le temps que ça prend. Ce n’est pas grave si ce n’est pas prêt tout de suite.

8-Qu’elles sont les qualités qu’une œuvre doit avoir pour marquer son époque?

Voilà une question piège !

S’il y avait une recette pour faire une grande œuvre, ça se saurait. Les œuvres les plus marquantes sont souvent celles, ironiquement, qu’on n’attendait pas.

À plus petite échelle, pour me marquer moi, une œuvre doit être porteuse d’une vérité : sur le monde, sur la vie, sur l’homme. Les vérités profondes sont souvent intemporelles.

9-Quelles sont vos figures marquantes de la littérature et comment ont-elles influencé votre vie et votre écriture ?

Enfant, je lisais beaucoup. Davantage qu’aujourd’hui, si ça se trouve ! Je me plongeais carrément dans les œuvres, j’étais fascinée par l’imagination des auteurs. Il m’arrive souvent de repenser à un personnage de Rowling ou de Stevenson. Je retourne même lire, de temps en temps, un passage de À la croisée des mondes, de Pullman, que je redécouvre en langue originale. Il n’y a pas d’âge limite pour apprendre de la littérature jeunesse.

Quand j’étais au secondaire, un enseignant a mis quelques textes de Cortázar entre mes mains. Ça m’a renversée : d’une part, les histoires où le réel et la fiction semblaient interchangeables; d’autre part, le genre de la nouvelle, plein de promesses, qui m’a tout de suite attirée.

Des chocs comme celui-là, j’en ai par la suite eu encore quelques-uns : Aude, Anne Hébert, Alessandro Baricco… Des personnages mémorables, des intrigues marquées par l’intensité, des narrations que je n’avais encore jamais rencontrées : j’aime dire qu’en me prouvant qu’il n’y a pas qu’une seule manière d’écrire des livres, ces auteurs m’ont donné des permissions.

Être en contact avec leur talent, leur adresse et la liberté qu’ils s’accordent m’inspire beaucoup. J’aime les relire.

10-Vous avez d’autres projets en cours, pouvez-vous m’en parler brièvement?

Je suis présentement sur un roman ! Je m’adapte au rythme plus lent de ce genre de la durée. C’est un défi différent et expérimenter cette nouveauté se révèle très stimulant. Je ne veux pas trop en dire, si ce n’est que l’histoire se déroule dans un village de bord de mer. Un naufrage sur les côtes vient bousculer la vie des habitants…

Combattre l’inertie

Avec le printemps qui se pointe timidement le bout du nez et le beau temps qui devrait (théoriquement) revenir, les projets ont tendance à bourgeonner comme les arbres! Évidemment, il n’y a pas un moment de l’année plus propice qu’un autre pour se lancer dans une nouvelle aventure, mais je trouvais que la venue du printemps se prêtait bien à mes propos.

« Ah, quand j’aurai du temps, je commencerai à écrire mon roman! »
« À un moment donné, quand j’aurai un peu plus d’argent, je vais partir en voyage. »
« J’aimerais vraiment me lancer en affaires, mais… c’est trop dur. Peut-être l’an prochain? »
« J’ai toujours voulu jouer de la guitare… sauf que pour l’instant, j’ai l’impression que c’est pas le bon moment. Dans quelques années, je vais m’inscrire à des cours! »

Ça vous dit quelque chose? Non? Je ne vous crois pas. Tout le monde a déjà, un jour ou l’autre, énoncé un souhait du genre. Bon, durant l’enfance, on le faisait souvent, avec la fameuse mention « quand je serai grand(e), je… » C’était normal, de dire ça. Comme enfant, on n’a pas vraiment de pouvoir sur notre horaire, sur nos déplacements. On n’a pas de voiture, pas d’argent, pas d’autonomie, pas vraiment de moyens d’agir concrètement sur nos rêves. Alors on joue, on rit, on répète qu’on va finir par faire ce qu’on veut, quand on aura atteint l’âge adulte. Et on continue de rêver.

Sauf que les années passent. On devient adulte. On obtient notre permis de conduire. On s’achète une première voiture. On déménage en appartement. On termine nos études, on commence à travailler. Parfois, on achète une maison, on fait des enfants à notre tour. Mais les rêves d’autrefois sont toujours là, tenaces. Ils s’accrochent, nous reviennent en mémoire, clignotent dans nos têtes comme des lucioles. Et c’est là qu’on se trouve des dizaines de défaites, comme le temps, l’argent et le niveau de difficulté, pour calmer nos ardeurs et tenter de se donner bonne conscience, de justifier notre inertie.

Sauf que tout ça, c’est de la bullshit. Et vous le savez aussi bien que moi.

Oui, c’est vrai que l’argent est un facteur important si vous désirez, par exemple, partir faire le tour du monde. Par contre, il n’est jamais trop tard pour commencer à mettre des économies de côté, afin de rendre le rêve plus accessible. Oui, c’est vrai qu’écrire un roman, peindre des toiles ou composer une symphonie demande beaucoup de temps et d’énergie. Cependant, prendre le temps de s’asseoir et d’y consacrer une demi-heure, une heure par jour est un bon point de départ, pour espérer arriver un jour au produit fini.

L’important, c’est d’agir.

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Personnellement, ça m’a pris du temps à le comprendre. Depuis que je suis toute petite, je rêve de publier, d’écrire des romans, d’être lue. Pendant des années, j’ai écrit pour le plaisir, en participant à l’occasion (et souvent avec succès!) à divers concours, mais je n’écrivais pas de façon régulière, assidue. J’entendais souvent dire que pour espérer publier un jour, il fallait être rigoureux, écrire sur une base quotidienne, travailler son style, accepter les critiques. Malgré tout, je continuais d’écrire au compte-goutte, sans cesser toutefois de répéter que c’était mon rêve, en disant à mes proches, mais surtout en me disant « qu’un jour, j’allais le faire sérieusement ».

Puis, il y a environ deux ans, j’ai eu un déclic. J’étais une adulte. Je continuais de baigner dans mon inertie, à espérer la concrétisation de projets pour l’atteinte desquels je ne travaillais pas assez fort. Et c’est là que j’ai compris que le « un jour »… c’était quand, sinon aujourd’hui, là, maintenant? Alors, je me suis mise au travail. Inspirée, entre autres, par un de mes amis du baccalauréat qui a décidé de foncer et qui, à ce jour, continue de mettre sur pied des projets qui auraient pu sembler inatteignables, j’ai décidé de prendre mes rêves en main et de faire le nécessaire pour réussir.

Cela m’a permis de créer mon propre blogue, de devenir collaboratrice pour ce cher Fil rouge, de rencontrer des auteurs professionnels qui m’ont donné des conseils et sont devenus des amis, d’améliorer jour après jour mon écriture, d’occuper mes temps libres de façon hautement constructive et, surtout, de me procurer un bien fou, parce que quand la passion nous transporte, le moral ne peut qu’être au plus haut!

Alors, peu importe quel est le rêve que vous chérissez, quels sont les projets que vous souhaitez voir se concrétiser: n’hésitez plus. Mettez-vous en action, dès maintenant. Ça va peut-être vous sembler difficile, voire irréalisable au départ, mais si vous voulez réellement y arriver, les choses vont se mettre en place au gré de vos efforts. Bien sûr, cela n’est pas une garantie que vous aurez instantanément du succès, ou que votre rêve se réalisera dans les semaines qui vont suivre! Cependant, ce dont je ne doute pas, c’est que vous mettre en action vous fera le plus grand bien, et vous ouvrira la porte à une multitude de nouvelles possibilités.

N’attendez plus! « Un jour », c’est aujourd’hui.
Et vous, quel est le projet que vous souhaitez mettre en branle?

Mon guide de Game of thrones

*Pinterest

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Mon amour pour Game of Thrones de George R.R. Martin, c’est vraiment une histoire déraisonnable dans les circonstances de ma découverte, il y a de cela à peine deux mois. Déraisonnable parce que j’ai succombé à une tentation trop forte alors que mon horaire ne me le permettait pas… mais aucun regret. On  m’en avait tellement parlé par le passé qu’à se faire dire par ses amies de son groupe de costume:  »Tu vas voir, les costumes sont écœurants »(voir ici notre argument premier lorsqu’on parle cinéma), elles m’ont eue! Par après c’était: Mauvaise idée! On a deux remises dans moins d’un mois. Si tu commences tout de suite tu ne pourras plus t’arrêter et ça va être la mort. Alors j’ai mis le feu à l’enfer et j’ai clanché les quatre saisons en trois semaines. Je n’ai pas beaucoup dormi et c’était merveilleux. Je peux donc dire de mes compatriotes du local 4310 qu’elles ont eu raison comme Game of Thrones a eu raison de moi et pour la peine, les costumes étaient tout à fait magnifiques.

J’ai donc belle motivation à pouvoir dépeindre la série sous plusieurs aspects. Il y a tant à dire! Les illustrations auront ici beaucoup d’importance et l’aspect traitant des costumes et des personnages sera le cœur de mon article car c’est ce qui me passionne le plus. Voici mon petit guide de Game of Thrones.
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Chroniques d’une anxieuse : une p’tite pilule, une p’tite granule pis un Rivotril

Pilules

C’était tentant, toujours tentant, cette p’tite pilule magique qui m’interpellait en disant «viens, avec moi, il n’y aura plus jamais aucun problème». Elle était là. Elle m’attendait. Elle me promettait une vie meilleure, de me rendre normale ou presque, de me débarrasser de toute trace d’anxiété pendant quelques heures.

La fiole était sur la table de la cuisine. Elle était remplie de minuscules ronds orangés. Remplie de Rivotril qui n’attendait que le jour où je l’engloutirais au fin fond de ma gorge. Et je la dévisageais déjà depuis des heures en ne sachant pas trop si je pouvais lui faire confiance.

J’en avais seulement quinze à ma disposition. Quinze pour l’année. Pas plus. Pas moins. Quinze.

Et j’avais décidé, durant une de mes fameuses nuits d’insomnie, d’en sacrifier une pour essayer. Pour voir, comprendre, expérimenter. Pour apercevoir ce que j’allais devenir. Parce que, oui, j’ignorais ce que j’allais être avec cette p’tite pilule dans mon corps. J’avais comme l’impression que j’allais me transformer en une nouvelle Alex. Plus relaxe, plus calme, moins stressée. Mais peut-être aussi moins vive d’esprit, moins enjouée, moins alerte…

Plus vedge comme on dit. Un quasi légume. Une quasi larve.

J’avais peur de perdre mon essence. Et j’avais surtout peur d’aimer ça.

L’idée de m’en procurer m’était venue le jour où j’avais su que je devais faire un oral devant toute une classe universitaire. UN ORAL. Mon pire cauchemar depuis toujours, même avant que j’en prenne conscience, même avant que j’existe réellement. Parce que moi devant une classe c’est synonyme de moi qui perd tous ses moyens. Mes mains tremblent, mon visage devient écarlate, mon pouls s’accélère, ma voix tremblote. J’ai des spasmes incontrôlables qui font tressaillir mon corps en entier. Bref, le package deal.

J’te le jure, quand je fais un oral, je suis mal à l’aise et je rends mal à l’aise les autres. Les élèves dans la classe pis même le prof ont de la misère à me regarder tellement je fais pitié. Ils n’ont pas envie de rire de moi, non, ils ont envie de me prendre dans leurs bras et de me libérer du gros tas de stress qui repose sur mes épaules.

Bref, je ne voulais pas revivre ce genre d’inconfort insupportable. Et la seule solution qui m’était venue à l’esprit, c’était de prendre des p’tites pilules pour me calmer les gros nerfs. Mais je ne voulais pas devenir dépendante de ce genre de médicament. Je ne voulais pas commencer à en prendre à chaque fois que je stressais comme un plaster qui soulage pendant un instant la blessure sans jamais rien guérir.

Je voulais juste en avoir au cas où. De temps en temps. Pas plus. C’était une promesse.

Et, un matin, la fiole m’attendait sur la table de la cuisine. J’ai glissé dans ma bouche un p’tit rond orangé juste avant de quitter l’appart pour aller à l’université. Pis BAM!, quand je suis entrée dans le wagon du métro, une vague de chaleur a traversé mon corps. C’est difficile à expliquer, je n’étais pas différente, j’étais juste Alex sans anxiété.

Moi sans anxiété. J’avais toujours voulu savoir.

Il n’y avait plus ces limites inutiles qui m’empêchaient de dire ce que je pense ou d’être ce que je suis. Il n’y avait plus de barrières ni de blocages. J’étais juste bien avec moi-même. Et je comprenais le danger de la dépendance. Parce que j’appréciais vraiment (extrêmement beaucoup) cette Alex sereine, peinarde, sans angoisses.

Quelques semaines plus tard, le jour J est arrivé. Pis, tsé, vu que je suis VRAIMENT pas excessive, j’ai décidé de prendre deux Rivotril d’un coup. Ouin.

Mais l’affaire c’est qu’un des effets secondaires du médicament c’est la somnolence. Faque, juste avant d’aller à l’avant de la classe pour prendre la parole, je cognais des clous et je baillais pas à peu près. Ma coéquipière, avec qui je faisais l’oral, était comme un peu inquiète.

Quand j’ai enfin commencé à proférer mon oral, la fatigue s’est envolée (une chance!) et j’ai été capable, pour la toute première fois, de regarder les nombreuses paires de yeux qui me fixaient. Mes mains ne tremblaient pas. Ma voix s’articulait avec une aisance que je lui avais rarement vue. J’ai même osé faire une joke de cul (c’était de circonstance, promis, promis!) et toute la classe a ri.

Et ce n’est que quelques jours plus tard que j’ai eu mal. Vraiment beaucoup.

Je ne voulais pas me bourrer la face de médicaments pour vivre une vie normalement. Je ne souhaitais pas avoir besoin d’une p’tite pilule pour me sentir bien. Ce n’était pas ce que je voulais. Non. Ce que je voulais, c’était d’être capable d’affronter le monde sans l’aide de personne ni d’aucun Rivotril.

Parce qu’être moi, c’était aussi être anxieuse. Une anxieuse qui, grâce à son anxiété, était sensible à tout ce qui l’entourait, était capable d’aimer terriblement ceux qu’elle portait dans son cœur, capotait parfois pour des niaiseries, mais savait admettre ses tords.

Une anxieuse qui voulait, jour après jour, se dépasser, devenir meilleure, s’améliorer, travailler sur elle-même.

Qui ne s’avouait jamais vaincue parce qu’elle était désireuse de surmonter chaque petit défi.

Qui voulait prouver au monde entier qu’être anxieuse ce n’était pas un embâcle, mais bien un état qui nous rendait toujours un peu plus fort chaque jour.

La nouvelle revue vegane Versus

Le végétalisme (sans produit d’origine animale) et le véganisme (refus de l’exploitation animale) prennent beaucoup d’ampleur à Montréal ces derniers mois. Plus qu’un simple régime alimentaire, il s’agit d’un véritable mode de vie. J’ai eu l’occasion d’aller récemment à une conférence chez Crudessence (gratuite une fois par mois, je vous la conseille) où un membre de cette belle équipe nous a invité à répondre à la question: Pourquoi mange-t-on? Une question bien simple, qu’on oublie trop souvent de se poser. Après avoir entendu dans le public la réponse « pour avoir de l’énergie », on nous apprend que certains aliments nous demandent plus d’énergie pour les digérer qu’ils ne nous en apporte en bout de ligne… résultat, on se retrouve plus fatigué après avoir mangé (!?!). Il est donc important de revenir à l’essentiel. Le plaisir, le goût, la transformation des aliments dans la cuisine, OUI! mais pas au détriment des réels apports et bienfaits des aliments.

Ce que j’ai aimé dans cette conférence, c’est qu’ils ne sont pas là pour révolutionner l’alimentation de quiconque. Ils nous conseillent d’ajouter certains aliments santé à notre quotidien et à être plus à l’écoute de notre corps et de ses besoins.

Au-:delà de ce que nous mangeons, l’accent est mis sur notre manière de consommer. J’ai été marquée par un commentaire de la jeune femme qui donnait la conférence (pleine d‘énergie positive!) et qui expliquait qu’il ne fallait pas sous-estimer l’importance que nous avons dans la société en tant que consommateur. Parfois on se dit qu’on ne peut pas changer le monde, qu’on ne peut pas révolutionner l’industrie agro-alimentaire avec notre panier de légumes locaux. Mais il est important de remettre les choses en perspective: Un être humain vit en moyenne 80 ans et mange 3 repas par jour, 365 jours par année… ça en fait des choix qui pèsent dans le panier! Et bien sûr, en achetant local, on achète conscient et on se fait du bien à nous mais aussi à la planète… (beau slogan publicitaire!)

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Alors oui, je pense qu’il y a certainement un effet de mode autour du véganisme, mais si cette tendance nous fait nous questionner sur notre manière de consommer et nous fait prendre conscience que nous sommes tous acteurs et que nous avons un rôle important à jouer pour les générations à venir, alors j’embarque dans la mode et je diffuse le message! Une des plus grosses sources de pollution mondiale est l’industrie agroalimentaire (je ne sais plus qui disait: Un végétarien qui roule en 4×4 pollue moins qu’un mangeur de viande à vélo). Et quand on sait que ce qui nourrit le bétail pourrait nourrir la planète entière, on ne doit plus seulement se questionner, on doit agir!

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Après cette (beaucoup trop longue) entrée en matière, je tenais à vous parler du nouveau magazine VERSUS dont le premier numéro est sorti le mois dernier. L’identité visuelle est parfaite et le contenu passionnant. Pour l’écolo-grano-artiste que je suis, c’est pas mal excitant d’avoir ce bel objet dans les mains! Vous découvrirez des auteurs qui présentent les bienfaits du mode de vie végane, illustrés par des photographies magnifiques et un design graphique rafraichissant. Comme l’a très bien dit l’éditrice Sara-Maude Ravenelle: « Il n’y a jamais assez de plate-formes de promotion pour ce mode de vie qui a tant de bénéfices pour la Terre et nous-mêmes. »

Le magazine présentera 2 publications par année. Le premier est sorti début mars (printemps-été) et un autre sortira début septembre (automne-hiver). À suivre!

Musique d’ici : Coco Méliès

Je suis amoureuse de la littérature, mais aussi de la musique. Surtout quand elle vient d’Québec.

La relève musicale de notre belle province est une vraie p’tite mine d’or. Malheureusement, j’trouve qu’on l’oublie de plus en plus, notre talent d’ici. On l’a laissé un peu d’côté, on dirait. J’aimerais y remédier, c’est pourquoi je m’engage solennellement à vous faire découvrir un nouvel artiste ou groupe québécois chaque mois.

En Avril, on écoute Coco Méliès, duo que j’ai découvert récemment et qui ne quitte plus mes oreilles depuis ce jour.

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Formé de David Méliès et Francesca Como, Coco Méliès est un groupe établi à Montréal qui a déjà commencé à faire son chemin à travers le Québec, la France et les États-Unis. Ils ont sorti leur EP, The Walking Birds, en 2014 et ont lancé seulement quelques mois plus tard leur premier album: Lighthouse.

Certains les ont découvert grâce à l’émission OuiSurf, diffusée sur la chaîne Évasion, dans laquelle on a pu entendre quelques unes de leurs chansons. Personnellement, j’ai entendu leurs compositions par hasard sur YouTube.

Un beau hasard.

Leur musique a l’effet d’un baume sur le cœur. Francesca et David ont tous les deux un timbre de voix plutôt doux, ce qui crée une magnifique harmonie quand ils mélangent ensemble le fruit de leurs cordes vocales.

Ils font raisonner du beau sur nos tympans.

Leur son planant me fait penser au groupe australien Angus & Julia Stone et au duo que formaient Damien Rice et Lisa Hannigan.

Coco Méliès sera en spectacle le 9 mai, au Cabaret Eastman de la ville éponyme, et le 27 mai, au Théâtre du Vieux Noranda de Rouyn-Noranda. Pour les chanceux qui habitent sur la Rive-Sud de Québec comme moi (fière résidente de Lévis), ils seront sur la scène du Vieux Bureau de Poste de St-Romuald très bientôt, soit le 11 avril.

C’est sûr que j’manquerai pas ça. En attendant, j’vais continuer d’écouter leur album en boucle.

Bonne écoute !

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Top 3 de mes chansons préférées sur Lighthouse :

1 – The Day Has to Start Away

2 – How Long Can We Stay ?

3 – Fishermen

 


Site web: http://coco-melies.com/fr/

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«J’vais cacher le banal et montrer le sublime.» – Javotte

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Théâtre Denise-Pelletier

La lecture du mois de février du défi littéraire proposé par le blogue En 2015, je lis un livre Québécois par mois m’a permis de faire une vraie découverte. Grâce à ce défi, j’ai découvert une facette différente d’un personnage mal aimé de mes Disney préférés : Javotte. Je tombai également en amour avec la plume de l’auteur, Simon Boulerice. Lorsque j’appris l’existence de l’adaptation en pièce de théâtre du roman de Boulerice, je sautai sur l’occasion.

Je cours ! Je cours ! Et merde ! Ça m’apprendra à avoir un cardio aussi terrible ! Je cours, parce que je vais être en retard pour la représentation de la pièce de Javotte ! Moi qui attendais ce moment avec impatience ! Ouff ! J’arrive pile à l’heure. Enfin je vais pouvoir rencontrer Javotte. Le cœur qui bat la chamade suite à ma course contre la montre, j’ai tout de même la chance d’être face à la scène. La salle est petite et intime, ce qui m’a permis de bien voir les acteurs et les actrices à l’œuvre.

Un conte qui n’en ait pas réellement un. Simon Boulerice met en vedette une adolescente maladroite qui se croit invisible et mal aimée. Sa solution, détester tout. Javotte est perfide, méchante, égoiste, diabolique… bref, une adolescente sans fond de gentillesse. Toutefois, d’une certaine manière, on s’attache au personnage, du moins ce fut mon cas. On tente de comprendre le fond de son comportement, de ses gestes si vulgaires. Pourquoi toute cette haine?

Gabrielle Côté, l’interprète de Javotte, porte la pièce sur ses épaules. Toujours présente sur scène, elle est Javotte. Grande, aux cheveux foncé, et laide à sa manière (bravo à la magie du théâtre). Elle est méchante, vulgaire et poétique à la fois. Elle est une adolescente qui croit être une princesse. Je ne peux dire que bravo pour son travail ! Elle est tout simplement impressionnante, c’est tout un monologue !

Le metteur en scène, Jean-Guy Legault, démontre encore une fois un grand sens artistique. Au courant de la pièce, il a su le démontrer par sa représentation de la demeure du magnifique voisin Luc qui fut une maison de poupée. Il a aussi symbolisé la détestable Carolanne comme une ballerine sortant d’une boîte à musique. La présence de l’horloge grand-père est très symbolique au conte de Cendrillon, un magnifique clin d’œil. Ainsi, les thèmes du conte et de l’enfance sont présents tout au long de la pièce. Il y a également la représentation des personnages masculins et du jeu d’ombre; ils sont représentés comme des ombres chinoises derrière un grand tableau blanc, laissant libre court à notre imagination.

Honnêtement, je trouve que l’adaptation est parfaite. Vulgaire et poétique sont deux mots qui décrivent mon impression face à ma lecture et à la représentation. J’aurais pu apporter le roman, le lire et entendre et voir ce que je lisais. Pour cela, je suis comblée.

Et même si vous n’avez pas eu la chance de lire de roman de Boulerice (que je vous conseille fortement), allez voir la pièce! Elle est tout aussi excellente !

Théâtre Denise-Pelletier du 25 mars au 11 avril.

Pour acheter vos billets.

« Blues nègres dans une chambre rose » de Jennifer Tremblay, lecture d’avril du défi littéraire

Mars étant terminé, nous avons toutes été un peu déçues de notre lecture de La tempête de Gabriel Anctil, mais on ne se décourage pas, il y a tant de livres québécois à découvrir (ou pas) ! D’ailleurs, on est toujours touchées et heureuses de voir que plusieurs participants au groupe Facebook de l’événement En 2015, je lis un livre québécois par mois, lisent souvent plus d’un livre par mois et ce, souvent en s’inspirant de nos propositions!

Suite au sondage où on vous proposait des oeuvres écrites par des femmes : Blues nègres dans une chambre rose de Jennifer Tremblay, Histoire d’un bonheur de Geneviève Damas et Moitié vrai d’Ariane Cordeau, vous avez décidé! Nous lirons Blues nègre dans une chambre rose de Jennifer Tremblay.

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Voici un petit résumé de l’oeuvre :

« Pour se défaire de son amour pour lui, Fanny écrit à Bobo dans des cahiers qu’elle ne lui fera jamais lire. Sa plume, mimant le désir, s’emballe et s’interrompt comme une musique insensée. Alors que Fanny croyait lui avoir échappé, son amant, fuyant mais insatiable, la rattrape encore.

Un jour, je t’ai écrit que je t’attendais, qu’il y avait de la place pour toi dans ma maison. Tu m’as répondu l’amour est un incendie. » *

mo_trem1078Pour en savoir un peu plus sur l’auteure :

Jennifer Tremblay est née en 1973 à Forestville, une petite municipalité sur la côte nord du fleuve Saint-Laurent. Elle aimait l’école et était certainement aussi sage qu’une petite fille peut l’être. Cependant, les choses se sont gâtées quand elle a appris à faire du vélo. Elle est partie trop loin trop longtemps, si bien que les policiers l’ont ramenée à sa mère, morte d’inquiétude. Le sentiment de liberté éprouvé lors de cette petite fugue l’a enivrée, et depuis, elle ne cesse de prendre la route sous différents prétextes : les Salons du livre, les ateliers dans les écoles, les voyages en famille, le besoin de s’isoler pour écrire, etc. Elle a étudié en littérature à l’UQAM et publié quelques nouvelles, un livre de poésie (Histoires de foudre), un roman (Tout ce qui brille), un récit théâtral (La liste), des articles et des albums pour la jeunesse (Deux biscuits pour Sacha, Un secret pour Matisse, Miro et les canetons du lac Vert, Madame Zia). Elle a scénarisé des émissions pour le jeune public à la télévision de Radio-Canada (Les Chatouilles et Bouledogue Bazar) et fait jouer quelques-unes de ses pièces de théâtre. En 2004, elle a co-fondé, avec Martin Larocque, les Éditions de la Bagnole.*

**Extraits du site des Éditions VLB

Bonne lecture à tous et on se rejoint sur le groupe Facebook de l’événement En 2015, je lis un livre québécois par mois pour discuter de nos impressions !

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Blues nègres dans une chambre rose, Jennifer Tremblay

19,95 $, 179 pages, VLB Éditeur

ISBN : 978-2-89649-604-4

Les fausses couches

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Le quatrième de couverture de ce roman m’a intriguée au moment même où j’en ai pris conscience.  Récit d’enfance, autofiction et épisode particulièrement intense de La famille Addams, « count me in ».  Les fausses couches se lit rapidement, mais il faut le lire en prenant son temps. Prendre son temps non pas pour essayer de décortiquer l’histoire, mais plutôt pour en savourer les mots.

Will vit dans une famille de cinglés, c’est le moins qu’on puisse dire. Les fausses couches est une porte d’entrée dans cette dite famille chez qui rien ne tourne rond. Avec son premier roman, Steph Rivard nous transporte dans un monde où le langage est le plus important des personnages, où rien ne fait sens, où la folie règne en tant que matrice sur les oncles, tantes, cousines, frères et parents .

Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris, je ne suis même pas sûre d’avoir compris une seule chose si ce n’est que ce n’est pas important à l’appréciation de ce roman. L’important, c’est de se perdre et de s’immerger dans la même folie que celle de Catherine, la cousine de Will, que celle d’Edouard, le père de Catherine, de Solange, de Bernadette…. L’important, c’est de se laisser bercer par le langage .

Rivard nous berce dans une douce folie avec ses constructions langagières et ses personnages. On en vient à oublier tout ce qui semble ne pas tourner rond dans cette famille, on oublie presque les liens consanguins, l’isolement et l’absence. On se perd dans la naïveté du jeune Will, naïveté qui s’effrite au même rythme que la folie ravage.

Autant le langage est un personnage en soi, tous ceux qui vivent dans ce roman de Steph Rivard ne sont pas non plus à négliger. L’excentricité et la démence de chacun sont accentués dans tous les jeux de mots, dans le langage poétique de l’auteur autant que dans les mots d’enfance qu’il place en Will.

Et, pour reprendre les mots du quatrième de couverture, «c’est aussi une lettre d’amour à l’importance des liens familiaux, aussi désaxée cette famille soit-elle».

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