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La Vagabonde: un récit sur l’appel de la liberté

Lorsque je me suis mise à fouiner dans mes multiples bibliothèques à la recherche de ces fameux livres-achetés-mais-pas-encore-lus, je suis tombée sur La Vagabonde, une œuvre que j’avais appréciée il y a quelques années (le mot est beaucoup trop faible comparativement à l’impression qu’elle m’a laissée la première fois que j’en ai fait la lecture lors de mes études en littérature). Dans un cours qui portait essentiellement sur Colette, écrivaine que je ne connaissais pas à ce moment-là, je suis littéralement tombée en amour avec ses écrits. En plus de la qualité indéniable de sa plume, cette autrice, qui est devenue la première femme à présider l’Académie Goncourt, a su mettre sur papier, pour notre plus grand plaisir, sa vie à la fois mouvementée et inspirante. Cette femme qui refusait de suivre les conventions – et qui en choquait plus d’un ! – dégageait un besoin urgent de liberté. Je n’ai pu m’empêcher de relire ce court roman qui remonte à une autre époque et qui est pourtant si d’actualité. Replonger dans cette œuvre a été pour moi un pur bonheur!

Quand l’échec enlève tous repères

Depuis qu’elle est séparée de l’homme qui l’a trompée et humiliée pendant de nombreuses années, Renée Néré occupe un travail, celui de danseuse, mime et comédienne, pour survivre. Cette dernière nous fait ainsi entrer dans les coulisses du spectacle, un univers à la fois électrisant, puisqu’elle parvient non seulement à performer, mais aussi à séduire le public, et exigeant, voire exténuant ainsi que terriblement solitaire. Même si elle est libérée de cette union matrimoniale étouffante et qu’elle éprouve tout de même bien du plaisir à l’art de la scène, Renée nous apparait détruite et en crise d’identité :

« Ce qui reste de ma vie fait songer à un de ces puzzles en deux cent cinquante morceaux de bois biscornus et multicolores. » (p. 77)

Dans ce roman sur la quête de soi, nous suivons le parcours d’une femme qui cherche à définir ses désirs dans un monde patriarcal. Troublée par l’amour que lui porte Max, un spectateur, elle craint de se laisser aller, de revivre les mêmes souffrances, le piège de l’accaparement. Elle tergiverse alors entre renouer avec l’amour, mettant inévitablement son cœur à risque, et vivre de ses passions, suivant un mode de vie plus libertin en sachant qu’il s’accompagne de temps à autre d’un sentiment de solitude.

Pendant sa tournée, elle réfléchit à son avenir, désirant à tout prix renaître et se reconstruire, peut-être auprès de Max à son retour. Pendant ce temps, éloignés l’un de l’autre, Renée et Max correspondent. En renouvelant avec l’écrit, un geste perdu depuis son divorce, Renée s’évalue, se questionne et tente enfin de se retrouver.

De la nécessité de l’introspection

Le parcours de Renée sera initiatique puisqu’à la fin elle prendra une grande décision. Sa carrière artistique, ses réflexions sur son passé conjugal, son émerveillement devant de nouveaux paysages et ceux qui lui sont familiers et, finalement, son retour à l’écriture lui permettront de reprendre contact avec elle-même et d’orienter son choix.

Ce roman, une œuvre quasi biographique, nous laisse avec une douce envie d’émancipation et d’où nous ressortons avec une évidente solidarité envers le personnage de Renée. Ses réflexions ne sont guère désuètes et n’ont rien de surprenantes, tant elles sont bien réelles et si pertinentes aujourd’hui. Bien se connaître n’est pas une mince affaire! L’autrice a su rendre justice à ces pensées qui sont parfois hésitantes, incertaines, et qui, si nous leur portons enfin attention, peuvent nous en apprendre sur nous-mêmes. Je me suis reconnue sans grande difficulté dans cette volonté de trouver un équilibre de vie, de déterminer ce qui est désiré et ce qui est maintenant inacceptable pour soi. Pour elle, il semble primordial de s’écouter plutôt que d’avancer les yeux bandés, de faire ce qui est normalement demandé de nous. Colette est profondément féministe!

Les dessous du théâtre trouvent une place de choix dans ce roman et nous sont dépeints dans ce qu’il y a de bon et de mauvais. Connaissez-vous d’autres œuvres littéraires qui offrent un point de vue intéressant sur le milieu artistique?

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La meilleure des vies : de l’importance de l’échec

La meilleure des vies ne pouvait mieux tomber dans mon existence, à quelques semaines près de la fin de mon parcours académique. Je ne vous cacherai pas que j’ai d’abord été attirée par ce livre puisque j’y voyais le nom de J.K. Rowling sur la couverture, autrice de la fameuse série Harry Potter et à qui je dois de nombreuses journées de mon enfance étalée sur la pelouse à me perdre dans un monde magique et extraordinaire. Ici, il ne s’agit pas d’un roman, mais bien d’un discours que Rowling aurait prononcé en 2008 dans le cadre de la cérémonie des diplômes à Harvard. Dix ans plus tard, il a été traduit en français dans la plus grande des beautés.

Présentement en train de terminer ma maîtrise, un de mes plus grands rêves est enfin à ma portée : devenir bibliothécaire. Je suis si près du but. Toutefois, je ne sais plus où donner de la tête entre un stage palpitant mais non-rémunéré, un rapport à rédiger, un oral et des tonnes de travaux à accomplir pour enfin obtenir mon diplôme. Je vous épargne les détails, mais vous comprendrez que, si près du but, la motivation n’est parfois pas au rendez-vous. Ainsi, La meilleure des vies était tout ce qu’il me fallait pour retrouver le courage nécessaire afin de finir en beauté mes études.

Il s’agit, en fait, du discours que j’aurais voulu entendre au cours de ma scolarité. Inspirant et audacieux, le discours de Rowling somme ses auditeurs à ne pas avoir peur de l’échec. Parce qu’en quelque part, nous dit la célèbre romancière, l’échec est inévitable. Elle est consciente qu’elle s’adresse à l’élite de l’élite (de jeunes étudiants de Harvard qui ont relativement plusieurs privilèges), mais pour elle, cela n’a aucune importance : l’échec fera toujours partie de nos vies peu importe notre situation. Et l’échec est bon. Comme dit Rowling, l’échec est loin d’être une expérience merveilleuse qu’il faut glorifier à tout prix, mais il s’agit plutôt d’un passage qui nous permet de nous remettre les deux pieds sur terre. Toucher le fond nous permet, en quelque sorte, de voir plus clair.

« Pourquoi, alors, vous parler des bienfaits de l’échec? Tout simplement parce qu’il vous permet de vous dépouiller de tout ce qui n’est pas essentiel. J’ai abandonné toutes les prétentions qui m’éloignaient de moi-même, et j’ai commencé à consacrer toute mon énergie au seul projet qui me tenait véritablement à cœur. Si j’avais connu le succès, dans tel ou tel domaine, je n’aurais peut-être jamais trouvé la détermination nécessaire pour réussir dans la seule arène où j’étais persuadée d’avoir ma place. »

On comprend évidemment que le « seul projet qui lui tenait véritablement à cœur » est cette saga qui s’est vendue à plus de 450 millions d’exemplaires, qui a fait rêver des générations entières et qui enivrent, encore maintenant, des millions de jeunes et de moins jeunes à travers le monde. L’échec, ce mot qui lui faisait tellement peur, confie l’autrice, elle l’a vécu et pourtant c’est cet échec qui lui a permis d’atteindre des sommets.

Son message est tout simplement de ne pas baisser les bras si on tombe, si on se fait dire «non» à de nombreuses reprises, si la vie ne va pas vraiment comme on l’aurait souhaité, si notre cœur est brisé ou qu’il ne nous reste qu’un petit dollar dans notre compte en banque. Il ne faut pas avoir peur de l’échec.

Un livre d’une soixantaine de pages qui se lit d’une traite et qui nous revigore d’énergie pour attaquer la vie malgré ses embâcles. La persévérance est la clé et ces mots d’espoir ont d’autant plus d’aplomb lorsqu’ils sont proférés par cette écrivaine grandiose qui a marqué l’imaginaire de millions d’enfants à travers le monde.

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Alice marche sur Fabrice: une résilience de fer

J’ai reçu Alice marche sur Fabrice pour mon anniversaire. Je me suis dit que pour mes 23 ans, il n’y a rien comme un livre de chez Les éditions de ta mère pour plaire. Ce qui m’attirait de l’histoire, c’était la sensation de vivre quelque chose de nouveau à travers un personnage qui pourrait me ressembler. Si le personnage d’Alice était réel, on serait probablement des amies. Alice marche sur Fabrice raconte l’histoire d’Alice qui décider de marcher Compostelle en laissant derrière elle toute sa vie. Son but, il est simple: oublier Fabrice et étaler ce qui reste de lui sur des kilomètres de route en Europe. Il n’y a rien comme une peine d’amour pour nous ramener dans le présent et oublier le futur. Ce qu’Alice tente de faire dans ce roman savamment écrit par Rosalie Roy-Boucher, c’est d’oublier le passé.

Pas une réinvention de soi

« Alice marche sur le chemin de Compostelle pour oublier Fabrice, et elle se sacre du reste. La beauté des champs de tournesols, les villages abandonnés, les retraités sympathiques, les illuminations chrétiennes et les petits chiens curieux, bof. Alice marche. C’est pour ça qu’elle est venue. Du moins, c’est ce qu’elle pense. »

Si le résumé laisse sentir un roman qui plonge dans la réinvention de soi, et bien ce n’est pas du tout le cas. Le personnage ne veut pas grandir, ne veut pas changer, il veut juste oublier. Marcher pour sentir moins la douleur dans la tête et plus aux pieds. Marcher non pas pour donner un nouveau sens à sa vie, mais pour donner une nouvelle direction, un nouvel objectif.

Le passé lointain est acceptable

Alice marche et pense aux décès qui ont teinté sa vie, que ce soit ceux de ses grands-parents ou celui de Gerry Boulet; c’est le seul passé auquel il est acceptable de réfléchir. Le roman met l’accent sur le présent et sur la rage du personnage. Contrairement en ce que j’en avais comme image, Compostelle est décrit avec justesse et vérité, ce n’est pas le portrait cliché que j’avais en tête qui est détaillé. La description qu’en fait l’autrice donne le goût d’y être. Le personnage ne va pas là pour créer des amitiés ou passer tous les rites de passages du pèlerinage; Alice se mêle à la foule seulement lorsque nécessaire et seulement quand l’humeur le veut bien.

Bien que le personnage d’Alice reflète une jeune femme brisée, ne croyant plus en l’amour, c’est un personnage adorable que l’on découvre à travers le pas assez de pages de ce roman. Elle partage la route avec quelques autres pèlerin.es et laisse sa carapace se briser lentement. Elle découvrira qu’elle n’est pas seule à vouloir oublier le pire.

Une délicate résilience

Si la résilience est le thème principal du roman, Alice affrontera ses démons avec sévérité, mais son avenir avec délicatesse. Comme le disent les pèlerin.es, « Ultreïa » (Aide-nous, Dieu, à aller toujours plus loin et toujours plus haut) qui permet d’aller chercher la force pour continuer le chemin littéralement et pouvoir continuer d’avancer à travers la vie et laisser tous maux derrière soi, comme la route qu’on abandonne. Si Alice ne se réinvente pas, elle sue probablement son malheur et se dirige vers un semblant d’espoir.

Photo: Sarah Krug

Ce livre est une petite merveille qui plaira à celle ou celui qui cherche à aller de l’avant, qui ne sait pas comment s’y prendre, mais qui est prêt à essayer. C’est un livre ou prendre son courage à deux mains signifie enfiler une paire de bottes de marche et continuer d’avancer.

Avez-vous un livre qui vous donne toujours l’envie d’avancer à travers les embûches de la vie ?

Merci à Camille Beauchamp et Sarah Krug pour les belles photos.

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Frappe-toi le coeur, le coup de génie d’Amélie Nothomb

Les mots d’Amélie Nothomb ont parsemé mon parcours scolaire depuis le secondaire. Parmi ses dizaines de titres parus depuis plus de 25 ans, Mercure (1998) est le premier Nothomb qui m’avait vraiment accrochée. En sortant de ma transe, 200 pages plus tard, je sentais bel et bien que j’avais appris quelque chose de cette histoire. Son approche de la narration proche du conte et ses réflexions générales m’ont beaucoup rejointe. Mes états d’âme en lisant Mercure sont encore très précis, même si cela fait des années de ça. Peut-être est-ce à cause du format court ou des personnages très proches de ceux des contes pour enfants. Ça rassure, on veut savoir la fin même s’il faudrait dormir au lieu de continuer à lire. C’est l’effet Nothomb.

Je n’ai pas cherché à lire d’autres romans de cet autrice jusqu’à ce que je fasse un trajet de cinq heures en avion avec une amie. On revenait à Montréal et les heures s’annonçaient longues, car j’avais lu tous les livres que j’avais apportés et dont j’avais envie à ce moment-là. Mon amie avait terminé au cours de notre séjour Frappe-toi le coeur, sorti en 2017, et me l’a passé pour le trajet. L’effet Nothomb s’est encore produit et je n’ai pas passé tout le voyage à regarder au hublot. J’ai reposé le livre après quelques heures et je me sentais, comme à ma lecture de  Mercure, tout aussi époustouflée.

« Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie. »

Cette citation d’Alfred de Musset est la trame de fond de tout le roman, le point de départ. C’est l’unique phrase de la quatrième de couverture. Elle sera décortiquée et interprétée de toutes les manières possibles durant notre lecture sur une relation de jalousie entre une mère et sa fille. Marie, une femme reconnue pour sa beauté et mère de trois enfants, est maladivement jalouse de son aînée, Diane, encore plus belle et intelligente qu’elle. On suit Diane, qui essaye tant bien que mal de se faire aimer de sa propre mère, qui la déteste sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi. C’est une histoire simple mais lugubre, on est dérangé par cette jalousie maladive de la mère et on veut qu’elle cesse. Et comme cette autrice sait si bien le faire, la finale de ce roman est toute aussi surprenante que le thème abordé. Je dirais même que je n’ai pas vu ce dénouement arriver au fil du roman; tout se met en place en moins de quelques phrases. J’ai fixé les dernières pages un instant et je me suis empressée de me retourner vers le siège de mon amie, car il fallait absolument que je discute de ce que cette autrice avait crée en moi. 

Après cette lecture, je me suis dépêchée de trouver un autre de ses romans à dévorer au plus vite. Je veux revivre l’effet Nothomb, encore et encore.

Je vous invite à aller voir les articles d’Anne-Marie Shink (Pourquoi revenir à Amélie Nothomb) et de Rosemarie Savignac (Champagne, volubilité et authenticité: rencontre littéraire avec Amélie Nothomb) qui portent aussi sur l’oeuvre de cette grande dame.

Et vous, quel est votre roman préféré d’Amélie Nothomb?

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Comment le gars derrière Silent Bob est devenu mon modèle

Il y a ces livres qu’on entame juste pour le plaisir et qui, sans prévenir, nous foudroient. Je n’aurais jamais pensé un jour publier une chronique littéraire sur Kevin Smith. Mais quand je tombe sur une lecture aussi inspirante et apaisante que Tough Sh*t, je ne peux faire autrement que d’en parler à tout le monde!

Quand j’étais ado, j’adorais le duo Jay and Silent Bob pour leur personnalité désinvolte. À l’époque, je ne savais même pas que le gars qui incarne Bob était aussi celui qui écrivait ces films (je l’ai appris beaucoup plus tard, en écoutant Degrassi!). Étrangement, c’est avec le film Tusk que j’ai commencé à m’intéresser particulièrement à ce réalisateur.

Après avoir visionné ce film, je désirais en savoir plus, donc j’ai fait jouer toutes les entrevues en bonus DVD. J’ai écouté Kevin Smith qui parlait de cinéma et d’écriture. J’ai accroché à ses propos. J’en demandais encore. J’ai longtemps hésité à me procurer Tough Sh*t puisqu’il était disponible seulement en anglais. Au final, c’était mieux comme ça; une traduction en français aurait été moins percutante.

Entre l’autobiographie et les conseils de vie

Avec son humour corrosif, Kevin Smith nous raconte les moments marquants de sa vie. À travers ses échecs et ses réussites, il a réussi à me faire rire, me choquer et même me tirer une larme. Son talent de raconteur se transmet à merveille sur papier et on ressent ses émotions comme s’il nous parlait en face.

Il partage avec nous ses débuts dans le cinéma, la mort de son père et les anecdotes qui ont forgé le Kevin Smith que nous connaissons. J’ai corné plusieurs coins de pages afin de retrouver facilement mes passages préférés. Mais il est difficile de vous citer quelques lignes hors contexte (et du contexte, Dieu sait qu’il y en a quand c’est Kevin Smith qui raconte!).

Le hockey canadien comme philosophie de vie

Grâce à un documentaire sur le hockey canadien, il a fait la découverte d’un joueur qui deviendrait son inspiration: Wayne Gretzky. Le numéro 99 lui a appris trois choses:

  1. Sur la glace, Gretzky n’avait pas besoin de scorer chaque fois qu’il en avait l’occasion; parfois, il préférait faire une passe pour permettre à un coéquipier de se démarquer.
  2. Il ne courait pas après la rondelle; il anticipait où elle se trouverait et s’arrangeait pour y être.
  3. Même les meilleurs raccrochent leurs patins. Il faut profiter de chaque instant et accepter que les choses changent.

Mais ce sont surtout ces paroles du grand hockeyeur qui ont mené Kevin Smith à tenter un de ses projets les plus audacieux: « You miss a hundred percent of the shots you never take. »

Red State ou défier la norme

Ses apprentissages sur l’univers du hockey ont mené Kevin Smith à écrire et réaliser Red State. Les trois chapitres qui racontent l’histoire derrière ce film controversé ont marqué mon esprit! J’étais en admiration devant son audace dans la gestion de Red State. Il a brisé les règles et fait un pied de nez au monde du cinéma ainsi qu’aux critiques. Il m’a dit que c’est possible de répondre à mes aspirations de jeunesse en débarquant du moule. En faisant ce qui me passionne sans me préoccuper du jugement des autres.

C’est là qu’il est devenu mon modèle.

« So here’s the tough shit: Security, normalcy, convenience, protection, and identity are opiates you’ve gotta wean yourself off before you can be an individual. You can’t stand out if you’re blending in. » p.148

Même si ce livre est paru en 2013, Tough Sh*t demeure quand même actuel. Mon seul regret: ne pas l’avoir lu avant. Je le recommande aux artistes et geeks du cinéma, si vous comprenez bien l’anglais et que vous aimez l’humour cru! C’est une véritable bible d’histoires et de conseils à l’intention des auteurs et créateurs.

En gros, ce qu’il nous dit, c’est d’être soi-même, faire ce qu’on aime, et ce, à notre façon ! Même si ce sont des concepts clichés, il nous amène à comprendre comment on peut les mettre en application dans nos vies.

Je ne sais pas si c’était son intention au départ. Je pense qu’il aime simplement raconter. Mais son monologue a un je-ne-sais-quoi de magique, qui rend le contenu réel. Le vrai message qu’il transmet c’est « Bouge ton cul et fais-le! »

Y a-t-il déjà eu un auteur qui, par son adresse à raconter, vous a incité à passer à l’action?

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Le coeur du village et l’essence des villageois

Je crois que c’est la lecture de Paul à la pêche qui m’a donné envie de lire des bandes-dessinées. Je n’ai jamais été une grande amatrice de ce genre d’ouvrages, mais j’ai récemment eu envie de découvrir des albums conçus spécialement pour un public plus âgé. Je me suis donc tournée vers la série Magasin général, comportant neuf bandes-dessinées historiques se déroulant au Québec. J’ai commencé par lire deux tomes, afin de découvrir cette série qui a beaucoup fait parler d’elle.

Complémentarité de plusieurs artistes

D’abord, j’ai bien aimé que le concept soit brièvement présenté au début de l’album. Les auteurs, Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, sont deux artistes français qui avaient déjà des carrières solo fleurissantes lorsqu’ils ont décidé de s’associer pour ce projet. C’est leur complémentarité qui les a poussés à travailler conjointement sous le nom de Loisel et Tripp. Une troisième personne est venue compléter l’équation, il s’agit de Jimmy Beaulieu. Celui-ci était indispensable afin de représenter convenablement les expressions particulières du peuple québécois au début du XXe siècle. Les deux auteurs et dessinateurs étant français, il aurait été difficile pour eux de rendre un juste portrait du parler québécois d’antan sans l’aide de quelqu’un.

Petit train-train quotidien

J’ai été surprise lorsque j’ai terminé le premier tome. Je l’ai lu d’une traite, mais ce n’est certainement pas parce que le suspense était insoutenable. La bande-dessinée offre plutôt un aperçu de la vie des habitants d’un petit village québécois vers 1920. Leur quotidien et les choses qui viennent le bouleverser sont le centre de cette série. La grande intrigue s’étendant sur les neuf tomes, le premier est surtout un prologue présentant les principaux personnages et leurs habitudes. Cependant, les choses s’accélèrent un peu plus à l’intérieur du deuxième.

L’histoire du Québec vue de l’extérieur

J’ai vraiment aimé l’idée que ces bandes-dessinées aux personnages québécois ont été réalisées par des Français pour des Français et des Belges à la base. Pour les Européens, cette série de bandes-dessinées est certainement une source originale fournissant des informations  véridiques et variées concernant le mode de vie du peuple québécois au début des années 1900. En lisant, je réfléchissais à cette idée, et j’étais satisfaite de l’image des Québécois reflétée par Magasin général.

Marie et les autres habitants de la paroisse de Notre-Dame-des-Lacs sont présentés comme étant des gens simples et travaillants. Les villageois sont toujours présents pour aider les familles voisines qui ont besoin d’un coup de mains, mais sont aussi toujours prêts à commérer sur le perron de l’église. Les célèbres patois québécois sont également bien présents, mais sans exagération.

Mes personnages secondaires favoris

J’ai beaucoup aimé les personnages présentés dans les deux premiers tomes. Marie et Serge sont les principaux, mais pas nécessairement les plus intéressants, selon moi. J’ai particulièrement aimé certains personnages ayant des rôles secondaires et participant à des intrigues qui sont également secondaires.

Par exemple, j’ai aimé voir le nouveau curé se lier d’une belle amitié avec Noël, l’homme le moins croyant de la paroisse. Leurs intérêts communs dépassent leurs différends, et cela amoindrit l’image de la religion catholique qui pouvait influer assez directement les actions des croyants, à l’époque. Sinon, j’ai eu un coup de cœur pour Gaëtan Payette, ou plutôt pour la façon dont les gens agissent avec lui. Gaëtan a un handicap mental, et la façon dont il est inclus dans la vie du village est touchante. Personne n’a la moindre miette de jugement pour lui, et chacun lui trouve des occupations utiles et adaptées à ses capacités.

Fins détails

En terminant, les bandes-dessinées amènent un deuxième volet à la lecture. Il y a bien sûr les dialogues et l’avancement de l’intrigue, mais également les illustrations. Impossible de passer sous silence la qualité des dessins de ces albums. J’ai remarqué une belle différence entre les illustrations de ces bandes-dessinées et celles que je lisais lorsque j’étais enfant. D’abord, les couleurs sont moins pimpantes, mais représentent mieux les paysages de campagne dans lesquels l’action prend place. Les dessins sont également plus détaillés et réalistes. J’ai aimé prendre le temps de m’attarder sur ceux-ci pour apprécier les petits détails, tels que les vêtements légèrement défraîchis des paysannes et les mains noueuses des hommes travaillant la terre.

Globalement, j’ai bien aimé la lecture de ces deux albums et je retournerai certainement piger dans la section bandes-dessinées de la bibliothèque de ma ville. J’ai l’habitude de m’en tenir aux romans, mais cela fait du bien d’élargir mes horizons. Lisez-vous toujours des romans, ou sortez-vous des sentiers battus plus facilement que moi?

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Une autrice et son oeuvre : Vickie Gendreau

Vickie Gendreau est une romancière québécoise née en 1989, et décédée à 24 ans d’une tumeur au cerveau. Connue dans le milieu de la poésie au Québec, elle a publié deux romans à saveur autofictionnelle : le premier est paru juste avant son décès, et le deuxième de manière posthume.

C’est que la maladie a frappé rapidement, et à l’improviste : Vickie Gendreau, 23 ans, débordante d’énergie, vivait sans retenue quand le diagnostic est tombé. C’est alors que l’urgence d’écrire s’est imposée, car elle considérait que c’était la seule manière de rassembler les méandres de sa vie pour leur donner un sens. Onze mois plus tard, elle s’éteignait. L’écriture aura été pour elle une bouée qui lui permettait de s’accrocher, de respirer. Et surtout, elle était pour elle la seule trace de son passage sur terre.

Testament (2013)

Testament, sa première publication, s’impose donc comme un legs. L’écriture, inspirée notamment de celle de Virginia Woolf, se fragmente entre la voix moqueuse de l’autrice et celles de ses amis qui réagissent à sa mort. Vickie Gendreau a voulu la mettre en scène, imaginer l’impact qu’elle aurait sur ses proches. « La vie est vulgaire et puis elle continue », écrit-elle. C’est cette idée que les drames arrivent tels de petits séismes oubliés sitôt leur passage qui la travaille ; elle aurait voulu être mémorable, mais elle sait que la vie continuera sans elle. Cette théâtralisation de sa mort se voulait aussi une tentative de la rendre plus palpable et de vaincre ses craintes. Le ton cru, presque brutal, que l’écrivaine prend pour décrire la dureté de sa vie, de sa souffrance a quelque chose de libérateur, puisqu’elle regarde les choses en face et les nomme comme elles sont. Ses réflexions sur sa maladie, ses souvenirs, la mort et les relations sociales ne sont pas construites avec cynisme ou noirceur, mais plutôt avec un humour rempli d’autodérision et d’un puissant désir de vivre que l’on sent vibrer à travers les pages de son œuvre.

«La reine est morte. Elle était si trash, si pétillante, si explosive, tellement de sa génération. François Villon en smoking, en boîtier avec thèmes deletés. L’amour, ne jamais en parler assez, juste parler de ça. Marie Uguay en tutu. Je sais que nous l’avons aimée. Ses amis, sa mère et moi. Si nue, si réelle, princesse de rien.»

Drama Queens (2014)

Tandis qu’elle rédigeait Testament, Vickie Gendreau prévoyait déjà la publication d’une deuxième œuvre, Drama Queens, comme un prolongement de son premier texte. Suivant donc le même fil rouge, ce deuxième livre s’intéresse à la trace de soi qu’on laisse à autrui. La réflexion se dessine cette fois-ci à travers la peinture et l’incarnation de notre époque à travers la vie quotidienne du personnage de Victoria Love. La narration y est toujours plus fragmentée, sa structure reflétant celle des réseaux sociaux, où chacun bombarde les autres d’images et de représentations de soi, et où l’on vacille sans cesse entre imaginaire et réel. Ainsi l’écriture de l’autrice apparaît-elle comme une danse étroite entre le vrai et la fiction, où le lecteur perd peu à peu tous ses repères. Ce tourbillon est aussi dû au constant changement entre les genres, le texte incluant à la fois de la narration, des scénarios cinématographiques et de la poésie. Par cette expérimentation audacieuse, Drama Queens témoigne encore plus que son prédécesseur du génie créateur et de l’habileté technique de leur autrice.

Drama Queens est écrit précipitamment, dans les derniers essoufflements d’une course contre la montre vouée à l’échec. Cela se ressent davantage dans la deuxième partie du roman, qui est guidée par une pulsion de mort : il faut tuer le roman, tuer la maladie et la mort elle-même. Mais ce rapport à la mort est ambivalent, car le désir de vivre de l’autrice s’y fait toujours sentir, ainsi que son refus de partir et sa volonté d’écrire toujours plus et de tout nous balancer à la figure ce qu’elle n’aura jamais le temps d’exprimer. Elle n’aura d’ailleurs pas le temps de terminer cette œuvre, et c’est son ami Mathieu Arsenault qui l’aidera à la parachever.

« J’ai décidé que j’allais vivre dix ans et que j’allais écrire dix livres. Pour les dix ans, fail. Mais rien ne m’empêche d’écrire dix livres. »

Vickie Gendreau ne fait pas dans la narration linéaire, ce qui peut rendre sa lecture laborieuse, surtout pour les lecteurs qui n’ont pas l’habitude des jeux de superposition et de collages dans l’écriture. Ce fut mon cas, mais si mon expérience de lecture n’a pas été agréable en tant que telle, elle n’en demeure pas moins marquante et ceci justement parce qu’elle était déstabilisante. L’autrice a surtout imprimé sa forme dans mon esprit, celle d’une inspiration en tant qu’écrivaine, par son rapport absolu à l’écriture et la littérature. Durant mes recherches pour ce billet, je suis d’ailleurs tombée sur ses réponses au questionnaire Laferrière, et la première m’a particulièrement marquée : si elle se retrouvait à la place d’Alice, elle ne resterait de l’autre côté du miroir que si elle était certaine d’y trouver un éditeur pour la publier.

Vickie Gendreau possédait une voix vibrante à l’image de la vie, à la fois fragile et brutale, imprécise mais perçante. Une voix qui n’a pas eu le temps de livrer tout son potentiel, mais qui est loin de s’être éteinte. Elle reste avec nous ; sa place parmi les auteurs du Québec est taillée dans le marbre.

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L’univers d’Emily Dickinson : un monde fait de villes de papier

Les villes de papier n’est pas un livre ordinaire. Il s’agit d’une œuvre unique arrivée à la fin de l’été tel un vent de fraîcheur salutaire. Dominique Fortier, autrice et traductrice québécoise, nous offre ici une fenêtre unique sur l’univers de la poète américaine Emily Dickinson.

Tomber sous le charme

Lorsque j’ai vu passer l’annonce de la parution du livre Les villes de papier, j’ai été accrochée par la page couverture arborant des fleurs séchées identifiées avec minutie. Moi qui plaçais régulièrement, étant enfant, des violettes à sécher entre les pages des dictionnaires, ce rituel attira mon attention. Un extrait de l’œuvre, les premières lignes en réalité, nous était offert au-dessus de l’image.

« Emily est une ville toute de bois blanc nichée au milieu de prairies de trèfle et d’avoine. Les maisons carrées y ont des toits en pente, des volets bleus qu’on ferme à l’approche du soir et des cheminées par lesquelles il arrive que s’engouffre un oiseau qui volera, éperdu, les ailes pleines de suie, par toutes les chambres. Plutôt que de tenter de le chasser, on l’adoptera pour apprendre son chant. » p.9

J’étais subjuguée par la beauté de ces mots et j’avais soif de découvrir la suite. Je ne savais même pas de quoi parlait le livre, mais je sentais que ça me plairait énormément. Et j’ai vu juste.

Le monde d’Emily

C’est avec une plume délicate empreinte de fantaisie que Dominique Fortier raconte l’histoire d’Emily Dickinson, femme de lettres ayant vécu dans la petite ville d’Amherst au Massachusetts au milieu du 19e siècle. On suit Emily – dès sa plus tendre enfance – qui discute avec les oiseaux ou qui se passionne pour la flore qui compose le jardin familial. On l’accompagne durant son année au séminaire, où elle n’a aucun espoir d’accueillir le Seigneur dans sa vie et dans son cœur. On découvre les différentes plantes qui seront mises à sécher dans l’encyclopédie Britannica. Puis, on entre dans le monde solitaire de la jeune adulte qu’Emily est devenue, sa répulsion envers l’amour, son étrange relation avec la maison familiale qu’elle ne quittera plus à partir de l’âge de 25 ans.

« En rentrant […] elle songe que, de tous les membres de sa famille, celui qu’elle préfère, c’est peut-être bien la maison. » p.23

Mais on découvre surtout ce qui a forgé son univers et ce qui l’a poussée à composer des poèmes sur de minuscules bouts de papiers glanés à des sacs de farine, de chocolat ou de poivre, au gré de l’inspiration. On se laisse bercer et entraîner par la douce poésie du quotidien d’Emily. On veut à tout prix feuilleter l’herbier que la poète a réalisé durant son adolescence et qui est précieusement gardé à la Houghton Library de l’Université d’Harvard (il est d’ailleurs possible d’en admirer la version numérique juste ici).

La ville de papier d’Emily

Le judicieux choix du titre, Les villes de papier, représente parfaitement l’univers d’Emily. Une ville de papier est en fait une ville fictive ajoutée, à l’époque, sur un plan par ses artisans afin de déceler d’éventuels fraudeurs désirant recopier leur travail. Ainsi, si la ville de papier apparaissait sur d’autres plans, la preuve de plagiat était évidente. Après avoir appris cela de son frère, la jeune Emily, questionnée par ses camarades de séminaire à savoir ce qu’elle fera quand elle sera grande, aurait déclaré : «Je vivrai à Linden». Il s’agissait en fait une ville de papier.

Rendre hommage à la poésie d’Emily

Comment ne pas tomber sous le charme de cette poésie que l’autrice a saupoudrée un peu partout sur son œuvre? Dominique Fortier réussit à merveille à la faire transparaître à travers son récit. On sent vraiment sa volonté de célébrer la beauté des mots d’Emily Dickinson. Il y a certes une part inventée dans le récit qu’elle nous offre, mais Dominique Fortier relève avec brio le défi d’entrelacer ce qui est vrai et ce qui est le fruit de son imagination.

« Le monde est noir et la chambre est blanche. Ce sont les poèmes qui l’éclairent. » p.136

La relecture du livre est d’autant plus agréable pour en déceler de nouvelles subtilités. On apprécie aussi que l’autrice ait parsemé le récit d’anecdotes de sa propre expérience, reliée à la trame de la vie d’Emily, comme leur rapport respectif au temps, à la notion de maison (home), à la solitude, etc.

En résumé, c’est un livre doux-amer qu’on veut garder près de soi et en lire un chapitre au hasard quand l’envie nous prend.

Et vous, est-ce que la vie de personnages qui ont fait l’Histoire pique votre curiosité?

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8 livres à dévorer «on the road »

Ça fait des années que je n’ai pas pris de longues vacances, et cette année, ça y est! Trois semaines pour bien décrocher, pour faire le plein. J’en suis ébaubie! Je me suis donc attelée à mon souhait le plus cher : faire un roadtrip. Rien de mieux, après avoir avalé du bitume, qu’une bonne baignade et un temps de lecture près de la mer, qu’en pensez-vous? Pour ce faire, je me suis concoctée une liste de livres que je n’ai jamais lus encore! Oui oui, jamais lus! Vous ne le croirez même pas!

Des parfaites lectures pour un roadtrip automnal! Munissez-vous d’une bonne lampe de poche, et d’une douce couverture! Always be ready! N.B.: je ne vous suggérerai pas Jack Kérouac, On the road, ci-bas, mais soyez bien à l’aise de l’ajouter!


Comment Pourquoi de Suzanne Jacob

À l’université, j’avais dévoré Bulles d’encre de cette même écrivaine québécoise née à Amos. Cet essai sur l’écriture, sorti en 2002, m’a été donné par une amie écrivaine. Je n’ai pas eu le temps de m’y mettre, la routine, le travail, vous savez ce que c’est! Sachez qu’il faut toujours voyager avec un cahier. « Il faut faire ce choix : celui de passer à la lenteur rebutante de l’acte d’écrire. »

Comme la vie résonne, Hélène Dorion

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J’ai, depuis quelque temps déjà, une affection particulière pour Hélène Dorion. Je trouve sa perspicacité de l’humain à la fois désarmante et réconfortante. Ce livre est le dernier à avoir paru. Petit plus pour le graphisme particulièrement rafraîchissant.

Volkwagen Blues, Jacques Poulin

J’ai tellement entendu parler de cet incontournable de la littérature québécoise. Différentes personnes, de différents milieux, et dans différents états. Tous ne m’en ont dit que du bien. J’ai déjà hâte d’en faire le constat par moi-même.

Le monde de Garp, John Irving,

IMG_0149Adolescente, mon professeur de philo m’avait conseillé des auteurs à lire : Beauvoir, Sarte, Vercors, vous voyez le genre? Mais se trouvait, au sein de cette liste d’Européens, John Irving. Cet écrivain et son univers m’ont rapidement intriguée par sa démesure, sa marginalité quasi burlesque en faisant la lecture de L’hôtel New Hampshire. J’ai donc très hâte de lire Le monde de Garp et de me retrouver dans une réalité déconcertante.

Brooklyn Folies, Paul Auster

Ça fait longtemps que je lis Paul Auster, sans savoir si je l’apprécie réellement. Je n’ai pas complété la trilogie New-Yorkaise et compte réessayer. Je vais tenter d’avoir bien entamé la lecture en arrivant dans la Grosse Pomme.

Le vieil homme et la mer, Ernest Hemmingway

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Un court roman du célèbre auteur américain.  J’avais déjà été plongée dans cet univers lors d’une visite de touriste à Cuba. Un incontournable à découvrir!

Oeuvres à me procurer aux États-Unis

Émily Dickinson

J’ai toujours été très intriguée par cette femme née à la même date que moi. Plus qu’intriguée, légèrement intimidée. Quelle mystérieuse écrivaine qui peut être rejointe que par son oeuvre! Je lis trop rarement en anglais, mais pour elle, certes!

Stephen King

Croyez-le ou pas, je n’ai jamais lu de Stephen King. En lisant sa bio, on fait état de sa marginalité à ses débuts dans le milieu littéraire ; l’horreur et la science-fiction étant considérée comme des sous-genres. J’ai envie de dire « coupable! » Il n’est jamais trop tard pour découvrir de nouvelles choses, d’autant plus que j’adore Edgar Allan Poe, principale influence de cet écrivain vedette.

Avez-vous des suggestions d’autrices ou d’auteurs de l’Amérique. Me manque-t-il quelques auteurs contemporains, trouvez-vous? Quelqu’un veut me laisser ses suggestions?

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Dans la tête d’Annabelle

Annabelle est une ado comme les autres : elle a sa meilleure amie depuis toujours, se découvre une passion pour la danse hip-hop, obéit à ses parents même si ça ne fait pas toujours son affaire et surtout, elle cherche à plaire à tout le monde. Comportement typique, on est tou.te.s passé.e.s par là, n’est-ce pas?

Plaire à tout prix

Quand Éric, le plus beau gars de l’école, commence à s’intéresser à elle, Annabelle est prête à tout pour lui plaire, même si cela implique de ne pas écouter les conseils de son amie de toujours, Léa. Pour attirer l’attention du beaaauuu Ériiiiic, Annabelle ira même jusqu’à changer sa personnalité, s’acheter de la lingerie et aller dans un party où les jeunes boivent de l’alcool et fument des joints.

Quand elle réalisera qu’Éric s’est servie d’elle, elle tentera tout de même de l’excuser. Il ne l’a pas fait exprès, ce n’était pas son intention. Le personnage d’Annabelle vit un cheminement difficile au pays de l’acceptation de soi et l’autrice de ce récit nous guide d’une très belle façon dans ce passage obligé de l’adolescence.

Dans la tête d’une ado

Avec le roman Annabelle, Stéphanie Deslauriers nous permet d’entrer dans la tête du personnage principal, qui est également la narratrice, et d’observer son comportement de l’extérieur tout en comprenant les raisons qui l’incitent à prendre ses décisions. On peut à la fois être en désaccord avec ses actions, tout en prenant conscience que, pour elle, c’est la seule piste logique. Un excellent travail de compréhension de la psychologie du personnage.

Je connaissais Deslauriers parce qu’elle a participé à l’événement de lancement des coffrets littéraires Le fil rouge en 2016, et je l’avais trouvée ultra sympathique et inspirante, mais je n’avais jamais lu ses romans. J’ai adoré ma lecture d’Annabelle, les réactions des différents personnages, autant les jeunes que les adultes, sont réalistes et bien amenées. Son travail de psycho-éducatrice influence évidemment ses textes, c’est probablement ce qui les rend si vrais.

Le fil rouge tient à remercier Guy Saint-Jean Éditeur pour le service de presse.