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Mathieu Villeneuve et sa folie du Nord

Dans Borealium tremens, histoires de fond de rang, alcoolisme et prophétie se mélangent pour créer une épopée plus grande que nature… Le premier roman de Matthieu Villeneuve nous transporte dans un Saguenay-Lac-Saint-Jean démesuré, un royaume à cheval entre le réel et l’imaginaire. J’ai plongé la tête première dans cet univers, emportée par la beauté des mots. Il en ressort une sorte de poésie douce-amère. L’histoire est celle de David qui, après une errance de plusieurs années dans l’Ouest, décide de s’installer dans un rang perdu du Lac-Saint-Jean pour retourner aux sources et écrire un roman. Ayant reçu une maison abandonnée en héritage, il se met en tête de la rénover et cultiver ses terres. Or peu à peu, l’alcoolisme et les fantômes ont raison de lui et on assiste à sa lente descente vers la folie. Les lieux « Dans le lac ancien, souvenance du glacier qui recouvrait tout le continent, même le vent restait inaudible. La tourbière est une bête préhistorique endormie qui agonise depuis des millénaires. » — Borealium tremens, p.138 Les lieux parfois fabuleux jouent un …

Club de lecture : Homo sapienne

Mardi soir, 23 janvier, café La graine Brulée  À l’hiver, notre groupe du mardi est petit, nous sommes cinq. Nous savions que ça allait créer une dynamique bien différente de nos autres groupes dans lesquels nous sommes parfois jusqu’à 12 participantes. Nous ne savions pas exactement quelle ambiance un aussi petit groupe allait créer, nous espérions avoir plus de temps pour élaborer, élaguer, partager et c’est exactement ce qui est arrivé. Il faut dire que la session a commencé en force avec Homo sapienne de Niviaq Korneliussen. Alors, qu’en avez-vous pensé ?  C’est d’une voix presque à l’unisson qu’on s’entend dire que nous avons toutes aimé. Du récit au style en passant par l’indéniable talent de l’auteure, ce fut une magnifique lecture pour toutes. On ne pouvait commencer autrement qu’en abordant la préface. C’est plutôt rare qu’un roman ait une si pertinente préface qui est parfaitement adapté et d’actualité. Elle a piqué la curiosité des participantes, « ça mets bien la table » dit l’une d’entre elles. Dans le cœur du sujet  On plonge vite dans …

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Homo Sapienne: du territoire intérieur

Le Groenland. Lorsque j’entends son nom, je pense à l’immensité brute de ce territoire, à sa blancheur, à son opacité. Ce n’est pourtant pas ce qu’aborde Niviaq Korneliussen, jeune auteure groenlandaise, dans son premier roman, Homo Sapienne. Depuis sa parution originale en 2014, ce livre a fait couler tellement d’encre, que je me suis longuement demandé « pourquoi diable ai-je choisi d’en parler pour mon premier article au Fil Rouge?». Au cœur de mon doute, toutefois, subsiste quelque chose qui me rattache aux personnages peuplant les (trop courtes) 213 pages du roman: l’importance de la subjectivité, et le discours intérieur comme réalité première. De l’enfermement Homo Sapienne est un de ces livres qu’on entame, la tête pleine d’attentes bâties par toutes les critiques qui nous préviennent: vous ne pouvez qu’être chamboulée par cette lecture. Pourtant, les premières pages se font dures. Sous la plume tranchante et inventive de Niviaq Korneliussen, rien n’est filtré ni embelli. Si, dans l’imaginaire populaire, le Grand Nord se charge de romantisme, il en est autrement dans le quotidien de ceux …

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Brasser le varech : parcours d’une fille estuaire

J’ai toujours entretenu un rapport plutôt froid avec la poésie. Ce n’est simplement ni naturel, ni instinctif pour moi de me diriger vers les vers (!!), je me dirige toujours vers les récits, la prose, les essais. N’empêche que mon désir de découverte est grand et que, cet automne, je me suis donné comme défi personnel de lire quelques recueils, question d’espérer tomber sur quelque chose qui m’allumerait ou bien qui me confirmerait que la poésie, ce n’est tout simplement pas pour moi. Ça fait que, si j’écris cette critique, c’est évidement parce que je suis tombée sur quelque chose qui m’allume. Ce quelque chose, c’est le recueil Brasser le varech de Noémie Pomerleau-Cloutier. Brasser le varech est un recueil intime, contemplatif, fort, bercé et supporté par la nature. Je l’ai lu une fois, puis une seconde fois, à voix haute. Je pense que j’ai trouvé, dans le fait de lire tout haut, une façon de mieux apprivoiser la poésie, d’en comprendre les nuances, les intonations, ce qui se cache dans l’espace entre les mots. En 5 …

Autour des livres: rencontre avec Noémie Pomerleau-Cloutier, poète

Noémie Pomerleau-Cloutier, enseignante de yoga et formatrice en alphabétisation populaire, publiera son tout premier recueil de poésie Brasser le varech, le 11 octobre 2017, aux éditions La Peuplade. La poète a généreusement accepté de répondre à notre questionnaire. 1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? D’avoir vraiment eu hâte de savoir lire! Depuis toute petite, j’adore les livres. J’ai appris à lire très rapidement, plus tôt que d’autres enfants, car j’ai eu la chance de commencer ma scolarité plus jeune, dans une école belge alors que mes parents travaillaient au Zaïre (la République démocratique du Congo actuelle), avant de revenir au Québec. Je me rappelle vraiment ce désir que j’avais de savoir lire moi-même les histoires qu’on me lisait. 2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant ? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? J’ai de nombreux souvenirs de moments de lecture, cachée sous mes couvertures, pendant la sieste de l’après-midi, quand j’étais petite. C’était bien plus intéressant que de dormir! La lecture a toujours été associée …

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« Ukraine à fragmentation », ou des morceaux de guerre

À en croire les critiques, Ukraine à fragmentation est LE livre qu’il fallait avoir lu pour comprendre le conflit ukrainien. Je n’en avais entendu parler que brièvement, pourtant, mais assez pour me dire qu’il était temps que je me mette aux faits de cette guerre. Jusqu’alors, la Crimée, Viktor Ianoukovitch et la place Maïdan n’étaient que langage lointain, termes qui ne m’appartenaient pas. Désormais, je ne comprends pas pourquoi, justement, personne ne sait de quoi il s’agit… Là réside le tour de force de l’auteur et journaliste, Frédérick Lavoie : le conflit est expliqué de manière claire, mais surtout, humaine. C’est qu’il l’explique à Artyom Bobrychev, petit garçon de 8 ans, mort collatéral de cette guerre. Petit homme dont il a lui-même entendu parler alors qu’il était sur les lieux du conflit, en 2015. « Je vais t’expliquer pourquoi le 18 janvier 2015 à 8 h 10 du matin, au 5, rue Ilinskaïa à Donetsk, ta vie a pu t’être interrompue à quatre ans, quatre mois et quatorze jours par une erreur de trajectoire d’une roquette Grad sans que cela altère le moins du monde le cours …

Quand les fibres textiles racontent le devoir de mémoire

Armoire aux costumes, Charles Sagalane Toute une bête qu’est cette publication d’à peine 177 pages. Je ne peux même pas catégoriser la chose! Présentée tel que faisant partie d’un projet qui s’insère dans un vaste édifice littéraire : le Musée Moi… par ses moyens indisciplinaires! Ça situe déjà l’aventure. D’abord intéressée par la relation aux textiles sur le devoir de mémoire et comment ils peuvent altérer notre relation au monde, à soi, aux autres, j’abordais donc cette œuvre avec mes préalables… totalement à l’ouest! Je crois que c’est ici que réside sa grande force, proposer un territoire commun, connu pour nous emporter loin, très loin! J’ai adoré l’aventure! En voici la structure! Commencer par le dessert Joint à cette parution, un carnet rose intitulé Choses qu’on ne porterait jamais, expérience du vêtir. Ma copie numérotée 63/73 commençait comme suit : bas de nylon chemise verte pantalon avec de « l’eau dans cave » mini-jupe extensible … crocs J’ai évidemment amorcé cette rencontre avec l’univers de Sagalane par la fin, par ce carnet qui au final… …

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Un long soir; microrécits à saveur d’exil

Un long soir, de Paul Kawczak, est une petite tablette qui se lit, du début à la fin, en l’espace d’une heure, peut-être deux. C’est la forme de ce livre qui m’a d’abord attirée, outre la couverture assez tape à l’oeil. J’ai eu envie de sortir de ma zone de confort de lectrice, sans pour autant m’engager longuement dans une nouvelle lecture. Une série de courts récits me semblait donc la réponse à mon envie d’aventure littéraire. Je n’aurais pu mieux tomber en termes d’aventure et de dépaysement. Non seulement la structure de type microrécits, mélangée à une écriture poétique et imagée, est venue me rejoindre, mais les thématiques, celles de l’exil, de la quête, du voyage, du passé et du désir sont aussi parfaitement mis en scène et adaptés à la forme. Dans un premier temps, il faut dire que j’ai été impressionnée par toute la force et l’émotion qui se dégagent de chacun des récits. Séparés par chapitres, les lieux, autant les maisons que les pays, sont au cœur de presque tout les récits, d’une …

S’enfoncer dans l’hiver avec Sébastien Dulude

Avant même d’annoncer leur projet de Fictions du Nord, La Peuplade montrait son parti pris pour des œuvres qui explorent l’imaginaire collectif nordique en publiant, entre autres, le second recueil de poésie de Sébastien Dulude ouvert l’hiver à l’hiver 2015. Son premier recueil chambres est paru chez Rodrigol en 2013. Ouvert l’hiver comporte soixante poèmes, tous écrits en tercets de vers libres, qui racontent la relation amoureuse haletante entre une fille et un garçon au cours d’un hiver. « Obsessivement ficelés » dit la quatrième de couverture. C’est bien vrai. Les poèmes sont aussi délicats à la manière de flocons de neige qui tombent. « L’histoire derrière ces poèmes, c’est celle d’un gars qui reçoit la visite d’une fille. Parfois, c’est lui qui va la voir et vice-versa. Les fenêtres restent ouvertes, mais il n’est pas trop certain de cette histoire. Ce sont surtout des poèmes très courts, des instants d’hiver. Je voulais qu’il se passe quelque chose de très chaleureux, mais que ce soit aussi très froid, un peu comme si tous les objets étaient faits de verre », …

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L’amour, cette imparfaite amitié

D’emblée il faut que j’avoue; je n’ai pas su faire comme Amanda, personnage principal du tout dernier roman de Mylène Bouchard. Je n’ai pas su résister, je n’ai pas eu le temps de désirer, je l’ai consommé, je l’ai consumé même, rapidement. Je n’ai su le déposer que lorsque mes yeux ne voulaient plus que dormir, pour mieux le reprendre le matin suivant. L’imparfaite amitié, c’est une incursion dans la vie d’Amanda, mère, femme volage, femme de culture, amoureuse; à travers une série de lettres, de documents, de bouts de papier mis dans une boite destinée à sa fille. On y découvre sa vie et surtout, ses réflexions et ses questionnements sur le désir et sur l’amour, dans toutes ses pluralités et, par dessus tout, sur la consommation de celui-ci. Amanda s’attache, elle aime souvent, plein de gens. C’est après que sa fille l’ait découverte, au milieu de la nuit, revenant d’une balade avec un amant, qu’elle prendra une décision, celle de résister. Pour s’y tenir, elle fait un pacte: celui de quitter son mari. …