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100 ans d’Anne Hébert : une vie de création

Les éditions Fides ont sorti, pour rendre hommage au 100e anniversaire d’Anne Hébert, un album souvenir qui nous permet de retracer le parcours spectaculaire de cette grande auteure québécoise. Cet Album Anne Hébert créé par Bernard Chassé et Nathalie Watteyne revient sur toute la vie de l’écrivaine. Son enfance, ses débuts, son succès international et les derniers instants de sa vie.

Ce que j’ai le plus aimé de cet album est l’équilibre entre la vie privée et la vie publique qui a été respecté. Le bouquin contient beaucoup de lettres d’Anne à son frère Pierre, de qui elle était extrêmement proche, elle y raconte ses angoisses d’écrivaine, son besoin d’intimité et toute l’inspiration qu’elle trouve dans la vie quotidienne. Les correspondances qu’elle entretient autant avec son frère, ses amis que ses parents sont porteuses d’une vérité et d’une authenticité envers la femme et non l’écrivaine de renommée internationale. J’ai aimé voir Anne Hébert d’un autre œil dans cet album. Non seulement, il est évident qu’elle était animée d’un besoin d’écrire plus grand que tout, on le voit dans ses lettres, elle le répète souvent, écrire la déconnecte de la réalité. Ainsi, elle se retrouve souvent à passer plusieurs jours sans même sortir de chez elle, tellement son écriture la chavire et l’emporte. D’un autre côté, on y perçoit davantage le côté intime de l’écrivaine, quand elle nous parle de ses finances, de son chat, de son rapport avec ses parents.

Une chose est certaine en refermant ce livre, j’avais envie de relire les romans d’Anne Hébert. J’avais le goût de relire en sachant toute l’énergie et tout le dévouement qu’elle a mis dans ses écrits. Le torrent et Kamouraska m’attendent dans ma bibliothèque depuis de nombreuses années et je vais sans aucun doute m’y plonger prochainement. Anne Hébert est une auteure incroyablement chère à la littérature québécoise, mais aussi étrangère. J’étais estomaquée de voir ses œuvres être publiées dans de nombreux pays. Je me souviens avoir étudié son œuvre en cours universitaire, mais étrangement, sa vie m’était complètement inconnue comme le fait qu’elle ait vécu une bonne partie de sa carrière en France.

Pour l’occasion, Boréal a réédité quelques-uns des romans de Hébert, Héloïse, Est-ce que je te dérange, Aurélien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant. J’ai eu la chance de me plonger dans Héloïse, ce petit roman qui frôle le fantastique. Dans celui-ci on y raconte la folie de Bernard pour Héloïse, une jeune fille rencontrée dans le métro. J’ai aimé l’ambiance créée par Anne Hébert et le climat d’étrangeté qui y règne. C’était aussi fascinant et très drôle de constater que dans Album Anne Hébert, elle se confie au sujet de Héloïse en disant que le texte n’a pas eu le succès escompté et que les nouvelles fantastiques ne fonctionnent pas tellement. Il y a aussi des notes concernant son écriture et j’ai trouvé ça bien intéressant de lire les deux, l’un à la suite de l’autre. J’avais le résultat d’un côté et le processus créatif de l’autre, ce qui a su compléter avec brio mon expérience de lectrice.

Au final, je suis contente que le milieu du livre rende hommage à cette grande écrivaine, le FIL (festival de littérature) lui rendait aussi hommage le 23 septembre dernier. Cela m’a permis de redécouvrir une auteure essentielle à la culture québécoise et surtout, m’a donné envie de relire son œuvre. Si ce n’est pas déjà fait, je vous encourage à le faire! Le livre hommage, Album Anne Hébert, s’adresse donc aux fins connaisseurs de l’œuvre et de la vie de Hébert, mais aussi aux lectrices peu informées… telles que moi!


Le fil rouge tient à remercier les éditions Fides et Boréal pour les services de presse.

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Donner un sens à sa vie, c’est le fil rouge du changement

Dans la continuité de mes récents articles sur les livres qui nous font du bien et les livres de psycho pop, ce mois-ci je vous propose de découvrir Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une de Raphaëlle Giordano.

Ce livre de psycho catégorisé comme un roman se lit très rapidement voire trop dans mon cas, mais je vous suggère de prendre le temps de faire les quelques exercices qui y sont proposés. Je vous avertis, il n’est certainement pas un roman comme les autres ou comme les autres livres de psycho que j’ai lus à ce jour.

Ta deuxième vie c’est l’histoire de Camille, une femme dans la trentaine pour qui rien ne va plus. Malheureuse dans son boulot qu’elle a l’impression d’avoir choisi uniquement pour faire plaisir à sa mère, dans sa vie familiale où elle se dispute constamment avec son fils, et dans son couple où elle a l’impression d’être devenu invisible. Un soir, alors qu’elle se retrouve dans une fâcheuse situation, elle tombe sur Claude, un homme qui viendra bouleverser sa vie en lui faisant prendre conscience qu’une vie elle n’en a qu’une, alors aussi bien en profiter.

Claude est un homme plein de sagesse qui ne fait pas un métier traditionnel, il est « Routinologue ». Un « Routinologue » n’est ni psy, ni coach, c’est un expert en accompagnement dans l’art de retrouver le bonheur perdu et croyez-moi si ce métier existait vraiment nous voudrions tous rencontrer un Claude dans nos vies. Claude offrira à Camille des pistes de solutions, de nombreux conseils, des exercices brillants et faciles à faire et surtout à mettre en pratique et surtout il lui donnera beaucoup de reconnaissance dans ses différentes avancées.

J’ai noté quelques passages qui m’ont particulièrement marquée ou dans lesquels je me suis reconnue :

  • Comment sans être en dépression, on pouvait ressentir malgré tout un sentiment de vide, de vraies vagues à l’âme et traîner la désagréable impression d’avoir tout pour être heureux mais pas la clé pour en profiter.
  • Chacun à un devoir vis-à-vis de la vie ne croyez-vous pas? Apprendre à se connaître soi-même, prendre conscience que le temps est compté, faire des choix qui engagent et qui ont du sens et surtout ne pas gaspiller ses talents…
  • Et une jolie citation d’Oscar Wilde – La sagesse c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit.

Finalement je compte bien utiliser quelques techniques proposées dans le livre dès maintenant comme l’art de l’ancrage positif, savoir faire la différence entre mon cercle vertueux versus vicieux (je vous laisse découvrir dans le livre ce dont je parle) et faire mon patchwork de mentors que je vous montrerai peut-être dans un autre article. Ce que je souhaite surtout c’est comme Camille réaliser que je suis la seule responsable de ma vie et de mon bonheur c’est donc à moi de jouer!

Je classerais donc ce livre comme un vrai bon « Feel good book » qui donne envie de se fouetter juste assez! À lire un crayon et un papier à proximité.

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À ressasser les choses, des heures d’affilée

Quand je roule aujourd’hui dans la campagne, je découvre encore des détails qui me rappellent Hailsham.

J’ai découvert le film Never let me go un peu par hasard. Je cherchais un film au contenu romantique pour satisfaire ce côté fleur bleue de ma personne. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’ai été agréablement surprise. Je me suis même offert le DVD pour être certaine de pouvoir le visionner aussi souvent que l’envie me prendrait. À l’époque de ma découverte du film, peu de temps après sa sortie, dont je n’avais pas du tout entendu parler, j’ai tout de suite entamé ma recherche du roman dont avait été inspirée la version cinématographique, réalisée par Mark Romanek, avec Carey Mulligan (une révélation pour moi comme actrice), Keira Knightley et Andrew Garfield dans les rôles principaux. La version française, Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro. Dans chacune des librairies où je passais, indépendantes ou usagées, je demandais s’ils avaient en magasin le titre. Je voulais qu’il vienne à moi un peu comme le film était venu, en le cherchant oui, mais tout de même en le laissant venir. Parce que j’aurais très bien pu le commander et l’attendre. Il s’est plutôt écoulé quelques années entre le début de ma recherche et le moment où il s’est présenté à moi dans une petite librairie de livres usagés où j’aime bien m’arrêter lorsque je suis de passage dans la métropole.

Comme il m’arrive très souvent d’essayer d’entamer un livre, puis de ne rien forcer, de le mettre de côté puis d’y revenir au bon moment, j’ai essayé de lire Auprès de moi toujours plus d’une fois avant de m’y mettre cette fois, la bonne sans trop y penser, simplement par désir sensible et doux de le faire.

Contrairement aux fois précédentes, je me suis mise à lire ligne après ligne, en me laissant porter par les mots de l’auteur dans les pensées de la narratrice de l’histoire, Kath ou Kathy H..

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Si vous avez déjà vu le film ou lu le roman, vous êtes au courant qu’il ne s’agit pas du tout d’une histoire ordinaire, en fait c’est le cadre qui ne l’est pas, alors que les personnages, eux, ne cherchent qu’à vivre leur vie, de la manière la plus normale possible.

D’entrée de jeu, nous entrons dans l’univers de Kathy H., une sorte d’aide-soignante ou d’accompagnatrice, qui fait le point sur les premières années de sa vie, sa petite enfance, son adolescence et le début de l’âge adulte. Elle raconte, entre autres, comment Ruth et Tommy sont entrés dans sa vie et comment ils lui ont permis de devenir qui elle est.

Nous comprenons très vite que les trois personnages ont fait connaissance alors qu’ils étaient encore tout-petits, dans un endroit nommé Hailsham, qui ressemble aux premiers abords à un pensionnat. Kath tient à ce que nous comprenions d’où est née son amitié avec Ruth et Tommy. Nous avons alors droit à un panorama sans exacte chronologie, suivant le fil de ses pensées, allant d’un point à un autre, pour bien saisir les subtilités de l’histoire. Elle passe de la petite enfance à l’âge adulte, en traçant un chemin, un pont entre la raison et les multiples hypothèses sur la vie à Hailsham. Car il règne en cet endroit et sur le visage de tous les gardiens et professeurs un climat de mystère qui amène les enfants à chercher des réponses de toutes les manières. Et Dieu sait que les enfants ont un imaginaire des plus débordants. Nous comprenons très vite, en tant que lecteurs, qu’il se passe quelque chose d’étrange et que, malgré les mauvaises pistes que semblent prendre les enfants pour comprendre ce que leur cachent les adultes, ils ne sont pas fous. En fait, ils sont tout à fait conscients d’être différents, de ne pas être comme ces gens au-dehors, mais à quel point, ça, ils ne peuvent le mesurer. Après tout, ce ne sont que des enfants, qui jamais auparavant n’ont connu d’autre réalité que celle-là.

Ruth, Tommy et Kathy, tout comme leurs amis de classe, sont des clones humains. Un jour, ils devront faire don de leurs organes pour sauver des vies. Pour ça, ils doivent prendre soin de leur corps et de leur esprit. C’est pourquoi ils sont si bien surveillés.

Comment alors vivre et grandir en sachant que quelque part, nous ne nous appartenons pas réellement, que nous n’avons pas le choix de vivre ou de mourir et que nous serons utilisés pour sauver d’autres gens? En créant une multitude d’histoires autour des cachoteries et de la réalité. Car on cherche quand même à les épargner en ne leur disant surtout pas tout. On cherche entre autres à mesurer leur degré d’humanité et de singularité à partir de leurs créations artistiques devenues un sujet de grande importance, sans qu’ils comprennent exactement pourquoi c’est si important.

Le film, d’une grande délicatesse photographique, semble avoir centré davantage l’histoire sur le rapport amical triangulaire entre Ruth, Kath et Tommy, en misant sur l’histoire d’amour entre les deux derniers, un amour à la fois fraternel et amoureux. Je lisais le titre Auprès de moi toujours comme la présence de Kath dans la vie de Tommy du début à la fin à cause de la tendresse de cette dernière envers lui. Tandis que je lis le livre comme quelque chose de plus universel, comme si c’était, oui, Ruth et Tommy que Kath gardait avec elle, près d’elle pour toujours, mais aussi comme si elle gardait toute leur vie à Hailsham en elle (et leur vie aux Cottages lorsqu’ils atteignent la maturité). Leur enfance, entre l’innocence, l’incompréhension et la force des émotions humaines. Je trouve les œuvres, cinématographique et littéraire, aussi fortes, mais pour diverses raisons.

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Quelques jours se sont écoulés depuis que j’ai refermé le livre et l’histoire m’habite et me hante plus que jamais. C’est une histoire de valeurs morales et d’amitié, de rencontres et de questionnements sur l’importance d’être.

J’aimerais le relire et je crois que j’y replongerais encore et encore avec autant de plaisir que d’émotions.

Pourtant, un peu de ça doit s’inscrire quelque part. Ça doit s’inscrire, car quand un tel moment survient, une partie de vous attend déjà. Depuis le très jeune âge, cinq ou six ans peut-être, résonne au fond de votre tête un murmure qui vous dit : Un jour qui n’est peut-être pas si lointain, tu vas savoir l’impression que ça fait. Alors vous attendez, même si vous ne le savez pas vraiment, vous attendez le moment où vous vous rendez compte que vous êtes réellement différent d’eux; que, dehors, il y a des gens comme Madame, qui ne vous détestent pas et ne vous souhaitent aucun mal, mais qui frissonnent néanmoins à la seule pensée de votre existence […].

 

ISHIGURO, Kazuo, Auprès de moi toujours, folio, Gallimard, 2005.

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Nos suggestions de classiques de la littérature québécoise #jelisunlivrequébécoisparmois

Qu’est-ce qu’un classique? Les définitions varient et surtout restent subjectives!

De mon côté, je vais lire Les fous de Bassan d’Anne Hébert en ce mois des classiques. J’ai eu la chance de me replonger dans l’oeuvre de Hébert avec le livre Album Anne Hébert qui a été publié chez Fides (un article sortira prochainement à ce sujet!) et ça m’a donné plus qu’envie que de lire cette oeuvre marquante de la littérature québécoise. Roxanne m’a aussi confié vouloir lire Putain de Nelly Arcan! Dites-nous dans les commentaires quels sont les classiques québécois selon vous!

Marion va (re)lire Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy

Quoi de mieux qu’un mois où le froid commence à se pointer pour s’installer et lire un classique de notre littérature, se plonger dans notre culture et notre patrimoine québécois? Pour ma part, je vais relire Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, cette histoire réaliste et poignante d’une jeune fille à Montréal dans les années 40. Au coeur de Saint-Henri, c’est Florentine Lacasse et sa famille que l’on suit, plongés dans la misère, alors que la conscription amène certains hommes montréalais à s’enrôler et le coût des loyers, l’obligation aux familles de déménager. Et Florentine, rêveuse, à la recherche de quelque chose, poursuit son petit bout de chemin et est confrontée à l’amour, à l’adoration et à la vie adulte. Une oeuvre grandiose à lire et à relire.

Clara conseille Une saison dans la vie d’Emmanuel de Marie-Claire Blais
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Paru en 1965, le roman Une saison dans la vie d’Emmanuel, de Marie-Claire Blais raconte la vie d’une grande famille québécoise comme on les faisait si bien au début du siècle dernier. Roman réaliste où la mort est omniprésente, ce n’est pas une lecture légère, malgré sa petite taille. Blais dépeint la pauvreté et l’emprise de la religion catholique au Québec pré-Révolution tranquille avec des images percutantes. Ça fait quelques années que je l’ai lu, mais je peux me remémorer des passages sans faute, tant ils m’ont marquée. Absolument à lire!

Et même choix pour Karine!

Je veux lire ce livre, car Marie-Claire Blais est présentée comme une auteure importante de la littérature québécoise du 20e siècle et je n’ai jamais lu de ses romans. J’ai l’impression d’être passée à côté de quelque chose et je veux y remédier. Qui plus est, ce livre m’enchante tout particulièrement puisque généralement j’adore les histoires de familles qui dépeignent le Québec d’une autre époque.

Productivité et créativité : Creative confidence

Il y a quelque temps, j’ai débuté une série sur les livres qui parlent de créativité, sous toutes ses formes. Alors que le premier livre, Manage your day-to-day, était plus axé sur des méthodes claires pour être productif, pour utiliser sa créativité sur une base quotidienne, celui que je viens de lire s’attarde à la confiance requise pour mener à terme ses projets et découvrir son potentiel créateur.

Creative confidence: unleashing the creative potential within us all.

Sur la couverture du livre, qui est soit-dit en passant très jolie, on retrouve une citation qui nous mentionne que ce livre est le seul livre sur la créativité dont nous auront besoin. Bien que je reconnaisse le potentiel et l’importance de ce livre, je ne suis pas tout à fait en accord avec cette citation, clairement placée pour faire vendre.

Creative confidence est un livre dense, intéressant, qui se base sur de multiples exemples. Alors que le dernier chapitre nous propose des exercices plus concrets, le reste du livre s’appuie sur divers exemples, mélangés avec l’expérience des deux auteurs, les frères Kelley.

J’ai apprécié ma lecture et j’y ai trouvé de petites perles. Il est clair que les deux auteurs, fondateurs d’une firme de consultation en design et innovation, connaissent leur sujet et savent comment le verbaliser et le simplifier. J’ai même osé y mettre mon marqueur, à quelques endroits, pour pouvoir y revenir plus  facilement.

You can choose to be creative. But you have to make an effort to stay inspired and turn creativity into a habit.

Empathy means challenging your preconceived ideas and setting aside your sense of what you think is true in order to learn what actually is true.

The first step toward being creative is often simply to go beyond being a passive observer and to translate thoughts into deeds.

Ce livre est clairement axé sur les entreprises, le développement de celles-ci et les gens qui y travaillent. On y parle d’innovations technologiques, on mentionne des gens qui ont créé des  »start up’‘ technologiques. On y parle aussi de la structure des entreprises, de comment travailler à être plus confiant et créatif dans un milieu qui ne le semble pas. On y parle d’aéronautique, d’ingénierie et, bien que les témoignages soient tous intéressant, il m’est arrivé de sauter quelques pages qui ne me touchaient aucunement. On y parle beaucoup de clients, d’empathie, de design et de post-its, tout reste accessible et pertinent, mais le cœur du livre est orienté vers l’innovation en entreprise.

Même si Creative confidence n’est pas LE seul livre sur la créativité dont vous aurez  »besoin », si le sujet vous intéresse, je crois qu’il est intéressant d’y jeter un œil. Il aborde la confiance et la créativité d’un point de vue plus factuel, peut-être un peu plus technique, parfait pour ceux et celles qui cherchent à être plus créatifs dans leur emploi et qui veulent innover.

N.B : Ce livre est en anglais. Voilà pourquoi les citations et le titre le sont aussi.

 

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Ce qu’on a pensé de nos lectures de pièce de théâtre #jelisunlivrequébécoisparmois

Peu de participation au défi de ce mois-ci! Ce qui vient démontrer toute la difficulté qui colle au monde du théâtre, on aime en voir, mais en lire, bof! Pourtant, il existe une richesse incroyable et un monde de lettres complètement fascinant à découvrir. Ça prouve que même un blogue de littérature peut s’améliorer en incluant plus de critiques théâtrales. À y remédier. 🙂

De mon côté, j’ai lu J’t’aime encore de Roxanne Bouchard. Cette pièce de théâtre m’a beaucoup touchée et plu. Racontant l’histoire d’un « vieux » couple et des questionnements que procure une relation à long terme, cette pièce de théâtre m’a fait rigoler à plusieurs reprises, mais m’a aussi émue et fait réfléchir. J’t’aime encore est une belle ode à l’amour qui dure, aux épreuves qui sont inévitablement là, mais à cette envie de continuer tout de même. Très beau texte de Roxanne Bouchard!

Marion a lu Les Grandes chaleurs de Michel Marc Bouchard

 « Je crois que je n’ai jamais autant ri à la lecture d’une pièce de théâtre. En juillet, dans un chalet d’été, on annonce de grandes chaleurs. Gisèle, quinquagénaire et veuve depuis peu, est en compagnie de Yannick, son amant de 20 ans, et elle tente de cacher à leur entourage sa nouvelle relation. Viendront leur rendre visite leur voisin Napoléon, qui passe son temps à réparer son chalet et à faire des blagues de mauvais goût, et les enfants de Gisèle, Louis et Louisette. Texte original du film sorti en 2009 avec Marie-Thérèse Fortier, Les Grandes chaleurs est « une comédie de l’amour et du mensonge » qui est hilarante à souhait. La pièce se lit d’un coup et rafraîchit. »

Karina a lu Baby Blues de Carole Fréchette

« Ce qui a fait en sorte que je choisisse cette pièce était son histoire. De m’imaginer toutes ces femmes réunies, parler de maternité, de leur rôle en société, mais surtout de leurs désarroi, me parlait. La pièce à un quelque chose de féministe qui est réussi. Ce que j’appréciais aussi c’était de retrouver cette femme de 30 ans, qui a son premier enfant et qui regarde autour d’elle et ne semble toujours pas avoir réussi, alors que c’est ce que la société espérait d’elle qu’elle fonde une famille. Tout comme sa mère, elle commence à entendre des voix, ces voix qui lui donnent le sentiment d’être encore plus seule. Elle voit sa petite sœur qui a une carrière et qui semble heureuse, alors que c’est tout le contraire. Elle voit sa tante qui est toujours sur le party avec ses voyages en Floride. Elle se demande ce que l’avenir lui réserve. On constate que toutes ces femmes ne sont pas heureuses, qu’elles ont peur. »

La face cachée de Luna

Je me souviens vaguement d’un roman que j’avais lu au secondaire, dans le cadre d’un cours de français. Je me souviens qu’il m’avait touchée, que j’avais trouvé l’écriture, bien que traduite à la française, très forte et que l’approche de l’auteure pour un sujet délicat m’avait bouleversée. Ce livre m’est revenu en mémoire il y a quelques semaines et je me suis empressée de me le procurer à la bibliothèque. Je voulais vraiment replonger dans l’histoire et la revoir avec mes lunettes d’adulte.

La face cachée de Luna raconte l’histoire de Regan, une adolescente normale qui rêve d’avoir une vie normale. C’est que, dans l’intimité de leur sous-sol, Regan doit veiller sur Luna. Qui est Luna? Le personnage dans lequel se plonge son frère Liam lorsque la nuit est tombée et que la lune fait son apparition. Ou plutôt, comme il le dit, Liam est un personnage et Luna est sa vraie personnalité.

Liam est transgenre, mais personne ne le sait, excepté sa sœur Regan. Elle lui prête sa chambre pour qu’il se maquille et s’habille en fille, se transforme en Luna. Tout semble bien aller comme cela, jusqu’à ce que Liam commence à utiliser des termes comme transition et libération. On sent alors que Regan s’y perd, et puis c’est normal, c’est un lourd secret à porter pour une ado de 14 ans. Et elle n’arrive pas à tout comprendre non plus, même si elle fait semblant.

L’auteure, Julie Anne Peters, écrit au je afin qu’on entre dans la tête de Regan et c’est là, je crois, que tout le roman prend sa force. Si on avait été dans la tête de Liam ou Luna, il en aurait plutôt été d’une description psychologique de la transsexualité du personnage. Alors qu’ici, on est plutôt dans un mélange d’acceptation et d’incompréhension. Mais plus que tout, on assiste à un amour fraternel inconditionnel et c’est merveilleux.

J’aime aussi que le personnage de Regan vive des moments plus banaux. Le babysitting les week-ends, les cours de chimie avec un prof sexiste, la rencontre d’un garçon qui s’intéresse à elle, à sa grande surprise parce qu’il est beaucoup trop beau pour elle… Ce sont des moments qui vont rejoindre plus facilement les adolescents qui en font la lecture et qui allègent donc le récit, puisque la transsexualité et son acceptation ne sont pas des sujets faciles à cet âge.

La face cachée de Luna est donc un roman merveilleux qu’il serait nécessaire de faire lire au secondaire, selon moi. On parle rarement de sujets comme celui-là dans la littérature jeunesse et c’est dommage puisque, apporté de la bonne manière, tout peut être raconté à des adolescents. Dans mon cas, comme j’ai grandi en campagne et dans une petite école, ce n’est pas un sujet auquel j’avais été confrontée. Je crois fermement que cette lecture m’a ouvert les yeux sur les différences d’identités sexuelles et que j’y suis plus sensible depuis. Le roman m’est revenu en tête de très nombreuses fois, et pourtant j’en ai fait la lecture il y a plus de 7 ans.

Le prochain sur ma pile à lire : L’enfant mascara de Simon Boulerice, dont Martine a fait une critique élogieuse récemment!

La face cachée de Luna, Julie Anne Peters, Milan (France), traduit de l’anglais (États-Unis), 2005.

Note : le roman a été réédité en 2015, mais son titre a été changé pour Cette fille c’était mon frère. Titre beaucoup moins poétique, j’ose espérer que ce n’est pas parce que des parents se sont plaints que ce n’était pas assez explicite et qu’ils étaient choqués que leur enfant en fasse la lecture… Espérons que j’aie juste trop d’imagination!

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Chronique Écrire l’indicible : Et si nous étions ensemble…

Vous savez que j’ai l’habitude des trucs positifs, du moins en général pendant l’été. J’essaie de profiter du soleil, des parcs, de mes ami.e.s. Je suis dans un mood plus fun! Mais mon copain a mis entre mes mains le livre de Primo Levi, Si c’est un homme, publié en 1947. Puis, ça m’a rappelé ma chronique « Écrire l’indicible », à laquelle j’ai mis un frein puisqu’il me fallait lire autre chose, des romans qui m’ont permis de souffler un peu. Or, je ne peux pas passer sous silence cette lecture. Comme Primo Levi n’a pas pu taire sa souffrance, à la suite de sa déportation dans le camp d’extermination d’Auschwitz.primolevi05

L’écriture du témoignage a intéressé bon nombre de théoricien.ne.s de littérature. C’est que Théodore Adorno, en 1949, s’est demandé comment on pouvait écrire après Auschwitz, après la Seconde Guerre mondiale. Il affirmait que cela allait contaminer les arts, mais surtout, que la culture s’est effondrée après ce « traumatisme social absolu » (Adorno). La réponse générale a été que justement, il fallait témoigner de ce Mal, raconter en quoi consistaient les horreurs vécues pendant cette période et dans les camps d’extermination. Ces réflexions ont bien sûr donné lieu à plusieurs publications : biographies, autobiographies, romans, films, et j’en passe. Les survivant.e.s ont permis au reste du monde de connaître les atrocités commises dans les camps.

C’est ce dont témoigne Primo Levi. Il m’est impossible d’en faire un résumé, voire de vous faire part d’une critique dite « constructive »… Comment juger un livre qui traite des limites de la souffrance humaine? Bien sûr, avec cette chronique, vous comprendrez que je vous recommande ce livre, mais je vous conseille toutefois d’être bien préparé.e, car vous ferez face à des mots qui disent l’atrocité qui peut exister autour de nous. C’est toutefois une lecture nécessaire, à mon avis, qui nous fait prendre conscience de… tant de choses.

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Image de l’entrée du camp de concentration à Auschwitz

Je ne sais pas pourquoi je me suis torturée ainsi, mais j’ai aussi visionné le film Le fils de Saul. C’est à la fois le plus beau et le plus triste film qu’il m’ait été donné de voir. Des sentiments divers se répandaient en moi (se répandaient, littéralement, je les sentais se mouvoir à l’intérieur de mon ventre comme un poison…) : le dégoût, la tristesse, l’angoisse… Dès que les premiers mots du générique sont apparus, mes yeux se sont remplis de larmes, que je n’ai pu retenir. Mon copain, tentant tant bien que mal de me réconforter, me dit alors : « Respire, ce n’est qu’un film. » Et moi de rétorquer : « Non, ce n’est pas juste un film! C’est ben ça le problème! » Mes tripes me disaient à quel point l’humanité peut être laide. On a commencé à parler de Trump, de son histoire de mur, des immigrant.e.s… Et d’à quel point on a peur qu’une telle horreur comme Auschwitz puisse arriver à nouveau.

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Primo Levi

Heureusement, nous avons réussi à terminer notre conversation sur une note positive, en pensant aux autres personnes, à celles qui nous font du bien, à nous et au monde. Puis, j’ai pensé aux autres livres, aussi, à ceux dont on parle abondamment sur ce blogue, ces livres qui font du bien! Je continue d’espérer que l’écriture du témoignage pourra un jour servir à témoigner non pas d’un traumatisme social, mais d’une évolution collective d’envergure internationale… Il faut bien continuer d’espérer. Et je pense que d’autres lectures me permettront de panser cette plaie, ouverte avec les mots de Levi et le film de Némes. Non pas qu’il faudrait éviter ce type de lecture, au contraire; je crois que nous en avons besoin pour justement prendre conscience de la chance que nous avons. Or, ça fait aussi du bien, parfois, de lire sur cette beauté et cette humanité qui nous entoure, surtout en plein été…! 😉

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J’avais toujours rêvé de Prague

J’aime mieux la fiction. Guillaume m’a dit : tu as de la difficulté à différencier le réel de la fiction. (…) L’écrire me permet d’ancrer ma présence au monde, me permet de me sentir vivante, me permet de bouger, de travailler. Sans le livre, je suis une coque vide.

Il y a des romans que je sens déjà que je vais aimer juste à lire le titre et la quatrième de couverture. J’ai tout de suite l’intuition que je connecterai avec l’histoire et l’auteur sans pourtant en savoir grand-chose. Un peu comme quand je planifie mes voyages; il y a certains endroits que je sais d’avance que je vais adorer. J’ai eu cette impression en décidant de partir à Portland en Oregon dernièrement. Je voulais déjà me marier avec cette ville avant même d’y avoir posé les pieds pour la première fois.

Prague de Maude Veilleux m’a tout de suite fait cet effet. Je suis tombée sur un extrait dans la chronique sur la rentrée littéraire québécoise. Il ne disait pas grand-chose, mais j’ai tout de suite eu un coup de cœur : « Le livre avait beau parler du couple ouvert au début, ce n’était plus tout à fait le sujet. Le sujet, c’était je-ne-sais-plus-trop-quoi. Le sujet, c’était mon angoisse à ne plus aimer quelqu’un qui m’avait sauvée, qui avait tout pour me plaire, qui m’aimait, que j’aimais. »

Évidemment, comme je me suis séparée dernièrement, il est évident que je suis plus réceptive à ce genre de thématique, mais ce n’était pas juste ça.

J’étais dans une période de ma vie pendant laquelle j’avais envie de lire du vrai. Des histoires réalistes, simples, mais poignantes. Des récits qui viendraient me chercher. J’ai pensé que Prague allait répondre à tous ces critères et je n’ai pas été déçue.

Peut-être que mon intérêt pour les écritures de l’intime est dans la rencontre de l’autre. Sans façade ni mensonge. Une proximité impossible autrement. Parce que l’auteur ne peut pas mentir s’il veut réussir son roman. Un huis clos de l’âme.

Je suis émue par la lecture du roman de cette fille perdue, maladroite, mais touchante. Une fille qui désire expérimenter la solitude tout en ayant terriblement peur d’être seule.

Le livre s’ouvre sur l’achat impulsif par deux amants d’un billet pour Prague lors d’une soirée un peu trop arrosée. On comprend un peu plus loin que le voyage ne devrait pas avoir lieu, car l’héroïne est mariée. Cependant, elle et son mari ont décidé d’ouvrir leur union à d’autres aventures. Mais l’expérience s’avérera plus complexe qu’elle ne semblait l’être au départ puisque bien vite, Maude ne respecte plus les règles de l’entente et s’oublie dans les bras de son amant en allant trop loin.

Cela finit donc par raconter l’histoire d’un couple qui décide de devenir ouvert pour se renforcer, mais qui se perd peu à peu. On y suit aussi les tribulations de l’héroïne qui veut écrire un roman sur cette expérience, mais qui perd le contrôle de son récit en même temps que celui de sa vie.

La fiction que je m’imposais pour écrire le livre m’avait engloutie. J’avais cessé de l’écrire et j’avais commencé à la vivre.

La fiction et la réalité finissent par se confondre sans qu’elle sache comment démêler le tout. En effet, on ne joue pas si facilement avec l’amour. Ni avec l’écriture.

Ce n’est pas seulement un roman sur l’échec d’une relation et l’adultère, mais aussi sur le travail d’écriture. Elle nous partage son blocage et ses angoisses de ne plus être capable d’aller jusqu’au bout du roman et ne pas être capable de transcrire avec justesse l’histoire. Elle se demande aussi comment parvenir à raconter sa vie sans abimer au passage les gens qui nous entourent. Écrire sur soi n’est jamais facile.

Le roman n’est pas structuré et parfois un peu brouillon, mais c’est à l’image de l’héroïne donc on lui pardonne.

À lire beaucoup trop rapidement en ce début d’automne.

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Se réapproprier son corps, un carré de chocolat à la fois

Dans ce premier livre, Mélodie Vachon Boucher y raconte l’histoire d’une femme qui tente doucement de se réapproprier son corps suite aux trois viols qu’elle a subis au cours de sa vie. Toujours avec sobriété et sensibilité, elle raconte de quelle façon ces viols sont arrivés et comment elle a réagi. Il y a bien évidemment une force dans ce premier livre, et c’est celle de démontrer les facettes méconnues des viols. Mélodie Vachon Boucher a fait le choix de montrer le côté sombre et méconnu des agressions : celles qui sont commises par des copains, par des gens qu’on connait. La notion de consentement parcourt toute l’oeuvre et c’est ce qui en fait, à mon sens, une lecture nécessaire, autant pour les femmes que pour les hommes.

Écrit au Je, le livre se lit en moins de 5 minutes top chrono; on ne peut faire autrement que de prendre le temps, de relire et de comprendre toute la force des mots comme des dessins dans ce témoignage. La narratrice se livre avec douceur et franchise sur ces drames qui l’ont changée et hantée.

14349189_10153733288697413_1596550116_nElle raconte comment, suite à ces viols -mot qu’elle n’arrive à utiliser, jusqu’à ce que son psychologue le nomme,- son corps s’est débranché totalement. C’est par un conseil de son psychologue qu’elle arrivera, avec trois morceaux de chocolat, à réapprendre doucement à se réapproprier son corps et à retrouver le contrôle de celui-ci. L’image est belle et tendre, j’ai été chavirée par la sincérité des petites phrases coup-de-poing. Ces phrases qui n’avaient pas besoin de s’étendre, juste de nommer, tout simplement.

La sobriété des dessins comme du graphisme du livre réussit vraiment bien à mettre l’accent sur les drames vécus et sur cette force bien présente chez la narratrice, à se retrouver. Un magnifique premier livre qui émeut, instruit et chavire.

À cette femme en moi

qui se relève de tout

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Le fil rouge tient à remercier Mécanique générale pour le service de presse.

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