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Miss P. et ses enfants particuliers

Je constate que la littérature fantastique est souvent boudée, ou n’est tout simplement pas considérée comme de la «vraie» littérature. J’aime en lire, mais je reste tout de même sélective dans mon choix de lecture. Souvent mes choix sont portés par la couverture, ou encore, la maturité de l’écriture de l’auteur-e. J’aime lire ce genre parce que je le considère exutoire. Il me permet de rêver et me donne un sentiment de liberté. Il me permet surtout de conserver mon cœur d’enfant.

J’ai fait la rencontre de Miss Peregrine grâce à Tim Burton. Ceux et celles qui me connaissent savent que je suis en amour avec cet homme. Je me tiens donc au courant de ses nouveautés, et c’est alors que j’ai appris qu’il allait faire l’adaptation du premier roman, et le premier de la série Miss Peregrine, de Ransom Riggs. Je me devais de le lire. La sortie du film était prévue pour le 30 septembre. Malgré une certaine déception à des changements apportés dans l’histoire (ils ont interchangé des personnages et leurs particularités…), j’ai hâte de visionner le film pour comprendre ces changements. Parce que, quand on aime un roman et qu’on écoute son adaptation, on est souvent déçu du résultat (en tout cas, c’est souvent mon cas).

En fait, je crois que même sans Tim Burton j’aurais voulu un jour lire le roman. Car la couverture du roman me parle, et on y voit un style à la «burtonienne». De plus, l’auteur a accompagné ses romans de plusieurs photographies d’époque. Ces photos, dont la plupart n’ont pas été retouchées, sont dignes d’un «Freak show». Et il s’est servi de celles-ci pour créer ses personnages.

Pour l’instant il y a trois tomes à la série. Je n’ai lu que les deux premiers tomes et ça ne devrait pas trop tarder pour le troisième.

Je vois le premier tome comme l’introduction à l’univers que Ransom veut nous faire découvrir. Lorsqu’on termine le premier de la série, on finit sur notre faim avec l’action. Alors, dès qu’on commence le deuxième tome, nous commençons directement dans l’action et on ne peut que suivre les personnages dans leur folle aventure. Et quand on termine la dernière page, on pleure parce qu’on veut connaître la suite, savoir ce qui va arriver à Emma, Jack, etc. J’ai aimé le premier tome, mais le deuxième était encore bien meilleur ! Je suis alors très confiante en ce qui concerne le troisième tome.

Miss Peregrine et les enfants particuliers

C’est l’histoire de Jacob, un jeune homme de 16 ans qui vit avec le deuil de son grand-père Abraham Portman. Jacob avait une excellente relation avec son grand-père et le lien qu’il avait avec celui-ci provient des histoires qu’il lui racontait quand il était jeune. Ces histoires parlaient d’une maison qui habitait plusieurs jeunes ayant des particularités. Jacob n’y a jamais vraiment cru à toutes ces histoires, mais il aimait son grand-père et il faisait tout en son pouvoir pour le croire. Ce qui marque surtout le début de l’histoire, c’est que Jacob est présent lors du décès de son grand-père et celui-ci est décédé dans des circonstances étranges. Suite à sa mort, Jacob est dépressif et vit des crises d’angoisse. Il consulte même un psychologue. Jacob croit qu’aller où son grand-père a passé une partie de son enfance pourrait l’aider à faire son deuil, surtout que toutes les histoires que son grand-père lui racontaient quand il était jeune lui reviennent en tête.

Accompagné de son père, Jacob va sur l’île de l’enfance de son grand-père et c’est alors qu’il entrera dans une «boucle temporelle» et fera la rencontre des enfants particuliers, mais surtout de Miss Peregrine. Jacob découvrira que son grand-père ne lui a pas seulement laissé comme héritage ses souvenirs, mais un don. Effectivement, Jacob est lui aussi un enfant particulier et il a la même faculté que son grand-père qui est de voir des «monstres» qui s’attaquent aux particuliers pour devenir de plus en plus forts.

Le premier tome se consacre principalement à l’introduction de l’univers fantastique des enfants particuliers.

Hollow City

Le deuxième tome de la série commence dans l’action. Ensemble, les enfants doivent sauver leur chère Miss Peregrine! Ils sont donc à la recherche d’autres «Ombrunes». En fait, les «Ombrunes» sont des sœurs ayant la capacité de se transformer en oiseau et qui sont «propriétaires» de boucles temporelles, ces boucles servant à protéger les particuliers. Les enfants passent de boucle en boucle pour trouver une des sœurs de Miss Peregrine pour l’aider à ce qu’elle retrouve sa forme originelle. Dans ces boucles, ils feront la rencontre de plusieurs particuliers et cela sous diverses formes! En même temps, Jacob apprendra à mieux comprendre ses nouvelles capacités.

À suivre dans le troisième tome …

Et vous, lisez-vous des romans qui ne font pas l’unanimité dans le monde de la littérature ?
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Un paradis strictement réservé

Je me suis toujours curieusement intéressée à la vie après la mort. À mon avis, il n’y a rien de plus mystérieux. Personne ne sait. Personne ne saura jamais. Du moins, pas de son vivant. Pour cette raison, la littérature qui offre une vision possible de ce que pourrait être l’au-delà m’est toujours apparue comme étant intrigante. Les histoires mettant en scène ce questionnement, omniprésent dans la vie des humains, fructifient l’imagination et apportent toujours avec elles son lot de frivolité, mais également de complexité. Le cycle des Dieux de Bernard Werber en est un excellent exemple. Ce genre de livres a souvent tendance à mélanger mythologie, théologie, science et théorie personnelle. Et selon moi, c’est dans l’infini des possibilités qu’il devient intéressant de s’immiscer en tant que lecteur avide de savoir. Lorsque Neil Smith a été invité à l’émission Plus on est de fous, plus on lit de Radio-Canada pour parler de son tout premier roman Boo, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Mon copain est revenu à la maison ce soir-là, l’esprit emballé et occupé par une envie débordante de me partager sa nouvelle découverte. Évidemment, il savait bien que l’histoire d’un jeune garçon de treize ans, assassiné dans son école secondaire, qui arrive au paradis à la suite de sa mort récente, m’interpellerait au plus haut point. Et malgré ma minime réticence à lire des romans qui semblent de prime abord s’adresser aux adolescents, je me suis plongée dans l’univers des morts-vivants (Ha!Ha!) de Neil Smith.

Effectivement, le concept de vie après la mort qui est dépeint dans Boo se distingue dans sa multiplicité, c’est-à-dire que le nombre de paradis est déterminé par l’origine et la tranche d’âge des trépassés. Oliver Dalrymple, communément appelé Boo à cause de son teint translucide et de sa capacité à être invisible, est mort à treize ans aux États-Unis, ce qui fait en sorte qu’il se retrouve dans un au-delà exclusivement réservé à des adolescents américains décédés au même âge que lui. L’absence d’adulte aurait pu particulièrement déstabiliser la lectrice que je suis. Les enjeux d’un monde strictement adolescent ne font pas partie des problématiques qui m’animent. Et pourtant…

Ce roman réussit d’une part à toucher aux domaines de l’intimidation et de l’amitié et d’autre part, il évoque des questions scientifiques et de moralité. La façon dont la question de morale se déploie au sein de l’œuvre se décline en la voie du pardon et de la vengeance. Des sujets qui, on le sait, intéressent particulièrement les élèves du secondaire. Or, ce qui est spécialement intéressant avec l’histoire de Boo, c’est que malgré la complexité de ses remises en doute, celles-ci demeurent accessibles à des jeunes ayant atteint un certain niveau de maturité. Avec l’étude des textes du genre argumentaire en cinquième secondaire, les adolescents sont rapidement amenés à donner leurs points de vue et à élaborer des arguments pour justifier ceux-ci. L’intrigue de Boo se prête presque naturellement à cet exercice.

C’est qu’Oliver arrive au paradis en croyant qu’il est mort à la suite de complications avec son petit coeur d’enfant qui se veut défectueux et fragile. Pourtant, une rencontre avec un ancien élève de son école, Johnny Henzel, remet la cause de son décès en doute. En fait, les deux adolescents auraient été assassinés par un cinglé à l’intérieur même de leur école secondaire. Rapidement, les deux jeunes hommes vont se mettre à la recherche de ce fameux tueur fou, surnommé Gunboy dans le Village (nom donné au paradis). L’endroit se constitue de treize secteurs dans lesquels il est possible de retrouver, entre autres une bibliothèque renfermant strictement des oeuvres de fiction, des maison du Bien où travaillent les bienfaiseurs, des centres pour les tristedus (jeunes dépressifs et déprimés ayant «passé») et où l’unique moyen de transport est le vélo. À travers leur quête de justice, les deux protagonistes rencontreront d’autres habitants de leur âge, tels que Thelma, Esther, Reginald ,Peter Peter, etc. Cette vendetta menée par les deux amis sera lourde de conséquences et éveillera des débats n’ayant encore jamais eu lieu au Village. Parmi ceux-ci, l’une des premières interrogations soulevée par les habitants sera la suivante: comment Zig (Dieu selon certains résidents de la place, mais pas Boo qui croit fermement en la science) peut-il permettre qu’un meurtrier soit admis au paradis? Dès lors, les valeurs des personnages commenceront à s’entrechoquer dans le combat pour une justice dite juste pour certains et vengeresse pour d’autres.

Oliver Dalrymple est un anti-héros fascinant comme il nous en est peu présenté dans la littérature. Les nombreux aller-retours dans le passé de l’adolescent nous en apprennent plus sur l’intimidation dont il a été victime dans son école secondaire, sur sa grande intelligence scientifique (il sait énumérer les 106 éléments figurant sur le tableaux périodique de l’époque) et sur sa relation avec ses parents. Une belle sensibilité se dégage du personnage et sous mon oeil, elle est particulièrement rafraîchissante à constater au sein de ce genre de roman. Elle envoie comme message qu’il est possible d’être un garçon de treize ans perturbé, sensible et à la fois héros par son intellectualité. Bref, c’est un réel tour de force.

De surcroît, le livre prend la forme d’un manuscrit que le jeune Boo dédie à ses parents toujours en vie. Les nombreux clins d’oeil aux lecteurs à travers les phrases directement adressés à la chère mère et au cher père ajoutent une touche d’originalité au fond autant qu’à la forme du roman. En tant qu’oeil extérieur, on se sent automatiquement interpellé. Comme si de notre position de vivant, on pouvait voir à travers les yeux de la mère et du père. Le tout est d’ailleurs orchestré d’un doigté de maître.

En somme, Boo, c’est un bijou pour tout individu qui se questionne sur la problématique de la morale (oeil pour oeil, dent pour dent ou pardonnez votre prochain?), qui tangent vers la possibilité de multiples spiritualités et qui s’allument à la vue de nouvelles théories sur ce qui nous attend de l’autre côté. Après tout, l’enfer n’est peut-être pas si loin du paradis et ce, même si celui-ci n’est strictement réservé qu’à des enfants de treize ans. Et vous, la littérature vous a-t-elle déjà fait croire en au-delà imaginaire?

Crédit photo: Michaël Corbeil

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La réalité des adolescents en 36 tabous

 

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Tabou

Connaissez-vous la collection Tabou, publiée aux Éditions De Mortagne ? S’adressant à un lectorat adolescent, elle est une véritable mine d’informations à propos de divers sujets importants, et évidemment, tabous! La liste ne cesse d’augmenter: intimidation, pacte de suicide, douleurs sexuelles, viol, cyberprédation, homosexualité, transsexualité, automutilation, TDAH, TAG, hyperphagie, boulimie, anorexie mentale, bipolarité, violence conjugale, cancer, etc. Ses 36 romans vont au-delà des préjugés afin de décrire des réalités difficiles face auxquelles les jeunes (et moins jeunes) peuvent être confrontés. Les différents thèmes abordés permettent aux ados concernés par le sujet de se sentir moins seuls dans des histoires où ils peuvent se reconnaître et, pour ceux qui ne connaissent pas, de faire des découvertes, d’ouvrir leur esprit puis, on l’espère, développer de la compassion ou du moins une certaine compréhension de la problématique. Ces livres sont de bons outils pour les professionnels qui interviennent auprès des jeunes, notamment pour les enseignants. Les dernières pages contiennent des ressources par rapport au sujet abordé. J’ai particulièrement apprécié le dossier d’informations très étoffé que contient NON, c’est non, un roman à propos du viol, écrit par Dïana Bélice. D’après les Tabou que j’ai lu, ce sont des histoires divertissantes, qui se lisent facilement mais sans alléger l’importance des sujets traités. Difficile de ne pas les comparer à de vieux épisodes de Watatatow; on nous en apprend sur la réalité des ados, et ce de façon ludique! (Bon, j’exagère; les sujets sont vraiment mieux approfondis.)

Comme un coup de poignard, Ariane Charland

Le dernier Tabou que j’ai lu, Comme un coup de poignard, aborde le thème des douleurs sexuelles, plus précisément d’une maladie méconnue, la vestibulodynie (douleur intense lorsqu’il y a une pression à l’entrée du vagin). Le roman traite de la maladie, de ses traitements (en passant de la sexologue à la physiothérapeute) et de ses répercussions sur la vie d’une adolescente qui voudrait bien avoir la vie sexuelle comme les autres, et vivre une histoire d’amour sans vivre les frustrations, la honte et la culpabilité que lui font ressentir sa situation. C’est aussi une belle histoire d’amitié, d’amour et de respect de l’autre! J’ai apprécié le rythme du roman dont les narrateurs alternent d’un paragraphe à l’autre et qui nous donnent différents points de vue; il y a Jeanne, la principale concernée, et Luka, son amoureux. Un roman divertissant et éducatif à la fois; deux qualités pour un bon Tabou !


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La pureté du coeur

Je ne fais pas partie de ces milliers de personnes qui ont lu L’orangeraie et qui ont adoré. C’est pas que je n’ai pas aimé, je n’ai tout simplement pas eu la chance de m’y plonger. Toutefois, je me suis fait un plaisir en lisant le tout dernier roman de l’auteur, L’impureté. J’ai lu du Larry Tremblay au cégep, je me souviens de The dragonfly of Chicoutimi et surtout d’en avoir eu un peu peur par son bilinguisme et par la manie de mon enseignante de nous faire lire à voir haute en classe (#élèvediscrète)

J’ai tellement entendu de bien de Larry Tremblay dans les dernières années que j’ai eu envie de lui donner une deuxième chance. Dans L’impureté, on y questionne beaucoup la notion de vérité, de bien et de mal. Rien de nouveau, me direz-vous. Toutefois, il y a dans l’écriture de Larry, dans la construction de ses personnages, un vrai travail de mise en abîme qui fait en sorte que j’ai bien de la difficulté à écrire ces lignes.

L’impureté, c’est l’histoire d’Antoine, un professeur de philosophie qui est marié à Alice Livingston, décédée subitement. Alice était une grande auteure et elle laisse derrière elle son plus dernier roman « Un coeur pur ». Antoine lève facilement le nez sur l’oeuvre de sa femme qu’il considère superficielle et facile. Il en sera le premier surpris.

Dans ce roman bouleversant laissé par Alice, Antoine fera face à ses souvenirs de jeunesse. On y rencontre les mêmes personnages et les mêmes situations que dans la vraie vie d’Antoine. Les événements se relient, se croisent, se ressemblent et nous mélangent. Ce procédé narratif vient un peu alourdir la lecture.

Très existentialiste dans sa vision des choses, on y suit les mésaventures d’Antoine lorsqu’il était plus jeune et accompagné d’Alice et de son ami Félix. Antoine expérimente et manipule ses proches pour des croyances philosophiques. Il teste des concepts tels que la pureté du coeur. Sartre prendra aussi une place importante dans son émancipation tout comme dans sa relation avec Alice qui sera inspirée de celle entre Sartre et De Beauvoir.

Alice et Antoine auront donc un fils, prénommé Jonathan, qui jouera un rôle déterminant dans le coeur du roman, mais qui est, à mon sens, très peu exploité. L’impureté pose des questions essentielles à la philosophie, telle que est-ce que la pureté existe? L’homme est-il pur, le coeur peut-il être pur? Des questions qui ne datent pas d’hier.

Or, le roman est coincé dans un flou narratif où deux histoires s’imbriquent l’une dans l’autre. Parfois difficile à comprendre et à nuancer, L’impureté n’a pas été pour moi ce gros coup de coeur que j’attendais. J’arrive cependant à dénoter un réel talent d’écriture chez Tremblay et un excellent sens de la narration. Il n’y a pas un mot de trop dans ce court roman. Au contraire, j’aurais bien aimé davantage de pages sur Alice Livingston et sur Jonathan.

L’impureté du coeur existe, Tremblay nous le reconfirme.


Le fil rouge tient à remercier les éditions Alto pour le service de presse.
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Le plaisir de lire les journaux intimes des autres

Lire les journaux intimes des autres; quelle idée! C’est un de mes cauchemars que quelqu’un décide de poser ses yeux indiscrets sur mes pensées, observations et séances de chialage bien personnelles. Pourtant, lorsque c’est à mon tour de lire ceux de certaines auteures que j’admire, aucune hésitation, j’y plonge sans retenue. Voici mes deux préférés.

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Le journal de Marie Uguay, publié en 2005 aux éditions Boréal et rendu disponible par Stéphan Kovacs, celui qui fut le conjoint d’Uguay, est une expérience immersive extraordinaire. Le Journal a été écrit de 1977 à 1981, donc à partir du moment où on a amputé la jambe de la jeune cancéreuse jusqu’à quelques semaines avant sa mort précoce, à l’âge de 26 ans. On entre carrément dans la tête de la jeune poète! L’univers poétique intensément intime de l’auteure, raconté dans sa voix simple, acquiert une nouvelle dimension grâce à ce journal.

Composé de plusieurs cahiers, le journal témoigne d’un regard curieux et sans cesse émerveillé sur le monde. J’admire tellement cette fascination pour le merveilleux dans le quotidien chez Uguay. Je l’ai d’abord rencontrée dans ses collections de poèmes, mais elle est encore plus présente dans son journal intime, son journal de création, où il y a une urgence bruyante de raconter le monde précisément et généreusement, à chaque page. Kovacs a choisi de laisser les poèmes qu’elle a écrits dans son journal en premier, puisque, comme Michel Biron l’a par la suite souligné, son journal est « un atelier intime où la poète s’exerce à habiter son monde par l’écriture » (Contre-jour : cahiers littéraires, n˚8, hiver 2005). Un atelier qui offre au lecteur une fenêtre de choix sur le processus créatif d’Uguay. Ça lui permet de remettre le poème dans la vie de l’auteure à ce moment-là et de mieux comprendre, ou simplement de mieux apprécier, certains poèmes.

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Le journal de Virginia Woolf, quant à lui, fait découvrir la célèbre romancière anglaise dans toute son intensité d’écrivaine et d’amoureuse de la littérature. Couvrant une grande période de sa vie (de 1918 jusqu’à quatre jours avant son suicide en 1941), le journal fut également publié par son conjoint, l’auteur Leonard Woolf, en 1953 (Titre original : A Writer’s Diary). Comme celui d’Uguay, le journal de Woolf fait découvrir le processus créatif de l’auteure. On la suit alors qu’elle réédite La promenade au phare, Une chambre à soi et Les vagues, par exemple. Tous des classiques à présent! On la voit travailler à trouver la manière la plus précise de capturer un sentiment ou une pensée.

Les deux auteures nous mènent à travers des terrains émotionnels extrêmes. Surtout que l’on connaît déjà leurs tristes fins. On ne peut s’empêcher d’avoir la mort proche en tête en lisant ces deux journaux créatifs/intimes. Uguay la savait proche à cause de sa maladie et Woolf laisse présager sa triste fin dans certains passages quasiment maniaques. Bref, les deux journaux, par leur beauté singulière, leur rapport à la création et, surtout, leur extrême capacité de discernement, font quelques fois l’effet d’une claque. On vit leurs craintes et ébahissements face à la beauté du monde comme une grande gifle littéraire! Ça réveille parce que ça semble vrai et plein d’importance. Je vous invite à vous immerger dans la tête de ces écrivaines impressionnantes pour observer la création de près et vous laisser surprendre par la lucidité de leurs propos. Ce sont des lectures vraiment touchantes, qui font du bien, même si elles font parfois mal par moments.

Autres journaux d’auteurs à découvrir :

  • Celui de Saint-Denys-Garneau
  • Journaux de Sylvia Plath
  • Les journaux/mémoires d’Anaïs Nin

Et vous, en connaissez-vous d’autres journaux d’écrivains? Est-ce que ça vous touche autant de les lire?

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De l’autre bord de la 117 Nord, l’exil

Pour se rendre dans la ville où j’ai poussé mon premier cri d’existence, il faut manger quelques kilomètres d’asphalte de patience, rouler sur la 117 Nord et traverser la réserve faunique La Vérendrye. Je viens de refaire une ixième fois le périple. Croiser de temps en temps des camions qui transportent le fruit désolant des coupes à blanc. Tourner la tête à droite offrira un meilleur spectacle: un mélange d’images de lacs, de rivières, de gens qui font du pouce plus qu’ailleurs et des épinettes bien fières. Être entouré de l’odeur et du silence des arbres qui se tiennent encore debout. Un parfait trajet pour les contemplatifs.

Enfin le temps aussi d’égrainer ses playlists. Il faut sortir ses meilleures trames sonores pour ces toiles de fond. La récompense au bout du chemin est le ciel d’Abitibi qui a un je-ne-sais-quoi de magnifique. Ça peut paraître loin comme bout de pays, mais c’est là où j’ai vu les gens être les plus proches. Vaste étendue de territoire, les gens s’y resserrent. Mais pour toutes sortes de raisons, l’exploitation des sols miniers peut parfois ébranler des liens tissés serrés et miner sa propre identité.

Pour toutes ces raisons, j’ai lu avec intérêt 117 Nord. Le titre en lui-même me parlait. Native de l’Abitibi elle aussi, l’auteure de 27 ans Virginie Blanchette-Doucet a écrit cette première publication en toute connaissance de cause. Dans son roman, il s’agit de Maude et de Francis (amis-amants, on ne sait trop) qui ont évolué ensemble et aussi chacun de leur côté respectif de la 117. Une mine y fait maintenant son nid: d’un côté les maisons sont épargnées, de l’autre pas. Francis pourra continuer d’y habiter, mais Maude, de son mauvais côté de route, devra céder son bout de terre et son toit.

« Combien de fois déjà avais-je regardé ce spectacle plus loin sur la 117, avec un mélange de fascination et de stupeur, tu sais, comment on peut un matin se lever pour aller regarder de la machinerie lourde détruire les traces qu’on voulait justement laisser? »

Ayant été tous deux témoins de démolition des maisons pas loin de chez eux, Francis et Maude vivent maintenant un petit massacre de leur propre intérieur. Quand le grand moteur économique de la région se trouve dans le sol, c’est une des dures réalités, certains résidents malchanceux y vivent l’expropriation. À moins de céder leurs terrains et maisons en acceptant une compensation monétaire. Bien qu’aucun chèque ne puisse racheter les souvenir coincés entre les murs d’une bâtisse bientôt démolie, Maude a accepté de quitter son territoire occupé pour partir vivre à Montréal. Elle assiste comme triste témoin de ses concitoyens à leur refus de laisser leur passé derrière. Eux partent vers un ailleurs avec comme bagage, leur maison.

« À l’aube, les familles marchaient à côté de leur maison juchée sur une remorque, la vaisselle tremblait dans les armoires aux portes retenues par du ruban collant. Les gyrophares silencieux projetaient leur lumière rouge sur les visages fermés. Une file de voitures attendait derrière, pas de coups de klaxon, pas d’impatience. Cortège. Personne n’a eu le temps de mourir, mais jamais la 117 n’a compté autant de fantômes. »

La douce écriture pleine de ressenti m’a rendue curieuse de lire à nouveau de cette auteure. Un avenir littéraire qui semble plein de promesses. J’ai beaucoup apprécié la plume sans fard de Virginie Blanchette-Doucet. Peu de mots, l’essentiel, on saisit bien l’essence de son 117 Nord. Un premier roman porté habilement par sa sensibilité. Un ouvrage scindé par de très courts chapitres, 159 pages facilement vite lues. Malgré le sujet qui, à première vue peut paraître lourd, une douce poésie finit par s’y infiltrer. On est témoin du spectacle des exilés. La lourdeur on ne la sent pas, on ne la voit que passer. Comme les centaines de kilomètres qui séparent Val-d’Or de Montréal. Ou qui séparent Francis de Maude. 117 Nord vous donnera sûrement l’envie de faire la grande route pour voir ailleurs si vous y êtes.

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En roulant sur la 117 Nord quelque part en juin 2016

Le fil rouge tient à remercier Boréal pour le service de presse
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Ces livres peuvent changer votre vie; prescriptions littéraires

Les livres qui traitent de bibliothérapie, il y en a de plus en plus. Après le fameux The novel cure, est sortie une panoplie de livres proposant des lectures pour chaque occasion, moment et émotion.

C’est justement ce que propose Ces livres peuvent changer votre vie; 100 prescriptions de bibliothérapie; les intentions de cet ouvrage ne pourraient être plus claires. Ce petit livre rouge (faisant écho à The novel cure) est signé d’une préface d’Agnes Ledig, auteure française à succès. Les prescriptions littéraires sont, pour leur part, recueillies par Élodie Chaumette, à la fois psychologue et lectrice.

Le recueil est séparé en dix chapitres touchants des facettes typiques à la recherche de bien-être et à nos quotidiens : être heureux, traverser des épreuves, élargir sa vision du monde, apprivoiser ses émotions, prendre le temps, etc. À travers ces vastes sujets, l’auteure nous propose mille et une circonstances et situations, parfois cocasses, parfois plus sérieuses, qui font écho à chaque catégorie.

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Pour chaque livre, vous trouverez une courte présentation suivie de pistes de lecture et d’une proposition pour prolonger la lecture – par la pensée, par la découverte d’un film, d’un lieu, d’un autre livre, d’un site internet… Car les livres ne sont pas déconnectés du monde. Au contraire, ils en partagent la matière, y plongent leurs racines et les nourrissent à leur tour.

C’est justement ce jeu entre suggestions de livres et propositions pour prolonger la lecture qui rend ce livre intéressant. L’auteure ne s’arrête pas simplement aux prescriptions littéraires, mais pousse plus loin, et propose des pistes d’actions. En somme, elle fait bien usage de ce qu’est la bibliothérapie, de manière accessible et simple.

Pour ce qui est des choix de lecture proposés, il y en a un peu pour tous. Plusieurs classiques, certes, mais balancés par du Amélie Nothomb, Henning Mankell et Charles Bukowski. Je n’ai pas lu beaucoup des choix proposés, je ne peux donc donner mon opinion sur la qualité et la viabilité de ceux-ci. Par contre, j’y reviendrai, peut-être sans but précis, lorsque ma P.A.L sera moins longue, question d’y découvrir de nouveaux romans.

Je crois que ce petit bouquin rouge est un bel objet de référence, pour découvrir de nouvelles lectures, prendre un moment pour soi et trouver des livres qui font du bien.

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Voici le magazine de mode qu’il vous faut lire

En faisant les courses au supermarché à Paris, en passant devant l’étal à journaux bien garni, un magazine rose bonbon m’a tapée dans l’œil. Il annonçait fièrement : « Paulette, le féminin 100 % participatif ». Intriguée, j’en ai feuilleté les pages. Devinez quoi, je suis repartie avec la revue sous le bras.

Paulette est un magazine féministe entièrement indépendant conçu par des Françaises et pour les Françaises (d’adoption dans mon cas). Paulette est un projet multi-plateforme : un magazine bimestriel, un site Internet communautaire, une agence de communication 2.0. Sur le site de Paulette, vous créez un compte personnel et vous pouvez relayer des articles, participer à des discussions, suggérer du contenu. C’est une grande communauté virtuelle de filles qui s’entraident, s’informent, se soutiennent. Le magazine est un peu le fruit matériel d’une série de réflexions virtuelles.

Pourquoi parler d’un magazine de mode sur un blogue littéraire? Parce que lire Paulette m’a pris au moins 5 ou 6 trajets de métro à travers la Ville Lumière. Les articles sont riches, touffus, intéressants. Les auteures touchent à la mode, à la musique, au cinéma, à la culture, à l’Internet. On y trouve les portraits d’artistes émergentes, la présentation de produits culturels féministes, des éditoriaux mode réalisés avec des mannequins non professionnelles. En lisant Paulette, on s’informe, on se cultive tout en se divertissant. Le jackpot, quoi.

Le féminisme fait-il vendre, en 2016 ? Peut-être au Canada où les produits à saveur féministe abondent (je dis cela sans préjugés, j’ai moi-même des t-shirts et des cotons ouatés à slogans féministes). En revanche, je sens que ce produit, un magazine 100 % féministe, est encore un ovni dans le média papier français. Un ovni extrêmement étrange dans le champ du magazine féminin. Qui est bien le public cible de Paulette? Le look rose bonbon de la revue, son esthétique bien léché peuvent facilement séduire des lectrices moins engagées idéologiquement sans néanmoins déplaire aux amatrices de mode déjà 100 % féministes (comme moi). Mais les lectrices pas particulièrement féministes se laisseront-elles tenter par un deuxième numéro ? Je n’en suis pas sûre…

Quoi qu’il en soit, Paulette est un bel objet. Le magazine a un format intéressant, une qualité d’images digne des grands magazines de mode. Je laisserai sans hésiter mon numéro septembre/octobre sur la table à café pour que mes invités le feuillettent avec attention.

Vous pouvez vous procurer le magazine (en pdf) et participer aux conversations sur le site Internet Paulette.
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Sous la cloche

Au cours du lancement des coffrets littéraires du Fil rouge, il y a avait un panel sur la littérature avec des auteures québécoises; lors de cette soirée, j’ai appris l’existence d’une auteure américaine, Sylvia Plath. Unanimement, cette auteure, plus précisément son roman The bell jar, La cloche de détresse en français, était un incontournable, en plus d’être un livre bouleversant, mais éblouissant.

C’est l’histoire d’Esther Greenwood, elle a dix-neuf ans et passe un séjour à New York, car elle a gagné un concours de poésie organisé parc un magazine populaire. Elle se retrouve donc dans cette grande ville toujours en action avec douze autres filles et participe à des soirées, des événements de mode, etc. Sous une toile de fond des années cinquante, Esther perd intérêt pour les activités préalablement organisées, pour s’inventer ses propres aventures à travers la ville agitée, des bonnes comme des moins bonnes. À son retour de New York, elle retrouve la petite ville de banlieue monotone où elle a grandi, il faut dire qu’Esther a toujours eu une vie mouvementée, étudiant au collège et gagnant des bourses, tout en ayant de bonnes notes. À son arrivée elle frappe un mur, où il n’y a plus toutes les choses auxquelles elle était habituée. Elle s’engage à écrire un livre, mais perd vite intérêt, au point même de lui créer une peur de ne plus jamais pouvoir écrire. On plonge donc dans un récit plus dramatique, où Esther va tenter de se suicider, mais une lueur d’espoir est toujours à l’horizon.

Pour celui qui se trouve sous la cloche de verre, vide et figé comme un bébé mort, le monde lui-même n’était qu’un mauvais rêve.

L’auteure portait bien ce qu’est la dépression, étant un récit d’inspiration autobiographique et considéré comme un roman à clef, Plath propage ses inquiétudes, ses troubles, ses peurs, ses envies à l’intérieur d’Esther, mais cette propagation ne s’arrête pas là, elle va jusqu’au lecteur qui n’a pas de mal à s’imaginer protagoniste de l’histoire. L’auteure décrit avec une telle sincérité et authenticité les sensations et émotions du personnage, qu’il semble évident qu’elles soient fondées. L’auteure est morte un mois après la publication anonyme de son roman pour ensuite, après sa mort, le publier sous son nom, ce roman englobe plus qu’une histoire, il réunit une histoire fictive et une histoire tout à fait réelle, et c’est ce qui blesse. Mais le livre est addictif, malgré l’atmosphère dans laquelle l’histoire nous enveloppe, le sujet n’est pas lourd, c’est même libérateur de le lire.

Le silence me déprimait. Ce n’était pas le silence du silence. C’était mon propre silence.

La prose de Plath est également incroyable, l’auteure manie habilement le vocabulaire qu’elle emploie et utilise des métaphores incroyablement justes dans leur contexte, on ne peut tout simplement pas imaginer ce livre écrit par quelqu’un d’autre. Personnellement, c’est probablement le meilleur livre que j’ai lu en 2016, et assurément dans mon top cinq à vie, rien de moins, ce livre est un chef d’œuvre.

À surveiller en 2017, l’actrice et réalisatrice Kirsten Dunst réalise une adaptation cinématographique du livre, avec Dakota Fanning dans le rôle d’Esther Greenwood. Dunst veut  s’inspirer de l’ambiance dégagée par le film The virgin suicides, réalisé par Sofia Coppola, (également inspiré d’un roman) dont Dunst avait le rôle principal.

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Des héroïnes inspirantes (suite)

Pour faire suite à un article écrit par Gloria en janvier dernier et pour relancer la discussion et le ressassement de souvenirs de jeunesse, j’ai décidé de vous présenter ici d’autres héroïnes littéraires qui nous inspirent.

Fanie propose Harriet l’espionne. Paru en 1964, ce roman, écrit et illustré par Louise Fitzhugh, présente une jeune fille de onze ans qui vit dans l’Upper-East-End de New York et veut devenir écrivaine. Une fille de routine qui refuse de manger autre chose que des sandwichs aux tomates, Harriet espionne ses amis et camarades de classe, prenant soigneusement des notes dans son carnet chéri. Têtue, imaginative et honnête, Harriet est un modèle de persévérance quand tout semble aller mal.

Martine propose Matilda et Fifi Brindacier, sur lesquelles elle a d’ailleurs déjà consacré un article chacune. Héroïne du roman éponyme paru en 1988, Matilda est une petite fille douée d’une intelligence hors pair qui adore jouer des tours et lire des livres. Parents peu présents et directrice d’école tyrannique n’arrêtent pas l’enthousiasme et les pouvoirs de télékinésie de cette petite fille, qui brave les interdits pour aider ceux qu’elle aime! Fifi Brindacier, quant à elle, incarne l’indépendance comme personne d’autre. Forte, fière et capable de vivre toute seule dans sa maison, Fifi inspire par sa force et sa coupe de cheveux!

Je vous propose maintenant trois autres jeunes filles qui ont des caractères qui inspirent. Liesel Meminger vole des livres! Héroïne du roman La Voleuse de livres de Markus Zusak (2005), Liesel est contrainte à voler des livres dans une grande maison riche de son village lorsque les habitants décident de tout brûler les exemplaires en ville. On est en Allemagne nazie, braver les interdits n’est pas une mince affaire. Courageuse, Liesel s’ajoute sans contredit à la liste des classiques héroïnes littéraires, malgré la relative nouveauté du roman.

Vous connaissez sans doute Anne Shirley, l’héroïne de l’île du Prince Édouard, au centre de la célèbre série de livres par Lucy Maud Montgomery (1908). Ils ont été vendus à plus de 50 millions de copies et traduits dans plus de 20 langues! D’ailleurs, Anne a les deux tresses rousses les plus célèbres, après ou avant Fifi Brindacier? J’élis Anne au rang des héroïnes inspirantes surtout à cause de son imagination débordante. Elle est une grande passionnée de la vie qui s’imagine toutes sortes d’histoires pour embellir ses journées, et, pourquoi pas, pour se faire du bien aussi!

Sara Crewe est le personnage principal du roman La Petite Princesse de Frances H. Burnett (1905). J’admirais l’imagination et la force de caractère de Sara lorsque j’avais dix ans. Se retrouvant seule dans une école, la petite fille impulsive n’a peur de personne et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Et, comble du bonheur, elle devient amie avec un singe qui vient la visiter par la fenêtre!

Et… je n’ai pas pu résister à mettre Hermione Granger, encore! La fameuse héroïne du trio d’amis dans les Harry Potter a une place d’honneur dans le coeur de pas mal toutes les collaboratrices du Fil rouge. Elle a déjà fait l’objet de différentes critiques/réflexions/textes, mais j’ai décidé de l’inclure ici à la fin parce que, des fois, tout ce que ça prend pour se rappeler le pouvoir de nos héroïnes jeunesse, c’est de penser à la main d’Hermione qui fend l’air plus vite qu’un éclair pour répondre à une question!

Bon. Il faut le dire. Les six héroïnes ci-dessus sont remarquablement semblables. Elles sont presque toutes seules dans le monde, étant orphelines ou ayant des parents très absents. Elles ont donc la pleine liberté de devenir des personnages plus grands que nature qui affrontent souvent leur monde et le monde adulte avec une sensibilité bien au-delà de leur âge. Leur similarité est inspirante d’un côté et un peu inquiétante d’un autre; il y a un manque de diversité assez flagrant… Il serait bon que je renouvelle mes lectures jeunesse un peu je crois.

Passons maintenant du côté adulte et des personnages souvent plus près des ‘vrais gens’. Valérie vous propose Adélaïde. Je me souviens avoir dévoré la trilogie de Marie Laberge. Adélaïde, héroïne du deuxième opus, était aussi mon personnage préféré. Dans un Québec assez conservateur et en guerre des années 1940, Adélaïde demeure pleine de fougue et d’une force de caractère incomparable. Elle brave le scandale et plonge dans la vie amoureusement – inspirant, c’est sûr!

Karina a consacré un article à tous les écrits de la fabuleuse Jane Austen, que vous pouvez relire ici. Mais moi je vais seulement vous parler d’Élizabeth Bennett, ma préférée de tous les temps, depuis que j’ai l’âge de 15 ans! Lizzie, pour les intimes, est l’héroïne du fameux roman Orgueil et Préjugé. Intègre, audacieuse et rieuse, Lizzie inspire à tous les coups. Elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense ou de marcher dans la boue, même si ça pourrait tacher le bas de sa robe!

Alexandra a choisi Scarlett O’Hara et, comme de fait, elle a écrit un texte à son sujet! Héroïne de la saga Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell (1936), Scarlett est une jeune femme vaine et un peu égoïste, décidément impétueuse qui se rebelle contre les lois strictes de la société sudiste américaine à l’époque de la guerre de Sécession. Modèle du courage de faire comme elle l’entend, Scarlett O’Hara inspire.

Et vous, quelles héroïnes vous inspirent ?
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