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Sucre : vérités amères et conséquences salées

Lorsque Bernard Lavallée, le nutritionniste urbain, a publié une photo sur instagram du livre Sucre, écrit par Catherine Lefebvre et tout récemment paru chez Édito, j’ai tout de suite su que je devais me le procurer. Le titre m’a accrochée avec sa référence au jeu populaire qui finit souvent mal, Vérité-conséquence, et les illustrations de la couverture avaient tout pour me charmer. Arrivée en librairie, j’ai été un peu plus réticente dû à l’épaisseur du bouquin. Bien naïvement, je m’attendais à ce qu’on me dise Le sucre c’est mal! alors je me demandais jusqu’à quel point un ouvrage d’un pouce d’épaisseur pouvait être pertinent…

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Finalement, le livre est très bien présenté; séparé en différentes parties, il est difficile de s’y perdre, contrairement à ma crainte du départ. On y retrouve quelques fois de magnifiques photos de travailleurs sur des cultures de canne à sucre, ainsi que de t12899541_10154641503404256_100755228_orès jolies petites illustrations qui évoquent les confiseries. La toute première partie est clairement celle que j’ai le plus appréciée. L’auteure y raconte l’Histoire amère de la canne à sucre sur plusieurs milliers d’années. Vous savez, dans Pulp Fiction, quand on revoit la même scène du point de vue des différents personnages. J’avais l’impression de me faire raconter l’Histoire que j’ai apprise au secondaire, mais d’une perspective totalement différente. Des pays ont été fondés à cause des climats propices à la culture de la canne à sucre, des colonies ont obtenu leur indépendance en menaçant l’industrie du sucre, l’esclavagisme a été aboli grâce à ces cultures. C’était une entrée en matière déjà bien percutante pour moi.

Par la suite, on tombe dans le plus technique. Catherine Lefebvre décortique les différents types de sucres, dans quels aliments on les retrouve, en quoi certains sont bons pour nous et d’autres très nocifs. Cette partie est plus spécifique, du moins pour un esprit peu scientifique comme le mien. J’ai tout de même apprécié les explications de l’auteure, elle comprend que son lecteur n’est pas nécessairement spécialiste en la matière et bien heureusement! Sinon elle serait passée à côté du but premier de cette publication. Ça en fait par contre une lecture un peu plus ardue, je devais parfois revenir en arrière parce que je ne comprenais pas certains détails qui me semblaient pourtant primordiaux.

J’ai beaucoup aimé qu’à la fin de chaque partie, il y ait une page simple avec les éléments À retenir. C’est un ajout très pertinent selon moi, puisque ça permet de lier ensemble les différentes composante12874222_10154641503614256_1391626459_os que l’on vient d’explorer. À quelques moments durant ma lecture, je me suis surprise à avoir envie de chocolat. Ça m’a fait réaliser à quel point le sentiment de dépendance a remplacé celui de la récompense par le sucre. Bien que je ne sois pas tant une bibitte à sucre, je trouve plutôt légitime que Lefebvre compare le sucre à la cocaïne… À la différence que celui-ci, sans excès, est nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme. Oumf.

Lorsque j’ai lu la partie sur les maladies liées à une surconsommation de sucre, je me suis demandé avec tristesse pourquoi ces faits n’étaient pas plus connus. Et Catherine Lefebvre m’a bien répondu : la plupart des études scientifiques en lien avec ces maladies sont financées par l’industrie du sucre… Ce serait bien mal vu qu’elles parlent contre leur boss. J’ai pensé aux personnes autour de moi qui souffrent de diabète, de maladies cardiovasculaires, de cancer (passé et présent) et je me suis désolée que ces données soient cachées ou mises sur la faute des méchants gras trans. C’est réellement la partie qui m’a le plus ouvert les yeux sur la société de (sur)consommation dans laquelle nous vivons et qui m’a fait comprendre l’importance d’une telle parution.

12874227_10154641503494256_732685159_oAlors non, l’auteure ne déclare pas Le sucre c’est mal ou Le sucre c’est bien. Il y a plusieurs subtilités dans le monde de Big Sugar et c’est là tout le défi d’écrire un tel ouvrage et encore plus de le rendre accessible à Monsieur-Madame Tout-le-monde. Malgré qu’il faille peut-être quelques connaissances de base en nutrition pour bien apprécier, même si ce n’est qu’à un niveau ça m’intéresse donc je lis un peu sur le sujet. Ça vaut tout de même le coup, si le sujet vous intéresse. Je l’ai dévoré en quelques soirées, malgré son arrière-goût un peu amer!

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Catherine Voyer-Léger, un corps nommé désir

Je n’avais pas encore refermé Désordre et désirs, la dernière publication papier de l’auteure, chroniqueuse et blogueuse Catherine Voyer-Léger aux éditions Hamac, que j’ai été prise de ce sentiment d’urgence que vous avez sans doute déjà éprouvé à la suite d’une lecture particulièrement brillante : recommander le livre à tour de bras. Pour la plume agile, les métaphores palpitantes, les idées nues, le ton juste, mais aussi pour la personne fascinante et accessible que j’ai su rencontrer entre les lignes, c’est ici, c’est dit, lisez le dernier Voyer-Léger! Reprenant la belle image que l’auteure emploie en ouverture, j’ai eu envie de relayer, de relancer les avions en papier, à savoir ces réflexions ouvertes qu’elle sème aux quatre vents, à qui voudra l’entendre. 

 

Le texte provient de son blogue, cette tribune encore mystérieuse des temps modernes qui donne parfois l’impression de taper dans le vide sans obtenir de réponse, comme le remarque l’auteure. Si le format électronique peut sembler désincarné, pour elle, l’écriture est d’abord physique; elle s’ancre dans le corps, s’y développe, et chaque texte publié devient mouvement d’une articulation plus grande, projeté sur un canevas d’une chorégraphie infinie. Le découpage d’un seul texte équivaudrait donc à chaque mouvement, geste saisi au vol dans ce grand rituel :

« J’ai alors pensé que j’écris pour ça, pour que chaque tentative soit un petit moment en suspension dans une scène plus vaste. J’écris comme un rituel pour que le geste devienne souple et pour qu’en se multipliant il crée une danse. Pour qu’entre l’instant en suspens et la beauté des cimetières quelqu’un se dise peut-être : ça, c’est très exactement ce dont j’avais besoin maintenant. » (p. 11)


Catherine Voyer-Léger ne m’était pas tout à fait inconnue. Je dis pas tout à fait, car sa participation au collectif Les tranchées (2015), projet dirigé par Fanny Britt interrogeant les maternités contemporaines (ouvrage fortement conseillé), avait déjà retenu mon attention. En outre, Voyer-Léger a publié un recueil de chroniques intitulé Détails et dédales (Hamac) ainsi qu’un essai nommé Métier critique (Septentrion) et tient actuellement un projet d’écriture web intitulé Corps dedans/dehors — une création à l’interface novatrice, je ne vous en dis pas plus, allez visiter!

Le passage de l’écran à l’imprimé ne se sent pas sinon si peu, ne serait-ce que dans la brièveté et la concision des textes évoquant le billet journalistique. Les textes titrés prennent la forme de petits essais, entremêlant magnifiquement expérience personnelle, actualité et questionnements. L’agencement successif des billets tend à générer une forme de récit, entrée après entrée, qui se trame avec ses développements, ses points d’arrêts, et finalement, sa conclusion.

L’écriture de Voyer-Léger, nourrie d’humour et d’autodérision, dégage une énergie survoltée; on embarque volontiers dans son rythme soutenu et on la suit avec une grande fluidité et un enthousiasme renouvelé. Celle-ci aborde des sujets, qu’ils soient d’actualité ou intemporels, aussi divers que pertinents; notre relation au corps, notre rapport aux nouveaux médias et au 2.0, à l’image et à autrui, à la sexualité et à l’érotisme, les questions liées à l’ignorance et à la mémoire, et encore bien, bien d’autres. Sans nous prendre par la main, la maîtrise de ses moyens littéraires permet à l’écrivaine de capter notre attention et de l’entraîner dans un dédale de réflexions s’entrecroisant, se répondant autour d’une sorte d’armada de désirs. Désirs d’observer, d’interroger, de sentir, de comprendre; désir d’investir le corps, de nommer les choses, de les voir se déployer autrement, de vivre; mais peut-être surtout, désir d’être lue, et donc d’interagir, de voir son avion de papier se faire cueillir par des mains, inconnues peut-être, pour être relancée dans la foule sans nom. L’attraperez-vous?

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Nos découvertes au Gala de l’Académie de la vie littéraire


Dimanche le 13 mars dernier, je me suis rendue, avec Marjorie et Alexandra, rejointes par Marie-Hélène et Kim, à la Sala Rossa. Un peu en retard après un souper Aux vivres, on s’est faufilées dans la salle, mais bien heureusement le gala n’était pas commencé! D’emblée, on se sent privilégiées d’être entourées de passionnés de poésie et de littérature qui comprennent sans concession cet amour des mots. Le gala de la vie littéraire terminait en grand le festival Dans ta tête qui offrait pendant dix jours des événements en lien avec la poésie. Mon horaire m’empêchait d’assister aux autres événements et j’avoue avoir été déçue à la suite du gala, parce que je suis certaine que les autres soirs étaient aussi étincelants.

Pour ma part, mon coup de cœur de la soirée a été Filles missiles. Quelques semaines avant, je m’étais rendue au lancement du zine au Quai des brumes et j’ai été complètement charmée par l’œuvre. Cette façon d’aborder la vie quotidienne dans une poésie contemporaine qui touche droit au cœur me plait. J’admire leur aplomb et la franchise qui résonne dans leurs textes.

Mention spéciale aussi à la Revue Boulette et à leurs judicieux conseils pour faire semblant d’avoir lu Proust. #Lamadeleine

Le gala vu selon Alexandra

Sala Rossa. Lumières tamisées. La bière coule à flot, les drinks le fun aussi, on entend des fous rires, les gens sont heureux pendant que deux hommes accoutrés de chemises carreautées montent sur scène. Le Gala de l’Académie de la vie littéraire, le 13 mars dernier, commençait en force avec la présentation de ces deux lauréats, Maxime Nadeau et Michel Vézina, et de leur projet hors du commun : Le Buvard, la première librairie mobile du Québec. OUI. Je n’ai pas pu faire autrement que de gober chaque parcelle des mots de ces deux hommes qui expliquaient d’où venait leur idée folle, leur idée merveilleuse. Dans un camion, des livres qui déambulent, qui viennent jusqu’à nous. Pour le plaisir de la littérature, avec plus de 2 000 titres qui roulent et qui roulent un peu partout sur le sol québécois. Une soirée de découvertes littéraires, avec des mots à volonté pour nous faire voyager dans des mondes parfois trash et complètement éclatés, lors de ce gala pour la toute dernière journée du festival Dans ta tête.

Le gala vu selon Kim

Le Gala de l’Académie de la vie littéraire, c’est l’événement par excellence pour entendre des voix peu connues, découvrir de nouvelles plumes, des talents qui méritent d’être lus. L’équipe du Gala nous a présenté des artistes brillants qui ont créé une soirée à la fois douce, trash et drôle. Les sympathiques gars de la librairie ambulante Le Buvard ont donné une dose d’humour à la soirée en racontant les péripéties mécaniques de leur beau projet. J’ai aussi été charmée par les mots envoûtants des poètes Melissa Bull et Mia Poirier qui m’ont ouvert la voie de la poésie anglophone. Une autre artiste ayant piqué ma curiosité est Sylvie Rancourt. Nul doute que je lirai sa bande dessinée Mélody, dans laquelle l’auteure, ayant été danseuse nue, y expose le récit de sa vie. (Pourquoi pas le lire pour le défi littéraire du mois de mai?!) Et que dire de la table de ventes! Tous les participants du festival y étaient. Je me suis procuré Bluetiful de Daphné B, paru aux Éditons de L’Écrou, parce que je n’en avais entendu que de bons mots. J’ai aussi été tentée par Coeur de bête Hôpital de Christine Germain publié aux Éditions Rodrigol. (Je vous conseille de lire l’excellent De Dieu et de ma camisole de force d’Annie Gauthier, récit de voyage d’une jeune femme atteinte de la schizophrénie, paru à cette même maison d’édition.) Bref, une belle soirée; des artistes inspirés et inspirants.
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« Celle que vous croyez » : Jeux de miroir amoureux

Camille Laurens (Laurence Ruel de son vrai nom) est une écrivaine française qui a signé plusieurs oeuvres intimistes avec des thèmes qui me parlent ; passion, amour, intimité. Elle est aussi membre du jury du prestigieux prix Femina. Dans plusieurs de ses oeuvres, elle touche à l’autofiction et s’amuse à jouer avec le réel, la vérité et la fiction. Son oeuvre Philipe où elle raconte le décès de son petit garçon en est un bon exemple.

J’avais eu la chance de la découvrir, il y a de ça quelques années avec son roman Dans ces bras-là et j’avais bien aimé. C’est en lisant un petit billet (dont j’oublie la provenance!) sur son dernier roman que j’ai eu envie de me le procurer. On y faisait l’éloge tout en remarquant les thèmes actuels du roman ; identité virtuelle, relation amoureuse, paradoxes de la beauté, etc. Ça ne m’en prenait pas davantage pour que j’aille envie de me plonger dans sa dernière oeuvre.

Avec Celle que vous croyez, Camille Laurens offre une oeuvre des plus modernes dans une ère où les relations interpersonnelles côtoient autant, sinon plus, le virtuel que le réel. Ce récit féministe dénonce sans le vouloir nécessairement des inégalités criantes envers les femmes, et ce plus précisément au niveau des apparences et de la sexualité.

Tout débute avec le personnage de Claire, la narratrice principale, cette femme de 48 ans, divorcée qui se trouve à se créer un faux compte Facebook pour surveiller son amant. C’est tout de fois avec Christ, l’ami de son amant, qu’elle développe une relation en se créant une toute nouvelle identité où elle est 12 douze ans plus jeune que Christ. Or, la vérité, c’est l’inverse.

Il s’installe entre eux une amitié, voire de l’amour, mais surtout du côté de Claire, un sentiment d’être dans une route sans fin. Elle ne pourra jamais rencontrer l’homme avec qui elle passe tous ses temps libres ; elle est trop vieille. Et c’est révoltant. J’ai trouvé odieux le fait que vieillir pour une femme signifiait la fin de sa beauté, de sa liberté, de sa sexualité. Dans Celle que vous croyez, il y a bien entendu une critique de ces standards de beauté, pourtant juste féminins, et une prise de position pour démontrer l’absurdité du constat. À l’image des paradoxes que nommait Nelly Arcan dans ses oeuvres, il y a dans l’écriture de Camille Laurens un puissant jeu d’écriture qui frôle ces problématiques. Le paradoxe de la beauté féminine et surtout, la dictature du regard des hommes envers les femmes. (À lire pour continuer la réflexion : Reflets dans un oeil d’homme de Nancy Huston ou Beauté fatale, les nouveaux visages d’une aliénation féminine de Mona Chollet).

Le roman débute dans un prologue sans ponctuation, dans une écriture envoutante à la Nelly Arcan et cela continue dans les pages qui suivent. La narration se divise entre plusieurs personnages au fil du récit et cela ajoute de la complexité pour le lecteur à réellement déceler le vrai de l’histoire. Louise se retrouvera à l’hôpital où elle discutera avec un intervenant de son histoire avec Christ. Entremêlée entre ces discussions, l’écriture de l’histoire et la narration de Louise, Celle que vous croyez est avant tout l’histoire d’une femme devenue malade d’amour pour un homme qui honnêtement, ne le mérite tout simplement pas.

Vers le milieu du bouquin, un réel suspense survient, à l’image de Une histoire vraie de Delphine de Vigan, on se sent complètement coincé dans le jeu d’écriture, à se demander qui dit vrai, à essayer de comprendre la réalité et surtout, on continue à se faire brouiller les pistes.

En tournant la dernière page, je n’ai même pas été surprise de voir une dédicace à Nelly Arcan. Ça allait de soi. J’y avais pensé à deux-trois reprises en lisant le livre : autant pour la forme d’écriture que pour le message véhiculé.

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Quatre illustratrices et illustrateurs à (re)découvrir pour garnir l’imaginaire!

Comme je dois souvent être à mon bureau pour y écrire, il m’arrive de lever le nez de mon écran et de promener mon regard autour de moi, histoire de (peut-être) y trouver quelques inspirations. Je ne sais pas pour vous, mais le fait d’accrocher devant moi quelques images/prints m’aide souvent à relaxer, à réfléchir et parfois même, à créer. Ces illustrations me permettent de contempler un autre travail que le mien, tout en contribuant à alimenter mon propre imaginaire : c’est beau, chaleureux, inspirant et ça remplit de vie et de couleurs un bureau (ou tout autre endroit) qui semble bien souvent négligé. Au Québec, nous sommes vraiment choyés artistiquement parlant! Une foule d’artistes s’éclatent dans des genres complètement distinctifs les uns des autres. Bref, n’importe qui peut y trouver son âme sœur créative. Pour vous, j’ai trouvé quatre illustratrices et illustrateurs made in Quebec qui font des œuvres vraiment superbes.

  1. Ana Roy

Anabel Jolin-Roy est une jeune Montréalaise qui est récemment sortie (en 2015!) de son programme d’étude en graphisme. Ses dessins sont épurés, assez simplistes, mais ont tous quelque chose qui frappe l’« œil ». C’est parfois une phrase (Namaste Caliss, entre autres, est simplement parfaite) un détail, ou encore même une expression faciale qui donne à l’image tout son sens et qui ne peut laisser personne indifférent. C’est jeune, c’est frais pis ça punch juste assez.

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  1. Fred Gingras

J’ai connu cet artiste montréalais sur Instagram et depuis ce jour, ma page d’accueil est souvent enjolivée de ces petits visages aux mille expressions. Les nez foncés, les petits yeux et les traits (souvent) hyper détaillés sont sa marque de commerce. Pourtant, malgré le souci du détail qu’il insère dans les expressions de ses personnages, il demeure dans le minimalisme : tout reste dans la pertinence de ses œuvres et des sujets qu’il exploite.

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J’ai même déjà gagné l’un de ses concours, et il a fait mon portrait!

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(C’est moi, lol)
  1. Valery Lemay

Elle, c’est ma belle-mère qui me l’a fait découvrir (coucou Brigitte!) en m’offrant l’une de ses illustrations :

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(Placée devant mon bureau!)

J’ai tout de suite adoré l’utilisation de l’espace dans ses images. Tout est ordonné et caresse doucement le regard. C’est hyper apaisant dans un bureau, tout en ayant assez de punch pour captiver et stimuler l’imaginaire. Dans les illustrations de Valery Lemay, c’est l’utilisation des couleurs qui m’a immédiatement charmée : parfois plus sombre, parfois plus pâle et lumineuse, il est toutefois toujours question de contraste. Le corps, intérieur comme extérieur, est un thème récurrent dans ses œuvres, et vient souligner la relation entre ce dernier et notre « dedans » plus spirituel. Le mot d’ordre pour cette artiste : harmonie.

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  1. Elise Gravel

Auteure et illustratrice, Elise Gravel se concentre surtout dans le monde de la littérature jeunesse et son univers baigne dans ces teintes-là : des couleurs pastel, des personnages colorés – souvent, des animaux – et plein de petites choses douces pour l’âme. En plus de contribuer à la stimulation de l’imaginaire chez les jeunes, elle alimente beaucoup le nôtre grâce à la simplicité de ses images. Encore une fois, le genre minimaliste est au rendez-vous (j’ai jamais été une fille bien bien compliquée, wink wink).

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Et vous, avez-vous des suggestions d’artistes pour nous, histoire d’agrémenter joliment nos bureaux?

Orgueil et préjugés et zombies

Ceux et celles qui me connaissent savent très bien que je suis une très grande fan de l’écrivaine anglaise Jane Austen. Vous pouvez le constater dans cet article : Austenienne. J’ai dans ma bibliothèque tous ses romans et je les ai également tous lus. Et ça, c’est sans compter quelques adaptations de ses romans ou encore des livres (biographies) qui la concernent. Jane Austen a une grande importance dans ma vie et cela depuis la fin de mon secondaire.

Il y a de cela plusieurs années, l’adaptation d’un des célèbres romans de Jane Austen fit son apparition : Pride and Prejudice and zombies. J’adore le monde fantastique de l’horreur, mais je n’ai jamais été une adepte des zombies, ils sont les seuls monstres que je n’apprécie pas. Cependant, je me devais de lire l’adaptation, parce que si je voulais parler en mal de celle-ci, il fallait l’avoir lue.

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Je l’ai lue. Et, j’ai quand même apprécié. Je veux dire par là qu’il est clair que ma pauvre Jane Austen s’est retournée dans sa tombe lorsque l’adaptation de ce roman a été publiée. Cependant, la base de son œuvre y est présente. Seth Graham Smith n’a pas tant modifié son roman. Nous retrouvons une Elizabeth Bennet pleine de préjugés et toujours avec son fort caractère. Il y a également M. Darcy charmant, mais hautain. Les grandes scènes importantes sont là (la demande en mariage très maladroite de M. Collins et celle de M. Darcy, ainsi que les réponses cinglantes de Lizzie). On retrouve donc l’histoire d’Orgueil et préjugés avec une invasion de zombies. Les filles Bennet sont entraînées dans divers arts martiaux par des Chinois, alors que chez les Darcy et Bingley c’est par les Japonais.

Lorsque j’appris que le roman de Seth Graham Smith allait être adapté au cinéma et que je me suis mise à regarder la bande-annonce, je suis devenue curieuse. Je devais voir le résultat. C’est maintenant chose faite.

Ainsi, on se retrouve dans l’univers d’Orgueil et préjugés, mais avec une invasion de zombies. Ce qui est bien avec l’auteur c’est qu’il a construit tout un historique autour de cette invasion. Parce qu’il nous explique l’historique de cette étrange maladie qui transforme les gens en zombies et tout cela mêlé avec les vraies guerres qu’il y a eu.

Autant dans le roman que dans le livre, nous retrouvons les satyres de Lizzie Bennet et l’orgueil mal placé de Darcy. Nous y retrouvons beaucoup d’humour dans la réalisation et dans le jeu des acteurs. Le film fait en sorte que l’œuvre de Jane Austen devient contemporaine (nous pouvons le constater avec les costumes — le cuir, les vêtements masculins que portent les femmes, etc.). Il ne faut pas oublier qu’Orgueil et préjugés a été écrit au 19e siècle.

Ce que j’ai apprécié de cette adaptation cinématographique ce sont les petits clins d’œil à la célèbre adaptation d’Orgueil et préjugés faite par BBC. Nous retrouvons le magnifique plongeon de M. Darcy (Colin Firth dans la série BBC) dans le petit lac en face de son palace Pemberley… ahhhh Darcy!

Même si Jane Austen s’est retournée plusieurs fois dans sa tombe, l’adaptation n’est pas trop mal. Il ne faut pas trop prendre ça au sérieux. La réalisation est bonne, les acteurs sont bons, les costumes magnifiques et il y a de bonnes scènes de combats. Puis pour les adeptes de zombies qui ne connaissent pas Jane Austen, et bien cela pourra vous permettre de connaître ce classique de la littérature anglaise!

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Sérafim, Claire et un voyage dans le temps

À prime abord, c’est la magnifique couverture de l’édition francophone du troisième roman de Mark Lavorato qui m’a tout de suite charmée. C’est tout qu’un charme qui a dû s’effectuer pour que je décide de lire ce livre, n’étant pas très fan des fictions historiques qui s’étalent en détails et en descriptions. Par contre, le quatrième de couverture et ses promesses d’un Montréal des années 20 partagé entre l’essor du jazz et l’émergence du mouvement des suffragettes m’a convaincue de me plonger dans ce roman.

Sérafim et Claire, c’est deux récits qui se donnent la parole par chapitres, entrecoupés de lettres et de descriptions de photographies qui ajoutent à la construction de la trame de fond et au contexte historique. C’est une histoire de passion, mais qui n’a rien d’amoureuse. Lavorato dresse plutôt le portrait de deux passionnés de leur art, respectivement la photographie et la danse. Ce n’est pas tant le récit en tant que tel qui m’a plu, mais plutôt la façon dont la soif de gloire, la force et la passion guident tous les gestes et décisions de Sérafim et de Claire. Là est la pierre angulaire du récit.

Toute l’histoire est en quelque sorte une réflexion sur ce que l’humain est prêt à faire pour faire reconnaître son art, son talent. Jusqu’à quel point quelqu’un peut aller pour une minute de gloire. En trame de fond, l’époque et son contexte socio-culturel finissent par prendre beaucoup plus que le siège arrière du récit. Je me suis  moi-même surprise à m’intéresser au contexte historique de l’époque. l’essor de la photographie, de la danse style cabaret, le fascisme montant dans la communauté italienne montréalaise, ainsi que le féminisme des suffragettes sont vraiment au coeur même de l’histoire et des préoccupations des personnages.

J’ai été touchée et chamboulée par le parcours de Claire, par la dureté de sa vie et par les conséquences de ses choix. J’ai apprécié le côté féministe de l’oeuvre et par le portrait d’une époque. Malgré cela, je n’ai pas été entièrement charmée par le récit. Le côté mafioso, surtout présent dans la troisième partie du roman, m’a semblé un peu lourd, ce n’est pas du tout la tournure à laquelle je m’attendais.  Par contre, malgré la longueur de l’oeuvre, on ne s’y épanche pas en longueur, l’histoire évolue bien au fil des pages.

Somme toute, je conseille ce roman à ceux qui veulent se perdre dans une autre époque, le temps d’un weekend au chalet ou d’une semaine sur la plage.

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De la grande littérature pour les petits

Ce n’est plus un secret pour personne : j’adore les albums pour la jeunesse. Et depuis quelque temps, je me passionne pour les livres qui sont issus d’un processus de réécriture, surtout les contes, dont les nouvelles versions réinventées abondent en ce moment en littérature jeunesse. Je suis curieuse de voir comment sont racontées les histoires qu’on connaît, ce que les auteurs contemporains en ont fait.

Au fur et à mesure de mes fouilles en bibliothèques, je me suis rendu compte que les adaptations ne se limitaient pas qu’aux contes, mais bien à de nombreux « classiques » ou œuvres majeures de la littérature française et étrangère, qui prennent d’assaut le jeune public en proposant des versions simplifiées, souvent magnifiées par de splendides illustrations, parfois humoristiques, de ces grandes œuvres littéraires.

L’album jeunesse permet, en mon sens, ce que d’autres genres littéraires ne permettent pas, et je parle du merveilleux mélange entre deux langages, celui de l’écriture et celui de l’illustration, qui jouent et se répondent l’un et l’autre. Cet amalgame crée une œuvre unique où l’imagination apparaît à son plus pur, ce qui fait l’originalité et la beauté de ces livres merveilleux, tous uniques.

Je vous propose donc un petit tour d’horizon de mes trouvailles, et j’espère que cela vous donnera envie de vous plonger à nouveau dans ces œuvres que vous connaissez, mais avec les yeux neufs d’un enfant (et comme les albums jeunesse s’apprécient vraiment par les yeux, je me suis permis de vous donner le loisir de les regarder à l’aide de nombreuses images issues des livres que j’ai choisis).

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Tristan et Iseult, Annabel et la bête

J’adore Tristan et Iseult au point d’avoir chez moi plusieurs versions différentes. L’adaptation jeunesse que j’ai trouvée m’a plu, car elle rend très bien la complexité de l’intrigue et de l’amour des deux héros tout en étant agrémentée de belles illustrations qui couvrent très souvent toute la superficie de la double page. Une très belle manière de redécouvrir cette belle et tragique histoire!

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Quant à Annabel et la bête, cette belle version du conte de La Belle et la bête, c’est un coup de cœur d’une auteure québécoise de chez nous, Dominique Demers, que j’admire depuis toujours. Celle-ci réussit vraiment bien à nous faire ressentir les émotions vécues par les deux personnages, et les illustrations viennent très bien accompagner le texte. Pour ceux qui connaissent le roman Là où la mer commence, de la même auteure, cet album est en quelque sorte un abrégé de cette belle histoire (que je vous conseille d’ailleurs vivement de découvrir!).

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Pour rigoler, des classiques réinventés
Roméo le rat romantique, Les Dix et Une Nuits, Tyrano de Bergerac : une préhistoire d’amour

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Des fois, certains auteurs décident qu’ils changent totalement ou en partie les histoires que l’on connaît. Et, je l’avoue, j’adore ça.

Cette très drôle version de Roméo et Juliette, je l’ai depuis l’école primaire dans ma bibliothèque et je suis incapable de m’en séparer. C’est que le jeune rat Roméo fait tant d’efforts pour attirer l’attention de sa belle Juliette et ne réussit qu’à faire des maladresses. Heureusement, Juliette le remarque et l’histoire se termine sur cette déclaration craquante :

— Je t’ai cadeau un apporté… bafouille le pauvre amoureux. Euh… Je veux dire… Je t’ai apporté un gradeau… Euh…
Un gradeau mour poi? cafouille Juliette à son tour. Oh! Poméo!
Nuliette!

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Juste à la lecture du titre Les Dix et Une Nuits, j’avais déjà l’impression que la lecture de cet album serait divertissante. Et en effet, j’ai été servie! Cette adaptation très libre et disjonctée des Milles et Une Nuits nous amène dans un univers tout à fait différent, dans lequel une princesse raconte des histoires d’insectes répugnants au sultan un peu bête afin d’étirer le moment d’aller au lit. On rit devant l’absurdité, mais surtout devant l’audace de cette version peu ordinaire de ce classique si connu.

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Finalement, ayant un faible pour Cyrano de Bergerac, j’ai été conquise par cette drôle de version, dans laquelle Cyrano est un tyrannosaure. Gardant la forme poétique, mais changeant quelque peu les éléments de l’histoire (zombie et mouche tsé-tsé sont au rendez-vous), on rigole tout au long de cet album qui, lui, finit bien! De la même collection, je vous conseille également Le Tyranno nez rouge.

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Du doux plaisir pour les yeux
Cyrano, Babayaga

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J’en profite pour vous faire découvrir une illustratrice que j’adore, si vous ne la connaissez pas déjà, il s’agit de Rébecca Dautremer. Avec Taï-Marc Le thanh, elle offre deux des plus beaux albums jeunesse que j’ai rencontrés au fil de mes lectures. Leur Cyrano, d’ailleurs, est frappant par la beauté des illustrations qui nous offrent une nouvelle et poétique version de la célèbre œuvre de Rostand. Mon amour pour Cyrano est ici comblé.

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Toujours aussi grandiose et magnifique, l’histoire de Babayaga nous amène du côté de ce personnage issu des contes en la rendant touchante et humaine. L’album est à la hauteur de l’œuvre de Dautremer et Le thanh et vaut le détour. La magnificence des deux albums est d’ailleurs, je trouve, bonifiée par le fait qu’ils sont de très grande taille, rendant les illustrations encore plus belles, puisque gigantesques!

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À l’échelle des petits

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Les trois prochains albums sont des adaptations simplifiées de grandes œuvres célèbres, afin de les rendre plus facilement compréhensibles pour de jeunes enfants. L’histoire reste la même, mais se veut à une « petite » échelle. Ici, le plus intéressant est le travail des illustrations accompagnant les textes, et qui propose des trésors d’imagination pour mettre en couleur et en forme les personnages que nous connaissons.

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Si beau ce Peter Pan! 

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Et ce Frankenstein saura être apprécié des petits parce qu’il présente l’histoire de façon réaliste, mais sans faire peur. Ici, les illustrations plus sombres et travaillées aident à créer une atmosphère inquiétante qui nous guide tout au long des pages.

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Pour mieux appréhender la vie

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Alice au pays du Cancer

L’appel à l’histoire d’Alice au pays des Merveilles est ici très justement utilisé. Tout au long de l’histoire, le recours au pays des Merveilles ou du Cancer permet d’expliquer à l’enfant la maladie d’un parent. J’avoue avoir particulièrement aimé les quelques pages où les miroirs sont conviés, objet dans lequel est métaphorisé le passage d’un pays à l’autre, d’un sentiment à l’autre pour la jeune fille qui apprend que sa mère est malade.

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Pour les « un peu plussss » grands

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Peter Pan, Robin des bois

Le plaisir de ces livres réside principalement dans le fait qu’ils sont longs, très longs. Ainsi, ils ne sont peut-être pas adaptés à de jeunes enfants (ou bien il faudra les étirer pendant de nombreux soirs avant d’en venir à bout). Ces réécritures sont cependant très proches de leur version originale, et ainsi elles nous tiennent en haleine du début à la fin. Peter Pan est divisé en chapitres, Robin des bois contient de nombreuses pages pleines de texte écrit en petits caractères. Mais dans tous les cas, ce sont deux belles entrées dans l’imaginaire de deux grands classiques de la littérature.


 (Peter Pan)

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(Robin des bois)

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Voilà! J’espère que ces quelques suggestions vous donneront envie de monter à la section « jeunesse » de votre bibliothèque et d’en repartir avec un, ou bien plusieurs, albums à découvrir. Et vous verrez, ce n’est pas le choix qui manque!

5 romans pour découvrir la littérature américaine

La littérature américaine fait partie de mes chouchous. Je ne sais pas s’il s’agit des thèmes ou si je suis simplement tombée en amour avec des auteur.e.s en particulier, mais plusieurs romans de ce pays sont pour moi devenus des classiques, voire font partie de mes romans favoris. Voici une liste (non-exhaustive!) des livres que je vous conseille vivement pour découvrir cette littérature, riche en thématique et surtout, remplie de figures d’écrivain.e.s fascinant.e.s!

L’Attrape-coeurs de Jerome David Salinger 

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La copie que j’ai offerte à mon copain 🙂

Désigné comme classique de la littérature américaine, ce roman porte bien son titre: il a carrément attrapé mon cœur (mouhahaha)! Si cette histoire peut paraître assez banale – on suit Holden, un jeune homme de 16 ans qui déambule pendant trois jours dans la ville, après s’être fait renvoyé de l’école -, la forme est toute autre : raconté à la première personne, le roman de Saligner emploie un langage familier et le lecteur a véritablement l’impression de suivre le jeune homme dans la ville, de connaître tout de ses états d’âme et de ses réflexions. Bien qu’il ne s’agisse que de trois jours dans la vie d’un adolescent, c’est une histoire remplie d’humour qui aborde plusieurs thématiques intéressantes, notamment les valeurs familiales, la prostitution et l’éducation. J’ai adoré faire connaissance avec Holden, qui, même s’il affirme ne pas vouloir raconter sa vie, se dévoile à travers ses aventures souvent extravagantes. J’ai été touchée par cette histoire intime d’un adolescent qui glisse tranquillement vers les parties sombres de sa tête… que je ne révélerai pas ici, bien sûr.

P.S. : Si vous voulez en apprendre plus sur le livre, je vous suggère cet article de Slate.fr qui fait une rétrospective de la réception du roman pour les 60 ans de sa parution. Mais attention aux spoilers!

La Trilogie New-yorkaise de Paul Auster

Paul Auster a été mon premier contact avec la littérature américaine, si je me souviens bien. Je ne sais pas à quel point on peut dire qu’il est emblématique du paysage littéraire de ce pays, puisque son style est singulier et un peu à part, selon moi. Sa signature me semble inclassable : elle prend la forme d’un roman policier à caractère philosophique, si je peux définir ainsi ses romans. Ceux-ci questionnent, la plupart du temps, le rapport des êtres humains au monde et la construction des identités. Il s’agit souvent de livres qui abordent la quête de soi, à travers des relations familiales ou amoureuses. La Trilogie New-yorkaise n’y échappe pas, d’ailleurs : composée de trois histoires qui se font écho, l’entièreté de cette trilogie rejoint inéluctablement les thèmes chers à Auster. Riche et complexe, cette trilogie me serait difficile à résumer… Mais je vous conseille de la lire, pour l’exercice de narration effectué par l’auteur et les questionnements sur la réalité qu’il engendre pour ses lectrices et lecteurs! J’ai eu, pour ma part, un grand plaisir de lecture à tenter de trouver le sens de ces histoires.

La cloche de verre de Sylvia Plath

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Citation tirée de la version originale, The Bell Jar

La cloche de verre n’aborde pas un sujet des plus joyeux, soit la dépression. Or, ce roman désormais mythique m’a, comme plusieurs lectrices, ébranlée. Nous suivons la vie d’Esther Greenwood, d’abord alors qu’elle passe un mois à New York pour un stage, puis ensuite lors de son retour à domicile. Si elle pense, ou du moins, elle tente de connaître une vie palpitante, cela s’annonce finalement plutôt désastreux et la quête de liberté se transforme en mal de vivre. Roman qualifié d’autobiographique, Plath réussit avec brio à montrer la difficulté de vivre de tels troubles, de telles émotions grâce à son écriture, qui m’a parue vraiment riche et, d’une certaine manière, lucide. En effet, les réflexions de la narratrice sur le mode de vie de l’époque sont également frappantes : le féminisme est définitivement entre les lignes de ce livre, qui réussit à la fois à incarner cette métaphore de la « cloche de verre » qui enferme la vie des personnes dépressives et déforme la réalité. Seul roman de cette écrivaine, il vaut définitivement le détour pour le portrait féminin de cette époque.

P.S. : Un livre sur Sylvia Plath vient tout juste de paraître aux éditions Héliotrope!

Beloved de Toni Morrison

Je n’ai certainement pas besoin de vous vanter les raisons pour lesquelles ce roman fait belovedpartie de cette liste. Couronné de tous les prix (bon, vous me direz que parfois, ça ne veut pas dire grand chose), Beloved est d’une puissance quasi indicible. Le roman raconte l’histoire de Sethe, une ancienne esclave qui est hantée par le fantôme de sa fille, et qui réussit à échapper à ses maîtres pour un temps. À travers la magnifique écriture de Morrison, la lectrice découvre une filiation ratée, mais aussi celle de l’esclavage des afro-américains. La narration, non-chronologique, rend le roman d’autant plus intéressant : composé de flashbacks, Beloved questionne aussi la mémoire, l’histoire de la communauté afro-américaine. C’est un roman que vous devez lire, parce qu’il est à la fois document social et que la forme littéraire est remarquable, en plus de vous faire découvrir l’écriture de Toni Morrison, qui n’a d’égale, à mon avis, aucune autre écrivaine.

Mon Frère de Jamaica Kincaid

Jamaïca Kinkaid est née aux Antilles, mais réside aux États-Unis depuis 1965 (je sais, je triche un peu). Dans ce livre à la fois percutant et touchant, elle raconte l’histoire de son frère mort du sida à l’âge de 33 ans. Je dis percutant : les mots sont tranchés, les paroles sans fioritures. Elles sont, et c’est d’ailleurs cette philosophie qui guide l’écriture de Kincaid : « Pour moi, dit-elle, l’écriture n’est pas un moyen de se projeter dans la sphère publique, mais simplement une façon d’être. » Et je dis touchant : on y sent, malgré une langue plutôt détachée, tout l’amour qu’elle porte à son frère, et comment sa maladie l’a confrontée à repenser aux rapports entretenus avec sa famille. Ce roman est pour moi un chef d’œuvre, car non seulement l’écriture de Kincaid est admirable et elle saura très certainement vous émouvoir, mais aussi parce que c’est une réalité que l’on devrait pouvoir lire, ne serait-ce que pour comprendre une infime partie de ce que peut être cette maladie, et encore plus de concevoir ce que ça peut être lorsqu’elle touche un membre de notre famille.

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Dans nos coffrets littéraires : des produits locaux qui enrichissent l’expérience de lecture!

Encore un mardi révélation 🙂 Et oui, le 1er mars dernier, on vous annonçait que Le fil rouge allait lancer des coffrets littéraires et, la semaine dernière, que cela se présenterait sous trois formes.

Aujourd’hui, on vous en dit un peu plus sur ce qui va se trouver dans nos coffrets. Bien entendu, on y trouvera des livres! Mais aussi des produits locaux qui viendront enrichir le beau moment de lecture qu’on veut créer avec nos coffrets.

Pour Le fil rouge, c’est SI important de valoriser et encourager les entreprises locales. Étant nous-même de jeunes entrepreneures, on se fait un devoir de vous faire découvrir des accessoires, entreprises locales et bien entendu, des artistes merveilleux. Ainsi, dans chacun des coffrets, un produit (ou plus!) viendra compléter l’expérience de lecture. On pense instinctivement à du thé, des signets, des accessoires de bain, des zines, de la papeterie, ETC.

Alors, on aimerait savoir ce que vous aimez faire en lisant. Boire un thé sous la couette? Dites-nous ce qui rend une période de lecture parfaite, selon vous? Pensez-vous à des entreprises, artisans qui pourraient se conjuguer à ces moments de lecture ou se lier à l’expérience que procure le bonheur de se poser avec un bouquin? On veut savoir ce que vous en pensez et découvrir votre vision du rituel de lecture et de tout ce que cela permet.

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