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Le coup de poing et la performance de soi

Quelque chose en moi choisit le coup de poing est un oeuvre hybride entre essai et théâtre, écrite par Mathieu Leroux et publié chez La Mèche. C’est à la fois un rassemblement de courtes et moins courtes pièces écrites et mises en scènes par Leroux, précédé d’un essai sur la performance de soi dans l’art, plus particulièrement dans l’écriture.

Le coup de poing, c’est la démarche autobiographique, c’est le Je dans l’écriture, le Je dans l’art, c’est l’acte de se mettre en scène, de se performer. Bien qu’il compare la réalité et la fiction à un coup de poing et une caresse, respectivement, il n’y a  pas pour autant de hiérarchie établie entre les deux. C’est seulement que, pour Leroux, quelque chose en lui choisit le coup de poing.

N’ayant pas d’énormes connaissances en théâtre, j’ai trouvé intéressant d’être immergée dans une forme peut-être un peu moins classique, sans pour autant y être plongée sans notions quelconques. Que ce soit l’essai du début, auquel je reviendrai, ou bien l’entièreté des pièces dans lesquelles sont aussi expliqués les influences, le type de théâtre, les décors et personnages, j’ai su apprécier un style qui ne m’est pas familier.

C’est surtout l’essai sur la performance de soi, l’autofiction, la culture populaire et les médias sociaux qui m’a eu comme un coup de poing – je n’en finirai donc pas de faire de mauvais jeux de mots sur ce titre. L’intérêt de cet essai réside dans l’intellectualisation – quoi que bien vulgarisé – de la performance de soi dans l’écriture. Ce sont les liens qu’il fait entre auto-fiction et culture populaire, entre médias sociaux et performance de soi, tous des sujets qui m’intéressent, tous des sujets qui sont inévitablement reliés, spécialement à notre époque où la vaste majorité des gens se construit une image, un personnage, sur le web.

Ce  » petit essai  » est ancré dans la modernité et propose une vision très intéressante de ce qu’est et ce que peut être l’autofiction à l’heure des blogues, de tumblr et d’instagram. Si le sujet vous intéresse et que, vous aussi, vous vous demandez parfois

Où en est le discours sur la performance de soi à ce point-ci ? Comment échangent la littérature, le théâtre et les arts visuels avec la technologie numérique ? Dans une perspective autobiographique, l’introspection et la recherche que nécessite une démarche artistique peuvent-elles cohabiter avec l’impulsivité et l’instantanéité d’un post sur tumblr ? 

… alors vous serez bien servis avec cet essai. Vous pourrez ensuite voir les théories et réflexions du texte mises en pratique dans différentes pièces. Vous vivrez donc l’expérience, des mots à la performance.

Définitivement à lire si vous vous intéressez aux questions de l’auto-fiction, de la performance et de la culture populaire.

C’est un livre  intelligent et émouvant, dans son entièreté.

 

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Souffler dans la cassette : Ode à la jeunesse

Premier roman de Jonathan Bécotte, Souffler dans la cassette est un roman poétique imprégné de magie. Cette ode à l’amitié et à la jeunesse nous transporte au temps de l’enfance où le simple fait de passer du temps avec son meilleur ami est l’unique plaisir de la vie.

C’est l’histoire d’une amitié fusionnelle entre deux jeunes garçons qui insuffle en nous une nostalgie, celle de l’apprentissage de la vie, de l’apprentissage de ces sentiments qui sont si près de l’amour que le monde s’arrête. On les découvre lors des dernières semaines de classe :

J’ai retrouvé un vieux coin-coin                                                                   

Qu’on avait fait en catéchèse.                                                                         

J’avais mémorisé quelle combinaison choisir                                             

(Bleu-4-3)                                                                                                    

Pour tomber sur Tu es mon meilleur ami

Le roman est divisé en plusieurs petites sections : La fin des classes, Bac à sable, Cabane de coussins, La nuit, Tag, cachette, etc., Souffler dans la cassette, Cigarettes (pas Popeye), Baseball : notre victoireLa rentrée scolaire, qui ne sont pas sans rappeler des activités propres aux vacances d’été bien méritées à la fin du primaire.

L’auteur, sur le plateau de Plus on est de fous, plus on lit le 23 janvier dernier, a déclaré à propos de la relation entre ses deux personnages :

On a une relation forcée avec ses parents, ses frères et ses sœurs, tandis que son meilleur ami, on le choisit. […] C’est le premier élan vers une autre personne qu’un membre de sa famille. Je pense que c’est pour ça que c’est aussi fort.

Par la lecture des petits poèmes, on se retrouve à cet âge-là, à l’épanouissement de nos amitiés naissantes. Des amitiés qu’enfin on peut choisir, qui se développent et se solidifient lors des vacances estivales. Des amitiés dont on croit la durée éternelle. Des amitiés très près d’un Je t’…

Toutefois, le retour en classe reste une épreuve, car la séparation entre les deux jeunes est possible s’ils ne sont pas dans la même classe. C’est un dur retour à la réalité:

La fin de l’été,

Comme la fin d’un jeu vidéo;

Un Game Over en rouge coucher de soleil.

Replacer les coussins du divan.

Tout dans cette oeuvre est porteur de nostalgie : Souffler dans la cassette quand le jeu ne fonctionnait plus, écouter Les Zigotos, jouer à la tag, fumer sa première cigarette, se tenter dans la cour arrière de ses parents. Je m’imaginais de retour dans les années fin-90-début-2000 avec succès.

Si vous voulez retourner en enfance et vous souvenir de ces amitiés qui ont marqué vos jeux, Souffler dans la cassette est l’oeuvre parfaite.

Un premier roman réussi, une écriture poétique parfaitement maîtrisée: Jonathan Bécotte entre dans le milieu littéraire avec un petit bijou de littérature jeunesse.

Quelle lecture, jeunesse ou non, vous rappelle ces bons moments de votre enfance?

 

Le fil rouge remercie les éditions Leméac pour le service de presse.
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Leçons d’écriture avec Patrick deWitt, auteur du Best-Seller Les frères Sisters, autour de son nouveau roman

Originaire de l’île de Vancouver et habitant à Portland en Oregon, Patrick deWitt est l’auteur du Best-Seller Les frères Sisters, roman traduit et publié dans plus de trente pays. La maison d’édition québécoise Alto, qui nous avait offert ce merveilleux roman, publie maintenant son dernier roman, Le sous-majordome.

C’est l’histoire de Lucien Minor, un jeune homme dans la fleur de l’âge qui est contraint de partir de son hameau natal où il est reconnu pour être un menteur compulsif et un vilain petit canard. Ayant reçu une promesse d’emploi comme sous-majordome au château du baron d’Aux, il se retrouve pris au sein de péripéties étranges et passionnelles, dont le grand amour et ses effets perfides. Le Fil Rouge a eu la chance de s’entretenir avec l’auteur, voici notre discussion!

1.  Le processus créateur

Votre précédent roman, Les frères Sisters, nous transportait au coeur d’un western américain. Votre dernier roman publié, Le sous-majordome, se déploie au sein d’une Europe féodale aux structures sociales établies et à l’architecture médiévale. Bien que ces aspects ne soient pas explicites, nous les devinons lors de la lecture… Qu’est-ce qui vous inspire la création d’un tel contexte?

Patrick deWitt: Lorsque je pense au contexte de ce dernier roman, je l’imagine simplement comme un mince voile positionné derrière les acteurs. C’est un décor qui clarifie l’endroit habité par les personnages. Je ne voulais pas créer un contexte trop précis comme dans Les frères Sisters, puisque cela peut être restrictif par moments.

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Patrick deWitt, crédit : Danny Palmerlee – Alto

Est-ce que les constituants de l’histoire (contexte, actions, personnages) doivent être d’abord dans votre réalité pour s’appliquer ensuite à vos oeuvres littéraires?

Patrick deWitt: Lors de l’écriture de mon premier livre Ablutions, j’étais préoccupé par ma vie personnelle, alors j’y ai beaucoup emprunté. Depuis les dernières années, et surtout avec tout le travail littéraire accompli, je me fie principalement à ma créativité. Il n’est pas rare d’emprunter ou de « voler » certains attributs à une personne et de les apposer à un personnage fictif, mais la plupart de mes personnages sont créés à partir de matières brutes.

2. La création de personnage

Votre roman met en scène Lucien Minor, un jeune homme appelé à réinventer sa vie pour ne pas mourir d’ennui. L’histoire suit les étapes d’un conte, mais Lucy n’est pas un héros typique : ce surnom, Lucy, crée une incertitude quant à son genre, il aime l’efficacité des mensonges et n’a pas le tempérament courageux attendu d’un héros. Il est plutôt un anti-héros, mais nous nous attachons rapidement à lui. Quelle est la clé permettant de créer des personnages aussi humains auxquels nous pouvons facilement nous identifier?

Patrick deWitt: Selon moi, il est important de passer du temps avec ses personnages, d’apprendre à les connaître en profondeur. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de constater que le personnage devenait seulement lui-même en cours d’écriture. Je devais donc retourner au début du récit pour réajuster les actions et paroles du personnage qui n’agissait plus selon sa nature.

Est-ce que, selon vous, Lucy représente la modernité dans ce conte?

Patrick deWitt : Il a certainement des manières très modernes. Ma mission avec Le sous-majordome était d’écrire une histoire qui, malgré ses relents anciens, était familière aux contemporains. Lucy a été créé pour que les lecteurs puissent s’y identifier.

3. La langue de Patrick deWitt

Loin de moi l’idée de vous viser personnellement, mais il est impossible de passer sous silence votre nom de famille «deWitt», dérivé de «wit» ou «witty» signifiant avoir de l’esprit, de l’intelligence. Les titres de vos romans ont une particularité captivante, The Sisters Brothers et The Undermajordomo Minor. Votre écriture singulière a cet aspect perturbateur de jouer avec les mots et idées. Comment avez-vous pris conscience de cette singularité?

Patrick deWitt : J’aime beaucoup l’utilisation du mot «perturbateur» puisque ça vise exactement ce que je tente d’effectuer — pas perturbateur dans le sens de porter offense, mais plutôt comme titiller l’oreille du lecteur, d’accaparer tous ses sens. Cet aspect ludique n’était pas un but en soi, mais plutôt une inclination instinctive et naturelle.

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Que conseillerez-vous à un jeune auteur qui tente de trouver sa voie, sa singularité?

La lecture est l’exercice le plus important. Vous devez aussi rechercher des auteurs vous donnant l’impression d’écrire pour vous seulement. Pendant plusieurs années, j’ai lu que pour le plaisir, n’étant pas exigeant. Au fil du temps, j’ai compris l’importance de trouver ces écrivains qui accomplissaient précisément ce que je souhaitais. Ce n’est qu’après avoir débusqué ces hommes et femmes que j‘ai compris véritablement mes propres souhaits.

Roman publié par Alto, éditeur d’étonnant, et envoyé au Fil Rouge en Service de Presse.

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Le second magazine papier des Filles Missiles : #pouvoirmagique.

10 février 2017. Lancement du deuxième magazine papier des Filles Missiles au Quai des brumes. Il est possible de voir certaines auteures au bar, devant le stand de vente, éparpillées un peu partout… Les femmes ne sont pas discrètes, elles prennent toute la place. Puis des sifflements, des cris, des gorges qui se déploient : une performance.

Le thème de ce second magazine est MAGIE.

Après les lectures, la soirée s’étire encore un peu, les gens se donnent des câlins, les esprits un peu plus embrumés que tantôt s’entremêlent et c’est dans le métro, direction Honoré-Beaugrand, que je commence ma lecture. (En pensant encore au one-piece rose vraiment #goal de Marie Darsigny)

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Malgré sa sombre couverture, l’intérieur du magazine déborde de couleurs. On dirait presque que des paillettes se déposent sur nos doigts en tournant les pages. Les illustrations sont signées par Véronique Lévesque-Pelletier, Camille Monette-Dubeau, Sophie Latouche (qui a aussi fait la couverture), Charline Bataille et Geneviève Lovestruck. Dans ces images, il est question du quotidien, de douceur, d’enjeux féministes (obviously), de rage et de femmes. Il y a même une superbe bande dessinée signée Julie Delporte (!!!). Les textes reflètent bien les sujets déjà bien présents dans le blogue des Filles Missiles : l’empowerment, la sexualité, la place des écrivaines dans le milieu littéraire, les diverses réalités vécues par les femmes (les rapports au corps, la place des femmes en général, la sexualité, etc.) et l’amour. J’adore la manière dont cet ensemble vient détabouiser les réalités décrites. Les auteures ne cherchent pas nécessairement à trouver mille façons détournées de dire une chose, et pour ça, j’admire leur aplomb (je pense notamment au poème d’Emmanuelle Riendeau).

« Il faut tinker

sur un esti de temps

pour déparler comme une vraie. »

Emmanuelle Riendeau

L’éditorial explique bien en quoi ces écrits sont importants : on laisse la voix des femmes s’élever, et c’est là que la magie des Filles Missiles s’opère. Ici, il n’est pas (seulement) question d’amour-vanille, de cutex (un peu, quand même) et d’autres clichés ~typiquement~ féminins (ark, ce mot), mais bien de ce que ces femmes veulent dire, et ce, de la manière dont elles désirent l’écrire.

Il y a un texte qui m’a particulièrement interpellée, et c’est celui de Daphné B. (qui fait partie du comité éditorial du magazine), titré La génération brisée. Elle propose une magnifique réflexion sur l’avenir de la poésie contemporaine et des réticences que les gens entretiennent quant à celle-ci. Son texte m’a énormément fait réfléchir sur la pertinence derrière les micros ouverts comme laboratoire littéraire (et non comme simple soirée funky-pédante comme trop semblent le penser).

« Lors d’un micro ouvert, il y a de la bonne et de la mauvaise poésie, mais il n’y a jamais de vraie ou de fausse poésie, de guillemets, et encore moins de définitions qui ne servent qu’à maintenir l’ordre établi. » 

  • Daphnée B.

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Évidemment que je recommande de lire et d’acheter ce second numéro des Filles Missiles. Si vous vous identifiez comme femme (ou non!) et que le fait d’entendre des voix qu’on cherche trop souvent à taire vous intéresse, c’est ici.

Trouvez-vous que le milieu littéraire québécois laisse peu de place aux écrivaines?

Le Fil rouge tient à remercier les Filles Missiles pour le service de presse.

Hochelaga, street art, 375è de Montréal

Hochelaga et son joyeux désordre poétique

Hochelaga pour moi, c’est comme une chanson de Bernard Adamus : puissant, poétique, beau et laid en même temps, mais surtout, profondément réaliste.

J’ai découvert Hochelaga sur le tard. J’ai grandi à Outremont, et l’est de Montréal m’apparaissait comme une contrée lointaine pendant bien longtemps. Il y a un an, j’ai atterri sur l’avenue Bourbonnière à deux pas de la promenade Ontario et très rapidement, Hochelaga a pris sa juste place dans mon cœur. Les gens qui ne connaissent pas bien ce quartier s’imaginent beaucoup de choses; il inspire beaucoup de clichés. On dit que le quartier n’est composé que de miséreux et qu’il vaut mieux ne pas trop s’attarder à se promener le soir, à la sortie des bars. On dit aussi que les « bobos » l’ont envahi et font monter le prix des loyers. Même si de nombreux stéréotypes puisent leur fond d’une vérité, c’est restreindre énormément la richesse de ce quartier que de croire qu’il ne se résume qu’à ça.

poésie urbaine

L’univers dépeint par les chansons de Bernard Adamus est sale, mais imprégné d’amour et de petits bonheurs de la vie. Sa musique est simple, mais si addictive. Il joue avec la langue et les mots, sans se donner de contraintes. De la poésie d’Hochelaga. Ses chansons respirent les ruelles du quartier et n’auraient pas pu être écrites ailleurs, mais dépeignent des sentiments plus largement montréalais.

De mes pauvres deux mains moi j’sais pas faire grand-chose

À part chanter des rengaines pis dire aux filles que j’les aime

C’t’une saison d’slush, de bouette, de gadou pis d’frette

Une chance que j’ai ma bonne femme pour passer l’hiver avec

(…)

J’t’à veille de m’péter les dents sur mes vieux rêves d’enfants

C’est qui le sacrament qui a écrit « Vive le vent » ?

Y fait -20 à matin coin Iberville Rosemont

Y’a la job qui m’appelle, pas autant qu’mon litte à maison

Hochelaga, comme ces chansons, est un joyeux désordre. Sur la rue Ontario, on croise des mendiants tous les 100 mètres. Les poubelles sont constamment renversées. Des carcasses de vieilles télévisions gisent un peu partout chaque lundi matin. En s’approchant de la rue Notre-Dame, les prostituées ne se gênent pas pour te proposer leurs services, et encore moins pour se droguer derrière un buisson de la piste cyclable, le dimanche matin. À certains endroits, on sent une odeur de mélange de levure et de fumée d’usine. Les vieux bars aux néons louches ne sont pas rares et on peut même y boire sa bouteille de 1 litre de Molson dès 10h du matin. Le dimanche soir, le spaghetti aux boulettes est proposé en rabais.

Mais, à côté de tout ça, il y a tant à découvrir : le marché Maisonneuve, les vieilles bâtisses historiques et imposantes, les restaurants apportez votre vin qui proposent des expériences gastronomiques incroyables, les meilleurs bars pour les 5 à 7, les boulangeries décadentes, les petites épiceries locales et chaleureuses, les petits cafés végétariens, les ruelles fleuries, le parc Maisonneuve, les beaux duplex rénovés et puis, surtout, du street art partout. De magnifiques fresques d’art qui naissent un peu partout, au gré de l’envie de ceux qui les créent.

Bref, Hochelaga est difficile à catégoriser et représente bien le melting pot qu’est Montréal. Une ville composée de toute sorte de profils, de goûts, de niveaux de vie et de cultures. On peut difficilement plus se sentir habitant de Montréal que lorsqu’on vit à Hochelaga. Et c’est un magnifique quartier pour créer. Cela bourdonne tellement qu’on peut difficilement ne pas en être inspiré. Ce curieux mélange stimule la créativité et donne envie de s’asseoir sur son balcon toute la journée pour observer les passants et leur inventer une vie. Une vie Hochelaguienne.

Il y a peu d’œuvres qui ont été rédigées en prenant comme toile de fond ce quartier. Mais vous pouvez trouver quelques suggestions de Benoit Bordeleau dont la thèse a porté sur les représentations du quartier Hochelaga dans la littérature.

Et vous, quelle est votre vision de mon quartier?

Autour des livres : Rencontre avec Marion, collaboratrice chez Le fil rouge

Connaissez-vous le questionnaire de Proust? Il s’agit de questions posées par l’auteur Marcel Proust, principalement connu pour sa majestueuse oeuvre À la recherche du temps perdu. Celles-ci permettent de mieux comprendre ou connaître quelqu’un. Dans ce questionnaire, on y trouve des questions telles que La fleur que j’aime ou Mes héroïnes préférées dans la fiction. L’animateur littéraire Bernard Pivot s’est inspiré de ce questionnaire pour créer le sien, qu’il faisait passer à ses invités à son émission Bouillons de culture. C’est ainsi que l’idée m’est venue de créer un questionnaire Le fil rouge où l’on pourrait en apprendre davantage sur une personne, et ce, au sujet de ses habitudes de lecture, de création, d’organisations et au niveau de ses préférences littéraires.

Pour cette édition d’Autour des livres, on vous présente une de nos collaboratrices, Marion!

 1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture?

Ma mère a toujours beaucoup lu, et je me souviens que j’étais très curieuse de la grande bibliothèque qui était, à ce moment-là, au premier étage, et qui était pleine de classiques volumineux comme Les Misérables, Don Quichotte, Anna Karénine ou des livres de Marguerite Yourcenar. Je les prenais et je jouais avec, mais en gardant une certaine suspicion. Pour moi, il était impossible que ces gros livres puissent raconter une histoire!

Je me souviens aussi que j’allais très souvent à la bibliothèque avec ma mère, et que j’empruntais énormément de livres, qu’on lisait ensuite ensemble.

2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture?

Mes parents m’ont toujours fait la lecture avant d’aller au lit. J’ai continué par moi-même une fois que j’ai appris à lire et je le fais encore aujourd’hui, presque tous les soirs, dans mon lit. Un livre marquant de ma jeunesse a été Cent vingt-cinq histoires de lapins, dans lequel chaque page était une histoire différente (avec des lapins). Ils avaient tous des noms différents et j’adorais que ma mère lise celui du lapin Marion (oui oui, il y en avait un!). J’ai également été marquée par le mini-roman Les moutons disent non, qui est devenu un inside joke dans la famille, ou les livres de Gilles Tibo Le dodo des animaux, Le boulot des animaux, etc. Puis, tous les livres de La courte échelle.

3. As-tu une routine d’écriture, des rituels? Dans quel état d’esprit dois-tu être pour écrire?

J’aime écrire quand j’ai du temps devant moi. Que ce soit pour écrire des nouvelles, une ébauche de roman, des notes sur un projet ou mon mémoire de maîtrise, j’aime commencer et ne pas savoir quand je vais m’arrêter. J’aime pouvoir être absorbée dans ce que je suis en train de faire, que ce soit l’élaboration d’une problématique en trois points ou une intrigue que je tente de créer. L’écriture de toute sorte prend d’ailleurs beaucoup de place dans mon quotidien, et souvent ça prend des dimensions telles que je tasse tout le reste. Bref, je ne suis pas le genre de personne qui peut écrire un roman avec 15 minutes par jour. Je suis un peu « tout » ou « rien ».

Sinon, il me faut du silence et la « sainte paix » comme j’aime bien dire. Et si je suis réveillée très tôt, c’est encore mieux! J’adore commencer à écrire tôt le matin.

4. Quels sont les livres qui t’ont donné envie d’écrire?

J’ai commencé à écrire assez jeune, déjà au primaire je remplissais des cahiers et des cahiers d’histoires de tous genres, puis à l’adolescence je me suis lancée dans l’écriture de romans d’aventure et de magie. Les livres qui m’ont donné envie d’écrire sont certainement les séries fantastiques et de fantasy que je dévorais en grande (énorme) quantité et qui ont forgé mon imaginaire.

5. Quel est le livre qui t’a le plus fait cheminer personnellement et pourquoi?

Eat, Pray, Love, parce que je l’ai lu et relu en voyage, ou bien, récemment, Manger avec sa tête d’Élise Desaulniers.

6. Si tu pouvais vivre dans un monde littéraire, ce serait lequel?

Mmm… j’hésite! Fan d’univers médiévaux-fantastiques, je crois que je me plairais bien dans l’univers de Tolkien. Mais j’avoue que je ne dirais pas non à vivre dans le monde magique de Harry Potter, j’aimerais entre autres vraiment pouvoir posséder un sac à perle comme Hermione dans le septième tome!

7. Quel livre relis-tu constamment sans même te tanner?

Je dois dire, d’abord, que j’adore relire des livres. Je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde, certains n’ont plus aucun plaisir à lire un livre qu’ils connaissent déjà, mais ce n’est pas du tout mon cas. Je relis souvent dans des moments de doute, d’inconfort ou d’instabilité, ou bien le soir, quand je n’ai pas envie de continuer un roman entamé. La relecture s’apparente pour moi à des envies de nourriture, c’est très égoïste et spontané, je suis devant ma bibliothèque comme je suis devant mon garde-manger à me demander : « Mmm… qu’est-ce que j’ai envie de manger, là, maintenant? » Une lecture dont je connais déjà le goût me donne souvent envie d’y revenir.

Je suis incontestablement une grande fan de la série Harry Potter, et ce sont assurément les livres que j’ai le plus relus dans ma vie. Plus d’une trentaine de fois pour les premiers, un peu moins pour les trois derniers tomes… et chaque fois, je suis prise au jeu, je suis absorbée sans pouvoir m’arrêter. Je me souviens même, une fois quand j’avais peut-être 11 ans, j’avais seulement apporté le tome 3 en vacances, et une fois terminé, je l’avais tout aussitôt recommencé, prise d’un ennui face à l’autre livre que j’avais apporté.

8. Quel est ton mot de la langue française préféré?

C’est une question très difficile! Faut-il vraiment en choisir juste un? J’aime beaucoup les mots avec des trémas, comme maëlstrom et ambiguë ou ceux qui dégagent de la lumière, comme tournesol et mangue.

9. Quel livre aurais-tu aimé avoir écrit?

L’ombre du vent. C’est un livre presque parfait. La série Sally Lockhart de Philip Pullman, ou bien évidemment Harry Potter, pour la complexité et la richesse infinie de l’univers.

10. Si tu écrivais ta propre biographie, quel serait le titre?

Il en faut peu pour être heureux : des amis, des livres et des fruits pour la route

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Chroniques d’une anxieuse : ma petite peur de l’échec

J’me souviens encore du seul et unique examen que j’ai coulé. J’étais en cinquième année. C’était un test sur les divisions. Un test surprise.

Quand madame Diane avait lancé avec un p’tit sourire narquois qu’on serait évalué là, maintenant, tout de suite, sur ce qu’elle nous avait enseigné la veille, j’ai buggué. Les autres soupiraient. Les autres tappaient du crayon nerveusement.

Mais moi. J’ai buggué. Beaucoup.

J’ai cru que le monde s’effondrait. J’étais pas préparée. D’habitude, j’étudiais, me pratiquais jusqu’à temps que ce soit ancré en moi comme si je l’avais toujours su. Comme si j’étais née en sachant diviser des nombres compliqués. Mais là, je ne pouvais pas, j’étais impuissante, je n’étais pas prête, je ne me souvenais de rien.

Les mains moites. Le pied droit nerveux. Les yeux pleins d’eau. La prof qui passait d’un pupitre à l’autre en s’assurant de déposer face contre table le bout de papier qui me faisait trembler l’intérieur.

Elle est arrivée à mon pupitre. Elle a déposé le test devant moi. Elle a dit : dans 4, 3, 2, 1, allez-y. J’ai tourné la feuille. J’ai inscrit mon nom, en haut à droite, en essayant de tenir mon crayon qui glissait entre mes doigts.

J’ai regardé les questions sans pouvoir les lire. Et je les ai lues sans pouvoir les comprendre.

Black out.

J’étais pourtant une des meilleures de la classe. En fait, j’étais la chouchou. Celle qui gosse parce qu’elle a toujours des bonnes notes. Celle qu’on traite de bolée à longueur d’année. Être bonne à l’école c’était ma porte de sortie, c’était ma manière de faire taire les t’es-pas-capable. De ne pas donner raison aux tu-vaux-pas-grand-chose. Fallait que j’excelle, que je sois la meilleure, tout le temps, pour prouver à mes idées noires à quel point elles se mettaient le doigt dans l’œil.

Être la meilleure dans toutte. C’était beaucoup de pression pour une petite fille de 11 ans.

Devant le test surprise, avec toutes les divisions qui ne voulaient plus rien dire, devant le néant des trous de mémoire causés par mon angoisse, j’ai perdu mes moyens, je n’allais plus être la première de classe. J’allais échouer. Mon cerveau me jouait des tours. Je ne savais plus rien. Les chiffres perdaient leur signification. Tout ce que j’avais appris la veille s’était évaporé, avait pris la poudre d’escampette.

Une goutte est tombée sur la feuille laissant une trace translucide sur le papier. Les autres n’ont pas tardé, elles ont suivi en force, en armée de larmes, jusqu’à ce que l’encre de mon nom s’efface. La prof m’a prise par la main. On est sorties de la classe. Mon visage était humide et mes yeux rougis. Ma respiration s’accélérait sans que je puisse la calmer. Madame Diane m’a demandé ce que j’avais. J’ai dit : je ne sais pas.

J’ai eu zéro, mais elle m’a rassurée que c’était loin d’être dramatique, que j’allais me reprendre au prochain examen. Que ce n’était pas la fin du monde. Que je ne devais pas m’en faire avec ça. J’ai tenté un sourire, mais ça écorchait mon dedans un zéro dans mon bulletin.

À 22 ans, j’ai su que ça s’appelait de l’anxiété de performance.

À 22 ans, j’ai su pourquoi en troisième année, je ressentais aussi intensément le regard des autres. J’ai su pourquoi j’angoissais autant à jouer de la flûte, la sueur dans le cou, les doigts tremblants. Les notes qui faussent parce que je manque de souffle. Pourtant j’avais pratiqué pendant une semaine complète la chanson débile. Et la prof du cours de musique qui me crie d’arrêter, devant tous les autres élèves, et elle continue de gueuler : VAS-TU FAIRE UNE CRISE CARDIAQUE? Moi, je rougis. J’ai chaud. Et j’aimerais être capable de lui dire qu’elle comprend pas, c’est plus que ça, que les chansons-débiles-à-jouer-à-la-flûte-devant-trente-élèves c’est pas une bonne idée pour les gens anxieux.

Mais je ne savais pas encore, à ce moment-là, ce que j’avais.

J’ai su, à 22 ans, que je ne pouvais pas être la meilleure dans toutte. Et qu’il fallait que j’accepte mes trous de mémoire quand la pression était trop forte. Qu’il fallait en rire. Qu’il fallait faire prendre le bord à ceux qui y voyaient de la faiblesse. Parce que c’était loin d’être le cas. J’ai eu peur longtemps de fucker ma vie à cause de ça. De ne pas être capable de gérer la pression, d’oublier tout, tout le temps, quand ce n’était pas le moment. De ne jamais fitter dans le moule de la société. D’être vouée à essayer de m’insérer dans un cadre qui n’allait jamais me convenir.

J’en étais venue à la conclusion que j’étais beaucoup trop sensible pour la société dans laquelle je vivais. Pas capable de suivre le rythme effréné des autres. Pas capable de me lever de mon lit. Trop fatiguée d’essayer d’être ce que je n’étais pas.

Parce que c’est fatiguant de vouloir performer, tout le temps. De ne pas supporter l’idée d’échouer. De craindre de ne pas être suffisante, pour personne.

C’est épuisant.

Jusqu’à ce que tu tombes sur les humains qui trouvent ça adorable quand tu trembles en jouant une chanson débile à la flûte. Ces personnes-là que tu réveilles en plein milieu de la nuit, la veille d’un examen, avec le stress dans l’tapis pour qu’elles puissent te dire que tu vas être capable, comme toujours. Celles-là mêmes pour qui tu es amplement suffisante, dans toutes tes petites parcelles, entre chacune de tes angoisses, pour qui tu seras, toujours, la meilleure dans toutte, peu importe.

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S’ils ont remis 1984 à l’Index, est-ce que Bleu presque transparent sera le prochain?

J’ai toujours pensé que les veines à fleur de peau

sont jolies à voir.

T’es pas heureux. Même les yeux fermés,

je parie que t’essaie de voir des tas de trucs.

(…eux) je voudrais les avaler cru et les bercer au fond de moi.

Écrit en 1976, vendu à plus d’un million d’exemplaires en à peine 6 mois, premier roman de Murakami Ryü… Bleu presque transparent est le livre que je ne voulais pas lire. Et vous savez, si vous avez lu mon dernier article Le grand cahier, que je peux avoir la couenne dure.

Pour vous situer, Transpotting a été écrit en 1993 et réalisé en 1996, Requiem for a dream est sorti en 2000… et en comparaison, ils semblent être des bébés de maternelle. Pas de farces! Tiens, pour vous mettre dans l’ambiance, je vous propose de réécouter la trame principale de Requiem… prenez 2 minutes. Requiem for a dream

Je suis bien entendu au courant des critiques, très nombreuses, qui ont été écrites sur ce livre. Je tentais de ne pas les lire depuis si longtemps, persuadée que chaque « adulte » qui les avait écrites était trop loin de sa jeunesse pour en apprécier les nuances, que ça devait pas être si trash que ça… Ciel! Elles ont été gentilles ces critiques…

Alors, les trois premiers extraits en haut de page sont les seules belles phrases du livre. Ce sont les seules trois phrases qui mettent un peu d’air frais et de lumière dans les 204 pages. Aussi, n’en déplaise, mon japonais étant pas mal rouillé, j’ai dû avoir recours à une version traduite en français… non pas international, mais de France. D’une France que je n’aurais jamais connue, car le 1/6 des phrases ne font aucun sens, au point où je devais relire parfois certains passages pensant avoir oublié des mots. Honte à moi pour avoir pris une traduction, je sais! (Ma version était traduite par Guy Morel et Georges Belmont.)

Visualise des lumières rouges qui stob, une vision trouble, une envahissante odeur aigre…

L’action se déroule dans Tokyo, à travers les yeux de Ryü, Kei, Okinawa, mais aussi Reiko, Kazuo, Moko. Lesquels sont masculins, féminins… en fait tout au long du récit ça n’a pas de réelle importance, on s’y perd rapidement. De toute façon, même pour eux, un trou c’est un trou. Bref, ne vous enfargez pas dans les fleurs du tapis avec ça!

Les punk de Tokyo 

Ma première soirée au lit avec le roman (oh, conseil, ne lisez pas ce roman au lit) a rapidement pris fin, après 40 pages. J’ai eu besoin d’une journée de convalescence pour me convaincre de m’y remettre. Au total, au bout des 200 et quelques pages, on comprend avoir vécu environ 5 jours avec la gang. J’en aurais pas pris plus. Je ne suis pas fan des orgies répulsantes, des viols de filles passed out… des relations forcées, échangeant de filles/blondes (en moins de 5 jours, j’ai arrêté de compter après 12-13). Inconscientes, vomissantes, convulsantes d’overdose, en déchirant gentiment leurs vêtements, les vidant avant de se les prêter… je n’ai pas apprécié. Comme je suis persistante, ma fierté et ma construction intérieure, je l’espérais, devaient être plus fortes que ces mots… je me suis défiée de poursuivre et de vaincre ce roman. Allez, une bonne respiration et on continue!

Visualise des lumières rouges qui stob, une vision trouble, une envahissante odeur aigre, une moiteur froide…

No future 

Je dois souligner la véracité des propos, vides de sens et de direction, fidèle aux discours incohérents des jeunes bien trop à l’ouest sur certaines substances. La tonne de détails, l’accent mis sur la non-signifiance sont très justes. Justement, c’est long, ça ne va nulle part, mais je crois bien que c’est exactement l’effet recherché par l’auteur. Sur ce point, chapeau! Certains ont dit que Trainspotting avait romantisé l’héroïne, je vous promets qu’aucune substance dans ce roman ne l’aura été (colle, héroïne et toutes les autres, ne serait-ce que les effets décrits, les manques… ça vous replace l’envie d’essayer ben ben loin). Reflets du vide de sens de leur vie, dans leurs propos, dans leurs focus thèmes… ouais, on y est!

Visualise des lumières rouges qui stob, une vision trouble, une envahissante odeur d’anus aigre, une moiteur froide, l’odeur des sucs de fille…

J’avais lu que les chapitres étaient très courts, l’écriture était froide… Ciel! Les seuls courts chapitres, de 2 pages, sont les plus supportables et insignifiants dans le contexte du roman. Sans doute parce que je devais lire en retenant mon souffle, j’ai trouvé les chapitres d’orgie, de soirée d’enfilade d’humains, homme ou femme, de drogue, etc. très très longs. Je me suis surprise à lire les yeux mi-clos en cherchant mon air… souvent. J’ai tenté d’objectiver les mots, de peur qu’ils précisent les images dans ma tête… Je n’avais pas du tout envie que ces images m’habitent.

Anarchie

Évidemment, en s’engourdissant le dedans et le dehors de la sorte, en mélangeant à ce point les substances, tu ressens plus rien, tu ne sais plus calculer tes doses, tu gères de plus en plus mal les moments de manque, même si courts soient-ils, pis les histoires d’entre-fourrage dans un si petit groupe… ça donne pas un bon mélange sur les maux du cœur. Deux tentatives de suicide plus tard, un des membres aura-t-il réussi? L’histoire ne le dit pas, on reste en suspens. Ça ne nous brise pas le cœur parce que c’est pas vraiment surprenant. Je pense que c’était celui qui battait tellement sa blonde qu’elle finit presque en coma à un certain moment… l’insécurité et la surcharge de substances semblent pouvoir tout expliquer.

À la fin, le ton change. Murakami semble manquer de temps, cherche comment clore cette fenêtre dans leurs vies. Lettre à Lili (?) la fille de la photo de la page couverture. L’auteur lui adresse (réellement?) des mots. Des mots empreints de nostalgie, signés Ryü. Comme si on nous disait que tout ceci n’était que mascarade pour choquer… Spoiler alerte, les derniers mots sont :

Et surtout ne va pas penser que j’ai changé,  simplement parce que j’ai écrit ce roman. 

Je reste celui que j’étais alors, vraiment.

Ryü.

Oh si ça vous intéresse… Je pense l’avoir retrouvée, la gang pas tant attachante de Bleu presque transparent. Je crois qu’elle a fini par mettre son énergie dans autre chose… c’est quand même possiblement elle, non? C’est ici!

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Découvertes littéraires : trois petits livres qui font du bien

Les sessions universitaires, bien souvent synonyme (lors des mi et fins de trimestres!) d’absences de tous moments de répit. Angoisses, courses contre la montre et cacophonies générales ne nous laissent guère le temps de souffler, ne serait-ce que l’espace d’un court instant! Ainsi, à l’exception d’ouvrages, manuels scolaires et textes académiques, il m’est plutôt difficile d’assouvir mes petites envies littéraires en entamant la lecture de nouveaux romans, particulièrement lorsqu’essais, révisions et examens se présentent tous en même temps au pas de ma porte. Qu’à cela ne tienne! De doux moments de détente (qui se transforment pour ma part en véritables petits moments de procrastination, oups…) s’imposent tout de même! De ce fait, mes découvertes se sont depuis plutôt dirigées vers de petits ouvrages illustrés : véritables baumes à toutes nos petites et grandes angoisses, ces titres (simples et rapides à lire), devenus de véritables coups de cœur, m’ont tenu compagnie lors de ces pauses bien méritées! Que vous les dévoriez lors du brouhaha de la vie quotidienne ou simplement lors de vos escapades estivales, ces livres vous charmeront par leur beauté, leur tendresse et leur simplicité.

Other Wordly :  un éloge aux mots  

Découvert par hasard à la librairie montréalaise Drawn and Quaterly, le premier ouvrage de l’Américaine Yee-Lum Mak relève la beauté et la richesse des mots : ainsi, ce petit livre (un peu à la manière de ce que fait la revue trimestrielle Kinfolk) soulève les plus jolis mots que les langues peuvent nous offrir. Regroupés en thématiques (par exemple, le mot suédois Gökotta ainsi que le terme japonais Komorebi font partie des pages traitant de la nature), ces derniers sont suivis, bien sûr, de leur définition. Enfin, les magnifiques illustrations de Kelsey Garrity-Riley agrémentent le tout! La force de l’ouvrage repose également sur l’originalité et la puissance de certains mots, décrivant un sentiment ou un état d’esprit particulier : qui aurait cru qu’il existerait un terme spécifique à la lumière qui filtre à travers les feuilles des arbres? (Je prolonge ce petit suspense en vous laissant le soin de le trouver…) Bref, il s’agit de l’ouvrage parfait pour tout amoureux des mots!

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(source : Amazon UK)

It’s all absolutely fine :  les hauts et les bas de Ruby

Découvertes (également par hasard!) il y a quelques années par le biais de la plateforme Tumblr, les œuvres comiques de l’illustratrice Ruby Elliot demeurent de véritables sensations sur le net (pour vous donner une petite idée, le style s’apparente quelque peu au travail de l’artiste Sarah Andersen). Dans son premier ouvrage, It’s all absolutely fine, l’auteur dépeint les hauts et les bas de son quotidien, en relevant principalement ses problèmes reliés à l’anxiété et à la dépression. Brillamment raconté (l’univers de Ruby, bien que triste par moments, est toutefois abordé sous un angle humoristique et auto dérisoire, dont les petites histoires et illustrations nous font éclater de rire bien des fois!), on se reconnaît tous un peu dans les petites galères et angoisses quotidiennes de la jeune Ruby! L’ouvrage nous fait rire, mais nous rassure également sur nos petites et grandes peines et nous éclaire enfin sur les divers problèmes de santé mentale. Pour ceux et celles qui connaissent déjà Ruby, ou qui souhaitent la découvrir davantage, c’est l’ouvrage à lire!

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(source: Amazon UK)

The illustrated compendium of amazing animal facts : bienvenue dans l’univers des animaux!

L’illustratrice suédoise Maja Säfström, bien connue pour ses très jolies œuvres partagées sur son compte Instagram et sur son site web, a publié ce petit livre sur, vous l’aurez deviné, le merveilleux monde des animaux! Les petites informations dénotées sont amusantes (il est physiquement impossible pour un cochon adulte de regarder vers le ciel!), rigolotes (les coquerelles apparemment détestent le concombre…) et tout à fait mignonnes! Comme les titres mentionnés plus haut, le livre se distingue notamment pour les illustrations colorées et sympathiques de l’artiste : c’est un ouvrage qui fait indéniablement sourire, autant chez les petits que chez les grands!

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(source: majasbok.com)

Et vous, quelles sont vos plus récentes découvertes? Avez-vous des titres dans le même genre proposé ci-dessus qui vous font du bien?

*Petite note : l’illustration est une réalisation d’Élodie Trudel, étudiante en graphisme à Montréal. Pour jeter un œil à son univers, ses illustrations et ses photographies (charmantes et super jolies!), c’est par ici : instagram.com/oh.elo 

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Ada, l’attachante petite râleuse

«Je déteste le ballet.»

«Je déteste les samedis.»

«J’ai mal au cœur en voiture.»

«Les arabesques, c’est grotesque.»

Ada est une petite fille grincheuse, surtout le samedi, parce que c’est le jour de son cours de ballet… et elle DÉTESTE LE BALLET ! Alors qu’elle tente de reproduire une pirouette demandée par sa professeure de danse, elle dévale malencontreusement, tchah, tchah, BOOM, clang, PFOUF (!) jusqu’à l’extérieur de la salle pour finalement heurter un homme qui lui semble porter un drôle de pyjama. L’homme en question, épaté par ses pirouettes spectaculaires, lui demande de venir en faire la démonstration dans son cours. Les enfants présents sont impressionnés par ses prouesses car il faut bien l’avouer, c’est du grand karaté! Et voilà qu’un sourire se dessine enfin sur le visage de l’attachante petite râleuse…

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Publié aux Éditions La Pastèque, cet album d’Élise Gravel fait tomber les barrières des stéréotypes de genre. Loin de l’image de la petite fille douce et calme, Ada est boudeuse, râleuse et explosive! L’histoire démontre aux enfants l’importance de faire ce que l’on aime pour être heureux et non de simplement faire ce qui est généralement convenu par la société. Les petites filles peuvent devenir ballerines si tel est leur désir, mais rien ne les empêche de devenir d’énergiques karatékas.

(Pour d’autres suggestions de livres sans stéréotypes, je vous conseille la base de données Kaleidoscope : http://kaleidoscope.quebec/)

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Cet album jeunesse, bien que contenant une morale, n’en n’est pas moins doté d’un humour burlesque qui a réussi à amuser les enfants auxquels j’en ai fait la lecture. L’attitude grincheuse d’Ada, les commentaires de son mignon lapin (ou monstre?) vert et les nombreux onomatopées ont fait éclater de rire tous les enfants présents. Rarement un livre a fait autant l’unanimité; leurs yeux étaient carrément rivés sur les illustrations dynamiques et colorées qui contrastent efficacement sur le fond blanc pure.

Le Fil rouge tient à remercier les Éditions La Pastèque pour le service de presse.

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