Derniers Articles

L’Iran de Marjane Satrapi

Persepolis est un roman graphique autobiographique écrit par Marjane Satrapi. On y suit l’auteure alors qu’elle passe de gamine espiègle à jeune femme incroyablement résiliente, en même temps que son pays natal subit de graves transformations au niveau social et politique.

C’est l’ouvrage le plus populaire de l’auteure avec plusieurs éditions publiées dans différentes langues et une adaptation cinématographique prisée à maintes reprises à son actif. Il est aussi un favori de plusieurs de mes collègues fileuses qui l’ont recommandé dans différents articles au cours des deux dernières années (voir les articles de Karina, Martine et Marika). De mon côté, j’ai découvert ce petit bijou l’été dernier par l’entremise d’Emma Watson – une autre femme inspirante – et de son club de lecture Our Shared Shelf.

J’ai été agréablement surprise de voir que les bandes dessinées, un genre littéraire que je croyais réservé à un public jeunesse, pouvaient traiter d’un sujet aussi sérieux que la guerre. Certains passages du livre font sourire par leur côté anecdotique – comme lorsque le père de Marjane dissimule des affiches dans la doublure de son manteau – alors que d’autres sont bouleversants et laissent le lecteur bouche bée. Il y a quelque chose de profondément terrifiant à l’idée de vivre dans un pays où la sécurité des citoyens ne peut être garantie. Dans l’Iran décrit par Marjane Satrapi, tout est motif d’être emprisonné arbitrairement, c’est-à-dire sans procès, et plusieurs sont exécutés pour leurs idées allant à l’encontre du gouvernement.

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J’ai vraiment eu l’impression d’en apprendre plus sur l’Iran et sur la révolution islamique iranienne au cours de ma lecture. Le fait que le récit se déroule sur une dizaine d’années permet de mieux comprendre les répercussions de l’élection de la République islamique à la suite de la chute du shah sur les droits de la personne et des femmes. J’ai aussi beaucoup aimé que l’auteure survole brièvement l’évolution de l’habillement et le port du voile. Je ne savais pas que certaines femmes laissaient dépasser quelques mèches de cheveux de leur voile en signe d’opposition aux politiques du gouvernement en place.

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Par contre, j’aurais aimé que l’auteure donne un peu plus de détails sur le contexte historique iranien puisque j’ai dû faire quelques recherches de mon côté pour comprendre certains passages au début du livre. Toutefois, il faut dire que mes connaissances sur l’Iran avant d’entamer ma lecture se résumaient au nom de sa capitale (réponse : Téhéran)!

L’histoire racontée par Marjane Satrapi m’a énormément touchée et m’a donné envie de lire d’autres livres se déroulant dans des pays qui me sont méconnus. J’ai d’ailleurs bien l’intention de me plonger très prochainement dans L’Arabe du futur de Riad Sattouf et Le jeu des hirondelles : Mourir, partir, revenir de Zeina Abirached.


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31 jours de bibliothérapie, jour 16 : Pour se laisser inspirer

31 jours de bibliothérapie c’est notre  calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour se laisser inspirer

Laissez courir les éléphants de David Usher. Suggestion de Caroline.

You are a circle de Guillaume Wolf . Suggestion de Marjorie.

  Ce petit livre, écrit en anglais, est une méditation visuelle sur la créativité et l’une de mes plus grandes sources d’inspiration. C’est souvent à travers les mots des autres que viennent mes plus grandes réflexions et c’est justement ce que propose Wolf. De petits extraits, de petites citations, qui font réfléchir sur la vie, la créativité et sur tout ce qui se trouve entre les deux.

31 jours de bibliothérapie, jour 15 : Pour s’accepter, un peu plus

31 jours de bibliothérapie c’est notre  calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour s’accepter, un peu plus

Une fille louche de Sylvianne Blanchette. Suggestion de Marjorie.

Fragments d’un blogue, fragments de dépressions, fragments de bons moments et de périodes noires, Une fille louche est un roman que je recommande à tous: une écriture qui nous fait sentir un peu moins seuls et qui, dans les tentatives d’acceptation de soi d’une autre, nous aide à nous accepter, nous aussi, un peu plus, un peu mieux.

Mémoire d’une jeune fille rangée de Simone De Beauvoir. Suggestion de Marjorie.

 Ce récit d’enfance de Simone De Beauvoir raconte sa jeunesse et se termine sur ses premières rencontres avec Sartres. On suit aussi son entrée à l’âge adulte et, à travers tout cela, la construction d’une grande femme qui fut toujours un peu différente, mais oh combien assumée. C’est en lisant des récits comme celui-ci, des histoires de femmes où les insécurités, l’authenticité et la force se mélangent si bien que j’ai appris l’acceptation de soi, des différences et l’importance des convictions et des valeurs .

Lady B de Maya Angelou. Suggestion de Anne-Marie.

La revanche des moches de Léa Clermont-Dion. Suggestion de Vanessa.

La série de BD Joséphine de Pénélope Bagieu. Suggestion de Camille.

Les petites reines Clémentine Beauvais. Suggestion d’Andréanne.

Je suis féministe : un collectif nécessaire

Le blogue Je suis féministe fait partie de mes favoris depuis plusieurs années. C’est grâce à leurs articles que j’ai réfléchi à des tonnes de sujets, que j’ai remis en question mes croyances et que je suis fière de me dire féministe aujourd’hui. Mes cours de philosophie au cégep et de littérature m’ont aussi donné envie de lire davantage sur le sujet, mais c’est par le blogue Je suis féministe que j’ai trouvé ma place sur le web.

Or, en 2008, lorsque le blogue a été créé, c’était ça leur désir, prendre la place qui leur revenait, aux jeunes féministes qui ne se sentaient pas impliquées dans les médias québécois :

Nous sommes des jeunes féministes dans la vingtaine et la trentaine. Nous sommes absentes des médias. On ne parle du féminisme qu’en montrant des femmes de l’âge de nos mères qui ont accompli de grandes choses et livré de grands combats. Mais nos combats à nous, qui en parle?

On y parle aussi en introduction de la grande noirceur du féminisme québécois, ces deux décennies, post polytechnique où le féminisme n’avait pas de place et encore moins de résonance. C’était cette prise de conscience et de position qui a poussé ce regroupement de femmes à créer Je suis féministe. Je n’avais jamais vraiment pris conscience de l’importance collective de cette prise de parole au Québec, Je suis féministe est non seulement nécessaire, il a été une voix dans un silence qui durait depuis trop longtemps.

Le bouquin est un recueil de plusieurs textes marquants publiés sur le blogue au fil des années. Marianne Praire et Caroline Roy-Blais commentent et expliquent leur démarche tout comme le choix des textes et j’ai trouvé ces commentaires forts pertinents et ils m’ont aidée à comprendre non seulement la ligne éditoriale du blogue, mais à voir la pluralité des voix, des féministes qui s’y prêtent et j’ai été encore plus convaincue de l’importance de ce blogue. Non que je doutais de son importance et de sa prise de parole, mais il y aura toujours une différence entre lire un article de blogue trouvé sur Facebook et lire un crayon à la main. D’où toute la pertinence en mon sens, d’avoir imprimé des articles de blogue dans un livre.

Je suis féministe m’a encore fait évoluer en tant que féministe, m’a fait lire d’autres points de vue et prises de position et cela m’a confrontée à mon rôle de féministe et je trouve ça nécessaire, la remise en question. Les thèmes sont variés, on y parle de l’histoire du féminisme québécois, de la grève étudiante, du corps, des médias et de la culture pop (notre collaboratrice Roxane y signe d’ailleurs un texte sur le test de Bechdel), du couple et de la famille, de la sexualité et de l’intersectionnalité et des féministes. (Et d’autres choses aussi!)

Cette table des matières et ce choix des auteures sont vastes et réussissent à combler la plupart des grandes lignes et des préoccupations des jeunes féministes. Je tiens, en terminant, à vous encourager à vous procurer ce bouquin turquoise, les réflexions ne sont pas parfaites et je n’étais pas toujours d’accord ou convaincue par les textes, mais cette prise de parole féministe est nécessaire et entame une ouverture et une discussion des plus importantes. Le silence n’a plus sa place sur le web québécois (et ailleurs!) en ce qui a trait au féminisme et pour cela, je dis merci au collectif Je suis féministe et à toutes celles qui ont osé prendre la parole sur cette plateforme. Je suis féministe a ouvert la place à un discours féministe sur le web (et ailleurs) et je me réjouis de cette prise de parole collective.

J’ai lu ce bouquin au même moment où le Fil rouge planifiait, en collaboration avec Arsenal, une soirée féministe (qui a eu lieu le 22 novembre dernier). Or, lors de cette soirée, le deuxième panel s’est intéressé à l’importance de la prise de parole féministe collective par l’écriture. Le collectif Sous la ceinture sous la direction de Nancy B.-Pilon était pris en exemple, mais Je suis féministe est aussi un de ces ouvrages et une de ces communautés qui démontrent toute l’importance et la nécessité d’une parole collective.


Le Fil rouge tient à remercier Les éditions Remue-Ménage pour le service de presse.
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Charles Bukowski : âmes sensibles s’abstenir

Depuis cet été, je n’habite plus à quelques rues de la magnifique Librairie de Verdun. J’ai déménagé complètement à l’opposé, dans l’est. Au début, j’ai un peu paniqué car je ne savais plus où aller acheter mes livres. J’ai erré, l’âme en peine, pendant quelques jours. Et puis finalement, m’est apparue sur Ontario, une petite librairie de livres usagés qui venait d’ouvrir et n’avait pas encore son enseigne d’installée. Quelques semaines plus tard, j’en ai découvert une autre, un peu plus à l’est. Et tout d’un coup, j’étais réconciliée avec Hochelaga.

Clara a écrit il y a quelques temps un merveilleux texte sur le plaisir des librairies usagées et j’adhère tellement à ce qu’elle en dit. Quel plaisir de tomber sur une librairie pleine de vieux trésors, quand on voyage. Mais à Montréal,  j’apprécie tout autant m’y rendre car on a d’abord toujours un service hors pair; les employés semblent toujours si passionnés. On peut aussi y faire des trouvailles étonnantes. Des livres qui n’auraient jamais été mis de l’avant dans une librairie de livres neufs. Des bouquins qui ne répondent pas à mes critères habituels, qui sont peut-être un peu maladroits, mais qui font tout autant rêver que des livres plus conventionnels. Enfin, cela me permet de renouer avec des classiques ou avec des auteurs que j’avais lus autrefois, mais dont j’avais oublié l’existence. En retombant dessus dans les rayons d’une librairie de livres usagés, je peux les relire dans un autre contexte et vérifier s’ils me parlent toujours ou si ma vie a trop évolué pour que je m’y retrouve encore. C’est étonnant, comment un livre peut avoir tant d’impact sur soi à un moment X et paraître inintéressant plusieurs années plus tard. Ou le contraire.

Bref, le mois dernier, j’ai retrouvé Charles Bukowski, un auteur que j’avais dévoré au début de ma vie d’adulte, lorsque j’étudiais en littérature. Je gardais un bon souvenir d’une lecture un peu trash, mais drôle. Ses livres les plus connus sont Contes de la folie ordinaire et Journal d’un vieux dégueulasse. Il écrit surtout des nouvelles qui le mettent en scène ou un alter égo. C’est un maître de l’autofiction. C’est difficile de savoir quelle part de ses livres est romancée et laquelle est autobiographique.

Charles Bukowski est un auteur très particulier. Il a un style bien à lui, très peu classique. Il écrit comme il le souhaite et sans respecter les conventions. On accroche ou on déteste. Mais c’est décidément un auteur à lire pour avoir une image de l’autre Amérique, celle qui ne fait pas rêver. Ses textes montrent à quel point l’American Dream ne veut rien dire pour la majorité des américains alors que pourtant, elle fait rêver des peuples entiers (surtout dans les années 1950-1960, à l’époque de Bukowski). Il met en scène la violence quotidienne des gens pauvres et perdus. On y boit beaucoup, on couche avec tout ce qui passe sans vraiment ressentir de plaisir. On accepte n’importe quel misérable job pour pouvoir manger, puis on le quitte pour pouvoir boire toute sa paye. On crie, on jure, on se bat.

La différence entre l’Art et la Vie, c’est que l’art est plus supportable. 

Bref, la vie n’est pas belle dans l’univers de Bukowski. On ne lit pas ses livres pour rêver. Ils dégoutent même un peu. Le personnage principal de ses histoires est toujours alcoolique, obsédé sexuel et lâche. Mais cela dépeint une réalité qu’on ne peut ignorer et je pense que c’est important de se forcer à lire des choses moins belles.

Alexandre Thiltges, qui a écrit l’essai Bukowski ou les Contes de la Violence Ordinaire, explique bien l’effet ressenti à la lecture : « si le ton général des romans de Bukowski est très noir et chargé d’une violence que beaucoup jugent insupportable, celui-ci n’est pourtant pas désespéré, et ce, justement parce que le narrateur est encore en mesure de rire de l’absurdité et de la violence du monde dans lequel il évolue, aussi bien que de lui-même. »

Cependant, en relisant certains de ses livres, je n’ai pas retrouvé le même plaisir que j’avais eu à 20 ans. Je pense que lorsque j’étudiais en littérature, j’avais eu besoin de lire quelque chose de moins conventionnel et de sortir des carcans forcés. J’avais besoin d’un style brut, direct et vulgaire qui démontrait l’absurdité de la vie. J’avais soif de littérature sale, pas soignée, car j’avais l’impression de m’enfermer dans un univers aseptisé de grands classiques et de discours théoriques.

Dix ans plus tard, je n’ai plus ce besoin criant de littérature de violence, mais je suis contente d’avoir repassé un peu de temps avec Bukowski et d’avoir pu constater que j’avais changé. J’ai pu faire un clin d’œil à la personne que j’étais à l’université.


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31 jours de bibliothérapie, jour 14 : Pour trouver un sens à sa vie

31 jours de bibliothérapie c’est notre  calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour trouver un sens à sa vie

 

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry. Suggestion de Raphaëlle M.

L’attrape-coeurs de J.D. Salinger. Suggestion de Martine.


« L’aventure d’un adolescent un weekend à New York, ses réflexions, sa volonté de s’affirmer et de se trouver, voilà tout ce que cela prend parfois pour se sentir moins seul et comprendre que trouver un sens à sa vie est l’ultime but en fait. Lire L’attrape-coeurs pour moi, ce fut de me faire dire que je n’étais pas seule et que c’était ben correct de ne pas savoir encore quelle est sa place. »

Trilogie À la croisée des mondes de Philip Pullman. Suggestion de Raphaëlle B.

“Extraordinaire trilogie de fantasy, cette série aborde en filigrane une multitude de grandes thématiques comme la religion, l’intolérance, l’amour, la famille, l’amitié et les choix qui s’imposent à la puberté, afin de travailler à devenir soi-même. À la toute fin, on se dit que l’on aimerait bien voir notre daemon, nous aussi, et on se prend à imaginer quelle forme il aurait adopté, donnant ainsi un sens à qui nous sommes, et à l’existence que nous avons choisie…”

Le prophète de Khalil Gibran. Suggestion de Geneviève.

L’élégance du hérisson de Muriel Barbery. Suggestion de Andréanne.

Des papillons pis du grand cinéma : l’art de retomber en amour

L’an passé, à pareille date, ou presque, je suis tombée sous le charme du roman Des papillons pis de la gravité, d’Alexandra Larochelle. Un an plus tard, je suis retombée en amour avec son second roman, Des papillons pis du grand cinéma. Comme le titre l’insinue, l’un est la suite de l’autre. On y retrouve Frédégonde dans de nouvelles aventures, à la croisée des chemins entre Christophe et Kendrix, entre Lyon et Varsovie.

Je savais qu’y en aurait pas de facile, mais je pensais jamais me retrouver à l’aéroport avec pas de billet pour me demander qui choisir entre les deux gars de mes rêves. La stabilité à Lyon ou l’aventure à Varsovie? C’est pas dilemmable, un dilemme de même, fait que ça serait sûrement beaucoup plus sage de choker pis d’aller genre… à Londres. Comme le dit le vieil adage que je viens d’inventer : tous les chemins mènent à l’amour, pis toutes les réponses se trouvent à Londres.

T’as-tu envie d’une histoire de voyage à l’eau de rose? Ben, t’en auras pas. Mon cactus s’est pas full assoupli avec le temps.

Je te sers un verre? 

Dans ce second roman, on retrouve cette même voix qui nous parle directement, à nous, sa chum de fille, bien du vin pour accompagner les histoires parfois rocambolesques de Frédégonde et, par-dessus tout, la plume humoristique et attachante d’Alexandra Larochelle.

Parfois, les seconds romans n’arrivent pas à la cheville des premiers, mais ce n’est assurément pas le cas de celui-ci. J’avais le sourire accroché aux lèvres, je tournais les pages avec entrain, comme si une véritable amie me racontait ses histoires de coeur.

Là est toute la force des romans d’Alexandra Larochelle, elle accroche son lecteur, elle le fait embarquer si facilement, si simplement, qu’il s’immisce dans l’histoire sans effort. Les aventures un peu tirées par les cheveux de Frédégonde sont si bien mises en scène — et en mots — qu’on y croit. L’écriture est imagée, drôle et même touchante par moments. On s’y retrouve et, arrivant trop vite à la fin après à peine 200 pages, on en veut plus. Cette fois-ci, aucune promesse de suite pour nous faire patienter, toute bonne chose a une fin.

J’aurais presque le goût de vous parler de tout ce qui se passe, mais je vous invite plutôt à le lire, à vous plonger dans ces deux légers romans à l’eau de cactus, à passer un bon moment avec Frédégonde, à l’écouter vous raconter ses amours et ses histoires, vous ne le regretterez pas.

Le fil rouge tient à remercier le Groupe libre expression pour le service de presse.


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31 jours de bibliothérapie, jour 13 : Pour voyager un peu, sans quitter son lit

31 jours de bibliothérapie c’est notre  calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour voyager un peu, sans quitter son lit

 

Les recueils La frousse autour du monde de Bruno Blanchet. Suggestions de Marjorie.

Les quatres recueils de textes que sont la frousse autour du monde, de Bruno Blanchet, sont des appels aux voyages, des récits d’aventures, une plume qui fait autant voyager que les lieux visités, ainsi qu’un humour qui transcende les frontières. Ils sont parfaits pour donner le goût de l’aventure, allumer la flamme du voyage en vous ou bien voyager, à travers les mots, tout en faisant la grasse matinée.

Cent ans de solitude Garcia Marquez. Suggestion de Raphaëlle M.

Les romans graphiques ou albums de Edmond Baudoin . Suggestion de Raphaëlle M.

Into the Wild de Jon Krakauer. Suggestion de Karina.

Les quatre saisons de Violetta de Chrystine Brouillet. Suggestion de Raphaëlle B.

“Un roman fantastique peu connu de cette populaire auteure, qui nous fait traverser quatre siècles et découvrir divers pays en compagnie de l’héroïne, une femme aux dons inusités qui tente d’échapper à un sinistre destin!”

On the road de Jack Kerouac . Suggestion de Laurence L.

Cloud Atlas de David Mitchell. Suggestion de Geneviève.

Volkswagen Blues de Jacques Poulin. Suggestion de Caroline.

Yeruldelgger de Patrick Manoukian. Suggestion de Léonie.

Le monde du bout du monde de Luis Sepulveda. Suggestion de Anne-Marie.

Itinéraire d’enfance de Dong Thu Huong. Suggestion de Anne-Marie.

Le monde de Narnia de C.S. Lewis. Suggestion de Camille.

Wild de Cheryl Strayed. Suggestion de Andréanne.

Histoire de Pi de Yann Martel. Suggestion de Andéranne.

 

Champagne, volubilité et authenticité : rencontre littéraire avec Amélie Nothomb

J’ai eu la très grande chance, grâce à mon poste de stagiaire à l’Office franco-québécois pour la jeunesse, d’assister à une rencontre littéraire avec Amélie Nothomb animée par Antoine Boussin à l’Alliance française de Paris le 15 novembre dernier. Je connaissais évidemment Amélie Nothomb et avais lu quelques-uns de ses plus grands romans, mais je n’étais pas une fan. Avant la fin de l’heure d’entrevue, je le suis devenue.

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Le phénomène Amélie Nothomb en est un d’ampleur : ses livres se vendent comme des petits pains chauds aux éditions Albin Michel depuis presque 25 ans. Le succès est renouvelé chaque année depuis 1992, car tous les ans, Nothomb publie un roman qui se hisse au sommet des ventes. Son public est fidèle et s’élargit constamment, car ses livres sont accessibles pour tous les types de lectorat.

« Je suis passée de légume belge à écrivaine grande consommatrice de champagne en trois mois. Je me suis dit que ce serait les trois plus beaux mois de ma vie et qu’il fallait que j’en profite avant que le rideau ne se tire. En fait, ça ne s’est jamais arrêté. » — Amélie Nothomb

Je m’attendais ce soir-là à rencontrer un personnage excentrique en l’auteure belge et je n’ai pas été déçue : elle attendait gentiment les spectateurs sur la scène du Théâtre de l’Alliance française avec une coupe de champagne à la main et un sourire énigmatique aux lèvres. Dès les premières minutes de l’entretien, les spectateurs ont rapidement compris que l’esprit d’Amélie Nothomb ne pouvait pas être contenu dans le cadre rigide d’une entrevue question-réponse. Pour profiter pleinement d’un entretien avec Nothomb, il faut laisser libre cours à ses pensées et à ses élucubrations, la laisser jouer avec les mots alors qu’elle raconte des anecdotes de son enfance, la laisser parler, parler, parler autant qu’elle est prolifique à l’écrit.

« Je n’aurais pas du tout aimé être un homme. J’ai remarqué que le port du rouge à lèvres était beaucoup plus complexe chez eux. » — Amélie Nothomb

Depuis le temps, Nothomb est habituée de parler de son œuvre : elle a proposé des concepts-clés aux auditeurs pour mieux appréhender son univers littéraire, elle avait à peine besoin de questions pour bien remplir la rencontre littéraire! Monsieur Antoine Boussin, l’animateur, a eu tellement de difficultés d’adaptation (il avait une liste de questions qu’il semblait particulièrement motivé à toutes cocher à la fin de l’heure d’entrevue) que ça m’a rendue mal à l’aise de voir un intervieweur aussi peu à l’écoute de son invitée. Si Nothomb est une invitée difficile (elle part parfois dans de grandes logorrhées hilarantes où elle reprend maintes et maintes gorgées de champagne), elle a au moins le mérite d’être authentique et fidèle à elle-même.

« Sardanapalesque, ça vient de Sardanapale, un roi d’Orient qui adorait tous les plaisirs et les luxes de la vie. Le monde a besoin d’un type pareil. » — Amélie Nothomb

Finalement, après la rencontre, Amélie Nothomb a offert une séance de dédicace à ses lecteurs venus la rencontrer ce soir-là. Elle nous a dit, à mon amie québécoise et moi : « Vous êtes québécoises? Je vais à Québec – et non pas au Québec – pour le Salon du livre en avril. Nous nous y reverrons peut-être! » Cette petite touche lexicale (parce que la majorité des Français ne font pas la distinction entre à Québec et au Québec) me l’a rendue encore plus chère : elle est sensible aux particularités culturelles, elle se renseigne et est curieuse du monde qui l’entoure. Voilà une auteure excentrique, loufoque, sensible et authentique.

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Vous pouvez également lire ou relire les critiques que les collaboratrices ont fait des œuvres d’Amélie Nothomb ici, ici et ici. Et pourquoi ne pas analyser le motif récurrent du champagne dans son œuvre avec Fanie juste ici. Bonne lecture!


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31 jours de bibliothérapie, jour 12 : Pour se calmer après une période stressante

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Pour se calmer après une période stressante

Le monde sur le flanc de la truite de Robert Lalonde. Suggestion de Clara.

Rien de mieux que ce récit fragmentaire de Robert Lalonde pour se calmer après une période stressante. Le monde sur le flanc de la truite, son sous-titre le dit : « notes sur l’art de voir, de lire et d’écrire », vous permet de renouer avec la nature et les bienfaits de l’observation. Sans début ni fin à proprement parler, je vous encourage à ouvrir le livre à n’importe quelle page pour piger un extrait au hasard. Lisez l’extrait et essayez de jouer le jeu de Lalonde, c.-à-d., le jeu où le monde extérieur devient une réflexion de notre monde intérieur secret et apaisant.