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Le guide cadeau des fileuses partie 1 : idées de livres à offrir

 

On va se le dire, choisir un livre pour quelqu’un d’autre n’est pas toujours la tâche la plus simple au monde. À moins que vous ne connaissiez les goûts littéraires de cette personne comme le fond de votre poche ou que celle ci vous ait donné une bien belle liste dans laquelle choisir, il se peut que vous ne sachiez trop quoi offrir. Il est évident que l’intention, le choix même d’offrir un livre, est une belle et noble idée, mais si vous avez tout de même besoin d’un petit coup de main pour choisir, ne vous en faites plus, les fileuses ne manquent certainement pas d’idées.

Marie-Hélène conseille les zines féministe Guédailles, tome 1 et 2. Elle a d’ailleurs écrit un article sur le premier tome et y a aussi collaboré.

Camille conseille le roman Wonder de R.J Pallacio.

Wonder pour les jeunes genre 9-10 ans et même ados! Très bon pour sensibiliser à l’intimidation. Même pour les adultes c’est une lecture agréable.

Marika conseille Rat Queens tome 1 & 2.

Pour tous lecteurs (mettons 16 ans et +) s’intéressant à l’univers geek. 

Gabrielle conseille Faire oeuvre utile d’Émilie Perreault. Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’article de Caroline au sujet de ce livre ici.  

Bref, chaque histoire remplit exactement son mandat, c’est-à-dire nous faire comprendre l’ampleur et la valeur d’une œuvre aux yeux de quelqu’un, la présence d’un artiste, les paroles d’une chanson, un roman, une peinture, ou juste un moment-clé qui a complètement changé la vie de quelqu’un. Tout le monde devrait lire ce livre, sans exception, et croyez-moi, ce sera impossible d’y rester indifférent.

– Caroline Matte

@chezlefilrouge

Alexandra et Kim conseillent toutes deux Une patate à vélo de Élise Gravel, pour toutes les femmes enceintes .

Sabrina conseille Créer le meilleur de soi de Manon Lavoie. Un magnifique livre sur la créativité et la découverte de soi.

Roxanne conseille le roman Autour d’elle de Sophie Bienvenu ainsi que l’essai Dictionnaire critique du sexisme linguistique .

@chezlefilrouge

Myriam conseille le roman  Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrow.

Martine conseille Moi aussi je voulais l’emporter de Julie Delporte et Zoothérapie de Catherine Lepage.

@martinealaplagee

@chezlefilrouge

Anne-Marie conseille :

 En cas de doute, un Jane Austen.

Voici une petite sélection pour ceux qui voudraient offrir un Jane Austen.

Orgueil et Préjugés   dans la magnifique édition de Milady.

Emma  en format Folio pour découvrir la plume d’Austen.

Raison et sentiments dans le format des éditions Caractère, à la fois doré, aux allures anciennes et parfait pour balader avec vous un peu partout.

Ce petit roman illustré qui raconte merveilleusement bien la vie de Jane Austen

Caroline conseille les deux recueils de poésie de Rupi Kaur, Milk and Honey et The Sun and Her Flowers.     

@marjorierheaume

 

Marion conseille Anna Kéranine – pour le classique – de Tolstoï,  ainsi que Avant toi de Jojo Moyes pour le livre cute-romantique-mais-bien-écrit.

elle propose aussi

Pour le temps des fêtes, je suis une grande addict de la relecture. C’est un bon moment, je pense, pour offrir des éditions spéciales des classiques que l’on aime. Mes suggestions: Les éditions illustrées de Harry Potter, des belles versions de Orgueil et préjugés, Raisons et sentiments, etc. ou des coffrets anniversaires comme celui de Tolkien, les intégrales de Quatre filles et un jean, la mise en petit format de Ken Follet. 

ainsi que Les désordres amoureux de Marie Demers.  

@chezlefilrouge

Dans la même lignée, Ariane propose

 Le classique préféré de la personne dans une belle édition, genre la Pleiade.

Kym propose d’ailleurs les romans de Jules Vernes qui sont souvent réédités dans de très belles éditions telles que celle-ci ou celle-là. 

Sarah propose La petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie.  

Frédérique propose La petite fille de Monsieur Linh, Philippe Claudel.

Un intemporel et très court roman si touchant !

Andréanne propose L’élégance du hérisson de Muriel Barbury.

parce que c’est beau à en pleurer

ainsi que les 4 tomes de la Frousse autour du monde de Bruno Blanchet.

Parce que Bruno, tsé.

Laurence conseille les BD  Culottées: des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent  tome 1 et 2 de Pénélope Bagieu.

@chezlefilrouge

@chezlefilrouge

On vous conseille aussi Histoires du soir pour filles rebelles de Elena Favilli et Francesca Cavallo.   

@martinealaplagee

Karina conseille Toutes celles que j’étais de Abla Farhoud. Il nous reste d’ailleurs un coffret contenant un autre livre de Abla Farhoud, Au grand soleil cachez vos filles, ainsi qu’un produit d’artisan, un thé et notre petit magazine exclusif. En plus d’offrir ce magnifique livre vous pourriez donc offrir une expérience de lecture et de détente !    

@chezlefilrouge

Virginie conseille A modern way to eat et/ou A modern way to cook de Anna Jones.

De supers livres de cuisine qui sont agréables à lire, et tout aussi agréables à utiliser, avec de très belles recettes végé.

Elle conseille aussi un abonnement à une revue littéraire.

L’avantage des revues, c’est que ça leur fait une surprise chaque mois, et surtout, une histoire qu’ils ne peuvent pas choisir. Avec un peu de chance, ça va leur ouvrir de nouveaux centres d’intérêt, sinon ça permet au moins de varier un peu. De 2 à 5 ans, il y a Tralalire qui propose la plupart du temps de superbes histoires (mon fils en était fou, nous les avons relus encore et encore entre 2 histoires de dinosaures et de dragons) ; ensuite pour les premières lectures, j’adore J’aime Lire (j’ai grandi avec), mais mon fils n’accroche pas trop. Il préfère Les Explorateurs, juste parce qu’il y a les aventures de Mini Jean dedans. Pour adulte, il y a la revue Zinc dont je me suis entichée : http://revuezinc.com/ Je l’ai découverte par hasard et risque de l’emprunter régulièrement.

Julie propose

Pour les passionné.e.s d’histoire et de cuisine, la fascinante Encyclopédie de la cuisine de la Nouvelle-France, de Jean-Marie Francoeur, chez Fides.

Caroline propose Les luttes fécondes de Catherine Dorion.  

Martine propose un abonnement au magazine Nouveau Projet. Ce n’est pas un livre mais en vous abonnant vous pourrez aussi recevoir la collection Document. En plus, c’est le type de cadeau qui dure toute l’année et qui entrainera certainement plusieurs autres découvertes.

En rafale, on vous propose aussi :

Je suis Lagom: comment équilibrer votre vie à la suédoise. Pour l’amie qui trippe sur le style de vie des  pays scandinaves.

Le Lagom, c’est un peu comme la réponse suédoise au Hygee Danois. Dans ce livre, vous trouverez des trucs pour un mode de vie plus équilibré et #slow, en plus de recettes, de diy et de conseils divers sur l’écologie, l’alimentation, etc. Alors que le Hygee est la philosophie d’un instant, le Lagom s’étale dans diverses sphères de la vie. Pourquoi ne pas appliquer les deux à son quotidien? Ils nous semblent assez bien se compléter, surtout lorsqu’il est question de survivre aux hivers québécois.

Kim Yaroshevskaya: Mon voyage en Amérique, pour offrir à vos parents qui ont  grandi avec les contes de Fanfreluche.

C’est un voyage en eaux troubles, peut-être, mais un voyage drôle. Inusité. À l’âge de dix ans, Kim quitte son Moscou natal pour rejoindre ses grands-parents maternels à New York. Mais le voyage, rocambolesque, aboutit chez sa tante, à Montréal. Kim y prend racine. Passionnée des arts – la musique, la danse, le théâtre –, elle crée le personnage de Fanfreluche à partir d’un souvenir d’enfance. De cette enfance, elle raconte la tendresse que lui prodiguait sa grand-mère paternelle, mais, également, des moments dramatiques vécus dans le répressif régime communiste de Staline. Kim raconte comme elle sait si bien le faire, avec son style unique, qu’on reconnaîtra pour l’avoir tant écouté. Ses propos sont illustrés par de nombreux documents. On y trouve des photos d’elle et de ses proches, sa lettre d’enfant communiste à ses grands-parents en Amérique… Et, bien sûr, des photos dans ses rôles à la télévision et au théâtre, qui est devenu sa famille et son pays.

-Quatrième de couverture.

Le meilleur à été découvert loin d’ici de Mélodie Vachon Boucher. Pour ceux et celles qui cherchent une tendre et douce lecture, touchante et introspective.

Afin de se plonger dans l’écriture de son livre, Mélodie se retire quelques jours dans une abbaye loin de toutes distractions urbaines. Dans cet écrin de silence, elle ouvre les portes de son propre cimetière pour marcher entre les histoires de son avant. Elle y caresse quelques souvenirs et regarde de loin certains autres. Ce retrait du monde la poussera à sonder ses sentiments, ses envies. À apprivoiser ses peurs, à revenir sur certaines blessures et à apprendre à faire le deuil de certains pans de sa vie qu’elle croyait réglés, mais aussi à trouver une véritable vocation. Celle de raconter des histoires. Le meilleur a été découvert loin d’ici est une œuvre touchante qui confirme le talent et la voix unique de Mélodie Vachon Boucher.

Le tarot créatif : libérez votre plein potentiel grâce à la symbolique du tarot. Pour l’amie qui aime un peu tout ce qui est ésotérique et/ou créatif. Ce livre propose une balance entre les deux tout en permettant de faire un peu d’introspection.

Prêtez-vous au jeu et mettez votre plein potentiel en lumière! Le tarot a été pendant des siècles l’une des plus importantes voies mystiques occidentales de divination et de connaissance de soi. Les cartes de ce jeu évoquent des histoires qui vous invitent, à travers les symboles qu’elles véhiculent, à vous raconter… la vôtre associée à la méthode du Journal Créatif, le Tarot créatif est une pratique originale, vivante et instinctive de dialogue avec ses symboles. Au moyen d’une foule d’exercices simples et créatifs qui allient écriture, dessins et collages, l’auteure vous propose de créer un rituel quotidien qui vous permettra d’explorer votre rapport au monde, de découvrir les faces cachées de votre personnalité et de libérer vos ressources et vos talents insoupçonnés!

*Tous les liens proposés sont des liens affiliés qui vous apporteront directement au site web Les libraires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un reste de sourire en coin : L’histoire de mes dents

« Voici l’histoire de mes dents et mon traité sur les objets de collection et la valeur changeante des choses. » C’est la phrase qui coiffe le deuxième paragraphe de L’histoire de mes dents, écrit par Valeria Luiselli. Il s’agit d’un roman épisodique qui s’émiette en petits bouts d’inventé, dans un Mexique de grandes villes mais de quartiers oubliés. Le narrateur, Gustavo « Grandroute » Sanchez, se présente comme le meilleur commissaire-priseur du monde : après une carrière somme toute honorable dans une usine de jus de fruits, il a découvert les joies de la vente aux enchères et n’a plus jamais rien fait d’autre. Plus qu’un métier, c’est pour lui une façon de voir le monde et de donner un sens aux choses qui l’emplissent. Une manière, surtout, de fabriquer des histoires là où il en manque :

Mais moi, j’allais réformer l’art de la vente aux enchères. Avec ma nouvelle méthode, j’allais enterrer le mot héraut dans le passé lointain de ma profession. Je n’étais pas qu’un modeste vendeur d’objets mais d’abord et avant tout un amoureux et un collectionneur de bonnes histoires, ce qui est la seule méthode honnête pour modifier la valeur d’un objet. (p. 33-34)

Le récit de Grandroute n’est pas toujours clair, ni même particulièrement honnête. On le regarde inventer son passé au fur et à mesure, essayant de nous le vendre aussi bien qu’il le ferait avec un beau vieux meuble mis à l’encan. Et ça marche : quand, après s’être fait poser une pleine bouche de dents ayant appartenu à Marilyn Monroe, il accepte de vendre aux enchères celles que le dentiste lui a arrachées, c’est difficile de ne pas être charmé par les mensonges qu’il brode autour de chacune pour en faire monter le prix. L’une de ses incisives devient celle de Pétrarque, l’autre de Virginia Woolf; une dent se creuse un chemin dans les mots lents de Borges; saint Augustin revit dans une molaire entartrée. La littérature sert à faire vendre de toutes petites choses qui, fondamentalement, ne valent pas grand-chose.

Le livre de Luiselli a quelque chose de la fable : une allégeance assez lousse à la vraisemblance, quelques flous bien placés, un reste de sourire en coin. Une tendresse certaine pour l’anecdotique, aussi. Et comme chez Lafontaine, les leçons qu’on doit en tirer sont claires : l’autrice nous donne toutes les clés de lecture dans l’essai qui suit le roman. Si c’est fascinant de la lire lorsqu’elle parle du contexte de création du roman (en gros, elle l’a rédigé pour le compte d’une galerie d’art appartenant à une usine de jus de fruits, dont les employés ont lu à voix haute les épisodes à mesure que Luiselli les leur envoyait), c’est un peu dommage de se faire expliquer que le livre explore « comment le fait de mettre un objet ou un nom à distance de son contexte dans une galerie, un musée, ou un panthéon littéraire […] affecte sa signification ». On aurait probablement pu le deviner nous-mêmes. Et si non, est-ce que ça rend vraiment le livre plus intéressant?

Un peu étrange, éclaté sans jamais être trop opaque, L’histoire de mes dents laisse en bouche un peu de rire et un peu de mélancolie, peut-être quelques miettes d’allégorie collées contre le palais. Un drôle de goût qui tarde à se dissiper.

Aimez-vous les livres déboussolants? Avez-vous déjà lu ceux de Valeria Luiselli?

Valeria Luiselli. L’histoire de mes dents, traduit par Nicolas Richard. Éditions de l’Olivier (2017), 189 p.

Le fil rouge tient à remercier les Éditions de l’Olivier pour le service de presse.

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Les fileuses conseillent des lectures québécoises pour le mois de décembre du défi #jelisunlivrequébécoisparmois

Comme vous l’avez sûrement constaté, les fileuses adorent la littérature québécoise. C’est pour cela que vous pouvez découvrir près de 250 articles sur la littérature québécoise! À la suite, du défi #jelisunlivrequebecoisparmois, je lis de plus en plus de livres québécois. Je peux maintenant dire que j’ai mes maisons d’éditions chouchous. C’est une littérature variée et remplie de richesse.

Pour le mois de décembre, les fileuses vous conseillent :

  • Je vous conseille Toutes celles que j’étais d’Abla Farhoud, parce que cette auteure reste encore pour moi un coup de coeur.
  • Anne-Mary Shink vous conseille du Kim Thuy! : Toujours!
  • Marion Gingras conseille Les désordres amoureux de Marie Demers!
  • Marianne C. Cossette conseille Si ce n’est pas déjà lu : Le Poids de la Neige, Christian Guay-Poliquin!
  • Kym Rousseau conseille Calamine de Mélanie Jannard
  • Martine conseille Moi aussi je voulais l’emporter de Julie Delporte.
  • Nathalie Sk conseille Ce qui restera, de Catherine Mavrikakis
  • Karine Ruest-p conseille Manikanetish, Noami Fontaine
  • Audrey Desrosiers conseille Baie déception. Julie Hétu.

Alors, quelle sera votre lecture ?

Ode à ces livres qui prennent la poussière

C’est en cherchant un sujet pour mon prochain article – je n’avais pas fini le livre sur lequel je voulais écrire- que je me suis penchée sur tous ces livres non-lus dans ma bibliothèque. Peut-être que, si je leur avais accordé plus de temps, que j’en avais lu quelques uns de plus, je ne serais pas éperdument à la recherche d’un sujet d’article, dernière minute, pour prendre la place de ce livre qui ne m’allume pas.

Je me suis mise à réfléchir à tous ces livres qui prennent la poussière dans mes étagères, qui prendront de l’âge avant même que j’aie le temps de les ouvrir, à quoi bon les conserver? Vais-je vraiment les lire un jour? Pourraient-ils trouver une meilleure maison chez d’autres lecteurs.trices?  Est-ce simplement une question d’esthétique? Pour donner l’impression d’en avoir plus?

Laissez-moi vous dire que j’avais du temps devant moi pour me mettre à sur-analyser tout ça.  C’est aussi  parce que j’aime bien réfléchir au livre en tant qu’objet et à son importance et sa présence matérielle que je me suis arrêtée à ces questions. Ce ne sont peut-être pas des réflexions qui sauveront l’humanité, mais ça n’en reste pas moins une réflexion que, j’en suis convaincue, plusieurs autres amoureux.ses des livres ont eu, n’est-ce pas ?

Un moment, un livre

Certains de ces livres que je n’ai pas encore lus me rappellent un moment particulier, un cours à l’université, une librairie usagée ou bien un petit moment de folie ou je ne pouvais faire autrement que de me procurer ledit livre. J’aime qu’il y ait, derrière l’objet, une histoire. Ainsi, chaque livre, bien qu’il n’a pas encore été lu, a sa propre histoire. Son « background story » qui fait que je m’y attache un peu. Je sais que, quand je me déciderai à le lire, l’histoire me reviendra et que je me rappellerai pourquoi il a sa place dans ma bibliothèque.

Une faim plus grande que la panse

Il y a aussi quelque chose de beau dans cette insatiable faim pour les mots, pour les livres et la lecture. Pour moi, c’est un peu ce que représente ces livres qui n’attendent qu’à être lus. Tout comme ceux qui ont été lus, ceux qui prennent la poussière représentent cette faim plus grande que la panse, cette envie de lire plus grande encore que ma capacité à ingérer les mots, les uns après les autres.

J’ai d’ailleurs pris l’habitude de les classer ensemble, dans ma bibliothèque, comme s’ils appartenaient à leur propre catégorie. Ainsi, je les vois facilement, je sais quels sont ceux qui m’attendent si j’en ai envie. Je peux y choisir ma prochaine lecture sans avoir à sortir de chez moi,  « magasiner«  dans ma propre bibliothèque.

C’est un peu comme une collection. Une collection de livres aux doubles récits, ceux qui se trouvent entre les pages et ceux qui se rattachent à l’objet même. En ce sens, je ne me sens pas coupable d’en posséder beaucoup, d’y investir de l’argent ou de, parfois, juger un livre par sa couverture.

Les reliques d’un engouement passé 

Je vois aussi, dans ces livres, mes engouements passés. Mes « trips » de lecture, mes coups de coeur et mon parcours de lectrice. Je me rappelle avoir eu, à l’université, un énorme coup de coeur pour Paul Auster. Après avoir lu la trilogie américaine, je m’étais dirigée dans une librairie usagée – elles ne manquent jamais de Paul Auster – pour me procurer quelques uns de ses livres. Ils sont encore dans ma bibliothèque, non lus mais bien en vue. À chaque fois que j’y jette un oeil, je me rappelle l’effet qu’avais eu les mots de l’auteur sur moi et le plaisir que j’aurai sans doute à découvrir le reste de son oeuvre.

Il y a aussi ces achats passés qui me font hausser le sourcil. Peut-être qu’il est vrai que je ne lirai pas tous les livres non-lus qui se trouvent dans ma bibliothèque. Je sais que je finirai par en donner et  qu’ils  intéresseront certainement quelqu’un d’autre. N’empêche que ces livres font partie de mon parcours de lectrice et de les voir trôner dans ma biblio me rappelle certains goûts passés, certaines phases, certaines envies de lecture vite assouvies.

C’est un peu pour toutes ces raisons que j’ai fini par aimer avoir une panoplie de livres non-lus dans ma bibliothèque. Je ne les vois plus comme une insurmontable P.A.L et je me donne souvent le droit d’y déposer un nouveau livre acheté. Je le laisse vieillir, comme un vin, sachant qu’il sera peut-être même meilleur après quelques temps. Sachant aussi qu’il sera à portée de main lorsque l’envie me prendra.

De cette façon, j’ai l’impression qu’il n’est pas un livre qui est laissé pour compte, oublié dans ma bibliothèque.

Et vous ? Avez-vous beaucoup de livres qui prennent doucement la poussière dans votre bibliothèque ? 

 

 

Rat Queens, Bande dessinée, Donjons et draguons, Quatre filles et un poulpe, Kurtis J. Wiebe, Roc Upchurch, Stjepan Sejic, Tyler Jenkins, lefilrougelit, lefilrouge

Quand les filles prennent les armes

Il y a près d’un an, je suis embarquée dans un projet incroyable au sein duquel j’ai rencontré des personnes exceptionnelles. Ce projet donne la parole à des femmes talentueuses qui souhaitent parler de sujets divers en lien avec l’univers geek… Il s’agit du podcast Les Amazones qui est diffusé sur choq.ca. C’est durant l’une des émissions et grâce à la chronique d’une de mes collègues (en écoute libre juste ici) que j’ai découvert l’une de mes plus belles révélations de 2017, à savoir la bande des Rat Queens.

img_6216.jpgRat Queens est une bande dessinée qui prend la forme, en quelque sorte, d’une partie de Donjons et Dragons. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le fonctionnement des jeux de rôle, il suffit de vous imaginer une troupe de personnages, lesquels détiennent très souvent des capacités extraordinaires dans des domaines spécifiques tels que la magie, le combat, le stratège, à qui on offre des quêtes dangereuses dans lesquelles ils pourront mettre à profit leurs qualités. Dans Rat Queens plus précisément, on met en scène quatre protagonistes féminins qui constituent un groupe de justicières inimitables. Le premier membre du quatuor est Violet Forgenoire, la naine guerrière dont la phrase fétiche est : «BAAAAASTOOOON!!!». Par la suite, nous avons Delilah, appelée Dee, la seule humaine de la bande. Puis, nous avons droit à l’adorable gnome Betty qui a plus d’un tour dans son sac. Finalement, la dernière, mais non la moindre, Hannah Vizari, la mage semi-elfe au caractère explosif. À elles quatre, elles forment le groupe le plus rafraîchissant que j’ai eu la chance de rencontrer depuis celui que nous a offert J.K. Rowling.

Ce qui impressionne particulièrement avec le travail de Kurtis J. Wiebe et Roc Upchurch, c’est leur façon diversifiée de représenter les femmes, et ce, sous toutes leurs facettes. Nous avons la tumultueuse et la vulgaire Hannah, leader du groupe, l’introvertie et empathique Dee, la déterminée et têtue Violet et l’amoureuse absolue Betty. Bien qu’elles aient chacune leurs spécificités, elles ne sont jamais réduites uniquement à celles-ci. Elles sont complètes, différentes, imparfaites, vraies, bref, elles sont des femmes dans tout ce qu’il y a de plus crédible. On ne cache rien. On y présente, entre autres choses, la joie et la complicité de la sororité entre les justicières de cette troupe. Et on ne néglige nullement la colère qui réside dans chaque femme. Et non pas cette sexy colère qui nous est donnée à voir dans plusieurs représentations, mais bien cette colère envahissante et laide dont font preuve également les figures féminines.

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Ce qui m’apparaît comme original dans les deux tomes de Rat Queens, c’est précisément le fait qu’on ait choisi des personnages féminins pour ce genre de rôle. On le sait, un sexisme évident existe encore au sein de la culture geek, au sens large du thème. Qu’il s’agisse de jeux vidéo, de comics ou de jeux de rôle, il arrive très souvent que les filles intéressées par ces divers médiums soient rejetées ou considérées comme moins expertes en la matière. La preuve, c’est qu’il est aujourd’hui encore nécessaire de se donner des safe spaces, comme le font les filles des Amazones, pour partager en toute sécurité notre intérêt pour le sujet. En ce sens, personne n’aurait été surpris de voir des hommes incarner le quatuor principal de Rat Queens. Bien entendu, plusieurs des autres groupes de mercenaires de la petite ville de Palissade sont masculins. Par contre, il demeure que les personnages centraux sont exclusivement féminins et que la parité au sein de la bande dessinée est assez bonne.

Hormis la représentation des femmes dans l’univers de Kurtis J. Wiebe, nous retrouvons aussi la grande présence de diverses cultures. Évidemment, nous sommes dans un monde appartenant à la fantasy, ce qui fait en sorte que nous sommes mis en contact avec plusieurs races issues du jeu de rôle. Cependant, nous avons aussi droit à une très bonne représentation de personnages à la couleur de peau et à la culture différentes. D’une part, nous avons Dee qui vient d’un clan religieux, dont l’origine serait africaine si le continent existait dans l’histoire, qui prête foi à N’rygoth, une sorte de dieu poulpe. On apprend qu’elle a quitté celui-ci parce qu’elle remettait en doute les rituels et les idéaux véhiculés par la religion de sa famille. D’autre part, nous avons Violet, qui vient d’une famille importante de nains dont les valeurs traditionnelles sont très ancrées. L’une d’entre elles est l’importance de la barbe portée par l’homme comme par la femme. Or, bien que les deux genres portent le poil au menton, il reste que la femme est très souvent rabaissée et catégorisée dans le monde de Violet, ce que cette dernière n’accepte pas. En somme, Dee et Violet sont des exemples parfaits de la non-conformité qui fait du bien. Elles sont de fières représentantes de la liberté de s’affirmer.

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Dans le même ordre d’idées, on éloigne la femme de son rôle « traditionnel », à savoir celle de la magnifique princesse qui doit être sauvée. Au contraire, dans le deuxième tome, c’est l’homme, celui aimé par Hannah, qui a besoin de l’aide des guerrières pour s’en sortir. Qui plus est, comme je le mentionnais ci-dessus, on donne vie à des femmes qui n’ont pas la langue dans leur poche et qui se balancent de la façon dont elles sont perçues. Elles sont irrévérencieuses et elles l’assument pleinement. D’ailleurs, rien de cela ne les empêche de sauver la ville de Palissade, et ce, même si l’opération ne se passe pas sans quelques embûches créées par les aventurières elles-mêmes.

En plus de l’excellente représentation féminine, Rat Queens n’hésite pas à aborder les thèmes de l’homosexualité, de la sexualité, des relations interraciales et de la consommation de drogues et d’alcool au sein de ses pages. Betty est ouvertement lesbienne et grande consommatrice de champignons magiques. Hannah, la semi-elfe, a des relations sexuelles avec un homme dans lesquelles on montre le corps tel quel, avec ses défauts et ses qualités. Violet s’entiche d’un orc alors qu’elle est d’origine naine. Les filles font la fête. Les filles se battent. Les filles aiment et détestent. C’est un amalgame d’émotions que l’on retrouve dans Rat Queens et c’est précisément cela qui est représentatif de la vraie vie dans un monde fantastique. Pour cette raison, il est possible pour nous, les lectrices et les lecteurs, de s’identifier aux personnages de cette histoire.

 

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J’attends avec impatience la folle suite de mes nouvelles héroïnes favorites. La date de sortie du tome trois en français n’est pas encore divulguée, mais je suis persuadée que le chemin emprunté par les créateurs de l’œuvre se verra aussi juste que les précédents. En attendant, mes copines et moi envisageons d’incarner le quatuor lors de l’une des conventions à venir. Il est si bon de pouvoir enfiler le costume de personnages féminins complexes et vrais.

Et vous, à quels personnages féminins vous identifiez-vous? Pour quelles raisons?

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Crédit photo : Michaël Corbeil

 

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Publier un roman à 15 ans : Sors de ta bulle!

Concours littéraire

À 15 ans seulement, Laetitia Chicoine a publié son premier roman, Entre deux mondes, aux Éditions Les Six Brumes. Outre son talent de romancière, cet exploit a été possible grâce au concours littéraire Sors de ta bulle! auquel les élèves du deuxième cycle du secondaire de la commission scolaire de Sherbrooke et de l’école La Ruche de Magog ont la chance de participer.

Chaque année depuis 2005, ce concours donne la chance à un.e jeune écrivain.e de recevoir de l’aide professionnelle afin de peaufiner son manuscrit et de voir son roman être publié dans une maison d’édition reconnue. En 2007, c’était Kiev Renaud qui voyait son roman par nouvelles, Princesses en culottes courtes, recevoir des éloges. Cette année, c’est Charlotte St-Jean Perron qui a gagné le concours avec son livre Mémoires de Sparte.

Résumé du livre

Elena, 14 ans, une adolescente différente des autres, revient aux Îles-de-la-Madeleine pour l’été, à la suite de son année scolaire en concentration musique à Montréal. Après une année difficile et un cauchemar récurrent, elle voit le retour dans son village natal comme un grand soulagement. Mais le retour au bercail s’avère encore plus difficile. Une nuit, elle ouvre les yeux et réalise avec stupeur qu’elle s’est rendue sur la plage de Sandy Hook sans en être consciente. Plusieurs événements étranges déboulent et Elena découvrira sa réelle identité.

Mon avis

Malgré ses particularités, comme ses yeux qui changent de couleur, Elena nous est présentée comme une adolescente ayant des problèmes bien réalistes pour une fille de son âge. Cela la rend plus vulnérable, plus vraie. Il est ensuite facile d’entrer dans son récit et de s’étonner avec elle des événements étranges qui bouleversent sa vie. La description des Îles-de-la-Madeleine donne envie d’y être et certains éléments, comme la forêt, créent une ambiance étrange qui nous transporte dans cette histoire fantastique qui flirte avec la fantasy. Le roman, en plus du monde merveilleux et dangereux qu’il nous fait découvrir, parle de la famille, de l’amour, de l’amitié et surtout du fait de s’accepter dans son unicité. Dans un cadre inquiétant, l’univers riche de l’histoire comporte des personnages bien mystérieux; sa mère trop protectrice qui l’envoie à Montréal, sa meilleure amie Juliette qui agit de façon inhabituelle, sa grand-mère qui lui dit des phrases un peu trop bien adaptées à ses inquiétudes personnelles, et bien sûr, Kyle, le garçon qui semble surgir de la forêt. Par une écriture fluide, Laetitita Chicoine a su m’emporter dans son imaginaire; une magnifique découverte!

Avez-vous découvert le talent de certain.e.s auteur.e.s par le biais de concours littéraires? Lesquel.le.s?

Ce qu’on a lu comme essai pendant le mois de novembre #Jelisunlivrequébécoisparmois

Je lis rarement des essais. Le défi de novembre était donc parfait pour me donner l’occasion d’en lire. C’est justement ce que j’apprécie le plus du défi #jelisunlivrequebecoisparmois, découvrir et sortir de ma zone de confort. J’espère que vous en avez fait de même cette année !

Ce que les fileuses ont lu :

Je devais livre Tenir tête de Gabriel Nadeau-Dubois, lequel dort dans ma bibliothèque depuis bien longtemps, mais l’envie n’y était plus. C’est alors que je suis tombée sur Sorcières, sages-femmes et infirmières : une histoire des femmes et de la médecine des éditions Remue-ménage. Lui aussi ça faisait quelques temps que je l’avais dans ma bibliothèque. L’envie d’en découvrir plus sur l’histoire des femmes (et des sorcières) m’était beaucoup plus intéressante. Je peux vous dire que ce fut une courte lecture sur l’histoire des femmes dans le monde occidental. Ce fut très enrichissant comme lecture, c’est un livre très court et j’en aurais pris encore. Je serais curieuse de voir la perception au niveau de l’orient. À poursuivre …

La lecture de Martine

Ce mois-ci, je me suis plongée dans Faire partie du monde : réflexions écoféministes, un collectif publié aux Éditions Remue-Ménage. Ça fait déjà plusieurs années que je lis des essais féministes, c’est un sujet qui me touche et me fascine. Ayant fait une concentration féministe durant mes études universitaires, j’aime toujours autant lire sur des enjeux féministes. Or, c’était tout nouveau pour moi de prendre conscience du terme écoféminisme. J’ai trouvé que ce collectif était une belle porte ouverte pour davantage me renseigner et m’instruire à ce sujet. Les textes étaient variés et semblaient toucher à de nombreux enjeux de l’écoféminisme. Je dois avouer que comme féministe, les questions d’éthique et d’environnement sont venues davantage me préoccuper dans la dernière année, ayant fait beaucoup de changements en lien avec cela. Je suis bien heureuse de cette lecture qui me donne encore plus envie d’apprendre sur l’écoféminisme. D’ailleurs, j’ai eu un petit coup de coeur pour le texte d’Élise Deslauniers!

La lecture de Marjorie

En novembre, j’ai lu Le monde est à toi de Martine Delvaux. Je ne sais pas si c’est véritablement un essai ou un hybride entre missive, essai, réflexion, mais il n’en reste pas moins que c’est un texte tout simplement magnifique. Il s’en dégage tellement de liberté, de respect et d’amour.

J’ai eu un coup de coeur pour ce texte, pour l’ouverture, la force et la belle vulnérabilité dont fait preuve Martine Delvaux.  Je pense que c’est le type de livre qui devrait se retrouver entre les mains de tous, femmes, hommes, parents ou non.

 

Et vous, qu’avez-vous lu ?

La milléclat dorée : une histoire de persévérance

Je suis une grande amoureuse du travail et des choix  des Éditions de La Pastèque : je crois n’avoir jamais été déçue de mes lectures. J’ai cru remarquer que La Pastèque rejoint de plus en plus un public plus jeune et cela m’enchante énormément puisque je travaille dans les écoles primaires. Je me fais un vrai plaisir à me procurer leur dernière trouvaille.

Plongé dans l’univers de La milléclat dorée, voilà que je fais la rencontre de Renard, qui est un grand amoureux de la nature, et tout particulièrement des plantes. Tout comme moi, il en fait la collection et son salon en est rempli. C’est lorsqu’il feuillette un vieux livre de botanique qu’il découvre une page sans image de plante. Le mystère commence : il faut qu’il découvre où se trouve la milléclat dorée, une plante très rare qui ne pousse que dans les montagnes. Renard doit absolument la trouver et l’ajouter à sa collection! Comme tout bon aventurier, il prépare son kit de survie : une carte, un casse-croûte, un imperméable jaune, etc.

Ensemble, nous parcourons la forêt et gravissons la montagne. La rencontre de divers animaux de la forêt nous aide à accomplir notre quête. Chacun des animaux que nous croisons nous indique un chemin, et on partage un petit moment agréable avec eux. Malgré les intempéries et toute la marche, Renard ne perd pas espoir. Finalement il réussit à trouver la milléclat : il pourra alors l’ajouter à sa collection.

Cette histoire ne parle pas seulement de persévérance, mais aussi du besoin que nous avons de vouloir tout posséder. C’est ce qui arrive à Renard. Son objectif est de posséder la milléclat, mais après l’avoir trouvée, il découvre un moyen de la posséder sans la détruire. Il constate qu’elle est mieux où elle est, et que s’il l’a possède dans sa collection, elle ne sera plus aussi précieuse et extraordinaire.

Outre la belle morale de l’histoire, j’ai craqué sur les dessins. On y retrouve beaucoup de nature, parfait pour se croire dans une forêt remplie de mystère. Toutes ces images rendent la lecture encore plus charmante.

C’est une histoire que j’ai adoré lire et que j’ai hâte de partager avec mes jeunes à l’école.

Et vous, avez-vous des romans jeunesses coups de cœur ?

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Mes découvertes théâtrales à l’université (partie 2)

Cet article se veut la suite de mon premier article sur mes découvertes théâtrales à l’université. Heureusement, dans les dernières semaines, j’ai beaucoup lu et j’ai fait des découvertes encore plus fraîches. Étant inscrite dans un cours de dramaturgie québécoise cette session, j’ai pu découvrir un classique des classiques qui est automatiquement devenu un coup de cœur, ainsi que quelques nouveautés. Ce que j’aime particulièrement de l’école, c’est justement les découvertes inattendues que l’ont fait en tant qu’étudiant.e. Les professeur.e.s nous incitent à sortir de notre zone de confort et, ainsi, nous pouvons nous créer une bonne connaissance générale de divers types de littérature. Comme dans mon précédent article, j’ose insister sur la nécessité d’un corpus d’œuvres diversifiées autant au niveau des sexes que des cultures. J’aimerais bien découvrir la dramaturgie d’Afrique ou d’Asie par exemple. Voici donc trois de mes coups de cœur les plus récents.

Macbett d’Ionesco

Macbett est une satire de la pièce originale de Shakespeare, Macbeth, écrite en 1972. L’histoire relatée par Ionesco reprend celle de Shakespeare, soit l’histoire de Macbeth, bourré d’ambition, qui décide de tuer le régicide afin de s’emparer du pouvoir. Sa femme, Lady Macbeth, l’encourage à aller plus loin, afin que son mari devienne roi et elle reine, comme il lui a été promis par des sorcières. C’est une histoire de sang et de pouvoir, où la culpabilité mène à la folie. Ionesco transforme cette tragédie en satire, en incorporant énormément de répétitions. Ce procédé permet d’ajouter une touche comique à la pièce, et les individus perdent ainsi de leur individualité. Bien que Macbett est l’un de mes coups de cœur théâtraux, le Macbeth de Shakespeare reste mon œuvre favorite.

MACBETT : Tu ne m’impressionnes pas, jeune sot que tu es, crétin qui se veut vengeur! Débile psychosomatique! Idiot ridicule! Nigaud héroïque! Infatué imbécile! Andouille incongrue! Huître, mazette!

MACOL : Je vais te tuer, souillure! Après je jetterai mon épée impure!

MACBETT : Pauvre jeune con! Passe ton chemin. J’ai tué ton crétin de père, je voudrais t’éviter la mort. Tu ne peux rien contre moi. Il est dit qu’aucun homme né d’une femme ne peut m’abattre.

Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay

Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay, quel classique! C’est la première œuvre littéraire que je lisais de Tremblay, et je l’ai trouvée vivifiante, divertissante et si bonne. Cette pièce est une comédie dramatique écrite en 1965, en joual québécois. C’est l’histoire de Germaine Lauzon qui gagne un million de timbres. Dans le voisinage, cette victoire fait beaucoup jaser et certaines amies de la gagnante sont jalouses. Une soirée de collage de timbres est organisée, il y a des secrets qui se révéleront, des chicanes auront lieu, puis quelques « amies » de Germaine lui voleront des timbres en cachette. La pièce éclate au dernier acte dans une abondance de vérité. C’est une pièce très humaine et si bien écrite.

GERMAINE, ROSE, GABRIELLE , THERESE ET MARIE-ANGE : Moé, j’aime ça le bingo! Moé, j’adore ça le bingo! Moé, y’a rien au monde que j’aime plus que le bingo! Presque toutes les mois, on en prépare un dans’paroisse! J’me prépare deux jours d’avance, chus t’énarvée, chus pas tenable, j’pense rien qu’à ça. Pis quand le grand jour arrive, j’t’assez excitée que chus pas capable de rien faire dans’maison! Pis là, là, quand le soir arrive, j’me mets sur mon trente-six, pis y’a pas un ouragan qui m’empêcherait d’aller chez celle qu’on va jouer….

…On s’installe aux tables, on distribue les cartes, on met nos pitounes gratis, pis la partie commence! …Là, c’est ben simple, j’viens folle! Mon Dieu, que c’est excitant, c’t’affaire-là! Chus toute à l’envers, j’ai chaud, j’comprends les numéros de travers, j’mets mes pitounes à mauvaise place, j’fais répéter celle qui crie les numéros, chus dans toutes mes états! Moé, j’aime ça le bingo!

Petit guide pour disparaître doucement de Félix-Antoine Boutin

Le titre résume assez bien ce que le texte est. C’est un texte assez bref, auquel chaque humain peut s’identifier. C’est le désir d’être, de savoir qui l’on est, de se trouver et de disparaître quand les angoisses sont trop fortes; c’est également l’envie de s’accepter. Petit guide pour disparaître doucement est une fresque des sentiments humains. Divisée en sept actes – moi, toi, l’autre, nous, l’exil, la nostalgie et l’absolu – cette pièce reflète ce que c’est que d’être humain, avec nos bonheurs, nos malheurs, nos angoisses, etc. Cette pièce est un compagnon, la solitude semble s’évaporer pendant la lecture.

– Je ne comprends pas de qui je parle lorsque je prononce « je ».

  1. Je ne sens pas que je m‘habite réellement.
  2. J’ai l’impression d’un décalage entre moi et le réel.
  3. J’ai l’impression d’un court néant.

C’est ainsi que se termine cet article sur mes trois derniers coups de cœur parmi les six que j’ai choisis. J’espère que cela vous permettra, à votre tour, de découvrir de nouvelles œuvres et de diversifier vos connaissances théâtrales.

Quelles sont les découvertes théâtrales qui vous ont le plus surpris.es?

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La nostalgie de mes années de primaire passées à lire

Quand j’étais jeune, ma mère nous amenait, ma sœur et moi, à la bibliothèque une fois aux deux ou trois semaines. Après le souper, on décrochait les listes du babillard de la cuisine, on vérifiait qu’on n’avait oublié aucun livre caché sous notre oreiller ou perdu dans notre bordel de chambre, on remplissait de grands sacs nos acquisitions rendues à échéance, puis on embarquait toutes dans la voiture. C’était un immense bonheur pour moi de m’y rendre. Il y avait quelque chose d’extraordinaire dans le potentiel offert par la soirée, par tout ce que je savais que j’allais rapporter à la maison de beau et de nouveau. Ma passion pour la lecture n’était pas jeune : je dévorais les livres depuis ma petite enfance. Mais pendant les années de mon primaire, une sortie à la bibliothèque signifiait pour moi le plaisir, l’excitation, le savoir, la liberté. Et arrivée là-bas, j’accrochais mon manteau dans le mini vestiaire à l’entrée et je m’élançais – littéralement– dans la bibliothèque.

Le sentiment qui m’habitait, et dont je me souviens encore, c’était l’impression de faire le plein… de livres, oui, mais surtout de plaisir pour les semaines qui allaient suivre. J’étais fébrile et excitée. Je parcourais les rangées et je prenais avec moi tout ce qui m’attirait, tout ce qui me donnait envie de découvrir ce qu’il y avait à l’intérieur, les couvertures attirantes, les auteurs connus… et je prenais de tout, sans discrimination. Des « Roman Jeunesse » et des « Roman Plus » de la Courte échelle, des plaquettes de Québec Amérique, des bandes dessinées de la série Tom-Tom et Nana, des magazines Je Bouquine, de livres de la série des Baby Sitters, un des nombreux Agatha Christie. Je pouvais emprunter jusqu’à 15 livres sur ma carte et immanquablement, je la remplissais toujours.

Les livres étaient quand même faciles à lire; plusieurs me prenaient à peine quelques heures. Alors ce qui me reste en souvenir de cette époque, c’est cette rage gloutonne de lecture qui faisait que je passais à travers des tonnes et des tonnes de livres, et cela très rapidement. Près de mon lit, je m’étais installé une sorte de présentoir, qui se résumait à trois ou quatre porte-livres que je remplissais de mes trouvailles de la bibliothèque du moment. À portée de main, je fouillais dedans pour trouver une envie, une inspiration pour mes lectures. Le soir, je me souviens que je pouvais facilement lire deux livres, ou passer à travers toutes mes bandes dessinées d’un coup, les unes après les autres. C’était l’époque de la diversité, de ma faim incommensurable pour les livres et de ce besoin presque viscéral de « devoir » lire. Tout, et le plus vite possible. Et j’y arrivais! Jamais je n’ai lu autant de livres que durant cette période de ma vie.

En ce moment, alors que j’en suis presque à fêter mes 27 ans, cette période d’abondance mais aussi d’insouciance de ma vie me revient en tête, et j’en ressens une grande nostalgie. S’il m’arrive d’aller à la bibliothèque et d’emprunter une grande quantité de livres, rares sont les moments où j’arrive à vraiment tous les lire. Je dois me restreindre, être réaliste. Y aller une lecture à la fois. Même si je suis toujours aussi enthousiaste de prendre six ou sept livres en même temps pour les engloutir en une semaine, ça n’arrive plus.

Bien sûr, plusieurs choses ont changé. Tout d’abord, je passe beaucoup plus de temps avec les gens vivants et un peu moins avec ceux de papiers : mes amis, ma famille, mon entourage, mes colocs, etc. Ça semble drôle, mais c’est vrai. Plusieurs personnes comme moi se rappelleront peut-être comment elles étaient peu sociables lorsqu’elles étaient jeunes. C’était un peu mon cas. J’avais de très bonnes amies et je passais beaucoup de temps à jouer, mais il se trouve que je passais aussi un temps immense à lire.

C’était aussi probablement plus facile à l’époque! Ayant moins de devoirs scolaires ou d’obligations sociales de tous genres, je pouvais lire de mon arrivée de l’école jusqu’au souper sans m’arrêter… puis aller me coucher plus tôt, ce que je faisais souvent, pour avoir plus de temps pour lire. La télévision ne m’intéressait pas et je n’avais pas encore des millions de tâches de vie à faire.

J’aurais beau le vouloir, jamais je ne pourrais retrouver ce rythme effréné de lecture, celui que j’ai tenu pendant une grande partie de mes années de primaire. Et de toute façon, je n’en ai plus  réellement envie. Aujourd’hui, la vie m’apparaît comme se devant d’être avant tout vécue, ressentie, partagée. Je ne veux plus passer absolument tous mes temps libres le nez dans un livre. Je le fais encore beaucoup, bien sûr. Mais moins. Ensuite, je ne peux pas. Mon rythme de vie, mes études universitaires et mes désirs d’accomplissements sous toutes leurs formes me demandent du temps et de l’investissement. Je ne changerais ma vie pour rien au monde, mais parfois, je voudrais arrêter le temps et retourner, une fois par deux ou trois semaines, à la bibliothèque pour emprunter une quinzaine de livres, dans lesquels je pourrais me plonger intensément, sans rien faire d’autre.

Je suis aussi nostalgique du manque de disponibilité que j’ai parfois pour la lecture alors que plein d’autres choses m’occupent l’esprit. Je suis nostalgique du temps libre que je dédiais à la lecture. Aujourd’hui, je me rends compte que bien trop souvent, mes lectures s’étirent sur de trop nombreuses semaines, et je dois écarter les nombreux livres que je n’aurai malheureusement pas le temps, ni la disponibilité d’esprit, de lire.

Il faut dire aussi que, et cela arrive quand même souvent et je m’en mords les doigts, je ne finis pas tous les livres que je commence. Ne lisant pas assez vite pour contenter mon goût de nouveauté et pour lire les parutions au moment de leur sortie, il m’arrive souvent de ne pas terminer les livres, aussi bons soient-ils. Dans ma bibliothèque, plusieurs romans ou essais demeurent arrêtés, les signets abandonnés faisant foi du moment où j’ai décidé de passer à une nouvelle envie. « J’y reviendrai », me dis-je à chaque fois… Seulement, je n’ai pas besoin de vous dire que cela arrive peu.

À cette période de ma vie, alors que je suis sur le point de fêter mes 27 ans, j’aimerais être moins nostalgique. J’aimerais retrouver le plaisir de lire beaucoup, retrouver ma curiosité et mon insatiabilité. J’aimerais travailler à creuser davantage de trous de lecture dans mon quotidien, à plonger plus souvent dans des livres que je ne parviens pas à lâcher et à lire d’une traite les romans qui me tiennent en haleine. J’aimerais me permettre une plus grande folie, une plus grande diversité et une plus grande ingouvernabilité en matière de lecture. Je veux continuer de voir des piles de livres s’amonceler dans ma bibliothèque, mais sans qu’elles prennent nécessairement la poussière avant que je m’y plonge enfin.

Et surtout, j’aimerais retrouver cette habitude que j’avais, d’aller me coucher plus tôt pour avoir plus de temps pour lire. Et de dépasser l’heure permise. Sauf qu’aujourd’hui, je n’aurais plus à avoir peur que ma mère me surprenne.

Et vous, qu’est-ce qui a changé dans vos habitudes de lecture?