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L’amour contre tous

Eva et Ruda sont deux jeunes amoureux. Ils s’aiment passionnément et leurs parents acceptent leur amour malgré leur différence d’âge. Le seul problème est qu’ils sont amoureux à une période de l’histoire où on ne peut célébrer leur amour à sa juste valeur. Cet amour sera cependant leur plus grande force dans les épreuves qu’ils devront vivre.

Eva et Ruda n’est pas un roman, mais plutôt un journal à quatre mains. Alors qu’originalement le livre est écrit en deux parties, pour sa première traduction française les éditeurs ont trouvé pertinent de changer de personnes entre chaque chapitre, ce qui me permettait de suivre leur parcours au même rythme. La première traduction française a été faite par une maison d’édition québécoise, car après la guerre Eva et Ruda sont venus habiter et terminer leurs jours à Montréal!

Plus qu’une histoire d’amour

Eva et Ruda se sont aimés lors de la Seconde Guerre mondiale, en fait juste avant qu’elle éclate. Je ne peux toujours pas l’expliquer, mais je reste captivée par les histoires qui se déroulent lors de cette période. Ce que je trouvais pertinent dans cette nouvelle histoire qui raconte l’horreur qu’ont vécue beaucoup de gens, c’est la présence constante de leur amour. Vous savez, l’amour avec le grand A. Et c’est justement ce que je recherchais lors de cette lecture. Je ne voulais pas seulement retrouver l’histoire de deux survivants, j’avais besoin de savoir que l’amour est plus fort que tout.

Deux personnalités qui se complètent

Ruda est un homme intelligent et il a su tout faire pour essayer de rester près de sa Eva. Au départ, les Allemands ne voulaient pas séparer les familles (l’avenir fera en sorte que le contraire arrivera). C’est grâce à un mensonge qui les amena au mariage pendant la guerre qu’Eva, Ruda et leurs parents ont pu vivre les premières années de la guerre dans le même camp de concentration (hommes et femmes séparés).

Tous les deux réussissent à se trouver un « emploi » qui était déjà dans leur champ d’études. Ils réussissent même à faire en sorte que leurs parents soient en sécurité.

Eva se fait une amie dans le camp des femmes, tandis que Ruda sera aimé et respecté. Il aura même droit à quelques privilèges. Ces permissions leur permettront, à Eva et à lui, d’avoir des moments intimes. L’Histoire est ainsi faite, ils seront alors séparés de leur famille et bientôt l’un de l’autre. Chacun de leur côté, ils devront vivre leurs tourments seuls. Tous les deux débrouillards, ils trouvent le moyen de rester en contact et leur amour fait en sorte qu’ils savent que leur moitié est encore en vie.

Dans ce livre, j’ai eu droit à une écriture vraie, sans détour. Eva et Ruda nous racontent leur histoire. Heureusement leur amour se fait toujours sentir, ce qui rend la lecture moins lourde. Je conseille fortement cette lecture pour tous ceux et celles qui aiment en apprendre plus sur la Seconde Guerre mondiale.

Et vous, lisez-vous parfois des romans historiques?

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Acheter neuf ou usagé? Le grand dilemme des bibliophiles

Plus on lit, plus on achète de livres. Cette corrélation est plutôt simple à établir, mais elle en dit gros. La lecture s’avère être un passe-temps dispendieux de nos jours. Un format régulier d’une œuvre récente (ou pas) en français coûte dans les environs de 30 $. C’est énorme si l’on considère que ce montant équivaut à trois heures de travail au salaire minimum. Bref, s’armer de culture, ça revient cher. Et si l’achat de livres usagés devenait la solution miracle?

L’objet

En tant que bibliophiles (moi incluse), on ne se le cachera pas, les livres sont nos bébés. L’objet lui-même comble nos plus infimes désirs tout en permettant l’agrandissement progressif de notre bibliothèque personnelle. L’odeur des pages neuves, l’apparence délicieuse d’une reliure jamais cassée, rien n’existe de plus merveilleux.

Pourtant, de leur côté, les livres usagés ont un bagage aussi sinon plus intéressant que nos plus récentes conquêtes en librairie. Ils ont leur histoire, leur odeur et, par-dessus tout, ils ont traversé les époques, les lieux, le temps. Tout ça sans compter les prix généralement modiques auxquels ils sont offerts.

L’expérience

Fouiller les bouquineries, c’est une passion et un art, mais c’est également une activité hors pair à réaliser avec des ami(e)s. On y découvre des auteurs jusqu’alors inconnus et on y redécouvre des classiques de la vieille époque. De plus, on tisse des liens avec des passionnés du monde du livre, des libraires indépendants et de fouineurs comme nous. Personnellement, ce sont mes journées préférées.

La réflexion

Arrêter d’acheter neuf serait une grave erreur. Les bouquineries ont besoin de livres usagés pour fonctionner et le monde a besoin de nouveautés! Toutefois, il est possible de mieux sélectionner les œuvres dans lesquelles on investit. Évitez les classiques, on les trouve partout et souvent dans de plus jolies éditions! N’achetez que des valeurs sûres (vos romans préférés) ou encore des livres rares, introuvables ailleurs. La bibliothèque est également une option de choix! Croyez-moi et pensez-y la prochaine fois que vous mettrez les pieds dans une librairie grande surface.

Et vous, achetez-vous toujours vos livres neufs?

Les recommandations des fileuses :

Librairie de Verdun

4750 rue Wellington

Bouquinerie Rock’N Livre

Rue Saint-Joseph Est, Québec

La flèche rouge

3235 rue Ontario Est, Montréal

Librairie l’Échange

713 avenue du Mont-Royal Est, Montréal

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Saveurs et littérature : le délice des mots de Muriel Barbery

Pourriez-vous raconter en détail toutes les sensations vécues lors d’un repas récent?

Si comme moi vous mangez en vous occupant à autre chose « pour ne pas perdre de temps », cela risque d’être difficile. Lire Une gourmandise de Muriel Barbery pourrait non seulement changer votre relation avec la nourriture, mais aussi avec ce que voient vos yeux, ce que touche votre peau et ce que hume votre nez. Une sorte d’éloge au « moment présent », sans jamais faire référence à ces deux mots galvaudés.

Une gourmandise est le premier roman de l’auteure française Muriel Barbery. J’y ai retrouvé avec plaisir des personnages de son grand succès de 2006, L’élégance du hérisson, qui gravitent tous autour du 7 rue de Grenelle, un immeuble de luxe d’une ville qui pourrait être Paris. Le cœur de l’histoire du premier roman est en effet la trame de fond du second. On renoue donc avec les savoureux personnages de Barbery, mais aussi avec toute la lucidité et l’intelligence des mots de l’auteure.

Un personnage à la fois adulé et ignoré

Le protagoniste vient de recevoir une condamnation à mort. Son cœur se fatigue, et il ne lui reste que 48 heures à vivre. Sort ironique pour ce critique culinaire renommé et cet homme au cœur dur, qui croyait bien un jour succomber à l’essoufflement de son foie ou de son estomac. Plutôt que de voir pour une dernière fois les siens, il décide d’écouler ses dernières heures dans son lit à explorer ses souvenirs à la recherche d’une saveur, et pas n’importe laquelle :

Je vais mourir et je ne parviens pas à me rappeler une saveur qui me trotte dans le cœur. Je sais que cette saveur-là, c’est la vérité première et ultime de toute ma vie, qu’elle détient la clef d’un cœur que j’ai fait taire depuis. Je sais que c’est une saveur d’enfance, ou d’adolescence, un mets originel et merveilleux avant toute vocation critique, avant tout désir et toute prétention à dire mon plaisir de manger.

Il faut dire que cet homme adulé par le monde gastronomique s’est entièrement consacré à sa carrière et a raté sa vie de famille. Il n’aime pas ses enfants, « ces trois êtres sans saveur sortis des entrailles de [s]a femme » et n’éprouve aucun remords. « [L]a seule paternité que je revendique, c’est celle de mon œuvre », dit-il. Quant à son épouse, elle vit tel un fantôme dans l’ombre du Pape de la gastronomie, qu’elle aime et admire.

Ainsi, personne ne vient rendre visite au mourant, à l’exception de son neveu Paul, ayant depuis longtemps accepté de subir sans broncher les affres de son oncle afin de profiter de sa notoriété et de son expérience.

On apprend à découvrir le tyran – et toute la profondeur du personnage — au travers des pensées de ceux qui ont gravité autour de lui : sa femme, son médecin, ses maîtresses, son apprenti, la mendiante au coin de la rue, la gouvernante, son chien et son chat. Même la statue qui décore son bureau, l’ayant longuement observé, fait part de son point de vue :

Ses yeux perspicaces, ses yeux intelligents sont séparés de ce qu’ils voient par un voile invisible qui entrave son jugement, qui rend opaque ce que, pourtant, il pourrait si bien illuminé de sa verve. Et ce voile, c’est sa raideur d’autocrate éperdu, dans la perpétuelle angoisse que l’autre, face à lui, se révèle autre chose qu’un objet qu’il peut à loisir écarter de sa vision, dans la perpétuelle angoisse que l’autre, en même temps, ne soit pas une liberté qui reconnaisse la sienne… [I]l fuit, il fuit, il fuit l’insoutenable. Son désir de l’autre, sa peur de l’autre.

Meurs, vieil homme. Il n’y a ni paix ni place pour toi dans cette vie.

Savourer (le moment présent)

Partageant les pérégrinations au travers des souvenirs de jeunesse, on arrive à s’attacher à l’homme et à sa sensibilité : il a un souvenir précis de ce qu’il a touché, bu et goûté dans sa vie. Bien qu’il ait savouré des plats recherchés, il se remémore plutôt le goût, l’odeur et les textures d’aliments plus simples, du pain beurre rôti, des maquereaux cuits sur le feu, du saumon cru en passant par le sorbet et le whisky.

Ses descriptions sont tout simplement délectables :

La résistance de la peau tendue, juste un peu, juste assez, le fondant des tissus, de cette liqueur pépineuse qui s’écoule au coin des lèvres et qu’on essuie sans crainte d’en tâcher ses doigts, cette petite boule charnue qui déverse en nous des torrents de nature : voilà la tomate, voilà l’aventure.

Le vrai sashimi ne se croque pas plus qu’il ne fond sur la langue. Il invite à une mastication lente et souple, qui n’a pas pour fin de changer l’aliment de nature mais seulement d’en savourer l’aérienne moellesse. Oui, la moellesse : ni mollesse ni moelleux; le sashimi, poussière de velours aux confins de la soie, emporte un peu des deux, et dans l’alchimie extraordinaire de son essence vaporeuse, conserve une densité laiteuse que les nuages n’ont pas.

D’autres souvenirs l’amènent à décrire les odeurs et des bruits du jardin de sa tante Marthe qu’il visitait lorsqu’il était plus jeune, et la douceur de la brise d’été sur sa peau.

Malgré le sombre thème de la mort, le texte est léger tout en étant riche – comme un bon dessert. Il y a quelques touches d’humour, beaucoup de lucidité et un brin de réflexion philosophique. Une recette que j’adore, et que maîtrise parfaitement Muriel Barbery.

À lire sur une terrasse cet été, avec une boisson fraîche et un en-cas qui vous fait plaisir (il est particulièrement difficile de lire ce livre le ventre vide). Mais je vous invite à prendre des pauses entre les chapitres, le temps de savourer les mots. Et votre repas.

Quelle saveur aimeriez-vous retrouver, là, maintenant? Pourriez-vous la décrire à la façon de Muriel Barbery et de son personnage?

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Le Chercheur d’âme, autopsie d’une lutte sanglante

Steve Laflamme a décidément un don pour la littérature policière, ses connaissances et sa passion pour cette noirceur littéraire font de ce premier roman Le Chercheur d’âme un morceau de viande bien ficelé, dégoulinant de sang, barbarement tranché, mais extrêmement savoureux.

Dès la première phrase de la première partie, on sait que la lecture ne se fera pas sans nous torturer autant que les victimes de notre tueur :

L’homme insère ses doigts gantés dans la plaie et déchire la peau.

Déjà, nos dents grincent, la souffrance se peint sur notre visage ; pourquoi lire de telles scènes d’horreur ? Pour Xavier Martel. Le sergent-détective créé par Laflamme est le point central de ce roman: un enquêteur magané par la vie, qui lui-même pourrait sombrer dans la folie qui anime le tueur en série qu’il recherche. Et pourtant, il est attachant, avec un humour noir et des références qui font sourire. Il est le maître sur le terrain et on prend un malin plaisir à le suivre partout. Son retour dans de futures œuvres est inévitable tant certains éléments de son passé (présentés en flash-back) sont restés mystérieux.

Un tueur au Québec

Il faut également le lire pour sa particularité : un tueur en série à Québec, puis partout au Québec. Les villes, les rues, les cafés, les restaurants, chacune des références soulevées nous relie au récit. Je me suis sentie interpellée, les différents lieux évoqués renforçaient cette appartenance québécoise : je connaissais ce dont on parlait. Toutefois, ce tueur en série a beau nous faire voyager, il est plutôt particulier. Son mode d’opération est cryptique et effrayant, les femmes qu’il choisit subissent des horreurs : des messages cachés sous la peau du visage, des tatouages incompréhensibles sur les seins, elles sont ouvertes, littéralement, le visage charcuté. Tout au long du roman, l’univers sombre de l’oeuvre nous fascine et il faut s’avouer que Laflamme a su exploiter toutes les facettes de la douleur et du suspense, mais d’une façon habile et percutante.

La lutte au Québec

La seule chose qui m’a surprise, c’est l’univers de la lutte. Et agréablement, il faut le spécifier. Je ne connaissais que la lutte américaine et Laflamme nous présente l’envers du décor de la lutte québécoise, et nord-américaine, d’une façon brillante. Il l’intègre habilement à son intrigue, le tueur baigne dans le milieu, et donne le goût d’en découvrir plus, que ce soit par les références historiques, les galas, le fake des combats, les blessures.

Le Chercheur d’âme, un roman pur, un page-turner un peu choquant, qui laisse présager une carrière florissante à son auteur, un passionné de fantastique et de policier.

Y a-t-il un roman policier qui a su vous accrocher, vous inciter à tourner les pages sans pouvoir vous arrêter?


Merci aux Éditions de l’Homme pour le service de presse.

Alanna the Lioness

Astrologie guerrière

Envie de savoir de quel bois tu te chauffes? Dis-moi quand tu es né.e et je te dirai quel type de combattant.e tu es. Je propose un calcul astrologique basé sur des personnages de guerrières en littérature (fantasy, science-fiction, dystopie, etc.), parce que pourquoi pas! La vérité est que ma thèse de doctorat porte sur les figures de guerrières contemporaines et que c’est vraiment défoulant de mettre à profit mes connaissances accumulées en faisant découvrir des œuvres captivantes (et majoritairement écrites par des femmes!).

Alors, es-tu une Katniss Everdeen, une Wonder Woman ou une Tris Prior?

Disclaimer: Je ne possède aucune formation en astrologie, ma lecture est un croisement entre les signes du zodiaque astrologique et mon interprétation personnelle des héroïnes. À prendre avec un grain de sel ou deux.

21 mars au 19 avril : Celeana Sardothien

Le moins qu’on puisse dire est que, tout comme l’héroïne de la série fantasy Throne of Glass, tu n’as pas froid aux yeux. L’auteure américaine Sarah J. Maas a d’ailleurs voulu créer une protagoniste téméraire et fonceuse afin d’inspirer les lectrices à croire en leur propre potentiel. La jeune assassine est donc non seulement une excellente combattante, mais elle le sait et en est fière. Comme Celaena, tu possèdes une personnalité flamboyante et n’as pas peur de relever les défis, ce qui fait de toi une guerrière redoutable et un peu intimidante.

Oeuvre: série Throne of Glass, de Sarah J. Maas

Arme : double dague

Valeur cardinale : victoire

Mantra : « My name is Celaena Sardothien, and I will not be afraid. »

Qualités : audace, vivacité d’esprit, témérité

Défauts : manque de vigilance, impulsivité, intolérance

Source: Mass, Sarah J. Throne of Glass. New York: Bloomsbury Press, 2012, 416 p. – Crown of Midnight. New York: Bloomsbury Press, 2013, 432 p – Heir of Fire. New York: Bloomsbury Press, 2014, 576 p. – The Assassin’s Blade. The Throne of Glass Novellas. New York: Bloomsbury Press, 2014, 464 p. – Queen of Shadows. New York: Bloomsbury Press, 2015, 656 p. – Empire of Storms. New York: Bloomsbury Press, 2016, 704 p.

 

20 avril au 21 mai: Katniss Everdeen 

L’activité favorite de Katniss est de passer du temps seule en forêt. Ça te parle? Amoureuse de stabilité, un peu routinière, tu rêves d’équilibre et de justice. On reconnait souvent ta grande persévérance, car quand tu as un objectif en tête, impossible de t’en détourner; tu fonces sans détour comme une flèche une fois tirée. Ton instinct protecteur est très fort et tu es prête à te sacrifier pour tes proches. Pour toi et Katniss, les plaisirs simples et pragmatiques sont les plus grands, ce qui explique votre attrait particulier pour la nourriture. La seconde activité favorite de Katniss? Manger! En effet, lorsque l’héroïne de Suzanne Collins se fait demander en entrevue télévisée ce qu’elle a préféré de son expérience au Capitol, elle répond spontanément: « the lamb stew. »

Oeuvre: série The Hunger Games, de Suzanne Collins

Valeur cardinale : justice

Arme : arc et flèches

Mantra : « If we burn, you burn with us! »

Qualités : persévérance, sensualité, détermination

Défauts : entêtement, fixité, possessivité

Source: Collins, Suzanne. The Hunger Games Trilogy: Hunger Games. New York: Scholastic Press, 2008, 384 p. – The Hunger Games Trilogy: Catching Fire. New York: Scholastic Press, 2009, 400 p. – The Hunger Games Trilogy: Mockingjay. New York: Scholastic Press, 2010, 400 p.

 

21 mai au 21 juin : Éowyn, shieldmaiden of Rohan

La shieldmaiden du Rohan est sans doute l’un des personnages féminins les plus audacieux du Cycle de l’Anneau. On lui interdit d’aller se battre aux côtés de son cher Aragorn pour défendre la Terre-du-Milieu? La jeune femme fait fi de l’interdiction et s’équipe d’une armure la faisant passer pour un soldat. Non seulement elle se bat vaillamment, mais elle parvient à tuer le Roi-Sorcier, émissaire de Sauron. Éowyn et toi êtes les maîtresses du déguisement. Caméléonesque, vous vous adaptez agilement à votre environnement et impressionnez par vos talents sociaux. En fin connaisseur des récits médiévaux, Tolkien s’est directement inspiré des légendaires shieldmaiden scandinaves pour créer cette femme aux proportions épiques, et tu t’inscris directement dans cette lignée de femmes spectaculaires. Tu es dotée d’une personnalité vive, théâtrale, qui marque les esprits et charme l’imaginaire.

Oeuvre: série The Lord of the Rings, de J.R.R. Tolkien

Valeur cardinale : audace

Arme : heaume

Mantra : « I am no man. »

Qualités : jovialité, dynamisme, versatilité

Défauts : manque de transparence, abandon rapide, ambivalence

Source: Tolkien, J.R.R. The Lord of the Rings: The Two Towers. HarperCollins Publishers, 1999. – The Lord of the Rings: The Return of the Kings. HarperCollins Publishers, 1999.

 

21 juin au 22 juillet: Tris Prior 

Tris est une fille qui n’appartient à aucune Faction, car son esprit est qualifié de Divergent, c’est-à-dire qu’il fait cohabiter l’érudition, l’audace et l’abnégation. Comme elle, tu es doté d’une intelligence complexe et d’un regard sensible sur le monde. D’ailleurs, tu es peut-être hypersensible, mais tu le prends comme un compliment en considérant que l’empathie est une force progressiste puissante. Toutefois, tu travailles à ce que ta dévotion naturelle et ton militantisme n’empiètent pas sur ton bien-être personnel. Tu as appris à poser tes limites. Ton altruisme et ton courage font de toi une social justice warrior exemplaire.

Oeuvre: série Divergent, de Veronica Roth

Valeur cardinale : abnégation

Arme : fusil

Mantra : « I’m no longer Tris the selfless, or Tris the brave. I suppose that now I must become more than either. »

Qualités : don de soi, sensibilité, générosité

Défauts : instabilité émotionnelle, comportements autodestructeurs, nostalgie

Source: Roth, Veronica. Divergent. New York: Harper Collins, 2011, 496 p. – Insurgent. New York: Harper Collins, 2012, 592 p. – Allegiant. New York: Harper Collins, 2013, 592 p. – Four. New York: Harper Collins, 2014, 304 p.

 

22 juillet au 22 août: Alanna The Lioness

Alanna the Lioness est une pionnière. Elle aura osé ouvrir la voie en devenant la première femme chevalier d’un royaume ouvertement sexiste interdisant aux femmes ce titre de noblesse. La toute première héroïne de la romancière Tamora Pierce deviendra une figure tutélaire pour les protagonistes des autres séries se déroulant dans l’univers de Tortall, qui auront désormais la possibilité de devenir combattante à leur tour. Comme la célèbre lionesse, tu es doté d’un courage digne de Griffondor, d’un charisme indéniable et d’un leadership inné. Si tu entreprends d’abord pour ton propre compte, ton influence est souvent plus grande que tu ne pourrais soupçonner. Ta bravoure donne envie aux autres de se dépasser.

Oeuvre: série Song of the Lioness, de Tamora Pierce

Valeur cardinale : liberté

Arme : bouclier

Mantra :“I believe in deeds, not words.”

Qualités : bravoure, charisme, confiance en soi

Défauts : vanité, orgueil, égocentrisme

Source: Pierce, Tamora. Alanna, The First Adventure: Song of the Lioness 1. New York, Antheneum, 2014, [1983], 263 p. – In the Hand of the Goddess: Song of the Lioness 2. New York, Antheneum, 2014, [1984], 252 p. – The Woman Who Rides Like a Man: Song of the Lioness 3.  New York, Antheneum, 2014, [1986], 260 p. – Lioness Rampant: Song of the Lioness 4. New York, Antheneum, 2014, [1988], 362 p.

 

23 août au 22 septembre : Keladry of Mindelan 

Il n’est pas anodin que le titre de Keladry, seconde héroïne de Tamora Pierce (à la suite d’Alanna ci-haut), soit Protector of the Small. Kel et toi êtes dotées d’une grande capacité d’empathie qui dicte naturellement vos lignes de conduite en société.  Et le plus beau est que vous agissez avec une affection sincère et non pas pour recevoir des fleurs. Au contraire, vous fuyez toute forme d’éclat et préférez ne pas vous faire remarquer. Dans la même lignée, vous ne mettez pas facilement vos cartes sur table. Avec vos visages impassibles, vous maîtrisez vos émotions et exposez rarement votre entière vulnérabilité par peur du jugement: si vous préservez les autres, vous vous protégez aussi des assauts extérieurs.

Oeuvre: série Protector of the Small Quartet, de Tamora Pierce

Valeur cardinale : protection

Arme : lance

Mantra : « You wish I were a boy. But being a girl is more fun. »

Qualités : esprit analytique, discrétion, stabilité

Défauts : manque de confiance en soi, timidité, inflexibilité

Source: Pierce, Tamora. First Test: Protector of the Small Quartet 1. New York: Ember Editions, 2016, [1999], 206 p. – Page: Protector of the Small Quartet 2. New York: Bluefire Editions, 2011, [2000], 245 p. – Squire: Protector of the Small Quartet 3. New York: Bluefire Editions, 2011, [2001], 380 p. – Lady Knight: Protector of the Small Quartet 4. New York: Bluefire Editions, 2014, [2002], 429 p.

 

23 septembre au 22 octobre: Diana A.K.A Wonder Woman

La fameuse superhéroïne de DC Comics et toi êtes gouvernées par un même désir: l’atteinte d’un équilibre sur tous les plans, tant personnels que collectifs. Vous visez l’ordre dans tout. On ne cachera pas votre esprit idéaliste, qui constitue une grande partie de votre charme. Profondément bienveillantes, vous croyez au potentiel humain de chaque individu et rêvez d’un monde harmonieux. Tout comme la Diana de William Moulton Marston (créée en 1941), votre force de conviction fait en sorte que vous incarnez des modèles des figures de proue qu’on a envie de suivre. Vous êtes directes et dites le fond de votre pensée, et vous vous attendez également à recevoir cette honnêteté de la part de votre interlocuteur.

Oeuvre: bande dessinée Wonder Woman: Earth One, de Grant et Morrisson

Valeur cardinale : amour

Arme : lasso de vérité

Mantra : « I now know that only love will save the world. »

Qualités : recherche d’équilibre, douceur, intégrité

Défauts : idéalisme, naïveté, perfectionnisme

Source: Grant, Morrisson. Wonder Woman: Earth, One Vol. 1. D.C. Comics, 2016.

 

23 octobre au 22 novembre: Aileanna Kameron 

Aileanna, héroïne de la série The Falconer d’Elizabeth May, s’élève avec force contre les rôles sociaux qu’on veut lui imposer en raison de son identité sexuelle. Aileanna est une rebelle au sens premier du terme. Avec son tempérament explosif et indépendant, elle fait fortement penser à Merida du film Brave (sans parler du fait qu’elles sont toutes deux rousses et écossaises!). Ses idées et son discours sont ingouvernables. Son objectif principal: venger la mort de sa mère, assassinée par les fées. Inventive et débrouillarde, l’héroïne crée elle-même son arsenal d’armes meurtrières dans son atelier. Elle doit apprendre à dompter sa colère et sa rancune pour ne pas se laisser dominer par celles-ci… ce qu’elle réussit à accomplir grâce à son incomparable volonté. Ça te sonne quelque chose de familier?

Oeuvre: série The Falconer, d’Elizabeth May

Valeur cardinale : honneur

Arme :Seilgflur (pendentif permettant de voir les fées)

Mantra :“I’m not a creature of vengeance any more. I’m not just the girl whose gift is chaos. I’m the girl who endured.”

Qualités : adresse, inventivité, ruse

Défauts : dureté, mensonge, rancune

Source:  May, Elizabeth. The Falconer. San Francisco: Chronicle Books, 2013, 373 p. – The Vanishing Throne: Book Two of the Falconer Trilogy. San Francisco: Chronicle Books, 2016, 458 p. – The Fallen Kingdom: Book Three of the Falconer Trilogy. San Francisco: Chronicle Books, 2017, 420 p.

 

23 novembre au 21 décembre: Feyre Archeron 

Ton instinct de survie est très fort et se double d’une grande résilience. Comme Feyre, l’héroïne de cette magnifique réécriture de La Belle et la Bête, tu as la capacité de rebondir sur tes pattes peu importe la gravité de la situation. Autodidacte, tu parviens toujours à trouver les ressources nécessaires pour te sortir d’une impasse, coûte que coûte. Suite à un écueil, tu ne t’apitoies pas sur ton sort et tires plutôt ton épingle du jeu. Ton attitude est généralement humble et responsable. De victime à guerrière, de proie à chasseresse, tu as appris à te sortir adroitement des rapports de pouvoir et à convertir la détresse en force vitale, en créativité. Plutôt que de reproduire les cycles de violence, tu prônes le respect d’autrui.

Oeuvre: série A Court of Thorns and Roses, de Sarah J. Maas

Valeur cardinale : respect

Arme : arbalète

Mantra : « I was not a pet, not a doll, not an animal. I was a survivor, and I was strong. I would not be weak, or helpless again. I would not, could not be broken. Tamed. »

Qualités : pragmatisme, grande énergie, capacité d’adaptation

Défauts : manque de discernement, remords, crédulité

Source: Maas, Sarah J. A Court of Thorns and Roses. New York: Bloomsbury, 2015, 432 p. –  A Court of Mist and Fury: A Court of Thorns and Roses. New York: Bloomsbury, 2016, 640 p.

 

22 décembre au 19 janvier: Brienne of Tarth 

De tout l’univers de Game of Thrones, Brienne of Tarth est sans doute le personnage méritant le plus le titre de chevalier. En effet, elle incarne à elle seule toutes les valeurs cardinales d’un preux chevalier: honneur, courtoisie, fidélité, prouesse guerrière. Comme Brienne, tu es une personne de parole, et respecte tes serments à la vie, à la mort. On sait qu’on peut invariablement compter sur toi. Tu veilles à te conformer à tes principes de manière infaillible, ce qui parfois t’entraîne dans des situations qui ne font plus vraiment de sens d’un point de vue extérieur. L’accomplissement de projets étant très important pour toi, abandonner et lâcher prise te sont douloureux. Cependant, ton apparente rigidité est en vérité l’armure d’un coeur immense, aimant et généreux.

Valeur cardinale : fidélité

Arme : épée

Mantra : « I have to try to save her, or die in the attempt. »

Qualités : sens de la justice, rigueur, dévouement aux autres

Défauts : acharnement, dévotion exagérée, renfrognement

Source Martin, George R.R. A Song of Ice and Fire: A Game of Thrones. New York: Bantam Books, 2011, [1996], 864 p. – A Song of Ice and Fire: A Clash of Kings. New York: Bantam Books, 2011, [1999], 1040 p. – A Song of Ice and Fire: A Storm of Swords. New York: Bantam Books, 2011, [2000], 1216 p. – A Song of Ice and Fire: A Feast for Crows. New York: Bantam Books, 2011, [2005], 1104 p. – A Song of Ice and Fire: A Dance with Dragons. New York: Bantam Books, 2013, [2011], 1152 p.

 

20 janvier au 19 février: Katsa of the Middluns

Alors qu’elle est enfant et qu’un cousin plus âgé veut porter la main à sa poitrine, la jeune Katsa le gifle avec une telle force qu’elle le tue, découvrant ainsi son don de force physique. Horrifiée par son geste, elle évitera à tout prix d’avoir à accomplir des tâches manuelles ou à se battre, interprétant sa « Grace » comme un don pour donner la mort. La quête de Katsa est donc d’apprendre à se servir de sa force surhumaine comme d’un outil pouvant être utilisé à bon escient, comme une puissance bénéfique. Graceling est le récit émouvant d’un traumatisme et de sa longue guérisson, mais aussi celui d’un acte violent et de sa légitimation. Le changement de perspective qui s’opère face à la violence, passant de pulsion destructrice à force vitale, correspond à ta manière d’évoluer constamment. Tu marches au front en transformant les embûches en carburant, en métamorphosant les défauts en atouts. En bref, tu es une athlète de la vie.

Oeuvre: roman Graceling, de Kristin Cashore

Valeur cardinale : évolution

Arme : force manuelle

Mantra : « When a monster stop behaving like a monster, does it stop being a monster? Did it become something else »

Qualités : endurance, vigueurs physique et intellectuelle, rationalité

Défauts : ardeur destructrice, apparence froide, autosuffisance

Source: Cashore, Kristin. Graceling. New York: Penguin, 2008, 471 p.

 

20 février au 20 mars: Buffy Summers

Qui ne voudrait pas être Buffy? Son créateur Joss Whedon aura su inspirer des millions de femmes avec cette héroïne profondément admirable. Ce qui rend Buffy aussi géniale, c’est qu’elle défait l’idée d’un pouvoir héroïque unitaire, qu’il est typique de rencontrer chez la plupart des héros masculins. En effet, elle préfère former une armée de combattantes plutôt que de demeurer l’unique « Chosen One ». De plus, tout le long de ses péripéties, elle ne triomphe jamais seule, mais toujours appuyée par sa fidèle Scooby Gang. Responsable, elle apparait en mesure de discerner ce qui est éthique de ce qui ne l’est pas. Son sens de l’initiative est notoire et elle n’hésite pas à sauter dans le feu de l’action en cas de besoin, quitte à se sacrifier. De même, ton sens moral est très aiguisé et tu possèdes une sagesse hors du commun – qui se traduit couramment par un humour intelligent et des traits d’esprit mémorables. Buffy et toi êtes juste awesome, un point c’est tout.

Oeuvre: Buffy the Vampire Slayer, de Joss Whedon

Valeur cardinale : sécurité

Arme : pieu

Mantra : « There is only one thing on this earth more powerful than evil, and that’s us. »

Qualités : sens du devoir, solidarité, altruisme

Défauts : arrogance, impatience, caprices

Source: Whedon, Joss. Buffy the Vampire Slayer, saison 8- …, Dark Horse Books, 2007-…

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Ciels Transitoires, une poésie salvatrice

Ciels Transitoires est un recueil de poésie écrit par Clara Brunet-Turcotte, paru chez la maison d’édition Poètes de Brousses. Il m’a tout de suite intéressée par sa première de couverture (oui je sais, on ne doit pas uniquement se fier à celle-ci, mais quand elle est aussi belle, c’est difficile de ne pas se laisser influencer), d’ailleurs, cette œuvre est signée Sam Ectoplasm. C’est le deuxième ouvrage que je découvre de cette maison d’édition qui se consacre à la poésie québécoise contemporaine, le premier étant Amélia de Laurence Veilleux, et je suis à nouveau conquise. Ciels Transitoires est un petit bijou de poésie libre et est superbement écrit.

Le titre

Transitoire est ce qui ne dure pas, les bonheurs, mais surtout les malheurs. Chacun développe sa propre interprétation en poésie. Pour moi, la poésie est subjective, on peut soit essayer d’imaginer ce que l’auteur.e pouvait penser ou bien créer notre propre interprétation selon nos besoins ou envies. Pour moi, Ciels Transitoires signifie ce qui ne dure pas. C’est un livre qui m’est tombé dans les mains à un bon moment, ce qui m’a permis d’apprécier énormément ma lecture.

la forêt repousse vite

je croque des sapins

toujours plus hauts

la résine colle à mes dents

 

le lac à la Truite se déverse en moi

je suis un marécage rectangulaire (p. 10)

 

Le corps

Séparé en trois parties, Ciels Transitoires englobe : Chambre à l’est, L’aiguille dans l’œuf et Angora. Sur le site de la maison d’édition, on retrouve cette phrase dans le résumé alléchant du recueil : « Aussi changeants que la lumière, les corps qu’ils nous révèlent oscillent entre le bruit et l’idée de la mort, tour à tour trop réels et immatériels, rongés par l’ombre qu’ils projettent. » Cette phrase est l’âme de l’ouvrage. L’auteure écrit sur le passé, sur les envies, elle crie, elle s’adoucit, tout ça en même temps, pour faire un portrait de ce qui est vrai. Cette poésie, c’est les choses qu’on pense, mais qu’on ne veut pas dire. C’est moderne, c’est Montréal, c’est féminin et surtout, c’est beau.

C’est un recueil où les émotions surgissent à travers chaque strophe, chaque vers et chaque pied. Pour moi, c’est une lecture salvatrice, une écriture aussi peut-être pour l’auteure.

 

tours les rideaux sont tirés

on s’est passé le mot sur Facebook

les citadins attendent maintenant

le prochain épisode

ou la fin du monde

tout simplement

 

une jeune fille se moque

je suis neutralisée

mon ventre gonfle

perdu ma clé

j’attends mon tour

dans un labyrinthe (p. 26-27)

Finalement, ce recueil me fait penser à celui de Daphné B., Bluetiful. Donc si vous avez eu un coup de cœur pour ce recueil, vous en aurez probablement un énorme pour celui-ci également.

Êtes-vous déjà tombé sur un livre pile au moment où vous en aviez besoin?

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Le deuil tardif des camélias: jeunesse désabusée

C’est le joli visuel du roman Le deuil tardif des camélias qui a attiré mon attention au premier abord. Il ne manquait plus que je prenne connaissance que l’auteur était Daniel Leblanc-Poirier, dont j’avais apprécié la plume dans son recueil de poésie Le naufrage des colibris, pour me convaincre de le lire.

L’histoire

Le roman nous présente la vie d’Étienne et Laurent, deux amis et colocataires partis de Gatineau Beach pour venir étudier (en théorie plus qu’en pratique) à Montréal. Par la voix d’Étienne, nous les suivons dans le désordre tumultueux de ce moment de leur vie, comme suspendu, entre l’adolescence et l’âge adulte. L’histoire tournant autour de la relation toxique que Laurent entretient avec Florence nous trace le portrait d’une génération désillusionnée, d’une bande d’amis, d’amoureux, d’ex-amoureux et d’amants.

Amitié, amour, ruptures, infidélité, deuils, drogues, trahison, manipulation : à première vue, rien de jamais vu. Vous vous demandez ce qui m’a plu à lire les (més)aventures de presqu’adultes agissant comme s’il n’y avait pas de lendemain? J’y ai reconnu, en partie, ma génération, fin vingtaine-début trentaine. J’ai aimé lire leurs faiblesses, la pureté de leurs défauts, leur manière de se laisser guider par le plaisir dans une période trouble de leur vie et de prendre la fuite. Je me suis attachée à ces personnages bien définis; vivants, amoureux, instables, insouciants, mesquins ou égocentriques. Je me suis laissée rapidement emporter par les mots, tournant les pages avec urgence.

« Puis un soir, Raphaëlle a appelé Laurent, alors il a laissé Florence seule. Elle savait probablement où il était parti alors et j’imagine qu’elle était en tabarnac. C’est pourquoi vers minuit, quand Laurent est rentré à Pointe-Saint-Charles, il y avait un couteau planté dans le divan. Florence était assise à table. Elle a dit une affaire du genre « je sais que t’as le pénis sale. T’as couché avec elle, je le sais». Il en a profité pour essayer de la crisser dehors , mais elle lui a ri dans la face. Elle aurait dit quelque chose comme « c’est moi qui paye, fuck you, toi décrisse, pis rends-moi mon deux mille piastres ». Ça fait que le lendemain, il a essayé d’emprunter deux mille au prêtre, mais le bonhomme a refusé, alors c’en est resté là. Il a passé le balai et il est retourné chez lui, dans son purgatoire. Florence l’a accueilli avec un souper aux chandelles. »

Une plume franche et poétique

J’ai reconnu le poète, par le style indéniable des mots; les métaphores très présentes, la langue vraie, vivante et imagée.

« Je la voyais briller comme une ville au complet et je l’aimais de plus en plus, emberlificoté dans mes propres cordes à danser. »

Le deuil tardif des Camélias est un de ces romans qui ne possèdent pas une histoire qui sort de l’ordinaire, qui raconte un passage de la vie, sans la magnifier, mais dont on reste imprégné par le style et les personnages. C’est cru. Ça se lit à toute allure, au rythme de leurs péripéties. Ce deuxième roman de Daniel Leblanc-Poirier est publié aux Éditions de L’Interligne.

Quel est le dernier roman que vous avez lu sans le déposer une seule fois ?

Le fil rouge remercie les Éditions de L’Interligne pour le service de presse.

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Bec-de-lièvre d’Annie Lafleur, ou comment dévorer le poème

Les taons sifflent, le lièvre se fait dévorer par le chien, l’hirondelle écoute, l’âne obéit, la bête s’évanouit, le cheval s’observe et le pigeon cache le soleil. Bienvenue dans l’univers d’Annie Lafleur, un univers poétique peuplé d’animaux et dépeuplé d’humains, dans lequel les mots s’entrechoquent à une vitesse folle. Dans Bec-de-lièvre, tout un bestiaire se meut avec le sujet poétique, c’est le spectacle de « la marche des animaux en lisière du monde » (p. 31).

« J’essore l’oiseau du ciel
les digues éclatent
en vieux sang
je remonte dans l’arbre
à l’écart des hommes
souffle sur la vermine
qui ronge ma veine
je vole au soleil
sa boue jaune » (p. 51).

Quatrième recueil de la poète montréalaise, il a été finaliste au Prix des Libraires 2017, dans la catégorie Poésie. Divisé en trois parties composées de courts poèmes sans titre, préfacés par un plus long poème « On a quitté la région », le recueil de Lafleur, Bec-de-lièvre (Le Quartanier, 2016) suit la voracité du sujet poétique alors que cette dernière se promène en forêt, dévorant et rapiéçant tout sur son passage. D’abord enfant, jouant dans la forêt sauvage, puis vieille, « celle qui aura tout avalé voudra tout revoir, pour une dernière marche en forêt » (4e de couverture). En effet, le sujet poétique bouge au rythme saccadé, effréné des vers courts qui s’enchaînent et s’enchâssent pour former le corps du recueil de 58 pages.

La poésie de Lafleur est dure, souvent violente. Les corps se déchirent et se font dévorer. La bouche, les lèvres et la langue cherchent sans cesse à se rattacher au corps, à prendre la place qui leur revient. Comme le titre du recueil l’indique, la bouche, le bec-de-lièvre (fente labiale palatine de son nom scientifique) court après la peau perdue, veut recoudre tout sur son passage, comme elle-même a été recousue à la naissance par le corps. Le corps Frankenstein — « paumes sorties des mains » (p. 11) — est reproduit sur le corps des animaux que l’enfant coud ensemble et dans les habits qu’elle leur confectionne. Tout tient à un fil dans Bec-de-lièvre : le rythme fou des poèmes, la vie et surtout « la mort [qui] ne vient pas » (p. 57). Lier la bouche à la parole, lier la bouche au corps, lier l’humain à son animalité, avec « la paire de mains / cousues entre nous / griffées de suie » (p. 56), tel est le projet du recueil.

Je ne saurais assez recommander cette lecture pour découvrir un univers langagier absolument renversant. Si la poésie de Lafleur n’est pas toujours facile d’approche, elle reste surprenante dans son indocilité et réussit à communiquer un souffle enivrant de liberté. Comme une brillante explosion poétique de violence et de beauté. Alors faites comme le sujet poétique et tentez votre chance, courez le risque, sautez dans le premier poème dans lequel les participes passés s’agglutinent fiévreusement!

« On a quitté la région
soulevé la soute repéré des layons
séparé les plus vieux des plus fins
loin on a pris à droite et plus rien
[…]
troué la girouette volé la tarte
fauché la dernière feuille de l’orme 
on a gravé nos noms le jour l’année
zippé nos manteaux
on a sauté » (p. 7-8).

 

Le syndrome de la vis… lecture d’une insomniaque!

Ça fait quelque temps que les livres de Marie-Renée Lavoie me font de l’œil et, fait cocasse, c’est à cause de son prénom peu commun que j’accrochais toujours sur ses romans quand je les croisais en librairie. Une de mes meilleures amies que j’aime beaucoup se nomme Marie-Renée, et j’ai cru pendant des années qu’elle était unique à avoir ce prénom (allô Marie!). Donc chaque fois que je croisais les livres de mademoiselle Lavoie, impossible de ne pas penser à ma Marie-Renée à moi.

Bref, récemment j’ai vu le dernier roman de Marie-Renée en magasin, Autopsie d’une femme plate, et j’ai bien ri en voyant le titre. Par contre, c’est son petit voisin tout près qui m’a interpellée, un roman un peu plus vieux de l’auteure, Le syndrome de la vis…

Le syndrome de la vis, rapidement, ça raconte l’histoire de Josée, une terrible insomniaque, et comme j’en suis moi-même une et que je me plais à dire que je ne dors jamais, quel plaisir ce fut pour moi de me reconnaître dans ce personnage très attachant. Josée, elle ne va pas vraiment bien, elle est en deuil de son père qui est mort récemment et c’est avec lui dans ses nuits d’insomnie qu’elle discute. Josée, elle a l’impression d’être passée à côté de sa vie, elle fait des crises d’anxiété et a beaucoup trop de temps pour penser dans ses nuits blanches. Elle parle de son insomnie comme d’une vis prise dans un engrenage qui ne cesse jamais et l’idée me plaît beaucoup, car je me dis très souvent lors de mes nuits d’insomnie que j’aimerais donc trouver le fameux bouton off de mon cerveau, que j’imagine aussi comme une grosse machine.

Au final, dans ce tourbillon de nuits blanches et d’insomnie, c’est dans les petites choses et dans les discussions avec son père et son voisinage que Josée réussira à remonter la pente. Elle arrivera même à dire au revoir à ce père dont elle aura finalement fait le deuil après de longues nuits de discussion avec ce drôle de personnage qui fume, qui écoute la radio, mais qui ne mange jamais, un moment très touchant du roman.

Je me promets de découvrir les autres romans de Marie-Renée sous peu, La petite et le vieux qui avait été finaliste dans de nombreux concours, et son plus récent Autopsie d’une femme plate. Assurément une auteure québécoise que j’ajoute dans ma liste d’incontournables et que je prêterai bien évidemment à ma Marie-Renée à moi!

Vous êtes insomniaque aussi? Vous avez d’autres romans sur le sujet à me conseiller?

 

Ceci n'est pas une ville, Laure Murat, amoureuse d'une ville, voyage, sentir chez soi, bien-être, le fil rouge, le fil rouge lit, #lefilrougelit, essai littérature, se sentir à la maison, home sweet home, évasion, liberté, éditions Grasset

Tomber amoureuse d’une ville, est-ce possible ?

Êtes-vous déjà tombé(e) amoureuse ou amoureux d’une ville ?

Vous êtes-vous déjà senti à la maison dans un endroit totalement à l’opposé de votre lieu de résidence ?

Est-ce que c’est dans un autre lieu, dans une autre ville, que vous avez réussi à sentir la pure et tendre liberté d’être simplement vous ?

Dans son essai Ceci n’est pas une ville, Laure Murat s’intéresse à son propre rapport à Los Angeles, où elle vit depuis plusieurs années. Elle affirme être tombée amoureuse de L.A., de sa lumière et en la lisant, on comprend qu’elle est tombée amoureuse des possibilités que la ville lui offrait, de l’espace que ce lieu de résidence créait pour elle.

« J’ai aimé Los Angeles tout de suite, dès la sortie de l’avion. Tout m’a plu, la lumière, l’horizon, les palmiers, les voitures, l’urbanisme improbable, la langueur du paysage, la couleur d’or rose de l’atmosphère. Los Angeles, cité dépourvue de centre et de monuments, propice à l’errance et à la rêverie, défaisait d’un coup tous mes préjugés et m’offrait ce que je n’avais jamais su faire : lâcher prise. Que signifie tomber amoureux d’une ville ? Quel est le rapport érotique qui nous lie à certains lieux et pas à d’autres ? Pourquoi Los Angeles, ville sans bords qui ne se laisse ni définir ni saisir ? »

Propre à soi

Il y a quelque chose d’infiniment personnel dans ce récit, Laure Murat, que j’avais beaucoup aimée et découverte par le biais de son essai Relire, enquête sur une passion littéraire, fait preuve d’une grande ouverture vis-à-vis ses lecteurs. Elle raconte de quelle façon l’idée d’écrire un essai sur son amour sur Los Angeles lui est venue.

Subjectif totalement, cet essai m’a plu, non parce que je suis amoureuse de L.A. (au contraire, j’en garde un souvenir assez gris), mais parce que tout comme Murat, je crois que les lieux ont des effets sur nos vies et je crois bien sincèrement qu’on peut tomber amoureuse d’une ville et ce qui est encore mieux, c’est que la fidélité n’a aucune valeur dans ces relations entre villes.

Je me souviens avoir marché dans Barcelone, complètement ravie par ses rues damiers, par ses terrasses pleines à craquer en pleine nuit et par cet air festif enveloppant. Je me souviens aussi du vertige que j’ai ressenti en visitant les décors dignes de cartes postales de Grèce, je ne pouvais pas croire que des gens se réveillaient avec ces décors au quotidien. Ce n’était pas une histoire d’amour, mais une passion étourdissante d’un beau et fort 72 heures.

Dernièrement, je suis aussi allée à Victoria et je me suis sentie si bien, sur ma carte géographique à moi, je sentais que la date, le lieu et mon état d’esprit étaient unis pour me faire vivre des moments d’une grande authenticité simpliste qui ressource tellement.

Quitter Paris pour L.A.

Dans son essai, Laure Murat nous explique pourquoi elle a quitté Paris. Bien que la raison première soit son poste d’enseignante à l’Université de Los Angeles, on sent qu’il y a plus, un genre de besoin de survie. Elle nous raconte qu’un jour son dentiste lui a parlé de ses racines, qu’elle devait les couper et elle y fait un lien avec Paris. Il y a toutefois quelques banalités et généralités sur les Français et les Américains, mais rien de trop alarmant. On fait face, bien entendu, à un certain type d’idolâtrie qui touche souvent ces lieux exotiques qu’on se met à aimer avec nos yeux d’ailleurs.

L’exil de Murat nous est présenté et expliqué par des extraits de son journal où elle nous partage ses coups de cœur de L.A., ses émotions, ces petits détails concernant la ville qui la charment et son rapport avec les gens qui l’habitent aussi.

Se sentir chez soi

Quoi de mieux, plus beau et important, que de se sentir à la maison? De sentir qu’on est à sa place, de sentir que ce qu’on a autour de nous est en parfaite connivence avec ce que l’on veut vraiment. Il s’agit d’un sentiment magnifique.

J’ai aimé cette lecture par sa singularité et par l’engagement émotif de l’auteure. J’ai senti une profonde vérité dans ce récit et un besoin pour Murat d’aborder ces thématiques, non seulement pour s’expliquer son exil, mais pour y comprendre toute la fascination que Los Angeles exerce sur elle. Laure Murat, cette historienne, pose dans cette enquête bien personnelle des questions qui nous touchent tous et aborde des thématiques nécessaires à l’épanouissement.

Et vous, avez-vous vécu cela, une passion ultime pour une ville ? Seriez-vous prêt, comme Laure Murat, à changer de pays pour vivre cet amour au quotidien ou vous êtes plus du genre relation longue distance 😉  ?