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Sur les traces de Calamity Jane

J’ai commencé à lire Il était une fois Calamity Jane, de Natalee Caple, suite à ma lecture de L’imparfaite amitié de Mylène Bouchard et de La femme qui fuit d’Anaïs Bardeau-Lavalette. Il existe un point commun entre ces trois romans : la relation presque qu’inexistante qu’ont les personnages principaux avec leur mère.

Dans cette aventure digne d’un western, j’ai pu faire la rencontre d’une célèbre cowgirl, la légendaire Calamity Jane. J’ai pu suivre ses traces grâce à sa fille qu’elle a abandonnée parce qu’elle ne se croyait pas digne de ce rôle. Calamity a donc «donné» sa fille à un homme de Dieu, qui, au jour de sa mort, demande à sa fille adoptive de retrouver sa mère. N’étant pas capable de refuser la dernière volonté de son père, Miette part à la recherche de Calamity Jane. Elle part seule avec son cheval, ayant la même audace que sa mère. Ce voyage ne sera pas de tout repos. Elle fera la rencontre de divers personnages (et hallucinations) qui auront soit rencontré son père adoptif ou sa mère. Parmi ces rencontres, elle découvrira qui est son père biologique, le seul amour de Calamity Jane.

De chapitre en chapitre on alterne entre Martha, la mère, et Miette, la fille. Le travail de Natalee Caple est magnifique, parce que j’ai pu facilement distinguer les deux personnages par la différence du rythme d’écriture entre les deux. En plus de Martha et de Miette, elle m’a fait découvrir d’autres personnages du farwest : tel que le célèbre Wild Bill Hickock. Ce que j’ai apprécié, c’est qu’à la fin du roman nous avons le droit de découvrir une partie des recherches de l’auteure sur Calamity Jane. D’où vient la popularité de ce personnage ? Elle vient du fait que c’est une femme forte, une femme qui aurait possiblement des origines amérindiennes, qui, malgré la peur qu’elle pouvait créer autour d’elle, donnait énormément d’amour. Calamity Jane n’était pas reconnue pour sa beauté, mais pour sa bonté. De plus, elle est également reconnue comme étant une cowgirl qui n’a jamais tué, alors que la renommée d’un cowboy est faite par le nombre de victimes qu’il a à son actif. De plus, bravo à l’auteure qui a réussi à me mettre dans le contexte de l’époque, que ce soit par la guerre de sécession, les indiens, etc.

Et vous, aimez-vous les romans historiques ?

Je tenais à remercier les éditions Boréal de m’avoir permis de découvrir qui était Calamity Jane ainsi que cette auteure !

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Nous sommes bien seules : des nouvelles douces-amères sur la solitude, sous toutes ses formes.

Nous sommes bien seules est une petite plaquette de tout juste 100 pages, résultat du travail de Julie Bosman. Après avoir rencontré et interviewé des femmes, d’âges et de milieux différents, ayant comme point commun le fait d’être seule depuis un bon moment, Bosman fut inspirée à écrire les 15 nouvelles qui forment Nous sommes bien seules. Le résultat est touchant, poignant, empreint à part égale de tristesse et d’espoir.

La solitude, bien au-delà du célibat 

Les différentes solitudes dépeintes dans les nouvelles de Bosman vont bien au-delà du célibat. Elles abordent aussi la mort, les émotions refoulées, le fait de se sentir seule à deux, les séparations douloureuses, les difficultés à trouver quelqu’un avec qui partager un moment. On se trouve face à une série d’histoires différentes qui font résonner quelque chose en nous. Toutes tournent autour de la solitude, le manque de l’autre, sans tomber dans aucun cliché simple. Bien outre le fait que chacune des nouvelles soit tirée d’un véritable témoignage, on ressent la véracité et l’authenticité de chacune d’elles. Non pas parce qu’elles sont vraies, mais parce qu’elles viennent toucher des cordes sensibles, qu’elles nous prennent par les émotions et que la solitude, peu importe sa forme, indépendamment des différents niveaux de souffrance qu’elle peut apporter, reste quelque chose d’universel.

La voix des femmes

Je dit ici la voix et non les voix, simplement parce que toutes les nouvelles sont au JE. Un JE différent dans chaque texte. On y ressent la singularité et, en même temps, l’universalité de ce JE. L’auteure réussit à donner une voix individuelle à chacune des femmes; elles sont multiples, mais  rassemblent. Les histoires diffèrent, les solitudes aussi, mais en bout de ligne, l’expérience de la solitude est commune et c’est ainsi que l’auteure réussit à laisser percevoir de  l’espoir. Non seulement par l’effet rassembleur, mais aussi par chacun des discours. Chacun des messages est porteur d’une lueur d’espoir autant que d’une grande tristesse et le mélange des deux est si bien mis en mots, avec une douceur, une empathie et un ressenti qui ne peut faire autrement que venir nous chercher, loin.

De la parole aux mots 

Parfois, dans les recueils de textes, même lorsqu’ils proviennent du même auteur-e, on retrouve des inégalités. J’ai été bien contente de ne pas ressentir cela des 15 récits de Bosman. Aucun ne m’a donné envie de sauter quelques lignes, j’ai été complètement absorbée par l’histoire de chacune des femmes, par les émotions et les vérités qu’elles mettaient de l’avant. Par la vulnérabilité de chacune d’entre elles autant que par celle de l’auteure qui a su si bien comprendre comment rendre les paroles de chacune. En s’inspirant d’un récit et en le modelant, en lui donnant une nouvelle vie, en mots, Julie Bosman a réussi un beau pari et le résultat vaut certainement la peine d’être lu et relu dans les moments plus durs, comme un petit baume qui fait un peu froid au coeur au début, mais qui le réchauffe bien rapidement.

Je ne crois pas qu’on ressort de Nous sommes bien seules indemne. On en ressort le coeur gros et léger à la fois, la tête pleine de JE différents qui pourraient facilement être soi.

 

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Dans l’univers des illustrateurs : palmarès de mes artistes préférés

Vagabonder quelques instants sur le site web Etsy et society 6 (ou n’importe quelle plateforme destinée à vendre des œuvres réalisées par des illustrateurs) est une aventure risquée, voire carrément dangereuse, en particulier pour ma pauvre carte bancaire! Si ma chambre ne manque certainement pas d’illustrations pour enjoliver ses murs, ma bibliothèque (ou plutôt ce que contient de nombreux ouvrages ou couvertures de papeterie rangés entre ses étagères) n’a en revanche, rien à lui envier! Ainsi, inutile de vous dire que l’univers de l’illustration et du design/graphisme m’a toujours grandement plu! Présente dans le monde du livre (que ce soit au sein de la littérature jeunesse, romans graphiques, bandes dessinées, etc.), l’illustration est une compagne essentielle et indétrônable : ces dernières composent la toile de fond des récits, en semant par-ci par-là de petites parcelles d’imaginaires, d’inspiration, de couleurs et de traits. Bref, chacune des pages constitue un élément de surprise! C’est également une belle ode à la créativité de ceux qui leur ont donné naissance : les illustrateurs transposent magnifiquement leurs visions de l’histoire racontée, proposant ainsi aux lecteurs un univers vu nulle part ailleurs!

Ci-dessous, vous trouverez donc un petit palmarès de mes illustrateurs préférés!

Isabelle Arsenault

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(source : www.isabellearsenault.com

Voici mon petit moment « groupie » de l’article : les œuvres d’Isabelle Arsenault sont mes favorites. J’ai découvert son travail pour la première fois au sein de l’album Jane, le renard et moi (en collaboration avec Fanny Britt), et j’ai tout de suite été charmée par la douceur et la sensibilité des illustrations présentées. Arsenault est lauréate de nombreux prix (dont le Prix littéraire du Gouverneur général et le Prix des libraires du Québec) et ses réalisations sont reconnues et primées autour du globe. Bien qu’illustratrice jeunesse, ses œuvres rejoignent et émeuvent autant les petits que les grands (j’ai moi-même presque l’entièreté des albums jeunesse auxquels elle a collaboré!). C’est toujours un réel plaisir de plonger et de replonger au sein de son univers!

Pour en savoir plus : visitez le site web de l’artiste pour jeter un œil à son portfolio! Les titres de ses publications y figurent également.

Yelena Bryksenkova 

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(source : http://yelenabryksenkova.com/)

C’est par l’entremise de la plateforme Tumblr que j’ai découvert complètement par hasard cette artiste (comme quoi mes petits moments de procrastination sur les réseaux sociaux ont leurs avantages!). Diplômée de la BFA (Maryland Institute College of Art in Baltimore) et du Academy of Applied and Decorative Arts à Prague, cette Américaine originaire de Saint-Pétersbourg a décidément un curriculum vitae bien rempli et compte plusieurs cordes à son arc! Ayant collaboré à de nombreux ouvrages (Elizabeth and Zenobia, A Christmas Carol, Classics Unfolded: Romeo & Juliet, Possession, etc.) et à divers éditoriaux, cette jeune artiste vend également quelques-unes de ses œuvres sur sa page Etsy! Que retrouve-t-on sous les coups de pinceau de Yelena? Principalement des scènes de la vie quotidienne, ces petits moments que l’on passe à la maison : elle exploite également des thèmes liés à la mythologie et aux contes fantastiques.

Pour en savoir plus :  consultez le site web de l’artiste ainsi que son blogue personnel!

Becca Stadtlander

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(source : http://www.beccastadtlander.com/)

Tout comme Yelena Bryksenkova, Becca Stadtlander est diplômée de la BFA. Cette artiste américaine compte à son actif deux rééditions illustrées (Pride and Prejudice, The Secret Garden) ainsi que de nombreuses collaborations « jeunesse » (On the Wing, Look! What do you see? etc.). On retrouve également ses œuvres sur de la papeterie, des objets de décoration pour la maison et quelques éditoriaux. Ses sources premières d’inspiration? La faune, la flore, la déco intérieure… et les gens! (Elle fait des portraits absolument magnifiques!)

Pour en savoir plus : visitez son site web, son blogue personnel et sa page Etsy.

Taryn Knight 

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(source : Etsy)

Fan d’Harry Potter? De contes fantastiques? De courageuses princesses? De la fête d’Halloween? De classiques de la littérature anglaise? Si la réponse est oui, la découverte des œuvres de Taryn Knight en vaut certainement le détour! Charmantes et gaies, les illustrations de la jeune Taryn font fureur sur internet : il suffit d’y jeter un coup d’œil pour comprendre pourquoi (j’ai tellement eu de la difficulté à n’en choisir qu’une seule, elles étaient toutes si jolies!).

Pour en savoir plus : il est possible de se procurer des imprimés de certaines de ses réalisations sur sa page Etsy. Envie de voir davantage? Consultez sa page Instagram ainsi que son blogue Tumblr!

Voilà! Inutile de vous dire que cette liste s’allongerait davantage (je sais, je sais, je dis cela pour chaque palmarès que je réalise sur le blogue, mais honnêtement, faire un choix est toujours bien difficile!) Avez-vous fait d’autres découvertes dans vos lectures précédentes ou ailleurs sur le net? (Mon mur et ma bibliothèque ont encore de l’espace, héhé!)

*Petite note : l’illustration est une réalisation d’Élodie Trudel, étudiante en graphisme à Montréal. Pour jeter un œil à son univers, ses illustrations et ses photographies (charmantes et super jolies!), c’est par ici : instagram.com/oh.elo 

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Le cœur de Berlin : Le tragique secret d’une famille 

Le cœur de Berlin, premier roman de l’auteur Élie Maure (nom fictif), est le premier ouvrage publié par la maison d’édition Les Allusifs que j’ai lu. Je peux d’emblée affirmer que j’ai particulièrement apprécié cette lecture, malgré le sujet dur que ce roman aborde, soit les secrets de famille et l’inceste.

Le cœur de Berlin raconte l’histoire de Simon, un homme solitaire approchant la cinquantaine qui consacre la majorité de son temps à l’écriture et au vélo. À la suite de la mort de son chien Berlin, Simon ressent le besoin de retrouver sa sœur dont il n’a pas de nouvelles depuis plusieurs années. Dans cette quête pour retrouver sa sœur, Simon se remémore son passé aux côtés des membres de sa famille : son père aujourd’hui décédé, sa mère ainsi que ses deux frères et sa sœur. Avec lui, le lecteur revisite les moments charnières de sa vie familiale et comprend petit à petit d’où provient ce mal-être qui l’habite. Simon revient sur les années de son enfance passées en Algérie ainsi que les moments de son adolescence à l’écart de sa famille en raison du fait qu’il va au pensionnat.

Graduellement, nous comprenons qu’un lourd secret plane sur la famille de Simon et que l’éloignement de sa sœur est relié à ce secret. Il est alors impossible de se détourner du livre, car l’on cherche à comprendre le lien entre les événements du passé et le présent. Puis, Simon reçoit des lettres de sa sœur dans lesquelles elle révèle les ombres de son enfance et de son adolescence. Ces lettres bouleverseront Simon et feront ressurgir des souvenirs du passé que sa mémoire avait oblitérés. Certains de ses souvenirs prendront un autre sens.

J’ai lu ce livre avec une certaine distance par rapport au personnage principal, car je le trouvais peu attachant et un peu morne. Par contre, je suis demeurée captivée en raison du style d’écriture et des thèmes abordés. J’ai aimé la profondeur de ce livre qui ne raconte pas seulement la relation entre une victime et son agresseur, mais nous raconte également les conséquences de ce secret sur l’ensemble des membres de la famille. J’ai aussi aimé que ce livre montre que le bon et le mauvais peuvent se côtoyer chez une même personne, et que parfois une personne que l’on pense connaître a finalement des facettes plus obscures. Je vous conseille de ne pas passer à côté de ce roman à la fois émouvant et poignant.

Merci aux Éditions Les Allusifs pour le service de presse.

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Meilleur avant… la télévision

J’ai toujours eu un sentiment d’ambivalence lorsqu’un roman ou une bande dessinée était adapté au cinéma ou à la télévision. Un livre, c’est un tout. Un monument de papier. Une architecture complexe de mots. Je remets véritablement en doute l’expression Une image vaut mille mots. Rien ne vaut mille mots. L’image, c’est l’arrêt de mon imagination. C’est avoir tout cru dans le bec sans faire le moindre effort d’esprit. Mon pouvoir créateur se meurt devant les scènes qui défilent sous mes yeux. En effet, elles défilent. J’ai à peine le temps de les savourer qu’elles ont filé sous mes doigts. Les gens qui me connaissent bien le savent; j’aime dicter mon propre rythme. La lecture me le rend bien.

Ma première expérience d’une adaptation cinématographique

Je me rappelle de la première adaptation cinématographique que j’ai eu la chance de voir sur grand écran. Vous vous en doutez peut-être. Nous nous côtoyons depuis déjà quelques temps chers lecteurs et chères lectrices. Hé oui! Il s’agit du long-métrage Harry Potter à l’école des sorciers. À l’époque, j’avais 10 ans. Je jubilais de voir se dévoiler sous mes yeux tout ce que j’avais créé dans ma tête. Hagrid fut probablement ma plus grosse révélation (c’est le cas de le dire!).  Je n’avais pas encore la capacité d’analyse d’aujourd’hui et je ne comprenais pas la valeur de la comparaison. Cela dit, je n’ai tout de même pas abandonné la lecture de la série comme les paresseux de ce monde que j’entends déjà me répéter : À quoi ça sert de lire les livres? Ils vont faire les films. Malheureux et mal-affamés, vous n’aurez que la pointe de l’iceberg.

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Crédit: Weheartit

Mes études en littérature et cinéma

En prenant de l’âge, je me suis davantage intéressée au cinéma. Merci à mon Cégep qui combinait les cours en Arts et lettres pour les profils littérature et cinéma. J’ai appris les bases de certains mécanismes propres au domaine du cinéma et j’ai découvert, entre autres choses, le cinéma d’ici et le cinéma d’auteur. Ma toile d’araignée culturelle s’emplissait de mouches, les unes plus juteuses que les autres. Lorsque Netflix et HBO, influenceurs professionnels à la procrastination, ont envahi mon univers, j’ai continué à comparer et mon sentiment à l’égard des adaptations est devenu de plus en plus ambigu. En fait, la série Le Trône de Fer est la figure de proue de mon ressentiment blessé. Je m’explique.

La révélation Le Trône de Fer

Attention! Le reste de cet article contient des divulgâcheurs.

Je me suis lancée il y a un peu plus d’un an dans le binge watching des saisons 1 à 6 du Trône de Fer. Une grande histoire d’amour a commencé à s’écrire entre l’univers créé par la plume de Georges R.R Martin et moi. Je serai claire et concise : je suis littéralement en amour avec la série. Évidemment, je me suis donc aussi jetée sur les livres, cela va de soi. Quel désarroi! C’est qu’une décision exceptionnelle a été prise; George R.R Martin, étant un écrivain à la production plutôt lente, a autorisé HBO à continuer d’avancer dans la série télévisée, et ce, au-delà de ce que nous avons pu lire jusqu’à maintenant dans la série littéraire. J’en suis tombée à la renverse. Quelle erreur!

Déjà, plusieurs éléments se trouvant dans les livres sont complètement changés, voire inexistants dans la série. Vous me direz c’est normal. C’est pratiquement comme cela pour chaque adaptation. Or, où cela diffère, c’est que certains événements ont été ajoutés dans la série télévisée. Et je ne traite pas ici de détails insignifiants, mais bien de la mort de certains personnages des plus importants, du moins sous mon œil, et d’alliances par le mariage des plus cruelles. Je pense particulièrement à la mort de Stannis Baratheon et à celle de Shireen, sa fille, qui meurt dans les circonstances les plus atroces, alors qu’elle est brûlée par ses propres parents sur le bûcher. Détrompez-vous, il y en a d’autres. Mance Ryder, Barristan Selmy, Tommen Baratheon, Margaery Tyrell et j’en passe. Tout cela, car les téléspectateurs ne pouvaient pas attendre. Bon Dieu que nous sommes des êtres impatients!

La saison 6 est sortie en avril 2016, alors que le sixième tome devrait (selon les rumeurs) sortir cette année. Rien ne nous indique que les événements auxquels nous avons assisté dans la série se retrouveront dans le livre. Les plus grandes surprises pourraient évidemment ne pas nous surprendre vu le gâchis de la série et même que celles-ci ne pourraient jamais se retrouver à l’écrit. Spoiler alert : Je vous apprends donc que Jon Snow pourrait très bien demeurer dans l’autre monde (malheur pour les téléspectateurs et surtout pour les téléspectatrices, qui se sont trop plaintes de sa mort, raison pour laquelle on l’a fait revenir selon les rumeurs ) et que le Grand Septuaire est toujours bien en place avec ses fanatiques religieux qui posent problème à Cersei Lannister.

Quand on compare, on se console… FAUX

Malheureusement, le tout finit par me déplaire, car je compare. J’ai dans mes habitudes de lire les livres avant de voir leur adaptation. Question de principe. Cette expérience me confirme que je dois garder mes bons rites et je n’ai toujours pas fini de lire la série littéraire, imaginez. Aujourd’hui, j’ai de la difficulté à ne pas rouspéter lorsque mes amis parlent de certains détails dans la série télévisée. On entend toujours ma petite voix en bruit de fond : Oui, mais ça, c’est ce que HBO en a fait. C’est agaçant pour tout le monde, mais c’est tout de même la vérité. En même temps, ils ne peuvent pas m’en vouloir. Honte à HBO et George R.R Martin, pas à moi!

C’est la première fois que je suis confrontée à une série télévisée qui prend de l’avance sur la série littéraire et je vous avoue franchement que je le vois comme un faux pas de leur part. J’espère sincèrement que le sixième tome saura nous surprendre et demeurer aussi rafraîchissant que les précédents malgré son frère jumeau arrivé un peu d’avance. D’un autre côté, je croise les doigts pour que Lady StoneHeart, personnage emblématique dans la série littéraire, apparaisse dans la série télévisée. Une admiratrice a le droit de rêver.

Et vous, avez-vous ce sentiment d’ambivalence face aux adaptations cinématographiques? Avez-vous déjà été confrontés à une série télévisée ou à un film qui prenait de l’avance sur l’œuvre littéraire?

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Être une « bad feminist »

Aimer le rap dont plusieurs chansons dans lesquelles le mot Bitch est utilisé, parfois à outrance. Se surprendre à vouloir écouter des émissions de télé-réalité, des soirées entières. Voilà toutes des activités auxquelles je m’adonne et qui me procurent du plaisir, bien qu’elles viennent souvent de pair avec un vague sentiment de culpabilité. Tout en m’y consacrant, je me répète qu’elles ne concordent pas avec l’image que je me fais de moi, qu’elles sont à l’opposé de mes valeurs. Et pourtant, une part de moi aimerait assumer ces goûts, sans aucune gêne.

Jusqu’à tout récemment, parler de ce sujet dans un article aurait été pour moi de l’ordre de l’impensable. Et puis il y a eut ma lecture de l’essai Bad feminist de Roxane Gay, que j’aime sans complexe. Dans un style très personnel, proche de la conversation, l’auteure traite de cette impression d’exacerber ses contradictions en aimant certains films, livres ou artistes.

En se détachant d’une définition essentialiste du féminisme, Gay décortique la culture populaire tout en revendiquant son titre de Bad Feminist. Ainsi, elle affirme que ses goûts ne l’empêchent pas de porter un regard critique et intersectionnel sur les représentations faites des femmes dans la société, autant à l’écran qu’en politique.

Sous la forme de courts chapitres qui se referment sur eux-mêmes, la somme de ces réflexions m’a fait l’effet d’un poids qui s’enlevait de sur mes épaules. Enfin, on me confirmait que je n’étais pas moins féministe parce que j’aimais Dr Dre ou l’émission Barmaids. Un livre de quelques 300 pages venait d’être écrit à ce sujet.

« We just want so much. We just need so much »

De la série Girls à Hunger game, Roxane Gay pousse plus loin le questionnement à savoir si ces œuvres sont féministes ou non. En effet, elle les remet en contexte en traitant de ce qui est offert en termes de productions culturelles de nos jours. Et bien qu’elle voit plusieurs failles dans la célèbre émission de Lena Dunham, l’auteure remet en question cette tendance d’attendre qu’une série présente tout ce qui n’a pas été fait jusqu’à maintenant. Elle reconnait ainsi l’énorme charge qu’ont les séries émergentes dû au peu de diversité à l’écran. Malgré cette réflexion, Gay nous avoue se languir de voir davantage de personnages comme Katniss, des femmes fortes mais imparfaites, des héroïnes remplies de failles et qui ne s’en cachent pas.

Ce que j’aime particulièrement des propos de l’auteure, c’est qu’elle nous présente des analyses profondes et riches des personnages féminins tout en traitant dans le chapitre suivant du plaisir éprouvé à lire la série Sweet Valley High books, une version littéraire de Beverly Hills 90210. Bien qu’elle reconnaisse que les protagonistes étaient tous blancs et privilégiés, elle discerne que ces phénomènes de la culture populaire ne sont que des symptômes d’un problème bien plus profond. Et elle assume son plaisir vis-à-vis ces lectures.

Pourtant, Gay n’a pas que des éloges envers la culture populaire. En parlant des films Django unchained et The Help, l’auteure se désole de voir que ce sont encore des caricatures de personnages afro-américains qui sont présentés. Elle s’indigne du manque de sensibilité de certains auteurs ou réalisateurs lorsqu’ils abordent l’Histoire de l’esclavage et de la ségrégation aux États-Unis. S’ils sont pour le faire de cette façon, ils devraient, selon elle, simplement s’abstenir d’en parler. En déplorant que les films offerts manquent de nuance et perpétuent encore les mêmes codes, elle fait un parallèle avec le racisme systémique que subit la population afro-américaine. Et se désole que les choses changent si peu à ce niveau.

Bad feminist joue sur deux registres à la fois, nous témoignant à la fois d’un amour fort de la culture populaire et d’un certain dédain par rapport à celle-ci qui reproduit des structures qui continuent d’heurter les individus à ce jour. Gay remarque que fredonner Blurred lines prend une tout autre signification lorsqu’on considère les statistiques de violences sexuelles aux États-Unis.

Pas si bad que ça…

Les phrases de Roxane Gay ne tombent pas comme des vérités absolues. Bien au contraire, elles se forment et se transforment au courant de l’essai, en témoignant d’un réel cheminement. La lecture est si aisée et dénuée de ton moralisateur qu’elle relève presque de l’échange amical. N’empêche que les sujets abordés par l’auteure demeurent sensibles et complexes ; ceux-ci demandent toute la minutie exigée pour en parler. Ils portent à les reconsidérer sous le prisme d’expériences divergentes, à tenter l’exercice de les percevoir avec d’autres lunettes, dans la mesure du possible.

En bout de ligne, ce qui ressort de l’ouvrage, c’est qu’il est nécessaire de parler du féminisme, le plus souvent possible. Car, comme elle confie, l’écriture et le féminisme sont ce qui lui a permis de s’autoriser à vivre et à s’exprimer. Ne pas se regarder mourir à force de se taire. En guise de conclusion de cet essai, Roxane Gay avoue s’être trop longtemps laissée happer par les mythes entourant ce que c’est d’être une « bonne féministe », ceux-là même qui l’ont empêché de se revendiquer comme telle. Mais en refermant le livre, il n’y a plus de doute : elle est belle et bien féministe, bad ou pas.

Y a-t-il des ouvrages qui ont bousculé votre définition du féminisme ?

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Combattre la solitude par l’humour ; autopsie d’une femme pas si plate que ça

Prémisse simple ici : une femme se fait quitter par son mari parce qu’il en aime une autre. Classique, prévisible (elle est plus jeune), et, disons-le, un peu facile comme élément déclencheur. Une chance, cela est raconté par Marie-Renée Lavoie, ce qui en fait un roman divertissant et loin d’être si banal, au fond.

Diane, le personnage principal, se considère plate, beige et se tape sur la tête un peu suite au départ de son mari. Elle doit apprendre à vivre seule. Ses enfants ont quitté la maison familiale, son mari aussi, elle s’y retrouve donc éprise de souvenirs douloureux d’enfance et de vies heureuses. Diane tentera d’aller mieux en rêvassant à son collègue ou en s’offrant des bottes en cuir très dispendieuses. Tous les moyens sont bons pour survivre à cette épreuve et aux effets collatéraux de cette rupture. Et l’alcool aide toujours un peu.

Autopsie d’une femme plate, m’a longuement intéressée. Depuis que j’ai appris qu’il y aura un nouveau titre de Marie-Renée Lavoie, j’avais bien hâte de m’y plonger, car j’avais adoré La petite et le vieux et bien aimé Le syndrome de la vis. Or, avec un titre pareil, je m’attendais à du mordant et je dois avouer avoir été déçue. À mon sens, La petite et le vieux était un chef d’oeuvre difficilement atteignable qui a mis la barre très haute, peut-être n’aurais-je pas dû avoir tant d’attentes? J’ai tout de même trouvé des perles dans ce roman, j’ai ri à plusieurs reprises, j’ai malheureusement aussi roulé des yeux à quelques endroits. Quelques réflexions un peu trop faciles à mon goût et un peu d’inégalité dans le style.

Néanmoins, j’ai trouvé belle et touchante l’amitié qui lie Diane à sa meilleure amie Claudine, elles se soutiennent dans les épreuves de leurs vies, trouvent de l’humour dans le plus malheureux et s’épaulent mutuellement. Mes moments préférés étaient quand elles étaient ensemble ou quand Diane se retrouvait avec sa fille, une future vétérinaire. L’entourage de Diane l’aide à passer à travers cette épreuve et nous fait voir toute la beauté d’un groupe qui se soutient et s’entraide.

Rire pour survivre

Dans ce roman, l’humour a une place primordiale, et ce, malgré le fait que l’histoire est celle d’un deuil, d’une trahison, d’une rupture. Cet humour rend l’histoire divertissante et farfelue, je m’imaginais parfois les scènes saugrenues (comme quand Diane met dans le mur de son salon les documents concernant les tromperies de son mari relatant qu’elle a eu d’un détective) comme une  comédie télévisée légère et loufoque. C’est sans doute ce qui m’a un peu fait décrocher à certains instants, mais j’ai tout de même eu du plaisir lors de ma lecture. Il suffisait simplement que je ne pense pas trop à mes attentes… Ainsi on est souvent moins déçus de la tournure des événements!

Bref, je conseille ce roman à celles et ceux qui ont envie de légèreté, d’humour et de frivolité. Ne vous laissez pas prendre par le titre, il n’y a rien de plate dans ce roman, au contraire.

Et vous, aimez-vous les romans qui abordent des sujets lourds et douloureux avec humour ?


Le Fil Rouge tient à remercier les Éditions YXZ pour le service de presse.

Redécouvrir les classiques de la littérature jeunesse : mes trois livres préférés

Je commence mon article par une petite confession! Malgré la mi-vingtaine, je suis friande d’albums et de bandes dessinées/romans graphiques jeunesse (eh oui, c’est mon petit dada!). Lorsque je m’aventure dans une librairie, je prends toujours plaisir à feuilleter et à regarder quelques instants les nouveautés (en ce moment, j’ai un véritable coup de cœur pour l’auteure Élise Gravel et ses charmants albums illustrés!). Véritables portes ouvertes à l’imaginaire et à l’émerveillement, la littérature jeunesse recèle des qualités en or : je suis donc d’avis que la découverte et la redécouverte de ces œuvres en valent grandement le détour, et ce, peu importe notre âge (et on en apprend bien plus qu’on le croit quand on prend la peine de se plonger l’espace d’un instant au sein de ces petits livres!).

Voici donc un petit « top trois » de mes œuvres jeunesse préférées!

Peter Rabbit 

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Il se fait vieux, Pierrot! Publié en 1902 par Beatrix Potter, The Tale of Peter Rabbit raconte l’histoire d’un jeune lapin, qui désobéissant à sa mère, s’aventure dans le jardin d’un certain monsieur McGregor. À l’instant où celui-ci le surprend en train de manger ses légumes, Peter tente de s’enfuir… (On s’en doute, ce dernier sortira indemne de cette petite escapade : malgré une fin heureuse, celui-ci, ayant eu froid dans le dos, aura tout de même eu une bonne leçon!). Par la suite, cinq autres volumes mettant en vedette Peter et ses amis seront respectivement publiés entre 1904 et 1912. Les aventures de Peter, bien anodines en apparence, eurent pourtant (et connaissent encore aujourd’hui) un succès retentissant partout à travers le monde, et ce, tant chez les petits que les grands! La clé de sa popularité? Disons qu’il y en a plusieurs! Pour le réconfort, la douceur et la tendresse des mots de Beatrix Potter. Pour les très jolies illustrations (réalisées également par celle-ci) qui nous plongent au cœur de ces charmantes campagnes anglaises… Il faut également dire que les protagonistes sont toutes et tous très mignons! Bref, on s’attache rapidement à ce petit lapin étourdi et curieux!

Les Petites Histoires :  

  • L’histoire de Peter Rabbit est inspirée d’un petit lapin domestique ayant appartenu à Beatrix Potter, qui se prénommait Peter Piper. 
  • Le personnage fut originalement créé pour le petit Noel Moore (le fils de la gouvernante de Beatrix Potter) en 1893. Cette dernière, ayant appris qu’il était malade, lui écrivit la toute première aventure du célèbre petit lapin, dans le but de le divertir et de lui changer les idées.
  • Selon le site officiel de Peter Rabbit (eh oui, Peter a son propre site web!), on estime que 4 livres sont vendus chaque minute à travers le monde (!)

 

Madeleine 

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Dans l’univers jeunesse, Madeleine est assurément mon personnage préféré! Créée sous la plume de Ludwig Bemelmans, la petite Madeleine habite dans un pensionnat parisien (dirigé par une religieuse, Miss Clavel), en compagnie de onze autres pensionnaires. Allez, oubliez donc les vieilles histoires de pensionnat décrépies et sombres, avec des gamins apeurés et des maîtresses d’école toutes aussi mesquines les unes que les autres! Dans le charmant univers de Madeleine, la vie n’est pas de tout repos au pensionnat! Appendicite, la rencontre de l’étrange petit voisin Pepito (le fils d’un ambassadeur espagnol), un sauvetage spectaculaire sur la Seine, l’arrivée d’une nouvelle pensionnaire (le chien Geneviève!), un voyage à Londres… Bref, ces petites n’ont guère le temps de souffler! Désormais retraitée (Madeleine a récemment célébré son 78e anniversaire), ses aventures continuent tout de même d’enchanter les jeunes lecteurs d’aujourd’hui. Les histoires, écrites en rimes, la drôlerie de certaines situations, et les illustrations magnifiques de Bemelmans (Paris et ses plus jolies avenues y sont souvent représentés) sont des éléments contribuant à leurs succès. D’un point de vue plus personnel, j’aimais beaucoup le personnage de Madeleine : son intelligence, sa bravoure, son espièglerie et sa vivacité d’esprit font d’elle une héroïne exceptionnelle! Je m’identifiais beaucoup à elle, compte tenu du fait que c’est la plus petite (ce qui est également mon cas!) : courageuse, celle-ci m’avait ainsi montré qu’il était possible de me tailler une place au sein d’un monde peuplé de grandes girafes (du moins c’est l’image que je me faisais à l’époque des élèves les plus grands de ma classe!) et d’accepter ma grandeur de souris!

Max et Lili 

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Publiée pour la première fois en 1992 par Dominique de Saint-Mars (en collaboration avec l’illustrateur Serge Bloch), cette série de bandes dessinées relate les aventures de deux jeunes protagonistes, Max et Lili. Frère et sœur, ces derniers vivent ainsi les hauts et les bas de la vie quotidienne, en compagnie de leur famille et de leurs amis. Chaque album se concentre sur une thématique principale (Lili ne veut pas se coucher, Max et Lili trouvent leur cousin angoissé, Max ne respecte rien, etc.), et se termine par des questions posées directement aux lecteurs sur le sujet, l’enjeu ou la problématique traitée. Moralisateur ou donneur de leçons les Max et Lili? Pas du tout! Ceux-ci traitent avec brio (et sans lourdeur) de thèmes quelques fois difficiles à aborder avec les enfants (la mort d’un proche, par exemple) et permettent à ces derniers d’en apprendre davantage sur une diversité de sujets (113 tomes sont publiés à ce jour!). Ainsi, ces bandes dessinées ludiques divertissent (ces petites histoires sont toujours racontées avec une touche humoristique) et sensibilisent bon nombre de jeunes lecteurs! Les péripéties de Max et Lili furent un franc succès auprès de mes sœurs et de moi-même (même encore aujourd’hui, il m’arrive d’en feuilleter quelques-uns quand j’aperçois les tomes sur les étagères des librairies), et m’ont ouvert la porte au merveilleux monde de la bande dessinée! À découvrir!

Ceci met donc fin à mon petit palmarès de mes trois albums jeunesse favoris (et le choix des titres fut extrêmement difficile, croyez-moi! J’aurais pu faire un top 20 sans soucis et vous en parler des heures durant!). Et vous, quels sont vos livres jeunesses préférés? Y a-t-il un personnage ou une histoire qui vous ont particulièrement marqué/plu?

*Petite note : l’illustration est une réalisation d’Élodie Trudel, étudiante en graphisme à Montréal. Pour jeter un œil à son univers, à ses illustrations et à ses photographies (charmantes et super jolies!), c’est par ici : instagram.com/oh.elo 

 

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À vos crayons : oser s’approprier nos lectures

Tout a commencé par quelques pages cornées, ici et là. Doucement, minutieusement, juste pour donner un peu de vécu. Ensuite, rapidement, ce fut les crayons de plomb, les marqueurs jaunes, mais pas dans tous les livres. Seulement les essais, les livres usagés, les livres de psychopop.

Les romans restent, pour le moment, intouchables, mais je ne sais pour combien de temps encore.

Alors oui, j’ai osé noircir les pages de mes livres, y mettre de l’encre indélébile et même, parfois, y ajouter mes propres mots. Je m’approprie mes lectures et j’en ressors toujours avec une plus grande compréhension, une impression d’immersion plus profonde. Peut-être est-ce l’habitude des textes universitaires que je soulignais et annotais abondamment pour essayer d’en ressortir l’essence. Peut-être est-ce simplement le fait de pouvoir y revenir et y retrouver plus facilement des passages bouleversants, peut-être est-ce simplement le fait d’avoir l’impression de mieux lire ainsi. En fait, c’est sûrement un mélange de tous ces « peut-être ».

Ralentir la cadence pour mieux assimiler

Je suis quelqu’un qui lit vite. J’embarque dans l’histoire, je tourne les pages une après l’autre, mais, parfois, je n’assimile pas tous les petits détails, je fais les coins ronds. C’est pourquoi, quand je lis quelque chose sur quoi je veux apprendre, j’ai l’impression qu’un crayon à la main m’aide à ralentir mon rythme de lecture; à me poser un peu plus sur chaque phrase sans m’y perdre. Parfois, j’ai aussi l’impression que le simple fait de souligner une phrase devient une manière d’emmagasiner ce qui est écrit. Un peu comme le fait de recopier des citations dans un cahier — suis-je la seule à faire ça? — En prenant le temps de lire avec un crayon jamais bien loin, je fais le choix conscient de ralentir un peu mon rythme et de savourer un peu plus longtemps chaque mot, chaque phrase et j’ai ainsi l’impression de vraiment m’immerger dans ma lecture.

Plomb, marqueur, astérisques, tout pour laisser sa marque

Depuis l’université, j’ai mon petit code d’annotation et, sans trop m’en rendre compte au début, j’applique maintenant ce même code dans mes lectures personnelles. Bien que, dans les romans, j’en sois encore simplement à corner les pages contenant des passages qui me touchent, les essais ont leur propre légende qui me permet de m’y retrouver. Je m’approprie ainsi le texte de manière plus concrète. Les parenthèses servent aux grands paragraphes trop longs à souligner. Les astérisques servent à marquer les passages plus importants. Le plomb sert de marque temporaire alors que le marqueur n’entre en jeu qu’à certains moments. Pour moi, c’est parfois plus intuitif de lire avec un code du genre que de simplement lire. Tout dépend peut-être de la perspective dans laquelle je lis, du livre en question ou de ce que je veux en ressortir. 

Il y a toujours un sentiment qui me plaît lorsque je reprends un livre, que je l’ouvre et qu’à l’intérieur, j’y trouve des passages soulignés, des astérisques et de petites notes. C’est non seulement une façon de revoir la beauté d’une œuvre, mais aussi de voir comment les choses peuvent changer. 

Si vous pensez ne pas en être capable, essayez. Vous ne gâcherez pas un magnifique texte, un beau roman, vous lui donnerez plutôt une seconde vie.

Êtes-vous du genre à écrire et à souligner dans vos livres? Quelles sont vos règles?

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La Bande dessinée et tous mes amis d’enfance

Alors que j’en lis pratiquement plus, la bande dessinée a eu une place si importante dans mon enfance.

Quand j’étais petite, j’allais à la bibliothèque toutes les semaines et dans ma pile de livres, je prenais toujours au moins 2 à 3 bandes dessinées. Arrivée à la maison, il m’en restait en général juste une à lire pour la semaine, car je les lisais toujours en marchant sur le chemin du retour. Mes souvenirs de BD sont également étroitement liés au Salon du Livre de Montréal. Mon père était éditeur et on allait donc chaque année passer la fin de semaine entière au Salon du Livre. J’adorais flâner dans les kiosques à ma guise, mais surtout, j’aimais plus que tout celui de Dupuis. Je m’écrasais par terre et je lisais BD après BD gratuitement. J’avais l’impression de me retrouver dans une véritable caverne d’Ali Baba de livres. Évidemment, je n’avais jamais assez de temps pour en lire alors j’en notais des dizaines pour ma prochaine liste de Noël. Quand je les recevais sous le sapin, je les avais finies avant même la fin de la journée.

Ce n’était pas grave. La beauté de la bande dessinée pour moi était de la relire et relire chaque année. Je ne m’en lassais jamais. Il y avait toujours une blague que je n’avais pas comprise à la lecture précédente.

Par contre, il faut savoir que j’ai toujours eu des goûts très classiques en bande dessinée. Je suis une groupie incontestable de tout ce qui est belge et français : Le petit Spirou, Astérix, Tintin, Cédric, Les Tuniques bleues… Je les ai tellement lus et relus qu’ils étaient devenus mes amis.

Tintin et Astérix : mes 2 grands coups de cœur

Tintin c’est mon grand amour de toujours. Je le lisais avant de savoir lire en essayant de deviner ce que les signes dans les bulles voulaient dire. Je sais qu’on a tendance à critiquer Tintin; on reproche à Hergé beaucoup de choses. Mais pour moi, Tintin reste l’homme de ma vie et comme lorsqu’on est trop amoureuse, je lui pardonne ses incohérences. Et puis, ce n’est pas de sa faute si son créateur n’était pas un homme très admirable! Tintin incarnait une vie dont je rêvais avant de même de bien le comprendre : journaliste, grand voyageur, entouré de peu d’amis, mais des fidèles, et toujours prêt pour une nouvelle aventure. Je confesse d’ailleurs que ma passion de Tintin était devenue un peu trop dévorante; à une certaine époque, j’avais la poupée Tintin, les draps, le pyjama, la brosse à dents et même le sac d’école…

Astérix, c’est un amour plus léger et sûrement très lié à mes origines françaises. C’est rempli de jeux de mots. Chaque fois que je relisais un des livres, année après année, je comprenais un nouveau calembour et je me sentais tellement plus intelligente! J’ai toujours détesté les films d’Astérix à Ciné-Cadeaux. Je trouvais que cela ne rendait pas du tout justice à la profondeur des livres.

Des bandes dessinées pour mieux grandir

Ce sont des classiques qu’on tend à mettre de côté ces temps-ci, voire à critiquer. De mon côté, je trouve que leur humour est intemporel et peut jouer un rôle très important dans la construction d’un enfant et son rapport avec l’imagination. Ce que j’ai toujours aimé dans ces classiques de la bande dessinée, c’est que bien que ce soit des dessins, il y avait toujours une énorme place aux dialogues et aux récits.

Ils m’ont fait devenir qui je suis et ils m’ont donné l’envie de transformer ma vie en une histoire perpétuelle. Mes proches me disent souvent que j’ai toujours des anecdotes à raconter; je ne pense pas que mon quotidien est plus croustillant que celui des autres. Loin de là. Mais j’ai l’habitude de transformer l’ordinaire en une péripétie. La vie paraît tellement plus amusante ainsi! Or, sans en avoir fait une étude bien approfondie, j’ai l’intuition que cette vision transformée de l’existence me vient de toutes ces bandes dessinées que j’ai dévorées dans ma jeunesse et qui montraient la réalité sous un angle toujours rocambolesque.

Depuis quelques années, je ne m’accorde pas assez de temps pour lire des bandes dessinées et je le regrette. On dirait qu’en devenant adulte, on cesse de se donner le droit d’en lire, comme si c’était futile alors que ça devrait rester un plaisir sans âge! Et vous, prenez-vous le temps d’en lire?