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Le dernier soir de coutellerie

Le vendredi 22 avril avait lieu au Lion d’Or Le dernier soir de coutellerie de Sarah-Maude Beauchesne, l’auteure du blogue soft sexu Les Fourchettes et des livres Cœur de slush et Lèche-vitrines, qu’on aime découvrir et connaître. Le dernier soir de coutellerie, c’est une lecture publique de textes intimes de l’auteure, pour une dernière fois. Pendant plus d’une heure, Laurence Lebœuf, Rachel Graton, Catherine Brunet, Joëlle Paré-Beaulieu, Sarah-Jeanne Labrosse, Catherine Chabot et Juliette Gosselin ont récité les textes de l’écrivaine avec brio.

Pis finalement quand on est tanné de s’arracher le duvet du cœur avec les diachylons qu’on colle dessus on se met à envier les couples qui ont pas besoin de toute ça eux autres. (Pour la tragédie)

L’écriture de Sarah-Maude Beauchesne m’a toujours plu, encore plus vendredi soir. Les actrices ont interprété les textes emplis d’émotions avec chacune une touche personnelle qui a interpellé le public, soit dans la même détresse d’une rupture, ou avec sourires et rires dans des situations plus farfelues. Les textes de Sarah-Maude Beauchesne sont actuels, ce sont les émois d’une fille mi-vingtaine, tout comme la majorité de son public de vendredi, il est donc facile de se reconnaître dans quelques situations, de s’identifier aux paroles récitées et de se sentir moins seule le temps de quelques lignes dites fort à travers un micro par de belles femmes. Personnellement, en sortant du Lion d’Or, je me serais volontiers écrasée dans mon divan à écouter Harry Potter ou The O.C.

Pis même à ça je pense que de revenir ensemble c’est comme un fail maintenant faque ça annule la victoire. C’est comme lâcher l’école pour vivre son rêve d’école de surf dans l’Sud pis refaire un bacc après parce que ton voyage au Nicaragua t’as rien amené de bon. Même chose sauf moins ça c’est douloureux pour le cœur. (Han)

La soirée était merveilleuse : le bar en arrière, les tables à l’avant, pas tout le monde assis, mais ce n’est pas grave, des jambes ça sert à ça, nous supporter le temps d’apprécier un bon show, de toute façon les beaux mots de l’auteure font qu’on se sent plus léger. Avec des thèmes diversifiés, comme l’estime de soi, les breakups amoureux, l’amour à vingt ans, etc., Le dernier soir de coutellerie ce n’est pas juste un divertissement. Rendant l’atmosphère encore plus délicieuse, Fanny Bloom nous a joué de la musique (thème creepy d’Harry Potter) et a chanté entre chaque prestation, que ça soit du Taylor Swift ou autre, c’était très agréable à entendre.

Mais je l’ai rassuré avec les années, je me suis parlée fort pis je me suis obligée à aller au A&W une couple de fois pis à sourire en mangeant ma rondelle d’oignon pour me convaincre que tout est correk, pour le convaincre que tout est correk, pour éviter de mourir un petit peu à chaque fois que je prends une bouchée de quequ’chose. (Pèse-personne)

Merci mille fois pour la soirée.

Salut criss de conne que j’haïs.      

4 livres pour célébrer le printemps

Si vous avez lu quelques-uns de mes articles sur le blogue, vous savez maintenant que je suis une fan de listes. C’est qu’il m’en faut pour arriver à passer au travers des piles de livres que je veux lire… Voici donc venu le temps de ma liste du printemps! Un petit amalgame pour vous faire oublier l’hiver et pour célébrer l’arrivée des journées ensoleillées!

Un recueil humoristique :

JLI16745879.1455872032.580x580Trouve-toi une vie
Fabien Cloutier

Comme le printemps rend heureux, les fous rires que vont déclencher les chroniques de Fabien Cloutier arrivent à point.  Je suis une grande admiratrice de cet artiste, que j’ai découvert grâce à l’émission radio Plus on est de fous, plus on lit à Radio-Canada. Ses chroniques sur les régionalismes me faisaient mourir de rire chaque fois! Ce gars fait de l’humour intelligent et très bien écrit, avec la dose d’ironie qui le caractérise si bien. C’est donc avec joie que je retrouve ses chroniques, réunies dans Trouve-toi une vie! Son regard sur la société est à la fois ultra divertissant et original : vous vous bidonnerez tout en découvrant un humour différent, qui apporte un souffle nouveau à l’humour québécois. Un peu comme le printemps, il apporte un vent de fraîcheur au paysage!

Une nouveauté super originale :1758008-gf

Les anecdotiers
Carl Bessette

Martine vous l’a suggéré aussi comme feel good book, et j’abonde entièrement en ce
sens : ce livre m’intrigue et je suis déjà convaincue qu’il saura me charmer! Le printemps apporte de la vivacité, à mon sens, ne serait-ce que par l’éclat du soleil qui fait son entrée dans nos appartements. Eh bien, je pense que c’est un peu ce que cherchait à faire Bessette : le mouvement des « anecdotiers » veut créer des situations qui nous sortent de la routine quotidienne. Un peu comme le printemps, ce roman veut effacer les jours gris et ramener la joie et l’optimisme dans le quotidien. Du moins, c’est ce que j’en espère!  On vous en donne des nouvelles, en tout cas!


Le_vieux_qui_ne_voulait_pas_feter_son_anniversaireUne sagesse printanière :

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
Jonas Jonasson

Bon, pour celui-ci, je triche un peu : j’ai vu le film, mais je n’ai pas encore lu le livre! Par contre, si je me fie au sentiment que m’a procuré le visionnement de l’adaptation cinématographique, je ne peux que vous recommander ce livre pour vous sortir de la morosité de l’hiver. C’est une histoire légère et tout en simplicité, mais qui est empreinte d’un humour cinglant. Le personnage, Allan, le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, se met dans des situations impossibles et toutes plus abracadabrantes les unes que les autres! Mais surtout, Allan nous fait voir la vie d’un tout autre angle. Comme le dit si bien Valérie, l’auteur montre « combien parfois la vie est bien faite et qu’il nous reste qu’à suivre ce qu’elle a de prévu pour nous ». Si le printemps nous rend souvent optimiste, nous donne envie de repartir du bon pied, la philosophie du vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire peut nous donner un bon coup de pouce dans cette direction!

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Un classique de l’optimisme et de l’amour :

Le Zèbre
Alexandre Jardin

Le printemps, c’est aussi la saison de l’amouuuuuuuuur! Et quel autre roman le dépeint mieux que Le Zèbre? C’est l’histoire d’un homme, Gaspard, qui veut renouveler son couple, redonner vie à l’amour qu’il porte à sa femme et tenter de la reconquérir. Un peu comme devrait faire tous les couples, non? En tout cas, si vous choisissez de le faire, le printemps est la meilleure des saisons pour le faire, à mon avis : ça sent bon, tout le monde est beau et tout le monde est heureux! Gaspard, lui, veut retrouver Camille, veut qu’ils se sortent de la routine. Il rase tout et veut retomber en amour avec elle, à la folie. Je vous souhaite à vous aussi tout cet amour fou, je vous souhaite qu’il se pointe le bout du nez en même temps que le printemps!

P.-S. : Vous pouvez lire une chronique sur Le Zèbre ici!

Le géant : un roman singulier aux personnages colorés


 Le géant, c’est Victor Scarpa, un trucker, avide de littérature. L’élément central du roman, c’est lui, un géant de 6 pieds 7 pouces, qui partage sa passion pour les livres dans les truck stops. Autour de lui gravitent les membres de sa famille, des personnes aussi spéciales les unes que les autres. Il y a sa conjointe, Franie, une herboriste et lectrice à la voix enivrante, née d’une mère atikamekw. Femme mystérieuse au passé trouble, elle parcourt le long chemin vers la résilience. Ensemble, ils ont une petite fille, Babal, albinos, qui inquiète ses parents et son éducatrice à la garderie par des comportements étranges. Atteinte d’un trouble de langage, Babal parle mieux dans un autre monde. Et puis, il y a Rosita (Rosie), la fille que Victor a eue avec sa copine Madeline qui est aujourd’hui en couple avec Natsuo (Compagne). En plus d’être une calculatrice humaine, Rosie virevolte dans la tempête de l’adolescence et vit mal l’obligation de faire sa valise chaque dimanche.

Ce deuxième roman de Francine Brunet nous présente une famille dans son intériorité et toutes ses particularités. On parcourt les thèmes de la culture, du don, de l’héritage et de la génétique, en plus de la garde partagée et du passage éprouvant à travers l’adolescence. Et, évidemment, on y parle de littérature.

Le géant est un roman comme je les aime : un livre qui parle de livres. L’idée est géniale : Victor préside le Club Audi, un club dans lequel des camionneurs se réunissent afin de discuter de livres audio qu’ils ont aimés et qu’ils partagent. J’ai adoré!

Victor examine sa collection de livres audio. Il n’a pas encore écouté la trilogie Millénium de Stieg Larsson, hésite avec Le Chinois de Mankell. Il aime bien écouter des polars, lors de ses déplacements sur la côte Est. Sur la côte Nord, il prête l’oreille à Réjean Ducharme, à Marie-Claire Blais et à des auteurs Plamondon, Dupont, Mavrikakis, Lavoie. Victor aime lire, mais a les yeux occupés par la route que son camion avale jour après jour, nuit après nuit. Alors il satisfait son goût de lecture par les oreilles. Il pousse un disque dans le lecteur, et ses longues heures de routier sont peuplées d’intrigues, de phrases rythmées, de mots articulés par une voix qui lui procure douceur, exaltation, ravissement, rêverie.

Mais, ce qui m’a plu par-dessous tout, ce sont les personnages riches, qui sont assurément la force de ce roman. Je me suis attachée avec plaisir à ces personnages atypiques. Ces êtres différents, dans lesquels on réussit tout de même à se reconnaître, sont fascinants. Bien que Victor, qui partage sa passion pour la littérature dans les haltes routières, m’ait profondément charmée, j’ai surtout apprécié Franie, un personnage complexe, qui a une part d’obscurité et qui tente de se réconcilier avec son passé.

Franie possède une grande capacité de fusion et d’accord avec le monde, mais quand l’automne arrive, ses yeux verts s’assombrissent de tristesse.

En plus de ces personnalités particulières, le roman m’a accrochée par la part de mystère qu’il dégage. Bien que cette histoire intense raconte une série de drames humains, la lecture n’en est pas moins très agréable. L’écriture fluide coule harmonieusement, comme une musique. C’est un livre qui fait du bien, bâti de compassion et d’ouverture d’esprit.

Fait intéressant, pour ceux qui ont lu Le nain, le premier roman de l’auteure, il paraît que des personnages y font des apparitions dans Le géant. Et pour ceux qui ne l’ont pas lu, sachez qu’il a été finaliste au Grand Prix littéraire Archambault du meilleur premier roman en 2014. Un autre roman pour ma pile à lire!

Merci à Groupe Librex pour le roman.

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Portrait d’un être fictif : Le cas d’Oscar

Vous en avez sans doute entendu parler. Peut-être l’avez-vous même croisé. Je vous le décris. Il est tout petit et il porte une tuque rose pour cacher l’absence de poils sur son crâne. Lui, il dirait qu’il ressemble à un martien. Moi, je dirais qu’il ressemble à l’un des garçons les plus mignons que vous ayez rencontrés dans votre existence. Vous l’avez reconnu? C’est pourtant simple, c’est le petit Oscar d’Oscar et la dame rose d’Éric-Emmanuel Schmitt.

Il y a déjà plusieurs fois que je relis cette petite plaquette. C’est qu’à chaque lecture, elle me met un baume sur le cœur. Je classerais ce livre dans les romans qui nous font du bien, et ce, malgré son propos tristounet, c’est-à-dire la maladie du jeune Oscar, la leucémie.

Récemment, j’ai vu renaître ce petit personnage dans ma classe de deuxième secondaire. Nous avons donné à lire ce joli roman à nos élèves. Chaque lettre d’Oscar lu en leur présence faisait apparaître de grands sourires sur leur visage ou faisait naître des éclats de rire francs. C’est là que j’ai compris qu’Oscar ne nous avait jamais vraiment quittés.

Oscar, c’est le personnage de l’espoir. C’est le jeune garçon à qui il est facile de faire croire. Une journée égale dix ans mon petit Oscar :

— Dans mon pays, Oscar, il y a une légende qui prétend que, durant les douze derniers jours de l’an, on peut deviner le temps qu’il fera dans les douze mois de l’année à venir. Il suffit d’observer chaque journée pour avoir, en miniature, le tableau du mois. Le 19 décembre représente le mois de janvier, le 20 décembre le mois de février, etc., jusqu’au 31 décembre qui préfigure le mois de décembre suivant.

— C’est vrai?

— C’est une légende. La légende des douze jours divinatoires. Je voudrais qu’on y joue, toi et moi. Enfin surtout toi. À partir d’aujourd’hui, tu observeras chaque jour en te disant que ce jour compte pour dix ans.

— Dix ans?

— Oui. Un jour : dix ans.

— Alors dans douze jours, j’aurai cent trente ans!

— Oui. Tu te rends compte? (p. 38)

La plus longue et la plus belle des vies pour l’enfant le plus adorable que la littérature nous ait offert.

Or, Oscar, c’est aussi le parler franc et la langue bien pendue de la francophonie de nos cousins belges. C’est qu’il a du caractère ce petit bout d’homme. Il traite ses parents de cons et il n’hésite pas à en faire voir de toutes les couleurs aux employés de l’hôpital.

Oscar, c’est la maturité de l’enfant malade. C’est celui qui comprend mieux et plus vite. C’est celui qui sort des proverbes intelligents dont certains adultes ne seront jamais dignes :

Si je m’intéresse à ce que pensent les cons, je n’aurai plus de temps pour ce que pensent les gens intelligents. (p. 33)

Les leçons de vie qui sont parsemées ici et là dans ce roman, soit à travers les paroles d’Oscar ou à travers celles de Mamie Rose, m’ont permis de transmettre une autre réalité à mes élèves, celle de la beauté de la vie malgré la maladie. Il y a toujours du positif, et ce, dans toutes les situations auxquelles nous devons faire face tôt ou tard.

Oscar, c’est le garçon perspicace qui réussit à découvrir les secrets de Dieu :

[…] regarde chaque jour le monde comme si c’était la première fois. (p. 95)

Oscar, c’est ce rigolo qui nous a tous fait croire que nous veillons sur lui durant les douze derniers jours de sa vie. Comme nous pouvons être bêtes parfois nous les lecteurs. Au fond, c’est toujours Oscar qui a joué le rôle de l’ange gardien :

Il s’est éteint ce matin, pendant la demi-heure où ses parents et moi nous sommes allés prendre un café. Il a fait ça sans nous. Je pense qu’il a attendu ce moment-là pour nous épargner. Comme s’il voulait nous éviter la violence de le voir disparaître. C’était lui, en fait, qui veillait sur nous. (p. 99)

Oscar et la dame rose, Éric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2002, 100 pages.

Crédit photo : Michaël Corbeil

L’adoration des beaux habits (et d’Instagram)

Dans son dernier roman, Sophie Fontanel nous entraîne dans un monde des plus facilement jugé ; celui de la mode. La vocation joint deux histoires, soient celle de Sophie, rédactrice au magazine Elle, et celle de son arrière-grand-mère Méliné, Arménienne arrivée à Paris avec sa mère Knar.

Cette jonction entre le présent et le passé s’incline aussi entre la fiction et le réel. Sophie Fontanel ayant réellement été à la tête du Elle magazine, s’est inspirée de son expérience pour écrire l’histoire au présent. Pour la partie au passé où elle traite du parcours de son arrière-grand-mère, elle a puisé dans la fiction, malgré la réelle existence de cette femme amoureuse des beaux vêtements. Allez fouiller le mot-clé #LavocationSophieFontanel  sur Instagram, l’auteure a eu la généreuse idée de partager des archives familiales qui viennent sceller l’entreprise littéraire de cet ouvrage.

Sous un fond de crise migratoire, la famille de Sophie est fascinante par son rapport à la vocation, à ces passions qui rendent la vie plus belle, plus endurable. Méliné est fascinée par les magazines de mode, par la classe des Françaises et par la beauté des tissus. Tandis que du côté de son arrière-grand-père, c’est la passion du bois et de l’ébénisterie qui le tient en vie. Ce couple est l’exemple indéniable que les passions changent des vies et que de faire réellement ce qu’on aime parvient à surmonter bien des épreuves.

Grandir de Sophie Fontanel, dont j’ai parlé dans cet article, traitait de sa relation avec sa mère vieillissante et la dureté de voir ceux que l’on aime vieillir et dépérir. Il y a donc une belle délicatesse et tendresse de la part de Fontanel pour ces femmes, pour ces générations antérieures de femmes qui l’ont fait devenir celle qu’elle est aujourd’hui. J’ai été touchée par les pensées de Fontanel, qui répétait souvent comment Méliné serait impressionnée de savoir que sa descendance travaillait dans un des plus grands magazines de mode. Loin de là, l’idée du prestige qu’est le monde de la mode, le désir allait plus loin. Entre ces femmes, une adoration des beaux habits – comme le dit si bien Méliné – existe et est le moteur social d’une confiance en soi, voire dans le cas de Méliné, d’une raison de continuer, de garder espoir.

Ce désir d’écrire une histoire sur le monde de la mode vient de cette volonté de montrer que l’élégance n’est pas toujours ce qu’on croit (lire, ce qu’on voit dans les magazines de mode) et aussi certainement un désir de démontrer l’absurdité de ce monde parfois. Fontanel nous emmène dans les bureaux du Elle magazine, sur les passerelles des grands défilés et nous fait réellement voir toute la dureté de ce milieu. Tout n’est pas noir ni blanc dans le monde de la mode, mais rien n’est futile pour autant et c’est un peu l’essence même du roman. L’amour des belles choses, du design, de la beauté et des habits, tout cela est tellement plus que du superflu. C’est après plus de 15 ans chez Elle magazine que Sophie a quitté ce monde pour se positionner comme écrivaine et aussi, disons-le, comme figure inspirante du monde de la mode, plus particulièrement sur Instagram. Elle a quitté cet emploi il y déjà un an et gageons que cette liberté lui a permis l’écriture de ce bouquin en toute franchise.

Pour l’amour d’Instagram
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Finalement, je ne pouvais pas vous laisser sans vous partager ma dernière découverte instagramienne (!), le compte de Sophie Fontanel @sophiefontanel. Un peu comme la Lena Dunham française, Fontanel offre un regard frais et complètement décomplexé du monde de la mode. En entrevue, elle le dit elle-même qu’Instagram a eu une influence sur sa vie : « Je ne suis plus soumise à la notoriété du média qui m’emploie » Elle est libérée, créative, drôle, décomplexée et pour toutes ces raisons, mon coup de coeur assuré.

Elle authentifie Instagram de ces clichés parfaits qui viennent avec le monde de la mode et ça fait drôlement plaisir.

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Avant que tout s’effondre

«Seule survivante d’un pacte de suicide, Ang fait partie de la scène musicale underground, obsédée par l’idée que la fin du monde est proche. Mais quand elle arrive finalement, Ang et ses amis ne trouvent pas la libération qu’ils espéraient. Au lieu de cela, ceux qui sont encore en vie sont affamés et luttent pour survivre dans un monde sans repères. Sombre et envoûtant, Avant que tout s’effondre mêle poésie, culture punk rock, drogues et surréalisme pour raconter l’histoire d’une jeune fille face à l’anéantissement de toute espérance.»

Voici l’univers que Liz Worth nous fait découvrir. Un monde post-apocalyptique où l’eau, l’hygiène et la nourriture se font rares; où les chiens sont rois, où le seul moyen de supporter la vie est de consommer et de consommer et de consommer. Drogue, musique, parce qu’il ne sera jamais question de survie. Ang, personnage central de l’histoire, vit la Fin. C’est ainsi qu’ils appellent ce nouveau siècle: la Fin. Ils ont raison, parce que plus rien ne vit.

Tout commence par le suicide raté d’Ang. Elle nous raconte son histoire d’amour pour Hunter, l’un des membres d’un groupe très influant. Elle fait partie des «populaires». Tout au long du récit, elle nous soulignera son amour pour Hunter et son désir de vouloir mourir avec lui. Est-ce Hunter qui a fait en sorte qu’elle reste vivante? Ou est-ce son désir d’autodestruction qui la maintient en vie? Dépression, destruction et drogue sont au rendez-vous. Ang quitte sa famille, toute sa vie. Elle se lie d’amitié avec Aimee et ensemble elles sont avec d’autres jeunes adultes qui tentent de (sur)vivre à la Fin.

«Avant que tout s’effondre» n’est pas la lecture des plus heureuses que j’ai lues. En fait, Liz Worth n’apporte aucun espoir. Elle emmène ses personnages dans l’autodestruction la plus totale. Rien n’est réellement réconfortant dans son univers. Par contre, sa mélancolie et son amour pour la musique m’ont rejoint. Elle met beaucoup d’importance au pouvoir des mots. C’est pourquoi nous retrouvons la poète en elle avec toute sa poésie qui apporte une beauté au roman.

Je tiens à remercier les Éditions XYZ pour cette lecture !

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Confessions littéraires ou le plaisir de lire

La #snoblitt, vous connaissez? Ce principe de lire, non pas par pur plaisir, mais simplement pour signifier qu’on a lu le dernier livre d’un auteur indie un peu hipster, les bouquins discrets des librairies indépendantes, ou encore, qu’on a tourné les pages des classiques et des grosses briques épeurantes. La #snoblitt, ce livre qu’on flashe dans le métro, ou assis sur un banc de parc, pour que tout le monde constate que «Eh! Je suis une vraie de vraie, moi».

Il est passé où, l’amour de la lecture, le vrai? Le plaisir de lire, point?

Il n’y a pas si longtemps, j’ai lu un roman. J’hésite à en parler. En fait, je suis un peu gênée. Je suis entourée de gens qui se vantent de lire du Proust à longueur de journée.

J’ai envie de me libérer de cette pression littéraire, de lire ce que j’ai envie, de me réapproprier mes goûts diversifiés et surtout, de ne plus jamais être timide de lire un livre dans le bus ou au café du coin. Sauf que, faire mon coming out seule, ça ne me dit rien. J’ai lancé l’appel aux fileuses dans notre groupe secret «vos lectures timides, voire quétaines, celles dont on se vante moins, je veux les connaître». Dans un élan de solidarité, voici ce que ça a donné!

Martine

J’ai lu cette année plusieurs biographies dites «populaires» et j’avoue parfois m’être sentie gênée d’être attirée vers ces lectures (t’sais, je suis bachelière en littérature et je tiens un blogue littéraire, je me mets de la pression inutile sur les épaules de lire des trucs «in»). J’ai lu la biographie d’Ingrid Falaise, de Florence K et de Danièle Henkel et j’ai tripé! De beaux exemples, «populaires» certes, et des femmes inspirantes et incroyablement fortes!

Marjorie

Je crois que c’est quand même assumé (de plus en plus)! J’aime vraiment les trucs psychopop, on s’entend que ce n’est pas de la littérature et que j’ai quand même quelques critères de sélection lors de mes choix, mais reste que, j’aime vraiment ça et que j’y trouve toujours quelque chose qui peut m’aider à être bien, à être mieux.

Caroline

Je me permets de faire ma quétaine assumée, Marc Lévy et moi, c’est une histoire d’amour depuis longtemps déjà! Je n’ai pas encore lu son dernier livre, mais habituellement, en moins d’une journée, il sera terminé. J’avoue cependant que, comparativement à mes autres lectures, je le traîne rarement dans le métro avec moi, donc finalement, je ne dois pas être assumée complètement!

Fanie

C’est plus ou moins legit, car ça fait partie de mon corpus de thèse, mais je ne lis (presque) que des romans «pour adolescentes» depuis l’automne, puis sincèrement, je tripe! Cassandra Clare (Mortal instruments), Tamora Pierce (Song of the Lionness, Protector of the small), Veronica Roth (Divergent), et bien d’autres. Je dévore ça à un rythme effréné, comme lorsque j’ai découvert Harry Potter à 10 ans, en mode binge reading.

Gabrielle

Je ne sais pas si c’est quétaine ou pas, mais j’ai toujours ressenti une certaine gêne à être fan de romans policiers! J’en dévore vraiment beaucoup par année. Je crois que ça me gêne parce que c’est souvent perçu comme «l’autre littérature», une espèce de sous-genre, alors qu’à mon sens, ça prend tout un talent pour accrocher les lectrices et lecteurs.

Marion

Je dois avouer que, même si j’ai lu la série Quatre filles et un jean pendant mon adolescence, il m’arrive de le relire à l’occasion et d’en retirer tout autant de joie qu’avant. Les émotions ressenties par les personnages, leurs réflexions sur la vie, leurs émois amoureux, leur apprentissage personnel… les quatre filles m’ont accompagnée durant plusieurs épisodes de ma vie d’adulte, et j’étais, je l’avoue, une des premières à lire le dernier tome sorti il y a quelques années!

Laurence

Je suis un peu gênée de lire un recueil de littérature érotique ou «sentimentale». C’est un livre qui me sort de ma zone de confort et que je ne lirais jamais en public.

Raphaëlle

Pour moi, il s’agit de la série « Confessions d’une accro du shopping » de Sophie Kinsella! Adolescente, n’ayant jamais été très girly, je considérais la chick lit comme un genre que je ne lirais jamais et qui ne me rejoignait absolument pas… Puis, vers 23 ans, j’ai trouvé le premier tome dans une bibliovente et, en bonne libraire voulant satisfaire sa curiosité littéraire, je l’ai lu… et j’ai tellement été amusée par les mésaventures de Becky la « shopaholic » que j’ai fini par lire le reste de la série, ce que je n’aurais jamais au grand jamais envisagé! Aujourd’hui, je ne suis toujours pas une fan de chick lit et ne suis pas vraiment tentée par les livres du genre, mais je garde l’esprit ouvert et je n’ai plus vraiment honte de lire des livres super «girly» si le cœur m’en dit, parce que parfois, on peut avoir de bonnes surprises!

On le constate, la tendance est aux bouquins plus «populaires», à la chick lit, aux romans pour ados. Et je ne fais pas exception. J’ai aussi envie d’être divertie, de lire des livres popcorn et que les mots défilent devant mes yeux comme un bon film.

Peu importe la lecture choisie, c’est bon pour les neurones, c’est bon pour soi. Poser le geste de choisir un roman qui nous interpelle, une bio qui nous intéresse, un recueil qui nous attire, c’est se faire du bien.

Je lâche (enfin) le morceau. J’ai lu The Hunger Games, j’ai lu de la chick lit et de la psychopop, puis dernièrement, j’ai lu Les Filles de Caleb. J’assouvis ma curiosité et j’ai simplement, vraiment, beaucoup de plaisir.

Ça reste entre nous, d’accord?

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Alice Hampson pour unsplash.com

Qu’est-ce qu’on lit dans un cours de littérature québécoise?

Je suis inscrite au baccalauréat en écriture de scénario et création littéraire à l’Université de Montréal en première année. Cette dernière session, j’ai eu le plaisir de m’inscrire au cours d’introduction à la littérature québécoise, j’ai donc découvert différentes auteures et auteurs pour mon plus grand plaisir, passant du classique des classiques québécois, à des auteurs moins connus. Commençant par les écrits de la Nouvelle-France, comme ceux de Jacques Cartier et de Marie de France au cours de la session à des écrits plus modernes, voire même actuels, mon cours de littérature québécoise a su instaurer un portrait révélateur de la culture littéraire québécoise. Je vous propose donc une présentation des livres que j’ai lus au cours de ma session, et un résumé de mon dernier cours, où Alice Michaud-Lapointe a été invitée par ma professeure pour une brève conférence concernant son roman Titres de transport.

Le Survenant de Germaine Guèvremont

Le Survenant est un roman du terroir publié en 1945 par Germaine Guèvremont. C’est l’histoire de « Venant », le survenant qui arrive au village Le Chenal du Moine et s’installe chez Les Beauchemin. L’auteure mélange habilement le personnage sédentaire et le nomade afin de créer une histoire attachante. Mêlant amour, doute, aventures, avec une pointe d’exotisme pour le territoire québécois. C’est un classique des classiques de la littérature québécoise que je n’avais pas encore lu, je suis donc contente d’en avoir profité à titre éducatif.

Poussière sur la ville d’André Langevin

Publié en 1953, Poussière sur la ville offre un portrait de la société québécoise des années 50. C’est l’histoire d’un médecin, Alain, qui déménage avec sa femme Madelaine à Maklin, une ville minière. Madelaine aura une aventure avec un autre homme au cours de l’histoire et la population aliénée et aliénante de cette ville réagira de façon vive. Le roman rappelle les romans existentialistes par son histoire bouleversante, mais passionnante.

Une saison dans la vie d’Emmanuel de Marie-Claire Blais

Marie-Claire Blais publie ce roman en 1965, abordant dans ce chef-d’œuvre québécois des thèmes légers, comme la vie de famille, la vie, mêlés à des thèmes plus sombres, comme la mort, la prostitution, l’inceste, etc. Faisant de l’histoire une reprise ironique du mélodrame, Emmanuel, le nouveau bébé de la famille est témoin de tous les drames successifs de sa famille.

Kamouraska d’Anne Hébert

Un autre classique québécois qui fait le bonheur de n’importe quel lecteur. S’inspirant d’une affaire judiciaire du XIXe siècle, Anne Hébert écrit l’histoire d’Élisabeth, au chevet de son deuxième mari mourant. Elle se remémore sa vie passée et le drame qui a eu lieu à Kamouraska, entraînant la mort de son premier mari, parfois sous forme de hantise et d’hallucinations. Mélangeant le point de vue externe et interne du personnage, créant ainsi une diversité à la narration du roman.

Le feu de mon père de Michaël Delisle

Ce livre publié en 2014 est phénoménal par la diversité de styles littéraires du roman, passant de la fiction, à l’autobiographie, à l’autofiction, au récit d’enfance et de filiation, etc. C’est l’histoire de Mike qui raconte divers souvenirs de sa relation père-fils allant de l’enfance, au moment présent, sans apitoiement, mais avec une vérité-choc qui plait au lecteur. La polysémie du titre reste présente tout au long de la lecture, tâchant ainsi d’analyser plus amplement la lecture du roman et ses sous-entendus.

Conférence avec Alice Michaud-Lapointe

À la suite de la lecture d’un extrait de Titres de transport, ma professeure a invité la jeune auteure pour qu’elle puisse nous parler de son premier roman, composé de diverses nouvelles avec un même thème principal, le métro de Montréal, ainsi que de ses inspirations et projets. Alice Michaud-Lapointe, un peu gênée devant une classe bondée d’étudiants, nous a lu un extrait d’une de ses nouvelles, en s’exprimant très bien. Elle était vivifiante, même en ce lundi soir. Elle répondait aux questions des élèves avec entrain et les réponses qu’elle donnait étaient très intéressantes, et surtout inspirantes. C’est toujours encourageant de voir de jeunes auteurs réussir dans ce domaine, et c’est une excellente idée pour conclure la fin de la session. Je me suis personnellement acheté le livre quelque temps après cette conférence.

Voici donc un aperçu de ce à quoi consiste un cours à l’université. Malgré une charge de travail quelques fois intense, c’est une éducation à double sens que de lire ces livres de la littérature québécoise, ils font partie de notre patrimoine culturel, je recommanderais donc ce cours à tous ceux qui sont passionnés de littérature.

Des albums résistants: le phénomène de la littérature subversive pour la jeunesse

Je me suis mise à m’intéresser aux « albums résistants » en littérature jeunesse suite à une conférence donnée par Marie-Christine Beaudry  dans le cadre d’un séminaire à l’UQÀM.

On appelle « textes résistants » les livres qui offrent une résistance à la lecture, c’est-à-dire qui ne donnent pas nécessairement de réponses à nos questions, qui nous font réfléchir, qui nous ébranlent ou qui nous laissent perplexes. Ces albums subversifs laissent parfois les lecteurs en suspens, finissent mal ou sur une surprise. Ils abordent des sujets controversés ou difficiles tels que la mort, la maladie, le handicap physique, la violence, etc, invitent à des réflexions philosophiques et surtout, ne proposent pas nécessairement de solution ou heureuse ou magique qui règle tout.

Intéressée, je suis partie à la recherche de ces livres. Je suis tombée sur quelques uns par hasard en fouillant dans les rayons, d’autres m’ont été suggérés. Puis, je me suis rendue compte qu’une section spéciale était réservée à ces livres, à la bibliothèque, sous l’appellation de livres « coups de poing », suggérant l’accompagnement d’un adulte à la lecture.

Parlant d’accompagnement, la lecture de ces livres subversifs dans des classes de pédagogie a créé, selon le témoignage de Marie-Christine Beaudry, beaucoup de remous. La question qui revenait était: devrait-on lire ces livres aux enfants? Pouvait-on lire ces livres dans un contexte scolaire? Quelle serait la réaction des enfants? Risquait-on de provoquer des malaises, voire de la tristesse ou de l’incompréhension chez certains? Devait-on les réserver pour un public averti, plus vieux?

Je ne sais pas si ça vous est arrivé, mais moi, je me rappelle de certains livres que j’ai lus quand j’étais pré-ado ou plus jeune, qui m’ont marquée plus que les autres, qui m’ont ébranlée par leurs sujets ou la manière dont le livre était écrit. Ces livres incarnaient l’injustice, ou la tragédie, et c’est peut-être ceux qui m’ont le plus fait réfléchir et grandir, une fois la dernière page refermée.

Et donc, personnellement, et c’est aussi le point de vue de Marie-Christine Beaudry, je trouve qu’il est tout à fait nécessaire de lire ce genre de livres aux enfants afin, justement, de leur faire voir autre chose que les livres qui finissent bien avec des « et ils vécurent heureux pour toujours ». Cela fait, selon moi, des êtres plus conscients du monde qui les entoure, plus touchés et éventuellement plus prêts à être confrontés à la vie adulte. De plus, les illustrations réussissent souvent, avec les mots, à provoquer des émotions fortes, et je dois avouer que plusieurs albums m’ont vraiment touchée.

Voici donc une sélection de quelques albums résistants qui, en mon sens, méritent d’être lus, même par les adultes!

Pour les plus jeunes ou « comment avoir un choc à la dernière page »
Bonjour Docteur de Michaël Escoffier, illustré par Matthieu Maudet
Petit loup gentil de Nadia Shireen
Poussin noir de Rascal, illustré par Peter Elliott

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Lorsque je vais rencontrer les petits du cercle de lecture, je lis toujours les livres avant, chez moi, pour savoir où je m’en vais quand je lis, bien sûr, mais surtout pour m’assurer que tout est conforme à ce que je veux leur transmettre et que c’est bien adapté à leur âge. Je vous dirais que la lecture de ces trois albums m’a donné raison de le faire! Quel choc à la dernière page!

Bonjour Docteur nous amène chez le médecin. Plusieurs animaux attendent dans une salle d’attente qu’on vienne les chercher. La fin surprend parce qu’on ne le voit vraiment pas venir. Et pourtant, on a des indices si on revient quelque peu en arrière…

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Petit loup gentil est l’histoire d’un petit loup bien gentil qui rencontre un grand loup méchant qui lui dit que pour être un vrai loup, il doit être méchant, hurler à la lune, manger des gens. Petit loup s’entraîne fort, et réussit. Il est désormais un « vrai » loup. Ils décident de fêter la victoire tous ensemble. Puis…

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Poussin noir, c’est l’histoire d’un petit poussin différent, né noir alors que tous les autres sont jaunes. Convaincu qu’il n’appartient pas à sa famille, il part à la recherche de ses vrais parents, en demandant à tous les animaux noirs qu’il croise s’ils le sont. Plus que surprenante, la fin est choquante!

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Pour réfléchir à la différence
Milos (Y’a un os) de Véronique Massenot, illustré par Isabelle Charly
Matachamoua de Céline Sorin, illustré par Célia Chauffrey

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Milos est un livre extraordinaire. Il raconte l’arrivée d’un être étrange, un squelette appelé Milos, dans un hôtel où tout est beau, parfait, rangé, harmonieux. Celui-ci se moque bien de ce que les autres pensent, bien qu’on dise toute sorte de choses sur les gens comme lui, par moquerie, ou simplement par ignorance. C’est quand Milos leur offre une paire de lunettes spéciales que tous se rendent compte qu’ils sont, au fond, pareils à l’intérieur. Belle façon d’illustrer le cercle vicieux des idées reçues et l’acceptation des différences.

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Matachamoua raconte l’histoire d’un petit ours qui, à la différence de tous les autres, naît avec une tache en moins sur le corps. Tout au long de sa vie, il ne fera rien comme ses camarades, aura certaines difficultés que les autres n’ont pas. Ce livre est un éloge à l’imagination, à la créativité et surtout à ce que peuvent nous apporter les enfants « différents ».

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Pour parler de la Deuxième guerre mondiale
Fumée de Anton Fortes, illustré par Joanna Concejo

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Attachez votre tuque, ce magnifique album aborde la question des camps de concentration avec un grand réalisme et beaucoup de vérité. Avec les mots et la vision d’un enfant, accompagné d’illustrations très poétiques, c’est un album frappant qui explique l’horreur directement. À lire.

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Pour parler du terrorisme
Les oiseaux blancs de Manhattan de Xavier Armange

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Il n’y a pas beaucoup de texte, surtout des illustrations, dans ce livre qui aborde les attentats du 11 septembre 2001. Mais celles-ci sont fortes et éclatantes. Il s’en dégage également une grande poésie, particulièrement dans l’image de ces oiseaux qui s’échappent des deux tours lorsque celles-ci s’effondrent. Une belle manière d’aborder un sujet délicat.

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Pour parler de la mort
Quartiers d’orange de Françoise Legendre, illustré par Natali Fortier

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Quartiers d’orange nous plonge dans la relation privilégiée qu’a une petite fille avec son grand père, liés par les oranges qu’ils se partagent, jusqu’au jour où le vieil homme ne se trouve plus au rendez-vous. Un livre très touchant sur la mort des gens qu’on aime, vécu par des enfants.

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Pour questionner le pouvoir politique
Les indésirables de Paule Brière, illustré par Philippe Béha

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Tout en humour, Les indésirables raconte l’histoire d’un roi et d’une reine qui décident de se débarrasser de tous les indésirables du pays. Basés sur des choix totalement arbitraires, ils finissent par éliminer presque tout le monde, jusqu’à ce que ce soit eux, qu’on désigne comme indésirables… une belle critique politique, ma foi, très actuelle!

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Pour des albums philosophiques ou « grosse métaphore de quelque chose pis ça fait réfléchir »
Tempête de Stéphane Servant, illustré par Florence Koening

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Tout allait bien dans la ville de Tempête jusqu’à ce qu’un petit nuage apparaisse. Tout le livre est consacré aux efforts donnés par les habitants pour se débarrasser de ce nuage peu bienvenu, jusqu’à ce qu’on se rende compte, une fois celui-ci enfin parti, qu’il est nécessaire à nourrir les plantes qui, sans lui, meurent. Belle métaphore d’acceptation des émotions sombres et qui parle, en mon sens (même si c’est très caché), de dépression.

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Pour réfléchir à la société
Comment j’ai raté ma vie de Bertrand Santini, illustré par Bertrand Gatignol
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Comment j’ai raté ma vie est empreint d’une très forte critique sociale. Cru, il exprime l’envers de la réussite et renverse les stéréotypes du bonheur. Le plus intéressant de cette album, et ce qui en fait sa grande force, c’est le jeu entre le texte et les illustrations, puisque l’un est complètement l’inverse de l’autre et crée un décalage qui frappe.

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La trilogie de Thierry Dedieu est remplie de valeurs comme le respect, l’entraide, la solidarité. Il met en scène la relation d’un jeune homme avec un lion, devenus malgré tout amis et liés l’un à l’autre malgré leur nature qui les pousserait à se détruire. Beaucoup de scènes sont très belles, fortes, et les illustrations sobres sont très réussies. Une oeuvre d’art en soi.

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Pour parler de liberté
Enchaîné de Valérie Dayre, illustré par Sara

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Ce livre touchant est violent parce qu’il exprime avec justesse et vérité l’enfermement, la captivité. Ce chien, qui ne rêve que de liberté, est incapable de se débrouiller dehors seul, à avoir passé trop de temps attaché. Il souhaite la découvrir, attend avec impatience les moment où son maître le fait sortir avec lui, mais même ce dernier a de la misère à le maîtriser et finit par le laisser enfermé, puis à s’en débarrasser. J’en avais les larmes aux yeux tant les mots ont bien décrit l’injustice de cette triste vie.

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Pour une histoire qui finit très MAL!
L’indien de la tour Eiffel par Fred Bernard, illustré par Francis Roca

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Dans une langue très soutenue et poétique, le lecteur se retrouve dans l’histoire d’un jeune homme, dans les années 1890, amoureux d’une femme pour qui il ferait n’importe quoi. Suite à un crime entouré d’une sorte de complot, il est poursuivi et se jettera, avec sa belle, du haut de la tour Eiffel. Ce livre coup de poing ne nous étonne pas à sa fin « choc », puisque dès le début nous savons comment cela finit. Par contre, l’histoire est frappante parce que nous avons droit à deux versions du même incident, d’abord celui de la presse, à l’aide d’un article de journal, puis celui de l’indien.

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Parfois, c’est dans de courts albums que se trouvent le plus de force. Le mélange entre texte et image crée souvent un effet double et provoque des émotions encore plus puissantes. Comme je l’ai dit, ces textes ne sont pas uniquement destinés à la jeunesse, et je vous donne le défi d’entrer dans le jeu: plongez-vous dans l’un d’eux et ressortez-en sans avoir rien ressenti, vous verrez que c’est impossible. Bonne lecture!

Guides de voyage : comment s’y retrouver

Lorsque je pars en voyage, je suis méthodique. « Le plan c’est qu’il n’y a pas de plan » n’est pas tout à fait ma philosophie. Pour me mettre l’eau à la bouche, j’épluche mille guides, je lis des fictions à propos du pays, je regarde des films et je google des villes juste pour voir si je me laisse tenter.

J’aime m’imaginer dans chacune des destinations, et surtout, j’aime lire les guides de voyage. Je prends un malin plaisir à aller à la boutique Ulysse, avide d’ajouter un nouveau Lonely Planet ou un Routard à ma collection. Je m’enthousiasme à la vue des cartes, du top 10 des endroits à visiter et des caractéristiques de chaque région.

Avec l’arrivée de l’été, je remarque autour de moi l’éclosion de projets de voyage : on est plusieurs à vouloir ajouter son épingle sur la carte du monde. Mais choisir son guide de voyage, c’est un peu comme choisir son compagnon de route. On peut avoir parfois envie de le critiquer, se dire parfois qu’on n’a pas besoin de lui, mais au fond il reste un allié de taille qui peut vraiment embellir notre expérience si l’on choisit celui qui nous convient. Voici donc ma petite liste (qui s’adresse à des voyageurs au budget serré).

Lonely Planet

Pour les petits budgets, le Lonely regorge de bonnes suggestions. En plus, l’aspect pratique y est vraiment bien développé : où dormir, où manger, quel transport prendre, etc. Graphiquement parlant, le guide est très bien fait, surtout la section sur la liste des façons de voir le pays. Très prisé par les backpackers, ses suggestions hors des sentiers battus ne le restent pas longtemps. Il paraît qu’on est plus d’un à fantasmer d’îles désertes et d’endroits sans touristes (oui oui, je sais, c’est contradictoire).

Le Routard 

Plus fourni sur le côté culturel et historique que le Lonely, Le Routard adore les anecdotes… parfois peut-être un peu trop à mon goût! Pour ce qui est de l’aspect du guide, ce n’est vraiment pas un coup de cœur pour ma part (un peu terne). S’il priorise également les petits budgets, il est très orienté vers la culture française. À vous de voir si ça vous plaît ou non!

Rough guides

Moins connu que les deux précédents, le Rough Guides s’avère une bonne option pour les désillusionnés du Lonely. Sans omettre les destinations essentielles, il fait plus dans l’originalité que les deux précédents. Le guide est agréable à regarder et clair, de jolies photos à l’intérieur. J’avoue ne jamais l’avoir essayé, mais j’y songe pour mon prochain voyage.

En prime, leur page Facebook donne du carburant aux envieux de voyage avec des photos, vidéos et articles qui permettent de rêver toute la journée assis sur sa chaise…

Ulysse

Son atout majeur : être fait au Québec (4176 rue Saint-Denis). En plus, il inclut un bon résumé historique et culturel des destinations, un peu plus que le Lonely, tout en présentant un aspect pratique bien ajusté aux backpackers de ce monde.

Bonus : Pour les amateurs de grands centres ou capitales, Ulysse offre des petits guides concentrés sur une seule ville, chaque quartier étant soigneusement passé au peigne fin.

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Vang Vieng au Laos

Que vous soyez du genre à déchirer des pages à votre guide en cours de route pour alléger votre sac ou bien celui à mettre sa collection de guides bien en vue pour la visite, j’espère vous avoir aidé à vous y retrouver.

Bon(s) voyage(s)!


Merci à Camille Hay du Ulysse pour ses conseils.