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Passion menstrues : le grand mystère des règles vu par Jack Parker

Connaissez-vous Jack Parker, la blogueuse derrière le blogue Passion Menstrues ? Dans ce blogue qui se veut totalement anti-complexes, elle aborde tout ce qui touche aux menstruations. Son but est vraiment de détruire les tabous, les croyances populaires et la honte qui découle (!) des menstruations.

Détruire un tabou un mois à la fois… 

Depuis 2015, Jack Parker informe les lectrices sur son blogue et souhaite les décomplexer vis-à-vis de leurs menstruations.

Son livre aborde plusieurs questions d’un point de vue féministe qui font réellement comprendre toute l’importance de parler des menstruations avec naturel et simplicité. C’est facile en vieillissant d’oublier les tourments et les complexes que causait le fait d’avoir ses règles. Il suffit que je me souvienne de ma phobie de tacher mon pantalon au secondaire ou qu’on entende le plastique de ma serviette sanitaire lorsque je la changeais dans les toilettes publiques pour me souvenir que oui, il existe une sorte de honte dans notre société à être menstruée. Il faut que cela reste caché et ce, même entre filles.

Pensons aux publicités qui ne nous montrent jamais au grand jamais réellement du sang et qui essaient de nous convaincre qu’avoir ses règles ne devrait jamais changer notre façon de vivre notre quotidien. Cette volonté de rendre les menstruations invisibles et d’invalider les douleurs menstruelles et les changements que certaines filles (dont moi) doivent faire dans leur quotidien pour survivre à cette semaine est choquante. On apprend aux filles à avoir honte de porter des serviettes sanitaires (ou autres protections), de les cacher, de ne JAMAIS tacher rien autour d’elles, et bien entendu, de faire comme si rien était, et ce, même si elles ont l’impression de se faire tordre les ovaires.

J’ai longtemps eu honte de devoir rester couchée de longues heures dans mon lit, bouillotte sur mon ventre (et parfois encore!) et en y réfléchissant, je conçois que cela vient d’une certaine honte  et invisibilité qui entoure le monde des menstruations dans notre société…

Bien qu’il s’agisse plus d’une quête personnelle de l’auteure et moins d’une étude sociologique des menstruations comme je le pensais en commençant ma lecture, j’ai beaucoup aimé cette lecture bien dosée d’humour et surtout, ouvertement féministe.

De l’importance de l’éducation…

L’auteure nous partage ses aventures comme blogueuse et féministe qui met au centre de ses priorités une normalisation des menstruations. Pour ce faire, elle va beaucoup dans l’anecdotique en racontant ce qu’elle voit sur son blogue, les messages qu’elle reçoit et aussi, ce qu’elle lit sur les forums. Ceci dit, cela démontre encore toutes les difficultés, les tabous que vivent les jeunes vis-à-vis de leurs menstruations et de leur puberté. Que ce soit en lien avec la sexualité, l’identité (le fameux tu deviens femme le jour de tes premières règles), les tampons (et la fameuse question de l’hymen!) ou bien avec les douleurs et les maladies menstruelles telles que le trouble dysphorique prémenstruel, Jack Parker aborde toutes ces questions dans ce beau livre bleu! Elle cherche aussi à parler, oui du tabou dans la société occidentale, mais elle n’oublie pas néanmoins les sociétés et les pays où la situation est tout autre. Par exemple, en abordant la situation de certains pays où les femmes ne peuvent pas aller à l’école lors de leurs règles ou doivent rester sur un sol de terre sans protection. Voilà pourquoi je considère que ce livre est une lecture parfaite pour les jeunes qui se questionnent à propos des menstruations, c’est important d’éduquer, de banaliser et de se respecter dans tout cela.

Bref, malgré quelques longueurs et certains passages que je ne trouvais pas nécessaires et moins pertinents, j’ai été surprise de me voir lire un ouvrage entier sur les menstruations, car au départ, comme plusieurs je crois, j’ai pensé : mais c’est tellement naturel, que doit-on vraiment avoir à dire là-dessus pour y écrire un livre entier ? Or, en le refermant, j’ai pris conscience de l’importance de parler encore plus de menstruations pour qu’on ne soit plus jamais gênée de saigner une fois par mois.


Le Fil Rouge tient à remercier Les éditons Flammarion pour le service de presse.

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Nous avons tous une dépendance

Il existe différents types de dépendances… les petites, les fortes, les dangereuses, les bénignes, celles que l’on cache aux autres, celles contre lesquelles on se bat… Et une addiction, aussi minime soit-elle, peut changer une vie à tout jamais. Surtout si vous en perdez le contrôle.

Addiction, cette bande dessinée française, est parue en avril dernier chez Akileos. Je venais tout juste de terminer ma lecture du premier roman de Stéphane Larue, Le plongeur, et le sujet de la dépendance me semblait encore une fois un choix de lecture à explorer. Avec Josep Busquet au scénario et Pedro J. Colombo aux illustrations, Addiction attire le regard par sa première de couverture, une femme nue coincée dans un labyrinthe qui s’effrite. Une métaphore toute bleue de l’addiction, représentative de l’oeuvre, car déjà, l’absence d’issues de l’illustration est flagrante.

Chacun sa dépendance

La bande dessinée représente la vie de six personnages piégés, dépendants, intoxiqués. Ils ont tous perdu le contrôle de leur addiction, au point où la lecture de l’oeuvre ne nous fait que suivre leur longue descente aux enfers.

Une accro aux jeux, une cleptomane, une workaholic, une mythomane, une nymphomane et un accro aux réseaux sociaux. 

Album choral, Addiction a un rythme assez rapide, passant d’un personnage à l’autre en l’espace de quelques pages seulement. Cette multiplication de visages sans nom nous perd parfois un peu, mais laisse deviner cette issue fatale, cette pulsion que doivent assouvir les personnages jusqu’à causer leur propre perte. Ils subissent les conséquences de leurs actes irréfléchis, leurs actes impossibles à refréner. Ils répondent automatiquement à leur dépendance, ne sont pas capables de s’en empêcher.

Et si je l’étais aussi… ?

Une fois la dernière page tournée, une dernière page noire sans aucune illustration ni texte, on pousse un gros soupir, on se remet en question. Je ne me retrouve pas un peu dans ce personnage? Et si j’étais dépendante à quelque chose moi aussi?

La force majeure de l’oeuvre est de réussir, malgré sa noirceur, à nous questionner sur notre propre vie, sur nos dépendances.

Aujourd’hui, je crois que chacun pourrait se retrouver dans cette dépendance aux réseaux sociaux, où l’on doit montrer une belle image de soi-même. Pensez-vous être dépendant?

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Chroniques d’une anxieuse : À toi, cher monsieur déplacé de la librairie

À toi, cher monsieur déplacé de la librairie,

Apparemment que mes sourires et mes bonjours polis t’ont turné on. Apparemment que tu comprends pas que ce ne sont pas des avances. T’as comme pas catché que je fais juste ma job et que ça fait partie de mon travail de te sourire même si j’en n’ai pas envie. Sorry, mais cette journée-là, je t’aurais plus pitché un livre dans face que de te sourire à pleines dents. Mais je faisais ma job. J’étais une femme en train de faire son travail, tu vois. Je n’ai aucunement demandé à ce que tu me considères comme une pièce de viande prise dans son enclos à la caisse. Comme si je n’existais que pour le plaisir de tes yeux. Je ne peux m’empêcher de penser que si j’avais été un homme tu ne m’aurais pas dit des propos déplacés concernant ta libido. Mais pour toi c’était une blague, c’est ce que tu as dit, comme si je m’insurgeais pour rien.

C’était juste une blague d’insinuer que malgré tes soixante ans t’avais un œil sur mon corps. Juste une blague.

J’veux juste te dire que c’est déplacé de rentrer dans une librairie et de crier à tue-tête à ton ami de venir me regarder sans même me dire bonjour. J’veux juste te dire que ça se fait pas de me regarder avec un regard mielleux et de dire que tu devrais maîtriser ta libido. J’veux juste te dire que c’est weird de rappeler à la librairie pour me parler et commander des livres dans le but de me revoir. Ça fait peur quand un homme de ton genre dit que je le fascine et qu’il se repointe quelques jours plus tard seulement pour «me contempler». T’as beau dire que tu n’avais aucune arrière-pensée, moi j’te dis c’est louche ton affaire.

Pis en plus, t’as le guts de revenir durant un autre après-midi pour venir «checker si tes livres sont arrivés». T’étais même pas capable d’attendre qu’on t’appelle. Fallait que tu te repointes, encore. Pis j’ai pas voulu te servir parce que guess what, tu me mets mal à l’aise. Je sais pas si tu comprends : c’est pas l’fun, ton attitude. C’est pas normal. J’ai pas voulu te servir, je l’ai dit à mes collègues, ils t’ont servi avec un air bête parce que c’est fini les sourires pour toi, cher. On ne vit plus dans les années soixante où le client est toujours roi, fais avec. On vit dans un monde où on privilégie le respect. Parce que oui, tu m’as manqué de respect, mais ça, t’aimes mieux le nier comme un vieux vicieux qui, pour sa défense, affirme que j’ai un sérieux problème. Les temps ont changé, fais-toi à l’idée. Ouvre ton esprit. Comprends que c’est weird de revenir à une librairie juste pour revoir une femme qui pourrait être ta fille. Comprends que oui, ça peut faire peur.

Mais surtout, lâche le morceau. Quand une femme te dit que tes propos sont déplacés, réfléchis. Dis-toi que non, c’est peut-être pas elle qui a «un problème», mais peut-être toi qui ne mesures pas assez la portée de tes mots. Il serait temps que tu te remettes en question. Que tu remettes en question tes agissements. Et si je te dis que tu m’as rendu mal à l’aise, encaisse-le, dis pas : «C’est pas comme si je t’avais suivie jusqu’à chez toi». Parce que c’est pire. Tu aggraves ton cas. Tu te cales dans le fin fond du néant des hommes pervers. Parce que c’est pas normal que je tremble par en dedans quand je te vois entrer dans la librairie. Parce que c’est pas normal que j’angoisse que tu te pointes chaque jour. Tes agissements ont créé de l’angoisse. Si je me sens comme ça, c’est pour une raison. C’est pas de la folie, c’est bien réel. J’suis tannée qu’on mette sur le dos des femmes des conneries du genre. Si on est mal à l’aise c’est pour une raison et cette raison c’est que trop d’hommes comme toi se permettent de franchir la limite du correct en brandissant fièrement qu’il ne s’agissait que d’une blague, que ce n’était que pour niaiser, que ce n’était qu’un compliment. On est tannées. On rit pas. On les trouve poches en criss ce genre de «blagues-là».

Et, comprends-moi bien, les compliments, on aime ça, mais quand ils sont dits avec respect.

Quand j’ai décidé de ne pas te servir, c’était mon choix. Mon propre choix. Tu n’avais pas un mot à dire là-dessus, mais t’as été frustré de ne plus avoir ton emprise sur moi, de ne pas pouvoir encore une fois profiter du fait que j’étais prise à la caisse. Ton power trip a pris une débarque. T’as catché que t’étais peut-être allé trop loin en te pointant à la librairie juste pour me voir, en appelant juste pour me dire que je te fascinais et de commander des livres pour me revoir. Tu l’as mal pris quand une de mes collègues a pris la relève parce que je ne voulais pas subir tes propos encore. J’suis partie dans l’arrière-boutique. Quand j’ai entendu des pas venir vers moi, je pensais que c’était ma collègue qui me dirait que tu étais enfin parti. Mais quand ta tête est apparue dans le cadre de porte, mon cœur a dérapé. Il a fait trois tours avant de pomper comme un fou. Mon anxiété a monté jusqu’au ciel. Et tu me regardais comme si j’étais une folle. Tu comprenais pas pourquoi je ne voulais plus te servir. Tu m’as dit que tes propos avaient rien de déplacé. Tu as voulu que je me justifie et j’ai refusé. Je t’ai demandé de quitter la librairie.

C’est épeurant de voir à quel point tu comprenais pas. Comment tu insistais pour que je me justifie. Comment tu me faisais sentir comme si c’était dans ma tête. Comme si j’exagérais. J’pense qu’il est temps qu’on change cette mentalité-là. Un p’tit truc : si tu penses que tu n’aurais pas dit ce que tu m’as dit à un gars, dis le juste pas. Un autre truc : considère une femme comme un être humain avant tout. Je suis une femme qui travaille, qui aime son boulot et qui aime servir des clients qui la considèrent en tant que tel. Si tu veux me demander conseil sur les livres, fine, mais si tu viens commenter mon apparence, prends la sortie. J’suis pas là pour faire joli, j’suis là pour travailler. Prends les femmes au sérieux, ça aiderait tellement.

Sorry, mais je change pas d’idée, t’es allé trop loin. Et je veux pas généraliser, c’est pas tous les hommes qui sont comme toi, au contraire. Mais j’aimerais ça qu’on arrête de dire qu’une femme capote pour rien quand on dit que c’était déplacé et que ça nous a rendues mal à l’aise. Parce qu’on a le droit de dire que ça nous a rendues mal à l’aise.

C’est pas toi qui décides, c’est nous.

Illustration par Marjorie Rhéaume. 

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Les fileuses conseillent : quoi faire durant le FIL

Il y a quelques semaines, j’ai assisté avec Marjorie, au Lion d’or, au dévoilement de la programmation du Festival International de la Littérature et nous avons passé une super matinée.  La programmation de ce festival, lequel porte presque le même nom que nous, est vraiment intéressante cette année. Il n’y a aucun doute que nous irons à plusieurs de ces événements/activités et on vous invite à le faire vous aussi!

Le FIL est un festival nécessaire et important qui nous rejoint totalement pour ses valeurs et sa mission.  Le festival se déroule du 22 septembre au 1er octobre 2017.

Voici donc quelques suggestions d’événements :

L’une & l’autre
Vendredi 22 septembre – 20h/Théâtre Outremont

« L’une a publié 7 romans, l’autre a enregistré 7 albums.
L’une a rencontré un large succès critique et public, l’autre aussi.
L’une est brune, l’autre est blonde. L’une est droitière, l’autre est gauchère.
L’une avait envie de partager un moment avec l’autre, que leurs voix et leurs univers se mêlent. L’autre a dit oui.
Delphine de Vigan est l’une, la Grande Sophie est l’autre.
Ou inversement. L’une et l’autre racontent une histoire. Morceaux choisis, fragments rassemblés, elles disent, chantent, fredonnent, jouent avec les mots. Les voix nues se mêlent, se répondent. Les rôles s’échangent, le temps s’arrête, ou s’accélère. L’enfance, la solitude, l’illusion amoureuse, la création, autant de thèmes qui se fredonnent ou se murmurent. Ainsi mêlés, leurs mots, leurs univers résonnent d’une manière nouvelle. Et de cette rencontre, chaque soir réinventée, émerge un récit, dense, émouvant, sensible; car cette histoire, sur le fil de la vie, pourrait être la nôtre.»

Pour voir un extrait :



Du fleuve au ciel
Samedi 23 septembre – 14 h, Théâtre Outremont

« Sylvie Drapeau fait partie de ces grandes comédiennes qui marqueront à jamais la culture québécoise. En interprétant plusieurs rôles majeurs en vingt-cinq ans, dont près de cinquante au théâtre, elle a su démontrer l’étendue de son répertoire, notamment lors de ses prestations dans La voix humaine, Le temps d’une vie, Elvire Jouvet 40, de même que Marie Curie et Lady Macbeth. Dirigée entre autres par Eric Jean, Denis Marleau, Brigitte Haentjens, Marie-Thérèse Fortin, André Brassard, Lorraine Pintal, René Richard Cyr, Martine Beaulne et Wajdi Mouawad, l’actrice a aussi une manière bien à elle de saisir et de porter les mots des dramaturges les plus illustres des quatre coins du monde, de les honorer dans un mélange d’intensité, de sensibilité et d’intelligence.

Femme de paroles, Sylvie Drapeau n’a d’ailleurs jamais caché son amour de la littérature, avouant un jour à la journaliste Nathalie Collard : « J’ai prêté mon corps, mon cœur et ma tête aux grands auteurs. Je suis une porteuse de mots.» Il n’était pas étonnant qu’elle se lance elle-même un jour dans l’écriture.

Grâce aux récentes parutions chez Leméac Éditeur de deux courts romans, Le fleuve en 2015, suivi l’année suivante de Le ciel, unanimement accueillis par la critique et le public, l’actrice est devenue une romancière de talent, capable de rendre universels des propos intimes et introspectifs. Pour une première fois sur scène, elle lira ses textes d’ombres et de lumière inspirés par les figures du grand frère disparu dans les flots (Le fleuve), puis, de la mère courageuse et résiliente (Le ciel). Une représentation singulière qui risque de laisser des traces en vous. Pour très longtemps.»

crédit photo © Martine Doucet

Pour lire la critique de Marion sur ce roman, c’est ICI.


Là d’où je viens, Darling !
Samedi 23 septembre – 20 h, Cinquième Salle

« Au cœur de ce spectacle, il y a les mots de l’écrivaine biélorusse Svetlana Aleixievitch, prix Nobel de Littérature 2015, incarnés par l’actrice Sophie Desmarais. Mais il y a aussi ceux de Madeleine Gagnon, de Tania Langlais, de Claudio Pozzani et de Violaine Forest. Ce soir-là, il sera bien sûr question de la guerre, de l’exil, de la dépossession et de la filiation mais aussi d’espoir et d’humanité. Un spectacle émouvant qui nous invite à plonger dans le réel comme dans un film de Tarkovski.

Là d’où je viens, Darling ! ce sont, entre autres, les voix des derniers témoins de Svetlana, le chant de la terre de Madeleine, l’écho des douze bêtes aux chemises d’homme de Tania et le son d’une page déchirée avec Claudio. Ce spectacle, c’est aussi une transe poétique avec des musiques de tous les horizons pour trame sonore, des chorégraphies minimalistes dansées par Jean-François Duke ainsi qu’un univers visuel et cinématographique faisant écho aux émotions proposées par des textes et des témoignages qui nous feront voyager de Beyrouth à Minsk, de Bosnie à la Crimée.

C’est à la poète Violaine Forest que l’on doit ce spectacle, qu’elle a créé en 2015 à la Fonderie Darling et qui, depuis, propose, selon les auteurs qui font partie de la distribution, une œuvre sans cesse renouvelée, qui nous interpelle et nous touche chaque fois différemment»


Chronique d’un cœur vintage
Lundi 25 septembre – 19 h Salle Claude-Léveillée

« Savez-vous ce qu’est un « cœur vintage » ? Il s’agit d’un organe qui a du mal à trouver appartenance à son époque et qui, donc, traverse quelques difficultés sentimentales… Émilie Bibeau, comédienne chouchou des Québécois, capable de jouer le drame comme l’humour, que ce soit au théâtre dans Hamlet de Shakespeare ou dans Albertine en cinq temps de Tremblay, voire plus récemment à la télé en incarnant la Lucie Lamontagne de la populaire série Unité 9, prétend être dotée de ce type de cœur. Ça lui a même inspiré une série de chroniques présentées depuis 2016 à l’émission littéraire « Plus on est de fous, plus on lit », diffusée sur ICI Radio-Canada Première et à laquelle elle collabore depuis six ans.

À chacune de ses diffusions, cette « chronique d’un cœur vintage » est aussi unique qu’attachante, révélant à travers des textes de son cru une Émilie se confiant sans pudeur, accompagnée pour le réconfort et l’espérance des mots de d’autres. Véritables perles dans la programmation radiophonique actuelle et livrés avec brio par sa pétillante créatrice, ces moments suscitent rires et tendresse au sein d’un public charmé.

Sur scène, dans un spectacle solo d’un peu plus d’une heure, ce petit « cœur vintage » battra de nouveau au rythme des plus mémorables chroniques lues à l’émission, mais aussi d’inédites, dignes représentantes d’une époque en proie aux redéfinitions des modèles amoureux. »

CRÉDIT PHOTO © Maude Chauvin


Larguez les amours
Mercredi 27 septembre – 20 h, Lion d’or

« Personne n’est à l’abri d’une peine d’amour. Elle a d’ailleurs fait couler beaucoup d’encre au fil des siècles, tous degrés d’intensité confondus. Notre époque n’en est malheureusement pas exempte, pas plus que nos êtres de lettres qui continuent d’écrire sur le sujet, que ce soit pour panser leurs plaies, exorciser la douleur, la comprendre, voire même venger leurs cœurs éconduits.

Pour sa part, la romancière Maryse Latendresse s’est demandé s’il existait une «manière féminine» de vivre la rupture amoureuse. Autour de cette pertinente question, elle a réuni en un recueil à la fois tendre et explosif, déstabilisant et rassurant, des femmes issues de différents horizons littéraires; du roman à la nouvelle, en passant par la poésie, le théâtre, le cinéma, le journalisme ou la chanson, et leur a demandé de disséquer la séparation. C’est ainsi qu’est né Larguer les amours, un livre publié aux éditions Tête Première.

Pour honorer les mots de plusieurs des auteures de ce collectif, les comédiennes Marie-Thérèse Fortin, Gabrielle Lessard et Marika Lhoumeau, issues de générations différentes, insuffleront leur grâce aux textes, accompagnées en musique par la très inspirante Salomé Leclerc. Entre elles toutes, la fusion ne peut qu’être parfaite et poignante. Quant à la satanée rupture amoureuse, elle n’aura jamais été aussi festive. Un spectacle dont il faudra se souvenir en cas de tempête… et par beau temps aussi.»


Le spectacle NirliitJuliana Léveillé-Trudel
Mercredi 27 septembre – 19 h, BANQ

« Depuis 2011, Juliana Léveillé-Trudel partage son temps entre Montréal et le Nunavik, faisant appel à différentes formes d’art pour motiver les jeunes Inuits à poursuivre leurs études. Ses séjours auprès de plusieurs communautés inuites, de Salluit à Puvirnituq en passant par Quaqtaq, l’ayant profondément marquée, elle a eu envie d’écrire sur les mille et une histoires du Nord.

Le déclic est arrivé en 2013 à la suite d’un événement tragique survenu à Salluit. En mai 2013, une femme inuite qu’elle aimait beaucoup est disparue durant quelques semaines avant que l’on ne découvre qu’elle avait été assassinée. Son roman Nirliit, publié chez la Peuplade en 2015, raconte l’histoire de cette femme, l’histoire de leur amitié, et autour de cette histoire se greffe un portrait de la communauté, dans ses aspects les plus sombres comme les plus lumineux. Un récit beau et rude comme la toundra.

Accompagnée sur scène d’un musicien, qui a composé une trame sonore originale, ainsi que de deux chanteuses de gorge inuites, Juliana Léveillé-Trudel propose une lecture théâtrale de Nirlit. Un spectacle qui nous fait véritablement, et autrement, découvrir l’univers nordique et la culture inuits. »


 

Coeur ouvert : le plus long micro ouvert jamais tenu,
Du vendredi 22 septembre à 19 h au dimanche 1er octobre à 19 h, Sporting Club

« Dans l’esprit de cet amour de la littérature qui imprègne la métropole depuis l’École littéraire de Montréal aux on-ne-peut-plus-fameuses nuits de la poésie, en passant par les nombreux micros libres qui se tiennent aujourd’hui chaque semaine un peu partout sur son territoire, il se tiendra un micro ouvert à tous, du premier au dernier jour du FIL 2017, sans arrêt, 24 heures sur 24, au Sporting Club (en plein cœur de Montréal), avec un menu spécial offert sur place et une aire de repos.

Quelques règles devront être respectées avant de se targuer de détenir le record du plus long micro ouvert jamais tenu: il devra toujours y avoir 10 spectateurs minimum présents dans la salle, il ne pourra y avoir plus de 30 secondes entre chaque lecture, il ne pourra être lu le même texte à deux reprises en l’espace de 24 heures, etc. Cela dit, le Québec et la planète sont invités à venir célébrer Montréal, la poésie et la littérature en venant participer!, Quel que soit le genre littéraire, poésie, roman, théâtre, etc., que ce soit votre propre texte ou celui de quelqu’un d’autre, le micro devra être occupé, nous le répétons, sans pause pendant 9 jours consécutifs!»


Est-ce que l’un de ces événements vous intéresse plus que d’autres ? Participerez-vous au FIL?

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Aidez Gilbert et Henriette à financer leurs découvertes

Ce n’est un secret pour personne, chez le Fil rouge, on est bien fan de tout ce qui est bande dessinée et roman graphique, surtout quand c’est créé au Québec. Alors j’ai immédiatement été emballée lorsque j’ai entendu parlé du projet Les dépassés, proposé par Gamet Productions, une jeune maison de production établie à Repentigny.

De qu’est-c’est?

Les dépassés, c’est une bande dessinée imaginée par l’illustratrice Sévrine Dumais qui met en scène Henriette et Gilbert, un couple de personnes âgées qui tentent tant bien que mal de se familiariser avec la technologie d’aujourd’hui. On a tous dans notre entourage une personne (vieille ou moins vieille!) qui éprouve des difficultés avec sa compréhension des réseaux sociaux et des différents appareils électroniques. On sait donc à quel point des mises en scène loufoques peuvent ressortir de ce genre d’anecdotes!

Mais en plus d’une BD, Gamet Productions proposera bientôt une websérie où l’on pourra suivre ces deux personnages à travers leurs découvertes et (més)aventures, et c’est Bernard Fortin* qui assurera les rôles de script-éditeur et de consultant artistique. C’est tellement intéressant de voir les personnages d’un livre en version animée, on dirait que ça nous les rend encore plus vrais, vous ne trouvez pas?

Comment puis-je vous aider?

C’est là que vous pouvez intervenir! L’équipe vient de lancer une campagne de sociofinancement afin de réaliser cette websérie, c’est donc à vous de démontrer votre intérêt pour le projet. Vous pouvez faire un don sur leur plateforme Indiegogo et pour tous les dons à partir de 35 $, vous obtiendrez en prévente votre copie de la bande dessinée, en plus de recevoir une invitation pour le lancement officiel le 3 octobre prochain. Pas dépassé pantoute comme privilège!

En plus de cela, il y a une foule d’objets promotionnels trop adorables qui vous sont offerts selon le montant que vous êtes prêts à débourser (j’ai un œil sur la tasse Instagraham avec une image de biscuit dessus). La campagne se termine le 1er octobre, ne tardez pas trop!

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Avez-vous aussi hâte que moi de découvrir les aventures de Gilbert et Henriette?

*Dans le volet anecdotique : lorsque j’avais 3 ou 4 ans et que je voyais Bernard Fortin à la télé, je criais « Papa! Papa! » parce qu’il ressemblait à mon père (dans ma tête d’enfant du moins). J’ai donc un attachement semi-inexpliqué pour cet homme aux quatre-vingt-dix mille talents.


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L’âme des horloges

L’avenir ressemble beaucoup au passé.

Dès la lecture de cette phrase, je me suis dit que ce livre allait répondre à mon besoin de fantaisie. Je croyais me retrouver dans un univers à la Diana Gabaldon, même si je n’en ai jamais lu. Je croyais qu’il allait y avoir des retours en arrière, des voyages dans le futur. Eh bien, ce fut tout le contraire! Pas de quétaineries ou de moments clichés, alors que je tombais en amour avec la bouillonnante Holly, adolescente amoureuse d’un jeune homme adulte dans les années 80.

Tout commence par une dispute

C’est à la suite d’une chicane avec sa mère que Holly décide de quitter le nid familial. Malheureusement, cette décision amènera plusieurs conséquences. Lors de cette fugue, Holly pensera au passé, lorsqu’elle entendait des voix qui referont alors surface. Ces voix seront appelées plus tard les voix de la radio. Ce qui amènera aussi la disparition mystérieuse de son petit frère.

Alors que je croyais continuer d’être sur les traces de Holly, les parties du roman suivantes avancent dans les années (et même dans un futur que nous ne connaissons pas encore). Les autres parties ont pour personnages principaux les gens qui entourent Holly avec les années (son petit ami journaliste international, son meilleur ami écrivain, etc.). Holly sera toujours présente dans chacune des parties et elle apportera le mystère qui l’entoure. Holly se découvrira des dons de médium et fera le tour du monde (accompagnée de sa fille et de son meilleur ami) grâce à son livre « Les voix de la radio ». Et plus les chapitres avancent, plus les fantômes de son passé feront surface.

Mais…

Le roman ne m’a pas du tout emballée. Déjà, il est énorme, mais surtout très lourd. Je crois que c’est une erreur de la part des Éditions Alto d’avoir choisi une couverture rigide pour ce roman, en plus d’un papier lourd. Personnellement, ça n’a pas aidé à apprécier ma lecture. Je me suis également créé trop d’attentes. Oui, il avait un côté fantastique, le problème est que je n’ai pas compris l’univers de l’auteur. Pourtant, j’entends beaucoup de bien de celui-ci. Malheureusement, il n’a pas comblé mes attentes. Reste que j’étais tout de même curieuse de comprendre le mystère qui entourait cette Holly. Pourquoi suivais-je les traces de son mari, ou encore de son meilleur ami? J’avais parfois l’impression que l’auteur s’était un peu éparpillé dans son monde. Il y a certains passages qui n’apportaient pas grand-chose à mon avis, ou je ne comprenais pas pourquoi on devait s’intéresser à d’autres personnages que Holly étant donné que tout tourne autour d’elle. J’ai cependant apprécié l’univers futuriste que l’auteur m’a présenté. Je le trouve même très réaliste, ce qui est effrayant!

Vous, que faites-vous lorsque vous lisez un livre qui ne vous emballe pas? Est-ce que vous persévérez pour le terminer, ou vous abandonnez votre lecture?

Je tiens à remercier les Éditions Alto pour cette lecture!

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Un soir de juin, la poésie a pris toute sa place — Chapitre II

 Ce matin, je cherche l’écriture dans le vol des oiseaux. 

Michel Pleau 

Sublimer le jour et la nuit

Ce soir de juin, j’étais assise dans la salle de spectacle, très intime, de la Vieille Usine, entourée de mes amis et nous étions tous attentifs à la poésie qui déferlait sur nous. À la suite du spectacle, nous étions tous fébriles, une forte impression d’être différents, nous ne pouvions nous quitter ainsi. Alors nous nous sommes rattaché les uns, les autres, cette nuit-là, mais aussi les jours suivants et même si la saison file comme l’éclair, la poésie reste imprégnée sur nos peaux de sensibles, de curieux et de vivants.

Avec d’autres, nous avons commencé à poser des gestes poétiques. Des carnets d’écriture à deux. Des échanges de bouts de papier contenants des fragments, offerts, comme on offre des fleurs sauvages. Des désirs de se réunir pour se lire nos poèmes favoris. Des recueils en circulation. Ce ne sont que des petits gestes, mais ils nous font vibrer et ils permettent à la poésie de continuer de respirer lorsqu’elle pourrait s’essouffler. Maintenant, on se reconnaît, on se reconnecte et on entraîne dans notre mouvement d’autres âmes en quête de beauté, d’émotions, de sublime.

Un souffle. Un murmure. Une voix.

L’instant.

Poésie = présent

Ce besoin d’écrire l’instant= incapable si je prends un chemin littéral, la poésie est ailleurs, aussi vaste que l’émotion, mais différemment, capter ce qui est, sans chercher autre chose (temps, attente, désir, possession).

Il y a un peu plus d’une année, c’était au moment de voir pour la énième fois le soleil descendre sur le champ derrière la maison, orangé, incendie dans le ciel. Je souffrais de revivre chaque jour ce même spectacle grandiose. Je me demandais ce que j’avais fait pour mériter ça et je tentais de retenir l’instant. L’écrire, le photographier, le dessiner, mais surtout le sentir me traverser, être du moment, entière. Je ne savais pas comment accéder à un état où je serais, tout simplement.

Je ne cherche plus à tout conserver, comme s’il fallait garder toutes les traces exactes du moment, de la chose. Et pourtant, impossible, puisque les autres ne vivront jamais le moment physique, humain, temporel comme je l’ai vécu, mais autre part, lorsque la loupe permet de voir plus largement, tout se place et les mots englobent et permettent de se rejoindre, de se reconnaître, de percevoir les couleurs et les gestes à la fois flous et tellement personnels. La poésie, c’est la magie du souvenir.

Enfin, je ne cherche plus à posséder. Et ça se reflète sur tout, sur ma relation au paysage, au temps, aux gens, aux objets et aux souvenirs. Plutôt, je m’abandonne, me dépossède, mais en étant présente continuellement.

Tout ce que je me permets encore, c’est de ramasser des roches, des pierres, du verre et des os polis sur la plage.

La poésie, le mode vie, nourrit et fait naître la poésie, le langage.

Le langage

Comme je le répète souvent, il faut écrire pour apprendre à écrire, selon moi, comme il faut peindre pour apprendre à peindre. Depuis que j’ai permis à l’écriture de revenir dans ma vie, à sa manière, avec son langage à elle, j’apprends énormément et je vois se déployer autour de moi de nouveaux langages qui viennent correspondre avec le mien.

Tu ne sais jamais quelle poésie tu rajouteras au monde. 

On m’avait mal enseigné la poésie. Comme une matière, une manière de faire. Il m’a fallu l’apprivoiser comme une bête affamée. Je crois que c’est pour cela que j’en suis maintenant aussi amoureuse, éperdue, passionnée. Laisser libre vie à un langage qui a toujours été là, vibrant, cherchant à s’exprimer, par les mots, mais en usant des mots comme s’ils n’avaient encore jamais été entendus, mais que tout le monde tout de même s’y rejoignent pour créer des liens entre eux et avec le Monde.

De la source, l’émerveillement se dégage. L’enfance, le rêve, la possibilité de capter quelque chose d’insaisissable qui n’a pas besoin d’être compris, expliqué ou encadré dans un discours. La poésie naît du lieu primitif de chaque personne, le filon fluide passe d’une personne à une autre, autant pour celui qui écrit que pour celui qui reçoit. La poésie est d’incessante existence.

Enfin

La poésie est vivante. Elle est mutable ou immuable, mouvante, elle se tient au-delà des chaires, mais sait faire frissonner. Elle se tient au-delà du discours, mais change des conceptions entières. Elle se crée dans le silence et la solitude, en plein tumulte, elle se vit dans le bruit, l’entrechoque, les regards qu’on ne détourne plus. Enfin.

Un souffle.

Un murmure.

Une voix.

Nous devenons la maison de cette poésie, qui enfin s’est trouvé un lieu, après plusieurs voyages.

Et moi. J’ai trouvé le territoire où je voulais devenir poète.

Un fragment, le moment, tous les moments.

Et toi, quels changements l’arrivée de la poésie a-t-elle créés dans ta vie et dans celles des gens qui t’entourent?

 

Liste de suggestions de recueils

Pleurer ne sauvera pas les étoiles – François Guérrette

Le corps inachevé – Joanne Morency

Ariel – Sylvia Plath

L’homme rapaillé – Gaston Miron

Des poètes que je découvre et que je désire suivre

-Véronique Cyr

-Jean-Simon Desrochers

-Marie-Andrée Gill

-Joanne Morency

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Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Les suicidés d'Eau-Claire, Éric Mathieu

Un retour au bercail qui vire au cauchemar

Les suicidés d’Eau-Claire n’est pas un roman pour la plage. En tout cas, pas si on se fie à l’image traditionnelle d’un roman de plage : léger, rapide à lire et joyeux.

Le roman n’est rien de tout ça.

Il faut dire qu’il commence par un suicide.

Puis, il vous entraîne dans un univers de désespoir pour vous expliquer comment une jeune famille a pu finir par décider de s’enlever la vie tous ensemble, quelques jours avant Noël.

Pourtant, même si ce premier livre de l’écrivain Éric Mathieu n’est pas gai, je l’ai bien dévoré sur la plage de Gloucester, dans le Massachusetts. Ses 500 pages sont particulièrement empoignantes. Une fois commencé, je n’avais qu’une envie, avancer de chapitre en chapitre et me plonger de plus en plus dans la noirceur de la vie de ces personnages alors que devant moi s’étendait un des plus beaux paysages de la côte est des États-Unis.

Comme quoi, parfois, on lit et on aime des livres qui ne correspondent vraiment pas au contexte qui nous entoure!

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Les suicidés d’Eau-Claire, c’est l’histoire de la famille Corbin, Jean-Renaud, Camille et leur enfant Sybille, lors de son retour dans le nord de la France, à la fin des années 1980, à la suite d’un exil de plusieurs décennies à l’étranger. Ils auront séjourné dans de nombreux pays : Angleterre, Canada, États-Unis, Australie et d’autres. Sans savoir trop pourquoi, ils décident pourtant de revenir dans leur petite ville d’origine, un endroit quelque peu sinistre, car subissant le déclin économique typique du Nord, après la fermeture des usines.

Le retour au bercail vire alors au cauchemar.

Dans cette ville idéalisée pendant leur absence, ils ne trouvent que pauvreté, tristesse et haine.
Jean-Renaud ne trouve pas d’emploi, Camille est contrainte à travailler comme professeure d’anglais et noie son angoisse dans l’alcool tandis que Sybille subit les méchancetés des élèves de sa classe, ainsi qu’une peine d’amour dévastatrice.

Leur situation ne fera qu’empirer semaine après semaine, jusqu’au moment où, incapables de faire face à leur nouvelle réalité et de supporter l’échec de leur retour, ils décident de s’enlever la vie tous en même temps.

Je ne vous gâche pas le punch puisque le livre commence par cette fin et fait par la suite un retour en arrière.

Toute l’intrigue du roman tient dans l’envie de comprendre réellement comment on peut arriver à ce moment fatidique, comment la noirceur peut s’installer si banalement sans que personne puisse arrêter sa progression.

L’histoire tourne en grande majorité autour de Sybille, adolescente qui se fait sérieusement intimider à l’école. Les autres élèves ne supportent pas de voir son exotisme, son accent spécial (elle est née à l’étranger), sa culture et son excellence scolaire qui leur renvoient à quel point ils habitent dans un trou sans futur.

Je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle avec la série 13 reasons why de Netflix, qui a beaucoup fait parler d’elle ces derniers mois (en bien et en mal). Je suis en train de la regarder et Les suicidés d’Eau-Claire aborde exactement les mêmes sujets : comment plusieurs petits actes a priori pas si graves lorsqu’ils sont isolés, peuvent détruire l’espoir d’une personne plus sensible. On y voit aussi un même genre de climat d’école qui refuse l’originalité et incite au conformisme. Il vaut mieux être pareil que les autres pour ne pas se faire détester.

Contrairement à 13 reasons why, par contre, ici, on a aussi une grande place faite au monde des adultes à travers le désespoir de Jean-Renaud et Camille. Un monde pourtant pas si différent de celui des adolescents.

Tout le monde s’espionne, tout le monde se juge et tout le monde doit rester banal sous peine de se faire cataloguer de fou.

Bref, un livre qui ne montre pas le beau côté de la société, mais qui fait assurément réfléchir. Dernièrement, quels livres que vous avez lus vous ont poussés à la réflexion?

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Le fil rouge; Le fil rouge lit; Bibliothérapie; Littérature; Lecture; Livres; Les livres qui font du bien; Marguerite Duras; Un barrage contre le Pacifique; Auto-fiction, Canicule; Lecture d'été

Pourquoi lire Marguerite Duras l’été

Vous avez sûrement déjà entendu parler du concept de « lecture d’été ». Généralement, ce sont des lectures légères pour se détendre en profitant du soleil. Rien de compliqué, pas besoin de se torturer les méninges, un livre que l’on peut prendre entre deux saucettes dans la piscine sans jamais vraiment perdre le fil. C’est un concept intéressant, on a tous besoin de mettre notre cerveau à « off » de temps à autre. Toutefois, je vous propose une version un peu différente de la lecture d’été, aujourd’hui, quelque chose de plus immersif : lire du Marguerite Duras en pleine canicule!

On s’entend, il n’y a rien de simple et de léger dans un roman de Marguerite Duras. Cependant, ses livres se déroulent très souvent en Indochine française où il fait chaud et humide. Lire un Duras pendant la canicule permet une expérience immersive totale. Il n’y a pas de meilleure façon de comprendre la détresse des personnages qu’en souffrant nous-mêmes de la chaleur au moment de notre lecture. Je ne me suis jamais sentie aussi proche de ces personnages que lorsque l’humidité m’écrasait et que chaque mouvement demandait un effort particulier.

Un barrage contre le Pacifique

Ce roman se déroule en Cochinchine, sur le bord du Pacifique. En réalité, c’est la mer de Chine, mais la mère préfère dire que c’est l’océan Pacifique. Il y a déjà six ans, la mère a acheté une concession au cadastre, dans le but de s’enrichir par la production de riz. Elle s’est donc installée sur sa nouvelle terre avec ses deux enfants, Joseph et Suzanne. Malheureusement, rien ne pousse sur ces terres, qui sont chaque année brûlées par le sel apporté par la grande marée. La mère tentera de construire des barrages, pour empêcher les grandes marées de venir brûler ses récoltes. À la première marée, les barrages s’effondrent et il ne restera plus aucun espoir pour la famille. À la suite de cet échec, on suit l’histoire de la famille pour qui le seul espoir est que la fille fasse un bon mariage. C’est la fin de l’enfance qui est décrite et vécue à travers ce roman.

Le génie de l’autofiction

Marguerite Duras fut une autrice très productive. Au cours de sa longue carrière, elle a écrit des dizaines de romans et presque autant de pièces de théâtre et a publié plusieurs recueils de nouvelles. Elle aurait déclaré un jour : « Même morte, je peux encore écrire! » Avec le temps, Marguerite Duras a développé un style bien particulier, avec une ponctuation abondante, qui donne une sensation d’essoufflement, qui coupe constamment le rythme. Le manque de fluidité du récit ajoute à la détresse des personnages, au sentiment « il n’y a pas d’issue », que seule la chaleur restera à la fin.

Marguerite Duras utilise aussi sa propre vie comme une importante source d’inspiration, notamment en situant nombre de ses récits en Indochine, où elle est née et a grandi. Elle prête aussi des éléments de sa vie personnelle à ses personnages, sans jamais véritablement raconter sa vie ni écrire sa biographie. C’est un savant mélange entre réalité et fiction. Il y a suffisamment d’éléments biographiques (et donc véridiques) pour que l’on puisse reconnaître l’autrice à travers le personnage principal, mais il y a aussi de nombreux éléments qui ne concordent pas avec la réalité. La frontière est brouillée, il faut accepter le jeu. Tout n’est pas vraiment arrivé, mais tout est directement inspiré de faits vécus. C’est le génie du style de Duras, les éléments vrais et faux sont si habilement mélangés qu’il est impossible de les distinguer.

Une chose est certaine, il faisait chaud et humide et l’autrice réussit parfaitement à faire revivre cette atmosphère! Avez-vous un roman qui demande d’être lu dans un contexte particulier pour pouvoir le vivre pleinement?

S’habiller avec éthique : deux suggestions de lecture

 

 

La suggestion de Martine

S’habiller avec éthique, guide pratique pour une garde-robe responsable

Dès sa parution, j’ai voulu recevoir en service de presse ce guide publié aux éditions Pyramyd. Ce guide est dirigé par Redress, une ONG environnementale qui tente de réduire les pertes dans l’industrie de la mode.

C’est un sujet qui m’intéresse beaucoup et je dois dire que c’est en partie grâce au visionnement du documentaire The True Cost que j’ai visionné en 2015, j’en ai d’ailleurs parlé juste ici. Et je ne peux que vous le recommander si vous aimez la mode, mais êtes de plus en plus consciente de l’importance de faire des choix éthiques et écologiques.

Dans ce guide des plus colorés et jolis, j’ai appris beaucoup et j’ai été convaincue de l’importance des petits gestes qu’on peut faire quotidiennement pour révolutionner une industrie. Il n’en reste qu’à nous, consommateurs, de changer les choses. On peut d’ailleurs déjà le voir, l’arrivée d’une nouvelle génération d’acheteurs soucieux de l’environnement, de la planète et des animaux, crée de plus en plus d’entreprises qui mettent au cœur de leurs valeurs l’éthique.

Divisé en quatre parties, ce guide est garni de statistiques concernant l’industrie du vêtement. Saviez-vous qu’un seul jean demande environ 3625 litres d’eau? Connaissez-vous les tissus les plus écoresponsables? Ce sont des réponses qui se trouvent dans ce guide que j’ai personnellement beaucoup aimé. J’y ai trouvé des informations essentielles qu’on aborde très rarement et surtout des moyens faciles et accessibles de révolutionner simplement ma garde-robe. Que ce soit en choisissant d’acheter local et éthique ou en achetant seconde main, jusqu’à faire sécher ses vêtements au soleil, les petits gestes comptent et c’est à nous de les réaliser.

– ACHETEZ

Dans ce chapitre, les auteures nous expliquent les conséquences environnementales et humaines (car n’oublions pas qu’il y a des êtres humains qui souffrent aussi de nos achats au Forever 21) de l’achat de vêtements qui viennent de l’industrie. Elles nous expliquent aussi quoi acheter pour avoir une garde-robe simple, mais qui ne manquera de rien. Cette garde-robe pourra donc durer des années sans être renouvelée. Elles abordent aussi les fibres et les textiles pour nous faire comprendre l’importance de choisir des tissus durables!

Acheter mieux et moins, c’est un peu le mantra de ce premier chapitre. Je vous invite donc à jeter un coup d’œil sur ce défi qui peut bien vous aider à changer vos mauvaises habitudes. J’ai fait le 333 project et j’ai vraiment pris conscience que je portais toujours la même chose et qu’on n’a pas besoin de tant de vêtements pour se créer une garde-robe à notre image.

– PORTEZ

Dans ce chapitre, les auteures donnent des conseils pour porter ses vêtements plus longtemps et pour faire des choix responsables en magasinant. Le guide est aussi composé de pages où une personne influente dans le milieu du vêtement nous partage ses trucs, ses marques préférées, pour parvenir à une garde-robe plus responsable. J’ai fait de belles découvertes dans ces pages!

– ENTRETENEZ

Ça peut sembler banal, mais le simple geste d’entretenir ses habits pendant des années ne participe pas au cycle continuel de la dépense. Elles nous donnent des conseils pour conserver nos vêtements en bon état plus longtemps. C’est aussi dans ce chapitre qu’elles expliquent comment laver ses vêtements sans les abîmer, les sécher, les réparer, etc. Sans doute le chapitre le plus « gros bon sens » du livre, mais tout de même important!

– ÉLIMINEZ

Dans ce dernier chapitre, les auteures terminent en abordant l’importance de donner ou d’échanger les vêtements qu’on ne porte plus ou qui ne nous vont plus. Recyclage! Elles reviennent un peu sur l’idée de départ : l’idée derrière une garde-robe responsable, c’est toujours d’avoir moins que plus. Avoir moins de vêtements, mais qui sont plus éthiques.

Bref, j’ai été conquise par cette lecture qui m’a donné envie de faire encore plus de petits gestes pour modifier mon rapport aux vêtements. En terminant, je vous invite à aller découvrir cette boutique de vêtements québécoise et écoresponsable, Vymoo ! Je compte bien m’offrir une de leurs belles robes bientôt.

La suggestion de Marjorie 

A bunch of pretty things I did not buy de Sarah Lazarovic est un essai graphique plus personnel et axé sur les réflexions écologiques et éthiques de l’auteure et illustratrice. J’ai pris connaissance de ce livre il y a quelques mois, en fouillant le web, et je me suis fortement retenue de l’acheter. Je trouvais ça un peu trop ironique d’acheter un livre portant ce titre tout en sachant que j’essayais de faire attention à mes achats.

C’est par hasard que je suis tombée dessus à la BAnQ. Je l’ai lu, d’une couverture à l’autre, dans l’espace d’un après-midi.

Bien que Lazarovic parle beaucoup de textiles, c’est un petit livre qui parle surtout de consommation, de surconsommation et de possibilités pour ralentir le cycle. Vous n’y trouverez pas beaucoup de statistiques, mais plein d’inspirations. En ce sens, je crois que c’est un magnifique complément à S’habiller avec éthique.

L’auteure et illustratrice propose donc un parcours de vie basé sur sa relation aux choses, teinté de ses réalisations, faux-pas et bons coups. Elle illustre, à travers les années, ses tentatives pour être une consommatrice plus responsable et éthique. C’est fort inspirant de voir que son parcours n’est pas parfait. Ses réflexions, son humour et ses magnifiques illustrations rendent l’œuvre non seulement intéressante, drôle et personnelle, mais c’est aussi déculpabilisant et authentique.

De la mode au design, en passant par le mouvement slow, les gages de qualité textile et l’importance du seconde main, c’est un véritable tour de table parsemé de bon sens, que propose Sarah Lazarovic dans A bunch of pretty things I did not buy. C’est un petit livre auquel on revient sans cesse, ne serait-ce que pour la beauté des illustrations, mais aussi pour les moments d’inspirations.


Le Fil rouge tient à remercier Gabrielle Cauchy chez Dimédia pour le livre S’habiller avec éthique, reçu en service de presse.

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