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An Indoor Kind of Girl, Frankie Barnet

Des mondes précaires et agités : An Indoor Kind of Girl

C’est un tout petit livre d’une couleur parfaite, un vert foncé qui tire sur le bleu. Si on y regarde de plus près, on discerne des miettes de blanc dans le vert, comme une poignée d’étoiles dans un ciel radioactif. Au milieu de la couverture, une tortue s’agite dans un sceau d’eau.

Les cinq nouvelles qui composent An Indoor Kind of Girl sont à l’image du livre-objet : d’un charme contenu, juste assez décalé pour être intéressant.

Portées à la fois par un sens aigu de l’absurde et un humour mélancolique, les histoires de Frankie Barnet sont teintées d’une certaine dissociation d’avec le monde — comme si les personnages existaient en suspension, un peu au-dessus de la réalité. S’y dessinent de petits mondes en soi, précaires et agités.

La nouvelle qui ouvre le livre, Gay for Her, raconte une amitié éclatée en décomposant simultanément plusieurs trames. Celles-ci se parlent et se font écho, dans une construction inventive et fluide, puis mènent toutes à la même fin dévastatrice. Dans Cherry Sun, une femelle cabiai (grand rongeur végétarien semi-aquatique d’Amérique du Sud, selon mon dictionnaire) refuse de s’accoupler, au grand désespoir d’une employée du zoo où l’animal est maintenu en captivité ; dans It Is Often the Beautiful Ones You Have to Watch Out For, Beyoncé, vêtue d’une robe de foudre et de tonnerre, annonce pour un peintre mural le début d’une année de remises en question. Que ces deux histoires se rejoignent pour parler de violence sexuelle témoigne des courants souterrains qui traversent les intrigues de Barnet, de leurs noirceurs furtives.

Les deux dernières nouvelles du recueil sont celles que j’ai préférées : le familier et l’étrange s’y entremêlent, dans une exploration de la perte qui est à la fois déconcertante et juste. La narratrice de What I Was Looking For compose avec la mort de son frère, un emploi dans un centre d’appels qui lui impose une identité new yorkaise, et une infestation de petites tortues. Angela, temporairement serveuse en Australie dans A Plot of Ocean, rencontre le bébé qu’elle n’a pas mené à terme sur une plage de Melbourne. Les deux histoires réussissent à être crève-cœur de façon presque désinvolte, sans que l’auteure fasse autre chose que de presser un doigt léger sur des douleurs émoussées.

Le rythme des phrases de Barnet, son lyrisme contenu par une langue déliée et crue, font de An Indoor Kind of Girl une lecture facile. Tellement facile, en fait, qu’on pourrait glisser trop vite sur les détails qui en construisent la personnalité : l’espièglerie tapie entre les mots, l’atmosphère enveloppante d’errance et d’égarement, l’impression tenace que la vie chancelle dès qu’on arrête de la regarder passer.

À noter que le recueil de Barnet est paru chez Metatron, petite maison d’édition montréalaise qui publie des auteurs émergents en poésie et en fiction. Leurs livres, tous de petits formats qui se glissent bien dans une poche de manteau, font de parfaites lectures de transport en commun. Et leur facture visuelle est invariablement délicieuse. Pour leur site web, c’est juste ici.

Frankie Barnet. An Indoor Kind of Girl. Metatron, 2016, 68 pages.
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Kinfolk: la beauté du monde dans toute sa simplicité

Découverts pour la toute première fois il y a quelques années, les magazines trimestriels  Kinfolk  et volumes du même nom (The Kinfolk home et The Kinfolk table: Recipes for Small Gatherings) sont depuis de véritables incontournables dans ma bibliothèque! L’arrivée d’une nouvelle saison rime désormais avec nouveau volume et il me tarde à chaque fois de découvrir et de relire encore et encore les nouvelles thématiques abordées. Véritable plaisir pour les yeux (les photographies sont absolument sublimes!) et l’esprit (le contenu, le ton et « l’atmosphère » générale qui s’y dégagent me rappellent à plusieurs égards le concept du Hygge), ces ouvrages se distinguent par leur originalité, leur esthétisme et leur créativité. Regard sur ce chef de file du slow living, dont la réputation n’est plus à faire:

La petite histoire

Fondé en 2011 par Nathan Williams (éditeur en chef actuel) et Doug Bischoff, le magazine Kinfolk est un éloge à la lenteur (ou slow living, concept qui met l’accent sur  »le temps pour soi » et la valorisation de ces petits plaisirs que l’on retrouve au sein de notre quotidien) et à un art de vivre centré (entre autres) sur la simplicité. Ainsi, si nous poursuivons sur la logique de ce concept, Kinfolk promeut à la fois les rencontres intimes et chaleureuses entre famille et amis, l’esprit communautaire (par ailleurs, Kinfolk organise mensuellement des rassemblements communautaires, présents un peu partout à travers le globe) et la découverte de toutes ces petites choses qui rendent la vie si belle.

De plus, celui-ci propose également aux lecteurs divers conseils pratiques afin de simplifier certains éléments de la vie quotidienne. De ce fait, Kinfolk aborde cet art de vivre à travers plusieurs sujets, comme la nourriture, l’architecture et le design intérieur, la culture, le travail (le magazine fait régulièrement le portrait d’une personnalité inspirante, et ce dans n’importe quel domaine professionnel) et le divertissement. Le magazine se concentre sur une thématique générale, cette dernière abordée à travers les différents sujets mentionnés ci-dessus (par exemple, le volume 19 explorait le mouvement minimaliste). Les volumes The Kinfolk table et Kinfolk Home  furent par la suite  publiés respectivement en 2013 et 2015.

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(source: Simon & Schuster) 

Appréciation générale 

J’aime:

1. La diversité et la pertinence des sujets traités: tous aussi variés les uns que les autres, les articles se distinguent par la qualité et par la richesse des recherches effectuées. Écrits par de nombreux collaborateurs (ces derniers, présents un peu partout à travers le monde, nous offrent des perspectives/visions différentes sur une même thématique), les magazines sont accessibles et rejoignent ainsi de nombreux lecteurs, et ce selon leurs préférences et champs d’intérêts.

2. L’originalité de certains billets et articles: envie d’en apprendre davantage sur les nuages (oui, oui!), les bienfaits du rire ou l’origine de la chaise? Ces billets fort sympathiques (et très intéressants!) sont de véritables coups de cœur: on ne sait jamais à quoi s’attendre de numéro en numéro!

3. Les portraits et entrevues de certaines personnalités, qu’il s’agisse de designers, illustrateurs, rédacteurs, chefs, patrons (es) d’entreprises, etc.: leur histoire et leur parcours suscitent l’inspiration et le plaisir de découvrir sous un nouvel angle une profession ou une activité quelconque.

4. L’univers scandinave, présent un peu partout au sein des volumes et magazines (par ailleurs, le  »siège social » Kinfolk est basé dans la magnifique ville de Copenhague).

5. L’esthétisme général de ses publications: les magnifiques photos et le travail graphique sont tout simplement remarquables (qui n’a pas envie de vivre dans un univers à la Kinfolk?)

BONUS:  L’absence de publicités (ou du moins elles se font rares). Du contenu, du contenu, que du contenu!

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(source: Home & Garden)  

Coup de cœur: la découverte, la définition et l’explication d’un mot (et ce peu importe la langue), présente dans chacune des publications trimestrielles.

Exemple: mon mot préféré, Gezelligheid (par ailleurs, ce dernier représente à la perfection l’univers du magazine et des volumes en général), découvert dans le volume 14:

« Gezellingheid is at the core of Dutch culture. It’s an atmosphere, a vibe, a serendipitous togetherness, an aesthetic, a relaxed mood, a feeling of flow, a sense of belonging. No matter where you are or what you’re doing, it describes the sensation of being at home. You’ll find it where the coffee is hot, the beer is cold and a fire is roaring. USE: Gezelligheid captures the feeling of being in a bookshop on a rainy afternoon, the low-key jubilance of Friday evening drinks on the couch or a lantern-lit front porch. To describe a person, place or gathering that has gezelligheid, use the adjective gezelling. It’s gezelling to hang out with an old friend you haven’t seen for a while. And fresh flowers or lit candles on a windowsill are also gezelling. »

Si vous aimez le genre de publications à la Kinfolk (telle que sa congénère, le Cereal: travel & Style, par exemple), quels sont les aspects de ces magazines/ouvrages qui vous inspirent? Avez-vous des titres coup de cœurs?

*Petite note: l’illustration est une réalisation d’Élodie Trudel, étudiante en graphisme à Montréal. Pour jeter un œil sur son univers, ses illustrations et photographies (charmantes et super jolies!), c’est par ici: instagram.com/oh.elo 

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Le prix de la chose ou comment les femmes ont repris le contrôle sur leur corps

Le prix de la chose, le premier roman de Joseph Elfassi, nous propose une fable féministe qui aborde entre autres les thèmes du sexe et de l’argent, de l’iniquité homme-femme, de la culture du viol et de la notion de consentement sexuel.

Louis, obsédé par le sexe, se retrouve frustré et désemparé face aux actions d’un nouveau mouvement révolutionnaire nommé F. qui engage les femmes – copines, maîtresses, épouses ou amantes d’un soir – à demander une rémunération pour chaque relation sexuelle avec un homme afin de reprendre le contrôle sur leur vie et sur leur corps.

Nous ne baisons pas pour de l’argent. Nous éliminons la prostitution en rendant le principe universel.

C’est dans un contexte de science-fiction que l’auteur dresse le portrait d’une société où les femmes font massivement preuve de solidarité entre elles. Elles se fâchent enfin. Plusieurs femmes se rassemblent pour une cause noble : la leur. Les chercheuses se concentrent maintenant sur les femmes qui étaient jusqu’à ce moment moins prises en considération que les hommes. Le viol est contré par des avancées scientifiques et de sérieuses précautions sont prises : tous les rapports sexuels des membres de F. sont enregistrés, documentés et facturés. À travers ces changements sociétaux drastiques, en plus des grandes avancées scientifiques, on assiste aux réactions de la population et au (triste et prévisible) traitement de la nouvelle de la part des médias.

Dans les médias masculins, on parle d’une épidémie de suicides. On pleure les jeunes hommes qui partent. On stipule qu’on ne sait rien sur la cause précise de leurs trépas, mais on avance souvent que c’est peut-être à cause du caractère dépravé du nouveau monde dans lequel on vit. On dit que les hommes n’en peuvent plus. Qu’ils s’enlèvent la vie parce qu’il ne reste plus de raison de vivre si l’amour a disparu. On chante leur perte comme la mort même de l’amour.

Le roman est court et se lit facilement. L’idée est forte et j’aurais aimé la voir développée davantage. Il aurait été intéressant de connaître les impacts d’une telle révolution encore plus en profondeur. Je ne me suis pas attachée au personnage principal qui se veut plutôt quelconque; c’est davantage l’histoire, assez inusitée, mais au propos inéluctable et d’actualité, qui m’a accrochée au livre. En fait, je dirais que cette société imaginée est un personnage en soi.

Ce roman au propos intelligent nous laisse sur un questionnement nécessaire par rapport au statut des femmes. Bien que Le prix de la chose se lise rapidement, il se réfléchit longuement.

Le fil rouge remercie Groupe Librex pour le roman.
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ray bradbury - fahreneith 451

Découvrir des classiques : Fahrenheit 451

Fahrenheit 451 fut ma première lecture de 2017. Non, je ne l’avais jamais lu au cégep. Je me rappelle plutôt de The Catcher in the Rye et de Brave New World dans mes cours d’anglais, mais il ne fut jamais question du classique américain de Ray Bradbury.

J’en avais entendu parler maintes fois, sans jamais vraiment m’y attarder, ayant toujours un livre plus tentant dans ma p.a.l. J’ai finalement décidé de m’y plonger il y a quelques semaines et j’ai bien apprécié ma lecture. Je comprends que c’est le type de livre qu’on peut faire lire à un groupe de cégépiens et, pourtant, je ne me suis pas sentie prise dans l’un de ces romans que je me forçais parfois à lire lors de cours obligatoire.

Je n’ai pas eu la flagrante impression de me retrouver dans un roman de science-fiction comme l’aurait eu quelqu’un l’ayant lu à sa parution en 1953. Sans que notre société ressemble entièrement à celle dépeinte dans le livre, elle lui ressemble certainement plus qu’il y a 70 ans de cela. Je crois que c’est l’une des choses qui m’a le plus fascinée lors de ma lecture. L’imaginaire que je me suis construit lors de ma lecture est fort probablement bien loin de celui que Bradbury avait en tête lors de l’écriture, et pourtant ça marche toujours aussi bien.

Dans ce monde futuriste où l’on brûle les livres et où les distractions sont la priorité, le pompier Guy Montag lutte, en vain, contre sa curiosité pour les livres, et finit par se retourner contre la société dans laquelle il vit. Outre la symbolique qui se cache partout dans ce livre, outre la flagrante violence qui se trouve derrière l’acte de brûler tous les livres, c’est la colère de Montag qui m’a vraiment marquée lors de ma lecture.

L’idée d’émotions refoulées dont plusieurs, dont Montag, semblent souffrir dans cette société est présentée, mélangée à cette culture du divertissement ne laissant aucune place à la réflexion ou à la contemplation, où les mots sont remplacés par les images et où personne ne semble se soucier de ce qui se passe réellement en eux. Il y a de quoi développer de la colère refoulée. Ces frustrations sous-jacentes sont présentes partout dans le livre, que ce soit la tentative de suicide oubliée de la femme de Montag ou bien la disparition soudaine de la petite voisine qui prend le temps de se poser des questions. Tout est construit sur une couche d’émotions refoulées. Un peu comme au moment où Montag ne comprend pas pourquoi il vole des livres, accusant ses propres mains, comme si quelque chose d’inconscient le guidait. Cette image est, à mon avis, représentative de cette constante frustration qui erre dans le roman.

Fahrenheit 451 est encore d’actualité aujourd’hui, car il semble se rapprocher de plus en plus d’une certaine réalité. Même si les livres sont encore bien présents — et pas près de disparaître — toute l’idée de constantes distractions ainsi que celle de la constante surveillance sont de plus en plus ancrées dans l’imaginaire — et la réalité — de notre société.

À lire, que vous soyez au cégep ou pas, pour tous ceux qui veulent réfléchir un peu à l’importance et à l’impact des livres.

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Féminisme et végétarisme

J’ai d’abord été drôlement interpellée par la couverture un peu rétro de La politique sexuelle de la viande. C’est ensuite son sous-titre qui m’a convaincue de le prendre sur la tablette de la bibliothèque : Une théorie critique féministe végétarienne. Je trouvais cela à la fois tiré par les cheveux et un peu prétentieux, bien que je me considère comme féministe et que le végétarisme occupe une grande place dans ma vie. J’étais très curieuse de savoir comment les deux pensées pouvaient se retrouver dans un ouvrage (très épais d’ailleurs)…

Présentation

L’essai The Sexual Politics of Meat : A Feminist-Vegetarian Critical Theory a été publié pour la première fois en 1990, aux États-Unis. Ce fut un grand succès immédiatement. Il a été réédité dix ans plus tard, puis un autre dix ans après. Déjà traduit en allemand, en portugais et en coréen, ce n’est que cette année (2016) qu’une version française a vu le jour.

L’auteure Carol J. Adams fait le rapprochement entre les revendications des mouvements féministes et des regroupements végétariens. Mais plus encore, elle étale de nombreuses références culturelles, actuelles, comme datant de plusieurs siècles, qui ont formé notre esprit à croire que la viande, signe suprême de la virilité et de la puissance physique, revenait de droit à l’homme, blanc de surcroit. Elle était bien consciente qu’une telle théorie féministe-végétarienne allait faire jaser, mais surtout être démentie par les plus fervent.e.s mangeur.se.s de viande. C’est pourquoi elle a longuement pensé ses écrits, elle a fait beaucoup de recherches dans ce qu’elle appelle la littérature de la viande et elle s’est intéressée aux réactions des gens à qui elle en parlait, tant à des groupes végétariens qu’à des féministes extrémistes qui consommaient de la chair, qu’à des militants pour toutes sortes de causes, végétariens ou non.

Impressions

J’ai d’abord été sceptique à la lecture des premières pages. C’est que, comme il s’agit de la traduction d’une réédition de réédition, il y avait de nombreuses préfaces : préface à la traduction française par Élise Desaulnier, préface du vingtième anniversaire, préface du dixième anniversaire, préfaces d’origine de l’auteure et de Nellie McKay. Chaque préface répétait plus ou moins la même chose et j’ai commencé à trouver ça lourd. Mais j’ai continué ma lecture, curieuse d’en apprendre plus sur la fameuse littérature de la viande.

J’ai finalement été satisfaite de ce qui m’était proposé. Il faut dire que j’adore lire à propos d’écrits importants sans avoir à les lire moi-même et ainsi recevoir uniquement les informations pertinentes. J’ai donc été servie : Carol J. Adams étale un nombre très impressionnant de références littéraires, toutes pertinentes pour sa revendication. Chaque extrait, pris individuellement, ne m’aurait pas particulièrement mis la puce à l’oreille quant à l’influence carnivore qu’il exerce sur le lecteur. Mais tous rassemblés ainsi et commentés par l’auteure, on réalise l’ampleur des dégâts.

Interprétation

Non seulement la consommation de chair animale nous est-elle normale, elle est considérée comme nécessaire par une très grande majorité de la population. Encore plus, surtout en temps de guerre ou de grande dépression, la viande est considérée comme nécessaire à l’homme. Lorsque les portions sont rationnées, la protéine animale est réservée aux hommes et les femmes se contentent de légumes. Dans une société évoluée moderne, l’homme végétarien est considéré comme moins viril, plus efféminé. Encore aujourd’hui, malgré les recherches qui affluent contre cette idée, la viande est estimée par plusieurs comme seul et unique apport en protéine.

On ne peut en vouloir à personne, sinon à tout le monde. L’impression de virilité qui découle de la nutrition carnée est une idée ancrée dans nos esprits depuis les débuts de l’ère actuelle. Autant les publicités télévisées nous convainquent que les vrais hommes mangent du steak, autant les ouvrages d’il y a un siècle réservaient la nourriture végétale à leurs personnages féminins faibles et sans convictions.

Carol J. Adams donne entre autres l’exemple de la Créature de Frankeinsten dans le roman de Mary Shelley, invention vivante à l’apparence monstrueuse qui doit prouver sa gentillesse. La Créature, accusée injustement de meurtre et que l’on sait profondément aimante, est… végétarienne. N’est-ce pas incroyable que le roman, connu mondialement et encore aujourd’hui lu à des fins de recherches et d’analyses sur une foule de sujets, ne soit presque jamais interprété d’après ce détail? Il a bien sûr fait l’objet de quelques études, mais c’est rarement ce qui ressort de cette lecture classique.

C’est que l’association viande = puissance et légume = fragilité est si présente partout et tout le temps qu’on n’y porte aucune attention. Il a fallu un bouquin de presque 360 pages pour me le faire réaliser, alors que je suis confrontée à cette vision presque quotidiennement. Cette vision de l’alimentation peut effectivement être considérée comme patriarcale. Le lien entre le végétarisme et le féminisme n’est pas si difficile à accepter, mais encore faut-il ouvrir les yeux sur ce problème.

Je suis donc plutôt satisfaite de ma découverte et je m’avoue déçue qu’une version française mette tant de temps à arriver. Mais le sujet est, malheureusement, encore d’actualité et les propos de l’auteure font encore réfléchir à la société dans laquelle nous évoluons. Ouvrage très dense, La politique sexuelle de la viande ne se veut pas une élaboration de théories féministes destructrices qui veulent la mort de la consommation patriarcale de la chair animale, comme je le croyais au départ, mais bien une présentation de la culture carnivore et des perceptions à déconstruire pour cesser l’exploitation d’espèces considérées comme plus faibles.

Lorsqu’on cessera de diviser le cadavre animal de sa chair consommée, peut-être cesserons-nous également de séparer l’identité féminine de son corps sexué.

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Les Moomins : un coup de foudre finlandais

Une des émissions pour enfants à avoir le plus marqué mon imaginaire fut les Moomins. Quand j’étais petite, je n’étais pas tellement une enfant qui aimait être vissée devant la télévision : je préférais de loin regarder des livres ou jouer à des jeux de rôles avec mes amis et ma famille. J’avais une imagination plutôt débordante (pour le meilleur et pour le pire) et un sérieux presque adulte dans mes mises en scène. Cette famille d’hippopotames blancs finlandais et leurs amis m’ont séduite par leur singularité, et par le fait que les morales qui résonnaient dans leurs histoires n’infantilisaient jamais le public. Là où la majorité des séries pour enfants misaient sur le grotesque, les Moomins, eux, misaient sur la philosophie.

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Le grand cahier d’Agota Kristof

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La trilogie des jumeaux, zoom sur Le grand Cahier

 

« Un roman magnifique sur le déracinement, la séparation,

l’identité perdue et les destins brisés dans l’étau totalitaire. »

L’Express

Agota Kristof, auteure hongroise décédée en 2011, fût romancière, poétesse, écrivaine et dramaturge. Elle écrivit la plupart de ses œuvres en français, sa deuxième langue, qu’elle considérait comme une langue « ennemie ». Le grand cahier fait partie de la Trilogie des jumeaux.

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Résumé qui peut sembler banal

Deux jumeaux, Klauss et Lucas, sont déposés bien contre leur volonté chez leur grand-mère (qui fait passer la mère d’Aurore comme une biche) parce que la guerre qui sévit force leur mère à prendre cette difficile décision. Instinct de survie oblige. Ils tenteront de survivre à cette femme immonde, au froid, à la faim et à cette cruelle réalité dans laquelle ils sont forcés d’évoluer. Ils amorcent cette auto-analyse/éducation de leurs apprentissages, tant monstrueux que fascinants, ils rejettent les valeurs apprises et la morale pour créer leur propre système de fonctionnement.

Aucuns lieux communs

L’écriture de Kristof est froide, factuelle, cinglante, analytique, témoin objectif de ces deux (très) jeunes garçons. Les chapitres sont courts, concis, rapides, parfois quelques pointes d’humour noir s’y glissant, aucune phrase n’y est superflue. Je me suis trouvée à parfois lire les yeux mi-clos tant quelques scènes étaient pour moi abjectes. C’est totalement déroutant au début, aucun lieu commun pour prendre ses repères. J’ai adoré cette impression de perdre pied lorsqu’on amorce la lecture à l’entrée dans ce monde… bouleversant. N’est-ce pas là les caractéristiques de toute guerre? Cruelle, perverse, abjecte, brutale, intransigeante, incompréhensible et sadique ?

Quel cadeau !

J’ai reçu en cadeau  « La trilogie des jumeaux » par un ami cher, affichant un sourire fier et l’air insistant, me disant que je devais découvrir cette œuvre. Livre rouge écarlate, une bonne brique (j’ai eu la chance d’avoir la trilogie, mais vous verrez, vous irez courir chercher les tomes suivants quand vous refermerez le grand cahier), n’ayant jamais entendu parler de cette auteure. Je me plongeai dans le grand cahier avec beaucoup de candeur, d’innocence… le réveil fut, disons, brutal!

Beaucoup de critiques lui ont reproché le coté sadique. Je vous assure, rien n’est gratuit ou ajouté par voyeurisme. Tout est… essentiel. Pervers et troublant, mais essentiel. Les jumeaux, toujours identifiés en « nous » ne formant qu’une seule masse, évoluant tant bien que mal dans cette guerre non identifiée, dans ce pays non existant. J’ai beaucoup aimé que l’auteure n’identifie pas clairement les lieux, même s’il est aisé de faire le lien avec la réalité de l’auteure.

Les fils de chienne

Premier des nombreux petits noms affectueux (!) que grand-maman leur donne entre deux taloches et une longue liste de tâches à réaliser, les jumeaux fusionnels arrivent dans une réalité qui leur était jusque-là étrangère.

« Mais il y a les mots anciens.

Notre mère nous disait: mes chéris, mes amours, mon bonheur, mes petits bébés adorés…

Quand nous nous rappelons ces mots, nos yeux se remplissent de larmes.

Ces mots, nous devons les oublier parce qu’à présent,

personne ne nous dit des mots semblables et parce que le souvenir

que nous en avons est une charge trop lourde à porter. » (page 27)

 

Ils développeront au fil de l’histoire leurs propres méthodes pour s’endurcir s’ils veulent survivre. Ils cessent de demander, ils cessent de jouer. Tout est impératif, détachement et test ultime.

Tout y passe, annihiler la capacité de rêver, d’imaginer, anesthésier l’émotivité ainsi que, bien sûr, la destruction de tous les liens possibles. Le lecteur est témoin de leur ascension hors d’eux-mêmes, hors de leur humanité, de leur processus de désensibilisation qui fait d’eux autre chose que les enfants qu’ils sont.

Tu es faible ? Tu crèves.

Les développements toujours plus intenses, dans les diversifications des entraînements des gamins mènent invariablement aux pires comportements; dépravation, bestialité, banalisation des pires horreurs, interactions toujours de plus en plus rêches, catalogue de déviants sexuels (les adultes autour les enfonçant encore plus), servante urophile, la petite voisine initiée à la zoophilie… Les jumeaux ne sont pas attachants, mais impossible de ne pas continuer la lecture. Jusqu’où l’auteure ira t-elle? Est-ce qu’immanquablement la guerre produit des humains comme ceux-ci? Est-ce que le contexte les entourant peut justifier tout? L’auteure propose une vision bien cynique de l’auto-éducation. Est-ce la vie qui rend l’humain mauvais? L’éternelle question.

Mais tu dois poursuivre l’aventure

Ce livre n’est pas seulement l’étalage de sombres et scandaleux comportements; à la toute fin du grand cahier, vous vous sentirez obligés de dévorer les suites. Je ne vendrai pas de punch, mais vraiment, la grande finale est plus que renversante, époustouflante, à couper le souffle ! Vous ne regretterez pas, promis, promis.

La grand-mère se limant les griffes, jouissant de ce pouvoir véreux exercé sans honte, des jumeaux se préparant à la vie dure et sans pitié, des phrases qui claquent, fortes, froides, une écriture addictive, cette œuvre est sans contredit un point marquant dans ma découverte d’auteures coup de foudre. Ah… Ai-je mentionné qu’en France, Le grand cahier fait partie des lectures au curriculum des ados à l’école ? Allez… plongez… vous ne le regretterez pas !

Quelques adaptations

De loin pour moi la plus près des émotions que j’ai pu ressentir à la lecture de ce chef-d’œuvre, le film Hongrois de Jànos Szàsz, « Nagy Fuzet » dans son titre original,  gagnant de plusieurs prix et distinctions. Vous pouvez visionner la bande-annonce ici.

En 2012, présentée au théâtre Outremont avec Olivier Morin et Renaud Lacelle-Bourdon, adaptée par Catherine Vidal, une superbe pièce. Je m’en mords encore les doigts de n’avoir pu me procurer des billets à temps ! Voici quelques souvenirs ici.

Bonne lecture !

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Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, un livre de croissance personnelle déguisé

Les dernières semaines ont apporté leur lot de hauts et de bas. J’ai décidé de quitter un emploi qui me rendait malheureuse et de prendre du temps pour moi, ce qui n’est presque jamais arrivé auparavant. À l’approche du temps des fêtes et de toute la tornade qu’il apporte, je me sentais étouffée et dépassée par bien des événements. J’ai même arrêté de lire! Dans cette remise en question personnelle et ces périodes de doute, j’ai cherché des ouvrages qui auraient pu m’aider et éclairer ma route.

En fouillant dans la bibliothèque virtuelle de la BanQ, je suis tombée sur Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, de Raphaëlle Giordano, auteure française. Il s’agit d’un roman de 182 pages, publié aux éditions Édito en octobre 2015. Raphaëlle Giordano est écrivaine, coach en créativité et en développement personnel, elle utilise ses expériences de travail pour aider les gens à transformer leur vie et les aider à atteindre le bonheur. Elle travaille sur sa propre méthode, la routinologie, et base la majorité de son travail sur ce concept. Selon elle, il faut être capable de sortir de sa routine pour atteindre pleinement le bonheur et avoir confiance en soi. Plusieurs publications de croissance personnelle ont déjà été publiés à son nom, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une est son premier roman.


L’histoire

Dans ce récit, Camille (oui, c’était étrange de lire un roman avec son nom comme personnage principal) rencontre Claude, un routinologue, aussi connu sous le nom de spécialiste des routines, qui aide à réenchanter le quotidien. Claude entreprend alors une thérapie avec Camille, qui se traduit en une série de leçons des plus loufoques et amusantes, d’une facilité presque aberrante. Cela donne envie de se prêter soi-même au jeu, ce qui est, selon moi, l’un des buts de l’auteure. Il ne s’agit pas d’une recette miracle, mais bien de petites activités que tous peuvent mettre en pratique au jour le jour. Par exemple: jeter tout objet qui ne nous apporte pas de bonheur pour désengorger notre maison, faire la liste de ce que nous aimerions accomplir d’ici la prochaine année, ou encore tenir un carnet du bonheur, dans lequel nous inscrivons tout ce qui illumine notre journée.

Tout au long de l’histoire, Camille apprend à se redécouvrir et à apprécier la beauté du monde qui l’entoure, tout en reprenant contact avec son fils et son mari. Bien sur, c’est une histoire assez égale au niveau de son déroulement: Camille a une baisse de confiance en elle et en ses capacités et Claude est là pour lui prouver que tout est possible. C’est le genre de roman qui vise à nous inculquer une leçon de vie plutôt que de nous faire voyager dans un autre univers.

C’est à lire avec un grain de sel, car même s’il s’agit d’un roman, c’est en fait un livre de croissance personnelle déguisé. La description froide et directe des diverses leçons de Claude brise souvent le rythme de l’histoire et ralentit le dialogue. D’ailleurs, ce roman est composé à environ 75% de dialogues, c’est dommage, car il prend place dans la merveilleuse ville de Paris et j’aurais aimé plus ressentir le côté enchanteur et magique des lieux. L’écriture est simple, directe. Les mots sont ce qu’ils sont et transmettent efficacement le message qui se cache derrière l’histoire: voici les étapes à suivre pour trouver le bonheur.

Les personnages

Les personnages sont plutôt unidimensionnels: Camille joue bien le rôle de la femme dans la quarantaine, qui se trouve trop grosse et qui passe son temps à se dénigrer. Elle se remet sans cesse en question et, malgré que ce soit son personnage, ça en devient parfois agaçant de la voir se détester ainsi. Pourquoi est-ce encore typiquement féminin de se trouver trop grosse, ou de devoir sacrifier sa carrière pour élever ses enfants? Dans ce roman, l’un des principaux objectifs de Camille est de perdre quatre kilos et d’accepter d’avoir pris un emploi à temps partiel pour élever son fils. Il est encore question d’un scénario impliquant une femme incapable de trouver le bonheur, qui sera guidée par un homme pour parvenir à s’accepter et à s’aimer. Je ne sais pas si l’auteure a volontairement choisi un homme comme intervenant, mais aurait-ce été plus rafraîchissant de choisir quelque chose de différent? Ce roman n’est pas nécessairement anti-féministe, mais certains clichés et paradigmes pourraient irriter certains lecteurs.

Claude est également un énergumène particulier, attachant, avec une pointe d’excentrisme. Toujours disponible au téléphone et capable de calmer instantanément la moindre angoisse de sa patiente préférée, il incarne parfaitement le genre de psychologue alternatif, avec une pointe de savant fou. Ses conseils sont parfois purement tirés de la psycho-pop, comme: nous sommes ce que nous nous répétons sans cesse, ou encore, ce n’est pas à moi de croire que vous pouvez changer, mais bien à vous et seulement vous! Encore une fois, on n’a malheureusement pas réinventé la roue avec ce personnage.

Finalement, ai-je trouvé le bonheur?

Personnellement, ce livre tombait bien dans ma vie. J’ai pu mettre en pratique certaines leçons, comme donner une partie de mes biens jugés superflus à la guignolée et faire la liste de ce que j’aimerais accomplir en 2017. Je ne crois pas avoir parfaitement trouvé un équilibre et le genre de Nivrana que décrit Claude. J’ai encore mes bibittes, comme on dit! Toutefois, je crois avoir réussi à développer un genre de radar à petits bonheurs, me permettant d’apprécier au quotidien une multitude de détails. J’ai apprécié que ce livre me rappelle qu’il suffit de peu pour être heureuse, sans me faire culpabiliser ou me demander de changer du tout au tout.

C’est un roman à lire avant de se coucher, qui nous aide à entreprendre un travail d’introspection et nous indique diverses pistes de solutions. Il nous marquera tous d’une manière différente, dépendant de notre personnalité, notre vécu, etc. Il y a des choses à prendre et d’autres à laisser, mais je crois que tout le monde peut y trouver son compte. C’est léger, plein d’espoir et de positivisme!

Et vous? Quel est votre truc pour trouver le bonheur au quotidien? Croyez-vous qu’il existe une formule magique?


Pour lire la critique de notre collaboratrice Caroline au sujet de ce livre, c’est ICI.

Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent : Un projet culotté

Durant les vacances de Noël, je m’étais réservé à lire Les culottées de Pénélope Bagieu. J’attendais ce livre depuis vraiment longtemps et je n’ai fort heureusement pas été déçue. Des portraits de femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, ça m’attire beaucoup.

Pénélope Bagieu est une bédéiste française que j’adore. J’aime sa personnalité, sa façon de parler de littérature, et pour être tout à fait honnête, elle est une des figures qui m’a donné envie, à mon tour, de faire de la critique littéraire (et de créer Le Fil rouge) de façon accessible et légère. Vous pouvez l’entendre sur le site Madmoizelle où elle fait des chroniques BD. Quant à son art, il est aussi rafraichissant, drôle et engagé. Laurence avait d’ailleurs fait un article au sujet de son oeuvre, juste ici.

Avec Les culottées, Bagieu se lance dans une de ses oeuvres les plus engagées et féministes. Elle se donne le défi de nous faire découvrir des femmes exceptionnelles, trop souvent absentes de nos cours d’histoire. Elle nous raconte la vie de 15 femmes qui n’ont pas marqué l’histoire (contrairement à beaucoup d’hommes vraiment moins exceptionnels!) et qui pourtant sont admirables, fortes et souvent très en avance sur leur temps.

C’est grâce à ce bouquin que j’ai fait la découverte de Joséphine Baker et de Leymah Gbowee, deux femmes complètement incroyables que je veux apprendre à connaitre davantage. Les femmes sélectionnées par Bagieu ne viennent pas des mêmes époques et encore moins des mêmes pays. Ainsi, on y découvre la femme qui a inventé le maillot de bain féminin, une gynécologue de l’antiquité, une femme à barbe assumée, bref les récits sont divers et pertinents. Ces femmes m’ont touchée, m’ont fait frémir de fierté en les lisant, j’aurais tellement aimé les découvrir dans mes cours d’histoire ou du moins en avoir entendu parler dans l’imaginaire collectif. Je suis fort reconnaissante envers Pénélope pour ce travail de recherche et de tri, qui n’a pas dû être facile, tellement il doit exister de femmes exceptionnelles oubliées…

Les 15 portraits offerts par Pénélope sont illustrés avec brio et humour, comme à son habitude. L’objet en tant que tel est vraiment joli, coloré et donne envie de tout lire en une seule fois. Le livre turquoise, avec ses pages épaisses et de qualité, donne envie d’être feuilleté et oublié sur une table à café, histoire de se replonger dans des destins plus grands que nature, inspirants et franchement culottés!

Je me réjouis en sachant qu’un deuxième tome se prépare, car j’avais envie en refermant la bande dessinée de continuer à découvrir des portraits de femmes inspirantes et effacées. Toutes mes félicitations à Pénélope Bagieu pour ce vrai bijou qu’est Les culottées et pour toute la recherche historique qu’a dû demander ce projet.
culooooEt vous, quelles femmes auriez-vous ajoutées à cette belle liste de culottées?

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31 jours de bibliothérapie : l’intégrale

En décembre, nous vous avions offert, tout au courant du mois, 31 thématiques et une multitude de suggestions littéraires. Puisque 31 jours de bibliothérapie semble avoir été bien populaire, nous avons décidé d’en faire le récapitulatif, dans un simple article, question que vous puissiez vous y retrouver plus facilement.

Vous n’avez qu’à cliquer sur le lien de chaque jour pour retrouver l’article et les suggestions littéraires qui y sont rattachés.

  1. Pour se plonger dans l’esprit des fêtes
  2. Pour revivre l’innocence des enfants
  3. Pour se réconforter après une mauvaise journée
  4. Pour aider à vivre un deuil, quel qu’il soit
  5. Pour faire le point sur notre vie
  6. Pour surmonter ses peurs, ou du moins essayer
  7. Pour quand vous avez envie de tout abandonner
  8. Pour grandir
  9. Pour les jours où l’anxiété prend le dessus
  10. Pour prendre le temps d’être, tout simplement
  11. Pour soigner les coeurs brisés
  12. Pour se calmer après une période stressante
  13. Pour voyager un peu, sans quitter son lit
  14. Pour trouver un sens à sa vie
  15. Pour s’accepter, un peu plus
  16. Pour se laisser inspirer
  17. Pour apprendre à aimer passer du temps avec soi-même
  18. Pour être dérangé
  19. Pour célébrer le pouvoir de l’amitié
  20. Pour apprendre à se trouver superbe
  21. Pour découvrir de nouvelles réalités et s’ouvrir au monde
  22. Pour comprendre un peu mieux la vie
  23. Pour (re)tomber en amour
  24. Pour lire confortablement au chaud le matin de Noël (ou n’importe quel autre matin)
  25. Pour célébrer l’importance de la famille
  26. Pour sourire et rire, dans les périodes plus difficiles
  27. Pour se déculpabiliser…tout simplement
  28. Pour s’évader
  29. Pour s’émoustiller un peu, beaucoup
  30. Pour faire preuve de résilience
  31. Pour faire de l’introspection sur la dernière année

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