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Habiter la nuit

Jusqu’à 24h/24 La nuit se lève, je n’avais jamais lu de documentaire de ma vie. Cependant, j’affectionne la photo surtout lorsqu’on la retrouve contextualisée dans les pages d’un livre, et la thématique de la nuit m’a charmée avant même d’ouvrir l’ouvrage. Aussi, depuis ma lecture du roman de Martine Delvaux sur l’œuvre de Nan Golding la photographe, j’ai développé un intérêt pour les mélanges photos-textes et surtout pour les idées inédites qui en ressortent.

Dénicher 24h/24 La nuit se lève, et en être ravie

Donc, c’est en fouillant sur le site web d’Héliotrope, la maison d’édition, que je suis tombée sur cette pièce extraordinaire – dans le sens littéral du terme qui sort de l’ordinaire -, dans la section Beaux livres. Et en effet, lorsque je l’ai sorti de son rayon à la bibliothèque, le livre m’a rappelé qu’il n’est pas comme les autres : il est énorme… et c’est bien ainsi. Cela rend hommage au travail photographique de Marie-Reine Mattera et d’Emmanuel Joly.

Ces deux photographes qui ont appris en France, mais qui sont bien connus à Montréal, ont pris le pari de rester debout 24h/24 en joignant leurs efforts afin de capter les déambulations nocturnes des passants, ces usagers anonymes de la nuit, ainsi que l’environnement typiquement urbain qui prend vie après le coucher du soleil – autobus de nuit, dépanneurs 24/7, lampadaires de rue, cabines téléphoniques…

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Lumière des cabines

Un docu-poème

Alors qu’on feuillette les pages de l’ouvrage, on est bercé par les textes magnifiquement bien écrits de Véronique Dassas, l’insomniaque et autrice, celle qui ne met pas fin à ses activités lorsque pointe la fin du jour, au contraire. Ainsi la nuit n’est plus synonyme de mort, de sommeil, d’arrêt mais plutôt de mystères, de vies fantomatiques, d’assouvissement de toutes les curiosités et de réflexions sur l’univers noir de la ville dans laquelle les photos nous plongent.

La nuit est un sas, un passage, une solitude. Quant au sommeil, il appartient non pas aux justes mais aux insoucieux. 

Une nuit qui n’est plus la nuit

Il est question d’habiter la nuit, à un moment de l’histoire où les lumières artificielles des villes et des campagnes nous forcent de toute manière à re-concevoir cette période désormais parfois aussi claire que les jours de soleil lorsque celui-ci atteint son zénith.

Au cours d’un entretien, une journaliste américaine demande à Édith Piaf : « Aimez-vous la nuit? » et Piaf de répondre : « Oui, mais avec beaucoup de lumière. »

L’ouvrage est séparé en six parties telles Nuit noire ou Éclairage, et Véronique Dassas y aborde différents sujets, allant de la mythologie de la nuit, jusqu’aux morts dans un Montréal endormi, en passant par les préoccupations environnementales des éclairages artificiels qui bousculent le rythme de la nature et par les enjeux des salariés qui prennent le relais de leurs collègues pour la nuit.

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Voiture rouge

Faits divers, statistiques, déviations sur la vie personnelle et les impressions nocturnes de Véroniques Dassas, jusqu’aux détails sur les procédés photos de Mattera et de Joly : on brasse toutes sortes de choses dans 24h/24 La nuit se lève.

Pour les curieux et les curieuses avides de se plonger, de jour comme de nuit, dans une lecture différente.

Pour rendre justice à la nuit.

24h/24 La nuit se lève est l’ouvrage tout indiqué.

Et vous, êtes-vous des lecteurs de nuit?

Monsieur Vroum : Ode à la lenteur

Monsieur Vroum n’a qu’une idée en tête : «Aujourd’hui, il faut encore être le premier. De toute façon, si je suis le plus rapide, personne ne pourra m’égaler.»

Alors que l’anxiété de performance se fait de plus en plus sentir chez nos petits (autant que chez les grands), ce petit album jeunesse nous ramène à l’importance de la lenteur. La Pastèque nous offre les aventures d’un grand coureur automobile, Monsieur Vroum. Ce personnage a beaucoup de talents et réussit toujours ses performances, car il arrive le premier et il est idolâtré par ses spectateurs ! Lors de ses courses, il va tellement vite qu’il n’a même pas le temps de profiter du paysage.

C’est lors d’une de ses dernières courses, alors que les autres participants sont déjà bien loin derrière lui, qu’il réalise qu’il est seul. Surpris de constater que personne n’est là pour l’accueillir, il s’arrête et constate toute la beauté de la nature qui l’entoure. Il descend de sa voiture et décide de marcher. Il constate la tranquillité, découvre les animaux, etc.

Monsieur Vroum nous apprend l’art de la lenteur

L’auteur Étienne Gerin m’a offert un magnifique outil de travail, car en tant qu’éducatrice spécialisée au primaire, son livre m’a aidée à mettre des images sur les mots de mes interventions. Il a aussi aidé mes élèves à imaginer ce que c’est de prendre son temps et ce qu’on y gagne. Parce qu’aller trop vite ne fait pas de nous des champions, au contraire, on passe à côté de tellement de choses!

C’est avec ses couleurs simples et ses formes géométriques que Monsieur Vroum apprend une bonne leçon aux enfants et à l’adulte qui le lit. Je me souviens de m’être servie de ce personnage pour un de mes élèves qui voulait tant réussir et qui voulait grandir trop vite (alors qu’il était en première année, il souhaitait déjà être en deuxième année comme ses amis). Je n’avais qu’à lui rappeler de prendre son temps comme Monsieur Vroum pour qu’il se reprenne.

Il fait maintenant partie de mes petits livres jeunesses préférés.
Et vous quels sont vos livres jeunesses de référence ?

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Merci à la maison d’édition La Pastèque pour ce magnifique livre.

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Les réseaux sociaux et l’anxiété de performance en littérature

Il n’y a plus rien d’étonnant lorsque vient le temps d’aborder la question de l’anxiété de performance liée à l’avènement des réseaux sociaux . Depuis Facebook, Instagram et tutti quanti, l’expression «l’herbe est toujours plus verte chez le voisin» prend des proportions ridicules directement liées au nombre de gens auxquels nous sommes en mesure de nous comparer. Malheureusement, ces gens, pour la plupart des inconnus, sont maintenant des millions, et ce, à quelques clics seulement.

L’uniformité stylistique qui s’étend à nos gardes-robes, à nos maisons ou à notre manière de cuisiner s’étend également à nos lectures. Combien de photos soigneusement mises en scène de livres peut-on trouver sur Instagram? Il n’y a pas de limites. C’est parfois inspirant, ça nous permet peut-être de trouver des idées pour nos prochaines lectures ou d’avoir plus facilement accès à des auteurs auto-publiés. Par contre, bien souvent, les mêmes titres à la mode reviennent sans cesse dans nos newsfeeds, créant une impression de répétition lassante.

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Depuis quelques années, j’ai l’impression que les gens s’efforcent d’avoir tous les mêmes goûts ou presque. Les mêmes préférences vestimentaires, cinématographiques, musicales, alimentaires, comme si cette mondialisation monstre qu’Internet a rendue si facile avait éliminé de facto toutes traces d’individualité. Et je m’inclus, bien sûr, dans le lot.

Il n’y a pas si longtemps, je choisissais mes livres au hasard de mes visites en librairie et à la bibliothèque, ne me fiant qu’aux suggestions faites en fonction de mes précédentes lectures par mes quelques ami.e.s très proches. Je les notais ensuite dans un calepin, question de me souvenir de ce que je voulais lire ou de ce que j’avais lu. Maintenant, je suis une avide utilisatrice de l’application Goodreads depuis 2012, et me fixe à chaque 1er janvier un objectif quantifiable de livres à lire pendant mon année.

Bien sûr, de noter mes lectures sur une plateforme web m’aide à tenir le compte. Par contre, je remarque que le ridicule chiffre choisi en début d’année me met une pression totalement inutile de performance de lecture. Je prends moins le temps de savourer chaque page et, j’ai honte de l’avouer, je choisis parfois mes lectures en fonction de leur «facilité» ; prendre le temps de lire et de comprendre Spinoza, par exemple, devient un boulet qui me ralentirait dans mon but à atteindre. Je ne vous le fait pas dire; c’est d’un ridicule sans nom!

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Et que dire des livres que je choisis de prendre en photos et de partager? C’est comme si certains livres, par exemple ceux de croissance personnels, me faisaient honte (même si quelques uns d’entre eux m’ont littéralement sauvé la vie, je pense entre autres à l’oeuvre de Nicole Bordeleau). Premièrement, depuis quand est-ce que partager mes lectures avec d’autres gens que mes *vrais* amis est devenu primordial, et deuxièmement, depuis quand est-ce que je ne me fous pas de mon street cred littéraire, de mon street cred tout court?

Cette pression que je ressens à sans cesse tout partager avec autrui est en train de miner mon expérience de lecture, il faut que je l’admette. Mais par où commencer? Dois-je me mettre à absolument tout partager ce que je lis question de briser la monotonie que je décrie tant? Ou dois-je simplement cesser carrément de rendre mes lectures accessibles aux autres par Internet?

Et vous, ressentez-vous une «pression (réseau) sociale littéraire»?
Si oui, de quelle manière se traduit-elle chez vous?

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Le bricolage poétique de Roxane Desjardins

Mon coloc a récemment décidé de se débarrasser de presque tous ses livres. C’est dans un bonheur incrédule que je me suis emparée de tout ce qui me passait sous la main. Parmi mes nouvelles acquisitions : Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire de Roxane Desjardins. Ce recueil est arrivé dans ma vie comme un baume sur une plaie ouverte dont je ne soupçonnais pas l’existence.

« Comment c’était avant, est-ce que ça m’est vraiment déjà arrivé, d’être confortablement emmitouflée dans les chaudes couvertes de l’enfance. »

Enchantement désordonné

Visuellement parlant, j’étais déjà conquise. Le recueil est beau, mettant en vedette une illustration à la fois enfantine et étoffée. À l’intérieur, du pêlemêle et du beau. J’avais l’impression, le temps de 93 pages, d’entrer dans l’esprit de Roxane Desjardins et de partager toutes ses blessures, ses joies et ses peines.

Le plus bel aspect de ce livre, c’est son ordre incertain, ces choix que nous avons à faire tout au long de notre lecture. C’est que chaque poème a sa construction particulière, qui nous laisse parfois un choix absolu de l’ordre dans lequel on veut le lire.

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On peut donc s’approprier ses œuvres, se sentir connectés à celles-ci, presque comme si elles étaient les nôtres. Son journal intime est devenu le mien et je me suis revue à 10 ans, choisissant mon destin comme dans ces livres que j’aimais tant où nous étions le héros.

De Z à A

Ce que j’aime le plus de tout recueil de poésie, c’est la possibilité de le lire à l’inverse, de la dernière à la première page, sans que cela soit le moins du monde nuisible à l’expérience. On peut, au hasard, choisir une page et ne lire que celle-ci. Ou alors ne lire qu’une page par année sans perdre le fil. La poésie est un cadeau intemporel dans lequel on peut toujours puiser et qui ne cesse jamais d’évoluer.

Les mots doux de Moi qui marche à tâtons dans la jeunesse noire ne font pas exception à cette évolution. Ils suivent leurs propres règles et semblent n’en faire qu’à leur tête, pour mon plus grand plaisir. L’adolescence, les premiers amours et les premières blessures y sont brillamment abordées et donnent l’impression de puiser à même chacun de nos passés. Je me suis attachée à cette femme qui semble, sans me connaitre, comprendre mon bagage et qui réussit même à me faire sentir un peu mieux par rapport à celui-ci. La plume de Roxane Desjardins est non seulement belle, mais aussi réparatrice.

« Je ne comprends pas comment je pourrais à la fois être moi-même et être calme. »

Et vous, qu’aimez-vous le plus d’un recueil de poésie?

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La difficile tâche de trouver un successeur à Harry Potter

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, Harry Potter a la sienne. Après avoir passé un an à le lire en famille, nous nous sommes retrouvés un peu orphelins, complètement démunis face au grand vide laissé par Harry derrière lui. Que lire à présent ?

Il y avait quelque chose dans la lecture longue qui a fait que nous nous sommes particulièrement attachés aux personnages et à l’intrigue, puisque ces derniers ont fait partie de notre quotidien et ont alimenté nos conversations pendant des mois. D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls, Marion a déjà parlé bien mieux que moi de son amour des pavés. Revenir à des récits plus courts nous laissait sur notre faim et ne rassasiait plus la curiosité et l’envie de grandes aventures qu’Harry Potter avait déclenché chez nous.

Alors nous avons tenté d’autres séries, mais, bien que plusieurs d’entre elles nous aient semblé prometteuses, nous n’avons pas accroché et avons souvent arrêté notre lecture à la fin du premier tome.

Coup de chance

Par hasard, j’ai lu un entretien de Christophe Mauri, un auteur français. Il racontait qu’il avait envoyé la première version de son manuscrit à Gallimard alors qu’il avait 13 ans. Le manuscrit a bien sûr été refusé, mais avec une lettre d’encouragement et des conseils. Au fil des années s’est ainsi construit une relation entre les éditeurs et lui, à coup d’aller-retours de manuscrits et de critiques, qui a abouti, à ses 22 ans, à la publication du Premier défi de Mathieu Hidalf.

Le loulou, intrigué par le fait qu’on puisse mettre 9 ans à écrire un livre, se disait que ça devait être vachement bien au vu du travail que l’auteur y avait mis.

Une saga accrocheuse

La série commence avec l’anniversaire de Mathieu, qui vient d’atteindre 11 ans, l’âge le plus inutile au monde. Car en effet, son unique objectif dans la vie – si ce n’est de ruiner son père – est d’entrer dans la fameuse école de l’Élite, parce que seuls les Élitiens sont au-dessus des lois. Mais pour cela, il faut avoir 12 ans. Alors, en attendant, il se contente d’élaborer un plan pour saboter la fête d’anniversaire du roi.

Dans le tome suivant, il a enfin l’âge de se présenter au concours d’entrée de l’Élite, mais annonce qu’il trichera pour se faire admettre. Sa manœuvre fonctionne, mais en contrepartie, il se retrouve à devoir accomplir l’épreuve la plus dure qui soit : attraper la Foudre Fantôme. Comme il est sur la sellette à cause de sa triche, il découvre que s’il accomplit un Exploit (chose qui est arrivée 2 fois dans toute l’histoire de l’école), il ne pourra jamais être renvoyé de l’Élite.  Évidemment, il choisira ce qui lui semble être la facilité et mettra toute son énergie à ne pas accomplir son épreuve.

Et ainsi de suite : comme Harry, Mathieu grandit au fil des volumes, et ses ennuis aussi. Même si, à mon avis, ce qui faisait le charme des premiers tomes se dissout un peu dans les deux derniers, le tout est cohérent, l’univers est riche en détails, et l’histoire est crédible. On rit, on s’attache, on s’agace, on appréhende, et plus important, on veut la suite ! Ça fonctionne à merveille et ça a parfaitement bien comblé notre manque de Poudlard.

Un univers étonnant

En fait, dans ce monde « magico-légaliste », il n’y a pas une seule règle ou loi que Mathieu Hidalf n’ait pas contournée. C’est là que réside tout son génie : il ne va jamais clairement à l’encontre des règles, il les tourne à son avantage. Cet univers qui peut paraitre si rigide au premier abord est en fait plein de possibilités pour celui qui est assez malin pour en déceler la plasticité : il déclenche alors des grèves massives de nymphettes (petites fées chargées d’éclairer les espaces intérieurs), il sauve sa vie en mourant temporairement grâce à sa montre ou il arrive à sortir du labyrinthe des bannis (sensé l’enfermer pour l’éternité) l’air de rien.

Le loulou a beaucoup aimé Mathieu, surtout parce qu’il est plein de défauts et qu’il les assume pleinement, avec beaucoup de vantardise même. Le personnage flirte souvent avec l’antihéros, qu’on aime puis qu’on aime détester. En fait, tous les personnages sont ainsi, juste humains et attachants. C’est étonnant à quel point nous avons jubilé et nous nous sommes enthousiasmés à chacune de leurs transgressions. Je crois que c’est l’humour général de ces livres qui nous ont tant séduits et accrochés et qui nous a permis de sortir de notre cercle vicieux de désintérêt chronique.

Nous y sommes, il y a une vie après Harry Potter

Cela a vraiment été difficile tellement plus rien ne semblait être à la hauteur. Nous avons même failli mettre fin à notre habitude de lecture du soir. Et personnellement, je suis d’autant plus heureuse que nous nous soyons attachés à un nouveau personnage qui nous était parfaitement inconnu. Mathieu Hidalf a réussi là où d’autres sagas plus connues et plus vendues ont échoué. Faites-vous plaisir, il plaira autant aux petits qu’aux grands.

Maintenant, nous nous attaquons à Percy Jackson, qui, pour le moment, nous plaît vraiment beaucoup. Peut-être vous en parlerai-je dans quelques mois…

Et vous, avez-vous déjà eu du mal à recommencer à lire après un livre qui vous avait particulièrement plu ?

 

The year of less: le récit d’une année sans achats et bien plus

The year of less avait capté mon attention à plusieurs reprises, lors de mes trop longs moments passés à magasiner des livres sur Internet. C’est évidement un peu ironique de dépenser pour un livre dont le sujet principal tourne autour d’une année sans dépenses. Pourtant, je l’ai justement acheté pour m’inspirer à faire ce type de défi, je l’ai lu en l’espace de 48h et je ne regrette rien!

Beaucoup plus qu’un guide pratique pour diminuer ses dépenses et réfléchir à sa consommation de biens matériels, The year of less est le récit d’une année dans la vie de  l’autrice Cait Flanders et de sa quête vers un mode de vie qui lui convient mieux.

Du personnel à l’universel

Dans The year of less, Cait Flanders écrit sur son rapport à l’alcool et à la nourriture, sur la  sobriété, sur le divorce de ses parents, sur sa carrière et nous invite à entrer dans son intimité, à partager ses démons et ses états d’âmes. C’est très personnel et c’est, à mon avis, la meilleure manière de comprendre les motivations derrière son défi et de s’y retrouver.

En plus de nous expliquer, mois par mois, comment elle réussit son défi de ne rien – ou presque – acheter, elle nous fait aussi réaliser l’impact que ce type de défi peut avoir sur nos vies, que ce soit dans le concret, le quotidien ou bien même sur notre propre système de valeurs et nos priorités.

On la voit évoluer, mois après mois, changer ses habitudes, se retrouver et se découvrir à la fois. C’est ce qui, à mon avis, est le plus inspirant. Elle ne fait pas que nous parler du fait de ne pas dépenser, mais on y voit tout de même les changements positifs que cela entraîne dans sa vie. C’est là la plus belle motivation à se lancer dans un défi semblable.

Concret et pratique

Pour ceux et celles qui cherchent à en apprendre davantage sur le côté pratico-pratique d’un tel défi, vous ne serez pas en reste. Dans l’introduction, l’autrice met en place sa liste d’objets qu’elle peut acheter, ce qu’elle n’a pas le droit d’acheter et la liste des achats pré-approuvés. Le but ici n’est pas de ne plus RIEN acheter de l’année, mais de ne plus faire d’achats inutiles, compulsifs, émotifs, etc. Il est véritablement question de repenser toute sa consommation et les ficelles qui se trouvent derrière.

À la fin du livre, on retrouve aussi un petit guide qui nous aide à traverser les différentes étapes que comportent un tel changement. Elle y parle de minimalisme et de l’importance de faire l’inventaire de ses objets – pour mieux savoir où va notre argent- de créer sa propre liste de non essentiels à ne pas acheter, de créer un compte épargne, etc. C’est un peu comme un résumé de tout ce qu’on retrouve dans le livre, mais de manière condensée.

Que vous ayez envie de vous embarquer dans un tel défi, que vous souhaitiez simplement découvrir un autre mode de vie ou bien que vous cherchiez à repenser votre rapport à la consommation, The year of less est une lecture que je vous conseille. C’est inspirant, motivant et vrai.

Et vous, aimeriez-vous faire un défi de ce genre ? 

 

Cuba raconte-moi une histoire

«Viva Cuba libra !»

Une simple phrase si connue qui résume si bien cette lecture.

Dire que j’avais choisi ce livre que pour sa magnifique couverture (et oui, choix un peu superficiel, mais ça me réserve souvent de belles surprises!). Et ce fut effectivement le cas cette fois-ci aussi! Je fus complètement charmée par cette lecture. Chantel Acevedo, l’autrice du titre enchanteur Lointaines merveilles, a su créer des personnages féminins forts dans une époque historique importante à Cuba. Je me suis laissée bercée par son histoire et par la manière dont elle la raconte. Elle donne une voix forte à son personnage principal, Maria Sirena, qui est elle-même conteuse. C’est donc grâce à la voix de son personnage que je me suis laissée guider dans cette histoire.

Lointaines merveilles est raconté par une Maria Sirena âgée. Elle se trouve dans un petit village de Cuba quand l’ouragan Flora frappe le pays. Contre son gré, Maria se retrouve  dans l’ancienne demeure du gouverneur avec sept autres femmes âgées de son village. Tandis que la tempête fait des ravages dans leur village, Maria, qui est reconnue pour être une excellente conteuse, leur raconte une histoire. Son histoire.

« Il ne me reste pas beaucoup de temps sur cette Terre. Je veux vous raconter mon histoire, l’histoire de ma vie. » Maria Sirena

L’histoire que Maria Sirena nous raconte se déroule lors de la troisième guerre d’indépendance en 1895, où elle est aux côtés de sa mère Iluminada et de son père Agustin qui luttent tous les deux fermement contre l’Espagne.

Dans un camp, Maria et sa mère se retrouvent en compagnie de d’autres femmes «abandonnées» par leur mari et père de famille. Ensemble, elles se battent pour garder leur Cuba libre. Alors que les hommes sont au front, les femmes gardent solidement le fort. C’est dans ce camp, à Dos Rios, que les rebelles se regroupaient autour du poète et âme du soulèvement José Marti. Maria, qui a alors quatorze ans, tombe éperdument amoureuse de Mario, lui aussi au camp. Il est noir et esclave, il n’est donc pas le meilleur parti, mais leur amour est plus fort que tout. Ensemble, ils créeront la vie.

Malheureusement pour elles et les enfants, elles se feront attaquer et emmener dans un camp de concentration. Maria Sirena trouvera un moyen de s’échapper grâce à une journaliste américaine infiltrée dans l’équipe ennemie. Elle laisse sa mère malade et son grand amour dans l’enfer de ce camp. C’est donc enceinte qu’elle quitte cet enfer sous l’aile de cette journaliste qui l’a fait passer pour une non-révolutionnaire. Maria devra jouer le jeu. Sous les soins de l’infirmière, Maria Sirena raconte que l’enfant qu’elle porte est l’oeuvre d’un viol. Mensonge pour garder sa vie sauve, cela fera en sorte que l’enfant sera kidnappé après sa naissance (ou tué par l’une des infirmières). Tout au long de sa vie, elle tentera de le retrouver. Cette histoire la hantera toute sa vie.

L’autrice a su dépeindre des personnages féminins forts. C’est ce que je crois avoir le plus apprécié dans cette lecture. J’appréciais aussi que l’histoire soit un peu déconstruite avec tous ces retours en arrière. Ces retours m’ont aidée à comprendre l’évolution de Maria, la rendant encore plus intéressante et mystérieuse. Lorsque je parle de personnages féminins forts, je parle de femmes guerrières, qui se retrouvent en avant des combats. Maria a su se débrouiller pour survivre et tout faire pour sauver sa mère de cette guerre. Elle a su jouer le jeu d’être une fausse infirmière pour pouvoir faire de son pays celui qu’elle souhaitait. Maria est un modèle de persévérance et de résilience. C’est par son histoire que j’ai pu en apprendre plus sur ce pays que je croyais connaître.

Aimez-vous les romans historiques ?

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Le fil rouge remercie les éditions Points pour le service de presse.

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Entre fleuve, oisiveté et mots

Gabrielle Roy est l’une de mes autrices phares, une source à laquelle je m’abreuve et je reviens souvent. J’en ai parlé quelques fois déjà sur le blogue. Découvrant que le tout dernier roman d’Yvon Rivard traitait en partie de cette grande écrivaine, je me suis laissée vaguer vers cette oeuvre que, je l’avoue d’emblée, m’a émue aux larmes et m’a véritablement traversée.

Le dernier chalet, publié aux Éditions Lémeac, c’est l’histoire d’Alexandre, l’alter ego de l’auteur qui, accompagné de Marguerite, son amoureuse, nous raconte une saison dans son chalet, lieu de repos, d’écriture et de contemplation, où ils décident ensemble de se réfugier pour écrire. Dans la soixantaine, le narrateur se questionne sur l’essence d’une vie réussie, sur ses amours, sur le passage du temps, sur l’importance d’aimer, sur la puissance des mots, et ce, en rêvassant devant le fleuve comme l’a fait avant lui Gabrielle Roy.

Cet été qui chantait

C’est en apprivoisant la mort, le commencement de l’après, qu’il arrive à réfléchir sur son passé ainsi que le futur. Il revient sur ses amours, les femmes de sa vie, son rôle de grand-père aussi. Il fait le bilan de ces amours passés, mais néanmoins toujours là, quelque part dans l’espace-temps. Il lit Gabrielle Roy, Virginia Woolf, une biographie sur Champlain en espérant pouvoir écrire lui aussi, à son tour.

C’est surtout grâce à la beauté de la langue, par les images que l’auteur crée que j’ai été subjuguée par ce roman. N’ayant jamais lu Yvon Rivard, je ne savais rien de sa prose et je peux affirmer que maintenant, l’envie de lire son oeuvre est forte. D’autant plus qu’Alexandre, le narrateur, revient dans d’autres des ses romans aussi. J’admire la justesse et la profonde sensibilité des réflexions que porte ce roman.

« Jusqu’à maintenant, je n’ai réussi qu’à ne pas être complètement ce que je suis, qu’à vivre toujours un peu à côté de moi, à côté de cet être qui m’accompagne, me devance et m’attend sans doute pour ne plus être seul. Le problème n’est pas tant que j’aie voulu imiter telle ou telle vie qui aurait été trop grande pour moi – que faisons-nous d’autre depuis l’enfance, sinon imiter l’adulte que nous avons été ou cru être -, mais plutôt que je n’aie réussi à n’en imiter aucune, coincé dans le passage d’une vie à une autre, incapable de renoncer à l’une ou m’engager dans l’autre, paralysé par le désir même du changement, cloué pour ainsi dire au seuil du possible. »

L’oisiveté du geste d’écrire

Je suis particulièrement attirée par les oeuvres méditatives, introspectives, par des oeuvres qui savourent les petites choses du quotidien, les rituels qui habillent le passage du temps, de ces oeuvres qui font avec des riens, du plus-que-parfait. Des oeuvres qui arrivent à nommer et deviennent des témoins des plus grandioses banalités de l’existence : celle de faire, de réfléchir, d’aimer, d’agir, de désirer. Le dernier chalet, c’est tout ça. C’est une incursion dans la tête d’un homme ayant vécu, admiré, lu, aimé, fait le mal comme le bien, mais ayant été, tout simplement vivant.

Il écrit devant le fleuve, constamment en mouvement, au même rythme que ses pensées qui ne font jamais la sieste. Alexandre se questionne sur l’achat de ce chalet, lui qui a toute sa vie adoré ces lieux pour écrire, et sur la signification de celui-ci, devant le fleuve, qui sera le dernier.

Il n’y a aucune histoire ou intrigue dans ce roman (qui pourrait tout aussi bien porter un autre nom tel que récit, réflexion ou essai) et c’est toute là sa force. En se questionnant sur la vie, sur la fin, sur la mort, sur le passage du temps, sur ces gens qu’on a aimés, mais que nous ne retrouverons plus, noyés dans le passage du temps, il y a l’idée que la vie, c’est de vivre, de célébrer dans toute sa simplicité ce privilège d’exister.

Que ce soit en admirant un oiseau qui vole, un arbre ayant passé les décennies ou en relisant des oeuvres qui rendent plus vivants, Yvon Rivard donne envie, avec ce livre, de ne pas craindre la fin, ni la mort. Il donne envie de se poser doucement devant le fleuve, de respirer profondément en relisant encore et encore des mots qui, comme les siens, donnent tout son sens aux mots «vivre» et «aimer». Des mots qui donnent envie de lire, d’écrire, de vivre et d’aimer.

Et vous, avez-vous déjà lu une oeuvre qui vous a donné l’envie de chérir la vie encore plus profondément?

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Antioche: les filles en criss

Dans Antioche, la pièce de Sarah Berthiaume publiée chez les éditions de Ta Mère, les trois personnages,  Antigone, Jade et sa mère Inès, se révoltent de l’intérieur, un peu comme chaque fille dans le monde. Les trois femmes en crisse permettent de portraiturer chacune à leur manière une femme révoltée par les injustices qu’elle vit selon différentes caractéristiques (le groupe d’âge, la situation amoureuse, les origines, etc.).  Antioche établi une résistance contre le monde établi. Le terme «emmuré» est souvent employé pour décrire le quotidien des femmes; elles sont enfouies sous le poids de la routine et des normes établies. Les trois femmes cherchent à fuir ce qu’elles vivent: l’ennui. La pièce se construit sur des sujets importants et actuels, comme l’immigration, la révolte et l’adolescence.

Jade

Jade passe son temps sur son ordinateur à discuter avec un homme qu’elle ne connait qu’à travers son écran et qui garde l’anonymat. Ensemble, ils bourrent leur crâne de conspirations capitalistes et leur désir de rébellion devient de plus-en-plus éminent. Jade veut fuir l’ennui qu’elle vit chaque jour et l’incertitude de son futur. Ce qu’elle fait en attendant sont des listes sans fin. L’autrice se consacre sur les tiraillements qu’une jeune personne vit entre l’adolescence et l’âge adulte. Elle trouve en son amie Antigone une porte de secours.

Inès

Femme immigrante, Inès s’est résorbée à un mode de vie aucunement à la hauteur de ses attentes. Quelques regrets la hantent quotidiennement et le vin aide momentanément. C’est contre ses déceptions qu’elle veut se rebeller, redevenir la jeune fille prête à tout qu’elle était, celle que lui rappelle sa propre fille.

Antigone

Antigone, héroïne issue d’une d’ancienne tragédie grecque représente le modèle parfait de la femme en crisse: elle a tenté d’exprimer sa propre révolte contre son peuple il y a plus de 2000 ans et elle a fini emmurée vivante. Elle est bloquée dans ce monde, et même au 21e siècle le monde n’est pas prêt à entendre sa tragédie. Elle tente de se rebeller à travers l’art, mais son talent sert seulement à réinterpréter pour énième fois Grease.

Où le temps se croise

La révolte de chacune des femmes se met en branle lorsque les trois femmes se retrouvent dans la ville de Antioche en Turquie à la frontière de la Syrie. Elles ont toutes le même âge, soudainement, elles se comprennent encore plus, elles deviennent une même personne. Tout se confronte, leurs espoirs, leurs incertitudes. Le moment présent est brouillard, mais déjà plus clair que le passé. La mère tente de sauver sa fille contre un radical rencontré sur Internet. C’est le rationnel contre l’irrationnel qui se confronte dans cette finale de la pièce.

J’ai particulièrement aimé cette pièce de théâtre, car comme à son habitude, Sarah Berthiaume aborde des sujets importants et les développe à travers des personnages puissants auxquels il est facile de s’identifier. Ses pièces, généralement pas longues à lire comme dans ce cas-ci, s’inscrivent dans le combat des femmes vers une égalité, sans pour autant sortir de son cadre artistique. J’adore tout simplement le mélange entre politique et art, car ce sont deux domaines qui se complètent à merveille lorsqu’il est venu le temps de s’exprimer. Lire Antioche, c’est se battre pour un monde plus juste.

Cette pièce reflète des enjeux actuels sur la vie qui change face à l’immigration, le besoin de révolte chez les femmes et le désir de fuir l’ennui. Sarah Berthiaume ficelle ces trois thématiques parfaitement et la lecture devient un véritable voyage émotif.

Quelles sont vos pièces de théâtres favorites ?

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Repousser les frontières de la poésie avec Baron Marc-André Lévesque

Il y a quelques mois, mon exploration de la poésie québécoise m’a fait découvrir un auteur hors du commun – et son nom en témoigne – , Baron Marc-André Lévesque. Le poète a beau toujours attendre que la Reine lui accorde son titre de noblesse autoproclamé, cela ne l’a pas empêché de publier deux flamboyants recueils aux Éditions de l’écrou,  Chasse aux licornes (2015) et Toutou tango (2017). Je m’y suis plongée avec une grande curiosité, et le style unique de l’auteur m’a charmée.

Une prose agréablement déjantée et atypique

D’emblée, il faut souligner l’originalité de la poésie de Baron;  on est très loin ici d’une poésie dite traditionnelle, autant dans la forme que dans le contenu. L’auteur joue beaucoup avec la langue française, notamment en reproduisant le parler québécois par l’omission de certaines syllabes et en réinventant la syntaxe des phrases. 

Très imagée, son écriture mêle le fantastique et le réel.  Les sous-titres « Bain de foudre », « Un sundae aux dragons » et « Les matelots s’en câlissent » du recueil Chasse aux licornes en témoignent d’ailleurs. J’ai personnellement beaucoup aimé l’humour absurde qui se dégage de plusieurs poèmes et l’aspect très loufoque de la poésie de Baron. L’absurdité y côtoie une réflexion profonde et un émerveillement face à la beauté ludique du monde.

je reconduis l’hebdomadaire conquête du monde

m’éflèche les cornes et m’afflûte les ailes

farfouille l’univers sans carte et sans clôture

dominer  ses alentours

c’est aussi

par la force des choses

par la furie des éléments

par la porte d’en arrière

éventuellement

trouver ça plate et partir

J’ai tout particulièrement apprécié le poème intitulé « ça pis tes camisoles », extrait de Toutou tango,  où l’auteur crée un champ lexical très justement imagé – et fort comique – autour du chanteur Bruce Sprinsgteen :

il est très difficile pour qui que ce soit

de dire Bruce Springsteen

sans avoir un arrière-goût spécial

                de heartbreak chicken wings

                bras poilus flirt passager

                voix velourée débordeuse comme un couch éventré

                excitation d’été radio settée à griche

                sur un bord de piscine hors terre

                un barbecue propriétaire d’une vieille voiture

                qui roule vraiment smooth

                cachée au fond de sa shed à l’envers

                en ruines en plywood rouge en anglais

                le hood en faux-bois d’une Chevrolet volée

                au cœur de la nuit comme une comète

                échappée de prison

                baby we were born to run 

Poèmes hétéroclites en vers libres

À l’instar de leur contenu, les poèmes de Baron surprendront les lecteurs.trices par leur forme inhabituelle. Par exemple, dans Chasse aux licornes, l’auteur montre une propension à terminer presque tous ses poèmes par « ça finit de même », ce qui m’a fait sourire à maintes reprises. Toutou tango se distingue quant à lui par la présence d’une section « Jeux » qu’on devine destinée au divertissement des lecteurs.trices – on nous remet d’ailleurs un crayon lors de l’achat du recueil, afin de pouvoir compléter la dite section!

BaronMarcAndréLévesqueJeux

Deux exemples de jeux inventés par Baron dans Toutou tango (2017).

Par moment, les poèmes de Baron se veulent même interactifs; certains vers affichent des trous, que l’auteur nous invite à combler par les mots de notre choix.  

En somme, si l’inhabituel, le ludique et le loufoque vous intriguent, la poésie de Baron Marc-André Lévesque vous plaira assurément comme elle m’a plu.  

Et vous, avez-vous découvert des recueils de poésie qui sortent des sentiers battus?