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Une histoire d’allergies

La clé : l’éducation

Encore toute petite, j’avais déjà plusieurs chocs anaphylactiques (réactions allergiques sévères) à mon actif. Les vomissements, les yeux qui piquent, le corps qui enfle, les étourdissements, la respiration sifflante, la gorge qui se serre et un avant-goût de la mort; les symptômes que j’ai ressentis lorsque j’ai mangé des allergènes par mégarde sont à ce jour bien présents dans ma mémoire et encore aujourd’hui une grande source d’anxiété.

Si vous pensez que les allergies alimentaires sont mal comprises aujourd’hui, tentez d’imaginer la vie des enfants aux prises avec des allergies sévères il y a 25 ans… Jamais un enseignant n’a expliqué les risques de ma condition de santé aux autres élèves de ma classe. Lorsque j’en parlais, on me disait que j’exagérais ou on ne me croyait tout simplement pas.  Au primaire, l’infirmière m’a rencontrée deux fois (avec le seul autre élève allergique de mon année scolaire) afin de nous montrer comment utiliser nos injecteurs d’épinéphrine. C’était bien, mais c’était aussi la seule tentative d’éducation de la part de l’école face à nos allergies. Les enseignants auraient eu avantage à suivre cette petite formation, parce que lorsque j’ai fait une réaction dans ma classe de maternelle, on ne m’a rien injecté du tout et on a téléphoné à ma mère avant les urgences…

Aujourd’hui, les allergies sont davantage prises au sérieux, malgré qu’énormément d’éducation reste à faire à ce sujet. Heureusement, il existe de la précieuse documentation pour nous aider, comme ce livre.

L’histoire d’Amy

Amy s’apprête à vivre sa première journée d’école. Bien que son entrée à la maternelle la remplisse de bonheur, des sentiments de peur s’unissent à sa joie. Pourquoi ? Parce qu’un nouvel environnement est souvent synonyme d’angoisse pour quelqu’un dont la vie peut réellement être mise en danger par certains aliments omniprésents. Surtout lorsqu’on a 5 ans et qu’on doit affronter ce nouvel environnement sans sa maman… (Du moins, c’est le cas d’Amy et de plusieurs autres, mais chacun le vit à sa façon.)

En lisant son histoire, les enfants, mais aussi les parents et les intervenants, en sortiront plein de ressources. Les petits allergiques se sentiront moins seuls, mieux outillés et plus confiants afin de vivre leur vie d’enfant de manière sécuritaire. Les parents se sentiront plus à l’aise de voir leurs enfants plus responsables dans des milieux non contrôlés.

Ce que vous trouverez dans ce livre:

  • L’histoire d’Amy, une façon ludique de préparer l’enfant allergique à son entrée à la maternelle.
  • Des explications claires à propos des allergies, des symptômes, des mesures d’urgences et des moyens sécuritaires de vivre avec des allergies.
  • Des trucs et stratégies pour vivre avec les allergies à la maison, dans la cuisine, au restaurant ou à une fête d’anniversaire.
  • Ce qui se passe dans la tête de l’enfant. Ses sentiments comme la colère ou la peur (et les façons de les diminuer), etc.
  • Quelques faits scientifiques.
  • Une partie destinée aux adultes.

Au cours de la rédaction de cet article (qui s’est éternisé dans le temps, mettons cela sur le large dos de ma nouvelle vie de famille), mon combat avec les allergènes s’est agrandi. Vers ses deux mois, nous avons découvert, avec l’aide d’un gastro-entérologue, que mon enfant ne tolère pas les protéines de bœuf et de lait de vache qu’il consomme via mon lait. J’ai donc commencé un régime d’éviction afin d’éviter que mon petit Lou soit malade. Il s’est avéré qu’il réagit aussi aux œufs, que j’ai aussi dû couper de mon alimentation. En commençant à manger des aliments, le poulet (oui, oui, on réagit à n’importe quel aliment) s’est ajouté à la liste. Cuisiner avec ces restrictions alimentaires ne m’embête pas vraiment. C’est plutôt le danger pour sa santé et même potentiellement pour sa vie qui serre mon cœur de maman. Avec des ressources comme le livre que je vous présente dans ce texte, je me sens plus confiante en l’avenir.

N’hésitez pas à  lire cet ouvrage aux enfants qui vivent avec cette réalité, mais aussi à ceux qui ne vivent pas avec ce problème de santé. Offrez-le à une éducatrice à l’enfance ou une enseignante afin que de plus en plus d’enfants soient conscientisés à ce que vivent les petites Amy.

Voici d’autres suggestions de livres sur le sujet (les deux premiers s’adressant aux enfants):

Connaissez-vous d’autres ressources indispensables?

Le fil rouge remercie les Éditions de Mortagne pour le service de presse.

 

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Mon expérience comme étudiante en littérature

Étudier en littérature a été pour moi un rêve accompli. Je finis présentement mon baccalauréat en écriture de scénarios et création littéraire et je sais maintenant que même si j’aime bien écrire, je ne veux pas être scénariste et je ne me mets pas de pression pour écrire un chef-d’œuvre québécois d’ici cinq ans. Au secondaire, les professeurs nous demandaient ce que l’on voulait être lorsqu’on serait adulte, j’ai trouvé la réponse lors de ma quatrième année de bac. Oui, vous avez bien lu.

Étudier en littérature et en cinéma, c’est un vrai plaisir, mais la pression et la compétition sont fortes. En cours d’études cinématographiques, j’étais entourée d’étudiants travaillant sur un projet de scénario et tous mes collègues de classe voulaient devenir réalisateurs. J’angoissais constamment dans mon coin, car je ne savais pas quoi faire. Je savais que j’aimais mon programme d’études, mais je n’étais pas convaincue que j’en ferais une carrière. En cours de création littéraire, j’étais confrontée à celles et ceux qui ont un véritable talent, qui pensent en prose, qui n’ont pas besoin de quatre réécritures pour remettre un texte fantastique. Sans parler de l’entourage qui se demande ce que je vais bien pouvoir faire avec un bac dans ce domaine. Pourquoi faire un bac pour apprendre à écrire un livre ?

Étudier en littérature, c’est raffermir sa passion, mais c’est aussi source d’une grande comparaison. J’étais, et je le suis encore, toujours en train de me comparer aux autres : comparer mon parcours, comparer mes victoires et mes défaites, comparer mes notes, comparer mon talent. L’année passée, j’ai eu l’impression d’étouffer. C’était une année décisive (du moins dans ma tête), je devais reprendre un cours important et penser à mon avenir. Finalement, mes notes étaient désastreuses et mon angoisse dans le tapis. Je m’étais fixé des buts inatteignables.

 

 

 

 

 

Étudier en littérature m’a imposé une pression si lourde sur les épaules. Plus j’essayais de me dépasser, plus j’avais l’impression de déraper. J’essayais d’étudier le plus possible, de lire plus de livres que mes camarades de classe, d’alterner les événements littéraires, d’impressionner les professeur.e.s, de participer au plus grand nombre d’activités extrascolaires, et puis finalement, j’ai oublié ce que j’aimais réellement de la littérature parce que, quand sa passion devient un projet universitaire, il est facile d’oublier pourquoi nous avons choisi d’étudier dans ce qu’on aime.

Je me suis souvent demandé si j’avais fait le bon choix. Étudier dans un domaine exigeant où les perspectives de carrière sont faibles et où la compétition est féroce n’est pas un choix habituel, personnellement. Ce qui me permet de me dépasser n’est pas la compétition, mais bien la passion. J’ai longtemps confondu ma PAL personnelle avec celle de l’école. Les lectures obligatoires sont devenues une lourde tâche et j’ai perdu le goût de lire par moments.

 

 

 

 

 

 

 

Puis, il y a eu des moments où assister à mon cours, c’était comme aller au cinéma. Où je rencontrais un professeur.e qui me donnait l’envie de me surpasser, qui me redonnait goût en ma passion. Parce qu’étudier en littérature, c’est probablement une des meilleures décisions de ma vie et je crois sincèrement que personne ne devrait regretter d’étudier dans quelque chose qui le passionne, sortir un peu du moule scolaire de la société. Puis finalement, ce n’est pas si grave si ça prend quatre ans de bac pour finalement savoir quoi faire plus tard. Moi, j’entreprends de continuer mes études pour travailler dans le domaine de l’édition.

Ressentez-vous de la pression par rapport à votre domaine d’études?

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4 raisons de plonger dans « Cléo », le dernier roman de Tania Boulet

J’étais au lancement d’un livre auquel participaient quelques unes de mes amies et collègues (un article sur l’incroyable recueil Monstres et Fantômes sera disponible sous peu!) lorsque je l’ai vu, sur le coin d’une table, appelant mon regard d’un air innocent… le dernier roman de l’autrice Tania Boulet. Comme à chaque nouvelle parution de mon auteure jeunesse presque-préférée, qui arrive sans que je l’aie attendue, je suis surprise et j’explose de joie, avant de me dépêcher de passer à la caisse en trépignant d’impatience. J’ai déjà parlé abondamment de mon amour pour cette autrice, entre autres dans un précédent article juste ici. Depuis que j’ai douze ans, je lis et relis ses livres parce que je les aime d’amour. Donc, à la suite d’un après-midi de lecture intensive, je vous livre mon verdict: c’est une lecture à ne pas bouder. Pour les connaisseur.se.s ou non-initié.e.s, voici quatre raisons pour lesquelles vous devez vous procurer Cléo.

  1. Pour replonger dans nos années d’adolescence. 
    Les romans de Tania Boulet – et celui-ci ne fait pas exception – nous replongent dans la vie que nous avions en secondaire quatre ou cinq. Les ami.e.s, les devoirs, les activités parascolaires, les premières idylles amoureuses… tout ça nous revient autour de personnages attachants et d’intrigues crédibles. Cléo, la narratrice du roman, est une adolescente ordinaire, quoiqu’elle ait un penchant pour l’implication étudiante et une volonté de fer. Ce qu’elle veut, elle l’obtient, même si elle doit, pour cela, tout mettre à contribution. La côtoyer le temps du roman m’a rappelé la liberté ainsi que la passion qui m’habitait lors de mes dernières années avant le CÉGEP.
  2. Parce que vous aimez la cuisine et les desserts
    Cléo est une fine pâtissière en devenir. Muffins, desserts, gâteaux, elle passe beaucoup de temps à cuisiner et cela nous donne l’eau à la bouche tout au long de notre lecture. Lorsqu’elle est engagée à la pâtisserie Chez Clémentine quelques heures par semaine, ça en est fini de nous, d’autant plus qu’elle y excelle. J’avoue avoir eu moi-même des rages de chocolat!
  3. Parce que vous voulez passer un bon moment.
    Cléo est véritablement un page turner. Un après-midi de lecture et on passe facilement au travers. On veut savoir ce qui va se passer et on ne peut plus décrocher. D’autant plus qu’il y a ce Maxence, avec qui elle travaille à la pâtisserie… Peut-être finira-t-il par lui dévoiler son secret (je ne vous le révèlerai certainement pas!) et son intérêt pour elle? Tout le long du livre, on a hâte!
  4. Parce que vous avez une fille/nièce/amie adolescente qui cherche de nouvelles lectures (ou un cadeau!).
    Je pense qu’à travers l’immense production de romans pour adolescent.e.s, cette valeur sûre a tout pour plaire. C’est un roman plein de sensibilité que je souhaiterais mettre en les mains de plusieurs amies. Et pourquoi pas, peut-être pourriez-vous en profiter pour leur faire découvrir d’autres romans de l’autrice? Même après plusieurs années, ils n’ont pas pris une ride.

Aimez-vous lire de la littérature adolescente, à l’occasion? Quel plaisir cela vous procure-t-il?

Les résolutions littéraires des fileuses pour 2019

Ariane : En 2019, j’aimerais privilégier la lenteur. Prendre le temps de savourer les œuvres littéraires, de décortiquer des essais complexes, d’errer longtemps dans chaque case de bd. Donc, pas de nombre de livres précis comme but à atteindre pour moi cette année!

Frédérique L. : Ma résolution personnelle pour l’année à venir est de terminer la suite d’À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, que j’ai déjà entamée. Aussi, j’aimerais partir à la découverte d’Elena Ferrante pour approfondir, avec ses romans, le thème de l’amitié.

Virginie : Juste garder l’équilibre et ne tomber ni dans le trop ni dans le trop peu. Continuer à lire de tout sans préjugés. Enfin finir Dune.

Marie Anne : Mes résolutions ont toujours porté sur la quantité de livres que je pouvais gober en une année, et je crois qu’il est temps que j’arrête de me créer un univers de compétition autour du nombre de lectures que je fais. Cette année, je prends le temps de me poser quand je lis.

Camille B : en 2019, j’aimerais lire plus! Lire plus de tout. Quand je n’ai pas nécessairement le temps ou l’envie de lire un roman, j’aimerais me tourner vers les romans graphiques ou encore la poésie. Être plus curieuse et aventureuse. Je dois arrêter de trop me fier aux commentaires des autres pour sélectionner mes prochaines lectures.

Martine : En 2019, j’aimerais lire davantage à l’extérieur de mon lit! Blague à part, j’ai perdu l’habitude de lire dans les lieux publics et comme je passerai beaucoup de temps dans les transports en commun, je souhaite renouer avec cette habitude de me plonger dans une oeuvre sans me soucier de ce qui m’entoure. J’aimerais aussi « magasiner » sur ma liste Want To Read de Goodreads, au lieu de continuellement la remplir!

Caroline L. : Je ne tiens jamais mes résolutions et en faire les condamne presque automatiquement. Donc sans formuler de résolution précise, j’écris en ce moment, ça se passe bien et j’espère continuer comme ça en 2019.

Marika : Pour 2019, je me souhaite de lire davantage de littérature québécoise. J’ai tendance à vouloir rattraper le temps perdu en lisant des classiques que je n’avais pas encore découverts. J’aimerais apprivoiser les nouveaux auteurs et les nouvelles autrices de chez nous. Finalement, j’espère mettre de l’ordre dans mes poèmes éparpillés. Après tout, un recueil se cache peut-être là-dessous.

Camille M : À l’aube de cette nouvelle année, je prends la résolution suivante : lire davantage de littérature étrangère. Depuis quelques années, je me vautre dans le «confort» de la littérature québécoise et je sens que j’ai envie de m’en échapper un peu, de prendre du recul. Pas définitivement, on revient toujours à ses racines… mais j’ai envie de voyager par la lecture.

Joëlle : En 2019, c’est définitivement ma PAL qui doit en prendre un coup. Je veux non seulement la faire descendre, mais aussi acheter moins de livres et aller plus souvent à la bibliothèque. Côté écriture, je me suis procuré un petit cahier que j’ai l’intention de remplir en faisant des exercices pour travailler mon style.

Anaïs : Pour 2019, je veux lire une bonne brique puisque j’ai tendance à écarter les gros romans par paresse. Je me lance aussi le défi d’essayer des auteurs et autrices hors de ma zone de confort, que je n’ai pas l’habitude de lire. Et j’aimerais essayer de trouver une série qui va me plaire pendant plus de 2 tomes. Finalement, je veux découvrir plus de littérature pour les 12-15 ans.

Toucania ou le charme de l’imaginaire

Tout y était pour qu’un coup de foudre avec ce livre se produise. Tout d’abord, il était édité par Monsieur Ed (je suis une grande admiratrice du travail des fondatrices) et ensuite, il était illustré par la talentueuse Marianne Ferrer (que j’adore).

Toucania, c’est une île légendaire que l’aventureuse Amandine ira découvrir. Son grand-père ayant découvert l’île bien avant elle, elle marchera sur les traces de celui-ci. Elle doit faire vite si elle veut avoir la chance de découvrir les habitants de cette mystérieuse île. L’idée de l’album et les illustrations sont de Marianne Ferrer et Valérie Picard a collaboré au texte et au scénario.

Ce qui m’a le plus plu lors de ma lecture, c’est le sentiment complet d’être aspiré dans le récit. Je crois que le format du livre y est pour beaucoup, on se sent véritablement dans l’histoire. Évidemment, la beauté des illustrations et les magnifiques agencements de couleurs jouent un rôle essentiel dans cette impression. Ma lecture m’a donné sincèrement envie de partir loin avec Amandine, à Toucania.

Bélinours, chimpathères, chauve-sourioles et autres découvertes

Amandine fera d’impressionnantes et surprenantes découvertes lors de son escapade. Elle y rencontrera des bélinours, des chimpathères et bien d’autres créatures. J’ai apprécié cette liberté créative de l’autrice d’inventer des animaux et de faire de jolis et délicieux néologismes. Mon préféré est définitivement le charresseux.

La nature est un élément central de cet album, Amandine y déambulant, découvrant ce qui l’entoure et s’attardant à ses beautés. J’ai apprécié cet aspect, car il n’y a rien de plus amusant lorsqu’on est enfant (et adulte aussi dans le fond!), du moins dans mes souvenirs, que de se retrouver en nature à simplement inspirer l’air frais, à regarder autour de nous et surtout, à se créer des histoires inventées et créatives.

Comme plusieurs de mes livres coup de cœur, celui-ci s’est trouvé une place sur la cimaise de mon salon, exposé aux yeux de tous. Que voulez-vous, quand un livre est aussi beau, il ne faut que l’exposer! Je ne tolère pas l’idée de le mettre entre deux autres albums dans ma bibliothèque!

Bref, je ne peux que vous conseiller de découvrir cet album que vous soyez un adulte ou un enfant. Je pense qu’il y a une certaine universalité dans ce livre (si vous avez gardé votre cœur d’enfant et ce goût enfantin de rêverie et d’imaginaire!) qui fait sincèrement du bien. C’est un plaisir pour les yeux, oui, mais un petit baume au cœur qui donne le goût de rêver, d’imaginer et de voir un peu plus le monde avec des yeux d’enfants. Il s’agit d’une force chez les Éditions Monsieur Ed : redonner ses lettres de noblesse à la rêverie et à l’imaginaire. J’y adhère complètement, grande rêveuse que je suis.

Et vous, arrivez-vous à retrouver votre cœur d’enfant de temps en temps?


Si vous aimez Marianne Ferrer et Monsieur Ed, voici quelques articles les concernant :

 Fanny Cloutier

Le lac de singes

Le jardin invisible (publié chez Monsieur Ed)

Racines (publié chez Monsieur Ed)


Le fil rouge remercie les Éditions Monsieur Ed pour le service de presse.

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S’exiler sur Tatouine avec Jean-Christophe Réhel

Exposer la subtile beauté du banal, voilà l’exploit que réalise Jean-Christophe Réhel  avec la publication de Ce qu’on respire sur Tatouine. Dans ce roman sans chapitres, on suit le quotidien du narrateur, qui entrelace des épisodes réels de sa vie à des éléments fictifs, dans la plus pure tradition de l’autofiction. Entre un emploi de commis au Super C, une chambre louée dans le sous-sol d’un bungalow à Repentigny et une virée à New York arrosée de crème de menthe, Jean-Christophe Réhel nous dévoile l’unicité de l’anodin, le tout avec la chanson Fell in love with a girl qui résonne en permanence dans nos oreilles.

Ode à la solitude sur fond de fantasme starwarsien

Il se dégage de ce récit du quotidien une constante impression d’être dans la tête de l’auteur; on accompagne ses pensées, souvent incongrues, parfois incroyablement poétiques. Cette sensation de s’introduire dans l’intimité de l’auteur – qui avoisine le voyeurisme – dévoile aussi l’ampleur de sa profonde solitude. Partout où il va, le narrateur ne semble jamais complètement à sa place, il ne cadre pas avec le décor. Sa vie est décalée, il se sent toujours de trop et ses proches sont quasi absents. C’est d’ailleurs de ce sentiment qu’émane son souhait récurrent de «crisser son camp sur Tatouine», planète issue de l’univers de Star Wars, film culte du narrateur. Or, Tatouine représente beaucoup plus qu’une simple planète fictive; c’est un exutoire pour le narrateur, qui s’imagine y vivre sans tracas, sans engagements, sans soucis de santé.

Il y a quelque chose dans cette intrigue somme toute assez banale qui captive l’esprit. Dans ce roman où il ne se passe rien, on retrouve paradoxalement beaucoup de contenu. C’est  une réussite assez exceptionnelle en soi d’avoir converti une réalité aussi ordinaire en une épopée qui nous intéresse jusqu’à la toute fin, sans précisément savoir pourquoi. La qualité du texte y est certainement pour beaucoup; la prose de l’auteur regorge de trésors poétiques dans une surprenante simplicité: 

« Peut-on mourir de noirceur? Je n’ai pas vu le soleil depuis un bon moment. Il neige tout le temps à Repentigny. Le ciel est toujours d’un gris pâle. Mes ongles sont trop longs. Je sais que je dois les couper, mais je n’ai pas l’énergie pour le faire. Tout ça est un grand défi. Tout est compliqué. Se couper les ongles ou marcher dans la neige, même combat. Sur Tatouine, je n’aurais pas besoin de me laver ou de me faire couper les cheveux non plus. Mes cheveux seraient toujours de la bonne longueur, toujours propres, toujours bien placés. » 

La maladie sans misérabilisme  

Omniprésente dans le livre, la fibrose kystique est un combat quotidien pour l’auteur qui en est atteint. Jean-Christophe Réhel décrit avec exactitude l’aspect envahissant de cette maladie, sans jamais tomber dans l’apitoiement ou le désarroi.  L’auteur tente de ne pas faire de sa maladie le centre de sa vie, et cet état d’esprit se reflète chez son narrateur. Il n’y a pas une intellectualisation de sa maladie, en ce sens que l’auteur n’en dégage pas une quête de sens.

Qui plus est, l’humour se manifeste constamment dans les remarques du narrateur, ce qui permet d’alléger l’aspect tragique et douloureux de sa santé. Cette démarche où l’humour et le dramatique s’entrecroisent nous rend le narrateur très attachant, malgré son incroyable manque de structure et d’organisation. 

Bref, Ce qu’on respire sur Tatouine est un roman non conventionnel qui plaira à tous ceux et celles qui, comme Jean-Christophe Réhel, tentent inlassablement de trouver leur planète salvatrice.

Et vous, avez-vous découvert des romans atypiques qui vous ont émus?

 

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Même pas vrai: un premier livre jeunesse épatant de Larry Tremblay

Larry Tremblay est un auteur québécois, reconnu pour ses nombreux romans pour adulte, qui, récemment, s’est adonné à la création de contenu littéraire jeunesse. En effet, c’est avec Même pas vrai, publié en 2016, qu’il marque son entrée dans ce nouvel univers, en collaboration avec Guillaume Perreault pour les illustrations.  Cet album, publié aux Éditions de la Bagnole, raconte de façon candide l’enfance quelque peu troublée de Marco, jeune élève au primaire. Récit touchant dans sa simplicité et dans la naïveté du personnage, Même pas vrai charmera les petits et fera rire les plus grands qui n’ont, comme moi, pas lu d’albums jeunesse depuis un bout de temps.

Un Marco taquin et rigolo

Marco est un petit garçon d’une grande curiosité, qui réfléchit beaucoup et qui se questionne et questionne les autres tout autant. Quelque peu naïf et insouciant, il croit tout ce que ses amis lui racontent; il se retrouve donc à vivre dans un monde où extraterrestres, loups-garous et momies sont fréquemment rencontrés. Ce monde imaginaire, Marco en rend compte dans ses reportages qu’il fait constamment, jusqu’à ne plus dormir la nuit. Parce que, à travers toute sa candeur, Marco est aussi un enfant problématique avec un trouble du comportement, s’insurgeant parfois contre ses parents pour un oui ou pour un non.  Mais surtout, Marco est un enfant attachant qui s’enfarge dans ses mots, change le nom de son chien tous les jours, dessine sur les murs, parle dans un micro invisible et invente des histoires d’extraterrestres. Petit être curieux, il nous charme par sa naïveté et ses réflexions rigolotes, ses pensées enfantines d’un grand sérieux et cette manière de tout prendre au premier degré, comme tous les enfants du monde.

Un livre pour enfants pour petits et grands

Même pas vrai, est, oui, à lire à ses enfants, mais aussi à lire pour soi, peu importe l’âge.  Le texte décrit avec sensibilité et humour une enfance dans toute sa naïveté et sa beauté.  Les illustrations en noir et blanc qui semblent avoir été réalisées au fusain ou au crayon de cire rappellent l’enfance dans toute sa simplicité, sans les problèmes, la complexité et les malentendus de l’âge adulte.  Ce livre, écrit à l’aide d’une si jolie plume, fait sourire par ce drôle de portrait d’un petit garçon plongé dans un imaginaire extravagant.  C’est un récit pour enfants à cheval entre la bande dessinée et la poésie qui plaira à tous, faisant rire et touchant tout un chacun.

Finalement, cette œuvre résultant d’une collaboration entre l’auteur Larry Tremblay et l’illustrateur Guillaume Perreault est un véritable succès littéraire. Marco est un personnage attachant qui fera rire ou du moins arrachera un sourire autant aux plus jeunes qu’aux plus vieux.  Espérons que nous aurons droit à un autre album de la part de Tremblay qui a un talent jusqu’alors inconnu dans la littérature jeunesse. Car, Même pas vrai, c’est un album qui fait du bien, un véritable rayon de soleil, avec toute la candeur qui en émane et l’imagination farfelue de son protagoniste qui nous fait bien rigoler.

Et vous, quel livre jeunesse vous a fait rire dernièrement?

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Un Noël cathodique : la nostalgie cinécadienne

Le titre vous intrigue? C’est normal, j’étais dans la même situation lorsque j’ai découvert ce petit livre aux couleurs de sapin de Noël. Un Noël cathodique, ça veut tout dire, surtout quand on a vécu son enfance dans les années 90. Cette belle époque où les télévisions cathodiques (les grosses TV plus lourdes qu’un frigo) avaient une place dans tous les foyers et diffusaient chaque fin d’année la programmation de Ciné-Cadeau à Télé-Québec. La nostalgie qui vous envahit peut-être en ce moment, vous la retrouverez en lisant Un Noël cathodique, la magie de Ciné-Cadeau déballée.

Du bonbon pour tous

Il est certain que cet essai parle beaucoup à la génération des trentenaires, mais il peut aussi toucher les plus vieux et les plus jeunes. Les parents qui ont vu leurs enfants scotchés devant la télé durant le temps des fêtes auront assurément du plaisir à découvrir le point de vue des 9 autrices et auteurs abordant les différentes facettes de cette traditionnelle programmation alors que les jeunes adultes se reverront peut-être en pyjama, à déguster un chocolat chaud devant Astérix et Cléopâtre. Mais une chose est sûre : tout le monde y trouvera son compte.

Les souvenirs

Ciné-Cadeau, c’est un classique. Cette diffusion en rafale de films durant la période des fêtes a marqué l’imaginaire des Québécois, peu importe leur âge. On y retrouve une tradition qui dure depuis plus de 35 ans. Ciné-Cadeau, ça sent l’euphorie des vacances de Noël, les batailles d’oreiller en pyjama, le pop-corn dégusté avant 11h, les biscuits chauds. Ce sont de bons moments passés en famille. C’est une part de nos souvenirs. Voilà pourquoi ce livre, dirigé par Stéphanie Roussel, vient toucher dans le mille. Chacun a ses propres flash-back et c’est ça qui est important.

Une œuvre variée

Le livre est un collectif, il donne donc un éventail de points de vue sur le sujet. Voilà ce qui en fait une œuvre de qualité. On a la possibilité de se glisser dans la peau de chaque autrice et auteur pour en découvrir la vision unique. Certains textes sont plus critiques, notamment sur la place (souvent minime) qu’occupent les personnages féminins dans les films présentés, d’autres analysent davantage le phénomène « cinécadien ». La préface de Samuel Archibald donne le ton et m’a beaucoup accrochée, me ramenant moi-même à mes souvenirs cinécadiens, des souvenirs délectables. J’ai aussi beaucoup apprécié la liste, à la fin du livre, qui répertorie toutes les œuvres diffusées depuis les débuts (en 1981). Cette petite attention au lecteur fait très plaisir et on peut s’y perdre de longues minutes à scruter les titres de films.

Ce petit bijou rempli de nostalgie s’offre vraiment bien en cadeau. Parlez-en aux clients qui se l’arrachaient l’an dernier à la librairie où je travaille lorsque j’en avais fait les éloges. C’est également un excellent présent pour soi-même.

Et vous, regarderez-vous Ciné-Cadeau cette année?

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Des papillons pis des fins du monde, pis bien du plaisir de lecture, encore!

Je vous le dis, et ce n’est pas un secret: « J’ATTENDAIS CE LIVRE AVEC TELLEMENT D’IMPATIENCE! » J’avais écrit la date de sortie à mon agenda et je comptais les jours, pour vous dire. (Et j’ai mis pas mal de lectures scolaires de côté pendant les deux jours où je l’ai lu d’une traite, mais chuuut!)

Des papillons pis des fins du monde est le troisième (et dernier) tome d’une série écrite par Alexandra Larochelle. Des critiques ont préalablement été faites par Marjorie pour les deux premiers tomes (ici et ici), alors je ne m’attarderai qu’au troisième dans le cadre de cet article.

Dans ce tome, on retrouve avec plaisir le personnage attachant et haut en couleur de Frédégonde Hautecoeur (Fred, pour les intimes) à l’endroit même où le dernier livre l’avait laissée, c’est-à-dire sur le point d’aller assister à un show de musique avec Christo, son ex auquel elle pense toujours. Ce spectacle, de fait, renoue leur relation amoureuse. L’été passe ensuite comme un rêve pour le couple qui jure de ne plus jamais se lâcher et d’oublier le passé, quand Christo avait déménagé en France avec ses parents pour deux ans en laissant Fred par le même coup. Mais lorsque vient le temps des demandes d’admission pour l’université et que Fred souhaite s’inscrire dans un programme de cinéma à Montréal, les doutes resurgissent. S’ils semblent confiants de pouvoir garder leur relation à distance, c’est peut-être beaucoup demander pour deux jeunes adultes dont les vies deviennent, peu à peu, très différentes.

J’ai aimé ce troisième tome autant que les deux précédents. On retrouve avec joie l’écriture maitrisée de l’autrice, ainsi que son si incroyable sens de l’humour, mais aussi ses personnages vrais et ses intrigues bien ficelées. De plus, Alexandra Larochelle sait parfaitement doser les différentes émotions de son roman, ce qui en fait une œuvre travaillée et nuancée, presque sans défauts.

Encore plus, j’ai été très interpellée par la finale, qui n’est pas du tout celle de la comédie romantique par excellence. Ici, pas de réunion des amoureux séparés ni d’excès de bonheur avec tous les éléments de l’intrigue qui se délient dans les trois dernières pages. C’est avec doigté et maturité que l’autrice termine sa trilogie avec un décès – triste! – mais qui permet la réunion de pas mal tous les personnages, dans une cérémonie dont émerge surtout la paix et une réflexion sur la vie. Si Fred y revoit quelques-uns de ses ex – Christo, mais aussi Kendrix, l’amoureux volage du dernier tome -, elle ne ressent pas le besoin de se remettre en couple à tout prix et tout se termine vraiment pour le mieux.

Alexandra Larochelle termine avec ce livre sa trilogie à succès. Je suis un peu triste, je l’avoue. Je souhaite de tout mon cœur qu’elle se mette à l’écriture d’un autre roman, voire d’une autre série. Pour le moment, elle poursuit plutôt un projet pour les adolescent.e.s: le premier tome d’une trilogie parlant de hockey et de déménagement (je vous donne mon avis ici!)

Et vous, comment faites-vous le deuil d’une série ou de personnages que vous avez aimés?

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Le livre-CD de Lydia Képinski: de la musique qui se lit

« Plus personne n’achète de livre et plus personne n’achète de CD. » C’est ce qui est écrit sur la reliure de cet objet, fusion entre livre et album de musique, que j’ai acheté dès sa sortie. Je suis une très grande fan de Lydia Képinski, une autrice-compositrice-interprète québécoise. Je la suis depuis ma première écoute de sa chanson Andromaque, un titre de son premier EP, qui est un savant mélange entre poésie, tragédie grecque et musique héroïque. Je tiens à dire que le texte de cette chanson m’a fait lire la pièce de théâtre de Racine du même nom, et découvrir toutes ses œuvres, un exploit qu’aucun professeur de français au cégep n’a réussi avec moi.

La musique

Lydia Képinski fait de grosses chansons. Elle ne va jamais en demi-mesure dans l’intensité, et c’est ça que j’adore chez elle. Il n’y a pas de fla-fla, que l’authenticité d’une personne qui a de grandes choses à dire, parfois même assez gigantesques. On n’a qu’à penser à Pie-IX et les vers : « La lumière est au bout du tunnel/ Hippolyte-La Fontaine/ Si jamais il me pousse des ailes/C’est que j’aurai coulé ma vingtaine » ou à Les balançoires et : « Ce sont les amphétamines/ qui huilent la grande machine/ des formules algébriques m’induisent/ une joie synthétique ». Ce sont de gros éléphants dans une pièce et Képinski les chante haut et fort.

Étant musicienne moi-même, j’aime voir une artiste qui y va à fond et qui ne compose pas comme les autres, qui n’essaye pas de rentrer dans le moule du couplet/refrain/bridge, qui n’a pas peur des grands mots qu’on ne comprend pas sur le coup. Elle a inventé sa propre forme, son propre timbre,  et c’est rafraîchissant.

Le livre-CD

Les textes de ses chansons se tiennent autant seuls qu’avec la musique, d’où l’idée du livre-CD, je crois. Lire les textes tout en écoutant l’album donne vie à toutes les subtilités poétiques que je n’entendais pas habituellement (je pense à la chanson Belmont plus particulièrement). Le livre-CD fait découvrir l’album une deuxième fois, avec plein de notes et de montage photo en prime. Les annotations et la préface de Kevin Lambert*, remplies d’anecdotes et de faits saillants sur la composition de l’album, ont enrichi mon expérience de lectrice/auditrice. Je suis maintenant familière avec les éléphants que Lydia Képinski a jetés sur la scène de la musique québécoise.

Bref, je suis vendue à la musique képinesque. Allez acheter son album-CD, ça vaut entièrement la peine.

* Kevin Lambert est un auteur dans la vingtaine dont le premier roman a fait l’objet d’un article chez Le fil rouge : Tu aimeras ce que tu as tué, article écrit par Nathalie Slupik.

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Et vous, avez-vous été conquis par Lydia Képinski?