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L’étrange odeur du safran; les mille-et-un détours

Une couverture presqu’entièrement noire, un bouquet de safran qui sèche sur celle-ci et un titre qui intrigue, L’étrange odeur du safran, de Miléna Babin, est sans aucun doute un ouvrage qui capte le regard lorsqu’on l’aperçoit en librairie.

Il en va de même lors de sa lecture, alors qu’on se retrouve plongé au cœur d’une histoire qui bifurque, qui tournoie, qui nous amène à rencontrer, à survoler les personnages qui feront vivre le récit.

Car les personnages et les histoires sont légions dans l’ouvrage de Babin.

Désirant s’enfuir de son oncle et de son frère, Nil, une jeune femme à la moralité douteuse débarque au Bic au volant d’une camionnette miteuse et avec pour compagnon, un renard du nom de Lavande. Elle vient rapidement troubler la vie d’un restaurateur séropositif avec ses façons originales de gérer les choses, mais aussi puisque les membres de sa famille qu’elle tentait de fuir sont maintenant à ses trousses. Jacob, le restaurateur, lui, ne souhaite qu’une chose: voler la totalité de la culture de safran, l’épice la plus couteuse du monde, d’un agriculteur de la région dans le but de la vendre pour acheter des médicaments pour l’aider à vivre avec le sida.

S’entremêleront alors à la fuite de Nil des passages sur la vie des protagonistes qui l’entourent, la disparition trouble d’une jeune fille, aussi amante secrète du restaurateur, des tensions dans l’entourage de celui-ci et un survol de l’étrange cérémonie que prend la cueillette du safran pour une famille en Inde.

C’est alors que l’on se dirige dans un pot-pourri sans réponses, passant par mille détours, où l’on croise des personnages sans réellement savoir le fond de leur histoire. Et c’est comme ça que se termine ce livre, également, comme une parenthèse inachevée, comme si nous n’avions été, que pour un temps, les témoins d’existences diverses et que soudainement notre regard se voilait jusqu’à les perdre complètement de vue. La suite de leur histoire nous restera inconnue et peut-être est-ce bien ainsi.

On découvre, ou effleure plutôt, leurs secrets au fil des pages. On comprend des vérités qui se taisent dans un village aussi petit, vérités qui ne traverseront jamais les pages, qui ne se tailleront jamais un chemin entre les protagonistes. Ce que l’auteure veut bien nous donner, nous lancer à travers les pages ne sera que pour nous, ses personnages évolueront sans ces vérités. On se demande parfois où peut bien nous mener cette lecture aux détours aussi nombreux et qui ne semblent mener nulle part.

Mais quelque chose nous amène à poursuivre.

Serait-ce l’écriture fluide et enveloppante qui finit immanquablement par nous plonger dans cet univers du Bic en 1988? Quoi qu’il en soit, il existe en effet dans cet ouvrage à la reliure magnifique une atmosphère particulière où l’incongru rejoint le banal.

L’étrange odeur du safran reste pour moi un mystère. Un mystère envoûtant, qui enveloppe celui qui le lit. Les liens entre les histoires et les personnages semblent parfois sortis tout droit du vide, mais il m’apparaît que cette aura qui enveloppe le livre va parfaitement avec ce qu’il contient. Il semble détenir un secret, quelque chose de dur à cacher, chaque personnage évolue avec, en son sein, quelque chose de plus grand, de plus effrayant que lui.

Et s’il nous laisse avec une envie d’en savoir plus, d’arriver à démêler les fils qui mènent les quêtes des protagonistes, on referme tout de même ce roman avec l’assurance d’avoir passé un bon moment.

 

Le Fil rouge tient à remercier les éditions XYZ pour le service de presse.

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Quatre suggestions de biographies de femmes québécoises exceptionnelles

Pour le mois d’avril, j’avais envie de me lancer un petit défi et de créer un article plus original que ce que j’avais fait jusqu’à maintenant. Quand j’ai débuté ce défi, je n’étais pas une grande lectrice de biographies. Mais puisque je suis une passionnée d’histoire, j’ai réalisé que les biographies étaient un outil littéraire exceptionnel pour en apprendre davantage sur une époque particulière, des événements marquants et des personnes hors de l’ordinaire qui ont permis le progrès de nos sociétés en contribuant aux changements et à l’avancement des idées.

Pour cet article, je me suis intéressée à découvrir des biographies de femmes québécoises qui ont marqué le Québec de façon particulière. Je me suis donc rendue à la bibliothèque pour commencer mes recherches et j’en suis sortie… 3 heures plus tard!

Au cours de mes recherches, j’ai constaté avec beaucoup de déception que très peu de biographies avaient été écrites sur des femmes québécoises. Pourtant, nous ne manquons pas de femmes exceptionnelles dans l’histoire du Québec et les biographies que je vous présente aujourd’hui en sont la preuve. En effet, dans les quatre ouvrages présentés ci-dessous, le contexte socio-historique démontre le courage et la force de caractère qu’une femme devait posséder pour se faire entendre et se faire prendre au sérieux dans un monde où presque la totalité des milieux professionnels étaient réservés aux hommes.

Nous avons la chance de compter dans l’histoire du Québec, des femmes audacieuses qui ont ouvert le chemin pour l’avancement des femmes et qui mérite que l’on se souvienne d’elles.  Ainsi, voici quatre suggestions de biographies de femmes québécoises qui ont marqué leur époque et l’histoire du Québec à leur façon.

Thérèse Casgrain: plus que le droit de vote des femmes au Québec 

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La première biographie que je vous présente est celle sur Thérèse Casgrain dans une brique de 644 pages écrite par Nicolle Forget. Le livre est costaud mais il dresse un portrait exceptionnel de Thérèse Casgrain et, sincèrement, cette femme mérite chaque page qui lui est dédiée.

Connaissez-vous Thérèse Casgrain ?

Thérèse Casgrain née Forget en 1896, est une militante féministe qui s’est battue pour le droit de vote des femmes au Québec. Pendant 14 ans, elle a dirigé la Ligue des droits des femmes qui demandait le droit de vote pour les femmes au Québec, mais aussi des réformes sociales et juridiques. Il faut se rappeler qu’à cette époque, les femmes ne sont pas encore considérées comme des « personnes ». C’est en 1940 que le Québec fut la dernière province canadienne a donner le droit de vote aux femmes. Thérèse Casgrain fut également la première femme élue à la tête d’un parti politique au Canada. Bref, sa vie fut longue et engagée!

Ce qui est hors de l’ordinaire dans le parcours de madame Casgrain, c’est qu’elle est issue d’un milieu extrêmement riche. Son père, Rodolphe Forget, était l’un des hommes les plus riches au Canada. Considérant cet aspect, pourquoi une dame comme Thérèse Casgrain avait tant à cœur les injustices sociales dont souffraient les femmes ? Puisque, comme vous pourrez le lire dans sa biographie, les enfants issus de la haute société ne fréquentaient pas les enfants de rangs inférieurs. Le travail minutieux de Nicolle Forget permet de nous situer dans l’univers de Thérèse Casgrain avant même sa naissance et nous aide à comprendre ses choix et ses motivations à titre de militante féministe.

Bien qu’aujourd’hui nous prenons beaucoup de droits comme acquis, il ne faut surtout pas oublier tout le travail qui a été fait par des femmes exceptionnelles comme Thérèse Casgrain, et ce, il n’y a pas si longtemps, malheureusement…

Madeleine Parent : Syndicaliste et féministe

Le fil Rouge, le fil rouge lit, les livres qui font du bien, bibliothérapie, livres, lectures, littérature, féminisme, féministes, Droits des femmes, militante, syndicalisme, Madelaine Parent, Andrée Lévesque, Éditions du remue-ménageLa deuxième biographie que je vous présente traite de la vie de Madeleine Parent dans le recueil de textes paru dans Madeleine Parent, Militante, sous la direction d’Andrée Lévesque. Cette biographie est en réalité un recueil de textes produit à la suite d’un colloque tenu à l’Université McGill le 10 mars 2001 sous le thème « Madeleine Parent, ses luttes et ses engagements ». Le recueil a été révisé par Madeleine Parent, elle-même. Ce fut un réel plaisir de lire cette biographie puisque je ne connaissais pas du tout le travail de cette femme militante qui a consacré sa vie à des luttes syndicalistes et féministes.

Connaissez-vous Madeleine Parent?

Madeleine Parent est née le 23 juin 1918 à Montréal et est décédée le 12 mars 2012. En 1936, elle obtient son baccalauréat en sociologie à l’Université McGill. Déjà à ce moment, elle milite pour que les enfants issus de familles défavorisées puissent obtenir des bourses d’études. Pendant ses études à McGill, elle essayera avec beaucoup d’acharnement d’expliquer le Québec et le milieu francophone aux anglophones. Puisque, comme le disait Madeleine Parent « tout rappelait que la classe dirigeante était anglophone et les Canadiens français nés pour s’accommoder de cette situation ». Au cours de sa vie, elle et son mari, Kent Rowley, mèneront des luttes acharnées dans l’industrie du textile pour améliorer les conditions de travail misérables des ouvriers. Ensemble, à l’époque sombre où Maurice Duplessis est Premier ministre, ils déclencheront des grèves du textiles au Québec. Madeleine Parent et Kent Rowley se feront arrêter à quelques reprises. Kent Rowley passera même six mois en prison. Grâce à leurs batailles, ils contribueront à la création d’un syndicalisme canadien. Madeleine Parent militera également pour l’équité salariale, le droit à l’avortement et la défense des droits des femmes immigrantes et des femmes autochtones.

Si cette femme vous intrigue et que vous désirez en lire davantage sur celle-ci, je vous conseille également le livre Entretiens avec Madeleine Parent et Léa Roback écrit par Nicole Lacelle.

Éva Circé-Côté ou Arthur Maheu ou Paul S.Bédard ou Julien Saint-Michel…

Le fil Rouge, le fil rouge lit, les livres qui font du bien, bibliothérapie, livres, lectures, littérature, féminisme, féministes, Droits des femmes, militante, pseudonymes masculins, Libre-penseuse, Andrée Lévesque, Édition du remue-ménage, bibliothèque municipal de MontréalLa troisième femme que j’ai eu le plaisir de découvrir est l’incroyable Éva Circé-Côté. Pour en apprendre davantage sur son parcours, j’ai lu la magnifique biographie écrite par Andrée Lévesque, Éva Circé-Côté, Libre-penseuse 1871-1949. Encore là, une brique qu’il faut savourer et dont chaque page est justifiée par l’immense contribution de cette femme dans un contexte socio-historique complexe du XXe  siècle au Québec.

Connaissez-vous Éva Circé-Côté ?

Éva Circé-Côté est née en 1871 à Montréal. Elle est poète, dramaturge, journaliste et également bibliothécaire. Elle sera la première bibliothécaire de la ville de Montréal à la Bibliothèque municipale de Montréal et contribuera à sa création. Elle a marqué le Québec par ses chroniques publiées dans la presse radicale de l’époque. Elle était une avant-gardiste et exprimait dans ses écrits, des idées et des opinions audacieuses. Par contre, dans le contexte de l’époque, une femme qui voulait défendre ses opinions, surtout sur des sujets aussi controversés, devait le faire sous des pseudonymes masculins (Fantasio, Arthur Maheu, Paul S. Bédard, Julien Saint-Michel etc). Elle utilisera donc au cours de sa vie ces pseudonymes pour s’exprimer sur des sujets comme le droit de travail des femmes, la réglementation de la prostitution, l’instruction obligatoire, la laïcité etc. Également, Éva Circé-Côté fondera un lycée laïque pour les filles afin de lutter contre l’ignorance et l’intolérance.

Je vous conseille fortement cette biographie d’André Lévesque sur une femme aussi intéressante que fascinante. Aussi, si vous désirez lire ses chroniques, il est possible de les retrouver dans un recueil écrit également par André Lévesque et qui s’intitule Chroniques D’Éva Circé- Côté, Lumière sur la société québécoise, 1900-1942.

La Bolduc : première chansonnière du Québec 

Le fil Rouge, le fil rouge lit, les livres qui font du bien, bibliothérapie, livres, lectures, littérature, première chansonnière au Québec, chanson québécoise, Mary Travers, La Bolduc, Pierre Day, Une historie de La Bolduc, Légendes et turlutes, VLB éditeurLa dernière biographie sort du contexte politique et militant, mais n’en est pas moins intéressante. Je suis une amoureuse incontestée de la musique traditionnelle québécoise. Contrairement à beaucoup de monde, pour moi, la musique traditionnelle n’est pas simplement associée au temps des fêtes. Vous pourriez très bien monter à bord de ma voiture au mois de juillet et entendre une bonne chanson à répondre qui sort de ma radio! Personnellement, la musique traditionnelle québécoise a une signification de rassemblement et de joie. Je considère que c’est un remède incroyable contre les mauvais jours.

Connaissant maintenant une partie de mon intimité auditive, vous ne serez pas étonnés de mon intérêt pour l’incroyable chansonnière Mary Travers, plus connue sous le surnom de La Bolduc. Pour découvrir davantage cette femme qui est devenue célèbre grâce à ses turlutes, j’ai lu Une histoire de La Bolduc, Légendes et turlutes, écrite par Pierre Day. C’est une œuvre courte qui n’entre pas dans les détails de la vie de La Bolduc, mais qui en fait ressortir, certes, les pans de sa vie les plus intéressants. Après cette lecture, on ne peut qu’être déçu de ne pas avoir eu la chance de rencontrer cette femme exceptionnelle qui semblait semer la joie de vivre partout où elle passait.

Connaissez-vous La Bolduc ?

Mary Travers est née à Newport en Gaspésie en 1894. À l’âge de 13 ans, sachant qu’elle désire vivre en ville, elle quitte rejoindre sa demi-sœur à Montréal. Elle y travaillera comme ménagère avant de devenir couturière à son propre compte. Elle se mariera à Edouard Bolduc avec qui elle aura treize grossesses dont seulement quatre enfants survivront. Ils vivent dans une grande pauvreté, mais ils réussissent tout de même à être heureux en organisant des soirées musicales à leur maison. Mary joue du violon, de l’harmonica, de l’accordéon et de la guimbarde, il va de soi qu’elle sait mettre de l’ambiance au plus grand plaisir de ses convives. C’est lors d’une de ces soirées que Mary se fera offrir un premier petit contrat comme musicienne pour accompagner deux hommes sur un disque. Mais sa carrière débutera réellement lorsqu’elle remplacera Conrad Gonthier, malade, lors d’un soir de spectacle des populaires Veillées du Bon Vieux Temps. À partir de ce moment-là, elle travaillera comme une acharnée et sera accueillie comme une véritable star partout au Québec.

La Bolduc aura marqué l’univers de la chanson traditionnelle au Québec avec ses chansons humoristiques sur la réalité québécoise sans jamais avoir envisagé faire une carrière artistique. Elle aura également ouvert le chemin pour les autres femmes qui désiraient être reconnues et acceptées dans ce milieu qui, dans les années 20-30, était surtout réservé aux hommes.

Je vous invite également d’aller à la rencontre de cette femme en visionnant l’excellent film réalisé par François Bouvier qui est sortie en salle le 6 avril 2018 et qui rend hommage à son histoire inédite !

Avez-vous d’autres suggestions de biographies de femmes qui ont marqué le Québec à leur façon?

 

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Des oiseaux artistes et questionnements créatifs

Écrire ces lignes entourées de neuf femmes qui écrivent, qui créent, qui osent sortir de leur chez-soi un dimanche matin pour venir assister à nos clubs d’écriture, il n’y a pas de meilleur endroit, je le crois, pour écrire cette critique de La vie d’artiste de Catherine Ocelot.

Cette bande dessinée publiée aux Éditions Mécanique Générale m’a tout de suite attirée, par son titre. Mais c’est surtout les couleurs qui recouvrent l’objet qui m’ont plu. Ensuite, c’est la thématique de la création, du rôle de l’artiste, des questionnements qui accompagnent toujours le fait de créer, ces questions que chaque artiste se pose à un moment ou à un autre. Animant des clubs d’écriture, je suis heurtée à ces doutes et ces questionnements qui viennent de pair avec le fait de s’engager dans une démarche créative, il s’agit donc d’un sujet qui m’interpelle fortement. Ce sont des questions fascinantes et quoique chaque artiste ait sa propre singularité qui fait de lui un être unique, j’ai le sentiment qu’universellement, les mêmes questions et les mêmes doutes reviennent souvent dans la tête d’un artiste. Voilà pourquoi j’ai trouvé que La vie d’artiste était un beau portrait représentatif de ces questions qui surviennent en créant. Et ce, même si j’ai trouvé que l’ouvrage insistait plus sur les difficultés que les avantages de la vie d’artiste.

Des questionnements constants 

Catherine Ocelot pose la question cruciale qui brûle les lèvres de tous les artistes : pourquoi créer ? Elle se met directement en scène dans cette œuvre en dévoilant sa démarche créative, ses doutes, ses hésitations et c’est un aspect que j’ai bien aimé, car cela nous permet de mieux comprendre l’autrice ainsi que l’œuvre. Elle a décidé aussi d’intégrer dans cet ouvrage des réflexions d’autres artistes vivant le même genre de questionnements. Pour ce faire, elle a rencontré ces artistes œuvrant dans différents domaines et de différentes générations : Micheline Lanctôt, Rafaël Ouellet, Natacha Clitandre, Julie Delporte, Marcel Jean, Emmanuelle Caron et Daphné B. Ils l’ont fait évoluer dans sa réflexion créative vis-à-vis ce qu’est la vraie vie d’artiste et ont tous, à leurs façons, une place dans cet ouvrage.

Que des oiseaux

L’autrice a fait le choix de représenter ses personnages sans visage, tels des oiseaux. Ce choix est venu d’une volonté de réellement s’attarder aux discours, à ce que les personnages tentent de communiquer. On reconnaît entre ces pages, les artistes qu’elle a rencontrés, l’autrice elle-même et même sa fille. La bande dessinée n’est pas une histoire linéaire, c’est plutôt des petites parcelles de réflexion, de rencontres, de moments, qui lui permettent de représenter, à sa façon, ce que c’est la vie d’artiste. En mélangeant l’autofiction et ce qu’elle a conservé des rencontres avec les artistes, La vie d’artiste devient une œuvre intimiste qui raconte le parcours de 8 individus. Parallèlement, l’œuvre démontre avec justesse l’universalité des propos qui tourmente et habite les artistes.

J’ai trouvé une certaine noirceur à cette bande dessinée, dans le sens que l’autrice s’est davantage intéressé aux aspects plus difficiles et négatifs. J’aurais aimé y voir de la lumière, car lumière il y a absolument dans ce désir sincère et intense de vouloir créer. Néanmoins, il me semble important de démontrer ces facettes moins reluisantes de la création. À mon avis, la nuance et l’équilibre entre difficulté et bonheur auraient été un ajout intéressant à cette œuvre qui veut représenter la vie d’artiste.

En terminant, je suis persuadée que cette bande dessinée plaira à celles et ceux qui aiment créer et se questionner sur les difficultés que demande la création. Quelques éclaircies traversent l’œuvre, mais la constante est plus difficile s’attardant plutôt sur les défis que sur la joie ou la liberté de la créativité. La beauté des illustrations comme l’humour absurde qui traverse l’œuvre rendent le tout accessible et m’ont fait vivre un très beau moment de lecture.

Selon vous, quels sont les plus grands défis d’un.e artiste ? Avez-vous envie de découvrir cette bande dessinée?


Le fil rouge tient à remercier les Éditions Mécanique Générale pour le service de presse.

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Gourganes : d’la soupe du Québec jusqu’en Afghanistan

Gourganes est arrivé par hasard dans ma boîte aux lettres. Merci à la maison d’édition Stanké pour cette belle surprise et cette belle découverte. En novembre dernier, avant même d’avoir lu le roman, j’ai eu la chance de rencontrer l’autrice Alexandra Gilbert au Salon du livre de Montréal. Ce fut une belle rencontre, Alexandra était rayonnante. Il s’agit d’une grande passionnée de voyages, d’aventures, tout comme son roman semblait présager.

Gourganes Alexandra Gilbert Stanké Littérature québécoise

Alexandra Gilbert m’a fait voyager du Québec jusqu’en Afghanistan pendant ma lecture. L’autrice a séjourné dans plus de 35 pays (dont Haïti, Afghanistan, etc.). Plutôt impressionnant ! Elle gagne à être connue en raison de son parcours de voyageuse humaniste et de féministe. Je vous invite à lire cet article datant de 2009 qui la présente bien. Et elle a su très bien mélanger le voyage et la littérature dans son tout premier roman. En fait, c’est à se demander où sont la vérité et la fiction dans son texte. Je me suis imaginé que c’était inspiré de sa vie.

Dans ce roman, elle raconte l’histoire d’une jeune femme, dont on ne connaît pas le nom, qui part travailler plusieurs mois en Afghanistan. Elle partage son appartement avec d’autres femmes de diverses origines. En fait, à la suite de ma lecture, j’ai imaginé que la jeune femme a utilisé cette possibilité de travail à l’étranger pour fuir les griffes de sa mère. En lisant plusieurs chapitres qui se déroulent au Québec avant son grand départ (et même lorsqu’elle est à l’autre bout du monde), j’ai pu constater la présence d’une mère envahissante et anxieuse, du moins, c’est ainsi qu’elle est dépeinte. Il y a une phrase qui m’a beaucoup choquée lors de ma lecture, c’est lorsque la mère déclare qu’elle a eu un enfant pour n’être jamais seule… Pouvons-nous interpréter cela comme un très grand manque d’estime de soi de la part de la mère, de la manipulation ? La relation qui existe entre elles est malsaine.

C’est donc à l’autre bout du monde, dans un pays toujours en guerre, que la jeune femme tente de se défaire de l’emprise qu’a sa mère sur elle. C’est au cours de ce voyage qu’elle apprendra qui elle est, elle apprendra également à être résiliente. La vie qu’elle aura en Afghanistan ne sera pas de tout repos, la vie des femmes dans ce pays, comme vous pouvez vous en douter, est complètement différente de la liberté que nous avons ici. Elle ne peut aller faire ses achats seule, elle se doit toujours d’être accompagnée de son chauffeur, elle devra porter le voile et vivre quelques attaques terroristes. C’est là qu’elle réalisera l’amour qu’elle porte à mère. Cette constatation se fera lorsqu’elle découvrira les gourganes de l’Afghanistan, parce que cette soupe la ramène directement à la cuisine réconfortante de sa mère.

Grâce à cette lecture, je me suis questionnée sur la relation que j’ai avec ma mère et je suis contente de ce que nous construisons ensemble. Depuis que je suis adolescente, j’ai toujours considéré ma mère comme une confidente et aujourd’hui, je peux dire, comme une amie.

Et vous, quelle est votre relation avec votre mère ?

Le fil rouge remercie la maison d’édition Stanké pour cette lecture.

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Renouer avec la bibliothèque

Il y a maintenant près de sept ans que j’habite l’île de Montréal. La principale raison de mon déménagement était de poursuivre mes études à l’université. Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point les dernières années ont été particulièrement occupées. D’ailleurs, je vous ai déjà partagé les difficultés que j’éprouvais à lire pour mon divertissement depuis mon entrée aux cycles supérieurs. Dès lors, mes visites à la bibliothèque étaient entièrement consacrées à la recherche d’ouvrages théoriques pour l’avancement de ma rédaction de mémoire. Or, maintenant que le dépôt du monstre a été effectué, j’ai pu recommencer à m’adonner pleinement à la lecture de divertissement. Pour ce faire, je me suis inscrite à la Grande Bibliothèque de Montréal.

L’esthétique architecturale

J’ai toujours trouvé le bâtiment abritant les milliers de livres d’une grande beauté architecturale. Il dégage toute une prestance avec ses nombreux étages et ses multiples fenêtres. Bien que j’aie davantage l’habitude d’apprécier les architectures anciennes, je trouve que la modernité visuelle de la Grande Bibliothèque colle bien au décor du centre-ville de Montréal. Une fois à l’intérieur, nous avons accès à plusieurs services tels que des cafés, des salles de conférences, des espaces de travail avec des ordinateurs et des salles de lectures. Ces dernières sont assez bien aérées. Je m’y suis sentie comme chez moi dès ma première visite.

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Une grande sélection

La Grande Bibliothèque offre plus 3,5 millions de documents prêts à être empruntés. Parmi eux, nous comptons des livres évidemment, mais également des disques, des revues, des journaux et des films, pour ne nommer que ceux-ci. Bref, il y en a pour tous les goûts. Le fonctionnement de la bibliothèque est très simple et le système de recherche est très facile à utiliser. Les étages et les rangées sont organisés par types de médiums, par genres et par langues, ce qui permet de s’y retrouver rapidement. De cette façon, vous avez plus de temps pour découvrir tout ce qui ne faisait pas partie de votre recherche. J’ai d’ailleurs eu le temps de tomber en amour avec la section bandes dessinées et mangas. Je peux maintenant lire une série de quatre-vingt-deux mangas sans me ruiner.

Achalandage heureux

Quelle fut ma surprise lorsque j’ai constaté le nombre de personnes présentes dans les différentes zones! Rien ne pouvait me rendre plus heureuse que de voir tous ces gens qui venaient lire. J’avais vraiment l’impression de partager quelque chose d’intime avec eux : la passion de la culture, et ce, peu importe sa forme.  La bibliothèque accueille plus de  44 000 visiteurs par semaine. Ce n’est pas rien! Il y avait du monde partout. Un homme peignait à une table en s’aidant d’un ouvrage sur l’histoire de l’art. Deux amies partageaient un repas à une table du café. Trois adolescents étaient assis sur des fauteuils à côté de plusieurs piles de bandes dessinées. Plusieurs personnes travaillaient aux ordinateurs. Je me sentais honorée de faire partie de tous ces gens qui contribuent à faire rayonner le monde des arts et des lettres.

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Le retour d’un bon vieux sentiment

Comme je le mentionnais plus tôt, mes dernières visites à la bibliothèque étaient uniquement faites dans le but d’avancer mes recherches universitaires. Je restais donc toujours dans un cadre scolaire entre les quatre murs de mon université. Bien entendu, j’ai pris un plaisir à faire mes études, mais il me manquait ce sentiment de bien-être que me procurait autrefois la déambulation entre les rangées remplies de livres, ces livres qui semblaient n’attendre que moi. J’ai trouvé plaisant de constater qu’une autre fileuse avait eu le même sentiment que moi en retournant dans les bibliothèques, et elle nous en parlait juste ici. J’ai à nouveau ressenti cette émotion lors de ma première visite à la BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec). Je ne me sentais pas de pression. Je pouvais prendre mon temps. Je pouvais choisir ce que je voulais et lire mon corpus au rythme qui me chantait. Si je devais donner une définition de la liberté, je crois qu’il s’agirait de ça.

Je ne comprends toujours pas la raison pour laquelle j’ai attendu aussi longtemps avant de m’inscrire. Quel temps perdu! Je vous recommande donc fortement de vous rendre à la Grande Bibliothèque et de vous y inscrire. Après tout, l’inscription est gratuite pour tous les résidents de Montréal. Vous n’avez plus aucune raison d’hésiter.

Et vous, qu’est-ce qui vous émerveille lors de vos visites à la bibliothèque?

 

Crédit photo : Michaël Corbeil

 

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Darlène; une femme et une oeuvre multiples

C’est grâce à la musique d’Hubert Lenoir que je me suis intéressée à Darlène, le premier roman de Noémie D. Leclerc. Les paroles et l’air de la chanson Fille de personne II, souvent entendus à la radio, se sont déposés avec force dans mon esprit et comme un véritable ver d’oreille, je les fredonnais sans cesse : « Je suis venu te dire que tu peux changer. J’ai vu un avenir de femme libérée. Tu portais le cuir et la tête rasée. J’ai vu ton avenir. »  La mélodie pop accrocheuse, des notes assumées de saxophone et le message fort de ces paroles ont piqué ma curiosité et j’ai tout de suite été emballée à l’idée de découvrir dans le roman de Noémie D. Leclerc qui était cette femme à l’avenir libéré.

À la rencontre de Darlène

« […] par un beau dimanche après-midi au vingt et unième mois d’août de sa vie ordinaire, Darlène est une jeune femme sans projet, découragée par chacun des cinq cent douze programmes de l’Université Laval, assise sur la banquette d’un Normandin. »

C’est une histoire de découragement qui nous est racontée, celle d’une quête de sens et de liberté aussi. C’est un récit d’émancipation sur fond d’amour naissant et de souvenirs de jeunesse qui nous présente Darlène, une jeune femme à l’aube de la vingtaine qui souhaite s’émanciper de sa famille, de son quartier et d’un avenir prometteur qui ne la fait toutefois pas rêver. Jusqu’ici, rien de bien original, c’est une histoire maintes fois racontée. Et pourtant! Je me suis laissée toucher par Darlène, par sa fougue, son caractère révolté et sa touche de marginalité ainsi que par l’écriture vraie et sans filtres de Noémie D. Leclerc. Une écriture que j’ai trouvée déconcertante. Au départ, les interventions du narrateur me dérangeaient, comme s’il m’éloignait du personnage. Je trouvais que les dialogues étaient un peu creux et qu’ils ne servaient pas vraiment l’histoire. Le rythme me semblait lent, le niveau de langue agaçant et les digressions envahissantes. Ce n’est qu’au bout de quelques chapitres que j’ai apprivoisé et vraiment apprécié l’écriture de Noémie.

Il faut dire que le banal et le simple y côtoient le grand, le beau et le vrai. Tout est à sa place et a sa raison d’être. Le texte forme un tout qui, cité par bribes, se dilue et perd de sa force. Les passages que j’ai trouvés les plus poignants se construisent au fil des pages, et ce n’est pas leur rendre justice que de les citer hors contexte. Je vous invite grandement à lire le texte dans son ensemble pour en saisir toute l’essence. C’est vraiment une écriture sans prétention qui raconte une histoire comme elle vient, avec ses moments forts et faibles, avec ses images plus lyriques et ses plongées dans la platitude d’un quotidien plus que réaliste ancré dans la banlieue de Québec. On sent que l’autrice flirte avec l’autofiction et qu’elle est inspirée par ce qui l’entoure et ses propres réflexions. Je sais bien que l’adjectif authentique est galvaudé, mais c’est quand même celui-là que je choisis pour décrire l’écriture de Noémie D. Leclerc. C’est un premier roman que je trouve audacieux et riche tant pour sa forme que pour le processus créatif qui l’a vu naître.

Darlène sous tous les angles

Darlène, c’est une histoire, un livre, un album ; c’est une rencontre entre deux esprits créatifs amis et amoureux. C’est Noémie D. Leclerc et Hubert Lenoir qui ont bâti ce qu’ils appellent un opéra rock moderne racontant les tribulations de jeunes adultes dans un monde qui ne leur convient pas. On sent bien que le roman et les chansons se nourrissent l’un et l’autre, qu’il y a un vrai dialogue, une complémentarité. C’est une œuvre multiple que l’on peut apprécier dans son ensemble, en partie, ou pas du tout, mais dont la démarche créative mérite qu’on s’y attarde. Je les trouve tout simplement audacieux, décomplexés et totalement rafraîchissants.

Au final, c’est tout le projet Darlène qui m’a charmée. Il m’a donné envie de découvrir de jeunes talents, d’ici et d’ailleurs, qui ont la témérité de faire entendre leur voix pour nous toucher et nous faire réfléchir.

Et vous, quels jeunes auteurs avez-vous découverts récemment?

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Un lion qui mange de la salade verte, ça se peut-tu?

Dans le rayon «Nouveautés» de ma bibliothèque, je reste dubitative et pour le moins perplexe devant la couverture fortement colorée d’un ouvrage titré Le jour où les lions mangeront de la salade verte, de Raphaëlle Giordano, aux éditions Édito. Allons bon! Encore un titre à rallonge, clinquant, au message subliminal…

Peur ou croyances?

Je jette un coup d’œil aux enfants, assis dans le coin lecture de l’autre côté et plongés dans leur BD respective. J’imagine un lion en train de manger une salade verte… Le visuel aux couleurs à la fois pastel et criardes me fait penser à l’artiste Andy Warhol. Cette dominante rose et bleu ne m’inspire guère et pourtant je m’interroge. Sur la couverture du livre, une ménagère style années 50, qui semble sûre d’elle-même, dresse un lion à passer dans un cerceau. Serait-ce un livre féministe tourné vers le vegan? Nan, nan, nan… Quoique, pourquoi pas?

J’en étais là dans mes réflexions lorsque ma fille arrive et me dit: «Hey, maman, il est marrant ce livre! On dirait que la dame est en train de dresser un chat, elle n’a même pas peur!». Allons donc. Si ma fille s’y met maintenant… Mais oui, elle a raison: c’est une question de peur, en partie. Une question de peur et de courage, de force et de douceur, d’apprentissage aussi et… de développement personnel!

Je saisis l’objet entre mes mains, le jauge d’un œil critique.

Je m’étais déjà laissée embarquer par Ta deuxième vie commence quand tu te rends compte que tu n’en as qu’une. C’est pourquoi, au fond, je sais un peu ce qui m’attend.

«Elle enseigne les vertus de la douceur, il ne connaît que la loi du plus fort…

L’homme est un lion pour l’homme. Et les lions ne s’embarrassent pas de délicatesse. Sûrs de leur bon droit, ils imposent leurs vues sans conscience de leur égocentrisme et de leur appétit excessif pour les rapports de force. Ces lions, nous les croisons tous les jours : automobiliste enragé, conjoint gentiment dénigrant, chef imbu de pouvoir, mère intransigeante qui sait mieux que nous ce qui est bon pour nous…

C’est ce que Romane appelle : la « Burnerie » !

Trentenaire passionnée et engagée, Romane accompagne ces félins mal embouchés vers davantage d’humanité. Elle a créé une société qui leur propose un programme unique en son genre, véritable relooking de posture et de mentalité.

Parmi ses nouveaux participants, figurent de beaux spécimens. Surtout un : Maximilien Vogue, célèbre homme d’affaires, P-D-G d’un grand groupe de cosmétiques, charismatique en diable, mais horripilant archétype de burnerie !

Saura-t-elle le faire évoluer pour qu’il exprime autrement sa puissance intérieure, avec plus de justesse et de respect pour autrui ? Une évidence : elle va avoir du fil à retordre.»

Un cheminement personnel

J’ai le sentiment que les livres arrivent toujours au bon moment dans nos vies. Celui-ci me rappelle certains principes que j’ai eu tendance à mettre de côté ces derniers temps, comme la pleine conscience, la magie de l’instant présent, le lâcher-prise, les rendez-vous avec soi et sa part créative, l’écoute du féminin en nous… Des notions que je connaissais déjà à travers les lectures d’Eckhart Tolle, Jon Kabat-Zinn ou Thich Nhat Hanh. Mais aussi, à travers des ouvrages pour développer sa créativité comme celui de Manon Lavoie (Créer le meilleur de soi), ou Julia Cameron (Libérez votre créativité) et tant d’autres…

Avec Raphaëlle Giordano, c’est une autre histoire. On se prend de sympathie pour ses personnages éraflés, égratignés intérieurement, pris au piège de leurs émotions et de leurs croyances personnelles. On suit avec curiosité leurs aventures et leur cheminement tout en se disant que ce pourrait très bien être nous.

Un livre qui fait du bien est un livre où l’on se reconnait. Celui-ci met en place de manière romancée et légère des pistes de réflexion et des outils en vue d’un changement de vie et d’une meilleure image de soi.

Car il suffit de peu de choses, finalement, pour se sentir comblé et pleinement heureux. Souvent, à tort, on pense que c’est ailleurs que se trouve la réponse alors qu’elle est juste en soi, dans nos croyances profondément ancrées, dans les petites choses que l’on ne s’accorde pas, dans nos habitudes et nos peurs enfouies.

Au-delà des apparences

Pourtant, quelque chose m’intrigue dans le titre. Il ne s’agit pas d’une affirmation mais plutôt d’une semi-vérité. Les lions sont-ils vraiment capables de manger de la salade verte? Pas plus que les poules d’avoir des dents ou que les cochons de voler. Ce titre étrange sous-entend que ce n’est pas demain la veille!

Alors quoi? Est-il donc impossible de changer l’être humain borné (ou burné) ?

Faisant fi de mes propres croyances ce jour-là, je suis tout de même repartie de la bibliothèque avec une tonne de livres pour enfants et cette histoire de lion qui n’en est pas vraiment un, d’homme burné qui n’en est pas un non plus, en espérant qu’on ne me raconte pas trop de salades vertes en chemin…

Aujourd’hui, j’avoue que, même si j’ai apprécié la lecture rafraîchissante de ce livre, il reste un peu trop cousu de fil blanc à mon goût. Peut-être parce que l’on m’a trop appris à ne voir que le noir ou le blanc dans la vie, au dépend de toutes les belles nuances qu’il y a autour. Je suis bien plus que ce que je crois si je fais confiance à ce que je ressens et aux émotions qui m’habitent.

Avez-vous lu ce livre? Quelles ont été vos impressions?

 

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Chercher l’autre et trouver soi

Quelle est l’œuvre que je recommande à une amie au cœur brisé? C’est, sans hésitation, Un si joli visage de Lori Lansens (Les filles, 2006; Les égarés, 2017). J’ai lu ce roman alors que j’apprivoisais le célibat après avoir été en couple pendant presque dix ans. Drôle, touchant et inspirant, ce roman m’a, à ce moment, fait beaucoup de bien.

Mary Gooch est captive dans sa petite ville ontarienne, dans son emploi de subalterne à la pharmacie, dans ses magazines à potins et dans ses émissions de télévision. Elle est aussi emprisonnée par son corps très lourd, puisqu’elle a, pendant toute sa vie, calmé ses angoisses et noyé ses chagrins avec de la nourriture.

Elle s’inquiétait de ce qu’elle allait manger et ne pas manger. Du moment et de l’endroit où elle mangerait ou ne mangerait pas. Elle s’inquiétait d’avoir trop mangé ou de ne pas avoir assez mangé. Elle redoutait l’hypertension, le diabète de type 2, l’athérosclérose, la crise cardiaque, l’AVC, l’arthrose. Le mépris des inconnus. La vérité qui sort de la bouche des enfants. La mort subite. La mort lente. p. 8

Mise à part la nourriture, son mari Jimmy Gooch est le centre de son univers.

Gooch avait été son premier amour. Son compagnon. Son partenaire. La seule famille qui lui restait. Pour elle, le temps se divisait en deux : « avant Gooch » et « après Gooch ». p. 32

L’« après-après-Gooch »

Le jour de leur 25e anniversaire de mariage, Jimmy ne rentre pas à la maison après le travail. Mary s’attend alors à recevoir un appel de la part de Gooch, ou encore de la part de la police lui annonçant que ce dernier a eu un accident. Mais le téléphone reste muet.

Elle ne parle à personne de la disparition, de peur d’être jugée. Les autres se diraient sûrement qu’il est normal que Gooch l’ait quittée. Quelques jours plus tard, elle reçoit enfin une lettre signée par son mari. Ce dernier lui explique les 25 000 $ que Mary vient de découvrir dans leur compte en banque. Il a gagné à la loterie et lui a donné une partie de l’argent. Il en a profité pour fuir, car il a besoin de temps pour réfléchir.

Celle qui n’a jamais voulu déranger personne envoie promener son patron et part à la recherche de Gooch. Elle retrouve à Toronto sa belle-sœur qui lui avoue avoir vu Jimmy avant son départ pour la maison de leur mère, en Californie. Mary ne peut le suivre jusque-là : elle n’a jamais quitté la ville ni jamais pris l’avion. Une succession de mésaventures la mènera cependant à l’aéroport. Elle s’envolera donc vers Golden Hills, à la recherche de son mari.

Les bons mots et les bonnes personnes, aux bons moments

Mary continue de faire face à des difficultés une fois rendue en Californie. Elles l’amènent cependant à faire la rencontre de gens qui l’aideront, à leur manière, à s’émanciper.

Par exemple, un conducteur de limousine lui offre de la raccompagner de l’aéroport vers la maison de la mère de Gooch. Touché par la quête de Mary, il s’arrête en chemin pour lui faire rencontrer Frankie, qui lui fera subir une métamorphose afin de lui redonner confiance en elle.

Devant l’immobilité de Mary, Frankie murmura :

– Tu as besoin d’intimité, d’accord. Mais laisse-moi te dire une chose. Je peux me le permettre parce que nous sommes grosses, toutes les deux. Si tu penses que ton mari t’a quittée à cause de ton poids, tu devrais remercier Dieu d’avoir une deuxième chance.

– C’est pour ça que ton mari t’a quittée, toi?

– Il m’a quitté parce que j’étais malheureuse. J’étais perpétuellement au régime. Bob m’aime grosse. Il m’a appris à m’aimer comme je suis. Si un détail te déplait à ton sujet, change-le. Sinon, aime-le. Il n’y a rien entre les deux. p. 256

En Californie, Mary aide un homme blessé, elle s’occupe des enfants turbulents d’une mère monoparentale et elle accompagne sa belle-mère endeuillée. Elle prend conscience qu’elle se débrouille et qu’elle existe malgré l’absence de Gooch. Elle vit de nouvelles aventures, elle se fait des amis, elle touche enfin à l’eau salée de la mer. En fait, elle vit, tout simplement, enfin. 

Il ne s’était pas écoulé plus de quatre minutes depuis le moment où elle s’était engagée dans le passage pour piétons. Et voilà qu’elle était au fond de la fourgonnette d’un inconnu, la main d’un Mexicain qui pissait le sang dans la sienne. Voilà ce qui arrivait aux gens qui sortaient des ornières de leur quotidien confortable. p. 343

Candeur, humour et empowerment

Quand on a été longtemps en relation, il me semble qu’il fait bon de se rappeler que l’on est plus que la moitié d’un couple. Et lors d’une rupture, ce n’est pas toujours simple de se retrouver face à soi, de (re)découvrir qui nous sommes, sans l’autre. Après ma séparation, lire Un si joli visage m’a donné le goût d’oser sortir de mes ornières, d’aller voir ailleurs si j’y étais et de rencontrer celle que j’étais vraiment. Ça a mené à des voyages, des déménagements et des projets un peu fous, mais surtout de nouvelles et précieuses amitiés.

Il y a beaucoup de « messages » sur la confiance en soi dans le livre, mais ils sont très simples, souvent subtilement insérés dans le texte avec beaucoup d’humour et un peu d’ironie.

L’autrice donne accès aux pensées de Mary, et il est facile de se reconnaître dans les réflexions du personnage, dans ses hésitations, ses angoisses, et plus tard, dans ses rêves. Cette dernière est attachante, certainement en raison de sa candeur. Elle s’adresse parfois à un dieu féminin et elle laisse des messages à la troisième personne sur le répondeur du cellulaire de son mari, comme si la « voix » allait transmettre le message :

– C’est encore Mary Gooch. Il est huit heures quarante-cinq. Pourriez-vous demander à Jimmy Gooch de rappeler sa femme au travail, s’il vous plait. Merci. p. 99

Mais il y a un mais…

Il y a plusieurs sections du texte qui m’ont fait rire aux éclats, d’autres qui m’ont touchée. Cependant, en refermant la couverture, je me suis questionnée où l’autrice voulait en venir avec la perte de poids de Mary, qui survient pendant qu’elle est en Californie. En effet, pendant son voyage, celle-ci perd totalement l’envie de manger, et « fond ». Est-ce réaliste de penser qu’une personne qui a « mangé ses émotions » pendant 25 ans cesse de le faire, du jour au lendemain, dans une période de bouleversements aussi intenses? Je sentais que sa liberté était inversement proportionnelle à son poids. N’est-ce pas un peu facile de faire un lien (délibéré ou non) entre le bonheur et l’espoir de Mary et sa minceur en devenir?

La quête du roman est la recherche de Gooch, qui semblait être un mari bon et affectueux. Cependant, au cours de la lecture, j’en suis venue à me demander si c’était une bonne chose pour Mary qu’elle le retrouve.

Quelle est l’œuvre que vous recommandez à vos amis au cœur brisé?

 

Un si joli visage, Lori Lansens, Éditions Alto, 2011, 536 pages (traduction de A Wife’s Tale, publié chez Knopf en 2009).

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Il était une fois… un atelier sur le conte

« Papa, raconte-moi une histoire » : souvenirs d’enfance

Mon père était un conteur extraordinaire qui brisait l’ennui des longs voyages en voiture et des étés pluvieux au chalet. Mythologies grecques, contes populaires adaptés et revisités ou épopées merveilleuses de son cru faisaient partie de son répertoire. Ma sœur et moi étions bon public et en redemandions sans cesse. Nous voulions entendre et réentendre ces histoires merveilleuses. Cette littérature orale, qui m’a accompagnée tout au long de mon enfance, a en partie construit mon identité et m’a amenée à la littérature. J’ai d’ailleurs commencé à lire sur le tard. Ces histoires me suffisaient avant qu’arrive le moment fatidique où on doit s’émanciper de l’enfance pour traverser la période douloureuse de l’adolescence. Les histoires de mon père se sont perdues dans les reliques du passé. Et, après avoir résisté, j’ai dû réapprendre à lire pour retrouver ce sentiment d’évasion unique que procure la fiction. Quand je repense à cette époque, aux origines de mon intérêt pour la littérature, je me questionne sur la place de l’oralité dans les œuvres littéraires.

Retrouver le goût de la littérature orale

Je vis au Yukon depuis septembre et, en février, la conteuse Évelyne Ménard a été invitée par l’Association franco-yukonnaise afin d’offrir aux francophones des ateliers sur le conte. J’ai eu la chance de participer à un de ses ateliers se déroulant sur trois jours, en soirée de 18 h à 21 h, et qui visait à nous préparer à participer à un 5 à 7 où nous aurions l’occasion de raconter un conte. Pendant les deux premiers jours, nous avons eu droit à un peu de théorie sur le conte, mais nous avons surtout fait différents exercices qui visaient à développer notre imaginaire et à raconter une histoire spontanément. Nous avons aussi fait des exercices de voix et d’étirements pour nous préparer à la scène. La troisième journée était consacrée à notre propre conte. Le but n’était pas d’inventer une histoire de toute pièce, mais de nous approprier un conte déjà existant. À ce stade, nous étions trois participantes qui avions accepté de nous prêter au jeu de la représentation publique. Les deux autres avaient déjà trouvé leurs histoires et avaient eu l’occasion d’en faire un résumé. J’ai été touchée par leurs contes qui avaient été choisis pour des raisons très personnelles et qu’elles racontaient avec beaucoup de conviction. L’un d’eux était issu d’une légende autochtone que la conteuse avait héritée de sa belle-mère et l’autre racontait l’histoire véritable de pionniers franco-yukonnais.

Mon histoire…

En m’inspirant d’un livre apporté par Évelyne, Légende du Saint-Laurent : récits des voyageurs de Jean-Claude Dupont, j’ai, comme les autres conteuses, décidé de m’inspirer de ma propre histoire. J’ai raconté une légende sur la noyade du personnage historique d’Ahuntsic, qui donne son nom au quartier de Montréal où j’ai vécu toute ma vie avant de venir au Yukon. J’ai adoré travailler le texte du conte pour me l’approprier pleinement en l’associant à mon propre rapport au quartier Ahuntsic, en décrivant la rivière et le parc Nicolas Viel. Je peux difficilement rendre compte de la représentation. Après un début plein d’hésitation, je me suis laissée transporter par mon récit dans lequel des voyageurs en canot sur la Rivière-des-Prairies rencontrent le noyeu, un inquiétant personnage assis tout près d’un feu, qui dégouline sans jamais qu’une goutte ne tombe sur le sol. Dans la légende, ce dernier aurait été à l’origine de la noyade d’Ahuntsic. En racontant cette histoire, je me suis moi aussi perdue sur le bord de la Rivière-des-Prairies dans le froid et la nuit parmi les voyageurs effrayés.

Réintégrer la littérature orale dans ma vie

Cet atelier a touché une corde sensible. Il m’a ramenée à mon rapport personnel à la littérature qui a commencé avec cette littérature orale. Le conte oral est une expérience littéraire complètement différente de la lecture. Il implique toujours une relation, parfois un échange même, entre au moins deux personnes : un conteur et un auditeur. Le récit oral, souvent entendu ailleurs et repris, est éphémère, toujours en mouvement, et c’est pourquoi les mêmes contes sont racontés souvent, adaptés et enrichis avec le temps. J’ai été élevée dans cette culture du conte dont j’ai lentement été déconnectée, dans ce monde où l’écrit règne. Pourtant, pour certaines sociétés, le conte oral est un moyen de transmission crucial. Cet atelier m’a donné envie de réintégrer la littérature orale dans ma vie, de continuer à raconter des histoires et d’écouter celles que d’autres voudraient bien me raconter.

Et vous, quel rapport entretenez-vous avec la littérature orale? Racontez-vous parfois des histoires?

Quelques livres de contes à lire et à raconter :

Pour des contes du Québec :

Légende du Saint-Laurent : récits des voyageurs, Jean-Claude Dupont, J.-C. Dupont, 1985.

Contes et légendes du Québec, Montréal, Beauchemin, 2009, 316 p.

Pour un classique qui ne vieillit pas :

Les contes d’Andersen

Pour des contes diversifiés, originaux et parfois effrayants :

Contes de sorcières et d’ogresses, réunis par Pierre Dubois, illustrés par Roland Sabatier, Hoëbeke, 1999.

Pour lire le conte qui m’a inspirée :

http://www.biblisem.net/narratio/tachenoy.htm

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Cinq albums jeunesse pour peaufiner ses techniques d’évasion dans l’imaginaire

Dans le cadre de mon métier, je travaille avec le réel, dans sa grande cruauté comme dans son étonnante beauté. Au quotidien, je suis confrontée à la violence, aux oppressions et aux injustices qui façonnent notre monde. Décrocher devient alors essentiel et la lecture est un moyen particulièrement efficace pour ce faire. Depuis quelques temps, je prends un immense plaisir à découvrir les albums pour enfants. Il y a quelque chose d’extrêmement libérateur dans ce laisser-aller dans l’imaginaire que permet la littérature jeunesse. Les histoires inspirantes ponctuées de belles images que recèlent les albums jeunesse constituent une accalmie dans un monde qui me semble parfois trop fulgurant.

Where the Wild Things Are (traduit en français sous le titre Max et les maximonstres) a été mon premier coup de cœur, il y a quelques années déjà. Cette ode au monde de l’enfance est depuis une source d’apaisement et un rappel de l’importance de la créativité, de la spontanéité et du jeu. J’ai voulu partir à la découverte d’autres ouvrages jeunesse abordant le thème de l’imaginaire. Voici les quelques découvertes que j’ai pu faire en visitant la jolie petite librairie jeunesse Bric à Brac, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Max et les maximonstres de Maurice Sendak

Cet album, publié dans les années 1960, dont le texte et les images ont été créés par Maurice Sendak, est un classique de la littérature jeunesse américaine. Un soir qu’il commet bêtise après bêtise, le jeune Max se retrouve en punition dans sa chambre. C’est alors qu’une forêt se met à apparaître autour de lui, puis un océan. Un bateau à voile l’emporte sur une île peuplée de bêtes effrayantes, dont il sera tôt fait roi. Les péripéties de Max sur cette île fabuleuse ont été portées à l’écran en 2009.

Le lac de singes d’Élise Turcotte et Marianne Ferrer

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Il arrive à la maman du petit Pilou de buter sur les mots et de déformer ce qu’elle cherche à dire, ce qui lui attire bien des regards inquisiteurs. Un soir, elle souhaite demander à Pilou de mettre ses vêtements dans le sac de linge sale. Il ne suffit que d’un lapsus pour entraîner l’enfant dans une aventure au lac de singes. Il y découvre une jungle foisonnante peuplée de singes et d’une panoplie de créatures fascinantes. Voilà un joli livre pour apprendre à composer avec nos différences et à les appréhender avec empathie et humour.

Carl et Elsa s’échappent de Jenny Westin Verona et Jesus Verona

Lors d’une journée de congé passée à la maison, après avoir fait tous les jeux possibles à l’intérieur, Carl et Elsa s’ennuient franchement. C’est alors que les deux amis décident de s’aventurer dans le jardin, qui ne tardera pas à devenir une jungle profonde et animée, pleine de découvertes, de défis et de dangers dont il faut se prémunir. Les illustrations fourmillantes de détails qui accompagnent le récit sont une jolie invitation à découvrir avec eux leur monde imaginaire.

L’incroyable voyage d’une peluche de Pamela Zagarenski

Une peluche peut-elle vraiment communiquer et avoir des émotions? C’est ce dont est convaincu Henri, contrairement à ses parents. Lorsqu’il égare Léo, son fidèle ourson qui l’accompagne partout, il a bien du chagrin.

«Henri était persuadé que sa famille ne comprenait pas ce que signifiait être réel. Pour lui, Léo était tout aussi réel que sa mère, son père et sa sœur. Aussi réel qu’un arbre, un nuage, le soleil, la lune, les étoiles et le vent. Aussi réel qu’une fleur, une abeille, un oiseau, un renard, un galet, un ruisseau, un océan ou une baleine. Léo était son meilleur ami. Il était comme un frère. Ils s’aimaient. Ils prenaient soin l’un de l’autre. C’était cela, la réalité.»

Malgré les recherches menées de bon cœur par la famille d’Henri, on ne trouve nulle trace de Léo. C’était sans compter que de son côté, Léo, aidé par les animaux de la forêt, saurait retrouver le chemin qui le ramènerait auprès de son ami. Cette œuvre est une belle invitation à accueillir l’imaginaire des enfants, car après tout, leur monde est bien réel pour eux. Les quelques illustrations laissées sans texte nous permettent de nous abandonner à la contemplation, de même que de composer et de recomposer soi-même une narration à l’histoire.

Le jardin invisible de Valérie Picard et Marianne Ferrer

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Impossible de ne pas mentionner cet album absolument magnifique qui raconte le voyage de la petite Arianne dans l’univers surprenant et intemporel du jardin de sa grand-mère. Une fileuse a d’ailleurs déjà raconté son expérience de lecture de cet album, que je vous invite à lire.

 

 

Et vous, quels sont les ouvrages littéraires qui vous permettent de vous évader dans l’imaginaire?

 

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