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Un regard lucide et inspirant sur l’entrée dans l’âge adulte avec Leslie et Coco, de Marie Demers

Je pense que j’ai eu de la chance. J’ai d’abord lu Leslie et Coco pour le plaisir avant de le relire pour en faire une critique. Cette première lecture dépourvue de tout objectif d’ordre analytique m’a permis de découvrir le roman à mon rythme, de le lire parfois lentement et d’autres fois très vite, bref, de le lire comme le ferait une vraie lectrice – ce que je suis avant d’être critique et chercheuse universitaire.

J’ai toujours aimé les romans pour adolescents ou jeunes adultes, et mon bonheur est encore plus grand lorsque j’ai la chance de plonger dans des œuvres accrocheuses, sensibles et réussies comme celle-ci. Si ma première lecture était intuitive, la seconde m’a amenée, quant à elle, à ressentir de manière plus vive toute la profondeur du roman ainsi que la richesse des thèmes, déployés avec doigté et nuances. Au final, mes deux lectures ont satisfait à la fois la lectrice et la critique en moi, tout cela grâce à la qualité du roman que j’avais entre les mains.

Dans la peau de Leslie et de Coco

Leslie et Coco (pour Colette) sont des amies de longue date qui vivent loin l’une de l’autre depuis que la première a déménagé à Montréal pour ses études collégiales, laissant la deuxième terminer son secondaire en Gaspésie. Peu adeptes de la technologie, les filles s’envoient plutôt des lettres, dans lesquelles elles racontent chacune à leur tour les expériences qu’elles vivent, les difficultés qu’elles rencontrent, leurs émotions et les émois amoureux propres à cette période de l’entrée dans l’âge adulte. C’est pendant une visite de Coco à Montréal que les deux amies se revoient enfin et vivent ce qui vient à la fois souder et mettre à l’épreuve leur amitié.

Ce qui fait la force du roman Leslie et Coco – le troisième pour les ado-adultes de Marie Demers, qui écrit aussi pour la jeunesse – c’est précisément les personnages, les deux filles qu’elle met en scène. Elles sont d’emblée posées comme étant opposées et très différentes – l’une blonde et plus plantureuse, l’une rousse et maigre; l’une sportive et perfectionniste, l’autre bonne vivante et pas sportive du tout – mais Marie Demers ne les cantonne pas sous ces traits qui pourraient prendre la forme d’étiquettes rigides. Leslie et Coco demeurent nuancées, complexes et surtout très humaines, tout comme l’écriture qui les dévoile sous toutes leurs coutures, à la fois imparfaites et contradictoires. D’autant plus que Leslie en vient à s’assouplir au contact de Coco, alors que celle-ci se révèle posséder une rare force de caractère lorsque vient le temps d’aider son amie.

Explorer la complexité de la nouvelle adulte

Le roman propose un regard riche sur la réalité de la période d’entrée dans l’âge adulte. Si les thèmes évoqués sont nombreux (et parfois graves), ils sont développés avec grande habileté et surtout, sans cliché. Le consentement, l’orientation sexuelle, les troubles anorexiques et obsessionnels, le désir et l’amour sont intégrés à l’intrigue sans qu’il en résulte une représentation simpliste – et sans qu’ils prennent toute la place non plus dans le développement narratif. Je dirais que le roman offre, en ce sens, un équilibre des plus harmonieux entre les enjeux abordés et le fait que cela reste avant tout un roman sur l’amitié.

Marie Demers choisit en ce sens ses thèmes avec soin et les décline avec force. Et à travers les différentes épreuves, les personnages se déploient encore plus magnifiquement – je pense notamment à cette magnifique lettre qu’écrit Coco à Leslie lorsque cette dernière lui apprend que son chum a eu des rapports sexuels avec elle sans son consentement. La douceur et le respect dont fait preuve Coco dans son désir d’aider son amie à réaliser qu’elle ne doit pas accepter ça est très inspirant. Cela illustre ce que devrait être l’amitié, c’est-à-dire une relation où l’on est toujours là pour l’autre, sans jugement, mais dans le respect et la vérité.

En bref, la lecture de Leslie et Coco est réjouissante, parce que le roman ne se laisse pas entraîner par les courants ambiants de la littérature adolescente, qui se veut parfois conservatrice – son autrice, de la même manière, est reconnue pour son regard lucide sur la réalité ainsi que pour son franc-parler. Si ce n’est pas déjà fait, je ne peux que vous inviter chaleureusement à aller à la rencontre de ces deux magnifiques personnages que sont Leslie et de Coco (et à attendre impatiemment à mes côtés la suite de ce qui sera sans aucun doute une trilogie!).

Et vous, vous sentez-vous touchés par des romans destinés aux jeunes adultes?

Le Fil rouge voudrait remercier les éditions Hurtubise pour le service de presse.

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Une sorte de lumière qui éblouit

Directe, étonnante et passionnée, la prose de Maude Veilleux sort de l’ordinaire par sa singularité. Sa poésie happe, déchire, surprend, tout en étant hyper accessible. Pour ma part, c’est par son premier recueil – au titre peu conventionnel –, Les choses de l’amour à marde (2013), que j’ai découvert cette brillante écrivaine il y a quelques années. Récemment, plusieurs ami.e.s m’ont vanté en long et en large les mérites de son plus récent recueil paru en juin dernier aux éditions de l’Écrou et intitulé Une sorte de lumière spéciale. J’ai à nouveau été comblée par la plume non conformiste de l’autrice grâce à ce dernier recueil d’une puissance qui éblouit tellement qu’on en devient presque aveugle d’émerveillement.

Revendiquer le droit d’être trash 

Originaire de la Beauce, Maude Veilleux se réclame, dans son dernier ouvrage, d’une esthétique trash et critique le fait que beaucoup d’intervenants du milieu littéraire ont levé le nez sur son style d’écriture parce qu’ils l’ont trouvé trop glauque, trop sale. Or, l’écrivaine provient d’un milieu ouvrier plutôt pauvre, un milieu «de cowboys du Québec où on milite pour un deuxième Walmart», comme elle le dit elle-même.

Dans son dernier recueil, au lieu de les cacher ou de les dénigrer, Maude Veilleux assume ses origines beauceronnes. Elle les expose afin d’insister sur l’importance de sortir la poésie des cercles élitistes et littéraires métropolitains et de l’apporter chez les gens qui en ont vraiment besoin, comme «ces monsieurs cassés en deux par la vie» qu’elle connaît trop bien:

«Trash is politic. Pas juste une esthétique pour faire cool. Si on a l’air d’une gang de toxicos, c’est peut-être aussi parce qu’on vient de milieux pauvres. Qu’adolescent.es on a commencé à s’automédicamenter parce qu’il n’y en avait pas des psys dans nos écoles de région. Et, on est des poètes. Of course qu’on est des poètes. On n’a rien d’autre. Notre seul name tag. Rien d’autre pour se péter les bretelles avec.

Tu veux nous enlever notre légitimité. Tu fais comme on m’a toujours fait, tu fais ce que les bourgeois font, tu me dis d’arrêter de parler. De ta chaise, peut-être que d’essayer de changer des choses, ça sert à rien parce qu’anyway tu vas pouvoir continuer à boire tes negronis et passer tes étés au bord d’un lac, mais pour moi ç’a jamais été comme ça. Si je suis sortie de la Beauce, des bars, c’est pour être poète. 

Puis, à la Foire agricole de St-Honoré-de-Shenley, quand Alexandre Dostie gagne le premier prix du concours de talents, et que le lendemain les gars de la scierie débarquent au stand de l’Écrou pour acheter des livres, je sais que notre parole est importante et que notre poésie se rend là où elle doit se rendre.»  

C’est un beau gros doigt d’honneur que l’autrice lance ainsi au visage de la soi-disant «beauté littéraire» telle qu’elle est définie par les institutions académiques. C’est probablement ce qui rend son écriture si puissante et, paradoxalement, si empreinte de beauté. Il y a quelque chose de foncièrement beau dans cette revendication trash de la pluralité des proses et des genres littéraires.

Un recueil politique et revendicateur

Une sorte de lumière spéciale m’a semblé beaucoup plus revendicateur que Les choses de l’amour à marde, qui était certes aussi direct, mais moins politique, en ce sens qu’il parlait surtout d’une relation amoureuse. Le dernier recueil de Maude Veilleux jongle davantage avec la volonté politique de changer les choses, la colère outrée et la critique des institutions académiques bien-pensantes et traditionnelles. C’est personnellement la raison pour laquelle j’ai préféré la dernière création de l’autrice à sa première publication.

Une sorte de lumière spéciale a aussi le mérite de montrer que la colère n’est pas forcément négative. Bien canalisée, elle est un moteur très efficace pour dénoncer et pour demander du changement. C’est d’ailleurs ce qui rend l’écriture de Maude Veilleux si inspirante. On ne peut s’empêcher de partager sa volonté de changer le monde, tout en constatant avec cynisme la faiblesse de notre pouvoir réel.

Dans cette dernière parution, l’autrice aborde également son anxiété sociale et ses diverses stratégies d’évitement, comme sa tendance à la diluer dans l’alcool, dans lesquels plusieurs lecteurs.trices se retrouveront assurément:

«mon rapport au monde est weird

et je suis écoeurée de dissimuler

j’ai envie de tout dire

de dire l’anxiété qui fait ne pas répondre au téléphone

aux courriels, aux textos

de dire les soupers qu’on annule pour ne pas manger

de dire le vin qu’on binge pour être capable de jaser» 

Maude Veilleux nous sert donc une forme de révolte contre les structures qui régissent nos sociétés dans Une sorte de lumière spéciale. Une révolte plurielle qui s’attaque aux structures de classes sociales, aux cadres établis par les littéraires académiques et aux règles non dites qui régissent les relations sociales qu’on est contraints de respecter pour avoir de la valeur dans le regard de l’autre. C’est une grande dénonciation des structures sociétales qui nous empêchent d’être, et c’est justement ça qui fait du bien.

Et vous, quel.le.s sont les poètes dont la prose vous éblouit?

Visages dionysiaques: à chacun sa pastille de goût

Parfois, quand je vois un livre, je sens qu’il va me parler! En voyant celui-ci, je savais qu’il s’agissait d’un livre pour moi juste avec le titre: Visages dionysiaques. Un titre évocateur puisqu’il parle de visages et du dieu grec Dionysos, dieu de la vigne, du vin et de ses excès. Un livre qui correspond à mes deux passions: la lecture et le vin! 

Dans ce recueil de nouvelles publié par l’Interligne, l’auteur, Laurent Fadanni, nous propose vingt différents personnages selon vingt vins différents. Comme quoi le vin a plus de caractère que l’on peut le penser. 

À chacune des nouvelles, l’auteur nous donne d’abord la fiche du vin dont il s’est inspiré, et s’ensuit un texte unique. 

Ma pastille de goût  

D’abord sceptique, je ne croyais pas possible de trouver vingt personnalités différentes pour correspondre à des vins. Il faut croire que je ne suis pas encore une experte et qu’il me faudra plus de visite dans l’espace cellier, puisque l’auteur s’en ait tiré haut la main. Il nous transporte dans ce qui pourrait être une campagne française où un homme se joint à son père et son frère pour une partie de chasse qu’il aurait préféré éviter, là où une vieille dame dévoile son amour à son amant et lui annonce qu’elle quittera son mari, où dans une fête foraine visitée par une fillette… Bref, plein d’univers différents pour nous faire voyager. 

J’ai aussi beaucoup apprécié le format. Ce sont de courtes nouvelles de cinq à dix pages qui se lisent partout et en tout temps. Que ce soit entre deux stations de métro ou en attendant que votre plat réchauffe au micro-ondes, ces courtes nouvelles vous feront vivre toutes sortes de choses: de la tendresse, de la nostalgie, l’envie de sourire, de réfléchir. 

J’ai particulièrement apprécié la nouvelle intitulée Émilienne. Un pinot noir qui porte le nom «Volnay 1er Cru Clos des Chênes». En bouche: dense, racé et velouté, aux saveurs de petits fruits rouges, d’une grande élégance.

«Elle était couchée sur un sofa de velours rouge, de tout son long étendue, ou plutôt non, étalée telle une fleur, une orchidée fraîchement coupée gisant dans un écrin, languide, mourant et cependant, en son ultime parfum, exquise.»

C’est une nouvelle qui m’a autant émue que fait sourire. Je vous laisse imaginer le reste de la nouvelle. 

Et vous, quel vin représenterait votre personnalité?

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Un merveilleux conte sur l’amitié et la bienveillance: Les trois petits loups (et une belle truie), de Marie Demers

Après avoir déjà démantelé deux contes célèbres pour en offrir des versions «culottées» parues en 2019 sous les titres Le Petit Capuchon Bleu (et le loup qui voulait s’appeler Jennifer) et Peau de vache (ou La Princesse qui voulait épouser son papa) (pour mon article, c’est ici!), la prolifique autrice jeunesse Marie Demers nous revient avec un troisième conte, tiré cette fois-ci des Trois petits cochons, intitulé Trois petits loups (et une belle truie). 

Je l’attendais tellement, ce troisième Conte culotté! Et je n’ai absolument pas été déçue.

Repenser Les trois petits cochons

Dans Trois petits loups (et une belle truie), il n’y a pas de grand méchant loup, vous l’aurez bien deviné, mais plutôt une belle grosse truie à la personnalité chaleureuse, généreuse et pétillante appelée Isabelle. Il n’y a pas non plus de petits cochons qui vivent dans des maisons de paille, de bois et de brique, mais bien des petits loups – Jean-Loup le sportif, Wolfgang l’intello et Mahigan le père débordé. Et finalement, aucun de ces personnages n’est bêtement méchant ou gentil et aucun n’est dévoré non plus, puisque Isabelle et les trois petits loups sont de grands amis qui peuvent compter les uns sur les autres.

C’est d’ailleurs le cœur de l’histoire, car lorsque Isabelle s’aperçoit que son superbe divan, trouvé sur le trottoir, est infesté de punaises, Jean-Loup et Wolfgang l’accueillent chez eux sans hésiter, le temps que son appartement passe aux mains des exterminateurs. Ils iront ensuite ensemble aider Mahigan lorsque la charge de ses trois (petits) petits loups lui pèsera un peu trop. Ici, l’union fait la force, l’amitié est précieuse et toutes et tous se prêtent main-forte comme ils le peuvent, sans se juger.

L’histoire est racontée avec beaucoup, beaucoup d’humour, mais on y traite aussi des thèmes sérieux. C’est une des forces de Marie Demers, d’aborder ces thèmes sans que ça soit lourd ou moralisateur. Ici, par exemple, la monoparentalité (paternelle) et la dépression sont traitées avec tact et bienveillance. L’autrice insiste aussi beaucoup sur l’importance d’accepter et d’aimer tous les corps, qu’ils soient gros ou minces, car stigmatiser les corps dits «anormaux» n’a pas lieu d’être. Les personnages apprendront aussi beaucoup les uns des autres que ce soit la tolérance, la différence et l’entraide. Finalement, cerise sur le sundae, l’histoire ne se termine pas par un mariage heureux, mais sur une relation amoureuse qui ne dure pas pour toute la vie (et les deux personnes resteront amis!). Alleluia.

Ce conte est une merveille du début à la fin et je l’ai trouvé encore plus réussi (si c’est possible) que les deux précédents. Tous les détails sont pensés, réfléchis et tout se tient magnifiquement bien. Il y a une telle originalité et un tel travail de fignolage qu’il en résulte un récit solide et autonome, qui est largement émancipé du conte d’origine – on n’en oublie presque la vraie histoire! Toutes ces qualités font, à mon avis, de ces Contes culottés de grandes œuvres littéraires pour la jeunesse.

Que puis-je dire d’autre que… longue vie aux Contes culottés?

Et vous, aimez-vous lire des réécritures de contes de fées?

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Quelques lectures pour passer à travers de l’isolement social

Avec la crise qui sévit en ce moment, l’équipe du Fil rouge comprend à quel point il peut être difficile de vivre l’isolement social, surtout lorsqu’on est coincé dans un petit appartement montréalais. Entre fileuses, nous avons discuté de ce qui nous aidait en ce moment et des lectures qui nous permettaient de nous évader quelques heures. Nous avons décidé de partager ces découvertes avec vous en espérant vous apporter un peu de douceur pendant ce dur moment.

Les trucs et les lectures de Nathalie

Se plonger dans un pavé, une grande histoire, est toujours idéal pour s’évader. Voici quelques-uns de mes préférées: Americanah ou L’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie, Jane Eyre de Charlotte Brontë, ou encore Anna Karénine de Léon Tolstoï.

Ce qui m’aide le plus à combattre l’anxiété occasionnée par cette période, c’est de me couper des médias, mais aussi des réseaux sociaux où on entend parler de la situation tout autant. Quand je me connecte sur Instagram ces temps-ci, j’essaie de trouver des comptes qui partagent des textes ou des illustrations apaisantes, inspirantes ou qui permettent simplement de réfléchir. J’en partage d’ailleurs tous les jours sur ma propre page (@lanuitjelis), en espérant que ça aide les autres.

De plus, je m’assure de prendre un temps le matin et le soir sans mon téléphone ni mon ordinateur. Une période pour écrire, lire, méditer, mais aussi pour habiter mon corps, en faisant du yoga ou du sport, avec des vidéos d’entraînement. On en trouve tellement en ce moment sur le web! Je vous recommande la chaîne Yoga with Adriene, sur YouTube. C’est gratuit et très complet, avec des cours variés où chacun est sûr de trouver son compte.

Il y a aussi le chorégraphe Ryan Heffington qui organise des cours de danse en direct sur Instagram trois fois par semaine. C’est très libérateur : il nous encourage à bouger comme on veut, en ne pensant à rien d’autre qu’au moment présent et ses chorégraphies sont très drôles et imaginatives. C’est parfait pour fermer la porte sur le monde extérieur et ouvrir la petite fenêtre qui donne sur l’intérieur!

Les trucs et les lectures de Charlotte

Comme je ne souhaite pas me faire livrer des livres et qu’on ne peut plus aller à la bibliothèque, j’ai opté pour faire avancer la lecture de ma PAL. Tout le monde a forcément un (ou plusieurs!) livre non lu chez lui. C’est aussi le moment de relire ses livres préférés. Moi, ça m’aide à passer un bon moment et à oublier l’actualité. Enfin, si on a une liseuse, on peut emprunter ou acheter des livres numériques. Ça permet de faire une pause de sa PAL et de découvrir des nouveautés. Je suis aussi pas mal retombée dans les livres audio pour faire une pause après ma journée de télétravail tout en préparant le souper!

Ma suggestion lecture: en ces temps de confinement, j’ai trouvé que Le Mur invisible, de Marlen Haushofer, était particulièrement adéquat. Je vais aussi en profiter pour relire Le Seigneur des anneaux. Je n’avais pas encore trouvé le temps de le faire, mais là, ce sera parfait!

Les trucs et les lectures de Caroline

Pendant cette pause forcée, je renoue avec la lecture, cette belle activité, et ça me fait tellement (mais tellement) de bien! Je donne une chance à plein de livres abandonnés et je prends le temps de leur donner de l’amour.

J’ai dévoré Crève avec moi de Léa Clermont-Dion récemment.

Les trucs et les lectures de Laurence

Personnellement, ce qui m’aide, comme Nathalie, c’est de décrocher de mon téléphone. J’utilise des minuteurs programmés pour l’utilisation de certaines applications ainsi que l’application Forest pour éviter de toucher à mon téléphone pendant une certaine période. Pour ce qui est de la lecture, j’essaie de privilégier les livres que j’ai réellement envie de lire et qui vont me faire du bien.

J’ai deux suggestions où rester chez soi est mis de l’avant. D’abord, My Year of Rest and Relaxation d’Otessa Moshfegh. C’est l’histoire d’une fille qui décide d’hiberner chez elle pendant un an et de ne rien faire. L’autrice aborde bien les sujets de la dépression et de la difficulté d’exister qui peut nous prendre, par moment. Ma deuxième suggestion, c’est Quiet Girl in a Noisy World, une petite bande dessinée de Debbie Tung, pour se rappeler qu’on est toujours bien chez soi, entouré de choses simples, comme nos livres.

Les trucs de Marion

Puisqu’on ne peut pas trop aller à la bibliothèque ni flâner dans les librairies, je suggère d’abord de s’attaquer aux livres qu’on n’a pas lus dans notre bibliothèque! Je ne suis sûrement pas la seule qui a accumulé, avec les années, plusieurs livres que je n’ai jamais trouvé le temps de lire! Pourquoi ne pas prendre le temps de le faire?

Je propose ensuite d’emprunter des livres numériques sur le site de la BanQ. C’est facile et on peut les lire sur une tablette, une liseuse ou un ordinateur. Ça nous permet d’avoir des nouveautés à portée de main, sans sortir de chez soi!

Les trucs et les lectures de Vicky

Pour ma part, je veux lire les livres qui m’attendent patiemment sur ma table de chevet! De plus, pour ceux et celles qui en ont les moyens, je pense qu’il est bien d’encourager nos librairies indépendantes grâce au réseau Les Libraires qui propose la livraison.

Sinon, en termes de lectures, je lis présentement Aloha! Holà! Bonjour! de Rosemary Doyle, et Le Sauvage de Guillermo Arriaga. Je compte aussi me trouver des livres et des bandes dessinées qui font voyager, étant donné que j’ai dû annuler un voyage prévu en mai.

Les lectures que je vous conseille sont les trois livres de Durian Sukegawa, Les délices de Tokyo, Le rêve de Ryosuke et L’enfant et l’oiseau. Ce sont des livres qui font réfléchir sur la vie en général. J’ai vraiment adoré. Il y a aussi Les mémoires d’un chat de Hiro Arikawa. C’est un super beau livre sur le thème de la relation animal-humain qui fait voyager à travers le Japon et qui est très touchant! Puis Kukum de Michel Jean, un très beau roman. Et finalement, les livres de Michèle Plomer sont parfaits pour se désennuyer.

Les trucs et les lectures de Christine M.

Moi, je profite du confinement pour faire un peu de ménage partout, lire plus, ralentir mon rythme de vie et prendre plus le temps pour apprécier les petites choses! Je travaille dans les médias sociaux et quand je finis ma journée, je m’assure de m’en couper pour prendre une pause de toute la toxicité qu’on y trouve et de toute l’anxiété que ça peut provoquer.

Pour mes livres, j’ai fait un énorme ménage de ma bibliothèque… Il me reste « seulement » deux tablettes de livres à lire!  Donc, j’essaie de lire au moins un livre par semaine choisi au hasard par mon copain dans cette pile-là. Mon objectif est de ne pas racheter de livre avant de tous les avoir lus.

Sinon, les livres que je recommanderais pour passer le temps et se changer les idées sont La vie rêvée des grilles-pain de Heather O’Neil, Le froid modifie la trajectoire des poissons de Mélissa Perrault et Si j’avais un perroquet, je l’appellerais Jean-Guy de Blandine Chabot.

Les trucs de Camille

De mon côté, je lis les livres que je n’ai pas lus dans ma bibliothèque. J’en ai aussi loué sur mon iPad avec l’application de la BanQ.

Les trucs de Christine C.

Moi, j’ai profité de mon surplus de temps libre pour faire le ménage de ma bibliothèque, pour élaguer les livres que je ne désirais plus conserver et faire de la place aux nouveaux qui traînaient en piles un peu partout!

Les trucs et les lectures de Louba

Il y a une quinzaine de jours, je suis débarquée dans ma Gaspésie natale, croyant, au départ, ne quitter Montréal que pour quelques jours. La réalité en a voulu autrement! J’ai préféré arrêter ma route pour un temps en région plutôt que de retourner dans la métropole, évitant ainsi ce drôle de chaos que l’on nous montre à la télévision plusieurs fois dans une même journée.

Je veux seulement lire et lire et lire (depuis des mois, je regrettais de ne pas le faire assez), et retrouver une certaine estime de moi et un sentiment d’être en action en traversant les mots d’autrices et d’auteurs de tout horizon. Je voyage. Le Nouveau-Brunswick, l’Islande, la Finlande, la Gaspésie des Micmacs, etc.

 

Durant l’isolement, je poursuis mon rituel matinal déjà bien inscrit dans ma vie depuis un moment: je prépare mon café et j’écris trois pages (Julia Cameron (toujours!)). Je souhaite trouver du souffle pour des poèmes et d’autres écrits. Je recommande comme lectures Taqawan d’Éric Plamondon et La faim blanche d’ Aki Ollikainen. 

Nous espérons que ces quelques trucs pourront vous aider et que les lectures suggérées par les fileuses sauront vous faire voyager, vous apaiser, vous divertir, vous faire du bien.

Et n’oubliez pas: #çavabienaller

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Trois lectures hivernales à lire lorsque le printemps tarde

Avec l’arrivée tardive du printemps,j’ai décidé de me plonger dans des lectures à thématique hivernale, histoire d’avoir froid, pour encore quelques moments. J’ai sélectionné trois romans qui m’ont impressionnée, certains il y a déjà quelques années,  et dont l’écriture et les thèmes de l’hiver et du froid sont restés ancrés longtemps dans ma tête. J’aime toujours lire des romans qui concordent bien avec le temps de l’année. Impossible donc de lire ce que je vous propose au mois de juillet.

Nord Alice, de Marc Séguin

Publié en octobre 2015 chez Leméac, Nord Alice a été pour moi une véritable introduction à la littérature québécoise. Nous nous retrouvons dans une histoire où le narrateur laisse derrière lui une tout autre vie. Dans le nord du Québec, nous découvrons un territoire plus que froid, complètement différent et pas toujours  aussi romantique qu’on pourrait le penser. Marc Séguin possède une écriture simple qui reflète des réalités puissantes et illustre bien la réalité des habitants du Nord. C’est un roman que j’ai adoré et que je recommande à tous ceux qui désirent plonger dans un univers glacial et sombre par moments.

«Le narrateur est obsédé par Alice, médecin comme lui, dont il n’arrivera jamais à calmer les angoisses. Lorsqu’il la laisse à Queens, c’est pour se retrouver à Kuujjuaq, son monde à elle.»

«Le Nord que propose Marc Séguin n’est pas seulement blanche immensité et splendeurs boréales; ce Nord est aussi celui de l’exploitation d’uranium et des excès d’alcool. Mû par un profond respect pour le territoire et ceux qui l’ont marché pendant des siècles, l’auteur de Nord Alice témoigne néanmoins d’une déroute.»         

Source : http://www.lemeac.com/catalogue/1540-nord-alice.html?page=1

Le poids de la neige, de Christian Guay-Poliquin

Le poids de la neige est paru en septembre 2016 chez La Peuplade. La maison d’édition est reconnue pour avoir une ligne éditoriale portant sur le territoire, où les livres occupent leur espace. On retrouve dans leur catalogue beaucoup de romans à saveur hivernale, autant québécois qu’européens. Le livre de Christian Guay-Poliquin est un huis clos glacial par excellence.

«Dans une véranda cousue de courants d’air, en retrait d’un village sans électricité, s’organise la vie de Matthias et d’un homme accidenté qui lui a été confié juste avant l’hiver. Telle a été l’entente: le vieil homme assurera la rémission du plus jeune en échange de bois de chauffage, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps.»

«Les centimètres de neige s’accumulent et chaque journée apporte son lot de défis. Près du poêle à bois, les deux individus tissent laborieusement leur complicité au gré des conversations et des visites de Joseph, Jonas, Jean, Jude, José et de la belle Maria. Les rumeurs du village pénètrent dans les méandres du décor, l’hiver pèse, la tension est palpable. Tiendront-ils le coup?»

Source : http://lapeuplade.com/livres/le-poids-de-la-neige/

Je me rappelle avoir dévoré ce roman en plein hiver dans mon chalet familial de Lanaudière; le contexte parfait. C’est un livre dans lequel on plonge tête première pour ne refaire surface qu’après l’avoir terminé. Il y a un suspens qui nous tient en haleine tout au long du roman. L’écriture est magnifique, à la fois masculine et stylisée; d’ailleurs, le roman a gagné de nombreux prix, dont celui du Prix littéraire du Gouverneur général.

Croc fendu, de Tanya Tagag

Publié chez Alto en octobre 2019, le roman de Tanya Tugag a connu un fort succès. Toujours en évidence sur les tables des librairies, sa couverture a rapidement capté mon attention. Le livre raconte l’histoire d’une adolescente et de son quotidien au Nunavut. Grâce à une écriture onirique et poétique, nous partageons différentes péripéties avec l’héroïne. L’histoire est d’une délicatesse remarquable et bien que, à quelques reprises, il m’ait fallu relire plusieurs fois certains passages pour bien les comprendre. Je crois également que c’est une force de l’autrice, qui possède une écriture particulière et très personnelle; elle a d’ailleurs une facilité à utiliser les plus belles métaphores.

«Elle grandit au Nunavut dans les années 1970. Elle connaît la joie, l’amitié, l’amour des parents, l’art du camouflage et de la survie. Elle connaît l’ennui et l’intimidation. Elle connaît les ravages de l’alcool, la violence sourde, le courage d’aimer les petites peurs. Elle connaît le pouvoir des esprits. Elle scande en silence le pouvoir brut, amoral, de la glace et du ciel.»

«Dans ce récit venu de loin, d’un espace intime et profond où les frontières s’effacent, Tanya Tagaq chronique les jours terribles d’un village écrasé sous le soleil de minuit, laissant dans la blancheur de la page l’empreinte sauvage d’une mythologie enchanteresse.»

Source : https://editionsalto.com/catalogue/croc-fendu/

Quelles sont vos lectures hivernales préférées?

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Morceaux d’ongles et de sang de bien d’autres filles, par Josée Yvon

Avec un titre comme Travesties-kamikaze, Josée Yvon m’avait d’ores et déjà intriguée, charmée, semi-choquée. Mais je n’avais encore rien lu. Encore d’aujourd’hui, je me sens choyée d’avoir découvert l’autrice, qui demeure bien présente dans le portrait culturel québécois actuel: célébrée par le milieu littéraire, notamment par Martine Delvaux, revivant à travers des poètes qui s’en inspirent, comme Marjolaine Beauchamp ou Chloé Savoie-Bernard, reliée selon certain.e.s à l’œuvre de Nelly Arcan et réintégrée dans les nouveautés littéraires par les éditions Les Herbes rouges.

Très moderne 1980

Alors que je commence la lecture du recueil, une vague de bonheur monte en moi à partir du ventre: revendications poétiques, colère habillée de froufrous, ambiances tamisées de bar crados et instants bien trash.

Quelle fut ma surprise alors que, avare de plus de Josée Yvon, j’ai appris qu’elle était décédée en 1994 à cause du sida! Pourtant, ce texte est tout à fait pertinent en 2020 et j’ai tendance à croire qu’il en choquera encore plusieurs.

À noter que rien ne semble inventé et d’ailleurs la préface nous met en garde:

«Toutes les situations et personnages mis en scène dans ce livre ne font aucunement partie de la fiction et toute ressemblance avec des personnes vivantes ou mortes et lieux réels est voulue et écrite pour les représenter. Quiconque se reconnaîtrait dans un des passages suivants a raison de le croire.»

Travestissement essentiel

Ce souci de la précision pour rendre sa lumière à la marginalité très bien ressentie dans le recueil m’a évidemment rappelé, avec grand plaisir, Nan Goldin, qui côtoyait cet univers au quotidien et tendait dans son travail photographique vers un reflet fidèle de la réalité: aucune retouche avant ni après ses photos.

Ce parallèle me fait toutefois réfléchir, puisque Josée Yvon elle-même dira qu’il faut se travestir et changer sa personnalité pour vivre dans une société. Est-ce qu’on peut alors parler de fidélité à la réalité? Ce qui est sous-entendu ici est que la réalité est un construit, qu’elle l’est toujours de toute manière, et qu’il est donc possible d’être fidèle à sa propre réalité.

Dans une vie où les coups durs à accuser sont récurrents et où la douceur et la quiétude sont rares, parfois il semble essentiel de transformer son apparence pour avoir le contrôle, du moins sur soi et sur comment les gens nous perçoivent. L’accès au for intérieur devient un privilège à accorder.

Univers d’apparences absolument pas artificielles

Les châles en mohair, le mobilier de bois riche et les talons des Gina, Gilles et Brigitte de ces pages sont contrebalancés par les bières, les cannes de spaghetti et les draps tachés d’urine et de sperme.

Bienvenue dans l’univers non-genré de ces individus au cœur immense, quoique parfois égoïstes par dépit, et au mode de vie marginal revendiqué comme le leur, où ils trouvent le réconfort d’être ensemble.

Comme le disent plusieurs articles sur le sujet, Josée Yvon aborde le sujet des transgenres avant l’existence du mot et permet de rendre compte d’une certaine complexité, dans un monde bien particulier.

Les illustrations qui apparaissent au tournant de certaines pages nous rappellent à la réalité de certaines rues-clés de Montréal (ou autres lieux réels) et cela, combiné à la collision entre les mots doux amers et les photos choc, m’a donné des émotions.

Lire, lire, lire encore

Parfois, des citations, comme celles de Gilles Deleuze et de Claire Parnet, précèdent des phrases telles que:

«Sa mère elle est morte avec son tablier. Elle avait quand même eu le temps de faire deux brassées de lavage, d’éplucher son blé d’Inde et de faire des tartes.»

et permettent d’approfondir la lecture en donnant plus d’un niveau au texte et en provoquant des réflexions qui continuent de nous suivre.

Il faudra certainement que je replonge un jour dans ce recueil qui nous berce vers le wild side pour assimiler toute la profondeur des textes poétiques de l’autrice. J’ai avalé d’un coup l’entièreté de Travesties-kamikaze sans avoir envie d’en recracher une seule miette.

Et vous, quel.le auteur.trice avez-vous découvert grâce à une réédition?

Le fil rouge tient à remercier chaleureusement Les Herbes rouges pour le service de presse.

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L’éternelle pertinence de Nelly Arcan

2019: Dix ans se sont écoulés depuis le suicide de l’autrice Nelly Arcan, le 24 septembre 2009. Comme bien d’autres, j’ai découvert Nelly Arcan sur le tard, cinq ans après son décès. Pour ma part, c’est son roman posthume Burqa de chair qui m’a initiée à sa prose si puissante. Je suis tout de suite tombée en admiration devant cette autrice dont l’écriture décrivait avec une justesse déconcertante plusieurs réalités vécues par les femmes.

Après Putain, Folle et Paradis clef en main, je me suis lancée dans la lecture d’ouvrages portant sur son œuvre et publiés après son décès. En effet, Nelly Arcan a fait couler beaucoup d’encre depuis 2009; les ouvrages analysant ses écrits, son apport à la littérature et sa contribution au féminisme québécois sont multiples. Plusieurs m’ont captivée presque autant que les romans de l’autrice. C’est donc avec grand intérêt que je me suis lancée dans la lecture du roman Mon ennemie Nelly de Karine Rosso, autofiction qui retrace l’impact de Nelly Arcan dans la vie de l’autrice.

Une écrivaine omniprésente

Karine Rosso y raconte sa relation avec l’œuvre de Nelly Arcan, à partir du moment où elle entend parler de l’écrivaine pour la première fois par un étudiant de philosophie dans un cinq à sept, peu après le fameux passage de l’autrice à l’émission Tout le monde en parle. L’impact de Nelly Arcan se ressent par la suite dans tous les aspects de sa vie: ses relations familiales, ses études, ses contrats de recherchiste, ses amitiés, etc. Même sa grossesse n’échappera pas à l’empreinte de l’écrivaine:

«[…] Je sentis un changement s’opérer autour de moi. Cela commença par le serveur du café de l’université qui, contrairement à son habitude, ne m’appela plus señorita. Puis, ce fut Leo qui, pour la première fois, perdit son désir pour moi, se contentant de me caresser tendrement le ventre. Plus celui-ci grossissait, plus je remarquais que les hommes me vouvoyaient. Je me faisais aborder comme on aborde les personnes âgées, les enfants ou les handicapés, avec condescendance et bienveillance. […] Je devais dire adieu à une chose à laquelle j’avais renoncé, mais que je savais à portée de main depuis des années, depuis l’adolescence qui avait révélé mon corps: ce désir que j’avais le pouvoir de susciter. Ma grossesse me ramenait à cet état d’impuissance devant ce regard qui commandait aux femmes d’être toujours très belles et celui de Leo qui, craignais-je pour la première fois, détaillait peut-être le corps de mes amies.»

Tous ces événements mettent en relief la pertinence de Nelly Arcan, qui a su décortiquer comme nulle autre l’insoutenable dictature de l’apparence, de la jeunesse et de la beauté, et la paradoxale impossibilité pour les femmes de s’en extraire complètement.

L’écriture de Rosso accentue par ailleurs l’omniprésence de l’écrivaine. Écrit au «tu», son texte s’apparente à une longue lettre adressée à la disparue. Son récit est constamment entrecoupé par des extraits des livres de Nelly Arcan, en italique, qui soulignent l’impact de l’écrivaine dans sa vie personnelle.

Admiration ou obsession?

On le devine, la ligne est mince entre l’admiration et l’obsession. Tout au fil du récit, la narratrice bascule tranquillement dans une obsession envers Nelly Arcan qui la consomme tout entière. Elle s’imagine que les textes de l’écrivaine étaient pratiquement conçus pour elle, adaptés aux moindres événements de sa vie. Elle s’enlise dans une fascination sans limites envers les propos de Nelly, jusqu’à ce que réalité et fiction s’entremêlent et résultent en une sorte de délire hallucinatoire, dont elle parvient ultimement à se sortir.

C’est donc avec une certaine fascination que j’ai suivi le parcours de la narratrice, stupéfaite par la tournure que prenait son admiration pour l’écrivaine décédée. Pour les amatrices et les amateurs de Nelly Arcan, le roman de Karine Rosso a le mérite de nous faire redécouvrir son œuvre et de nous rappeler qu’elle est toujours d’actualité. Si Nelly Arcan nous a tragiquement quittés il y a dix ans, son œuvre demeure indéniablement immortelle.

Et vous, y a-t-il des autrices ou des auteurs auxquel.les vous vouez une admiration sans borne?

Merci aux éditions Hamac pour le service de presse.

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Les clubs de lecture… Partager avant tout!

Comme la plupart des lectrices et des lecteurs, j’aime beaucoup discuter de mes coups de cœur et de mes déceptions littéraires. Au fil des ans, j’ai réussi à m’entourer d’ami.e.s qui partagent ma passion pour les livres et, à la longue, j’en suis venue à cultiver un goût pour les clubs de lecture. Voici un tour d’horizon de ce qui est possible dans ce domaine.

Les débuts: le club de lecture amical

Avec mon groupe d’ami.e.s, nous avons un club de lecture amical «non officiel», c’est-à-dire qu’il se forme au besoin quand une publication paraît et intéresse plusieurs d’entre nous. On le réactive au fil des ans, ce qui nous donne des rencontres vraiment irrégulières (ça peut aller de deux fois dans une année à une fois aux deux ans!), avec un groupe à configuration variable, selon les intéressé.e.s par la lecture choisie. La première fois que j’y ai été conviée (en 2012!), nous avions lu Charlotte before Christ, d’Alexandre Soublière et, la dernière fois (à l’hiver 2019), c’était La route du lilas, d’Éric Dupont. C’est un club moyennement structuré où la personne qui suggère le livre prépare quelques questions de discussion. 

Un club organisé: le club de lecture Le fil rouge

En 2017, le club de lecture amical était en dormance et il y avait un concours de circonstances dans ma vie qui me donnait alors plus de temps à consacrer à la lecture. J’ai alors décidé de joindre un club de lecture Le fil rouge. Ça m’avait alors vraiment fait plaisir de rencontrer d’autres lectrices et de discuter de nos lectures. Dans le cadre de ce club, c’est Martine qui préparait les discussions et qui les animait. J’avais aussi pu ajouter certaines des participantes à ma liste de contacts sur Goodreads, ce qui nous permet encore aujourd’hui de continuer de voir les lectures les unes des autres. Dans le même genre que le club Le fil rouge, il y a les clubs des bibliothèques et de certaines librairies de quartier. Si ça vous intéresse, faites une petite recherche: il y en a vraiment pour tous les goûts et c’est un bon endroit pour rencontrer de nouvelles amies lectrices et nouveaux amis lecteurs!

Mon deuxième club organisé: le club des «ex»

J’ai surnommé ce club le club des «ex», car c’est un club qui avait été fondé à mon lieu de travail (une bibliothèque de cégep), mais il y maintenant une ancienne employée et deux retraités parmi les sept membres du club. Pour ce club, nous sommes plus strictes sur les rencontres, qui ont lieu toutes les 4-5 semaines… mais beaucoup moins sur l’aspect discussion littéraire! Nous ne préparons pas de questions et, honnêtement, la vaste majorité de la rencontre est passée à échanger sur nos vies et à rattraper les nouvelles et  les potins de notre (ancien) lieu de travail commun. On discute aussi de livres et de la dernière lecture partagée, mais c’est un sujet comme un autre parmi tous ceux qui sont abordés, et c’est vraiment le moment d’échange amical qui est au premier plan.

En somme, des clubs de lecture, il y en a pour tous les goûts et tous les horaires! Qu’on souhaite parler énormément de livres, rencontrer de nouvelles personnes ou simplement avoir des idées de lecture, c’est pour ma part impensable d’envisager ne plus avoir de club(s) de lecture dans ma vie. Même quand tout le monde a détesté le livre, on y trouve toujours son compte.

Et vous, faites-vous partie d’un ou de plusieurs club(s) de lecture?

Ma première lecture du Seigneur des anneaux

Je me considère comme une fan de la franchise du Seigneur des anneaux! J’ai vu les films plus d’une fois; je suis même allée voir les concerts symphoniques reprenant la musique des films et j’ai rencontré Elijah Wood lors de son passage au ComicCon de Montréal en 2019! Mais – sacrilège! – je n’avais jamais osé plonger dans les romans!

Puis, lors de mon dernier passage à la librairie de livres usagés de mon quartier, je suis tombée sur une copie du premier volet de la trilogie et j’ai finalement accepté de relever le défi!

Voyage au pays des Hobbits 

Je vais être honnête, la brique me faisait un peu peur. Je n’étais plus habituée de me plonger dans des romans de plusieurs centaines de pages de ce genre et j’appréhendais le temps que j’allais devoir consacrer à cette œuvre. Puis j’ai lu la première page, la deuxième, et ainsi de suite jusqu’à la fin et en beaucoup moins de temps que je ne me l’étais imaginé avant de commencer!

Il ne faut pas se mentir, les descriptions sont parfois longues et très détaillées, ce qui peut alourdir la lecture. Malgré tout, elles permettent d’imaginer exactement le monde créé par J.R.R. Tolkien et de se transporter dans un univers complètement magique. J’avais rarement voyagé aussi loin en lisant un livre! Alors qu’au début cela pouvait sembler constituer un obstacle, ça s’est finalement avéré être l’une des plus belles forces du livre selon moi. Sans tous ces détails et cette ambiance fantastique, l’histoire aurait moins d’impact. Parfois, je crois qu’il faut revenir à une lecture plus contemplative, car prendre le temps de plonger dans un monde imaginaire demande ce genre de descriptions longues et élaborées.

Ce livre est tout simplement fascinant: la quête des héros est parsemée d’embûches et de défis, et nous aspire dans une aventure extraordinaire à couper le souffle.

Un classique?

Je crois que c’est un livre à lire au moins une fois dans sa vie, surtout si on est amateur de fantastique. L’univers de J.R.R. Tolkien est complet, riche et fascinant. Nous connaissons tous les grandes lignes de l’histoire, avec l’anneau, les Hobbits, les Elfes et Sauron, mais le monde du Seigneur des anneaux ne se limite pas qu’à cela et c’est pour cela qu’il faut continuer de s’intéresser aux livres.

Ce n’est clairement pas dans cet article que je ferai l’analyse de la complexité et du symbolisme de l’œuvre: il existe des thèses de maîtrise complètes sur le sujet! Toutefois, j’espère pouvoir vous convaincre de plonger dans l’aventure et découvrir un monde tout simplement grandiose et extraordinaire!

Avez-vous lu la trilogie du Seigneur des anneaux? La considérez-vous comme un classique de la littérature?