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Des crocos ? Faut pas charrier!

J’ai eu la chance de mettre la main sur l’album bande-dessinée « Les crocodiles » qui aborde le large sujet qu’est le harcèlement de rue et le sexisme ordinaire. Plusieurs intervenants, associations et organismes ont mis la main à la tâche et le rendu est hyper complet. Les thématiques comme le bodyshaming, le harcèlement au travail, dans la rue, dans les bars, avec les ex, entre nous, dans les fêtes, entre chum et blonde sont abordés de façon sensible et complexe.

Avant de devenir cet album, Thomas Mathieu démarra le projet crocodiles, demandant aux filles d’envoyer leurs témoignages. D’où le choix délibéré de représenter les hommes en crocodiles, pour donner la parole à ces femmes. Nous savons très bien qu’en réalité tout n’est pas aussi noir et blanc… Ou aussi blanc et vert. Aussi, parlant de blanc, j’aurais aimé que ce soit moins blanc, hétérosexuel (où sont les gens racisés, âgés, LGBTIQ ) Mais bon. C’est un super bon début !

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Des crocos, y semble en avoir pas mal en France!

(sources provenantes du livre)

Les chiffres de 2004 (donc, malheureusement, sans doute plus grands encore en 2017) sont sans équivoque: 55% des femmes ont vécu du harcèlement sexuel dans leur vie, ce chiffre augmente a 75% si elles sont dans des postes de direction. Chaque année en France 13% sont insultées dans l’espace public, 5.2% sont suivies dans la rue, 2.9% sont confrontées à des exhibitionnistes et 1.9% vivent des attouchements. Les statistiques tendent à rendre petits les résultats mais mis en chiffres réels ça donne :

  • 3.4 millions d’insulteurs
  • 1.4 millions de suiveurs
  • 750 000 exhibitionnistes
  • 500 000 tripoteurs !!!

Mais des crocos y’en a pas à Montréal non ?

Tristement, vous connaissez la réponse. Je n’ai pas les données pour Montréal ou le Québec, mais il est illusoire de croire que cette réalité ne nous soit pas familière. À la piscine, au dentiste, au travail, dans le parc, en faisant les courses, dans le métro… Je peux donner bon nombres d’exemples où, moi-même, j’ai été dans les situations illustrées. Grande chance: la plupart ne se déroulant pas comme les exemples illustrés. Chance ? Sans doute, Montréal ? Sans doute aussi. Nous avons une relation femme-homme fort différente de nos cousins Français, ne serait-ce que dans la séduction, les rôles déterminés, mais quand même. Des crocos y’en a à Montréal, les lundis matin 9h comme les vendredis soir, tard, mal éclairés.

 

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Plusieurs sujets d’actualité sont abordés. Dans l’exemple ci-haut, le choix de ne plus vouloir répondre aux standards de beauté dictés par la société. Montréal ou en France, les réactions sont pratiquement les mêmes, venant de femmes ou d’hommes. La liberté de choix de son corps dérange. Parlez-en à celles qui ont eu le malheur de faire cet affront en public! Vous trouverez d’excellents blogues qui abordent ces sujets.

Divisions de la proposition

L’album se détaille en quelques divisions hyper pertinentes. D’abord la mise en contexte, ensuite les témoignages illustrés qui prennent le 3/4 de la B.D. Mais, ensuite, une section stratégies. Comment stopper le harcèlement lorsqu’il survient? Ultra pertinent, car de souligner d’un trait plus que gras le problème ne le réglera pas. Bien sûr, nous attendons encore le grand changement de société qui rendra obsolète la présente section, mais les stratégies sont bien détaillées et illustrées. Puis, une entrevue avec un auteur homme qui était justement dérangé de la représentation des crocos, qui dissèque les thématiques beaucoup plus larges abordées ici. S’en suit sociologues et militantes qui approfondissent les sujets. Finalement, une note de l’auteur qui donne certains développements à certains témoignages, qui ajuste le tir, qui commente certains commentaires reçus au fil du temps sur son travail.

 

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Minimum requis

J’ose croire que nombreux seront les adultes significatifs à mettre en lecture obligatoire cet album illustré. N’étant pas familière avec le système (réformé ++)  d’enseignement primaire et secondaire, je suis cependant persuadée qu’il y a un petit trou au cursus pour l’y insérer. Sinon, va falloir! J’espère que d’autres artistes et humains s’allieront pour rendre disponible d’autres témoignages moins uniformes, pour que tous se sentent interpellés, entendus et compris.

 

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D’autres pistes 

Je pose ici les différentes pistes supplémentaires que ce livre m’a fait découvrir. C’est toujours pertinent de les partager encore et encore.

J’aurais pu en mettre encore bien d’autres. Merci de partager avec moi vos ressources précieuses tant sur d’autres écrits du genre, d’autres bons textes sur le harcèlement ou le sexisme ordinaire et aussi des gens qui travaillent à éduquer le public et contrer ce fléau. Je veux les connaître !

 

Le tout dernier Lori Lansens : un voyage en montagne dont on ne revient jamais

Pour la petite anecdote, le premier roman que j’ai lu en anglais, c’est The girls de Lori Lansens, ce qui explique peut-être mon attachement envers cette auteure canadienne, ou c’est plutôt grâce à l’humanité qui transcende ses œuvres… Probablement plus, en fait! Lorsque j’ai su qu’Alto publiait Les égarés, la version française de The mountain story, je voulais à tout prix le lire.

C’est avec bonheur que j’ai retrouvé des personnages touchants et surtout, cette écriture jamais faible, ni tendre, mais toujours tellement précieuse et axée sur les vraies choses ; les rapports humains, les émotions et ce désir plus fort de vivre et dans ce cas-ci, de survivre.

Les égarés, c’est l’histoire de Wolf, qui écrit une lettre à son fils Daniel pour lui raconter des choses qu’il n’a jamais osé lui dire. Ces secrets prennent place dans un drame et une expérience hors du commun que Wolf a vécue. Il s’est perdu dans la montagne surplombant Palm Springs accompagné de trois inconnues qui ne le sont pas restées longtemps : Nola, Bridget et Vonn. Grand-mère, fille et petite-fille.

Quand quatre devient trois

Cette fratrie de femmes viendra chambouler les plans de Wolf et ensemble, ils se lieront d’un lien puissant, ils feront face au froid, à la douleur, à la douce mélodie du vent qui joue du violon, ils auront faim, auront peur, mais les liens qui les uniront seront l’ultime raison de rester en vie ou de se sauver.

Pour être tout à fait honnête, j’ai trouvé à certains moments que le récit manquait d’intensité et que les 200 premières pages étaient un peu pénibles… or, les 240 suivantes m’ont totalement plu. Le rythme s’accélère et je me suis sentie entièrement investie dans cette fameuse promenade en montagne, je voulais à tout prix savoir –parce que la quatrième de couverture nous l’indique– comment les quatre randonneurs finiront en trois survivants après les cinq jours passés en montagne.

Il s’agit d’un roman envoûtant que je recommande à tous les amoureux du plein air ou tout simplement ceux et celles qui ont envie de se plonger dans un récit qui nous fait découvrir des personnages tellement forts, inspirants et habités d’un désir de vivre. Je n’ai pas pu faire autrement que de lire ce bouquin le cœur entièrement plongé dans ce récit de survie.

Ce roman a ouvert davantage mon ouïe, bien malgré moi. Depuis, j’entends le vent autrement, je le sens, tout puissant, et j’essaie de percevoir dans sa violence, sa force, une mélodie qui rappelle le violon.

Et vous, avez-vous déjà lu un récit de voyage qui vous a complètement chaviré ?


Le fil rouge tient à remercier les éditions Alto pour le service de presse.

Le livre est roi sur instagram : partie 2

En 2016, j’avais écrit un article sur les comptes Instagram de livres qui m’inspiraient, puisque c’est une plateforme en constante évolution qui semble contenir de plus en plus de beaux comptes dédiés aux livres. J’ai décidé de vous en présenter d’autres.

Instagram est, pour plusieurs dont moi, une grande source d’inspiration pour découvrir de nouvelles lectures. C’est d’autant plus inspirant de voir que de plus en plus de gens s’y mettent et qu’une grande communauté d’amoureux de la lecture se développe.

Voici donc quelques comptes à suivre !!

N.B. : La photo de chacun des comptes est celle au dessus de chaque paragraphe 

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Jeanne est une montréalaise passionnée de littérature – et collaboratrice au blogue page par page – qui partage autant ses coups de coeur littéraires que ses escapades dans les cafés et les  bibliothèques. C’est elle qu’il faut suivre pour découvrir de nouveaux lieux en lien avec les livres ou des lectures intéressantes et engagées.

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Bien avant qu’Amélie devienne notre collaboratrice, j’adorais jeter un coup d’oeil à son Instagram. En plus d’y voir  son magnifique chat, vous pourrez y découvrir ses photos de livres si lumineuses, toujours accompagnés d’un bon café. Elle lit de tout et vous fera sûrement découvrir des lectures inattendues.

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Marie-Claude est la femme derrière le populaire blogue littéraire Hop! sous la couette . Si vous voulez savoir quelles sont les prochaines chroniques à venir sur son blogue, c’est sur son compte Instagram qu’il faut aller. À l’affût des nouveautés, elle semble lire à une vitesse fulgurante et a toujours de nouvelles lectures à nous  faire découvrir.

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Et oui, je me permets de mettre Martine dans cette liste. Son Instagram est rempli de suggestions de lectures, de belles photos de livres et, bien sûr, de son magnifique golden doodle Léon. Vous y trouverez certainement votre prochaine lecture et vous laisserez inspirer par son esthétique simple et chaleureuse.

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Le compte La fille du café est dédié aux livres et au café. Il est tout nouveau, mais déjà les photos m’inspirent.  Vous y retrouverez surtout de belles photos de livres, de moments lectures et d’endroits pour lire ou pour trouver votre prochaine lecture.  C’est le compte parfait pour s’inspirer et s’asseoir dans un beau café, avec un roman et un bon croissant.

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Je ne peux pas faire un autre article sur les comptes livresques Instagram sans partager le nôtre. Je suis toujours de plus en plus impressionnée et choyée de voir la belle communauté qui grandit avec notre compte Instagram. De plus en plus de commentaires, de discussions et de découvertes. Allez-y jeter un coup d’oeil !

Quels sont les comptes Instagram qui inspirent vos lectures ? 

Ma grand-mère lectrice, mon modèle

Alors que je referme les dernières pages de La Femme qui fuit, ma grand-mère maternelle entre à l’hôpital, suite à une vilaine chute. S’enchaînent ensuite les infections, les complications, la médication. Elle sera transférée dans une chambre à elle, après un petit tour aux soins intensifs. Elle prend du mieux, heureusement pour nous, ma famille et moi. Mais elle nous a fait si peur. Au moment d’écrire ces lignes, je suis à son chevet et la regarde dormir. Je me remémore ma lecture du roman de Barbeau-Lavalette, puis je me dis que la vie est drôlement faite, quand même.

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Ma grand-mère et moi, photographiées un après-midi d’automne.

La lecture de La femme qui fuit m’a profondément interpellée, bouleversée : si Anaïs Barbeau-Lavalette tente de recoller sa grand-mère à l’aide des mots, des souvenirs d’elle, celle qui a abandonné sa mère et son oncle alors qu’ils étaient encore enfants, moi, petite-fille de deux grands-mamans, me suis sentie complètement à l’opposé. Mes grands-mères sont loin d’avoir fui; j’ai été choyée, enfant, de les voir à chacun de mes anniversaires et de passer des journées à être dorlotée dans leurs bras, dans la chaise berçante. J’ai été comblée, jeune fille, d’aller dîner chez eux, avant de retourner en classe. Adolescente, mes aïeules n’ont jamais jugé mes choix, ont partagé mes peines, mes joies. Désormais jeune adulte, je réalise quelle chance j’ai d’avoir mes deux grands-mères dans ma vie, toujours présentes, et avec toute leur tête.

Une étude sociologique de la famille?!

Confrontée à la vieillesse, j’ai été portée à réfléchir, surtout, aux rapports entre aïeules et petits enfants. Sans le vouloir, c’est presque une étude sociologique qui a pris forme sous mes yeux, à travers mes paroles, et celles de réconfort de mon amoureux, de mes ami.e.s. Certaines personnes étaient de tout cœur avec moi, savaient quelle relation j’ai avec elle et comment sa situation me stressait, et m’attristait. Je voyais dans le regard des autres une certaine interrogation. Il est vrai que certain.e.s ne voient leurs grands-parents que lors d’occasions spéciales, ou encore, la distance à parcourir ne leur permet pas de les voir aussi souvent qu’elles et ils le voudraient. Les relations familiales sont tellement toutes différentes… Et je prends conscience que chez nous, on est ce qu’on appelle une famille « tricotée serré »!

Le mémoire de maîtrise de Julie Brunet, s’il traite de femmes migrantes, m’a également inspiré quelques réflexions. Selon son analyse de trois romans québécois, les écrivaines migrantes accordent une place importante à la figure de la grand-mère, ce qui est relativement peu fréquent dans la littérature québécoise « pure laine ». Je ne crois pas que la situation ait changé depuis la réflexion de Julie Brunet. C’est là où je me suis étonnée, car si j’avais à écrire une histoire sur les relations féminines, ou qui traite de la filiation, il me serait impossible de ne pas y intégrer une grand-mère – ou une des miennes, du moins.

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La femme qui fuit. Photo prise par Martine, pour le blogue.

Dans quelle filiation m’inscris-je auprès de mes grands-mamans?

Loin d’être exilées, mes grands-mères ont des racines bien québécoises, et j’ai grandi auprès d’elles. Lorsque j’ai eu 11 ans et ma sœur 8, mes parents ont déménagé dans la maison de grand-maman Claudette, la mère de ma mère, celle sur qui je pose mon regard en ce moment, qui est dans son lit d’hôpital. J’ai donc passé une grande partie de mon adolescence dans une maison unifamiliale. Nous appelons encore communément son appartement, situé au 2e étage, le « dépanneur » : plus de lait? Va en chercher au dépanneur. Ton pantalon est trop long? Va demander à la couturière du dépanneur. Rien pour souper? Va au dépanneur, tu trouveras un repas bien chaud, tous les soirs, sans exception. J’ai toujours pu compter sur elle, même lorsque je suis déménagée à Montréal. Elle m’a appris à économiser mes sous : elle était même ma comptable attitrée, et elle ne me donnait pas l’argent de mon compte épargne si c’était pour autre chose que le loyer!

Ma grand-mère Claudette est aussi une grande lectrice. Cette année, pour Noël, ma sœur et moi lui avons encore offert des livres. En ce moment, je crois que c’est ce qui lui manque le plus. Elle est incapable de lire parce qu’elle doit d’abord regagner des forces. Mais elle ne cesse de dire à quel point ça la déçoit. Souvent, lorsque je vais en visite dans ma famille, on parle des livres que nous lisons, on échange des romans, ma sœur s’ajoutant à l’équation. Elle est toujours intéressée par ce qu’on lit, par ce que les gens lisent; elle note les suggestions de La Presse, de L’Actualité. Elle lit tout, mais elle préfère les histoires qui se passent dans d’autres pays. Elle me prête des romans policiers, ma sœur lui prête des romans québécois de la nouvelle génération, je lui prête ce que je préfère.

Parce que ma grand-maman est ouverte. Elle a visité je ne sais combien de pays, et elle collectionne les photos de couchers ou de levers du soleil de partout dans le monde. Chaque fois que j’ai voyagé, elle m’a encouragée à le faire.

Alors, lorsqu’elle est entrée à l’hôpital, le monde s’est un peu arrêté, mon monde en tout cas. La filiation réside dans tout ça : je ne serais sans doute pas celle que je suis sans avoir grandi avec GM (son petit surnom), si elle n’avait pas été là pour prendre soin de ma sœur et moi, et de ma mère, beaucoup.

Grand-maman, encore et toujours

Grand-maman est bien autonome. Elle va à l’âge d’or les mercredis, au bingo le vendredi, elle joue aux cartes avec ses chummes de filles tous les samedis, et voyage encore avec notre famille presque tous les étés. Ma grand-mère Claudette est pour moi un modèle de résilience : elle a perdu son mari alors qu’elle avait trois jeunes enfants, sa fille est décédée du cancer du sein à 40 ans et elle a pris sous son aile mon petit cousin, alors âgé de 4 ans, elle est allée chercher mon autre cousin en Colombie-Britannique (longue histoire!), elle a amené ma mère en Italie quand elle a fait une dépression. Elle est forte. Alors, si cette mésaventure nous a appris à se préparer à son départ, pour l’instant, je préfère me dire qu’elle rouvrira son dépanneur bientôt.

Je termine d’écrire ces lignes et elle entrouvre les yeux. Je lui dis que je m’apprête à quitter, les visites sont terminées. « Sois prudente sur la route », me dit-elle. Jusque sur son lit d’hôpital, elle s’inquiète pour ses petits-enfants, prend soin d’eux. Mais pour les prochaines semaines, ce sera à nous de prendre soin d’elle.

Et vous, quelle est votre relation avec vos grands-parents? Avez-vous des suggestions de livres qui traitent de ce type de relation?

Bibliothérapie; DArcy gentleman; Jane Austen; Le fil rouge; Le fil rouge lit; Lecture; Livre; Orgueil et Préjugés; Pemberley; Romance; Pamela Aidan; Les livres qui font du bien

Incursion dans la tête de Mr Darcy

Que toutes celles (et ceux) qui ont lu ou regardé un nombre de fois inavouable Orgueil et préjugés lèvent la main!

Je serais, sans aucun doute, l’une des premières à lever la main, sans qu’une once de culpabilité ne me traverse. Je suis une fan inconditionnelle de Jane Austen. J’aime son style, j’aime que l’amour soit une foi qui prend du temps, j’aime me faire croire que j’ai un petit quelque chose d’Élizabeth Bennet et, il faut bien l’avouer, j’ai un faible pour Mr Darcy. Lire un Jane Austen c’est une garantie d’avoir une fin heureuse, petits papillons dans le ventre inclus. Et je ne suis pas la seule fan de Jane Austen chez Le fil rouge! Vous pouvez aussi aller lire les articles de Karina Ici et Ici.

C’est seulement après avoir fait plusieurs lectures de l’oeuvre originale que j’ai découvert les fanfictions sur l’univers de Jane Austen. Que se passe-t-il après le beau grand mariage? Comment ont fini les personnages de Mary et Kitty Bennet? Et plus encore, que se passe-t-il dans la tête de nos personnages masculins préférés? Les fanfictions ont ouvert tout un monde de possibilités et de réponses en plus de faire durer le plaisir un peu plus longtemps!

Un des personnages les plus célèbres de Jane Austen, le ténébreux Mr Darcy, a charmé des générations de femmes depuis la parution du roman en 1812. C’est un personnage qui fascine, qui envoûte, qui intrigue et que ne donnerions-nous pas pour savoir comment il est tombé amoureux d’Élizabeth Bennet! Et bien, voilà exactement ce que nous offre Pamela Aidan avec sa réécriture d’Orgueil et préjugés, cette fois du point de vue de Fitzwilliam Darcy lui-même. À travers ces trois volumes, nous suivons un Darcy qui tombe tranquillement amoureux, qui doute, qui espère. Un Darcy qui ne sait pas vraiment comment gérer cette situation, qui tente des choses, qui échoue parfois, qui rêve toujours. Aidan nous présente aussi une nouvelle galerie de personnages attachants, parmi lesquels on retrouve bien sur Georgiana Darcy, mais aussi un valet qui cite constamment Shakespeare et un ami qui mène une double vie. Aidan réussit à donner une véritable profondeur aux personnages, ce qui permet d’embarquer dans l’histoire sans hésitation.

C’est une réécriture sans prétention, mais hautement divertissante avec ses nombreux rebondissements et tous les tourments sentimentaux de notre cher Mr Darcy. J’étais incapable de poser le livre, il fallait impérativement que je sache la suite! Sans aucun doute, cette lecture vous permettra d’oublier un instant votre quotidien, vous fera rire et peut-être tomberez-vous une nouvelle fois sous le charme de Mr Darcy.

Entrevue avec Sara Lazzaroni : Dans le coffret littéraire d’octobre

Avec nos coffrets littéraires, on essaie tout le temps d’offrir la meilleure expérience de lecture possible, outre la lecture du roman. Alors que le choix d’aimer un livre ou non est très personnel, on croit que la valeur et les thèmes d’un livre peuvent être perçus et compris, que vous aillez apprécié votre lecture ou pas. C’est pourquoi nous essayons – et avons presque toujours réussi- à avoir une entrevue avec l’auteur-e du roman du mois, question d’entrer dans l’intimité du roman, de l’auteur-e et mieux en comprendre l’écriture et les motivations.

En octobre 2016, nous avions choisi Okanagan, de Sara Lazzaroni.

Dans ce bouquin, un souffle puissant nous rappelle de vivre intensément, d’oser, de croire en soi, de partir en voyage et de nous aimer par-dessus tout. Sara Lazzaroni a aussi une plume des plus poétiques et jolies qui soient, donc laissez-vous entraîner dans ce voyage initiatique à travers l’Ouest canadien, où la cueillette de cerises devient prétexte à se découvrir et à s’émanciper.

Voici l’entrevue que nous avions réalisée avec la généreuse Sara.

Pour découvrir de nouvelles entrevues – et un nouveau roman- à chaque mois, c’est par ici. 

Selon vous, quelle est l’importance du voyage lors d’une quête pour se retrouver?

Le voyage permet de se décentrer, de sortir de soi. Je crois qu’il faut d’abord sortir de soi pour pouvoir y revenir, pour trouver sa place en-dedans. Voyager, c’est un peu comme redevenir un enfant. Tout semble si grand, si démesuré, si imprévisible. On voit le monde avec des yeux nouveaux, qui ne connaissent rien, qui redécouvrent chaque chose dans sa plus simple expression.        

Avez-vous l’impression que Léa et ses amis représentent une génération d’aujourd’hui, celle des Milléniaux, ou au contraire, que chaque génération porte en elle sa quête du voyage et de la découverte?

Je pense en effet que chaque génération porte en elle le désir d’ailleurs, la conviction secrète que quelque chose de mieux l’attend quelque part, loin. La jeunesse est gourmande et le monde est un garde-manger plein à craquer!            

Comment se sont passés le processus créatif et l’écriture?

J’ai commencé à écrire Okanagan quand j’avais 17 ans, juste avant de partir dans l’Ouest canadien avec ma soeur. Ensuite, l’histoire s’est posée sur la glace. Je n’y ai plus touchée pendant des années. Mon esprit était encore incapable de mettre des mots sur l’expérience que j’avais vécue. J’ai travaillé sur d’autres projets, Patchouli, puis Veiller la braise. Enfin, j’ai retrouvé ce petit bout d’histoire il y a deux ans, quand je suis déménagée à Montréal. J’ai passé tout l’hiver à bûcher là-dessus. C’était à la fois très touchant, de redécouvrir ces mots que j’avais rédigés plusieurs années auparavant, à la fois très exigeant, parce que mon style et ma forme avaient évolué entre-temps et que plus rien ne me semblait exact. J’ai dû trouver un compromis entre ce que je voulais dire, avant, et ce que j’ai à dire, aujourd’hui.            

Le personnage de Léa porte une affection particulière à la poésie et aux mots, pensez-vous que l’art puisse aider à surmonter des épreuves, telle qu’une recherche identitaire, par exemple?

Bien sûr, je suis convaincue que l’art peut aider à tout surmonter. Soit par l’acte même de créer, qui procure une jouissance intellectuelle et un sentiment de parfaite connexion avec la nature; soit par l’acte de s’immerger dans le monde de quelqu’un d’autre, de voir le monde à travers les yeux de cet autre, ce qui permet de mieux comprendre ou de comprendre différemment les choses. Dans le cas de Léa, l’art constitue à la fois un échappatoire à elle-même et un retour à elle-même. Il lui faut passer par ce détour pour trouver son chemin à travers les mots, à travers les images.            

Léa porte en elle une grande souffrance, qui se dévoile peu, petit à petit, au cours de la lecture. Comme si, en début de parcours, ses maux étaient un peu inavoués et qu’elle ne les acceptait qu’en cours de route, avec le recul. Cette image se prête bien à celle du voyage, de l’émancipation par celui-ci. Était-ce un effort conscient ou est-ce que le personnage de Léa a un peu évolué de lui-même au cours de l’écriture du roman?

Le personnage de Léa, comme tous mes autres personnages d’ailleurs, est le fruit de mon inconscient. Je n’ai jamais concrètement décidé qu’elle serait telle ou telle, qu’elle évoluerait de telle ou telle façon. C’est venu comme ça. Léa existait déjà quelque part, au fond de moi. Je lui ai seulement donné vie, grâce à l’inspiration.    

Le thème de l’amour est très central dans votre oeuvre. En quoi le sentiment amoureux vous inspire et vous chavire dans votre parcours d’auteure?

Je ne sais pas si c’est l’amour qui est présenté dans Okanagan, ou bien l’absence d’amour? La relation entre Léa et Loïc, dans la mesure où elle opère à sens unique, me semble loin de ce que l’amour peut être, doit être. Léa ne connaît pas encore le sentiment amoureux. Elle connaît le désir d’aimer, ce désir irrépressible qui ronge et qui fait mal lorsqu’il n’est pas partagé, mais elle ignore ce qu’est l’amour, cette douceur dans la simplicité, la plus belle chose que l’être humain puisse expérimenter.       

Le personnage de Léa vit une grande douleur à la suite d’un échec amoureux, mais on sent tout de même qu’elle est habitée d’un désir de vivre et de liberté. Cet équilibre a-t-il été difficile à atteindre?

C’est, je crois, le plus difficile à atteindre dans la vie! Pas seulement pour le personnage de Léa, mais pour chacun d’entre nous. Trouver son équilibre, concilier son désir de vivre et de liberté avec la réalité qui, elle, porte ses exigences et ses responsabilités. Apprendre à s’aimer, complètement. À occuper sa place au sein du monde, en faire partie.  

La mort d’une princesse, ce n’est pas de la chick-lit et on aime ça !

Je le dit d’emblée, car j’avoue qu’avec India Desjardins (que j’aime de tout mon coeur,) je m’attendais avec son dernier roman à tomber dans de la fameuse chick-lit/littérature de poulettes et ce n’est pas du tout ce qui s’est produit. La mort d’une princesse est de loin le livre le plus mature d’India à mon avis, et je le décrirais plutôt comme un roman d’amour ultra moderne. Franchement, si vous n’avez jamais lu du India Desjardins, c’est vraiment le bon moment de commencer.

Rapidement, voici l’histoire du roman. Sarah, trentenaire, femme d’affaires accomplie, vient de

Crédit photo: Instagram – @Kimomonfilduvietnam

se faire larguer par l’homme de sa vie qui lui a été infidèle. Elle décide donc de tuer sa princesse intérieure qui rêve de prince charmant et d’amour qui durera toujours et choisit de prendre sa vie en main. L’amour, elle n’a pas besoin de ça, elle est une femme d’affaires qui a du succès et à qui tout réussit, a-t-elle vraiment besoin d’un homme à ses côtés ? Cette situation durera 7 ans. On pourrait croire que notre Sarah est désillusionnée, mais c’est, finalement, un profond sentiment de la vraie réalité qu’on ne veut pas voir et qui nous fait mal par moment qu’on ressent. Peut-être car ma situation amoureuse des derniers mois n’a pas été parfaite, je pouvais par moment tellement bien comprendre Sarah, et j’avais parfois l’impression que certains passages m’étaient directement adressés et ça m’a fait un bien fou. Je dois avouer que j’ai même versé quelques larmes, fidèle à moi-même, de me sentir enfin comprise par quelqu’un dans certains passages du roman.

Ce livre m’a rappelé les auteurs québécois masculins modernes (Dompierre, Simard.. pour ne nommer que ceux-ci) qui arrivent à nous raconter leur vision de l’amour et du couple sans toutefois tomber dans le fla fla d’amour parfait, mais écrit avec la douceur et la vision d’une femme bien en possession de ses mots. Jamais lourd, jamais trop, j’ai trouvé ce roman magnifiquement bien balancé.

Certains passages m’ont marquée. En voici quelques-uns pour vous donner une petite idée de ce qui vous attend:

« Je vais détester les filles que tu feras rire, celles que tu regarderas avec des yeux brillants. Je vais détester celles que tu désireras. Je vais détester les filles qui embarqueront dans ton auto et qui te demanderont de les conduire n’importe où. Je vais détester les filles qui te rendront heureux. Je vais détester toutes les filles qui ne seront pas moi. Et je vais te détester, toi aussi pour m’avoir abandonnée en cours de route, alors qu’il nous restait tant à découvrir ensemble. (…) » 

« Ma vie ne se passe pas comme je l’avais prévu. Tout a éclaté. Je ne sais plus trop où j’en suis. Je vais me concentrer sur ce qui fonctionne. Sur mon travail. Sur ce qui rapporte. Sur mes succès. Sur ma liberté. Je vais me concentrer sur moi. »

 » Tout ce que je dis depuis des années, est-ce vraiment moi ? Est-ce que je suis vraiment plus forte, plus admirable, parce que j’ai décidé de ne plus jamais être amoureuse et de me consacrer à ma carrière ? (…) Pourquoi je ressens ce vide et ce manque ? « 

Bref, une belle montagne russe d’émotions vous attend dans cet excellent roman. Une lecture parfaite avec l’arrivée du Printemps, pour nous donner envie de faire du ménage dans nos têtes et dans nos coeurs…

Fans d’India, vous en avez pensé quoi ?

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Au-delà de la forêt: un rêve que l’on construit, une pierre à la fois

C’est arrivé comme ça, j’ai lu le titre en parcourant une sélection d’albums jeunesse et je l’ai trouvé intrigant. Sur le site de la bibliothèque, on m’a indiqué que l’ouvrage n’était pas encore disponible. J’ai cliqué sur Réserver et j’ai attendu. Quand il m’est finalement parvenu, j’ai observé la page couverture quelques secondes. Elle avait ce charme ancien que l’on retrouve de plus en plus chez les albums jeunesse. Comme si l’album avait déjà traversé les années avant de nous arriver finalement, comme si l’histoire avait déjà bien vécu entre d’autres mains pour venir terminer sa course entre les nôtres.

En le parcourant une première fois, j’ai trouvé l’album intéressant, mais sans plus. Ce n’est que lorsque je l’ai raconté à mes élèves, lorsqu’il a réellement pris vie entre mes paroles, les regards des enfants, les exclamations et l’intérêt qui se décuple au fil des pages qui se tournent, que j’ai compris que j’avais entre les mains une petite perle jeunesse. Un album qui permet de rêver et de voyager en quelques minutes.

Au-delà de la forêt est le plus récent ouvrage de Nadine Robert et de Gérard Dubois. Publié en octobre dernier, l’album met en scène Arthur, son père et leur chien Danton. La petite famille vit paisiblement sur une petite ferme, située au creux d’une clairière. Leur vie défile au fil des jours et des tâches quotidiennes de la ferme. Autour d’eux, cependant, se trouve une forêt immense, une forêt sombre et dense que personne n’a jamais traversée. On dit que de terribles bêtes se cachent au sein de celle-ci. Le père d’Arthur, toutefois, ne croit pas à ces histoires. Il a un rêve, un très grand rêve, celui d’arriver à découvrir ce qui se cache au-delà de cette grande forêt. Ainsi, un jour, un éclair de génie le traverse. Il créera une tour, une tour immense, qui surplombera les alentours et lui permettra de voir tout ce qui se trouve autour de la ferme à des kilomètres à la ronde! Mais une idée aussi grande demande bien du travail, et la famille n’est pas au bout de ses peines.

16990610_10208524003077057_706047011_oEn lisant l’album de Robert et Dubois, on en vient à tourner les pages à toute vitesse pour arriver à savoir comment l’histoire se terminera. La tour permettra-t-elle à Arthur et à son père de réaliser leur grand projet? Et, s’ils y arrivent, que se cachera-t-il au delà de cette forêt?

Les magnifiques illustrations de l’album viennent alimenter avec force notre lecture. Certaines pages se passent complètement de mots tant les images nous parlent. Ce sont d’ailleurs celles-ci qui nous amènent vers la fin à la fois surprenante et intrigante du récit. Une fin ouverte, qui nous permet d’émettre des tonnes d’hypothèses quant aux suites des choses. Une fin qui nous donne envie d’une suite, d’un autre album de cette qualité.

Au-delà de la forêt réussit en effet à nous amener au-delà. Au-delà des mots et des images, à un endroit où notre imaginaire peut prendre le relais et s’amuser à inventer des scénarios de tous les possibles.

J’ai déjoué mon hamster intérieur pour faire de l’espace dans ma tête

Le cerveau, à lui seul, peut engendrer beaucoup de souffrance. « Pourquoi est-ce toujours à moi que ces choses arrivent? », « Tout lui réussit, qu’est-ce qu’il a de plus que moi? », « Que va-t-elle penser? ». L’apitoiement, les doutes, les regrets ou même l’appréhension, tout cela peut être une véritable torture.

Je trouve toujours beaucoup de bonheur dans les livres, mais je me suis souvent tenue bien loin de ceux de psychopop ou de croissance personnelle. Ceux que j’avais lus m’avaient déçue, parfois même irritée. Un jour, un ami a parlé de sa dernière découverte, qu’il suggérait fortement à tout le monde : Pensouillard le hamster – Petit traité de décroissance personnelle. Avec un titre pareil, j’avais envie de le lire. Et je n’ai pas été déçue du tout.

Apprivoiser le rongeur

Son auteur, le Dr Serge Marquis, est spécialisé en santé communautaire et consultant dans le domaine de la santé mentale au Québec. Son propos est accessible, concret et libéré de complexes. Pour lui, la source de la souffrance, c’est ce petit hamster qui vit dans notre tête. Il l’appelle Pensouillard, ce petit animal qui court à perdre haleine dans notre crâne en y répandant ses « pensouillures » : les jugements, les blâmes et les critiques. Cette métaphore ludique rappelle l’esprit-singe que tentent de calmer les pratiquants de la méditation bouddhiste. Dr Marquis propose quelques techniques pour ralentir l’animal et ainsi faire de la place dans notre esprit pour les pensées claires et utiles. Il explique concrètement comment le faire dans le quotidien, à l’aide d’exemples. Il déconstruit aussi le concept de « croissance personnelle », où la réussite est valorisée :

« Cette erreur de croire que le bonheur réside dans la croissance personnelle est à l’origine de toutes les autres. Les humains ne se sont pas encore rendu compte que ce qu’ils voulaient faire croître, c’était leur égo, ce hamster dans leur tête.

Hey les cocos! Il est dans une roue, le hamster! Et cette roue ne mène nulle part!

Voilà pourquoi la croissance personnelle est un mythe, pire encore, une dangereuse illusion, qui vous fait sentir mal. »

Le ton peut être parfois (très) affirmatif. Se basant sur sa propre expérience, le Dr Marquis dit avoir entre les mains l’unique solution au problème : prendre conscience de la présence du hamster-égo, se détacher de ses « pensouillures » et plutôt se concentrer sur les sensations du corps et la respiration. Je crois qu’il faut cependant aborder les techniques expliquées dans le livre comme l’un des outils, parmi tous ceux disponibles, pour aspirer au bien-être.

Nous ne sommes pas toujours obligés de nous prendre la tête

Ce livre m’a fait beaucoup de bien. J’oserais même dire qu’il a changé ma vie. Les propos sont ludiques, compréhensibles et sympathiques. Le texte est assez court (je l’ai dévoré en une soirée) et l’auteur ne joue pas le jeu de « l’éloge de la pensée positive » ou de la culpabilité. Il nous fait prendre conscience, tout simplement, que nous ne sommes pas obligés de vivre avec toute cette souffrance.

Comme mon ami (merci P.! ), je le recommande. On a tous un petit hamster ou un esprit-singe qui s’excite un peu trop parfois, non? (Camille le suggère aussi dans le cadre des 31 jours de bibliothérapie du Fil rouge)

Quel livre offrez-vous à (tous) vos amis, en leur souhaitant le bien-être ?

Suggestions de livres audio gratuits pour expérimenter un nouveau contact avec la littérature

Dans les périodes où je trouve difficile de prendre du temps pour m’arrêter et lire, j’éprouve une certaine angoisse, car pendant que le temps passe, ma liste de livres à lire s’allonge. Pour moi, passer plus de deux jours sans lire emporte le même sentiment de culpabilité que d’écouter une série télé pendant 20 heures consécutives. Récemment, j’ai trouvé un remède pour éviter de me sentir ainsi pendant mes disettes de lecture : les livres audio.

Déjà fan des podcasts, c’est en parcourant l’application Ici Première de Radio-Canada que j’ai commencé à écouter des livres audio. Pour ma part, je ne crois pas que le livre audio puisse définitivement remplacer le livre papier, car cela chamboulerait beaucoup trop mes habitudes de lecture. Par contre, j’ai trouvé un double avantage au livre audio qui m’a fait apprécier l’expérience. Il permet de se divertir pendant l’exécution de tâches pas particulièrement intéressantes, comme des tâches ménagères, tout en diminuant sa PAL.

Pour faire l’essai du livre audio, je vous conseille la collection de Radio-Canada, car les livres sont accessibles gratuitement. La sélection est plutôt intéressante et les livres sont principalement lus par des comédiens, ce qui rend l’expérience plus immersive. Voici le lien pour accéder à la collection :

http://ici.radio-canada.ca/premiere/premiereplus/livres-audio

Je me permet de vous suggérer trois livres que l’on trouve dans cette collection et qui ont déjà été commentés dans des articles du blogue Le fil rouge. Le premier livre que je recommande est Du bon usage des étoiles de l’auteure Dominique Fortier. J’ai trouvé que ce récit de la conquête du passage du Nord-Ouest qui prend parfois la forme d’un journal de bord se transposait bien en livre audio. Voici le texte de la collaboratrice Amélie Panneton sur ce premier roman de Dominique Fortier :

Manœuvre délicate : relire Du bon usage des étoiles

Pour ceux qui disposent d’un peu moins de temps devant eux, je suggère Kuessipan de Naomi Fontaine publié chez Mémoire d’encrier, un livre puissant d’une maison d’édition qui gagne à être connue. Voici le texte de la collaboratrice Amélie Panneton sur ce livre :

Le territoire qui se déplie sous le ciel : relire Kuessipan

Enfin, pour ceux qui ont envie de romans lus par l’auteur lui-même, je suggère La Bête à sa mère de David Goudreault. Il est intéressant de constater où l’auteur met les intonations en faisant la lecture de son roman. Voici le texte de Louba-Christina Michel sur ce livre :

Un chat parmi les autres

En fin de compte, le livre audio ne fera sûrement pas l’unanimité chez les adeptes de la lecture. Certains trouveront qu’il est plus difficile de s’imprégner d’un livre. Or, un peu comme le débat livre papier versus livre numérique, je ne crois pas qu’il y ait de bonne manière de faire. Par contre, ce que je trouve intéressant du livre audio, c’est qu’il peut rendre la littérature accessible à un autre genre de public ou amener à d’autres habitudes de lecture. Pas de doute, il faut l’essayer pour savoir. Et ceux qui connaissent le livre audio, partagez-nous quels sont les pours et les contres selon vous.