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« Les remèdes littéraires » de Berthoud et Elderkin : prescriptions de fiction pour les maladies de la vie

L’ouvrage encyclopédique des Remèdes littéraires de Ella Berthoud et Susan Elderkin a tout d’un manuel médical qui propose des traitements aux maux courants du quotidien ou aux plus grandes blessures et épreuves de la vie… à quelques différences près. D’abord, « il ne fait pas de distinction entre les peines affectives et les douleurs physiques; vous pourrez trouver dans ces pages de quoi soigner un cœur brisé ou une jambe cassée » (p. 4). Ensuite, est-il bien indiqué, les médicaments prescrits ne sont pas disponibles en pharmacie, puisque, d’ordre livresque, ils se présentent plutôt comme des suggestions de lecture ayant le pouvoir de soulager les problèmes de tout ordre.

Quelle que soit votre maladie, nos prescriptions sont simples : un roman (ou deux!), à lire à intervalles réguliers. […] Certains traitements mèneront à une guérison complète. D’autres offriront simplement une consolation, en vous montrant que vous n’êtes pas seul. 

À la base des Remèdes se trouve ainsi l’idée que les amoureux de la littérature utilisent les romans comme onguents depuis des siècles. L’ouvrage met de ce fait en avant une foi inébranlable en l’efficacité de la fiction pour soulager les bobos de toutes sortes, « garantis, sans effets secondaires ».

Un dictionnaire humoristique

Il s’agit d’un dictionnaire médical méticuleusement organisé, classé par ordre alphabétique, dans lequel sont consignés les blessures, problèmes, maux et maladies les plus courants de la vie. On trouve vraiment de tout au fil des pages, comme quoi la littérature peut soigner n’importe quoi. Vous êtes claustrophobe, claqué, constipé? Vous avez des acouphènes, des maux de tête, des nausées ou faites face à un divorce difficile? Vous avez peur de l’avion? Vous éprouvez une difficulté à sortir du lit le matin? Vous avez le hoquet, la gueule de bois ou une puissante résistance aux changements? Il suffit de vous diriger à la section correspondante et un onguent littéraire vous sera prescrit. Pour des fourmis dans les jambes, attaquez-vous à L’Odyssée d’Homère. Pour un chômage persistant, lisez Chroniques de l’oiseau à ressort de Haruki Murakami. Pour un mal de dents, Anna Karénine de Tolstoï peut vous soulager. Vous vivez un amour compliqué? Allez voir Billie d’Anna Gavalda. Et dans le cas d’une rivalité fraternelle, deux choix s’offrent à vous : Caïn de Saramago ou Les quatre filles du docteur March de Louisa May Alcott, à vous de voir.

Les diverses entrées de l’ouvrage sont aussi bonifiées de renvois, selon les sujets abordés, à d’autres sections pertinentes à consulter. Tout est ainsi présenté pour faciliter la navigation du patient cherchant soulagement à travers les pages du manuel. Ainsi, « s’accrocher à l’homme ou à la femme idéal(e) » permet un lien rapide avec « peur de s’engager », « indécision », « être un incorrigible romantique » ou « gâcher son temps dans une relation ratée », pouvant se révéler tout aussi intéressant.

Lorsque le sujet le permet, le dictionnaire offre également des listes de « dix meilleurs livres » insérées au gré des pages, qui offrent de superbes compléments de lecture à celui ou celle qui voudrait s’investir plus sérieusement dans un traitement. « Les dix meilleurs romans quand on a 50 ans », « les dix meilleurs romans en cas de profonde déprime », « les dix meilleurs romans pour arrêter de fumer (ou pas) » ou « les dix meilleurs romans à lire dans un hamac » en sont quelques exemples.

Les maladies de lecture

Puisque les mordus des livres sont grandement sujets à des pathologies particulières, le dictionnaire offre une section complète destinée uniquement aux maladies de la lecture. Ainsi, il est maintenant possible de reconnaître et de soigner (ou pas) ces maux qui empoisonnent la vie. On y retrouve entre autres une posologie pour l’achat de livres compulsifs, le refus d’abandonner à la moitié (ou, encore plus grave, la tendance à abandonner à la moitié), l’amnésie associée à la lecture, ou encore des solutions pour le partenaire qui ne lit pas, les enfants requérant l’attention et la difficulté de choisir quel livre emporter en vacances.

Une diversité de contenu

Les Remèdes littéraires ne sont pas à lire d’un coup. C’est plutôt un livre qu’on feuillette, qu’on ouvre par-ci par-là et qu’on découvre à petits pas au fil de notre curiosité. Et par sa grande diversité, le dictionnaire nous offre, par le fait même, un parcours de l’histoire de la littérature depuis 2 000 ans à travers ses entrées humoristiques qui permettent de nous la faire connaître.

L’ouvrage ne manque pas d’humour et est assurément léger et rafraîchissant. Dans cette optique, il est important de ne pas prendre toutes les prescriptions au premier degré, surtout celles permettant soi-disant de soigner les problèmes plus lourds. Certaines entrées contre l’anorexie, le cancer ou l’obésité, par exemple, ou même les idées suicidaires auraient gagné à être abordées avec plus de doigté. Dans le même ordre d’idées, certaines explications revêtant un caractère humoristique peuvent être dérangeantes pour certain.e.s lecteur.trice.s, comme c’est le cas du « véganisme », introduit comme ceci : « Les mangeurs de légumes doivent redescendre sur terre de temps à autre et admettre que la mort fait partie du cycle de la vie. Se nourrir de ce qui pousse sur le sol est une excellente chose, mais le corps réclame aussi son lot de viande fraîche à l’occasion ». Végane moi-même, je m’en serais passé.

À d’autres moments également, l’ouvrage laisse l’impression d’une tendance à la globalisation et à la simplification qui, finalement, restreint beaucoup l’intérêt et la justesse des prescriptions littéraires. Quelques formulations comme « Quand on est [ceci], on est [cela] » m’apparaissent quelque peu problématiques. Une plus grande prise en compte de la diversité des problèmes et de leurs sources aurait permis d’éviter cette globalisation, que met en lumière aussi la proposition assez linéaire des suggestions, souvent montrée comme « tel livre soulage tel symptôme » alors qu’elles auraient pu être amenées comme « pouvant aider grandement » ou « pouvant fortement venir réconforter ».

Il serait cependant bête de se priver d’autant de suggestions littéraires réunies sous une même reliure, et surtout, de nombreux fous rires engendrés par la lecture de cette « apothicairerie inhabituelle ». Et parfois, il suffit en effet d’un Goethe pour calmer un amour non partagé ou d’un Agatha Christie pour soulager une grippe!

Et vous, qu’en pensez-vous? Un livre peut-il être d’un secours pour les blessures et maux divers?

Pablo Neruda La Solitude Lumineuse Le Fil Rouge

La solitude lumineuse de Pablo Neruda, un voyage en quelques pages

Pablo Neruda est un auteur et poète chilien que j’aime beaucoup. Ce genre d’auteur qui sait révéler la beauté et la cruauté du monde avec des mots simples et percutants. Qui sait balader le lecteur sur le fil qui sépare le réel de l’imaginaire.

Je reviens d’un (trop) court séjour au Chili, durant lequel j’ai beaucoup appris sur la dictature de Pinochet, ce régime qui a contrôlé le pays entre 1973 et 1990 et qui n’est pas encore tout à fait reconnu comme dictature par le gouvernement chilien. Si vous allez un jour à Santiago et que le sujet vous intéresse, je vous recommande d’aller faire un tour au Musée de la mémoire et des droits de l’homme. Une belle claque dans la face.

Si je vous en parle, c’est parce que la vie et l’œuvre de Neruda y sont liées.

Le coup d’État de 1973

Dans les années 70, le Chili est gouverné par le socialiste Salvador Allende. Dans le contexte de la Guerre froide, les États-Unis de Richard Nixon voient d’un mauvais œil la montée du socialisme et du communisme en Amérique du Sud. Ils offrent alors leur soutien à Pinochet, qui renverse le gouvernement d’Allende par un coup d’État militaire le 11 septembre 1973. S’en suivront 17 ans de dictature, dont plus de 40 000 Chiliens seront victimes (disparitions, emprisonnements, tortures, etc.).

Communiste engagé, ami de Salvador Allende, Neruda est mort le 23 septembre 1973, soit 12 jours après le putsch. Ses funérailles sont considérées comme la première protestation publique du peuple chilien contre le nouveau régime militaire. Les circonstances de sa mort n’ont jamais été complètement élucidées: hospitalisé pour son cancer de la prostate, Pablo Neruda décède dans son lit d’hôpital la veille de son exil au Mexique. Son chauffeur et ami proche, Manuel Araya, est persuadé qu’il a été empoisonné sur ordre de Pinochet mais l’autopsie réalisée en 2013 (40 ans plus tard) n’a pas pu prouver avec certitude les causes de sa mort.

Un voyage en Asie

Je suis tombée sur La solitude lumineuse au hasard d’une sélection « Coup de cœur » dans un Renaud-Bray. La couverture de cette édition de Folio a tout de suite attiré mon regard : lumineuse, c’est le cas de le dire. Une invitation au voyage.

La solitude lumineuse est un court extrait de l’œuvre J’avoue que j’ai vécu. Cet extrait est un voyage dans l’Asie coloniale des années 30. Pablo Neruda y raconte sa vie au Sri Lanka, à Singapour et en Indonésie, lorsqu’il y était envoyé comme diplomate par le gouvernement chilien. Au temps où, comme le dirait Marguerite Duras, « vivre du voyage était encore possible ». 

À cette époque, le Chili avait des consulats un peu partout dans le monde, malgré une position géopolitique mondiale qui n’était pas assez dominante pour le justifier vraiment. Les consuls chiliens ne jouissaient donc pas d’un statut et d’un niveau de vie prestigieux, ni d’une activité quotidienne très intense. De ce fait, Neruda vivait dans la simplicité et avait du temps pour écrire, c’est donc à cette époque qu’il termina son œuvre Résidence sur la Terre.

La solitude lumineuse est bercée de cette tranquillité et de cette nonchalance si caractéristiques des pays chauds, et dans lesquelles il est doux de se plonger pendant notre hiver québécois.

Pablo Neruda y raconte avec bienveillance et autocritique sa découverte de ces pays étrangers et ses rencontres passagères avec toutes sortes d’individus : des locaux, des étrangers et des femmes, bien sûr. Et Kiria, sa mangouste apprivoisée, à qui il prête des pouvoirs magiques capables d’éloigner les serpents.

Cette œuvre est comme un pont entre deux époques, figée dans un moment où le monde était en train de changer radicalement, où l’apparente douceur de la vie en Asie décrite par Neruda ne laissait rien présager des drames qui allaient se dérouler quelques années plus tard en Europe, qui allaient marquer un tournant dans la géopolitique mondiale et amener le Chili à la crise démocratique qui a provoqué la mort de Neruda.

En quelques mots, La solitude lumineuse est un petit livre rapide à lire, parfait pour s’évader de la saison grise interminable.

Et vous, avez-vous un livre qui vous permet de voyager sans sortir de chez vous?

Nos mères et marraines, les fileuses d’un jour

Pour célébrer la fête des Mères, nous avons demandé aux mères (et marraines) des collaboratrices du Fil rouge de jouer aux fileuses en nous écrivant quelques lignes au sujet d’une de leurs lectures préférées.


Lise, maman de Martine

Quand on m’a proposé de faire une petite critique sur un livre, j’ai immédiatement pensé à Le Cri des oies de Joanne Gauthier. Ce livre m’a grandement touchée, il m’a aussi séduite par la beauté de ses phrases.

J’ai tellement aimé la façon dont l’auteure aborde son deuil, sa peine, sa colère, ses incertitudes, l’amour qu’elle ressent pour son fils, son fils qui devient grand avant le temps, maintenant qu’il n’a plus son papa.

La façon dont elle décrit les événements est d’une grande beauté, d’une grande sincérité, elle réussit à nous faire ressentir ses émotions, et ce, même si nous n’avons jamais vécu ce genre de deuil. On peut facilement se mettre dans sa peau et surtout la comprendre, comprendre sa peine et toutes les émotions qui l’habitent.

Événement tragique qui déchire tout sur son passage, qui anéantit sa vie et celle de son fils qui est si jeune. Pourtant elle réussit à bien nous faire saisir toutes les émotions qu’elle ressent.

Événement qui la rend si vulnérable, qui lui fait connaître la peur: « Qui sera là pour s’occuper du petit s’il m’arrive quelque chose, qui? ». Quelle maman n’a pas pensé à ça un jour, la peur de mourir et d’abandonner ses enfants ?

« Ce soir, je ne suis plus certaine que je t’aime. Je pense que tu nous dois des excuses. Si tu étais là devant moi, je t’arracherais le cœur juste là où je ne sens plus rien »

Malgré le sujet qui est tragique, ce livre est empreint de beauté, de lucidité et d’amour. On peut ressentir à quel point elle aimait son homme et combien sa perte est grande.

Le livre n’est pas triste ou lourd, j’étais subjuguée par la façon dont l’auteur s’exprimait, elle m’a d’ailleurs fait sourire à quelques reprises.

J’ai apprécié grandement la lecture de son cheminement, de sa reconstruction, la paix qui est revenue en elle et l’amour qu’elle laisse de nouveau entrer dans sa vie. J’ai aussi beaucoup aimé la façon dont elle laisse finalement partir son conjoint afin de continuer sa vie à elle, le texte est empreint d’une grande beauté et d’une grande sagesse.

À lire absolument si vous avez envie de vous sentir touchée, et ce, sans rentrer dans le mélodrame.


Nicole Matte, marraine de Caroline

Le plus drôle, c’est de vous écrire ma critique en direct de mon lit d’hôpital! Ne vous inquiétez pas, je suis une battante même si je n’ai plus 20 ans ! Justement parlant de ne plus avoir 20 ans, j’ai décidé de vous écrire une critique sur «Je n’ai plus 20 ans et alors ?» de Isabelle Petit. Ce livre m’a interpellée par son titre et sa couverture très dynamique. Ce qui me fait sourire c’est que «je n’ai plus 20 ans», est justement une de mes expressions préférées. Ce bouquin s’adresse à tous ceux qui se remettent en question. Les personnages sont réfléchis et ils pourraient être nos amis. Aussi quel bonheur de lire sur tous les paysages de Charlevoix, une région que j’affectionne particulièrement.

Julie travaille en publicité et elle nous fait vivre toute sorte d’émotions dans ce livre. À travers elle et ses amis, on touche à tout ce que peut vivre notre société, l’autisme, le cancer, les malaises cardiaques, la naissance, etc. J’aimerais bien avoir une suite à ce livre (message subtil à l’auteure..;)). Je vous suggère de ne pas trop attendre pour le lire si vous êtes présentement en remise en question, ce roman vous aidera assurément. La vie est courte, profitez-en !


Luce, maman de Joelle

Un auteur que j’adore suivre est Dan Brown. Ses histoires mélangent la fiction avec des faits réels et c’est tellement bien écrit qu’on ne distingue pas la différence entre les deux. Il me permet de découvrir de nouveaux lieux, de mieux comprendre certains phénomènes et de faire évoluer ma façon de penser. Ses livres Le code Da Vinci et Anges et Démons sont d’ailleurs venus confirmer mes croyances envers la religion.

C’est donc sans hésiter que je me suis procuré Origines, son tout dernier roman. On y retrouve le professeur Robert Langdon, qui cherche à faire la lumière sur les circonstances entourant la mort d’un ancien étudiant. Avant de mourir, ce dernier s’apprêtait à divulguer les résultats de ses recherches sur l’origine du monde, mais aussi la fin de l’humanité. L’histoire se déroule en partie à Barcelone et ça m’a donné envie de visiter la ville pour y replacer les événements du livre. Dan Brown a le don de nous ouvrir les yeux sur les faces cachées du monde, et c’est pourquoi il figure parmi mes auteurs préférés!


Brigitte de Myriam

Pour ce petit spécial de la fête des Mères, ma maman a décidé de vous présenter une trilogie qu’elle a dévoré récemment, La malédiction écrite par Louise Simard. Dans cette trilogie, l’autrice nous situe à Sherbrooke au début des années 1800 et démontre un travail de recherche méticuleux pour établir tout le contexte historique de cette époque. L’histoire débute en Nouvelle-Écosse en 1802 où un médecin doit quitter sa femme enceinte lors d’un gros orage pour porter secours à un homme. Lors de cette même nuit, sa femme donnera naissance à une fille nommée Charlotte. Malheureusement, la mère ne survivra pas à l’accouchement. À la suite de cette nuit tragique et au cours des premières années de vie de Charlotte, plusieurs accidents mortels se produiront, dont celui de son père. Puisque ces événements coïncident toujours avec la présence de l’enfant, celle-ci sera accusée de porter en elle une malédiction. Pour sauver sa petite-fille, la grand-mère de celle-ci l’amènera à Sherbrooke.

Ma maman a choisi cette trilogie car elle se souvient d’avoir été incapable de refermer les livres! Elle a été touchée par l’histoire de Charlotte et de son courage à une époque qui vient avec son lot d’épreuves, particulièrement pour une femme. Parmi ceux-ci, on peut souligner la triste réalité des femmes qui devaient se marier et enfanter très jeune. De plus, ma mère a beaucoup aimé la qualité des descriptions détaillées et l’accessibilité de l’écriture de l’autrice sherbrookoise.

Elle conseille ces livres aux personnes qui aiment l’odeur de la campagne et se plonger dans les histoires du passé pour mieux comprendre la réalité des gens qui y vivaient.

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Re-découvrir Les Six Brumes

En 2016, Raphaëlle vous présentait Les Six Brumes, une maison d’édition spécialisée dans les littératures de l’imaginaire. De nature curieuse, je lis à peu près de tout. Mais je ne m’éloigne jamais vraiment des histoires qui ont une touche fantastique.

À l’opposé de la littérature dite blanche, la littérature de genre est un univers plein de couleurs, de surprises et d’émotions. De l’horreur au policier, en passant par la fantasy et la science-fiction, ce type de livres me rejoint par sa capacité à éveiller mon esprit et à me faire rêver.

Voilà pourquoi je suis tombée, moi aussi, sous le charme des Six Brumes. Dernièrement, la maison d’édition a annoncé son grand retour sur les tablettes des librairies grâce à une entente avec un nouveau diffuseur. Et pour célébrer ce retour, je vous partage trois coups de cœur qui m’ont conquise au fil des années.

Jardin de chair de Frédéric Raymond

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Ce livre a été le premier que j’ai découvert chez Les Six Brumes. Frédéric Raymond nous raconte l’histoire d’une jeune femme cannibale qui arpente les rues de Québec. Vous l’aurez deviné, ici, on côtoie l’horreur. L’héroïne, Christabelle, nous entraîne dans un monde insolite. Elle est partagée entre son instinct de survie et son désir de mener une vie normale.

J’ai été charmée par la narration poétique et son côté tragique. Le personnage est très bien développé et l’aspect psychologique nous amène à méditer sur certains sujets comme la mort, la survie, la vengeance… C’est un roman à la fois sombre et envoûtant…

Alégracia de Dominic Bellavance

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Quand j’ai connu les Six Brumes, il y avait cette série de Dominic Bellavance qui était épuisée. C’était bien dommage, car étant une fervente lectrice de fantasy, j’aurais aimé mettre la main dessus. Et comme s’ils avaient entendu mon souhait, ils ont eu la brillante idée de rééditer la série dans une version intégrale. J’étais comme une enfant le soir de Noël quand j’ai reçu cette brique de plus de 800 pages.

Dès le début, j’ai été emportée par le récit d’Alégracia, une adolescente qui découvre le monde en même temps qu’elle se découvre elle-même. J’ai eu droit à une histoire originale qui repousse les clichés qu’on attribue souvent à la fantasy. Au fil de la lecture, les origines d’Alégracia sortent de l’ombre et ses aventures deviennent de plus en plus épiques. Je n’hésiterais pas à le recommander à tous les amateurs de fantasy et de young adult.

La Ruche de Michèle Laframboise

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J’ai déjà dit que je n’étais pas une admiratrice de science-fiction. La Ruche de Michèle Laframboise est un de ces romans qui m’a amenée à voir ce genre autrement. On y découvre l’histoire tragique de Marilyn, prisonnière d’un établissement de prostitution dans un univers futuriste. Bien qu’elle ne soit qu’une adolescente, le corps de Marilyn a subi des modifications qui l’ont transformée en reproduction d’une légende des temps anciens, vous devinez bien de qui il s’agit…

Le monde décrit dans La Ruche se veut inhospitalier. Par contre, je me suis rapidement attachée à Marilyn. Je souhaitais la voir s’en sortir et j’ai été tenue en haleine tout au long de sa fuite de la ruche. On découvre peu à peu un personnage féminin fort et déterminé qui cherche à prendre sa vie en mains. J’ai été agréablement surprise par cette histoire qui nous parle d’espoir et de courage.

Laissez-vous charmer, vous aussi…

Grâce à la maison d’édition Les Six Brumes, j’ai posé un regard nouveau sur la littérature de genre au Québec. Ils m’ont permis de découvrir des auteurs talentueux avec des récits qui sortent des sentiers battus. Selon moi, leurs publications se démarquent par leur originalité et par le souci du détail accordé aux textes.

Chaque printemps, Les Six Brumes lance une prévente pour financer la production de leurs nouveautés. Je vous invite à jeter un œil sur leur page Facebook pour plus de détails.

Vous pouvez également consulter les critiques de Kim DL au sujet de Les Murmurantes et Entre deux mondes. J’espère vous avoir donné envie de découvrir l’univers des Six Brumes. Dites-moi, quels sont vos coups de cœur en littérature de genre? Aimez-vous autant que moi l’imaginaire québécois?

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Luis Sepulveda : les contes que l’on devrait faire lire au secondaire

La première fois que j’ai lu un roman de Luis Sepulveda c’était un peu par hasard. Ce n’était pas une lecture scolaire obligatoire, pas une recommandation directe non plus. Juste un nom qui revenait régulièrement, avec l’impression qu’il faisait partie de ce que l’on désigne comme les « connaissances générales », un auteur que chacun devait avoir lu, un passage obligatoire. Alors, comme beaucoup d’entre vous, j’ai attrapé Le vieux qui lisait des romans d’amour et je me suis plongée dedans afin de comprendre pourquoi c’était un incontournable. J’ai tout de suite été séduite par le style à la fois poétique et très terre à terre de Sepulveda. À la fin de ma lecture, je n’étais pas capable de dire exactement ce qui faisait de ce livre et de cet auteur un classique, mais j’abondais dans ce sens. Il y avait quelque chose de profondément beau et d’infiniment triste; un mélange parfait de sucré-salé. Ce roman est court et rapide à lire, je l’ai donc prêté à de nombreuses personnes, répandant la bonne nouvelle comme on dit, participant à la construction du mythe qui entoure Le vieux qui lisait des romans d’amour et son auteur comme des incontournables.

Et comme chaque fois que je lis un livre qui me touche particulièrement, je suis allée voir la bibliographie de l’auteur avec la ferme intention de lire tout ce qu’il avait écrit (j’ai fait la même chose avec Amélie Nothomb, dont je vous parle ICI). Luis Sepulveda est un auteur assez prolifique et à ce jour je n’ai pas encore lu l’entièreté de son œuvre. Toutefois, deux de ses romans, ou plutôt, deux contes, m’ont particulièrement marquée : Le monde du bout du monde et L’histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler. Dans les deux cas, on retrouve ce mélange entre poésie et réalisme, propre à l’auteur, qui permet d’entrer rapidement dans l’histoire et de se sentir interpellé par les personnages et par les enjeux. Parce que les textes sont courts, que l’on embarque presque instantanément dans l’histoire et que les thématiques sont intéressantes, j’ai rapidement commencé à utiliser ces textes, qui sont particulièrement appréciés des garçons, avec mes élèves du secondaire.

L’histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler

Ce premier conte s’adresse davantage aux élèves de secondaire 1 ou 2. Le personnage principal est un chat, Zorbas, qui vivait tranquillement sa vie de chat lorsqu’une mouette échoua sur son balcon. Juste avant de mourir, la mouette lui demande de prendre soin de son seul et unique œuf. Sur le coup, le chat ne sait pas trop quoi faire et, emporté par l’émotion, il fait la promesse de prendre soin de l’œuf, de l’oisillon et de lui apprendre à voler. Évidemment, Zorbas étant un chat, il n’a aucune idée de comment élever un oiseau, encore moins de comment lui apprendre à voler. Il ira donc retrouver ses amis chats, Colonello, Secrétario et Jesaistout, et, ensemble, ils feront de leur mieux pour mener l’œuf à l’âge adulte. La narration se fait entièrement du point de vue des chats, ce qui la rend très drôle, et on se laisse facilement prendre au jeu. À travers ce texte, Luis Sepulveda aborde les thèmes de la loyauté, de l’entraide, de l’apprentissage et de l’acceptation de l’autre et de la différence, le tout avec beaucoup d’humour. Ceci suscite toujours des discussions intéressantes avec mes élèves.

Le monde du bout du monde

Ce livre est l’un de mes coups de cœur et j’aime particulièrement l’utiliser avec mes élèves de secondaire 4, mais vraiment je pense qu’il fonctionnerait à tous les niveaux. L’histoire se déroule en deux temps, soit dans le présent alors que le narrateur est à l’âge adulte et dans le passé quand le narrateur est adolescent. Les deux récits s’entremêlent à merveille, alternant entre le merveilleux et le militant. Dans les deux cas, les baleines sont au cœur de la narration. Adolescent, le narrateur entreprend le voyage d’une vie vers les profondeurs de la Patagonie pour aller admirer les baleines. Adulte, il entreprend un voyage périlleux pour protéger ces mammifères géants. Les thèmes de l’environnement, de la protection de celui-ci et de la responsabilité citoyenne sont prédominants. Ce livre soulève toujours de nombreuses questions sur notre rôle face à l’environnement, à préservation de la biodiversité, à l’industrialisation et à la surconsommation.

Quel livre auriez-vous aimé qu’on vous fasse lire au secondaire?

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La beauté sans cruauté : un guide accessible pour étendre sa compassion

Il y a de fortes chances que vous vous soyez déjà fait dire : « Il faut souffrir pour être belle (ou beau!) », c’est d’ailleurs de cette façon que débute l’avant-propos rédigé par Sylvette Babin de ce livre, La beauté sans cruauté, petit guide pratique. Personnellement, je trouve qu’il s’agit d’une belle façon d’aborder la question; faut-il vraiment souffrir ou faire souffrir au nom de la beauté? À mes yeux et à ceux de Marie-Noël Gingras, autrice de ce guide, publié aux éditions Trécarré en mars, la réponse est claire : non.

C’est dans la continuité du guide Défi végane 21 jours, d’Élise Desaulniers, dont elle signait les recettes, que Marie-Noël Gingras a créé un véritable guide pour quiconque voulant éviter de participer à l’exploitation animale. Étant nouvellement végane et intéressée depuis longtemps par les produits plus naturels, je dois avouer que ce livre est une vraie bible à ce sujet et surtout, il démontre qu’il n’est pas si ardu de faire le choix d’avoir une routine de soin et de ménage entièrement respectueuse et sans cruauté. Il suffit de s’informer et de faire des choix en connivence avec ses valeurs et c’est exactement ce que propose ce guide et c’est réussi.

Saviez-vous qu’il n’y a toujours pas de loi qui protège les animaux des laboratoires au Québec (à l’opposé des 28 pays qui ont interdit de faire des tests de cosmétiques sur les animaux)? Les activités de recherches scientifiques font exception à la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal, ce qui est révoltant en sachant qu’il existe des solutions de rechange efficaces non utilisées qui ne feraient pas souffrir inutilement les animaux. En apprenant cela et tant d’autres choses dans ce livre, je ne peux que souligner l’importance de la publication d’un tel guide au Québec.

Un guide pratique rempli de ressources

Ce qui m’a davantage plu, ce sont toutes les informations détaillées et essentielles que contient ce guide. L’autrice explique de manière accessible de quelles façons on peut s’assurer de consommer des produits sans cruauté. Pour s’y faire, elle nous parle des animaux de laboratoire, des tests effectués, des logos importants à reconnaître, du cas de la Chine et des produits d’origine animale qu’il est important de connaître. Cela en fait un véritable guide dans lequel on peut facilement retourner en cas de doute ou de questionnements à la pharmacie. D’autant plus que Marie-Noël offre à la toute fin une liste complète d’entreprises et de marques entièrement véganes et pour la plupart locales.

En abordant la question du maquillage, des soins pour la peau, des produits d’entretien ménager et de la mode, l’autrice fait le tour de toutes les sources d’exploitation animale et nous explique en quoi ces industries contribuent à exploiter les animaux.

La mission de l’autrice est claire avec ce guide : elle souhaite partager ses connaissances et inspirer ses lectrices et lecteurs à avoir un mode de vie sans cruauté. Avec tous les conseils et les faits qu’elle partage, Marie-Noël démontre qu’il est accessible de faire des choix éthiques. En ce sens, elle est une alliée inespérée et une figure inspirante qui démontre que le choix de ne pas participer à l’exploitation animale est un choix accessible et gratifiant. Sans jamais condamner l’acte, elle renseigne, décrit la situation et propose des actions concrètes et accessibles pour faire sa part.

Prendre soin de soi et des animaux

En continuité avec la mission de l’ouvrage, il y a un chapitre entier qui partage et présente des recettes naturelles, simples et sans cruauté. Que ce soit en partageant une recette de mascara, de nettoyant ou de fard à joues, ce livre joue un rôle essentiel en plus d’être lumineux, positif et mobilisateur. C’est une lecture rassembleuse qui éduque et aborde des problématiques graves auxquelles il est important d’accorder de l’attention, et elle donne aussi envie de prendre soin des animaux tout en prenant soin de soi.

Il [ne] faut pas [faire] souffrir pour être belle!

Finalement, je termine cet article en vous laissant quelques liens qui pourraient vous intéresser concernant ces questions d’éthique et de mode de vie sans cruauté :

8 suggestions de lectures sur le véganisme

S’habiller avec éthique

Et vous, avez-vous des suggestions de lecture qui abordent le fait d’avoir un mode de vie sans cruauté?


Le fil rouge tient à remercier les éditions Trécarré pour le service de presse.

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Les meilleurs livres qui font voyager à Istanbul

Dans le portrait que j’ai fait de moi-même pour la page des collaboratrices du blogue, je me décris comme une voyageuse rêveuse!  Termes que je trouvais imagés, mais également termes qui parlent beaucoup de ma personnalité. Les voyages représentent les expériences les plus enrichissantes de ma vie, car je pars à la rencontre de nouvelles cultures, de nouvelles parties du monde, de nouveaux horizons et je me crée des souvenirs pour la vie.

Si parfois je ne voyage pas littéralement en personne, je me permets de le faire à travers les livres: des livres d’aventure, de fiction, de récit, ou de photographie-documentaire parfois même des livres de cuisine.

Cette fois-ci je me sentais inspirée, interpellée, par Istanbul, cette ville mythique, à la fois mystérieuse et tellement riche en histoire. Un ville à la frontière de l’Europe et de l’Asie, autrefois connue sous le nom de Byzance ou de Constantinople, une ville dont le présent est marqué par son passé.

Décrite comme l’une des villes les plus intrigantes du monde, comme une ville-monde cosmopolite et éclectique grâce à ses influences de la culture à la fois moderne et ancienne, occidentale et orientale, Istanbul pique la curiosité des voyageurs, inspire les romanciers et possède sans aucun doute un certain charme, qui personnellement m’a conquise à travers mes lectures.

J’avais envie de partager avec vous mes coups de cœur et mes découvertes, pour que vous puissiez vous aussi, à travers ces lectures, sentir les épices des mets turcs, entendre l’achalandage du mythique Grand Bazar, admirer la lumière refléter sur les eaux du Bosphore, ressentir la chaleur accablante de la ville en été et même rencontrer toutes sortes de personnalités attablées dans un café sirotant un thé fumant.

La bâtarde d’Istanbul, d’Elif Shafak

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Crédit photo: Catherine Drapeau

Alors qu’elle débute sa vie de jeune adulte, Asya, stambouliote sans père (d’où le titre, La bâtarde d’Istanbul) qui détonne un peu parmi les autres, tente de faire sa place dans le monde, elle qui a des idées plutôt avant-gardistes et contemporaines par rapport au reste de sa famille et de son entourage. Elle fera la rencontre d’Armanoush, Américaine d’origine arménienne et femme en devenir qui se questionne sur ses origines, sur l’histoire de son père et de ses ancêtres. Alors que cette dernière débarque à Istanbul, dans la famille de son beau-père, au sein de cette famille turque, elle développe des liens d’amitié avec Asya qui lui revèlera des pans d’histoires de sa famille et de la ville d’Istanbul. Elles découvriront que certains liens les unissent plus près qu’elles ne le pensaient.

L’intrigue m’a tenue en haleine et j’ai beaucoup apprécié l’aspect féministe du livre qui met en scène beaucoup de figures au caractère unique. J’ai aussi trouvé une intéressante réflexion sur le rapport que chacun entretient avec son passé et comment l’histoire de notre culture peut avoir un impact sur notre présent. D’un côté, une des protagonistes ressent ce besoin vital de connaitre son passé pour pouvoir mieux entrevoir son futur alors que pour l’autre, le passé représente un énorme poids qu’elle porte sur ses épaules et qui l’empêche d’avancer vers l’avenir.

Ce livre est un fascinant travail de documentation de l’autrice au sujet du génocide arménien et des relations entres les turques d’Istanbul et les Arméniens. À la suite de petites recherches, j’ai été bouleversée d’apprendre que l’autrice a été victime d’une poursuite pour avoir porté atteinte à l’image de l’État turque dans son ouvrage. Il semble qu’il serait interdit de parler du génocide en Turquie.

Par dessus tout, c’est ce livre qui m’a donné envie de m’intéresser davantage à la littérature turque. Grande autrice turque, Elif Shafak m’a convaincue: je lirai certainement ses autres titres.

Istanbul: Souvenirs d’une ville, d’Orhan Pamuk

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Crédit photo: Catherine Drapeau

Ce récit autobiographique empreint de nostalgie signé par une figure de la littérature turque m’a certainement interpellée par son ton très intime et personnel, rempli d’authenticité et de beaucoup de sensibilité. Orhan Pamuk nous raconte la ville selon son point de vue, il nous fait découvrir l’Istanbul où il a grandi, dont il a sillonné les rues, fouillé les recoins, admiré ses bâtiments et ses ruines, son fleuve et ses montagnes. Une ville qu’il a parfois aimée, parfois trouvée belle et parfois trouvée très triste.

Istanbul: Souvenirs d’une ville c’est un livre document. Un livre sur les souvenirs teintés de noir et blanc, sur la mémoire, sur des histoires et des anecdotes, mais surtout un bel hommage à la ville. Un livre documenté par beaucoup d’images d’archives, de photographies de famille, de peintures qui montrent la ville et qui magnifient les images dont l’auteur fait le portrait à travers ses mots, ses longues descriptions détaillées.

Car si les souvenirs peuvent parfois être flous et la mémoire faire défaut, les images aident certainement à se remémorer et immortaliser des instants. Avec ces écrits de l’auteur, la ville d’Istanbul restera certainement dans les mémoires.

J’ai retrouvé dans cet ouvrage un cours d’histoire, des anecdotes de vie d’un vrai Stambouliote, une visite guidée de la ville comme si j’y étais et aussi une belle réflexion de l’auteur sur les souvenirs que l’on rattache à une ville, à un lieu.

Saveurs d’Istanbul: Voyage au cœur de la cuisine turque, d’Andy Harris et David Loftus

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Un voyage gastronomique à Istanbul, ça vous tente? À la fois livre de recettes, récit de voyage et album photo (je rajouterais même guide touristique!), ce livre coloré nous fait découvrir Istanbul à travers ses saveurs, ses traditions culinaires, ses artisans, mais également ses lieux emblématiques et ses bonnes adresses.

En feuilletant le livre, j’étais totalement ailleurs: je faisais mes courses au marché de la mer Noire, je fouinais dans les kiosques du Grand Bazar, j’étais attablée dans un petit restaurant typique turc. C’est fou comme les images font voyager!

Au final, les recettes que propose Saveurs d’Istanbul m’ont bien donné l’eau à la bouche, mais ce que j’ai surtout apprécié dans ce livre ce sont les textes, les récits et les images à travers lesquels j’ai vraiment ressenti la culture du peuple stambouliote comme si j’y étais.

Un thé à Istanbul, de Sébastien de Courtois

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Crédit photo: Catherine Drapeau

Un étranger s’installe à Istanbul et y note ses pensées dans son cahier, laisse des traces de son quotidien sur papier. C’est sous cette forme que se lit très naturellement ce livre dans lequel l’auteur avait pour but d’enquêter sur les jours anciens de cette cité. Au cours de son passage, il décrit comment il a découvert le rituel du thé, s’est amouraché d’une Stambouliote aux très longs cheveux noirs, s’est laissé charmer par la mer, par les villages de pêcheurs ou par les rues en labyrinthes et comment ses cinq sens ont été en alerte au cours de ses visites au port achalandé durant les jours de bazar.

Intellectuel à la plume poétique, l’auteur pose un regard extérieur rempli de fascination et d’affection sur cette ville, ses traditions, son évolution à travers le temps qu’il tente de comprendre. Il part à la rencontre de son peuple, son histoire, son âme. Une ville à la croisée des mondes qui l’émerveille, qui le fait philosopher sur la vie.

***

Autant je m’intéresse à la littérature turque et au message que ses auteurs veulent nous laisser entendre, autant je trouve également intéressant de voir ce que les auteurs de différentes nationalités ont a dire sur cette ville à travers leur regard extérieur. Les livres présentés ne sont que ma petite sélection personnelle, des livres qui m’ont beaucoup plu et qui traitent d’Istanbul, mais j’ai justement dû me limiter parce qu’il y a plein d’autres ouvrages à découvrir à ce sujet et dans lesquels j’ai aussi hâte de me plonger.

Vous laissez-vous inspirer, charmer, par des villes à travers les romans et la littérature vous aussi? Quels sont les romans qui vous font le plus voyager?

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Encabanée ou retrouver un sens à sa vie dans les bois

Parfois, juste avec le titre et un paragraphe de résumé, je me fais de grandes idées sur un roman. Il me le faut tout de suite. Je me dis qu’il a été écrit juste pour moi. Qu’il va me révolutionner ! En quelques secondes, j’ai construit dans ma tête toute l’histoire d’amour que je vivrai avec ce livre et il me le faut tout de suite.

Quand les éditions XYZ ont annoncé la sortie du livre Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba sur leur page Facebook, j’ai tout de suite été interpellée. On aurait dit que j’attendais ce roman depuis des mois, alors que je n’avais pourtant aucune idée de qui était l’autrice (c’est sa première parution).

Gabrielle Filteau-Chiba y raconte l’histoire d’Anouk, qui a décidé de quitter sa vie montréalaise et professionnelle pour s’installer, seule, dans une minuscule cabane au Kamouraska. Le récit est inspiré de son propre fait vécu et est présenté comme un petit journal de bord. Elle y relate précisément quelques jours en janvier ou le mercure a chuté drastiquement, qu’il n’y avait plus moyen de faire fonctionner sa voiture et que les panneaux solaires ne fournissaient plus en électricité.  Pour survivre à la peur, elle décide de tout écrire ce qu’elle ressent jour après jour.

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Un roman rappelant ma démarche de partir vivre à la campagne

Comme je l’ai déjà mentionné dans une de mes chroniques du début de l’année, j’ai récemment déménagé à la campagne. C’est surtout pour cela qu’Encabanée m’a interpellée à sa sortie.

J’ai expliqué que je désirais me lancer dans un projet d’autosuffisance. Cependant, ce n’est pas la seule raison de mon départ de la ville. J’étais fatiguée de ne voir que des murs de brique et des voitures bruyantes. Pendant les derniers mois avant mon déménagement, j’allais tout le temps me réfugier au Jardin botanique. J’avais envie de m’installer là dans le calme et la simplicité, mais il fallait toujours revenir dans la circulation, les klaxons et les prises de tête inutiles.  J’avais envie de plus. J’avais soif de vrai. Et je me disais que le vrai, c’est-à-dire le concret, se trouvait dans la nature. Alors j’ai décidé de me lancer et de partir.

Pour commencer, j’ai choisi un entre-deux. Pour ne pas trop tout brusquer.

J’habite au milieu de champs et de boisés, mais je suis à 10 minutes de supermarchés et restaurants. Les voitures, je les vois encore passer à intervalle régulier devant mon terrain. Dans un deuxième temps, je m’isolerai sûrement plus.

Anouk, le personnage principal d’Encabanée, a décidé de passer tout de suite aux extrêmes. Elle s’est enfermée dans un refuge complètement isolé au bord de la rivière Kamouraska. C’est admirable, mais en même temps très intense. Elle cherche surtout la solitude. De mon côté, j’aime bien garder le contact avec les gens; je ne cherchais pas à m’isoler complètement. Par contre, je me retrouve parfaitement dans son appel de la nature et son désir de retourner à des valeurs plus concrètes. Des valeurs auxquelles on ne prête plus du tout attention en ville.

Être autonome. Réapprendre à se débrouiller sans Internet, sans téléphone ou diverses applications. Faire confiance à la nature.

Retrouver le vrai sens de la vie.

« Je ne veux pas de votre argent, ni vivre l’asservissement du neuf à cinq et ne jamais avoir le temps de danser. Rêver d’un bal comme d’une retraite anticipée ou d’un voyage tout inclus avec un prince de Walt Disney. Pas pour moi. Je veux marcher dans le bois sans jamais penser au temps. Je n’ai pas besoin de montre, d’assurances, d’hormones synthétiques, de colorant à cheveux, de piscine hors terre, de cellulaire plus intelligent que moi, d’un GPS pour guider mes pas, de sacoche griffée, de vêtements neufs, d’avortements cliniques, de cache-cernes, d’antisudorifiques bourrés d’aluminium, d’un faux diamant collé sur une de mes canines, ni d’amies qui me jalousent. De toutes ces choses qui forment le mirage d’une vie réussie. Consommer pour combler un vide tellement profond qu’il donne le vertige. »

Ces mots ont raisonné fort en moi.

Quelques déceptions au cours de ma lecture

Cependant, je dois avouer que je suis un peu déçue du roman. Il est très bien écrit et le style nous plonge parfaitement dans l’univers de froid et de solitude d’Anouk. Mais il est trop court. 90 pages bien tassées. Les dernières pages du livre défilent trop abruptement. Elles contrastent trop avec le reste du livre dans la lenteur. On sent un peu trop la volonté d’en finir vite. Il aurait gagné à être peaufiné.

Et j’en aurais voulu plus. J’aurais aimé me faire raconter les 4 saisons. Pas seulement les quelques pires jours de l’année.  Je suis restée sur ma faim, frustrée. J’avais probablement trop d’attentes!

Le fil rouge remercie les éditions XYZ pour le service de presse.

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Quand le roman aide à accepter la maladie mentale d’un proche

La santé mentale est un thème qui m’interpelle particulièrement dans la littérature. Ayant un proche qui vit avec une maladie mentale, les romans qui traitent de ce sujet ont souvent eu un grand effet thérapeutique sur ma personne en m’aidant à mieux comprendre les symptômes d’une maladie mentale et à conserver un regard humain sur cette réalité, sans jamais sombrer dans la haine ni la colère.

Parmi mes découvertes littéraires des dernières années, quelques ouvrages abordant ce thème m’ont apporté beaucoup de bien, notamment Borderline (2000) de Marie-Sissi Labrèche, Pivot de Marie-Ève Cotton (2017), La cloche de détresse (1963) de Sylvia Plath, Demain j’étais folle (2014) d’Arnhild Lauveng, Matricide (2017) de Katherine Raymond, et Profession du père (2015) de Sorj Chalandon. Aucun ne m’a toutefois autant ébranlée que Neurotica (2014) de Mélanie Gélinas.

L’innocence de l’enfant, la douleur de l’adulte

Dans la première partie de ce roman fragmenté, on suit l’histoire d’Anna Ouellet, âgée de huit ans, dont la mère souffre d’une « maladie des émotions », comme le dit la jeune narratrice. Le récit débute avec l’automutilation d’Anna, qu’elle réalise lors d’une chicane entre ses parents afin de les empêcher de divorcer. Elle se retrouve alors hospitalisée à l’Hôtel-Dieu, où, suivie par un psychiatre, elle explore son enfance particulière : sa relation avec sa mère malade, le stoïcisme et le déni de son père (qui interrompra la thérapie de sa fille, n’y voyant pas la pertinence),  sa résidence à Habitat 67, et sa vie d’enfant dans le Montréal des années 70. La deuxième partie du livre nous entraîne par la suite dans la vie adulte de la narratrice, où elle retourne en thérapie et affronte ses démons intérieurs suite à l’internement psychiatrique de sa mère.

L’autrice a su raconter avec brio l’innocence d’une enfant qui ne veut pas que ses parents se séparent. Tout au long de la première partie, on ressent l’intensité de la détresse d’une enfant qui comprend bien que sa mère est différente, même si elle ne peut nommer la maladie, et qui vit une grande culpabilité à l’égard de l’effondrement de sa famille.

La culpabilité fait place à une grande douleur et à un sentiment d’incompréhension lorsqu’on bascule dans la vie adulte d’Anna. La narratrice fait souvent référence aux « nœuds », ceux qui sont dans sa propre tête, ceux qui sont dans la tête de sa mère, ceux qu’elle doit irrémédiablement démêler à l’âge adulte pour surmonter son traumatisme d’enfance :

« Ce n’est pas ta maladie, mon rêve, mais en même temps, c’est ta maladie qui a fait mes yeux. Ta maladie et toi, ça m’a humiliée toute mon enfance. Comme les enfants méchants de mon école. Ça m’a blessée. M’a fait saigner du nez. M’a fait inventer des réparations.

Pas capable des choses comme les autres, mais capable de choses dont les autres ne sont pas capables.  

Il y a plusieurs personnes en toi, Maman, qui ont fait la guerre à mon enfant. Et je suis incurable de cet Amour primordial. Quand on a sept, huit, neuf, dix ans, on  n’a pas encore assez de vocabulaire et d’expérience pour nommer ce qu’on a vu et ressenti et qui nous a révolté. On a les moyens d’un sourire en lèvres de Joconde. Et on reste en guerre à l’intérieur.

Il n’y a jamais de cessez-le-feu. »

Une fois les nœuds démêlés, une fois la paix retrouvée, il ne restera que l’amour inconditionnel d’une fille envers sa mère, même au-delà de la mort.

Quand les mots rejoignent les émotions

Avec Neurotica, il s’est produit une adéquation parfaite entre les mots de l’autrice et mes propres sentiments. C’était la première fois que je tombais sur une autrice qui avait mis en mots exactement ce que je pensais et ressentais par rapport à la maladie mentale de mon proche, bien que les contextes entourant nos deux réalités différaient sur plusieurs aspects. La portée du livre a donc transcendé le récit en créant une solidarité entre l’autrice et la lectrice, et  c’est ainsi que ce roman m’a procuré un grand sentiment d’humanité et de bien-être, malgré le récit très dramatique. L’effet thérapeutique de l’écriture de l’autrice fut donc double; pour elle-même, et pour moi, la lectrice.

Neurotica est donc un roman très dur par son sujet, dont la lecture ébranlera forcément le.la lecteur.trice, mais qui, paradoxalement, lui fera aussi un très grand bien en lui rappelant qu’il existe de la beauté dans tout, même dans la maladie mentale.

Et vous, avez-vous des suggestions de lectures qui abordent la santé mentale?

Note : Pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir leurs découvertes littéraires et leurs connaissances en matière de maladies mentales, le cahier Santé mentale de  l’initiative Biblio-Aidants est une très belle ressource qui proposent plusieurs suggestions pertinentes de lecture (essais, romans, bandes dessinées, etc.) sur le sujet. Jetez-y un coup d’œil!

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Une chose très précieuse : voir et lire J’aime Hydro

Au tout début du mois de mars, j’ai pris la 40 déjà picotée de son trafic de milieu d’après-midi et je suis montée jusqu’à Trois-Rivières. J’avais manqué toutes les représentations montréalaises de l’intégrale de J’aime Hydro et il restait encore des places au balcon de la salle J. Antonio-Thompson, sous le doré et le faste d’un plafond Art Déco. J’ai coincé mes longues jambes dans l’espace qui m’était réservé (de biais, pour ne pas accrocher les épaules de la madame devant moi) et j’ai passé les quatre heures suivantes à regarder Christine Beaulieu parler d’enjeux énergétiques, de biens collectifs et d’amour.

J’ai tout aimé de la pièce: la belle folie de s’engager dans une représentation de quatre heures, justement; l’idée d’une enquête citoyenne menée par une non-initiée; le procédé de mise en abîme, par lequel la construction de la pièce fait aussi partie de la pièce; les illustrations de Mathilde Corbeil projetées sur scène. Et j’ai aimé le texte, que j’ai eu envie de lire aussitôt ressortie sur la rue des Forges.

Des réponses qui sont des questions 

Dans J’aime Hydro, Christine Beaulieu jette les bases d’un dialogue ouvert, une conversation qui invite et informe à la fois. Avec intelligence, mais sans opacité, elle pose une question et passe quatre heures à y répondre: pourquoi un complexe hydroélectrique sur la Romaine? Pourquoi de nouveaux barrages alors que la société d’État engrange chaque année des surplus d’électricité?

La posture de Beaulieu est citoyenne: au début de la pièce, elle n’est ni une experte des enjeux énergétiques, ni une professionnelle de l’hydroélectricité, ni même une militante environnementaliste. Poussée par Annabel Soutar, connue pour son travail en théâtre documentaire, elle va au bout d’une curiosité qui devient rapidement une forme d’engagement. Elle s’investit dans cette démarche, portée par un sentiment grandissant d’urgence; elle fouille, gratte, interroge. Elle arrive à des réponses nuancées qui sont elles-mêmes des questions, complexes et expansives. Les conclusions auxquelles elle arrive débordent de partout: il s’agit moins de trancher que d’échanger.

De cette façon, J’aime Hydro tisse aussi une réflexion autour de la notion de responsabilité: qui, dans nos sociétés, doit explorer ces grands enjeux? Qui est le mieux habilité pour le faire? À qui donne-t-on d’emblée cette légitimité, à qui la refuse-t-on? Et est-ce qu’on ne survalorise pas parfois l’expertise aux dépens de la curiosité?

S’adresser à tout le monde

Mais surtout, je m’étais dit que c’est incroyable, l’immensité des structures que les humains ont mises en place pour arriver à faire bouger des électrons. On a construit des barrages hauts comme la Place-Ville-Marie pour faire bouger des particules élémentaires, imperceptibles, infiniment petites. C’est capoté! (p. 59)

Sur scène comme sur papier, il y a dans J’aime Hydro un enthousiasme qui infuse tout le texte. Mais il y a aussi autre chose, une chose très précieuse: la pièce est accessible. Beaulieu s’adresse à tout le monde. Elle le fait sans condescendance, sans présumer que nous, le public, connaissons d’emblée ce dont elle va nous parler. Elle nous donne les moyens de l’accompagner dans sa réflexion, étape par étape. Elle revient aux bases et, dans un passage particulièrement délicieux, nous explique même ce que sont l’électricité et les électrons.

Et dans la salle J. Antonio-Thompson, à Trois-Rivières, il y avait tout le monde. À côté, devant et derrière moi: une madame et son monsieur qui venaient au théâtre pour la première fois en vingt ans; trois cégépiennes en Blundstones; une grande fumeuse au toupette crêpé; un homme en veston qui n’a pas du tout apprécié les pointes lancées à François Legault. Il me semble rare et remarquable que des personnes aussi différentes se réunissent autour d’une même conversation. Je me suis dit que c’était une belle démonstration: ce à quoi une citoyenne intelligente et curieuse peut arriver, sans que rien dans son parcours ne l’y ait prédestinée.

Pour écouter les trois premiers épisodes en balladodiffusion, c’est juste ici.

Aimez-vous lire du théâtre? Quelles pièces sont aussi de belles expériences de lecture?

Christine Beaulieu, illustrations de Mathilde Corbeil. J’aime Hydro. Atelier 10 (2017), 253 pages.