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Un livre québécois par mois : Mars : Alto

En mars, on lit un livre de la maison d’édition Alto!

Alto a été fondé en 2005 par Antoine Tanguay. C’est une maison indépendante qui publie principalement des romans et des nouvelles d’auteurs québécois. Elle offre aussi différentes traductions d’auteurs et d’autrices anglophones (Canada, États-Unis, Angleterre et Australie). En plus des romans de grand format, on retrouve aujourd’hui des versions poche de plusieurs de ses grands succès.

Pourquoi avoir choisi Alto? Je crois qu’avec cette maison d’édition, j’étais certaine de tomber sur des œuvres dont j’allais apprécier la lecture. Alto n’a pas encore réussi à me décevoir. À chacune de mes lectures, c’est une découverte et une surprise. Ils ont une grande variété de romans, ce qui leur permet de plaire à un large public de lecteurs et de lectrices.

Voici quelques suggestions de lecture :

Et vous, quelle sera votre lecture?

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Paul Auster et les livres de ma vie

Il y a tout juste un an paraissait chez Acte Sud le dernier ouvrage de Paul Auster : 4321. Ce récit, consacré aux hasards de la vie et aux multiples bifurcations du destin, me ramène aux premières lectures de cet auteur incroyable, que j’ai découvert il y a maintenant vingt ans…

Il est difficile d’écrire succinctement sur un auteur qui a accompagné la quasi-moitié de mon existence. Pour cela, il me faudrait écrire toute une thèse! J’aurais tellement à dire…

Dis, c’est qui ton auteur préféré?

Je ne suis pas du genre à avoir un auteur, une chanson ou un film préféré. En général, lorsqu’on me pose la question, j’ai bien du mal à y répondre, car j’ai une multitude de références qui me viennent à l’esprit. Je vais aimer le style d’untel, l’originalité d’un autre, et tout cela va, en général, me conduire à quelque chose de tout à fait personnel. Pourtant, avec Paul Auster, c’est différent.

J’ai découvert cet auteur lorsque j’étais étudiante à l’université, en cours de littérature comparée. J’étudiais alors La Trilogie new-yorkaise et L’Emploi du temps (Michel Butor). La démarche comparative était particulièrement bien appropriée, il faut l’avouer. Étrangement, je me suis plongée avec force dans cette écriture dense, labyrinthique, aux multiples questions philosophiques. Je dis « étrangement », car je ne pensais pas être touchée par ce style d’écriture, avec une trame narrative aussi complexe (car il faut l’avouer, lire Paul Auster, c’est être embarqué dans un dédale de références et d’événements improbables qui se superposent les uns aux autres de manière tout à fait aléatoire — en apparence — pour finir par se rejoindre, finalement, vers un même but).

On se perd. On devient lecteur errant entre les mots du hasard.

Avec Paul Auster, j’ai eu le sentiment de me reconnaître à travers des personnages toujours en questionnement, marchant sans but vers un quelconque destin ou une forme de quête identitaire ou métaphysique. Quel hasard!

L’art de la narration

Depuis La Trilogie new-yorkaise (incluant Cité de verre, Revenants et La chambre dérobée) jusqu’à sa Chronique d’hiver ou Excursion dans la zone intérieure, des textes plus personnels, je n’ai cessé d’être embarquée dans ce style narratif si riche, fait de péripéties, de rebondissements et d’ardeur. Personnages étranges, et pourtant si proches de nous, de l’auteur lui-même. Une écriture de corrélation, de la solitude, mêlant à la fois l’introspection, l’énigme, la mémoire, le temps… L’auteur joue avec les mots, avec les situations, et c’est ce qui fait que ça me plaît. Une combinaison littéraire qui marche!

Pourtant, je dois bien avouer que certains titres n’ont pas eu l’effet escompté sur moi. Alors que j’ai toujours attendu avec impatience la sortie du dernier titre de cet auteur, j’ai été parfois déçue. Seul dans le noir fait partie de ces titres. Récit sombre, sans queue ni tête, cauchemardesque et suffocant m’ayant laissé moi-même… seule dans mon noir. J’avoue, nous avons tous une part d’ombre en nous. Mais je ne devais pas être prête à voir la mienne au moment où j’ai lu cet ouvrage…

Pourtant, c’est ce que je trouve formidable chez Paul Auster! Cette capacité à s’adapter, à raconter les faits, qu’ils soient personnels comme historiques. Cette capacité à entremêler l’intime et le collectif.

Dans ma vie…

Depuis plus de vingt ans, ma bibliothèque se remplit des livres de cet auteur. Depuis ma petite étagère d’étudiante à l’Université de Paris, en passant par celle de la jeune femme active jusqu’à celle de la maman que je suis aujourd’hui, ses écrits m’ont accompagnée. Ils m’ont suivie en bateau jusqu’au Québec, et j’avoue que j’aurais bien du mal à m’en séparer, malgré mon souhait grandissant de simplifier ma maison. Ils font partie de moi et témoignent de toutes les étapes de la vie par lesquelles je suis passée.

Les livres sont ainsi. Ils nous suivent, ou nous précèdent!

Et puis, avec Paul Auster, j’ai aussi découvert les récits de Siri Hustvedt, sa femme. Et quelle belle découverte pour l’artiste en moi!

Vous souhaitez découvrir cet auteur? Voici quelques titres que j’ai beaucoup aimés :

La Trilogie new-yorkaise,

Brooklyn Follies,

Sunset Park,

L’invention de la solitude,

Moon Palace,

Lulu on the Bridge,

Tombouctou;

Des récits plus personnels :

Dans le scriptorium,

Chroniques d’hiver,

Excursion dans la zone intérieure,

et bien d’autres encore!

Vous aussi, vous avez un.e auteur.e préféré.e? Racontez-nous!

La tendance bien-être 2019 – Faire preuve de Gratitude!

Levez la main si vous avez déjà abandonné votre nouvelle résolution? Honnêtement, je déteste prendre des résolutions car je trouve toujours que c’est impossible de les tenir : perdre du poids, aller courir, apprendre une nouvelle langue, me faire davantage de lunchs ne sont que quelques-unes des résolutions abandonnées dans les dernières années. Cependant, cette année, j’ai choisi de faire différent et d’aller de l’avant avec une résolution impossible à abandonner, vous êtes prêts?  Celle de faire preuve de gratitude davantage au quotidien. Facile à dire?

Un cours 101 sur la gratitude

Le mot gratitude signifie, selon le Larousse :

Reconnaissance pour un service, pour un bienfait reçu ; sentiment affectueux envers un bienfaiteur : Manifester sa gratitude à quelqu’un.

En résumé, cela voudrait donc dire simplement de prendre le temps de remercier les gens. Nous sommes d’accord?

Récemment, j’ai lu le livre La Gratitude qui guérit : comment soigner les blessures du passé, par Christine Angelard, qui m’a amenée à me dire qu’en 2019 ce serait ma nouvelle résolution, mon nouveau mantra. Car en effet, dire merci, on fait déjà tous ça, non? Mais le fait-on vraiment?

Quelques principes essentiels pour adopter la tendance

Selon ce livre, non seulement c’est primordial de faire preuve de gratitude, mais en plus, cela nous permettrait de guérir nos blessures du passé, regroupées en 5 catégories selon l’autrice et communément appelées les 5 blessures de l’âme. Certes, certains passages m’ont paru un peu long et très croissance personnelle, mais dans l’ensemble, je dois avouer que cette lecture fut fort instructive et m’est restée longuement en tête par la suite.

D’après l’autrice Christine Angelard, qui est aussi médecin, conférencière, thérapeute en naturopathie, homéopathie, santé globale et mieux-être, il suffit de 3 semaines pour intégrer la « vraie » gratitude dans notre quotidien en appliquant des principes bien simples. On commence le jour 1, en trouvant trois mercis pour des choses arrivées dans la journée à se dire à soi-même, jour 2, on doit remercier quelqu’un, jour 7, on doit se souvenir des épreuves traversées et du bien qui en est ressorti, pour ne donner que ces quelques exemples qui doivent s’étaler au total sur 21 jours.

Selon plusieurs sources, c’est de 21 jours dont nous avons besoin pour prendre une nouvelle habitude, et ensuite celle-ci devrait être intégrée naturellement dans notre vie. Un petit test de gratitude de 21 jours, pourquoi pas? Plus facile à appliquer que de s’entrainer au gym 21 jours de suite… je dis ça comme ça! 😉

Christine nous donne aussi un véritable cours en accéléré sur la médecine chinoise (très intéressante et ô combien surprenante!), et on sent qu’elle est vraiment passionnée par les médecines alternatives car on y apprend beaucoup de choses. Afin de mieux comprendre l’importance de la gratitude dans nos vies, elle glisse également ici et là quelques cas bien expliqués dans lesquels on sent que celle-ci a changé, voire sauvé des vies, littéralement. Pour terminer, on a des chapitres complets d’exercices motivants à appliquer dès maintenant afin de nous guérir nous aussi de nos blessures du passé.

Si vous avez aimé le livre Ho’oponopono selon la méthode de guérison hawaïenne, vous aimerez sans aucun doute ce livre, qui est complémentaire à celui-ci selon moi. Dans Ho’oponopono, on nous invite à suivre une sorte de méditation guérissante en nous invitant à dire autour de nous les 4 phrases suivantes : Je suis désolé, S’il-te-plaît pardonne-moi, Je t’aime & Merci. Alors que dans La Gratitude qui guérit, on nous suggère de commencer par faire un ménage à l’intérieur de soi avant de réapprendre à dire merci comme il se doit aux autres.

Et si on commençait l’année 2019 en harmonie avec soi-même, en disant merci avec tout notre cœur et non seulement parce que nos parents nous ont appris à être polis? Serez-vous adeptes de cette tendance vous aussi?

Le fil rouge remercie les éditions Édito pour le service de presse.

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Les chars meurent aussi de Marie-Renée Lavoie ou l’importance de revenir à l’essentiel

Laurie est habitée par un double malaise. Celle qui vit avec ses parents dans un petit quatre et demi à Québec a honte de leur vie modeste, de leur travail, l’un garagiste et l’autre surveillante à la guérite d’un stationnement d’hôpital, mais elle éprouve aussi une gêne devant tant de déshonneur envers ces êtres bienveillants qui ne désirent que son bonheur et une vie meilleure pour leur enfant:

« Je venais tout juste de découvrir, en le formulant pour la toute première fois de ma vie, que je ne voulais pas ça, que je ne voulais pas finir là. […] Que mon idée de ce qu’était un vrai travail ne s’était jamais accordée à cette prison mal payée. Que j’avais établi, à mon insu, une hiérarchie sociale qui plaçait ma mère tout au fond. Que j’avais peur de ce fond comme d’une maladie honteuse. Et que j’avais confusément honte de ma peur. » (p. 51)

Un désir de dépassement

Laurie se met souvent à rêver, s’imagine ce que serait la vie dans d’autres circonstances que la sienne, un peu comme sa mère à travers les nombreux livres qu’elle dévore. Elle rêve d’un appartement magnifiquement décoré de cimaises et de moulures, elle désire en fait mener une vie plus aisée, elle qui n’a connu ce milieu que de loin, de la position de serveuse prenant les commandes de ces détenteurs de costumes chics et de voitures de luxe. Ce malaise de ne pas appartenir à la bonne classe sociale sera accentué quand elle fera la rencontre de Romain, ce jeune étudiant universitaire en médecine vétérinaire:

« Il habitait une maison, une vraie. Pas un appartement en sandwich dans un immeuble étriqué, mais une structure entièrement libre, percée de fenêtres de tous les côtés. […] Même si je ne voyais rien de la cour, j’ai pensé qu’on devait pouvoir y trouver, en été, un pavillon pour prendre le thé, des bancs aux pieds sculptés, des fleurs, des tonnes de fleurs parfaitement agencées […], des trucs rares qu’un jardinier spécialisé bichonnait avec des gants en peau de lézard pour ne pas s’empoisonner. Les poutines que nous rapportions m’ont tout à coup semblé bien vulgaires. » (p. 135-136)

Confrontée à la richesse des autres qu’elle perçoit comme synonyme de bonheur ultime, Laurie cherchera à préparer son avenir du mieux qu’elle peut tout en voulant conserver ses valeurs et ses principes. Elle tente d’accéder à ce mieux-être, mais les obstacles communs à cet âge (les difficultés rencontrées lors d’un nouvel emploi, la complexité des relations amoureuses, la conciliation travail/études, le manque d’estime de soi, etc.) s’enchaînent, la laissant parfois en crise de larmes dans sa voiture que son père a rafistolée pour elle.

Refuser les injustices

À plusieurs reprises, nous découvrons une jeune femme en colère, frappée par les injustices qu’elle observe au quotidien, que ce soit Cindy, la petite voisine malmenée, dont les parents ne prennent pas soin, ou encore le sexisme ambiant qu’elle constate au garage de son père ou dans le restaurant pour lequel son amie Sonia travaille. Elle éclate, se fâche, déchire ce qu’il y a à déchirer. Elle a une capacité de réagir et une force de caractère qui lui permettent de s’affirmer, même si ses actions ne sont pas toujours bien calculées et que cette impulsivité se joint bien souvent au regret.

Laurie a le comportement d’une adulte encore marquée par les restes de l’adolescence, cherchant à s’affranchir et à déterminer ce qu’elle veut pour son futur proche. Les échecs ne la font pas abandonner, ils la rendent plus forte et l’aident à voir plus clairement.

Redéfinir son rapport au monde

C’est lorsque la maladie s’immisce dans la vie d’un être aimé que Laurie reconsidère ce sentiment d’humiliation et d’infériorité qui la suit un peu partout. L’argent devient moins important, sa voiture aussi; le temps, quant à lui, vaut son pesant d’or. La famille, l’entraide des proches et l’amitié ont préséance sur la richesse monétaire, l’atteinte d’une classe sociale supérieure et la réussite scolaire, des éléments qui sont certes invitants, mais qui n’ont pas autant de poids que le soutien et l’amour des siens.

Cette œuvre de Marie-Renée Lavoie (autrice de La petite et le vieuxAutopsie d’une femme plate et Le syndrome de la vis) fait réellement du bien en raison des dialogues comiques qui parsèment les pages et de ce doux mélange de bonté et de simplicité qui se dégage des personnages. Grâce à leur grande capacité imaginative, ces derniers rêvent, s’inventent parfois un monde rendant leur vie, pour quelques instants, plus douce et plus belle.

Et vous, qu’est-ce qui vous fait rêver?

Le fil rouge remercie les Éditions XYZ pour le service de presse.

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Feu le soleil et ses petites histoires

Un colis est arrivé dans la boîte aux lettres de mon appartement par une journée d’hiver comme les autres. J’ai ouvert ledit colis, et un livre à la couverture splendide m’a tout simplement charmée. Tout de suite, j’ai voulu savoir ce que ce recueil de nouvelles avait à me dire.

Un recueil tout en beauté

Feu le soleil, par Suzanne Jacob, est un recueil de neuf nouvelles, dont la dernière donne son nom au livre. Les histoires sont découpées en deux parties, chacune débutant par une citation poétique telle que celle-ci :

« Personne n’aurait pu imaginer cette scène, parce qu’elle avait eu lieu. »

D. M. Thomas

Le titre du livre est en soi très esthétique, et il en est de même pour la manière dont les petites histoires nous sont contées par l’autrice. Petites, ces histoires, parce qu’elles ne font jamais plus d’une dizaine de pages. Ainsi, Suzanne Jacob possède un vocabulaire très varié qu’elle maîtrise tout au long des nouvelles. Aussi, j’ai trouvé sa manière de construire des ambiances fascinante.

« La neige bleuit avant de devenir livide. C’est la tombée du jour. C’est l’heure où le ciel et la terre se refroidissent. C’est l’adieu. Le doute monte de ne pas en être, de n’en avoir jamais été, de n’en être jamais plus, du monde. »

Moments ordinaires et questions existentielles

J’ai cru remarquer une certaine obsession pour les questions existentielles qui tourmentent les personnages de Feu le soleil. Les protagonistes se rassemblent tous autour du fait qu’ils vivent des moments simples, ordinaires, mais que l’autrice transforme en moments déterminants de leur vie : ces périodes, qui font l’objet des nouvelles, les font réfléchir sur leur passé, leur présent, leur futur.

Cela nous amène, en tant que lecteurs, à regarder notre environnement avec un œil nouveau, inspiré de tous ces questionnements lourds et légers. Ainsi, dans une nouvelle, le simple choix entre un repas de crêpes ou de poulet à partager avec sa mère mène un enfant à se questionner sur le passé de celle-ci, qu’il sent particulièrement émue à la vue d’une crêpe aux pommes. Cocasse et touchante à la fois, cette nouvelle m’a fait réfléchir sur ce que les autres perçoivent de nos émotions qu’on croit parfois si bien cachées… et pourtant.

Une autre nouvelle nous fait voyager sur les routes enneigées du Québec par un soir de tempête, où le chaos règne aussi bien sur les chemins que dans la tête de la passagère du véhicule. D’où part la voiture et où s’en va-t-elle? Suzanne Jacob garde le secret, mais on soupçonne qu’une période difficile vient d’être vécue par la protagoniste de l’histoire, et que ce trajet de voiture, interrompu par les conditions hivernales, la replonge dans tout cela, à la manière d’une métaphore.

Feu le soleil est une bourrasque de fraîcheur qui m’a complètement fait décrocher de mon quotidien. Même si les nouvelles vont dans tous les sens et sont très courtes, on s’attache aux personnages dépeints, puisqu’ils possèdent tous cette même sensibilité touchante.

Et vous, quel livre vous a-t-il enlevé à votre quotidien récemment?

Le fil rouge tient à remercier les Éditions du Boréal pour le service de presse.

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Prendre sa dose de Caféine, une page à la fois

Tasse de café fumant bien en main, lourde couverture sur les genoux, lumière du soleil d’hiver: voilà le combo idéal pour entamer une bonne lecture réconfortante telle que celle du magnifique livre Caféine publié aux éditions Parfum d’encre. Dans cet ouvrage, Sarah-Émilie Nault nous fait découvrir l’intérêt grandissant, au Québec, pour ce précieux breuvage qu’est le café.

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Place aux lieux et aux artisans d’ici

Ce livre, dont la couverture dégage pratiquement une odeur de café, est unique en son genre. Au fil des pages, on découvre les origines du café, on attrape de petites parcelles de l’histoire du 2e produit d’exportation au monde (après de pétrole), on apprivoise le concept de 3e vague (j’y reviendrai plus tard), tout en surfant sur fond de lieux à découvrir à travers le Québec. C’est ce qui en fait une œuvre si réconfortante: les références aux cafés et aux gens d’ici. Lorsqu’il est question d’un café installé dans une ancienne banque (Crew collective & Café), ou encore d’un autre adapté aux cyclistes (Club Espresso Bar), on sait que si on a envie de s’y rendre, c’est accessible.

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Pour les amateurs et les néophytes

Il n’est pas nécessaire d’être un inconditionnel du café pour apprécier ce magnifique livre. Pour ma part, j’apprécie un bon bol de latté ou encore un espresso, mais je ne suis pas connaisseuse plus qu’il ne le faut. J’ai été agréablement surprise de constater tout le savoir-faire et les gens compétents qui gravitent autour du processus nous permettant d’avoir d’aussi bons produits à notre disposition. Les lieux dont il est question proviennent tous de la 3e vague, concept que j’ai longuement essayé de résumer. J’ai finalement trouvé une citation du livre qui fait le travail mille fois mieux que moi.

«Nos parents ont commencé à boire du café pour se réveiller; du café instantané, à l’époque de l’avant-guerre. Puis un jour, une grosse chaîne, Starbucks, est venue dire aux gens: «Hé, vous savez qu’on peut boire du bon café!» Et c’est ainsi qu’est né ce qu’on appelle le café spécialisé, le café de la deuxième vague. Les gens se sont rendu compte qu’ils pouvaient également boire du café pour le goût. De là est apparu un certain intérêt pour le café. D’où vient-il? De quelle sorte d’infusion s’agit-il? Cela a ouvert les yeux des gens. La troisième vague est similaire à ce qui est arrivé avec la bière de microbrasserie: elle a regroupé des artisans qui se soucient de la provenance, de la qualité, de la manière dont le produit est transformé et de la façon dont on peut transmettre le procédé d’infusion. D’où l’expression « de l’arbre à la tasse. » — Alex Sereno, cofondateur de Barista Microtorréfacteur».

Caféine, p. 28

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Beaucoup plus qu’un simple guide

Caféine peut se lire dans l’ordre ou le désordre. Divisé en huit chapitres, le livre navigue entre la présentation des institutions, l’histoire du café équitable, les portraits de torréfacteurs, le latte art, la symbolique du lieu (pour la création, les rencontres, les découvertes, etc.). C’est à travers les différents établissements mis en lumière par l’autrice qu’on en apprend un peu plus sur les secrets qui font un bon café, qu’on se désole des conditions de culture qui se dégradent à cause des changements climatiques, qu’on frémit à l’idée d’essayer des cours d’introduction au café St-Henri ou de goûter au curry latte du café Paquebot. Pour compléter le tout, il est possible de consulter un lexique des cafés à base d’espresso, un index des cafés présentés ainsi qu’une roue des arômes, histoire de parfaire ses connaissances.

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Après ma lecture, j’en suis sortie avec une vision différente de ma tasse de café matinale, j’ai vraiment envie d’en apprendre plus sur ce que je consomme et j’ai maintenant une liste de petits trésors à découvrir à travers le Québec dans les mois à venir. Mes deux lieux coups de cœur à visiter sont le café Frida à Trois-Rivières, pour son menu végane, et le Hoche Café dans Hochelaga, pour son engagement social et environnemental. Je peux affirmer que Sarah-Émilie Nault m’a conquise avec son bouquin plein d’arômes.

Et vous, avez-vous de l’intérêt pour ce genre d’ouvrage ?

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Le goût du XXe siècle avec Marie Laberge

J’ai décidé de terminer l’année avec une lecture-cadeau. Une série que j’étais certaine d’apprécier, car je l’avais déjà lue. Une écriture qui se lit facilement, mais une histoire qui n’est pas nécessairement facile, avec des thèmes délicats et des moments crève-cœur. Je me suis donc replongée dans l’œuvre de Marie Laberge, avec la série Le goût du bonheur, comprenant les tomes GabrielleAdelaïde et Florent. 

La trilogie

Si je pouvais décrire cette série entière en un seul mot, j’y irais d’abord avec «évolution». Elle montre l’évolution des croyances, des mœurs et de la vie en général au Québec, entre les années 1930 et 1967. Ce sont des années très chargées, qui ont profondément changé le Québec. L’accent est notamment mis sur la lutte des femmes pour obtenir une place plus importante dans la société et dans les mondes économique, politique et social. Les deux premiers tomes se concentrent beaucoup sur cette idée, avec des personnages principaux féminins très forts, soit Gabrielle, puis sa fille, Adelaïde.

Un deuxième terme pour décrire cette série serait «comparaison». Les trois tomes comparent plusieurs groupes de personnes, notamment les francophones et les anglophones, les riches et les plus pauvres, les hommes et les femmes, les gens attachés au passé et ceux qui se tournent vers l’avenir. La série comporte de nombreux personnages venant d’horizons très différents, dont la tante qui a toujours les mêmes valeurs conservatrices que l’Église, l’ami anglophone né sans beaucoup de moyens qui est devenu un homme d’affaires prospère, la collègue revendicatrice et réformiste, et l’associé juif et anglophone qui tente de faire carrière dans un milieu francophone. Tous ces personnages brossent un portrait très réussi et diversifié de ce à quoi pouvait ressembler le Québec à l’époque. La population était à la fois composée de personnes très ouvertes, innovatrices et d’autres, encore très attachées à l’Église catholique, et aux droits et devoirs dictés par cette institution, qui avait beaucoup d’emprise sur la société francophone. Cette polarité est particulièrement bien représentée dans les romans.

Enfin une représentation positive

Un aspect que j’ai particulièrement apprécié, dès le début du premier tome, est la représentation d’un mariage réussi au début du XXe siècle. Bien souvent, les fictions montrent des mariages de raison, ne comprenant ni amour, ni passion, ni même affection. Gabrielle, l’héroïne du premier roman, et Edward, son mari, brisent ce stéréotype en formant un couple des plus heureux. Malgré tout, leur bonheur et leur bonne entente n’ont jamais fait l’affaire de tous, Edward ayant des origines américaines qui dérangent la famille de Gabrielle.

De plus, comparativement à bien des romans prenant place à cette époque où l’Église régit plusieurs aspects de la vie des Québécois, les femmes ne se contentent pas de la place qui leur est destinée par la société et sont même encouragées par leurs maris, frères et amis. Ce soutien, qu’il fait bon de lire, les amène à faire de très belles choses, notamment ouvrir un centre pour les enfants défavorisés, ouvrir un préventorium pour sauver ceux qui sont à risque de contracter la tuberculose, qui fait des ravages dans la population, et informer les femmes des moyens de contraception qui s’offrent à elles, dans le plus grand des secrets.

Les liens qui unissent les personnages rendent la lecture très intéressante, car les romans présentent également des relations amoureuses, amicales et familiales très diversifiées, singulières et, parfois, dérangeantes.

Trois tomes, trois personnages différents

Les trois composantes de cette trilogie sont représentées par un personnage, qui est mis de l’avant. Ils ont tous des traits de caractère qui les avantagent, mais leur apportent également certains soucis. Dans le premier tome, Gabrielle est un exemple de bonté et de grandeur d’âme. Par contre, son extrême générosité l’amène à prendre des risques énormes et à mentir pour aider les personnes qu’elle aime. On découvre dans le deuxième tome une Adelaïde devenue une femme courageuse, indépendante et décidée. Ses qualités lui servent beaucoup, mais font également en sorte qu’elle préfère rester secrète plutôt que de s’arrêter et de demander l’aide dont elle aurait parfois besoin. La trilogie se termine avec Florent, un être sensible qui a longtemps cru ne pas avoir droit au bonheur. Alors qu’il excelle dans sa profession, sa vie personnelle est mise de côté pendant qu’il se démène pour aider ceux qu’il aime et considère comme sa propre famille.

Une lecture enlevante

Lorsque j’ai lu cette série pour la première fois, j’ouvrais le bouquin à la moindre occasion: en déjeunant, si j’avais quelques minutes avant de quitter pour l’école, dans l’autobus; et je me réservais un bon moment pour lire avant d’aller dormir. J’ai relu quelques années plus tard ces trois livres avec la même envie, le même empressement. On entre certainement dans le quotidien de cette famille, dont on adore certains membres et déteste certains autres. Les vies des personnages sont pleines d’événements marquants, de bonnes et de moins bonnes surprises, qui m’ont encore consternée lors de ma deuxième lecture. Je recommande d’avoir le deuxième tome à portée de main en terminant le premier, car la finale n’est pas tranquille!

Bref, l’une des grandes forces de cette trilogie, selon moi, est la façon dont elle montre toute la diversité qui était présente à l’intérieur du peuple québécois dans les années 1900. Quel autre auteur réussit aussi bien que Marie Laberge à dépeindre les disparités présentes dans une société?

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Maman veut partir : hommage aux souvenirs d’enfance

Ode à la candeur de l’enfance, Maman veut partir est une œuvre qui témoigne du lien fort qui unit un enfant à sa mère. Ce roman, qui prend la forme d’une succession de courts poèmes, offre un très bel hommage aux mères. L’auteur Jonathan Bécotte y raconte le quotidien de son enfance, ponctué de moments d’heureuse légèreté qu’il partage avec sa mère. À l’instar de son premier roman Souffler dans la cassette, on retrouve dans Maman veut partir une magnifique écriture qui laisse transparaître la grande sensibilité de l’auteur.

L’innocence de l’enfance

L’auteur réussit avec brio à nous faire ressentir l’étendue de l’amour et de l’admiration d’un enfant envers sa mère. Dans les petits moments, qui pour l’adulte semblent routiniers et anodins, il se dévoile une incroyable magie qui ébahit l’enfant. L’auteur montre l’adorable naïveté d’un petit garçon émerveillé devant sa mère, avec en prime de petites touches d’humour qui nous font sourire.

L’écriture de Jonathan Bécotte est tout simplement remarquable. Imagée, poétique et délicate, sa plume nous raconte l’enfance d’une manière simple et accessible, tout en étant très émouvante:  

«Ma petite radio Fisher Price
En plastique épais
Rouge, blanche et bleue,
Avec un micro attaché par un cordon jaune entortillé.
[…]
Elle ne fonctionne plus aujourd’hui
Les batteries ont fondu dedans.
C’est ce qui arrive quand on oublie
De regarder à l’intérieur des choses.» 

Au fil du récit, le narrateur est dépassé par l’inévitable tragédie de la vie. Les événements le forcent à vieillir trop vite, et à perdre trop tôt une partie de sa naïveté. Sans tout comprendre du monde adulte, l’enfant voit sa mère changer et la sent malheureuse:

«Ma mère est un navire
Qui fonce tout droit vers un glacier.
La différence entre elle et le Titanic
C’est qu’elle veut faire descendre tout le monde à bord
Avant de couler.»

Apprivoiser le deuil

À la lumière des paragraphes précédents, il peut paraître surprenant que le deuil soit un thème incontournable du livre. C’est là un autre exploit de ce roman qui nous fait passer d’un extrême à l’autre du spectre des émotions. Si une atmosphère heureuse se dégage de la première partie du livre, la deuxième partie est, quant à elle, traversée par la perte et le déchirement.

C’est d’abord le deuil d’une famille unie auquel l’enfant est confronté, suite à l’annonce du divorce de ses parents. Se présente ensuite le deuil de sa mère, laquelle est atteinte d’un violent cancer qui lui laisse peu de temps à vivre. L’enfant assiste, impuissant, à la destruction de l’univers qu’il chérissait.

À travers cette tragédie imprévisible, il y a une très belle réflexion sur la vie après le deuil d’un être cher, et sur la relation que l’on entretient avec les souvenirs:

«Je ne veux pas que tu t’éteignes
Comme le souvenir d’un rêve;
Les images qui clignotent
Jusqu’à s’évanouir.
[…]
Je me maquille
Avec un rouge à lèvres brisé
Que tu as laissé dans le tiroir des brosses à cheveux;
Je veux voir ton visage dans le mien.
[…]
Je défends mes souvenirs de toi
Contre l’armée de l’oubli.
Je tremble à l’idée
De te perdre pour de bon.»

De par son petit format, Maman veut partir se dévore en une bouchée; on s’y plonge un après-midi et on en ressort complètement chamboulé, une boule d’émotion dans la gorge. C’est le genre de livres qu’on referme tout en s’émerveillant de l’incroyable beauté qu’il recèle.  

Et vous, quels sont les romans qui vous ont le plus ému?

Les ananas de la colère, par Cathon

Les ananas de la colère: quand le piña colada est fatal

Sur ma fixation sur les ananas

J’ai toujours eu une petite fixation sur les ananas. Ma housse de couette, mon cover de cellulaire, mes tasses et même mes ongles, parfois, peuvent en témoigner. Je crois que c’est, en très grande partie, la raison pour laquelle je me suis sentie attirée comme un aimant par Les ananas de la colère, de Cathon, lorsque je suis allée au Salon du livre de Montréal. À la base, j’ai toujours adoré le visuel des bandes dessinées des Éditions Pow Pow : elles sont un peu funky et, en plus, les histoires ont tendance à sortir de l’ordinaire. Par contre, pour mon budget, c’était un peu exagéré : 22,95$ pour quelque chose dont je savais pertinemment que je passerais au travers en quelques heures à peine, je trouvais que le rapport longueur-prix n’était pas tout à fait valable. Je suis allée au SDLM presque tous les jours cette année. Au sixième jour, j’ai craqué : au diable le budget! Quand ça fait 6 jours que tu lorgnes un livre, s’il y a un conseil que j’ai à te donner, c’est de l’acheter. Dans mon cas, je ne l’ai vraiment pas regretté.

Sur Les ananas de la colère

Quand on passe l’hiver au Québec, je crois que c’est inévitable de se retrouver avec un coup de blues, un peu après les vacances, lors du retour au travail et des journées froides, en plus du manque de soleil. Les ananas de la colère, avec ses piña coladas et son histoire rocambolesque, a réussi à mettre un peu de soleil dans mon coup de blues. Je vais être honnête, je n’ai jamais critiqué/commenté de bande dessinée : à part les Archies (mon grand amour de jeunesse), je n’en ai jamais vraiment lu non plus. Mais on va essayer ensemble, d’accord?

Sur les dessins

Les ananas de la colère
Les ananas de la colère par Cathon, p. 78

Si l’aspect de l’histoire est très important dans toutes nos lectures, ce qui fait le charme d’une BD, c’est incontestablement le visuel. Les dessins de Cathon sont du vrai bonbon pour les yeux : avec un style simple ,mais coloré (ici, je ne parle pas de la couleur, parce que c’est en noir et blanc; je parle du coup de crayon, hein!), l’histoire ne donne pas juste envie d’être lue, elle donne envie d’être regardée. J’ai dû me retenir d’arracher des pages pour les coller sur mon mur (mais, au prix que ça coûte des livres neufs, on va se gérer sur les envies de vandalisme, hein!). Je ne commenterai pas plus les dessins, parce que je ne m’y connais vraiment pas, mais, de toute façon, une image vaut mille mots, non?

Sur l’histoire

L’histoire : c’est la raison première pour laquelle on lit un livre. Cette histoire-ci est un peu déroutante, elle sort carrément de l’ordinaire. Cinq faits en vrac pour te donner un peu de contexte (à la façon des questionnaires qu’on mettait sur notre skyrock quand on était jeunes) :

1. Le style : policier-funky

2. L’inspiration : kitsch tiki et les romans (en français) d’Agatha Christie

3. Le lieu : le quartier hawaïen de Trois-Rivières

4. Le personnage : Marie-Pomme, barmaid à l’Ananas d’or

5. L’intrigue (le résumé des Éditions Pow Pow était trop parfait pour que j’essaie d’en écrire un moi-même) :

« Lorsque Bonnie Lavallée est trouvée morte dans son appartement, la police de Trois-Rivières croit avoir affaire à une banale intoxication au piña colada. Mais Marie-Pomme, voisine de la victime et barmaid à L’Ananas d’or, est convaincue que l’ancienne championne de limbo a été assassinée. Et puisque les forces de l’ordre sont occupées par leur épluchette de blé d’Inde annuelle, c’est à elle de mener l’enquête… »

Sur la fin

En tentant de résoudre un mystère qu’elle semble être la seule à percevoir (les autorités ne la prennent pas au sérieux, et personne n’est vraiment affecté par la disparition de Bonnie Lavallée), Marie-Pomme traverse diverses péripéties qui sèment la mort sur son passage. La finale dévoile l’identité de l’assassin(e) (je ne vais quand même pas te révéler le sexe du/de la coupable!) sans réelle surprise, avec néanmoins un plot twist au niveau de la façon dont les meurtres sont orchestrés. Tout au long de l’histoire, on devine que les piña coladas sont à l’origine de tout, sans toutefois pouvoir deviner quel rôle ils jouent réellement; la surprise n’en est que plus délicieuse (presque autant qu’un piña colada).

Ma seule déception, c’est que, lorsque je lis un roman policier, j’aime analyser chaque détail pour essayer de découvrir le/la coupable avant l’enquêteur. Une fois le punch (sans vouloir faire de jeu de mots d’alcool, ha-ha) révélé, j’ai tenté de revenir dans les cases où un indice aurait pu se glisser, mais il n’y en avait aucun : il était impossible de prévoir la fin avant de la lire. J’aurais aimé réaliser que j’avais manqué de petits détails, ou j’aurais aimé, lors de mon examen minutieux de chaque case, avoir la satisfaction de trouver un indice.

Néanmoins, simplement pour le plaisir des yeux et du cœur de pouvoir suivre Marie-Pomme dans ses aventures, je crois que Les ananas de la colère vaut vraiment le coup. Une belle lecture pour la saison froide et les coups de blues, qui saura te réchauffer le cœur et te tirer plus d’un sourire en coin, je te le garantis!

Et vous, quels livres vous font du bien pour survivre à l’hiver?

ambiance enneigée Mile-End

Pourquoi j’ai juste envie de lire Stephen King en ce mois de janvier glacial

Au moment où j’ai commencé ma lecture pour cet article, nous étions au début du mois de janvier, les températures tournaient autour de -20 degrés Celsius, j’avais froid tout le temps et je recommençais le travail après de longues et belles vacances. Bref, j’avais grand besoin de réconfort, et mon choix s’est tout naturellement arrêté sur un livre de celui qui est surnommé le « maître de l’horreur ». Je vous expliquerai plus loin pourquoi lire Stephen King est pour moi synonyme de réconfort, mais je vous présente d’abord le roman.

Doctor Sleep

Doctor Sleep est la suite de The Shining, roman qui est particulièrement connu pour son adaptation au cinéma par Stanley Kubrick. Par contre, attention, l’adaptation n’est pas très fidèle au livre, alors, si vous souhaitez vous lancer dans Doctor Sleep, mieux vaut faire abstraction du film. Doctor Sleep raconte l’histoire de Danny Torrence, devenu adulte. Son histoire s’entrecroise avec celle d’Abra Stone, une adolescente dotée du même pouvoir (« the shining ») que lui. Abra et Danny forment éventuellement une alliance pour combattre des personnages maléfiques dotés de pouvoirs malfaisants qui se « nourrissent » de la peur des enfants pendant qu’ils les tuent. Bref, un scénario assez classique pour un roman de Stephen King où d’horribles personnages associés aux forces du mal doivent être combattus.

Pourquoi le lire?

Il y a plusieurs raisons, mais en voici trois que je retiens :

  • C’est super agréable à lire. King sait raconter des histoires de façon à accrocher ses lectrices et lecteurs et il a un style fluide qui donne envie de continuer la lecture. Il joue avec la narration pour nous faire voir les points de vue de différents personnages. On s’attache aux bons; on est vraiment horrifiés par les méchants.
  • Pour les amatrices et amateurs de Stephen King, ce livre est vraiment du bonbon. Il reprend des thèmes et obsessions qu’on connaît déjà (je pense par exemple au conducteur de train, qui m’a fait penser à La tour sombre) et il cite subtilement certaines de ses autres œuvres. Le livre peut se lire sans voir ces petits clins d’œil, mais pour les fans, ça rajoute une couche de plaisir.
  • Et finalement, j’ai eu un coup de cœur personnel pour le personnage d’Abra. J’ai bien aimé la façon dont King représente cette adolescente sans tomber dans la caricature.

Et ça te réconforte, toi, lire des livres de même?

Stephen King est un auteur dont j’ai lu une bonne part de l’oeuvre quand j’étais adolescente. Je crois que le plaisir que je trouve à lire à l’occasion un de ses romans, malgré les thèmes qui peuvent donner froid dans le dos, réside dans une forme de plaisir de relire. Je reconnais un schéma narratif que je connais déjà et je sais que, même si je frissonne parfois d’horreur, ça devrait bien se terminer. J’aime bien être happée par un récit horrifiant qui me détourne complètement de ma propre réalité, qui n’est pas ennuyante, mais tout de même plutôt routinière. Bref, je vais certainement continuer de lire des livres effrayants une fois de temps à autres, car j’y trouve un grand réconfort.
En terminant ma lecture, j’ai par contre réalisé que je ne connaissais pas beaucoup d’autrices qui écrivent des romans d’horreur. J’apprécie de Stephen King qu’il nous présente souvent des personnages féminins intéressants et puissants. Cela étant, sans rien lui enlever, j’aimerais bien lire de l’horreur écrite par une femme. Il y a bien Joyce Carol Oates, qui touche parfois à ce style (je pense par exemple à Zombie, malgré qu’il n’y ait pas de forces paranormales en jeu) et je sais que Stephen King lui-même est un grand fan de Shirley Jackson (je me suis promis de lire prochainement The Haunting of Hill House dont j’avais bien aimé l’adaptation sur Netflix). Mais à part ces deux-là, je crois honnêtement que je n’en connais pas d’autres.

Donc, je vous le demande, auriez-vous des autrices à me recommander pour la prochaine fois que j’aurai besoin de frissonner d’horreur plutôt que de froid ?