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3 petits livres qui font du bien (deuxième édition!) : l’humour à l’honneur

Les vacances d’été sont l’occasion parfaite pour découvrir les ouvrages qui nous font de l’œil depuis bien longtemps (personnellement, mon petit « rattrapage » lecture se déroule toujours durant cette période!) ou simplement pour relire nos romans préférés. Ainsi, les mois de juillet et d’août chassent la grisaille et la monotonie des courtes (mais éprouvantes) sessions universitaires ou de travail afin de laisser place aux longs après-midi ensoleillés, propices à d’agréables moments de lecture! Cet été, mes découvertes littéraires les plus récentes se sont davantage orientées vers des lectures comportant une thématique plus humoristique, question de chasser les petites anxiétés et le stress liés aux examens et révisions ou tous autres tracas liés à mes obligations de la vie quotidienne! Ces ouvrages s’avèrent être d’excellentes sources de divertissement (j’ai eu l’air plus d’une fois bien étrange en riant toute seule dans l’autobus!), et sont donc parfaits pour ces agréables journées de congé!

Weird things customers say in Bookstores 

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(source : http://jen-campbell.blogspot.ca) 

Rien qu’en regardant le titre, j’avais déjà envie de rire (j’avais moi-même été témoin de requêtes des plus étranges lors de mes visites en librairie) : ainsi, comme celui-ci l’indique si bien, l’ouvrage contient les demandes les plus farfelues, comiques (et disons-le sans mesquinerie, parfois complètement ridicules), mais aussi les plus mignonnes (le livre contient un petit chapitre portant sur les demandes les plus drôles/adorables de la part des enfants) de la clientèle en librairie. Ces expériences, vécues par l’auteure elle-même (qui avait déjà travaillé dans une librairie au Royaume-Uni), sont également accompagnées de petites anecdotes rapportées par d’autres employés à travers le Canada et les États-Unis. Le verdict? En refermant l’ouvrage, j’étais partagée entre l’envie de rire aux larmes ou de lever les yeux au ciel en soupirant. J’ai également eu envie plus d’une fois d’offrir de petites tapes d’encouragement et de compassion dans le dos de l’employé.e qui a dû répondre aux comportements les plus étranges de certains de ses clients. N’ai-je pas été sceptique devant ces histoires des plus étranges? Pas du tout : pour avoir travaillé moi-même au service à la clientèle, je n’ai aucune difficulté à croire les éléments que j’ai lus (et c’est plutôt triste dans un certain sens, non?). Toutefois, et c’est un élément que j’aime beaucoup du livre, les contenus rapportés sont traités sans aucune moquerie ou méchanceté particulière : ainsi, comme l’indique l’auteure en introduction, la majorité des interactions avec les clients sont stimulantes et agréables, mais certains échanges (comme ils en encourent parfois dans ce genre de situations) nous laissent parfois vraiment… sans voix (pourquoi donc ne point les partager avec autrui?). Bref, cet ouvrage est un véritable coup de cœur!

Curieux? Je vous laisse un petit avant-goût de ce qu’il contient…

Customer: My kids are just climbing your bookshelves. That’s ok, isn’t it? They won’t topple over, will they?

Customer: I read a book in the sixties. I don’t remember the author or the title. But it was green, and it made me laugh. Do you know which one i mean? 

Big Mushy Happy Lump 

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(source : Amazon.fr)

Après avoir dévoré le premier ouvrage de la bédéiste Sarah Andersen, c’est un grand plaisir de redécouvrir ses nombreux petits déboires au sein de son deuxième album! Comme son tout premier, Big Mushy Happy Lump contient des petites chroniques sur les hauts et les bas du quotidien d’une jeune femme dans la vingtaine qui essaie tant bien que mal de se frayer une place dans le monde adulte (n’est-ce pas une chose bien inquiétante pour la plupart d’entre nous?). Si la thématique principale est souvent traitée en littérature, les petites péripéties et réflexions de cette jeune bédéiste recèlent quelque chose d’unique (et de particulièrement comique!) : ainsi, je me suis reconnue à de multiples reprises (le passage sur la difficulté de prendre une selfie potable en est un parfait exemple), tant sur les points légers comme les plus sensibles (comme l’anxiété sociale, par exemple!). La diversité de sujets traités (les règles, la vie de couple, l’amitié féminine, l’école secondaire, etc.) est dépeinte avec finesse et humour. Aussi, et ça peut paraître quelque peu bizarre, mais j’ai toujours l’impression qu’Andersen a le don exceptionnel de soulever ces petites réflexions que l’on pense toujours être les seules à « penser », vous voyez ce que je veux dire? Et c’est peut-être pour cela que ses bandes dessinées sont aussi populaires! Sympathiques, drôles et parfois touchants, les ouvrages d’Andersen sont désormais des incontournables et figurent parmi mes bandes dessinées préférées!

Voici une fois de plus un avant-goût (et celle-ci est probablement ma préférée!) :

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(source : Pinterest) 

Soppy: a love story 

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(source : Positivr

Soppy est en quelque sorte une ode à la beauté de toutes ces petites choses que les amoureux vivent au quotidien (les premiers rencarts, les courses au supermarché, les soirées tranquilles en pyjama à regarder la télévision, etc.). À travers ce petit livre rouge, on découvre ainsi une partie de l’intimité de la bédéiste Philippa Rice et de son partenaire (les deux protagonistes ainsi que les chroniques dépeintes dans l’ouvrage sont inspirés de la vie de l’auteure) : drôle à plusieurs moments, j’ai toutefois eu la larme à l’œil à certains passages… (Sentimentale, moi? Mais non!) Bref, comme quoi les plus belles histoires sont parfois les plus simples!

 

Et vous, avez-vous fait des découvertes qui vous ont fait rire?

 

*Petite note : l’illustration est une réalisation d’Élodie Trudel, étudiante en graphisme à Montréal. Pour jeter un œil à son univers, ses illustrations et ses photographies (charmantes et super jolies!), c’est par ici : instagram.com/oh.elo 

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Tomber en amour avec le petit moustique dégoûtant

J’ai découvert Elise Gravel avec Ada, la grincheuse en tutu. Puis, je me suis acheté Olga et le machin qui pue, destiné à un public plus âgé, qui m’a tout autant charmée. Je suis une amoureuse des livres jeunesse et une petite collection m’a fait de l’œil, collection écrite par Elise Gravel, auteure-illustratrice québécoise prolifique.

Les petits dégoûtants, c’est la collection d’Elise Gravel pour faire aimer les petites bestioles et bêtes moins appréciées aux enfants : le ver, la mouche, la limace, le rat, l’araignée, le pou, le crapaud, la chauve-souris, la coquerelle, et le dernier en lice, le moustique.

Le moustique

Son atout : ses illustrations sont parfaites. Elles rendent les moustiques très attachants, presque humains. Ils parlent, mangent, ont des familles, ils sont personnifiés et cela permet aux enfants (et même aux adultes) de les aimer.

Elise Gravel nous renseigne sur leur univers. Elle répond à toutes les questions possibles qu’un enfant peut se poser : Pourquoi ils boivent du sang? Pourquoi quand ils nous piquent ça fait des boursouflures? Pourquoi? Pourquoi? Elle alterne entre la vulgarisation et le scientifique :

Le moustique nous pique avec une longue trompe pointue, qu’on appelle un rostre. 

Durant ma lecture, j’ai assurément appris des caractéristiques qui m’étaient encore inconnues du moustique. C’est extrêmement enrichissant.

Si j’étais encore enfant, ce petit livre de La courte échelle aurait été dans mes livres favoris. Il m’aurait fascinée grâce à son sujet, les maringouins, et il les aurait rendus indéniablement moins dégoûtants. Je vais m’attaquer prochainement au ver et à l’araignée.

Auriez-vous aimé avoir une petite collection de dégoûtants dans votre bibliothèque?


Le Fil rouge tient à remercier La courte échelle pour le service de presse.

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5 auteures italiennes à découvrir

Comme je l’ai déjà mentionné auparavant (ici!), lorsque je pars en voyage, j’aime beaucoup lire des romans des auteur.e.s de ma destination. C’est donc avec grand plaisir que je me suis plongée dans la littérature italienne, lorsque mon copain et moi organisions notre voyage dans ce magnifique pays! Je l’avais déjà envisagé alors que je commençais la lecture de la trilogie d’Elena Ferrante (dont je vous parlerai dans quelques lignes), que j’ai adorée. Cette auteure a donc fait naître en moi l’envie de découvrir d’autres femmes auteures d’Italie. Il ne me restait qu’à acheter un billet d’avion pour Naples, et quelques jours plus tard, je me lançais dans cette littérature, qui m’était alors tout à fait inconnue. J’avoue ne pas avoir eu la chance d’en explorer une panoplie, mais assez pour vous proposer quelques suggestions de livres que j’ai beaucoup aimés.

La trilogie de L’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante

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Le troisième tome de la trilogie, sur une plage d’Italie 🙂

Ces romans de Ferrante s’inscrivent dans mon top 5 à vie, rien de moins! La justesse et la sincérité avec lesquelles elle dépeint ce qu’est l’amitié entre Elena et Lila, et leur vie à Naples, m’a énormément émue. De leur enfance à l’âge adulte, alors que la première vit une ascension dans le monde littéraire et que la seconde s’implique dans les luttes syndicales des années ’70, on y découvre les liens puissants qui unissent ces deux femmes. C’est aussi, bien sûr, l’amitié dans toute sa complexité que Ferrante est arrivée à mettre en mots. Et puis, évidemment, vous découvrirez Naples dans tous ses recoins, et sentirez les traits distinctifs de cette ville énigmatique et vivante.

Psst : lisez les critiques de Martine pour les deux premiers tomes ici et ici.

Accabadora de Michela Murgia

Si je n’ai pas eu la chance de visiter la Sardaigne (par102507_couverture_Hres_0 manque de temps), le roman de Murgia m’a toutefois montré une des facettes de cette île italienne. Maria, qui habite Soreni, apprend elle aussi ce que cache cette île : sous la beauté de ses paysages, la Sardaigne renferme aussi des secrets, que Maria ne tardera pas de découvrir. Adoptée à l’âge de 6 ans, la protagoniste cédera bien vite à la curiosité concernant ses origines, et découvrira que sa mère adoptive, Bonaria, et l’accabadora du village, la « dernière mère », celle qui aide les mourants à s’en aller doucement vers l’au-delà. Pleine de mystères, cette Sardaigne, qui est d’ailleurs reconnue pour ses contes et légendes.

410J-xMWHwL._SX210_Mal de pierres de Milena Agus

Avec Mal de pierres, vous pourrez à nouveau explorer la Sardaigne. Le roman de Milena Agus est lui aussi une magnifique histoire : la narratrice raconte l’histoire de sa grand-mère, atteinte du « mal de pierres », c’est-à-dire une maladie de reins. Or, au fond, sa « vraie » maladie est celle de l’amour, elle qui a trente ans n’est toujours pas mariée et fait la honte de la famille. On dira alors d’elle que si les hommes ne la veulent pas, c’est qu’elle est atteinte de folie. Je vous laisse découvrir comment se terminera cette histoire, encore une fois emplie du mystère et des secrets propres à la Sardaigne. La superbe prose de cette auteure vous permettra de découvrir l’Italie autrement, à travers les yeux de cette « macca », la « folle »…

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La côte amalfitaine, en Italie du Sud

D’acier de Silvia Avallone

Silvia Avallone nous transporte, quant à elle, en Toscane, mais bien loin de celle que l’onCVT_Dacier_9059 connaît des cartes postales. À Cans, une ville industrielle où se trouve l’aciérie Lucchini (d’où le titre du roman!), Anna et Francesca, deux adolescentes de 14 ans, rêvent de quitter la pauvreté et de s’éloigner de cette usine de malheur, d’atteindre l’île d’Elbe, berceau de leurs rêves et, surtout, de la richesse. Portrait de la classe ouvrière d’Italie, ce roman m’a énormément bouleversée non seulement parce qu’il est une fresque sociale de ce pays qu’on idéalise parfois trop, mais aussi par l’écriture de cette jeune auteure prodige (elle n’avait que 24 ans lors de l’écriture de son livre) et la teneur féministe de cette dernière. Car les hommes n’ont pas le beau rôle dans son roman… Je vous conseille fortement le roman d’Avallone, duquel j’ai beaucoup appris sur l’Italie et la jeune génération qui la compose, sur leurs espoirs et leurs désillusions.

liv-4362-eva-dortEva dort de Francesca Melandri

Je termine ma liste de suggestions avec ce roman de Francesca Melandri, car il est probablement celui duquel j’ai le plus appris sur l’Histoire italienne, ou du moins, il est le roman le plus historique de ma liste! En fait, j’y ai découvert l’Histoire d’une province en particulier, celle du Tyrol du Sud, d’ailleurs très riche en événements politiques (que je m’évite de rapporter ici, autant parce que je n’en suis pas experte que parce que l’espace me serait manquant). C’est à travers l’histoire de trois générations que nous découvrons à la fois la grande Histoire, pendant le voyage en train d’Eva, qui parcourra 1397 km pour aller à la recherche de ses origines. En effet, le personnage reçoit, un matin, un appel de Vito, l’homme qui a abandonné sa mère Gerba alors qu’elle était mère célibataire. Il est sur le point de mourir et demande à la revoir, ce qu’elle entreprend de faire en s’y rendant en train. C’est ce trajet qui permet à Eva de repenser à l’histoire de sa famille, et aux lectrices et aux lecteurs d’en apprendre sur l’histoire de l’Italie.

Avez-vous des recommandations pour que je poursuive mes découvertes? Ou alors, avez-vous des auteures italiennes favorites?

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Nos suggestions de livres pour la rentrée littéraire du mois de septembre du défi #jelisunlivrequébécoisparmois

Tout comme pour le #12août « J’achète un livre québécois (ou deux, ou trois…) », la rentrée littéraire de l’automne est toujours un moment que j’attends avec impatience! Je suis chanceuse parce que ma fête est en septembre, c’est donc l’idéal pour me faire une petite liste de cadeaux! C’est aussi un moment où je m’amuse à découvrir de nouveaux-elles auteurs-trices.

Voici une petite liste de titres qui me semble intéressants :

  • Le monstre, la suite Ingrid Falaise (sortie prévue pour le 25 septembre)
  • Dictionnaire critique du sexisme linguistique — Éditeur Somme toute (paru le 28 août)
  • La bête creuse — Christophe Bernard (paru le 21 août)
  • Le jardin invisibleMarianne Ferrer et Valérie Picard (paru le 28 août)
  • ChenousVéronique Grenier (paru le 28 août)
  • LuiPatrick Isabelle (paru le 28 août)
  • La chaleur des mammifèresBiz (sortie prévue pour le 18 septembre)
  • La vie rêvée des grille-pain — Heather O’Neill (paru le 14 août)
  • MaximeSarah-Maude Beauchesne (paru le 31 août)
  • Borealium tremens — Mathieu Villeneuve (paru le 28 août)
  • Le mangeur de bicycletteLarry Tremblay (sortie prévue le 5 septembre)
  • AphélieMikella Nicol (sortie prévue le 18 septembre)
  • Johnny, Catherine Eve Groleau

Le choix de lecture des fileuses :

  • Je crois que la lecture par laquelle je vais me laisser tenter sera Lui de Patrick Isabelle. J’aime beaucoup la plume de cet auteur et je suis curieuse de connaître la suite de son personnage.
  • Roxane K : Tant de titres qui ont l’air intéressants! J’ai très hâte de me procurer Dictionnaire critique du sexisme linguistique parce que j’adore les essais québécois, la langue française, les prises de position féministes et, en plus de tout ça, j’adore la maison d’édition Somme toute! J’ai également hâte de lire Le jardin invisible, dans un tout autre ordre d’idées, parce que ce livre pour enfants rappelant l’histoire d’Alice au pays des merveilles me semble beau, amusant et enivrant. Parfait pour oublier que l’été se termine bientôt!
  • Marjorie : J’ai déjà lu Grand Fauchage Intérieur, premier roman de Stéphanie Filion, paru le 22 août et j’ai beaucoup aimé. J’en ai d’ailleurs fait une critique qui devrait paraître bientôt, je le conseille donc à toutes et à tous. Sinon, j’ai bien hâte de me gâter les yeux avec Le jardin invisible et Aphélie de Mikella Nicol.
  • Martine : J’attendais avec beaucoup d’impatience le dernier tome de la trilogie de Sarah-Maude Beauchesne avec l’adorable Billie Fay. Ce dernier tome, Maxime, est, je crois, mon préféré. L’écriture de l’auteure est plus mature, tout comme son personnage. J’ai passé un agréable moment de lecture et j’ai refermé le livre un peu triste de voir cette belle série pour adolescents se terminer.

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Bonjour Tristesse, un roman résolument moderne

Si vous ne connaissez pas Françoise Sagan, quelques recherches à son sujet vous feront probablement tomber amoureux.ses de cette femme écrivaine qui connut le succès très tôt. C’est qu’elle vivait à 100 à l’heure, Françoise… métaphoriquement et littéralement (c’était une grande fan d’automobiles et de vitesse).

C’est avec son premier livre, Bonjour Tristesse, qu’elle connut en 1954 le succès à l’âge de dix-huit ans. Ce roman, dont le titre est inspiré d’un poème de Paul Éluard, eût un succès fulgurant en librairie, et Sagan gagna le surnom de « charmant petit monstre » de la littérature.adaptation cinématographique, adaptation de roman, amour, été, bibliothérapie, bonjour tristesse, famille, françoise sagan, le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature française, livre, roman

Synopsis

Cécile, son père Raymond et Elsa, l’amante de celui-ci, comptent bien profiter de leurs quelques semaines dans une villa en bord de mer pour faire la fête, paresser et courir les événements mondains. L’arrivée d’Anne, une femme pleine d’esprit et stricte qui apprécie les choses de bon goût et la culture, vient rompre la dynamique du joyeux trio.

D’abord, c’est la fin de l’oisiveté pour Cécile, qui doit faire face à son échec scolaire et doit se mettre à étudier en laissant les activités futiles et Cyril, son amour de vacances, de côté. C’est également le début d’un triangle amoureux entre Raymond, le charismatique tombeur, Elsa, la jeune femme enjouée et sociable et Anne, la femme séduisante et stricte qui voit en Raymond son véritable amour.

Bien que Cécile aime Anne et l’admire, elle voit en elle la fin de la vie volage de Raymond et la terminaison de leur complicité père-fille. Quand Raymond et Anne annoncent qu’ils vont se marier, Cécile met en œuvre un plan diabolique pour briser leurs plans… mais tout ça ne se déroule pas tout à fait comme prévu et aura, au final, des conséquences dramatiques.

Thématiques

Dans Bonjour Tristesse, il est d’abord question de la culture de l’oisiveté, de vie mondaine et de légèreté. Cécile et Raymond cultivent un mode de vie bien à eux, empreint de facilité et d’amusements, qui semble très éloigné de la réalité. Ils vivent dans une autarcie de plaisir à court terme, de rire et de déni.

Avec l’arrivée du personnage d’Anne, on voit le contraste entre cette self made woman pour qui la réussite d’une femme doit venir d’elle-même et le mode de pensées de Raymond, pour qui il n’est pas bien grave que Cécile échoue à ses examens, puisqu’elle n’aura qu’à se trouver un homme riche pour la faire vivre.

On voit que la petite Cécile, qui a 17 ans, adore son père et tient dur comme fer à leur mode de vie, mais qu’elle aimerait être comme Anne; une femme intelligente, forte, aux répliques acérées et à la culture développée. Par contre, par paresse ou par habitude, elle fait tout pour aller à l’encontre des valeurs qu’Anne tente de lui imposer, même les choses les plus égoïstes qui, d’ailleurs, finiront par avoir des effets tragiques.

Modernité 

Au même titre que Gatsby, le magnifique, par exemple, nous avons affaire à un roman indémodable par la pertinence et l’universalité de ses thèmes. Plusieurs personnages sont déchirés entre ce qu’ils sont depuis toujours et ce qu’ils aspirent à être, et je crois qu’il s’agit d’un dilemme vécu par beaucoup d’entre nous.

Également, on ne se cachera pas que Bonjour Tristesse parle avant tout d’amour, que ce soit entre un homme et une (ou deux) femme.s, d’amour filial, d’admiration… on voit bien que l’amour peut blesser comme panser des plaies.

Ce qui en fait le parfait roman de lecture estivale, c’est justement ce judicieux mélange de légèreté et de drame.

Faits intéressants

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  • Bonjour Tristesse est passé à l’écran dans un film d’Otto Preminger en 1957, avec comme actrice principale Jean Seberg.
  • Alain Souchon composa sa chanson du même titre en 2005, en l’honneur de Sagan, décédée en 2004.

 

Quel livre d’une autre décennie trouvez-vous encore indubitablement moderne?

Le fil rouge; Le fil rouge lit; Catherine Poulain; Le grand marin; Éditions de l'Olivier, littérature, livres, romans, Alaska, bilbliothérapie, pêche

Entrevue avec une grande aventurière : Catherine Poulain, autrice du roman Le grand marin

Mon premier texte publié sur le blogue Le Fil rouge portait sur le livre Le grand marin de l’auteure française Catherine Poulain. À la fin de mon article, je concluais en souhaitant d’autres romans de la part de cette écrivaine dont c’était la première parution, car il s’agit d’une aventurière dont la vie est remplie d’expériences inusitées.

Je me sens très choyée d’avoir eu la chance d’interviewer Catherine Poulain alors qu’elle était de passage au Québec et d’avoir pu la questionner sur sa vie hors du commun. Celle qui a passé plusieurs années de sa vie à pêcher en Alaska est désormais bergère dans les Alpes-de-Haute-Provence. Voici donc les échanges que j’ai eus avec l’écrivaine.

Votre roman traite d’une femme qui abandonne tout pour aller pêcher en Alaska, une expérience que vous avez vous-même vécue. Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire sur ce sujet assez singulier?

J’ai eu de la chance quand même. J’écrivais depuis très longtemps et j’avais plein d’idées d’histoires et voilà j’ai eu la chance de pouvoir proposer un contrat pour faire un livre. L’éditeur m’a donné trois mois pour lui présenter un projet et je me suis dit si j’ai cette chance je vais commencer par le plus fort et le plus beau, c’est-à-dire l’Alaska et ses personnages.

Comment s’est présentée à vous l’opportunité de publier cette histoire?

J’étais à la montagne en train de garder mes brebis et, tout d’un coup, une femme qui est une écrivaine et qui préparait un livre sur la prédation est venue me voir. Elle est restée quelques jours avec moi pour bien connaître la vie des bergers et elle m’a dit tu devrais écrire toutes tes histoires, car je l’amusais beaucoup avec mes histoires d’Alaska. Je lui ai dit que j’avais plein de choses sous la main, car j’écrivais depuis longtemps. Elle m’a dit envoie donc quelques feuilles, des choses que tu trouves intéressantes. C’est ce que j’ai fait et Olivier Cohen des Éditions de l’Olivier a donc reçu quelques-unes de mes feuilles et a voulu me rencontrer tout de suite et m’a fait un contrat. Donc c’était le plus grand des hasards et la plus grande des chances, dirons-nous.

Vous dites que vous écriviez depuis longtemps, était-ce dès le départ dans le but d’écrire un roman ou seulement pour le plaisir d’écrire?

J’aimais beaucoup, beaucoup écrire depuis toujours. Déjà pour moi c’était un grand plaisir. C’était comme un espace personnel, un moment de liberté. Puis, ça permet aussi de redonner de l’ordre un peu aux choses et à la vie. Puis, en même temps, j’aimais l’écriture et jouer avec les mots. Par contre, faire un livre qui soit publié, je n’y pensais pas trop. Je me disais, de toute façon, je n’ai pas le temps. Je faisais des travaux physiques qui étaient quand même bien fatigants et je me disais que c’était difficile d’avoir un contrat. Donc, ce n’était pas une priorité de publier un livre. L’important c’était de le faire parce que ça fait du bien, parce que j’aimais ça.

Est-ce que vous aviez suffisamment de matériel pour aboutir à un roman en seulement trois mois?

Après trois mois, j’avais donné quelque chose qui se tenait. Toute la trame était là. Il y avait déjà toutes les scènes de pêche. Mais il faut dire que je n’ai pas fait le livre en trois mois, j’ai pris des choses, des scènes de pêche par exemple, que j’avais écrites autrefois parce que je m’étais dit, ça il ne faut pas que tu oublies, il ne faut surtout pas que tu oublies et, en même temps, travailler l’écriture me plaisait. Mais je ne pensais pas que ça donnerait quelque chose un jour. Je n’osais pas imaginer. Au début je me questionnais, on me demandait de faire un livre avec des choses que j’avais écrites depuis longtemps. Je me demandais s’il n’y avait pas de décalage. Mais ça a marché.

Votre roman est intitulé Le grand marin en référence au personnage de Jude. Pourquoi avoir choisi ce titre? 

À la base, je ne voulais pas raconter mon histoire à moi. Ce n’est pas ça que je trouvais intéressant. Je voulais parler de Jude. Je voulais parler de ces hommes qui vont au bout de tout et qui après vont au bout de l’alcool et ne peuvent plus s’arrêter et qui ont besoin d’être exténués pour pourvoir se reposer. Que ce soit l’alcool ou le sexe ou le travail. Et c’était une grosse question. Et je ne savais pas quoi faire de mon personnage tout seul comme ça. Je me suis dit, je pourrais me mettre dans l’histoire et je servirais de fils conducteurs. Je servirais à faire les contrastes et à donner le mouvement dans tout ça. Mais en fait, à la base, ce qui était important pour moi, c’était de parler de ce grand marin et à travers lui de parler de tous ces hommes, de tous ces gens, car il y a des femmes aussi, qui ne peuvent plus s’arrêter.

Aviez-vous l’impression que les personnes rencontrées en Alaska avaient pour la plupart les mêmes motivations que vous?

Souvent, elles n’étaient pas très différentes. Beaucoup de gens que j’ai rencontrés partaient pour trouver autre chose et essayer. Parfois, il y avait des choses difficiles qu’ils avaient vécues, si ce n’est pas des tragédies. Et donc, ce n’était plus vivable. Il fallait donc qu’ils arrivent à se confronter à eux-mêmes pour pouvoir s’en sortir. En fait, moi j’en étais là.

Où avez-vous trouvé le courage de tout abandonner pour partir en Alaska?

Je ne sais pas si c’est du courage. Il y a des moments où l’on sent qu’il faut partir. Ce n’est pas du courage, c’est juste de dire, est-ce que je veux rester dans une vie qui n’en est pas une ou trouver autre chose? C’est juste un instinct de survie.

C’est vrai, mais tout de même vous auriez pu choisir quelque chose de moins dangereux. Vous avez tout de même mis votre vie en danger à quelques reprises. 

C’était important justement. On n’a qu’une vie. Quelqu’un m’a dit une fois, un pêcheur de crabe, il y a des gens qui ne supportent pas l’ennui. Pour eux, c’est aussi pire que la mort. Ils préfèrent tout braver. Ils préfèrent risquer leur vie plutôt qu’une mort quotidienne. C’est un peu ça.

Ça vous rejoint?

Oui, autrement on a une impression de s’étioler et puis on s’éteint. Le feu s’éteint.

Votre séjour en Alaska s’est terminé abruptement, car vous étiez sans-papiers et on l’a découvert. Est-ce que cette vie vous manque?

Oui, ça me manque. Je me dis pourvu que la lumière ne s’éteigne pas. J’arrive à continuer, à trouver du feu toujours dans les choses, autrement ce n’est pas la peine. Avec les brebis c’est assez intense. Être bergère de brebis, et tout ça, quand on est seul avec les bêtes pendant plusieurs mois et qu’on n’a pas de réseau et qu’on a peur du loup, c’est intense.

Avez-vous l’intention d’écrire d’autres romans?

J’ai toujours eu le goût, mais justement maintenant je me méfie un peu plus. Je me dis qu’il faut faire attention, car après le succès rencontré par ce livre, je ne me sens plus libre comme avant. C’est la rançon du succès. Il y a une attente. On est libre quand personne ne nous connaît alors que là les gens parlent de vous. Je me dis pourvu que j’arrive à me sortir de tout ça. J’espère que j’y arriverai et que la magie va marcher.

Voulez-vous conter un autre pan de votre vie?

J’ai envie de sortir de l’autobiographie, car à la base ce n’est pas ce que je voulais faire. Donc la prochaine fois, je me dis, même si je me sers de choses que j’ai déjà vécues, car ce qu’on vit, c’est notre matériau, cette fois je veux déguiser les choses et créer des personnages. J’essaie vraiment de faire autre chose et ça aussi c’est un enjeu.

Merci à Catherine Poulain de m’avoir accordé de son temps et à Dimédia d’avoir organisé ce rendez-vous.

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Ce que les fileuses ont acheté pour le #12août j’achète un livre québécois dans le cadre du défi #Jelisunlivrequébécoisparmois

J’espère que tout comme nous, les fileuses, vous avez vécu un excellent #12août! Pour ma part, j’ai pu réaliser un rêve de toujours en étant libraire d’un jour dans ma librairie chouchou : la librairie de Verdun. J’étais en compagnie de Martine et de Marjorie et nous nous sommes amusées à conseiller les gens dans leurs achats.

Photo tiré de l’instagram de @keglerd

Voici quelques titres que nous leur avons suggérés :

Et voici la liste d’achats des fileuses :

Et vous, qu’avez-vous acheté en cette merveilleuse journée?

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François Lévesque, En ces bois profonds, Éditions tête première, roman noir, horreur, thriller, secte, gourou, maladie mentale, drame, littérature québécoise, le fil rouge, le fil rouge lit, blog, blogue littéraire, littérature de l'horreur, horreur québécois, coffrets littéraires, lecture, littérature

En ces bois profonds : la folie en héritage

En ces bois profonds, publié aux éditions Tête première, est le dernier roman de l’écrivain et journaliste culturel François Lévesque. Une fois de plus, l’auteur nous fait cadeau d’un récit plutôt lugubre, mais bien campé dans la réalité.

Retour aux sources du mal

En ces bois profonds raconte l’histoire d’une adolescente née d’une relation incestueuse. Elle habite avec sa mère, Isabelle-Marie, qui croyait avoir fui le village de Rivière-Aux-Hiboux pour toujours, mais qui est appelée à y retourner, à des fins légales, lorsque l’aïeule s’enlève la vie, leur léguant maison, argent et horreur en héritage.

Certains lacs et rivières avaient inspiré des légendes

Le lac Misiginebig n’avait, quant à lui, inspiré que terreur.

Le neuvième roman de Lévesque nous transporte dans l’atmosphère sinistre d’un lac, au cœur de la forêt boréale, où a eu lieu, plusieurs années auparavant, le suicide collectif de gens manipulés par leur gourou Nicolas Jones.

C’est la jeune narratrice qui nous raconte sa version de l’histoire. Les autres points de vue sont accessibles par les quelques dialogues entre elle et sa mère ainsi qu’un journaliste qui enquête sur leur histoire. D’une page à l’autre, le lecteur remet des éléments de l’histoire en question. Ce qu’elle nous raconte est-il réel ou bien altéré par les effets de la drogue ou de la maladie mentale?

Une fois sur les lieux du drame qui a fait les manchettes des journaux il y a plusieurs années, la jeune fille ne semble pas vraiment apeurée par ce qu’elle y découvre. Elle est en quête de son identité, aussi horrible soit-elle.

Encore une fois, comme dans son roman précédent, La Noirceur, l’auteur utilise un style très cinématographique.

Mon avis

Si vous feuilletez mon exemplaire du roman, vous verrez que j’ai plié plusieurs coins de page, annoté plusieurs passages. Ce qui m’a plu, plus précisément, ce sont les procédés narratifs et les transitions entre les phrases. Par exemple, on croit que le récit s’enligne plus vers un côté paranormal, on s’attend à un retournement sinistre, mais la phrase suivante chute dans la réalité.

En sortant de ma chambre, j’ai entendu un bruit étouffé en provenance de celle de ma mère, située de l’autre côté du couloir.

De l’autre côté du monde.

La porte s’est entrouverte, et j’ai instinctivement fait un pas en arrière en refermant ma propre porte.

Cela se produisait presque chaque matin. Et chaque matin ou presque, je tendais l’oreille, appuyée contre ma porte, et j’écoutais. J’écoutais l’homme du moment qui quittait la chambre de ma mère à pas feutrés. Il s’éloignait… puis, lorsque, enfin, j’entendais la porte d’entrée se refermer, je sortais.

Lorsque j’ai reçu le roman, je n’étais pas d’humeur à lire une histoire aux événements sinistres et inquiétants. J’avais envie d’humanité, de vrai. Vu le peu de pages du roman, je me suis quand même lancée dans ma lecture. Et je n’ai pas été déçue, car dès les premières pages, j’ai tout de suite accroché à l’histoire qui s’ancre rapidement dans le déroulement de vie réaliste de cette adolescente vivant avec une mère monoparentale « ni vraiment danseuse, ni vraiment serveuse ». Le scénario n’est pas d’une originalité nouvelle (une jeune fille souffrant d’épilepsie, retour au village où l’inévitable est attendu) et j’avoue avoir vu venir quelques éléments de l’histoire , mais il est très bien construit et efficace; je l’ai lu d’une traite, sans m’ennuyer une seule seconde. Comptant moins de 200 pages, ce roman possède le format idéal pour ceux et celles qui désirent essayer le roman noir sans s’engager dans une trop longue lecture.

Quels romans d’horreur conseillez-vous aux lectrices et lecteurs qui veulent tenter le genre pour la première fois?

Le fil rouge remercie les éditions Tête première pour le service de presse.

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Club de lecture : retour sur notre dernière séance de l’été

Déjà notre dernière séance de la session d’été, déjà la fin de nos rencontres avec trois groupes merveilleux, la fin des longues conversations sur nos lectures et de rires sur une multitude d’autres choses. On ne s’en fait pas trop, une nouvelle session débutera en septembre, de nouvelles lectures et  de nouvelles – et anciennes – participantes viendront partager cafés et lectures avec nous, on a déjà hâte.

Entre temps, Martine et moi voulions vous permettre une petite incursion dans une séance du club.

Samedi, 26 août, Café Sfouf.

La grande lumière du café Sfouf, l’un de nos préférés, donne certainement une touche spéciale à cette séance. Cette fois-ci, on ne lit pas un roman québécois mais bien un roman américain, récipiendaire du prix Pullitzer. C’est ce qui arrive parfois avec les groupes de grandes lectrices, elles semblent avoir déjà tout lu et, par plaisir, on se permet de sortir de notre littérature québécoise pour explorer ce qui se fait ailleurs.

Le choix du mois était donc Qu’avons nous fait de nos rêves de Jennifer Egan. Les impressions furent plutôt mitigées, une lecture un peu tiède, comme on s’y attendait.

Qui n’a jamais rêvé de monter un jour sur scène ? De quitter l’ombre pour se retrouver sous les feux des projecteurs ?
C’est l’ambition que partage une petite bande d’adolescents dans le San Fransisco débridé des années 1970. Avec leur groupe de musique punk, ils jouent dans des bars, font des pogos et se donnent l’illusion d’une désinvolture propre à leur jeunesse. Mais le temps passe et l’irrévérence laisse bientôt place aux contraintes de la vie adulte. Bennie, ancien mélomane passionné, est devenu producteur de musique et se contente de sortir des tubes insipides. Lou Kline, dragueur invétéré, se retrouve seul dans sa belle maison. Et que dire de la belle Sasha qui, après un passé tumultueux, a le sentiment d’entraîner les échecs ?

Qu’avons nous fait de nos rêves est un roman chorale qui suit  plusieurs personnages au courant de leurs vies respectives, qui s’entremêlent parfois. On y fait des sauts dans le temps constamment et c’est justement ce trop grand éventail de personnages et de jeux temporels qui a déplu dans le groupe. Si on avait voulu lire un roman choral bien réussi, il aurait fallu lire Autour d’elle de Sophie Bienvenu, c’est un bien meilleur exemple. –Insérer ici quelques minutes d’échanges sur tout l’amour que nous portons à cette auteure. – Les changements d’époque et de personnages ne sont pas toujours bien indiqués et on s’y perd souvent.  Il y a un certain flou mentionne Cynthia. Autant dans la mise en page que dans les dialogues. Mais sinon, on remarque une chose : l’auteure fait parfois des sauts dans le futur. C’est une tactique intéressante qui apporte vraiment quelque chose au roman, nous sommes toutes d’accord.

Les cafés arrivent, les thés suivent, le matcha, le chocolat chaud, tous accompagné d’un petit Sfouf, le petit gâteau jaune qui a donné son nom  à l’endroit.

   

Sara, traductrice, mentionne la pauvreté de la traduction. C’est traduit presque mots par mots, sans trop d’égard pour le sens, ça parait et ça rend vraiment la lecture moins agréable. Elle a même souligné quelques exemples dans son édition, c’est effectivement assez flagrant une fois qu’on y porte attention. Sans compter l’inclusion de quelques messages textes écrits au son qui nous font toutes bien rire.

On ne peut pas non plus passer par l’insertion d’une cinquantaine de pages sous forme de Power Point – oui, oui. Sans trop vous en révéler sur l’origine et l’importance de ces diapos dans le livre, c’est un ajout qui nous a toutes touchées et que nous avons bien apprécié, non seulement car ça permet d’avancer notre lecture plus rapidement, mais aussi pour l’originalité que cette idée apporte.

Les thématiques du livre, qui tournent toutes autour de la réussite, des rêves, du vieillissement et de l’écart entre nos rêves d’adolescents et la réalité de l’âge adulte ont suscitées bien des discussions. C’est l’un des plaisirs des clubs de lectures, les discussions qui, sans être directement liées au livre, touchent à un peu tout le reste. Prenant racines dans les thématiques qui viennent nous chercher et nous émouvoir, les discussions qui en suivent sont toujours intéressantes et tellement enrichissantes.

Quand est-ce qu’on devient vraiment adulte ? Qu’est-ce qui fait qu’on oublie parfois  nos rêves d’enfance ?  Est-ce qu’on se perd un peu trop lorsqu’on se laisse ensevelir par les responsabilités ?

« C’est quand l’on s’oublie qu’on devient vieux pis plate » dit l’une des participantes en riant. Ce n’est pas faux. Vieux pis plate porte une signification différente pour chacune autour de la table et c’est ce qui est beau. Vieillir, c’est aussi s’assumer et accepter qui l’on est, dit Martine. On acquiesce toutes. En se comparant un peu aux personnages du roman de Egan, on se rend bien comptes qu’ils se sont, pour la plupart, laissés ensevelir et porter par un courant qui n’était pas le leur, ils ne se sont pas toujours assumés, ils sont devenus « vieux pis plate« , mais pas tous. On reconnait les erreurs de parcours et on voit l’évolution des personnages, en écho à nos propres évolutions. On y apporte notre vécu pour essayer de mieux comprendre celui des personnages. Même si l’effet chorale nous a un peu déçues et que nous n’avons pu explorer en profondeur certains de nos personnages favoris, qui se révélèrent être les mêmes pour toutes, nous avons quand même réussi à y voir du beau, du touchant et à s’en servir comme point de départ pour d’autres discussions.

À travers tout cela, nous avons aussi parlé de nos lectures du moment, de films, de religion et de bien d’autres petites choses qui ont rendu la séance aussi lumineuse que l’espace.

Si vous êtes intéressé à participer à nos clubs de lecture, cliquez ici.

 

 

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Walt Whitman, Lefilrouge, Le fil rouge lit, Poésie, littérature, littérature étrangère, poète américain, Feuilles d'herbe

Je marche avec Walt Whitman

Walt Whitman. Pilier de la poésie américaine. Figure de proue d’une poésie qui tardait à naître aux États-Unis. Homme chantant l’Amérique et sa nature luxuriante.

Walt Whitman. Vous le connaissez. Son nom est mentionné ici et là, car il ne peut pas être oublié. Une fois que vous avez posé vos yeux sur ses vers, ses mots s’incrustent dans votre esprit, vos lèvres s’imprègnent de ceux-ci.

La culture américaine se l’approprie, car il en est le représentant le plus reluisant du XIXe siècle. Le personnage de Roberto Benigni y fait référence dans le film Down by Law de Jim Jarmusch. Walter White, personnage principal de la série à succès Breaking Bad, se voit offrir son recueil de poésie Leaves of Grass. Qui ne se rappelle pas la récitation pleine de verve de O Captain! My Captain! de Robin William dans le film culte Le Cercle des poètes disparus? Walt Whitman est là pour rester.

O Captain! My Captain! our fearful trip is done;
The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won;
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring
But O heart! heart! heart!
O the bleeding drops of red,
Where on the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.
O Captain! My Captain!, Walt Whitman

Je l’ai découvert sur le tard, apprécié dès les premiers vers. Il y a quelque chose de réconfortant dans la poésie de Whitman. J’aime imaginer sa lecture comme un voyage intérieur à l’extérieur. Je marche avec Whitman, dedans et dehors. Je ferme les paupières, mais j’ouvre les yeux. Feuilles d’herbe, c’est mon épopée d’Amérique.

On y voit tout. Du nord au sud. De l’est à l’ouest.

Pour l’Est comme pour l’Ouest,

Pour l’homme de l’État côtier, pour l’homme de la Pennsylvanie,

Pour le Kanadien tout au Nord, pour l’homme du Sud que j’aime,

Ces pages fidèles vous dépeignant à mon image, en chacun les mêmes germes,

Car j’ai confiance que le but majeur de nos États est de

fonder une amitié superbe, inouïe, exaltée,

Que je vois promise depuis l’origine, cachée en chacun de nous.

 

Pour l’Est comme pour l’Ouest, Walt Whitman traduit par Jacques Darras

On y vit tout. De l’hiver au printemps. De l’été à l’automne.

Coulant et découlant du magasin des pluies de l’été,

Ou des eaux capricieuses qui ruissellent à l’automne

Ou du réseau des mayes enfouies dans leur berceau de plantes,

Ou des rias gagnant la mer par souterrain cheminement,

Voici mes poèmes suivis de la continuité des années.

Coulant et découlant…, Walt Whitman traduit par Jacques Darras

La nature y est reine. La nature y est mère. Nous y rencontrons tous ses petits. Le vent, la pluie, l’herbe, la neige, le torrent, les fleuves, la terre. On y traverse les paysages changeants de notre Amérique. Les montagnes, les prairies, les forêts, les rivières.

Orgueilleuse musique de l’orage

Qui caracoles, rafale qui siffles à liberté sur les prairies,

Harpe puissante en cime des forêts – souffle des montagnes

Formes humaines dans les brumes – orchestres dans le secret,

Sérénades de fantômes aux instruments vivaces,

Mêlant à la Nature rythmus toutes les langues des nations,

Vous harmonies léguées par de géants compositeurs,

vous les chœurs,

Vous les fuyantes danses insaisissables des religions

-à l’orient,

Vous basse profonde des rivières, rugissantes chutes cataractes,

Vous comme canons sonores dans le lointain de la cavalerie galope,

Échos des campis qui s’appellent en leurs clairons divers,

Tumultueuses troupes manœuvrant en plein minuit, qui

me ployez qui me domptez,

Qui pénétrez dans ma chambre somnolente j’y suis seul

pourquoi m’agrippez-vous?

Orgueilleuse musique de l’orage, Walt Whitman traduit par Jacques Darras.

La poésie de Whitman, c’est une initiation à la beauté du monde. Celle que nous oublions trop souvent de contempler. Celle que nous tenons pour acquise. Celle qui, pourtant, ne nous appartient pas.

Prenons simplement le temps de l’admirer, de la côtoyer, de la respecter pour un court instant. C’est ce que la poésie de Whitman nous incite à faire. À ralentir. À regarder. À sentir. À s’émerveiller. À vivre. Avec rien. Avec peu. Avec tout.

À lire :

Couché dans l’herbe sous un ciel étoilé.

Mouillant vos pieds dans l’eau fraîche mourant sur le rivage.

À la lueur d’un feu de camp.

Et vous, où et quand vous plongerez-vous dans la poésie transcendante de Walt Whitman?

Feuilles d’herbe, Walt Whitman, traduit par Jacques Darras, Paris, Gallimard, 2002, 785 p.

Crédit photo : Michaël Corbeil.

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